Atelier éclair 7 : Je voudrais un bonhomme de neige

Ateliers réguliers d'écriture originale autour de thèmes et contraintes variés.

Modérateur : Équipe des Ateliers d'écriture du Héron

Répondre
Avatar de l’utilisateur
Adhara
Chevaucheuse de brume
Messages : 853
Inscription : 05 avr. 2019 - 08:47

Atelier éclair 7 : Je voudrais un bonhomme de neige

Message par Adhara » 29 janv. 2021 - 09:59

Les Ateliers présentent

L'atelier éclair 7


En plein cœur de l'hiver, tout HPF s'était réuni afin de profiter de la neige annoncée en quantité. Ils ne furent pas déçus, celle-ci recouvra rapidement les toits, les routes et les prés ! Après une brève bataille de boules de neige, les membres décidèrent de construire ensemble le plus beau bonhomme de neige de tout les temps ! Seul problème : à part la neige, ils n'avaient aucun accessoire pour l'habiller... Rien pour le nez, aucun couvre-chef et il n'aurait même pas de bras !
Ils se concertèrent alors afin de trouver ces objets manquants : chacun choisit une des parties du bonhomme de neige et s'éloigna en promettant de revenir rapidement avec son trésor.



Image


Construisons un bonhomme de neige !

Comme certains d'entre vous ont pu le remarquer, la neige a tendance à s'inviter par chez nous ces temps-ci... La période idéale pour les batailles de boules de neige, les descentes en luge ou...la construction d'un magnifique bonhomme de neige !
Pas d'inquiétude, nul besoin de sortir vous geler les pieds à l'extérieur pour participer à cet atelier, mais nous construirons tout de même un bonhomme de neige ensemble.

Nous vous proposons donc d'écrire une histoire dans laquelle votre/vos personnage(s) devront trouver un accessoire pour constituer un bonhomme de neige. Il n'y a pas de contrainte particulière sur le type d'histoire, vous pouvez par exemple en faire du fantastique si vous le souhaitez.

Votre histoire commençant après l'introduction ci-dessus, elle n'aura pas à dépendre de celle écrite avant vous, toutefois, afin d'éviter que notre bonhomme de neige ait 3 nez, 4 chapeaux mais pas de bras, vous pourrez vous inscrire en précisant quelle partie vous êtes allés cherché, nous éditerons ce message avec les parties réservées. Ce n'est pas obligatoire, mais dans le cas contraire, quelqu'un risque de la rapporter à votre place pendant que vous la cherchez !

Vous pouvez être inventifs sur les parties (par exemple si les classiques bras, nez, chapeau, etc... sont déjà réservés) mais aussi sur les accessoires qui les constitueront (aucune obligation de chercher une carotte pour faire le nez !).

Aucune limite de mots, vous pouvez poster vos textes sur ce topic ou sur les sites si vous préférez.
Vous avez jusqu'au 14 février compris pour participer, en espérant que la neige n'aura pas fondu d'ici là :mrgreen:

N'oubliez pas vos moufles ! :mouton:
Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2779
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: Atelier éclair 7

Message par Dreamer » 30 janv. 2021 - 14:39

J’aime le principe de collaborer ensemble pour recréer un bonhomme de neige, même si pour le moment je ne suis pas inspirée par l’un ou l’autre de ses accessoires (sans doute parce qu’il n’a pas neigé chez moi :mrgreen: :arrow: ).
Je vais essayer d’y réfléchir :boing:
Image

Avatar de l’utilisateur
flodalys
Devise avec Molière
Messages : 13584
Inscription : 21 mai 2011 - 13:46

Re: Atelier éclair 7

Message par flodalys » 05 févr. 2021 - 15:47

A ce que je vois vous préférez un chocolat chaud au coin du feu...

Chaussez vos moon-boots!!! Si ça vous aide je peux vous proposer en MP un accessoire et un obstacle. C'est un atelier qui se prends pas la tête.
Image

Avatar de l’utilisateur
Hazalhia
Complote avec les ratons-laveurs
Messages : 2271
Inscription : 19 mars 2015 - 09:44

Re: Atelier éclair 7

Message par Hazalhia » 06 févr. 2021 - 17:41

Je réfléchis toujours avec quel personnages/fandom écrire, j'aimerais bien caser ça dans une histoire :mrgreen:
Mais sinon oui, le chocolat chaud c'est très bien :bav:
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2779
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: Atelier éclair 7

Message par Dreamer » 13 févr. 2021 - 18:30

J’ai une petite question, parce que je viens de relire les consignes et je crois que j’avais mal compris au départ en fait :boing:

Notre histoire doit-elle être la suite du passage suivant ?
En plein cœur de l'hiver, tout HPF s'était réuni afin de profiter de la neige annoncée en quantité. Ils ne furent pas déçus, celle-ci recouvra rapidement les toits, les routes et les prés ! Après une brève bataille de boules de neige, les membres décidèrent de construire ensemble le plus beau bonhomme de neige de tout les temps ! Seul problème : à part la neige, ils n'avaient aucun accessoire pour l'habiller... Rien pour le nez, aucun couvre-chef et il n'aurait même pas de bras !
Ils se concertèrent alors afin de trouver ces objets manquants : chacun choisit une des parties du bonhomme de neige et s'éloigna en promettant de revenir rapidement avec son trésor.
Dans ce cas, nos personnages sont des membres d’HPF c’est ça ?

Au départ j’avais compris qu’on écrivait une histoire avec n’importe quel personnage original, et qu’un des accessoires du bonhomme de neige était retrouvé dans le texte mais en fait il faut que l’histoire commence après la « rencontre HPF » et le perso est quelqu’un du forum ?

Désolée, c’est un peu dernière minute :oops: mais j’ai peur de partir dans la mauvaise direction :boing:
Image

Avatar de l’utilisateur
Carminny
16 modulo 7
Messages : 4645
Inscription : 23 mai 2015 - 13:39

Re: Atelier éclair 7

Message par Carminny » 13 févr. 2021 - 19:01

Dreamer a écrit :
13 févr. 2021 - 18:30
Notre histoire doit-elle être la suite du passage suivant ?
Au départ j’avais compris qu’on écrivait une histoire avec n’importe quel personnage original, et qu’un des accessoires du bonhomme de neige était retrouvé dans le texte mais en fait il faut que l’histoire commence après la « rencontre HPF » et le perso est quelqu’un du forum ?
Non, non, c'est juste l'introduction :oops: Faut juste qu'un accessoire soit trouvé, par n'importe qui, dans n'importe quel monde :D :hug:

Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2779
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: Atelier éclair 7

Message par Dreamer » 13 févr. 2021 - 19:19

Ok, merci pour la réponse rapide @Carminny :hug: et désolée pour la question bête :mrgreen: :arrow:
Image

Avatar de l’utilisateur
flodalys
Devise avec Molière
Messages : 13584
Inscription : 21 mai 2011 - 13:46

Re: Atelier éclair 7

Message par flodalys » 13 févr. 2021 - 21:56

Pas de question bête :hug:
Le but des ateliers est de vous inspirer, pas de vous mettre des bâtons dans les roues. (surtout les ateliers éclairs)
Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2779
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: Atelier éclair 7

Message par Dreamer » 14 févr. 2021 - 23:14

Je suis partie sur l'écharpe (rouge, évidemment !) du bonhomme de neige ! Mon texte est pas passionnant et je ne sais même pas pourquoi je suis partie dans cette direction ^^
Vincent inspira l’air iodé de la mer. Décidément, il avait bien fait de rentrer chez sa mère pour quelques semaines.

« Viens à Colleville, tu verras, ça te fera du bien de respirer l’air de la mer. »

Au début, Vincent ne lui avait rien répondu. Colleville, c’était son enfance. Paris, c’était sa vie, son quotidien. Et cela faisait deux ans qu’il n’avait pas rendu visite à sa mère.
Comme toute chose qu’on s’abstient de faire pendant quelques temps, il est difficile d’envisager de recommencer.
Toujours était-il qu’il avait abrégé la conversation peu de temps après cette invitation, prétextant devoir s’occuper de son repas en train de griller sur la casserole. Sa mère ne l’avait pas relancé, quant au jeune homme, il avait vu les jours s’écouler terriblement pendant presque deux semaines avant de craquer et rappeler sa mère pour accepter son invitation.

Son chef d’équipe n’avait pas d’objection à ce qu’il télé-travaille depuis la Normandie pendant deux semaines, aussi Vincent avait réservé le premier billet disponible et préparé ses bagages avec une excitation qui lui était bien étrangère. Pourquoi était-il si pressé de quitter Paris, il n’aurait su le dire.

Une fois dans le train, par contre, Vincent ne put s’empêcher de se remémorer ce qui l’avait éloigné de Colleville si longtemps : le décès de son père. Est-ce qu’il profiterait de son séjour pour aller dans le cimetière où ce dernier avait été enterré, deux ans plus tôt ? Il ne le savait pas encore. Il avait toujours trouvé ça stupide de rendre visite aux morts. Et pourtant, son cœur était moins lourd à l’idée de discuter avec une pierre tombale de tout ce qui lui était arrivé ces deux dernières années.

Perdu dans ses pensées, Vincent était sorti machinalement du train et avait été pris de court par le coup de klaxon de sa mère, garée en double file à la sortie de la gare. Le trajet en voiture n’avait pas été long, en comparaison de celui en train, d’autant plus que la mère de Vincent avait toujours été incroyablement bavarde et qu’elle parvenait à meubler la discussion comme si trois personnes se tenaient sur la banquette arrière de sa petite C2.

Puis, ils étaient arrivés à la maison. Le jeune ne savait pas quoi penser en regardant cette petite maison aux murs blancs, si différente de l’immeuble qu’il habitait à Paris.

Il respira alors l’air marin, et ne put que s’étonner de ressentir cette étrange sensation de bien-être. Comme si c’était ce dont il avait besoin depuis longtemps.

Epuisé de son voyage, il s’était effondré sur son lit d’adolescent, sans prendre le temps de jauger avec dédain les posters et photos encore affichés aux murs de sa chambres, vestiges de sa passion pour les festivals musicaux et les soirées arrosées. De toute façon, il n’avait gardé contact avec presque aucun de ses amis de lycée, excepté Pierre, son meilleur ami.

Cette nuit-là, Vincent dormi comme il ne l’avait pas fait depuis longtemps. Il se réveilla aux aurores, aux bruits de sa mère se préparant à aller au travail. Elle était infirmière à l’hôpital, alors elle commençait ses journées très tôt le matin. Et toujours en musique. Quand il était encore lycéen, Vincent s’agaçait sans cesse de cette manie d’écouter de la musique dès quatre heures du matin, mais pas cette fois.

Au contraire, il se leva, jeta un œil par la fenêtre, et eut le plaisir de voir la fine couche blanche qui recouvrait les trottoirs et les toits des maisons voisines. Un sourire satisfait s’étala sur ses lèvres, et il descendit les escaliers à la hâte. Bien sûr, de la neige avait été annoncée dans la région, mais en général la petite commune de Colleville-Montgomery en bord de mer n’était pas affectée par ces perturbations météorologiques.
Dans la cuisine, l’odeur de café chaud vint titiller ses narines et Vincent s’en servit un bol avant de vérifier par la fenêtre si la neige recouvrait bien la pelouse du jardin également. C’était le cas. Y en avait-il sur la plage ?

Vincent remonta s’habiller dans sa chambre, ce qui lui fit manquer le départ de sa mère pour l’hôpital. Elle s’était sans doute dépêchée pour ne pas être retardée par la neige sur les routes et le verglas. Tant pis, Vincent aurait tout le loisir de la voir plus tard dans la journée.

A peine dix minutes plus tard, il se trouvait sur la promenade bordant la plage. L’air iodé était froid et piquant, et ses baskets glissaient parfois sur le verglas. Quant au soleil qui pointait à l’horizon, il véhiculait de superbes couleurs sur la couche de neige qui s’était déposée sur le sable pendant la nuit. Vincent regretta presque de ne pas avoir emmené son téléphone pour en prendre une photo et capturer la beauté du paysage. C’était si rare de voir la neige adhérer au sable ainsi.

Quand les températures glaciales furent trop difficiles à supporter, Vincent fit demi-tour pour rentrer. Le soleil avait eu le temps de monter dans le ciel, il devait déjà être six heures.

Arrivé au portail, Vincent constata, interloqué, qu’une écharpe rouge était étalée dans la neige comme si elle avait été déposée sur le palier de la maison avant d’en glisser. Surpris, il jeta des regards alentour, sans voir personne. Se rapprochant, il détailla l’écharpe. Elle lui semblait… familière. Tricotée grossièrement, avec certaines mailles imparfaites, d’un rouge autrefois vif, fané par le temps. Oui, Vincent était persuadé de la connaître, cette écharpe.
Il s’en saisit et rentra avec dans la maison, avant de la poser sur le radiateur plutôt que sur le porte-manteau perroquet du vestibule.

De cette façon, il pouvait continuer à la fixer en buvant son second bol de café de la matinée, comme cette dernière elle allait finir par lui dévoiler l’identité de son propriétaire. Car Vincent avait beau chercher, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

Avec cette préoccupation en arrière pensée toute la matinée, il s’installa dans le salon pour télé-travailler. Ses coups d’œil fréquents vers le bout de tissu étaient à la fois une façon de s’assurer de son existence et une manifestation de sa frustration. Vincent avait toujours eu bonne mémoire :
des lieux, des itinéraires, des personnes, des épisodes de série, et d’à peu près tout, en fait. Et pourtant, cette fois, elle lui faisait défaut.

N’y tenant plus, à midi pile, il se leva du canapé et se saisit de nouveau de l’écharpe. Peut-être y trouverait-il une étiquette cousue main dessus avec l’identité du propriétaire ? Non. Alors que ses doigts s’enfonçaient dans les mailles du tissu légèrement rêche, il sortit son portable et pris une photo de l’objet qu’il envoya à Pierre.

Un ding quelques secondes plus tard lui signala sa réponse.

Non ça ne me dit rien. T’es sûr que tout va bien pour toi, mec ?

Vincent leva les yeux au ciel en grommelant. Pourquoi fallait-il qu’une maudite écharpe vienne gâcher son séjour ?
Désolée pour les fautes, j'ai écrit tout ça ce soir assez vite et avec juste une relecture rapide ^^
J'ai bien envie d'écrire un second chapitre à propos de la découverte du propriétaire de la fameuse écharpe, mais je n'ai pas le temps ce soir !

J'ai hâte de lire les autres participations s'il y en a, et merci l'équipe pour cet atelier éclair :hug:
Image

Avatar de l’utilisateur
flodalys
Devise avec Molière
Messages : 13584
Inscription : 21 mai 2011 - 13:46

Re: Atelier éclair 7

Message par flodalys » 15 févr. 2021 - 10:36

Oh mais oui, j'ai envie de connaitre la suite de l'histoire de cette écharpe moi :coeur:
Image

Avatar de l’utilisateur
Dedellia
Bulle de douceur
Messages : 3935
Inscription : 21 oct. 2012 - 19:13

Re: Atelier éclair 7

Message par Dedellia » 15 févr. 2021 - 23:59

Vous avez jusqu'au 14 février compris pour participer, en espérant que la neige n'aura pas fondu d'ici là :mrgreen:
Du coup on peut participer jusqu’à ce que la neige ait fondu ? :mrgreen:

Avatar de l’utilisateur
Carminny
16 modulo 7
Messages : 4645
Inscription : 23 mai 2015 - 13:39

Re: Atelier éclair 7

Message par Carminny » 16 févr. 2021 - 07:37

Oui :mrgreen: Ou vous construisez un bonhomme en boue après :mrgreen:

Image

Avatar de l’utilisateur
Lsky
Animagus non déclaré
Messages : 355
Inscription : 16 avr. 2020 - 09:27

Re: Atelier éclair 7

Message par Lsky » 17 févr. 2021 - 11:16

La neige a disparu ici mais je vais concocter un petit quelque chose. :mrgreen:

Edit : premier jet écrit !
Je vais me poser ce week-end pour bien me relire et me corriger :D et je posterai ici légèrement en retard eheh

Edit 2 : Totalement à la ramasse, ma participation !
En spoiler, elle va faire partie de la grande fresque du projet de Leyme, lancé durant le challenge du Manoir.
Spoiler
Show
1843 : Clara

Quelle tristesse était peinte sur le petit visage de Clara !

Accroupie dans la neige, elle regardait les autres jouer. Nous étions à une époque où il était encore naturel d’avoir de la neige une fois par an, et pas qu’un peu, durant la saison hivernale qui était alors rude dans cette campagne isolée. Ce n’était même pas des enfants qui se lançaient des boules de neiges, mais des adultes. Certains patients qui avaient la sympathie des soignants se roulaient follement dans la neige, la faisait couler sous le col de leur manteau ou dans leurs sous-vêtements, testant des sensations de froid et d’humidité. D’autres, plus sage, plus patients, s’étaient attaqués à l’élaboration d’un bonhomme de neige.

Clara, qui avait été la plus jeune patiente de Laime de son vivant, et qui, pour l’instant, conservait ce titre, était morte depuis un peu plus d’un an déjà. Elle aussi, quand elle pouvait encore se saisir de la neige, s’y débattait avec plaisir, la jetant au-dessus d’elle comme provoquant la tempête. Elle aimait les bonhommes de neige, elle s’était d’ailleurs spécialisée en la sculpture de lapin sur glace. C’était ce que disait son père pour plaisanter. Il lui manquait atrocement. Sa maman aussi lui manquait. Mais depuis que Clara était décédée, depuis qu’ils avaient embarqué son petit corps gisant et froid, ils n’étaient plus jamais revenus. Ils étaient partis, disparaissant avec toute vie et tout espoir, sous les yeux incrédules de la petite fille qui regardait ses parents emporter leurs larmes et sa dépouille, s’éloigner d’elle à tout jamais. Depuis un an, elle était plongée dans l’incompréhension de cette scène, dans une tristesse toute particulière. Déjà que, dans les derniers mois de sa vie, elle était atteinte d’un état dépressif car sa maladie l’isolait de tous : de ses amis, de n’importe quel enfant de son âge, de sa famille… Elle ne voyait plus que le personnel de blanc vêtu qui n’étaient là que pour le minimum : l’ausculter, l’étudier, la faire manger et boire. Du reste, bien qu’on la prenne en pitié, elle avait un mal étrange, dont on chuchotait le nom, « épilepsie », comme s’il conjurait du mal. Heureusement, le personnel soignant était du côté de la science, tout comme ses parents, qui avaient bien consciencieusement évité l’Eglise et avait choisi d’amener leur toute petite fille à l’hôpital.
Malheureusement, elle y resta.

Voilà comment Clara s’était retrouvé, ce triste jour de janvier, à regarder les autres jouer dans la neige, sans qu’elle le puisse car elle était désormais immatérielle. Elle avait beau se faire lourde, peser de tout son poids sur un seul pied comme elle avait l’habitude de le faire : la neige n’imprimait pas ses pas, comme si elle flottait ou, pire, comme si elle n’existait pas.
Clara ne cessait de sombrer dans la dépression, jalouse de voir les vivants s’amuser d’un des plus beaux cadeaux de la nature : la neige !
Elle sortit de sa torpeur uniquement pour tomber dans la rage lorsqu’elle entendit, par le vent qui soufflait à travers les couloirs de l’asile, son nom ainsi colporté. C’était Esclarmonde, cette vieille peau qui l’appelait.
Si Clara avait été plus mature, elle aurait été obligée de reconnaître que cette femme l’avait bien aidée à apprivoiser son nouvel état. Elle l’avait aidé à traverser les murs, se faisait institutrice, elles allaient parfois à la bibliothèque pour que la petite fille s’entrainât à lire. Esclarmonde avait consolé ses premiers pleures, l’avait bordé bien que ce fût inutile puisque les morts ne dorment pas, elle lui avait montré les limites du domaine que représentait l’au-delà… Elle avait été une accompagnatrice juste et patiente dans les premiers temps, mais très vite, elle prit son rôle trop au sérieux. Petit à petit, l’ordre que voulait faire régner l’Abbesse dans la mort de sa nouvelle protégée finit par l’étouffer. Esclarmonde insistait pour qu’elle se coucha à heure fixe, ce qui était aussi absurde que ridicule ; Esclarmonde surveillait qu’elle ne jouât dans sa salle de détente qu’aux heures de sorties des résidents vivants et malades… Elle s’amusait en réalité à rythmer la vie de sa nouvelle pupille, comme elle fût habituée et chargée de le faire de son vivant, alors qu’elle était l’Abbesse de Laime et qu’elle était la maîtresse de la vie de nombreuses jeunes filles de bonnes familles de la région. Elle rêvait de voir en Clara une jeune fille chaste, pure, bien élevée et pieuse à l’image de son Anne chérie. Elle rêvait de l’avoir tous les jours à ses côtés, comme une poupée, comme une seconde chance.

Mais cinq siècles séparaient les morts respectives d’Esclarmonde et de Clara, les Lumières avaient imprégnées l’esprit et la société des parents de la jeune fille. Ainsi, cette dernière avait appris à savoir ce qu’elle voulait, à s’écouter. Elle était tout à fait charmante, elle excellait en dessin – de petits lapins –, en lecture et en écriture. Clara était une conteuse née, consciente de ses atouts et de ses beaux yeux. Comme toutes les filles de son âge, elle préparait consciencieusement son entrée dans le monde. Il était dit qu’elle ferait un bon mariage, très respectable, avec un fils d’une famille qui, à l’image de la sienne, mettait plus volontiers leur destin dans la science que dans l’amour de Dieu.
C’est pourquoi, il ne plut pas à ce caractère bouillonnant et avide de vie de se retrouver enfermée, d’abord par une maladie qu’on ne parvenait pas à soigner, puis sous la coupe d’une vieille bonne femme fossilisée qui lui expliquait comment se conduire. Surtout qu’il ne restait plus rien à quoi se raccrocher pour cette pauvre Clara. Elle avait tout perdu, toutes perspectives de futur possible. Elle était déjà condamnée et n’avait pas besoin d’un maton d’autant plus que le costume d’Abbesse à l’ancienne, son visage ridé et figé, et sa drôle de façon de parler, son ton autoritaire, l’irritait et lui faisait même peur parfois.

C’est pourquoi elle employait toute son énergie à fuir la vieille peau qui était en train de l’appeler au loin. Elle avait envie de hurler, et lors d’un précédent accès de rage, elle ne s’était d’ailleurs pas gênée pour le faire. Cela avait eu pour résultat de tout à fait estomaquer Esclarmonde, qui n’avait pas encore trouvé comment répondre à ces colères qui déferlaient comme un incendie dans tout le petit corps de Clara.

« Ah, te voilà Clara.
- FOUS-MOI LA PAIX !

Esclarmonde pris l’air pincé qu’elle prenait généralement dans ce genre de situation, lui permettant de tout à fait cacher son incrédulité. Etait-ce une façon de parler pour une jeune fille ? Elle n’avait pas même eut l’occasion de la lui faire part de la raison de sa présence !

- Je voulais juste te dire que tu pouvais jouer dans la neige, répondit-elle avec un ton, au moins aussi pincé que son air.

A ces mots, Clara bondit sur ses pieds et fit volte-face pour regarder la figure antédiluvienne bien en face.

- Jouer dans la neige ? Ah oui ? Ah ! Ça par exemple ! C’est vrai ! Je n’y avais pas pensé !

Dans sa rage, elle se baissa comme l’aurait fait n’importe quel enfant pour attraper la neige et en envoyer une bonne grosse volée en pleine poire de la personne qui lui faisait face. Bien évidemment, Clara étant désincarnée, cela ne fonctionna pas.

- Alors ? Voilà ! Je joue ! Comme c’est drôle ! constatait-elle, en hurlant de tous ses poumons et de sa petite voix stridente. Esclarmonde songea qu’elle allait affoler toutes les chauves-souris du coin tant elle cria fort. Elle songea également qu’en s’énervant pareillement, en piquant des crises de la sorte, il ne fallait pas s’étonner de voir apparaitre des épisodes épileptiques chez cette enfant.
Mais à nouveau, elle ne dit rien car, elle aussi, commençait à prendre en grippe cette petite énergumène rebelle. De toute sa grandeur et de toute son épaisseur de tissus et de voilages, elle se tint plus droite encore, si cela était possible, leva dédaigneusement son menton et s’avança vers le bonhomme de neige. Du coin de l’œil, elle s’assurait que Clara la visse bien. Elle regarda à sa droite, à sa gauche, puis respira un grand coup, se pinçant l’arête du nez.

- Oh Seigneur, toi qui es si grand, donne-moi la force. Tu sais à quel point cette tâche m’est pénible, souffla-t-elle comme un secret entre elle et le Créateur. »

A nouveau, elle prit une grande inspiration, et Clara commençait à s’impatienter de la scène. Soudain, Esclarmonde plongea - il n’y avait pas d’autres mots - en un patient. Un certain Henri, qui n’avait comme problématique que de paraître simplet. Sans doute une riche famille avait voulu se débarrasser, ou du moins cacher, ce fils qui, à leur sens, ne faisait pas honneur à leur sang. Henri, soudainement, se redressa de toute sa stature, lui qui se tenait toujours un peu penché. D’un pas mécanique, le menton haut, comme s’il jouait à un jeu, à imiter un pantin, s’articula tant bien que mal jusqu’à une brindille qui traînait quelques pas plus loin. Il revint de la même démarche étrange, encore plus étrange que sa démarche habituelle.
Clara, sa curiosité toute en éveil, s’était rapprochée de la scène, se tenant près du bonhomme de neige à peine plus petit qu’elle. Lorsqu’Henri fut à sa hauteur, il paraissait beaucoup plus grand et imposant que d’habitude, et la petite fille sentit comme l’imminence d’un danger. Aussi bien que mal, comme s’il avait trop bu, Henri réussi à planter la brindille, qu’il tenait comme un couteau, au milieu de la figure du bonhomme de neige. Mais le geste avait paru si compliqué, si désarticulé, que la moitié de la neige tomba. Sur le monticule censé représenter le corps, ne restait plus qu’une demi-lune. Alors, la patiente qui œuvrait à la sculpture avec Henri se mit à l’insulter de drôle de noms d’oiseaux qui plurent beaucoup à Clara.
Mais déjà, une infirmière arrivait, et en un instant, Henri était tombé inconscient, gisant dans la neige comme un ange. A ses côtés, Esclarmonde était réapparue. Elle gratifia la petite fantôme d’un regard empli de dédain et dit enfin :

« Dommage. Tant pis. »

Elle reprit son chemin vers l’Abbaye.

Clara resta là pour s’assurer qu’Henri allait s’en sortir. La scène avait paru particulièrement violente à ses yeux d’enfants, si bien qu’elle n’était pas tout à fait certaine de l’avoir bien saisie. Elle lui semblait bien irréelle. Bien que depuis un an, elle ne savait plus ce qui appartenait à la réalité ou ne lui appartenait pas.
Des hommes vinrent brancarder Henri pendant que les infirmières rassemblaient les patients pour les apaiser puis les faire retourner à leurs chambres.

La petite fille ne quitta le chevet d’Henri qu’une fois qu’il reprit ses esprits et qu’elle s’assura, de la bouche-même des médecins, qu’il allait bien, que ce malaise n’était qu’un épisode passager. Le froid peut-être, une hypothermie ?
Seule Clara savait ce qu’il en était, mais elle ne pouvait le partager avec les vivants.

Peut-être qu’un jour je le pourrais, se disait-elle.

Son intuition était juste. Dès ce soir-là, et pour toute la durée de la nuit, et jusqu’à ce que la neige fondit et disparût, elle s’entraîna à l’attraper dans le but, d’un jour, réussir à en faire des lapins de neige.

Avatar de l’utilisateur
flodalys
Devise avec Molière
Messages : 13584
Inscription : 21 mai 2011 - 13:46

Re: Atelier éclair 7

Message par flodalys » 28 mars 2021 - 13:33

Lsky, comme tu avais édité nous n'avions pas vu ton texte et quel texte!!! il est vraiment sympa et super riche. :coeur:

Le printemps s'est installé et de notre bonhomme de neige il ne reste qu'un petit monticule surmonté de la brindille plantée par Lsky et de l'écharpe apportée par Dreamer.
Merci à toutes les deux pour vos participations, vos histoires étaient bien sympa, chacune dans son genre.
Image

Avatar de l’utilisateur
Lsky
Animagus non déclaré
Messages : 355
Inscription : 16 avr. 2020 - 09:27

Re: Atelier éclair 7

Message par Lsky » 09 avr. 2021 - 10:51

Oh merci :coeur:

Un petit monticule bien équipé ! :mrgreen:

Répondre

Revenir à « L'atelier d'écriture »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité