[Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

Modérateur : Équipe des Nuits d'HPF

Avatar de l’utilisateur
Ella C.
Chat en quête de son Y
Messages : 2193
Inscription : 01 mai 2017 - 21:21

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Ella C. » 31 juil. 2021 - 22:44

Titre :
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 22h, photo + Toutes les familles heureuses le sont de la même manière. Les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. - Léon Tolstoï (un peu, l'opposition famille biologique/famille choisie est là en filigrane)
Fandom : HP
Nombre de mots : 617
Personnages : Sirius Black
Rating : TP
Sirius a fermé la porte de sa chambre à double-tour. Son cœur bat si fort qu’il lui semble que ses parents pourraient l’entendre, depuis l’autre bout de Londres. Ce soir, il a la maison pour lui, et cela ne l’empêche pas de se barricader. On ne sait jamais.

Il n’a pas encore le droit d’utiliser sa baguette (les choses qu’il aimerait faire…) alors il ouvre son armoire, grimpe sur une chaise, sort des couvertures et des vieux vêtements de la toute dernière étagère. Kreattur ne vient même pas pester contre le bazar qu’il met chez ses maîtres : il peut se réjouir d’avoir froissé l’elfe pour de bon.

Tout en haut, tout au fond, gît un boa de plume blanches et encore derrière, une boîte. Moldus l’un comme l’autre. Il pose délicatement le premier sur le lit, ouvre la deuxième. Étale perruque, maquillage, collants, couleurs sur le sol laqué. Il n’y a pas grand-chose, mais tout vaut une prunelle. Des années à chiner, saisir la moindre occasion. Le boa, il l’a piqué à un spectacle, le tout premier spectacle moldu, quand il était en vacances avec James. Ils avaient retrouvé Dorcas et Marlene dans le Londres moldus sous prétexte d’une virée shopping — ce n’était pas totalement un mensonge, il s’était acheté un jean magnifique… Mais ce n’était pas pour ce soir non plus — et ils s’étaient glissés dans un bar. Pas encore dix-huit ans, mais ce n’était pas l’alcool qui les attiraient là.

C’avait été déroutant. Intriguant. Il avait froncé les sourcils avant de se prendre au jeu. Mais ç’avait été beau. Drôle. Surprenant. Un jeu qu’il ne se savait pas le droit de jouer, et pourtant…

Sirius repousse ses cheveux en arrière avec sa cravate rouge. Il dégage son visage, suffisamment pour y appliquer une poudre rouge à la naissance de sa barbe, une poudre blanche sur les sourcils, une poudre chair sur l’entièreté. Des crayons noirs et bruns, et il redessine son expression, souligne les traits de sa mâchoire, de ses pommettes. Du doré pour illuminer son regard, du mascara pour le souligner. Du carmin sur les lèvres.

Il lâche ses cheveux et les boucles, qui commencent à être trop longues, tombent partout. Il enlève sa chemise, trouve un débardeur.

Il se regarde, se trouve beau. Et surprenant, intriguant, drôle… C’est lui, mais pas le même.

— Canis, murmure-t-il à son miroir.

Un prénom, c’est déjà ça. Il croit que ça lui va bien. Mais qu’est-ce que ça ferait si quelqu’un l’appelait comme ça ?
J’ai été voir Canis hier, il fait des spectacles incroyables. Il a vraiment une présence de dingue !

J’ai été voir Canis hier, elle fait des spectacles incroyables. Elle a vraiment une présence de dingue !

Il y a un truc qui sonne juste, dans tout cet apparat. Comme un jeu, où il joue à une version élevée de lui-même. Une version que ses parents détesteraient sûrement, et ça la lui fait aimer encore plus. Canis est belle et elle est heureuse dans la glace.

Sirius perd sa splendeur une seconde, ses épaules retombent. Il se penche, enroule le boa blanc autour de son cou. La queen qui le portait était sublime, de la façon qu’ont les étoiles de l’être. C’est un premier pas.

Il y a un appareil photo jetable au fond de la boîte, et Sirius prend la pose, puis se prend. Il ne pourra pas développer les photos, mais il donnera l’appareil à James à Poudlard, qui s’en occupera. Les photos seront mal cadrées, mais elles seront belles, parce que révéler une identité enfouie ne peut qu’être beau.

Canis sourit, s’envoie un baiser, un clin d’œil. Elle s’amuse, das cette bulle de liberté, en attendant la suite.

Avatar de l’utilisateur
Charliz
Vigile à baguette du Ministère
Messages : 1850
Inscription : 14 avr. 2018 - 00:38

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Charliz » 31 juil. 2021 - 22:45

Titre : Turning Tables
Thème et heure : Image de 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 581 mots
Personnages : Rose Weasley
Rating : -12
Rose se tenait sur le quai de cette gare Suisse, un peu perdue. Elle ne savait pas vraiment comment elle était arrivée là, elle ne savait pas non plus quel souvenir l’avait conduite ici. Elle avait simplement transplanée, emplie des réflexions de Drago, débordante d’angoisse, flageolante.

Sur ces rails, celles-ci ou celles d’en face, sa mère – Géraldine – avait mis fin à ses jours vingt six ans plus tôt.

Sur ce quai, ses parents – Ron et Hermione – avaient embarqué dans une rame, sa rame. Une rame peut être similaire à celle qui se tenait, rouge et blanche, face à elle. Comment aurait-elle pu savoir ? Sa seule certitude, c’était qu’en quelque seconde, elle avait perdu son dernier parent et était devenu l’enfant de quelqu’un d’autre, à la place de quelqu’un d’autre.

Elle imagina Géraldine et sa chevelure flamboyante malgré son regard éteint disparaitre dans la foule sans la moindre hésitation. Elle imagina son visage s’illuminer un dernier instant d’un sourire, confiante de sentir l’issue proche et d’en être pleinement libre. Certaine de retrouver la Géraldine d’avant… elle. Rose. Andrea. Quelqu’un.

Elle imagina Ron et Hermione éteints et silencieux, comme soudés au sol par le désespoir et le deuil. Elle les vit tomber sur ce bébé esseulé, bercé par une gamine déboussolée.

Elle se vit être bercée par les bras maigres et tremblants d’Hermione, ses longs cheveux bruns venant chatouiller son cou et ses joues. Et alors que les pleurs s’apaisaient, elle se vit devenir Rose.

Andrea. Rose. Puis de nouveau Andrea, non ?

Elle avait botté le cul à cette ombre qui avait volé pendant 18 ans sur sa vie. Elle s’était libérée de ce poids. Elle avait fait son deuil de cette personne qu’elle ne serait jamais, mai pour quoi ?

Redevenir Andrea ? Qui était Andrea ?

Qui était-elle ?

Elle leva les yeux et observa son reflet dans la fenêtre de la rame vide. Son teint flouté, ses cheveux s’illuminant de milles couleurs sous un rayon de soleil, la prestance de sa tenue. Un mensonge. Un mensonge qui avait pris naissance sur ce quai, à cet endroit, sans crier gare, et qui avait guidé son existence et chacun de ces choix.

« Rose, avoir été un jour Andrea ne t'oblige pas à l'être aujourd'hui. Tu as le droit de la laisser ici, en Suisse, et de revenir avec moi pour n'être que toi. »

Les larmes jaillirent sans prendre gare, sans quelle sache vraiment d’où elles prenaient leur source. Elle se laissa tomber sur le banc derrière elle et pleura ainsi pendant de longues minutes.

Huit ans plus tôt, elle se serait de nouveau effondrée sans jamais réussir à se lever. Aujourd’hui, seule sur ce quai, elle aurait pu suivre les pas de Géraldine, sans une hésitation et il était certain que la mort ne lui aurait apporté aucun regret. Mais elle avait grandi. Elle avait vécu. Huit années d’elle-même. Huit années de Rose, la vraie Rose, celle qui n’est pas morte, celle qui n’est pas Andrea. Huit années de choix, d’erreurs, de doutes, de rebonds.

Huit années d’existence et de liberté, de libre-choix.
Comment n’avait-elle pu pas le voir avant ?

Rose ferma les yeux et songea à ces deux petites filles perdues par la vie, à jamais bébé. Elle s’imagina adulte les prendre dans ses bras, elle imagina ses mots.

« Il est tant pour moi de tourner la page de mon propre livre, le votre est fini depuis bien trop longtemps. » sanglota-t-elle dans un murmure.
Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 3043
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Dreamer » 31 juil. 2021 - 22:55

Titre : -
Thème et heure : Citation de 23h (Toutes les familles heureuses le sont de la même manière. Les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. - Léon Tolstoï )
Fandom : Original
Nombre de mots : 461 mots
Personnages : OC
Rating : TP
C’était leur troisième déménagement en deux ans. Sophie posa avec lassitude les deux cartons contenant ses effets personnels dans sa nouvelle chambre. Quatre murs, une porte, un lit et un bureau déjà apportés par les déménageurs.
Du papier peint jauni par le temps et le soleil, parsemé de petites fleurs roses désuètes. Un vieux parquet grinçant qui n’avait probablement jamais été entretenu comme il aurait dû l’être, et plutôt malmené, à en juger par les marques d’impact ici et là.

Sophie sut, en posant ses doigt sur l’encadrement de la fenêtre, qu’elle était dans la chambre de la petite fille des anciens propriétaires. Celle qui avait été kidnappée et tuée.
Une histoire affreuse, avaient dit les gens d’ici après que ses parents aient dit où ils emménageaient.

Non pas que cela dérangea Sophie. Cette tragédie qui avait bouleversé la vie parfaite des précédents occupants de cette maison ne la laissait pas de marbre, mais elle vivait elle-même dans un océan de malheurs depuis bien assez longtemps pour cesser de se préoccuper de celui des autres.

« Soph’, viens voir la salle de bain, la baignoire est gigantesque, s’exclama Lucie, sa sœur cadette, avec un enthousiasme non dissimulé.

Réprimant un soupir, Sophie abandonna son exploration de la chambre et fit quelques pas dans le couloirs. L’esprit maussade, elle s’efforça de sourire à Lucie qui lui tira le bras jusqu’à la faire entrer dans la salle de bain.

– C’est génial, pas vrai ?

En bas, l’équipe de déménagement était toujours affairée avec les meubles de leurs parents. Quant aux parents de Sophie, Dieu seul savait où ils pouvaient bien être allés. Levant les yeux jusqu’à la fenêtre, Sophie inspecta le jardin. Il semblait sinistre, avec de grands arbres mal taillés dont les branches envahissaient tout l’espace, faisant obstruction au moindre rayon de soleil.

– Génial n’est pas vraiment le mot que j’avais en tête, signifia Sophie à sa sœur.

Lucie ne mordrait pas à l’hameçon, se dit-elle. Elle ne le faisait jamais, demeurant totalement insouciante à tout ce qui leur arrivait, de près ou de loin. Elle s’était félicitée de ce nouveau départ, contrairement à sa sœur aînée, et se réjouissait d’avance à l’idée de se faire de nouveaux amis au lycée, tout en gardant contact avec ceux de leur ancienne vie.

Peut-être Sophie aurait-elle dû partager avec Lucie les sombres secrets qu’elle avait découvert sur leurs parents, pour lui permettre de voir la réalité en face ? A quinze ans, il était bien temps qu’elle prenne conscience des choses.

Se mordant la lèvre, elle constata qu’elle ne pouvait s’y résoudre.

Leur famille était à l’opposé de ce que l’on pouvait appeler épanouie, mais il n’en demeurait pas moins que Lucie, par sa tendre innocence, parvenait presque à gommer les ombres affectant ses proches.
Image

Avatar de l’utilisateur
Lyssa7
Responsable des Transports Magiques
Messages : 2561
Inscription : 02 nov. 2016 - 18:20

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Lyssa7 » 31 juil. 2021 - 22:59

Titre : Pour leur grade
Thème et heure : Thème 23h - citation
Fandom : Stand by me
Nombre de mots : 266
Personnages : Gordie, Verne, Teddy, Chris
Rating : -16 (mention de maltraitance)
Dans notre cabane en haut de l’orme, nous étions les rois du monde. Tout ce qu’on était pas en bas, on se l’était approprié en haut. Personne pour nous dire quoi faire, pour se décharger sur nous chaque fois que rien n’allait comme nos parents voulaient. Ah ça, vous pouvez me croire, au sommet de l’arbre, il y en avait pas un pour rattraper l’autre quand il s’agissait de dire des saloperies sur nos vieux. Ils en prenaient « pour leur grade » comme disait Verne.

Le sien valait pas mieux que celui de Chris, mais il avait au moins l’excuse d’être alcoolique chaque fois qu’il lui levait la main dessus. Le mien – depuis la mort de mon frère aîné dans un accident de jeep l’été dernier – ne me voyait même plus. Quant au père de Teddy, il était pire que les trois nôtres réunis, mais on disait trop rien. Selon lui, son père était un héros de guerre ; selon nous, un sacré taré qui avait fini par cramer les deux oreilles de son fils sur la porte du four. Lorsque la police avait débarqué – trop tard – il se battait comme un beau diable et hurlait que les allemands étaient revenus le tuer. Teddy avait passé presque dix jours à l’hôpital, et il était ressorti avec son sonotone qui captait qu’un mot sur trois. Il avait plus jamais revu son vieux après ça, mais il disait qu’il lui manquait. On a jamais compris pourquoi.

Chris disait qu’il était con. C’est possible. Ou alors, il était aussi fou que son vieux.
Dernière modification par Lyssa7 le 31 juil. 2021 - 23:01, modifié 1 fois.
Image

- Am I weird ? - Yeah ! But so what ? Everybody's weird.
Gordie et Chris - Stand by me

Avatar de l’utilisateur
Bellatrix1992
Stagiaire chez W&W
Messages : 981
Inscription : 15 oct. 2019 - 17:16

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Bellatrix1992 » 31 juil. 2021 - 23:00

Titre : le visionommeur
Thème et heure : 21h citation
Fandom : hp
Nombre de mots : 999
Personnages : OC s
Rating : Tout public
Lorsque, livré à la solitude, il s’autorisait à être honnête avec lui-même, Ignacius s’avouait sans peine qu’il redoutait plus que tout le véritable retour du Seigneur des Ténèbres, même s’il ne se permettait pas de le dire, pas même à Narcissa et quand-bien-même elle était aussi bonne occlumens que lui, si ce n’était meilleure.
Depuis sa jeunesse, il avait toujours craint pour sa famille qui était proche des mangemorts de longue date. Au départ pour sa mère et son père, puis pour son frère et la famille de celui-ci… Et enfin aujourd’hui pour lui-même et Eris, car il devinait que la lutte pour les faveurs du Seigneur des ténèbres serait sans merci, dès l’instant où celui-ci se révélerait au grand jour.

Dans une société régie par le Seigneur des Ténèbres, il savait déjà qu’Eris serait un enjeu de taille. Elle était son unique héritière puisque sa fille unique, et si ce qu’il devinait quant-à la raison pour laquelle les Lestrange voulaient le voir s’avérait vrai, elle deviendrait peut-être leur unique héritière à eux aussi…
… Autrement dit, le meilleur parti féminin des sorciers de Sang-Pur en Europe, ou presque…

Il devait bien y avoir une famille française, espagnole ou russe pour la concurrencer… Enfin il l’espérait.

Mais en tout cas, elle perdrait définitivement le droit de choisir et ne serait plus qu’un pion sur l’échiquier du Seigneur des Ténèbres. Or, Ignacius savait parfaitement ce qui arrivait très souvent aux pions : on les sacrifiait. Et cela il ne pouvait l’accepter même si depuis longtemps il savait que la chose devait se craindre.

Dès la naissance de la fillette, et surtout pour respecter la tradition familiale, Hortense et lui avaient consulté un visionomeur pour donner un prénom à leur bébé. Bien entendu, ils n’avaient rien laissé au hasard dans la démarche et celui-ci n’était autre que l’illustre Andréas Ikenokos : rien de moins que le plus reconnu des voyant européens, oracle suprême du Centre divinatoire de Delphes qui avait d’ailleurs également officié pour Drago.

Peu de familles pratiquaient encore ce rite mais, pour tout Malefoy, c’était un passage obligé. Les Visionomeurs faisaient partie d'une ancienne tradition de la communauté magique qui se faisait de plus en plus rare aujourd'hui, le rôle du Visionomeur étant de prédire le futur et la personnalité d'un enfant, en échange d'une grosse quantité d'or, et afin de suggérer un prénom adapté à celui-ci.
Depuis la chute de Grindelwald, ce qui était au départ une simple tendance s’était généralisé, jusque dans les plus anciennes familles. Beaucoup de parents préféraient à présent que leurs enfants choisissent par eux-mêmes ce qu'ils voulaient faire de leur vie et ne souhaitaient pas savoir à l'avance ce que leur enfant deviendrait, choisissant alors de donner simplement à leur enfant un prénom qu'ils aimaient ou qui rendait hommage à un proche, le plus souvent décédé.
Ignacius n’approuvait pas, mais il comprenait la démarche. Il était bien trop souvent arrivé que des parents regrettent amèrement la consultation d'un Visionomeur, soit parce qu’elle s’avérait un fiasco, soit parce qu’ils auraient préféré n'avoir jamais entendu les prédictions sur le destin ou la personnalité de leur descendance. Et Ignacius faisait plus ou moins partie de cette seconde catégorie.
Il se souvenait encore avec horreur de l’affreuse séance avec Ikenokos.
Pas que le mage ait été odieux ou malhonnête, là-dessus il n’avait rien à lui reprocher. Au contraire, il s’était déplacé immédiatement, avait fait preuve de la plus grande correction à leur égard et d’un professionnalisme sans faille.
Il se souvenait l’avoir vu regarder longuement le bébé, constater sans mot dire sa pâleur et sa maigreur qui les avaient tant effrayés eux aussi, et même laisser échapper un semblant de sourire lorsqu’elle avait attrapé son doigt avec détermination.
- Elle sera très belle, avait-il dit sans afficher le moindre doute.
C’était vrai, songeait Ignacius. Eris même à son jeune âge était déjà d’une grande beauté, dont on devinait qu’elle n’avait même pas encore atteint son apogée. Mais le jour de la venue d’Ikenokos, personne n’aurait pu le prévoir, ni même l’espérer tant le bébé faisait peine à voir et donnait de l’inquiétude au couple.
Pourtant Ikenokos ne s’était pas trompé. Après quelques semaines, leur fille ressemblait à n’importe quel poupon de carte postale, et aujourd’hui à cinq ans c’était une charmeuse de première sous ses dehors sages. Elle étincelait de santé, alliait joie de vivre et conduite presque irréprochable pour son âge. Même son intelligence vive et profonde ajoutait encore à sa beauté et Ignacius ne se lassait pas de la regarder.
Depuis quelques mois, il avait entrepris de lui apprendre à jouer aux échecs et c’était un bonheur de la contempler en train de se concentrer pour essayer de comprendre les rouages du jeu (elle maîtrisait déjà les dames, l’awalé, les dominos et le Memory).

Bref, au départ les prédictions d’Ikenokos les avaient comblés :
- Ce sera une grande sorcière, avait-il ajouté. Elle aura un rôle important dans notre monde et elle le connaîtra mieux que la plupart des humains ayant foulé cette terre.

Cependant, la suite avait douché Ignacius :
- Cela dit, toute sa vie est déjà bâtie sur de l’argile et les conflits l’ébranleront sans cesse, d’autant qu’elle en sera systématiquement le cœur et l’instigatrice, malgré elle mais sans jamais pouvoir l’éviter. C’est un destin très fragile que je vois là.

Ignacius et Hortense avaient frémi d’horreur aux prédictions du voyant, et la mort dans l’âme ils avaient appelé la fillette Eris, du nom de la déesse grecque de la discorde.
Au début, Ignacius voulait croire qu’Ikenokos ne méritait peut-être pas sa réputation, mais plus les années passaient, plus il comprenait dans quelle position délicate se trouvait son enfant.
Elle était tout son bonheur, mais également toutes ses inquiétudes les plus sombres puisqu’elle éclairait sa vie mais lui faisait craindre plus que tout que celle-ci ne s’éteigne.

Si elle ne pouvait éviter les conflits, il devait au maximum l’en préserver et la protéger, au moins jusqu’à ce qu’elle puisse se débrouiller seule...
Image

Gred et Forge vous informent!

Lequel est le vrai? Se demande Teressa Hergott

Avatar de l’utilisateur
Seonne
Mauvaise graine de mandragore
Messages : 3162
Inscription : 13 juin 2015 - 10:52

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Seonne » 31 juil. 2021 - 23:01

Titre : Réflexion éthyliques
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 23h, image + oubli
Fandom : Original
Nombre de mots : 1880
Personnages : Léna
Rating : -16 (TW alcoolisme, pensées suicidaires)
-16 (TW alcoolisme, suicidaires)
Show
Le bout de miroir cassé traîne par terre, quelque part. Léna tâtonne, à quatre pattes, dans le bordel sans nom où traînent ses affaires. Son capharnaüm personnel, cet amas de choses et trucs intimes qui passent leur vie au fin fond d’une male, sous son lit, à l’abri des regards et des questions. Son jardin secret, exposé au grand jour. Elle a tout déballé, en proie à une folie, une rage, une transe. Elle a ouvert la cage aux lions. Elle a explosé la prison des souvenirs bien enfouis.

Elle retourne les morceaux de tissu, elle patauge dans l’océan de babioles éparses. Elle cligne des yeux – il fait noir mais elle n’a pas la force de se relever pour appuyer sur l’interrupteur. Obsédée par sa quête stupide, elle cherche sous la faible lumière de la lune.

Enfin, une lueur apparaît au milieu de la masse obscure que forment toutes ces choses. Léna tend la main et se précipite un peu trop ; elle glisse, se cogne le menton sur le coin de la table de chevet. Elle se relève, un peu sonnée, quoi que pas beaucoup plus qu’avant. Tout tourne autour d’elle mais elle a l’habitude de ce genre de sensation.

Le bout de ses doigts caresse enfin la relique brisée, le morceau de verre aux bords tranchants en forme de demi-lune. La surface est froide, lisse, aussi polie qu’au premier jour. Les éclats ne l’ont pas abîmé. Outre ses contours déchiquetés, l’objet est parfait. Léna le trouve parfait. Unique. Étrange.

Elle veut regarder dedans mais elle ne voit rien – rien d’autre qu’un amas de ténèbres dans lequel elle se fond. Ses yeux sont embués de larmes – sa vision brumeuse. Elle pousse sur ses genoux pour s’avancer jusqu’au rebord de la fenêtre. Elle ne se remet pas debout, elle se contente de s’affaler contre le mur. Elle ferme les yeux, le temps que son tournis se calme.

Son ivresse ne passera pas tout de suite, elle voudrait juste que la nausée se dissipe.

Son vœu est exaucé et elle relève sa petite glace de poche à la hauteur de son visage. Et elle se plonge dans son reflet.

Que s’attend-t-elle à voir ?

Que veut-elle voir ?

Sa figure s’y dessine, cette face qu’elle aperçoit tous les jours et qu’elle reconnaît de moins en moins. Ses pommettes empourprées. Ses lèvres écarlates, peintes à outrage. Ses yeux fardés, soulignés de noirs, allongés de faux-cils. Ne reste que la couleur de sa pupille, d’authentique. Ce noir banal, profond, dont elle ne peut se départir.

C’est elle mais ce n’est pas elle.

Tout se mélange à la fois et elle ne sait plus.

Pourquoi fallait-il qu’elle retrouve ce miroir ? Pourquoi le fallait-il absolument ?

Le besoin était pressant, il fallait qu’elle l’obtienne. Pourquoi, au juste ?

Elle se souvient de l’urgence.

Elle a peur.

Elle caresse sa joue chargée de poudre. Sous la couche épaisse de fond de teint, elle sent les ridules, fines, les marques du passé. Les traces, les cicatrices. Une larme coule et creuse un sillon. Léna frotte, frotte, du bout de l’index. Les pigments noirâtres du mascara se mêlent au reste pour donner un tourbillon pâteux qui découvre par endroits la peau si bien dissimulée.

Le masque s’effrite.

Oui, elle se souvient. Enfin, pas encore. Un peu.

Ici, tous les reflets mentent.

Il lui fallait son miroir à elle.

Le vieux, le cassé, le rapiécé. Le vrai. Sinon, comment retrouver qui elle est vraiment, sous les apparences ?

Elle a oublié. C’est triste. Triste à pleurer. Triste à crever.

Ici tout n’est que façade et mensonges. À trop se fondre dans le décor, Léna s’oublie. S’est oubliée. Elle ne sait déjà plus. À quoi ressemblent sa mâchoire, son nez, son front, sans les contours de maquillage qu’elle leur impose quotidiennement ?

Il pleut dehors et elle ouvre le carreau. Elle rêve que l’averse nettoie sa fausseté. Imposture. Qu’elle l’absolve de ses péchés. Lesquels, au juste ?
Elle a trop bu, ce soir. Comme tant d’autres. Est-ce bien grave ? Il faudra bien mourir de quelque chose un jour, elle choisit de quoi. Ça rend tout plus supportable. L’idée de la mort, la douleur, les souvenirs – parce que ça gomme tout. L’idée de la mort, en fait, devient presque attrayante.

Léna se penche au dehors. L’air fouette son visage, elle s’accroche à la rambarde, en mordant sa prise sur la jardinière, ses ongles plantés dans l’humus. Ça sent bon, pourtant, c’est dégueulasse. De la terre pleine de vers de terre. Ses géraniums sont fanés depuis longtemps mais elle n’a pas encore viré le pot. Dans l’espoir – on ne sait jamais – que ça repousse par miracle.

Est-ce que les miracles existent ?

Ses pensées sont un fil discontinu. Une pelote toute emmêlée.

Quelle heure est-il ? Elle fouille dans les poches de son jean – son téléphone n’est pas là. Sûrement dans sa veste. Dans l’entrée. Pas essentiel. Flemme de bouger jusque là-bas. Elle est mieux, là, à sa fenêtre. Il fait frais. Elle croit que ça lui clarifie les idées. Ce n’est pas vrai, mais quelle importance ?
Le crachin lui balaye la figure. Se mêle à ses larmes. C’est doux, moins salé, comme ça. Elle soupire de contentement.

Elle sort la flasque, qui, elle, est toujours dans sa poche de jean. Ah, ça, elle ne la perd pas. Elle se dégoutte.

Léna s’avale une bonne rasade de vodka, comme ça, sec. Ça lui arrache le gosier, bien sûr. À ce point-là, elle ne s’en soucie plus. Elle a passé le point de non-retour depuis un bon moment. Dans cette soirée-là comme dans sa vie. Elle le sait.

Flasque, bouteille, cannette. Vodka, vin, bière. Autant de compagnons qu’elle rencontre quotidiennement. Un amour toxique comme on en a rarement vu.

À ce rythme-là, son envie de vomir va vite revenir. Voilà, elle n’aurait pas dû y penser. Un haut-le-cœur et elle recrache du liquide dans ses géraniums. Ça pue mais pas trop. Normal, elle n’a pas mangé. Quand elle sort, elle ne mange pas. Ça permet que l’ivresse monte plus vite. Que ça tape plus fort. Économies pour le porte-monnaie. Défonce garantie.

Voilà qu’elle pleure. Ou elle rit. Les deux à la fois ; c’est insupportable, elle ne sait plus. Elle est un tel désordre, un tel gâchis. C’est drôle tant c’en est désespérant.

Elle a commencé à boire pour prendre le contrôle.

Pour sortir de sa coquille.

Se décoincer.

Adieu, la Léna timide qui se cachait dans ses écharpes et ses pulls trop grands. Bonjour l’exubérante, la drôle, la bombasse.

Elle n’a aucun contrôle.

Sur rien.

Ridicule.

Il y a des gens qui passent dans la rue – un couple, ils se tiennent par la main. Elle ne les remarque pas mais eux entendent ses gémissements, ses ricanements, ses geignements. Ils la fixent si fort qu’elle finit par le sentir. Elle voit flou, elle ne sait pas s’ils se moquent. S’ils sont inquiets.
Ils la jugent, c’est sûr. Tout le monde le fait.

Elle leur en veut. C’est injuste. De quel droit se permettent-ils ?

Elle lève son majeur bien haut dans leur direction, chancelle, se rattrape encore une fois à sa balustrade. Sans ciller, sans laisser sa main retomber. Ils n’attendent pas qu’elle leur crie des politesses pour reprendre leur chemin. Encore une soularde du samedi soir. Quelle déchéance, ces jeunes.
Sauf qu’on n’est pas samedi, ou peut-être que si, et ça n’a aucune importance. Elle ne sait pas, elle ne sait plus. Tous les soirs la même chose. Tous les soirs la même dose – non, Léna y va crescendo. À se demander, même, s’il y a une limite.

Elle se demande ce que ce serait, de faire un coma éthylique. Ça lui fait peur et ça la grise en même temps. L’inconnu, le frisson. Toujours dépasser plus de limites.

C’est douloureux.

Léna sait, au fond, qu’ils n’ont pas tort. Ces connards de passants. Ils la jugent et la mettent dans le même panier que tous les autres. Elle voudrait leur crier qu’ils se trompent – mais c’est elle qui se trompe.

Son histoire est unique, comme toutes les autres.

Son histoire est universelle, comme toutes les autres.

Comme tous les addicts, comme tous les drogués, tous les alcooliques. Tous ont une bonne raison de commencer. Et pour elle, les choses passent presque inaperçues. On la regarde avec une certaine bonhommie.

Elle est jeune. Elle est étudiante. Elle veut profiter de la vie. Quel mal à ça ?

À croire que la jeunesse autorise les pires conneries. Que les études autorisent l’auto-sabotage. Que profiter de la vie implique de détruire son futur.

Ce n’est pas si grave.

Soirée, apéro, festivités.

Non, elle n’a rien du cliché de l’alcoolo, qui titube à midi avec sa bouteille de pinard entamée jusqu’au dernier tiers.

Pourtant est-elle si différente ?

Elle est invisible. On n’en parle pas – chute. Ça ferait tache. C’est si commun, au fond. Il n’y a pas qu’elle. Rien que dans ses potes, oui, elle peut citer une bonne dizaine de noms. Pas tous au même degré. Mais lequel d’entre eux peut se targuer de n’être jamais rentré chez lui à quatre pattes ? De n’avoir jamais oublié une portion de souvenirs ?

Lequel d’entre eux n’a jamais eu honte de se regarder dans le miroir ?

Elle récupère son éclat brisé. Elle l’a laissé glisser dans le pot de fleurs quand elle a manqué de tomber par-dessus. Il est plein de terreau – sale, comme son image. L’image qu’elle a d’elle, surtout. De l’extérieur, on ne croirait pas. Qu’elle est si moche, sous ses couches de maquillage. Qu’elle est si moche, sous l’apparence qu’elle se donne. Qu’elle est si moche, sous son ébriété chronique et malsaine.

Elle regarde en contrebas. Le trottoir pavé est si loin… Léna habite au sixième – sans ascenseur. Elle réalise qu’elle ne se souvient pas comment elle a réussi à grimper les marches, ce soir. Peut-être que quelqu’un l’a porté – en tout cas, aujourd’hui, ce n’était pas un connard qui voulait juste profiter de son lit. Parce qu’elle est seule.

Elle pense à eux – les connards – à ce qui va avec, à ces actes manqués. À tout ce qu’elle regrette.

Elle est prise dans un tourbillon de destruction.

Elle voudrait l’arrêter.

Elle voudrait tout arrêter.

Chut.

L’appel du vide résonne dans sa tête. Vertige. Non.

Chut.

Elle clôt les paupières et elle se laisse glisser à l’intérieur. Elle s’étend par terre, sur ses fringues sales et ses doudous d’enfances revenus d’outre-tombe.

Le fragment du miroir contre son cœur.

Demain, promis, elle arrêter.

Demain, elle le sait, elle recommence.

Ou peut-être pas.

Peut-on s’en sortir ? Peut-elle s’en sortir ?

Elle ne sait plus.

Elle a envie d’y croire. Il n’y a pas une citation à la con, quelque part, qui stipule que « quand on veut, on peut » ?

Reste à voir si elle voudra suffisamment fort.

Volonté contre volonté.

Elle sombre – dans les bras de Morphée, au fond de l’abîme la plus béante de son cœur. Le point de non-retour est un concept comme un autre. Tous les grands penseurs de la terre s’amusent à démentir les concepts des autres.

Elle a bien envie de parier. De jouer.

Elle veut être plus forte ; non – la plus forte.

Dors, pour l’instant.

Demain sera un autre jour.
Image

Avatar de l’utilisateur
Samantha Black
Ministre de la Magie
Messages : 4821
Inscription : 02 févr. 2012 - 14:49

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Samantha Black » 31 juil. 2021 - 23:01

Titre : Une famille parfaite
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 23h (citation)
Fandom : HP
Nombre de mots : 455 mots
Personnages : Famille Weasley, James/Rose
Rating : TP
La presse n’était pas encore au courant, mais la nouvelle avait déjà bouleversé le monde en apparence si tranquille de la famille Weasley. La grand-mère de James avait pleuré à chaudes larmes et le grand-père avait eu du mal à cacher sa surprise. Lily avait lancé tout ce qui avait pu lui tomber sous la main tout en maudissant James, qui –elle en était sûre – était responsable de la situation. Albus était resté muet, ne sachant visiblement pas comment réagir. James, pour sa part, avait eu du mal à cacher son soulagement.

Ginny et Harry Potter se séparaient après vingt-neuf ans de mariage.

— Je ne comprends pas ! S’était exclamé Mamie Molly. Qu’est-ce que vous avez tous à ne pas réussir à rester ensemble ! James, Victoire, Molly et maintenant vous ! Qu’est-ce qu’on a fait à Merlin pour mériter ça !

Plus tard, James avait retrouvé Rose dans leur appartement et lui avait annoncé la nouvelle entre le fromage et le dessert. Même si personne n’avait osé le dire avant cela faisait des années que le jeune homme trouvait ses parents mal assortis.

— Je dois avouer que je pensais que mes parents seraient les premiers à annoncer leur divorce, lâcha Rose, la surprise passée.

Cela faisait presque un an que Ron avait pris ses quartiers dans l’ancienne chambre de sa fille et que la situation était tendue entre eux. Malgré la culpabilité, Rose savait que sa relation avec James n’avait été que la goutte d’eau qui avait fait déborder le chaudron. Cela faisait plusieurs années que les parents de Rose rencontraient des difficultés et la jeune femme n’était pas persuadée qu’ils surmontent celle-ci.

— Peut-être que mes parents pensaient qu’ils seraient plus facile de passer en premier. Vu la réaction de Mamie, j’ai peur qu’elle nous fasse une crise d’apoplexie si tes parents décident eux aussi de divorcer, déclara-t-il légèrement inquiet.

Leur grand-mère avait toujours eu des comportements exagérés concernant les séparations et naissances hors-mariage dans leur famille. Elle donnait parfois l’impression de vivre encore dans les années mille neuf cent quatre-vingt et de ne pas supporter l’évolution des mœurs, sans doute principalement par inquiétude.

La crise, que James pressentait, eut finalement lieu, mais elle ne concerna nullement Hermione et Ron. Sous le coup de la colère, son père avait laissé entendre que Ginny l’avait trompé. En entendant cela, leur grand-mère était entrée dans une colère noire et s’en était pris vivement à sa fille, tout en injuriant l’homme qui avait osé se mettre entre elle et son gendre. Bien entendu, la mère de James ne s’était pas laissée faire et avait fini par claquer la porte en partant.

Leur grand-mère avait éclaté en sanglots et un silence de mort s’était installé dans le salon.
Image

Avatar de l’utilisateur
Bellatrix1992
Stagiaire chez W&W
Messages : 981
Inscription : 15 oct. 2019 - 17:16

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Bellatrix1992 » 31 juil. 2021 - 23:02

Titre : La voix fantôme
Thème et heure : 23 h surtout l'image
Fandom : hp
Nombre de mots : 1163
Personnages : OC s
Rating : Tout public
Eris s’était couchée tôt, épuisée par le voyage et encore retournée par tous les événements auxquels elle avait assisté. Depuis plusieurs semaines, elle vivait des choses si intenses que son esprit avait du mal à les assimiler et, en ce sens, elle commençait à saturer.
C’est donc sans grand étonnement qu’elle s’éveilla en pleine nuit, gênée par la chaleur qui pénétrait jusque dans ce grenier mais également oppressée par un sentiment plus mystérieux.
A côté d’elle, Joy, Rose et Livia dormaient paisiblement et profondément, s’étant disputé jusque tard dans la nuit une partie d’échecs sorciers. Eris n’avait pas démérité même si elle avait fini par s’incliner devant Rose, comme bien souvent.
Elle était chez elle, en sécurité et avec ceux qu’elle aimait et pour deux semaines de congés bien mérités selon Klein. En plus Livia était des leurs, voilà qui avait de quoi la réjouir.
Alors pourquoi ce sentiment de vide et d’angoisse s’était-il emparé d’elle, provoquant son réveil ? Était-ce comme elle voulait le croire un simple contrecoup des événements d’Orient ? Une bouffée d’angoisse après le combat acharné qu’elle avait livré avec ses amies face à Rumpel ?
Toute à ses pensées mais aussi sur le qui-vive, ses cheveux se dressèrent sur sa tête lorsqu’une lueur blanche passant soudain devant la porte du grenier. De quoi s’agissait-il ?
La sensation d’être épiée était insupportable à présent et elle se leva, repoussant rageusement ses draps et gardant à l’esprit que ce qu’elle s’apprêtait à faire consistait ni plus ni moins à quitter la sécurité du dortoir. Elle prit juste la peine d’enfiler ses mules et de s’envelopper dans sa robe de chambre avant de quitter la pièce en silence, baguette en main.

Refermant la porte derrière elle tout en prenant garde à ne pas réveiller les autres, elle regarda à droite et à gauche. Il n’y avait personne.
La lueur avait disparu à présent, mais Eris l’avait vue partir vers la gauche, c’est à dire en direction de l’escalier. Elle se glissait à sa suite à pas de loup lorsqu’un air chanté d’une voix faible lui vint aux oreilles :
Je te salue,
Peux-tu m’entendre ?
Si je dis ton nom.

Je te salue,
As-tu besoin,
Que je ne disparaisse ?

Était-ce bien là que j’étais chez moi ?
Tout me semble étranger.
Marcher sur l’allée des fantômes.
Vivant, aimant, mentant.

Au plus profond des ténèbres,
Gardez donc vos lumières !
La clarté, pas pour moi.

Le spectre en moi qui se rebelle.
Sait bien qu’il ne peut revenir.
Vivant, aimant, mentant.


Eris le savait depuis longtemps, elle ne vivait pas pour rien au manoir de Phantom Alley. Pourtant, à cet instant, c’était comme si rien n’avait pu la préparer à ce qu’elle vivait. Frissonnante, elle poursuivit cependant sa route et gagna les étages inférieurs.
Cependant, elle eut beau chercher, plus aucune trace de la lueur, nulle-part. Comment avait-elle pu perdre ainsi sa trace ? Mystère.


Le lendemain cependant, un phénomène beaucoup plus inquiétant acheva de la terrifier.
Alors qu’elle se levait après sa nuit agitée, le visage bouffi par la fatigue et les souvenirs pas très net, elle constata que la chambre était vide et aller se débarbouiller lui parut la meilleure chose à faire avant de rejoindre les autres.
C’est l’esprit encore embrumé qu’elle entra dans la Salle de bain de leur chambre d’enfant, ou elle avait laissé ses affaires de toilette la veille. Aussitôt la perspective d’une douche froide l’attira irrésistiblement et elle se déshabilla sans plus attendre.
Après la chaleur de la nuit, elle était prête à tout pour se rafraîchir et c’est avec délice qu’elle sentit l’eau ruisseler sur tout son corps quelques secondes plus tard. Elle n’y resta pas très longtemps cependant, juste ce qu’il fallait pour se laver et elle s’enroula dans une grande serviette noire juste en sortant de la douche, une plus petite venant couvrir ses cheveux et elle sourit d’aise à la pensée d’être débarrassée des séances au hammam pour un bon moment.

Alors seulement, elle fit face à la glace de la salle-de-bain.

Son reflet la fit aussitôt sursauter, et dans un instant d’hésitation, elle se demanda ce qui avait changé avant de le comprendre brusquement et de pâlir sous l’effet de la surprise et de l’effroi :
- Par Merlin, mes yeux ! Souffla t-elle horrifiée.

Elle ne comprenait pas, mais lentement le lien se faisait avec les événements de la nuit et Eris sentait la panique s’insinuer jusqu’au plus profond d’elle-même. Pour le reste, elle demeurait incapable de réagir comme il l’aurait fallu et un sanglot étranglé monta dans sa gorge :
- C’est quoi ce truc ?! Mais qu’est-ce qui se passe ?!

Toute à sa panique, Eris fixait la glace avec désespoir, comme si cela avait pu changer le reflet qu’elle lui renvoyait.
Et pour cause, ses yeux qui en temps normal étaient gris clairs comme ceux de la plupart des Malefoy avaient pris une teinte brun sombre à l’effet plus qu’inquiétant. C’était comme si une étrangère s’était retrouvée face à elle de l’autre côté du miroir. Eris reconnaissait à peine son visage sous l’effet du changement, il lui semblait même que ses traits étaient plus durs et son regard plein de morgue… Pourtant elle était totalement terrifiée.

Paralysée par l’angoisse, elle se rendit compte qu’elle s’était mise à sangloter seulement lorsque la voix de Rose résonna dans la chambre :
- Eris, quelque-chose ne va pas ? Demanda la jeune fille.

Eris ne savait plus quoi répondre et le semblant de phrase qu’elle tenta d’articuler se transforma en un couinement étranglé.
Alarmée, Rose ouvrit la porte derrière elle et, par réflexe, Eris attrapa l’essuie-main pour couvrir ses épaules encore dénudées tout en fermant les yeux. Sans pouvoir se l’expliquer, elle avait soudain terriblement honte d’être vue ainsi.
- Que se passe t-il ? Lui demanda son amie. Tu as mal aux yeux ? Il y a un problème ?

Son inquiétude avait du se communiquer car Eris pouvait entendre des pas et des voix inquiètes dans la chambre, d’ailleurs Rose se retourna et appela Joy qui venait visiblement d’entrer aussi.
- Les garçons, vous sortez s’il vous plaît ? Ordonna t-elle à Sebastian et Mickaël qui l’interrogeaient eux aussi. Allez chercher Severus si vous voulez vous rendre utile, ou Jaody.

La porte se referma et Rose insista :
- Eris, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi tu pleures ?
- Et pourquoi tu caches tes yeux aussi ?
- Hé doucement Joy ! La sermonna Livia.

En effet, Joy venait de l’attraper un peu rudement, visiblement désireuse de tirer l’affaire au clair :
- Tu es blessée ? Insista t-elle malgré tout.

Confuse, Eris secoua la tête et Joy demanda :
- Est-ce que tu peux ouvrir les yeux alors ?

Elle secoua la tête à la négative et Joy émit un grognement de contrariété :
- Il va quand-même falloir que l’on voit ! S’énerva t-elle.
- Non, je ne veux pas ! Répliqua l’adolescente.
Image

Gred et Forge vous informent!

Lequel est le vrai? Se demande Teressa Hergott

Avatar de l’utilisateur
CacheCoeur
Cachou la Terrible
Messages : 579
Inscription : 28 mai 2018 - 10:52

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par CacheCoeur » 31 juil. 2021 - 23:02

Titre : La Conteuse d'histoires - Partie IV
Thème et heure : Oubli, 23h
Fandom : Original
Nombre de mots : 1354
Personnages : OC
Rating : -16 (TW sang, vomissements, blessures, mort)
Spoiler
Show
– J’ai trouvé un moyen de te sauver. Ne t’inquiète pas ! Je te l’ai promis ! Tout ce passera bien !

Naosa me regarde curieusement, alors que du sang s’échappe de ses lèvres. Jérémy s’attelle déjà à la tache et arrache ses vêtements pour nettoyer la plaie. Lilian me tire si fort hors de la pièce que mes poignets craquent entre ses mains. Il les lâche quand Adrien le contourne pour se planter en face de moi.

– Elle ne peut pas mourir. J’ai trouvé un moyen de la sauver ! Dis-leur !
– Aliénor ! Tu vas vomir de l’encre.
– Non pas du tout ! Je me sens bi…

Un relent me monte à la gorge et je n’ai pas le temps de me retenir plus longtemps. L’encre jaillit de ma bouche, amer et épaisse. Elle fait se contracter les muscles de mon ventre et agite mon corps en des spasmes incontrôlables. Adrien tapote mon dos, non sans exprimer son dégoût. L’encre bleu saphir s’étale sur le parquet à mesure que mes lignes créatrices s’effacent sur ma peau. Je tremble comme une feuille et serai bien incapable d’écrire quoi que ce soit. Pour transporter le corps de Naosa, j’ai dépensé bien trop d’énergie …

– T’es qu’une abrutie, Aliénor, marmonne Lilian.

Je lui grogne dessus en essuyant ma bouche d’un revers :

– Bordel, c’est pas le moment ! Tes petites réflexions tu te les gardes ! On a pas besoin d’un petit chef autoritaire là !
– Non. On a besoin de calme et de…
– Commencez pas, nous interrompt Adrien.
– Je trouve ça divertissant, moi, sourit Zio en faisant tournoyer son stylographe entre ses doigts.

Il observe Naosa du coin de l’œil. Il n’en a pas grand-chose à faire, d’elle… Lorsqu’elle a été condamnée, il n’a pas levé le petit doigt.

Je me traîne jusqu’au chevet de Naosa et attend une réaction de la part du médecin. Il ne fait rien. Il caresse les cheveux blonds et sales de la Conteuse d’histoires déchue et lui sourit presque gentiment. Il lui tient la main aussi… Comme on tient la main à une personne qui va mourir.

– Un stylographe. Il me faut un stylographe, j’exige fermement.

La nausée remonte. La dernière fois que j’ai écrit des lignes créatrices sur ma propre peau, mon sang a tourné à l’encre pendant des heures. L’empoisonnement m’a cloué au sol de la salle de bain toute une nuit.

– Si tu écris une ligne de plus, tu vas nous claquer entre les doigts, chuchote Salomé.

Zio lance son stylographe dans les airs. J’accours pour le récupérer avant lui. Il est trop rapide, et le fait passer sous le nez pour me narguer. Je siffle entre mes dents serrées :

– Je peux faire d’elle une Conteuse d’histoires et effacer les conneries de la Commission. C’est ce que Cora aurait voulu.

A la mention du prénom de Cora, Salomé me regarde durement.

– Ne te sers pas d’elle. Elle détesterait ça, crache-t-elle. Tu n’as pas pu sauver Cora. Tu ne pourras pas sauver Naosa. Point à la ligne. Point sur leur vie.
- Non !

Je refuse.

– On a tous abandonné Naosa ce jour-là ! Lors de son procès, nous n’avons rien fait pour empêcher la Commission de la condamner à l’oubli.
Je vacille de colère et de fatigue. Les mains noircies d’encre et de crasse, je me rattrape à un mur, maladroitement.

– Ça suffit maintenant, tranche fermement Lilian.

Quelque chose bloque ma respiration. Je n’arrive pas à déterminer ce que c’est, avant que mon sanglot ne s’échappe :

– Tu ne comprends pas ! Si elle meurt sans que je n’ai eu le temps de faire d’elle une Conteuse d’histoires, elle sera effacée de l’Histoire. Son nom disparaîtra de nos mémoires. Sa mère, son père, ses amis, nous… Personne ne se souviendra d’elle. Ce qu’elle a fait, ce qu’elle a été appartiendra au néant. Ce sera comme si elle n’avait jamais existé.

Lilian et Adrien nous regardent, interdits.

– C’est le sort des Conteurs d’histoires ayant violé le Code, explique Salomé. On tatoue sur leur peau une ligne de vérité, pour faire d’eux des humains.
– Seulement, c’est pas si simple que ça, semble s’amuser Zio.
– Les Conteurs d’histoires ne peuvent pas devenir humains et les humains ne peuvent pas devenir Conteurs d’histoires, récite mécaniquement Jules.

Il regarde Naosa sans la lâcher des yeux.

– Les Conteurs d’histoires que l’on condamne à devenir humain, ne sont ni l’un ni l’autre. Privés de leurs dons de Conteurs d’histoires, ils ne préservent plus l’Histoire. Mais personne ne peut écrire la leur. La dualité entre nos deux espèces est si confuse, que la personne n’est ni l’un ni l’autre, termine Salomé. L’oubli est donc inéluctable à la mort du Conteur d’histoires déchu.

C’est une seconde mort que je refuse. Naosa tente de parler. Ses mots sont étouffés dans le sang qu’elle crachote. Salomé lui demande de garder ses forces. Jérémy secoue la tête. C’est terminé…

– Si elle doit mourir, je veux au moins me souvenir de ce qu’elle a fait pour nous et de la raison pour laquelle nous sommes en vie, m’appuie enfin Salomé.
– Ça ne marchera pas. Notre Conteuse d’histoires originelle est cassée ! Plaisante Zio. Elle tient même pas sur ses jambes et on dirait qu’elle va encore gerber !

Je lui donne raison quelques secondes plus tard, et je déteste ça. Je me laisse glisser le long du mur. J’implore Zio du regard, qui lève les yeux au ciel, avant de me jeter au visage son stylographe. Salomé arrache une feuille de papier et Lilian ne dit plus rien. Il semble réfléchir et hoche finalement la tête, comme si j’avais besoin de son approbation. Adrien se laisse glisser à son tour, juste à côté de moi et presse ma main dans la sienne.

– Si tu n’y arrives pas Aliénor, ce n’est pas…
– Si. Ce sera grave, je fais faiblement.

Je pose le stylographe de Zio sur le papier qui s’imbibe d’encre. C’est un stylo plume qui agrippe la feuille, une arme dont je n’ai pas l’habitude. Je trace les premières lettres, les doigts exténués, les phalanges douloureuses et la respiration calme.

« Naosa est une Conteuse d’histoires »

Mais les lettres ne bougent pas. Elles demeurent immobiles sur le papier, n’en sortent pas, ne se réalisent pas. Je n’ai pas assez de force.
– Essaie encore ! Ordonne Lilian.

Je secoue la tête, en sentant de grosses larmes naître au coin de mes yeux. J’opine et recommence.

– Réessaie ! Gueule-t-il une fois de plus.

Le silence se fait. On n’entend plus que le griffonnement du stylo plume sur le papier. Chaque fois que je pose le point final, Lilian me dit de recommencer et je l’écoute, je m’exécute en pleurant une peu plus fort. Je m’acharne, et il s’acharne avec moi, jusqu’à ce que j’arrive au bas de la page. Il la retourne pour moi, après s’être accroupi en face de nous.

– Recommence !
– Je n’y arrive !

Le gémissement qui est sorti de ma bouche me surprend.

– RECOMMENCE !

Je sursaute alors qu’Adrien bondit :

– Dégage de là !
– Si elle n’essaie pas jusqu’à la dernière seconde, elle s’en voudra toute sa vie ! Déclare froidement Lilian.
– Ou pas… Elle ne se souviendra pas du tout de Naosa ! Rigole Zio. Pouf ! L’oubli total !
– Sale connard…, l’insulte Lilian en le gratifiant d’un regard méprisant.

Je continue de m’acharner. Si j’oublie Naosa, je ne ressentirai rien et je ne regretterai rien. Mais cette pensée me fait me haïr. Les yeux noirs de Lilian sont doux et tristes. Il esquisse un sourire désolé.

– Essaie encore, chuchote-t-il.

Et je le fais jusqu’au bout de la nuit, sans que ça fonctionne pour autant. Salomé pleure. Zio rigole. Jérémy est impuissant. Jules s’est enfui dans ses pensées. Quand Naosa cesse de respirer, les oiseaux chantent et les sirènes hurlent la fin des combats.

J’ouvre les yeux.

Salomé essuie des larmes. Zio a une rire étranglé. J’ai les mains douloureuses et rouges. Nous sommes tous complètement hagard des suites de la bataille. Et sur le lit, il y a une blonde aux cheveux sales.

Elle est morte.

Je me demande comment elle s’appelait…



小时候的梦境里 那时候的人们说想要得到的太多永远找不到尽头

Image

Avatar de l’utilisateur
Tiiki
Reporter à la Gazette du Sorcier
Messages : 1528
Inscription : 05 nov. 2016 - 13:24

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Tiiki » 31 juil. 2021 - 23:28

Titre : Sans titre
Thème et heure : Thème minuit (Presque)
Fandom : HP
Nombre de mots : 182
Personnages : Charlie Weasley
Rating : TP
Presque ! Charlie jeta son Brossdur au sol avec rage. C’était la dernière année où il avait une chance de ramener le titre pour Gryffondor, et il l’avait laissée filer. Littéralement. Le vif lui avait glissé entre les doigts et avait fondu dans la paume de Victor Bellchant. C’était passé à un cheveu de Vélane ! Il y était presque ! Lui qui pensait que cette finale serait du pipi de Ronflak, les Serdaigle l’avaient détrompé. Ils étaient tombés sur plus forts qu’eux. Il était tombé sur plus fort que lui. Plus chanceux peut-être aussi (surtout), mais le fait était là : ils n’avaient pas remporté le championnat. L’idée commençait à faire lentement son chemin jusqu’à son cerveau : ils avaient perdu. Il repartait de Poudlard sans titre. Ses camarades de Gryffondor le détesteraient sans doute. Sa mère peinerait à cacher sa déception (elle avait sans doute déjà préparé une fête pour son retour) ; son père serait embarrassé du comportement de sa femme ; ses plus jeunes frères se moqueraient peut-être (et il n’était pas encore prêt).
Image

Avatar de l’utilisateur
Ella C.
Chat en quête de son Y
Messages : 2193
Inscription : 01 mai 2017 - 21:21

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Ella C. » 31 juil. 2021 - 23:53

Titre :
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 23h presque + « Certains silences valent mieux que toutes les confessions du monde. » — Françoise Bourdin
Fandom : MCU
Nombre de mots : 910
Personnages : Sam Wilson, Bucky Barnes
Rating : TP (mention d'une blessure, rien de graphique)
— Mon amour ! s’écrie Bucky, avec un fort accent russe. Enfin ! Te voilà ! Je t’ai cherché si longtemps si tu savais…

Sam le réceptionne au vol, manque d’en tomber, s’agrippe à lui pour retrouver l’équilibre. C’est humide contre sa côte, ça ne présage rien de bon, mais il retient son inquiétude pour se prendre au jeu.

— Connard, souffle-t-il dans son oreille quand il embrasse sa joue, accent états-unien sous son sourire brillant.

— Si vous saviez ! reprend Bucky, s’adressant à tout le monde et personne à la fois, mais lançant une pause sur le bar bondé. Si vous saviez, ça fait cinq ans ! Tout ce temps que je me retiens parce que monsieur est de l’autre côté de l’océan mais, ah….

Il parle et parle et Sam le tire hors du bar, vite, de plus en plus vite à mesure que le liquide poisseux colle à sa peau à travers les épaisseurs de leurs deux chemises, à mesure que la sécurité entre dans la pièce du fond, celle dont ils n’étaient pas censés connaître l’existence. Ils s’en rendront compte bientôt, mais Sam et Bucky seront déjà à l’abri de l’hôtel et du Shield, ce ne sera plus leur problème.

Ce qui est le problème par contre, c’est la sueur sur son front et sa tête qui tourne. Bucky a le bas de la chemise écarlate et le visage pâle, Sam, allongé sur le carrelage de la salle de bains, refuse de penser. Inspire, expire, couvre les bruits de tissu déchiré et de gaze déroulée. Ça fait un mal de chien, physiquement, ça brûle, mentalement, de savoir qu’ils se sont foiré quelque part. Ce sera pire, s’il se laisse penser…

— Steve avait le super-sérum, fait Bucky d’une voix égale.
Sam ne voit pas son visage, parce qu’il voit flou, mais il ne doute pas que son partenaire ne se laisse plus lire. Il applique de l’eau sur la plaie, soupire, nettoie aussi vite qu’il le peut pendant que Sam insulte le plafond pour faire passer la douleur.

— Bordel.
— Je sais.
— Putain !
— Je me dépêche.
— Meeeeeerde !

Ses poings sont crispés mais il ne sent plus des ongles. Bordel de balle. Bordel d’hôpital public, et de couverture à maintenir, bordel de Shield qui est trop loin. Ce n’est pas la première fois qu’il y a du sang dans la salle de bains, ce ne sera pas la dernière, mais son ventre se tord quand même malgré l’antidouleur.

Bucky ne répond pas. Il colle des bandages, enroule Sam dans un burrito serré le temps que ça tienne. Heureusement, on vit à une époque où il n’y a plus besoin de recoudre ce genre de chose, il y a des colles pour maintenant (merci Banner). Il n’a déjà pas la force de se relever. Bucky dépose un verre d’eau, un paracétamol, l’aide à se redresser. Une main ferme sur ses omoplates, une autre sur son épaule, et le silence est devenu réconfortant.

— Je savais que tu ne pouvais pas t’empêcher de te jeter sur moi, blague Sam, lorsqu’il a retrouvé assez d’esprit pour dire des conneries, des conneries dans lesquelles Bucky le suit sans hésiter.
— Je peux pas résister ce look, fait-il. Super-héros en détresse, c’est pile mon point faible.

Sam essaie de rire — ça fait mal — il arrête. Sa tête tombe sur l’épaule de son voisin en même temps que la fatigue sur ses épaules. Dormir fera du bien, mais il n’arrive pas à fermer les yeux.

Leurs regards se croisent, pleins de non-dits. Une tristesse, ou des regrets sous-jacents, des doutes qui explosent dès que le masque se lève. Ils ont tellement perdu, tous les deux, tellement que la vie paraît lointaine, factice. Sam ne sait pas trop où ça a commencé, avec l’enrôlement, la mort, ou l’après. Bucky a l’air de ne pas savoir non plus, et de s’en excuser, presque.

C’est presque de la confiance, presque de l’amitié. Ils se sont ouverts sur plein de choses, pour leur métier, aux sens propre et figuré, mais pas sur leurs fantômes. Même de Steve, ils parlent à peine, et c’est encore récent, fragile, c’est presque là. Bucky a souvent l’air de penser que plus rien ne vaut la peine d’être raconté, Sam ne le croit qu’à moitié. Parler au passé d’un homme vivant n’est jamais bon signe.

— J’ai besoin d’un équivalent du sérum, lâche Sam. Je peux pas continuer comme ça.
Bucky se vide de toute émotion, vacille, semble sur le point de prendre la fuite, mais ses mains ne bougent pas.
— Pas comme ça, murmure Sam. Pas comme toi. Je sais. Je veux juste un nouveau gilet, peut-être un nouveau costume, pare-balles.
— Je peux négocier avec Shuri.
— Le Wakanda n’est pas facile à convaincre.
— Pas quand c’est moi, et je peux leur dire que c’est pour une cause spéciale.

Sam ne sait pas s’il est une cause spéciale, mais Bucky ébauche un sourire, alors il décide de le croire, ne serait-ce que pour observer cette expression un peu plus longtemps. Le souffle sur sa joue est doux, et rien que ça, ça fait longtemps. Mais ça fait du bien, comme les petits cercles de doigts sur son épaule. Une tension le quitte, qu’il ne savait pas qu’il retenait. Bucky l’empêche de glisser au sol.
— Allez. Dormir. Demain sera une rude journée.

C’est un « bonne nuit » avec la voix et une caresse avec les yeux. C’est presque là. Bientôt. L’espoir viendra avec, et le bonheur aussi.

Avatar de l’utilisateur
rowinter
Petit Pois noctambule
Messages : 653
Inscription : 25 juin 2015 - 18:19

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par rowinter » 31 juil. 2021 - 23:54

Titre : /
Thème et heure : Thème 00h (presque)
Fandom : HP
Nombre de mots : 1010
Personnages : Ginny, James S, Albus S, Lily L et Harry Potter
Rating : TP
— James, viens finir ton assiette !

Ginny était à deux doigts de craquer. D’habitude, elle avait les nerfs plus accrochés. Mais ce soir entre James qui n’en faisait qu’à sa tête (pour changer), Albus si distrait qu’il en oubliait de manger et Lily en pleine crise de larmes, elle sentait sa patience partir en fumée.

— Mais maman mon château ! s’indigna le petit garçon.
— Il ne va pas bouger d’ici que tu finisses ta purée et tes brocolis. Et Albus, finis ton assiette toi aussi.
— Maman il y a combien d’étoiles dans le ciel ?
— Je ne sais pas mon chéri. James reviens ici sinon je te colle à ta chaise ! s’exclama Ginny sa baguette à la main.

Le petit garçon revenu en maugréant tandis qu’Albus jouait avec son dernier brocoli.

— J’aime pas quand c’est vert… marmonna James en fixant son assiette.
— Et bien mange en fermant les yeux, tu verras ça n’a aucune couleur. Albus cesse de jouer avec ta nourriture.

Elle prit Lily dans ses bras pour la bercer un peu, mais rien n’y faisait. La petite avait ses dents qui poussaient ce qui rougissait ses petites joues rebondies.

— Je sais mon amour, je sais, tu as mal. On va aller se coucher.
— Maman, est-ce que les brocolis c’est des petits arbres ?

James était déjà reparti à son château abandonnant trois minis-arbres dans son assiettes. Ginny soupira, elle était fatiguée. Son entrainement de Quidditch avait été très éprouvant, elle reprenait tout juste depuis sa dernière grossesse et la coupe de ligue approchait à grands pas. Maintenant elle avait mal partout et surtout avait envie de se coucher, tant pis pour les brocolis.

— Non, ce sont des légumes, viens on va au lit.

D’un coup de baguette, elle envoya toutes les assiettes dans l’évier, ne prit même pas la peine de ranger proprement la cuisine et se dirigea vers le premier étage du Square Grimmaurd. Avec la petite main d’Albus dans la sienne et Lily dans ses bras, elle rejoignit James dans sa chambre qui venait de catapulter son château à coups de kaplas (un jeu moldu qu’Harry leur avait fait découvrir).

Ginny n’avait même pas envie d’essayer de leur faire prendre le bain. Il y a des combats qu’elle n’avait même pas envie d’affronter. Pas ce soir en tout cas. Cependant, elle leur fit enfiler leurs pyjamas, cette partie là n’était jamais trop compliquée. James et Albus faisaient la course contre Ginny qui changeait la petite Lily. Ses deux petits garçons arrivèrent en courant pour se jeter sur elle, mimant des dinosaures.

— On va te manger maman !
— Ah ! Non…

Elle fit mine de se jeter à terre, Lily dans ses bras qui avait cessé de pleurer pour rigoler aux éclats. James et Albus se jetèrent dans ses bras pendant qu’elle leur distribuait bisous et câlins.

— Grrrrr ! s’exclamait-ils de leurs petites voix.

Oui, c’était parfois fatiguant de s’occuper de trois enfants en même temps, mais pour ces moments de batailles de chatouilles et de rigolades, cela valait tous les combats de brocolis abandonnés dans l’assiette.

Quand Harry rentra ce soir là, il était tard et Ginny s’était assoupie entourée de ses trois enfants dans son lit. Elle avait tenté de les coucher comme il se devait dans leur lit et… Elle avait vite abandonné.

Harry répondit à peine à son bonsoir, il avait la mâchoire serrée et les traits tirés. Elle se leva, emmena Albus dans son lit ainsi que Lily tandis qu’Harry portait James. Puis elle le rejoignit dans la cuisine. Il ne décrochait pas un mot, d’un coup de baguette amena une assiette à lui puis avala deux bouchées avant de tout ranger à nouveau.

— Ça va ? Comment était ta journée ? finit-elle par demander.
— Bien.

Elle se retint de soupirer, quand il était comme ça, aussi exécrable, elle avait appris à ne pas tenter de le faire parler immédiatement. Elle quitta donc la cuisine et retourna dans sa chambre.

Elle aurait presque pu lui en vouloir de ne pas mettre sa journée de côté en rentrant et de ne pas lui décrocher un mot. Elle aussi avait eu une longue journée, elle aussi était fatiguée.

Ginny aurait presque pu lui en vouloir.

Presque.

Sauf que ce soir, c’était le 2 octobre, les commémorations du 31 arrivaient et les journalistes ne manquaient jamais une occasion d’harceler Harry pour un discours ou une autre idiotie de ce genre.

Elle savait qu’il détestait ça. Harry n’avait jamais été un grand fan des projecteurs, même après tout ce temps, ce n’était jamais évident pour lui les dates commémoratives.

La porte de leur chambre s’ouvrit, elle reconnut le pas d’Harry, puis des bruits de vêtements qu’on enlève, et enfin le mouvement de la couette alors qu’il se couchait à ses côtés.

— Je suis désolé.

Elle se retourna et se logea dans les bras qu’Harry lui tendait, posant sa tête contre son torse qui se soulevait au rythme de sa respiration.

— Je sais, murmura t-elle en posant ses lèvres sur sa peau nue.

Il la serra un peu plus contre lui et elle en profita pour se blottir un peu plus dans ses bras.

— Merci pour les enfants, merci d’être là.

Elle se redressa un peu plus et l’embrassa tendrement.

— Lily a ses dents qui poussent, Albus considère les brocolis comme des minis-arbres et James n’aime pas les aliments verts.
— Ça veut dire qu’il n’ira pas à Serpentard ?

Elle rigola et lui donna une tape gentille sur l’épaule.

— Ne commence pas à mettre une pression à ton fils.
— Oh, il n’a aucune pression, si ce n’est d’aller à Gryffondor.

Elle rigola, sachant qu’il n’était pas sérieux.

Ils restèrent un instant à profiter du calme, puis la respiration de son mari se fit plus régulière, il s’était endormi.

Non, Ginny ne lui en voulait pas, elle savait qu’il faisait de son mieux, parfois c’était elle qui n’y arrivait pas. Parfois c’était Harry. Elle le savait en l’épousant, ils étaient plein de fêlures, de vieilles blessures du passé jamais vraiment cicatrisées. Mais ils s’aimaient, ils étaient une équipe, ils avançaient ensemble. Toujours.
every time I close my eyes, it’s like a dark paradise

Image
Les nuits commentent ♥︎

Avatar de l’utilisateur
Bellatrix1992
Stagiaire chez W&W
Messages : 981
Inscription : 15 oct. 2019 - 17:16

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Bellatrix1992 » 31 juil. 2021 - 23:56

Titre : Mère et fils au dessus du vide
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 23h « Certains silences valent mieux que toutes les confessions du monde. » — Françoise Bourdin et image
Fandom : HP
Nombre de mots : 551
Personnages : Nephtis et Ignacius Malefoy
Rating : TP
- Certains silences valent mieux que toutes les confessions du monde, murmura Nephtis Malefoy à son fils cadet, alors qu’ils étaient tous les deux debout dans les airs à plus de trente mètre du sol, seulement maintenus en l’air par un peu de tissus brodé.

Elle l’avait rejoint dans l’arrière-cour du Manoir de Battle où il s’adonnait à son sport favori dans le crépuscule de cette fin d’après-midi.
Comme à son habitude, il avait revêtu son costume oriental pour se sentir pleinement à l’aise et Nephtis l’avait trouvé là, déjà haut dans les airs à effectuer de gracieuses acrobaties.

Il n’y avait pas à dire, ce garçon était particulièrement doué même s’il n’avait plus ressorti son persan du XIX° siècle depuis l’automne 1981 et se contentait à présent de modèles légers, récents et plus maniables réservés au sport.
Elle soupira mélancoliquement en repensant à son cadet encore tout jeune homme, au temps où il se rêvait en véritable conducteur de tapis volant oriental et où il n’hésitait pas à transporter ses amis parfois par dizaines… A l’époque il semblait si heureux…

Pour autant, elle ne pouvait pas faire preuve de faiblesse avec lui, même s’il était dévoré par le chagrin et rongé par l’angoisse du devenir de sa fille. Car il finirait par tous les couvrir de ridicule s’il continuait comme cela. La famille Malefoy ne pouvait pas se le permettre, il le savait pourtant parfaitement.

Nephtis avait ramassé le second tapis resté au sol, le modèle européen orné d’une boussole que son fils n’aimait pas trop mais qu’elle-même trouvait très pratique. Abraxas le lui avait offert des années plus tôt pour qu’elle puisse elle aussi voler, avant de lui apprendre à se servir « du vrai ».
Elle n’avait eu aucun mal à se propulser dans les airs et à rejoindre son fils cadet qui l’avait laissée venir à lui sans rien dire, le visage fermé mais ne pouvant totalement dissimuler sa crainte à l’idée de la discussion pénible qu’il sentait arriver.
- Mon fils, avait-elle dit. Je crois qu’il faut que nous parlions.

Penaud, il n’avait rien répondu.

Nephtis savait qu’il ne souhaitait pas lui parler, qu’il aurait cent fois préféré fuir cette discussion, fuir tout court en fait, loin de cette réalité qui lui était devenue insupportable, loin de son chagrin, de sa tristesse et de son angoisse face à l’avenir…
Loin d’ici aussi, peut-être.

Lorsqu’il était devenu évident que lui ne prendrait pas son courage à deux mains, Nephtis avait pris les devants :
- Pourquoi ne partez-vous pas d’ici et ne vous établissez-vous pas ailleurs mon fils ? Pourquoi vous échinez-vous à trouver votre bonheur ici ? N’y a t-il aucune française, Italienne ou russe qui ne puisse vous convenir ? N’êtes-vous pas un parti qui se refuse difficilement ?

Aucune réponse n’avait franchi les lèvres d’Ignacius, mais à son expression, ses derniers doutes et espoirs s’étaient évanouis :
- Seriez-vous pris au piège ? Avait-elle demandé d’une voix presque hésitante, en pesant soigneusement chacun de ses mots.

Là encore il n’avait rien dit, mais ses yeux tristes et terrifiés parlaient pour lui.

Horrifiée, Nephtis avait baissé la tête, contemplant les presque cinquante mètres de vide au dessous de leurs pieds.
- Certains silences valent mieux que toutes les confessions du monde, avait-elle murmuré totalement horrifiée.
Image

Gred et Forge vous informent!

Lequel est le vrai? Se demande Teressa Hergott

Avatar de l’utilisateur
Berserkr
Comptable chez Gringotts
Messages : 1023
Inscription : 12 mars 2014 - 22:13

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Berserkr » 31 juil. 2021 - 23:56

Titre : Source
Thème et heure : Thème Minuit- Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 545
Personnages : Victoire Weasley
Rating : - 12
Il avait fallu que ça tombe sur elle et précisément sur sa première nuit de garde. Elle, Victoire Weasley, la jeune Auror tout juste sortie de l’académie. Le ministère de la magie était plongé dans le noir, ayant succombé à des forces dépassaient de loin toutes les connaissances magiques acquises par les sorciers au fil des siècles. Victoire avançait à tâtons depuis ce qui lui semblait être des jours, même si elle avait encore plus ou moins la notion du temps pour le moment

Cela faisait près d’une heure que le ministère était coupé du reste du monde magique, depuis l’étrange explosion qui avait démarré depuis le bureau des Aurors. Elle y avait échappé, simplement parce qu’elle tenait un étrange artefact qui avec le recul semblait la clé de tous ça. Quant à ces collègues présents, une aura noir les avaient enveloppé et ils s’étaient attaqués à elle, y compris son oncle Ron. Elle avait pris la fuite sans hésitation.

Victoire essayait maintenant d’atteindre le hall d’entrée pour fuir le Ministère. Même si cela semblait mal engagé.

Et puis il y avait ce trio de voix agaçantes qui ne semblaient venir de nul part. Pas même de sa propre tête.

<La Source est réveillée/ Tenue par une gamine inexpérimentée/ Echec assuré>

- Je vous emmerde, cria la jeune femme.

Elle jeta néanmoins un coup l‘oeil à l’étrange baguette de pierre, parsemée de runes émettant une lumière bleue d’une intensité rare. La Source si c’était bien le nom de l’artefact était la clé de tout ça. Ou l’une des clés. Sa présence dans le ministère n’avait pas seulement corrompu les personnes encore présentes dans l’établissement. L’agencement même du lieu semblait totalement différente de d’habitude. Et surtout Victoire avait l’impression que l’architecture du ministère changeaient en permanence. Son don pour se repérer dans l’espace dont elle était si fière s’en retrouvait complètement détraqué.

-----------

La soirée avait pourtant bien commencé. Victoire profitait de ce calme anormal pour écrire un rapport. Puis Ron et son coéquipier Campbell venaient de débarquer, trainant un homme manifestement fou. Ses yeux étaient vitreux et de la bave sortaient de sa bouche.

- Vous ne comprenez pas, vous venez de l’amener au pire endroit possible. Emmenez la Source le plus loin possible d’ici.

- Victoire, on aurait besoin que tu consignes ses effets personnel, lança alors Ron.

- J’arrive.

L’homme fut emmené par Campbell en salle d’interrogatoire. Ron lui confia un petit sac avec les objets du sorcier. Victoire sortit son plusieurs autres sacs en papier et y colla des étiquettes.

- Qu’est qu’il a fait ?

- Il a lancé un sortilège de mort à un type de l’allée des Embrumes. On va tacher de savoir pourquoi mais comme tu le vois, il est agité. Il a presque sauté sur Hermione quand elle a tenté de lui parler. En tout cas il est complètement inconnu au bataillon, elle a vérifié.

La jeune femme fouilla dans les effets personnels de l’assassin. Et tomba sur une autre baguette en plus de celle qui semblait appartenir au sorcier. Une étrange baguette de pierre. Elle l’observa un moment.

- C’est la première fois que je vois une baguette en pierre, dit-elle songeuse, en la tenant avec précaution.

- Fais attention avec ça je le sens pas, dit Ron.

À peine avait-il dit cela que l’artefact venait d’émettre une intense lumière.
Dernière modification par Berserkr le 01 août 2021 - 00:00, modifié 1 fois.
Image

Avatar de l’utilisateur
CacheCoeur
Cachou la Terrible
Messages : 579
Inscription : 28 mai 2018 - 10:52

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par CacheCoeur » 31 juil. 2021 - 23:56

Titre : Sans titre
Thème et heure : Thème minuit (Presque)
Fandom : original (ou les sims ? je sais pas :shock: )
Nombre de mots : 940 mots
Personnages : /
Rating : Un peu de vulgarité donc -12 (et mention très légère de risque de noyade)
Spoiler
Show
Clémentine était presque jolie, presque intelligente, presque une gentille fille et tout autant une bonne élève. Elle était presque tout et donc pour ainsi dire, pas grand-chose. A ceci près qu'elle avait un pouvoir vraiment inutile qui faisait qu'elle était capable de presque contrôler les gens à travers les sims qu'elle créait à leurs effigies.

Tout avait commencé lors d'une journée presque normale. Elle avait presque failli pleurer à cause de ses camarades de classes presque cons. Ou complètement cons, si Clémentine était tout à fait honnête. Mais Clémentine était une éternelle indécise doublée d’une arrondisseuse d’angle en puissance. Elle édulcorait tout et trouvait des expliquer foireuses à chaque fois… Alors, le petit abruti qui lui avait volé son sac avait presque failli réussi à le lancer par-dessus le muret qui séparait le lycée de la gendarmerie. Certes, il avait cassé le miroir de poche que lui avait refilé sa grand-mère. Mais fallait voir le positif. Cette connasse d’Emma avait presque détruit son devoir de maths en renversant le contenu de son chocolat chaud qui puait la chaussette marinée aux poubelles de la cantine. Mais au moins, Emma n’avait pas taché le nouveau pull de Clémentine, qui avait économisé mille ans pour se l’offrir.

Voir la vie avoir des presque, c’était plus facile et confortable que de se plaindre tout le temps.

Donc, cette journée avait été comme toutes les autres. Longues. Sa meilleure-amie avait déménagé à la Réunion et le décalage de trois heures était assez handicapant … Surtout quand Clémentine avait besoin de parler à la sortie des cours. Lola était souvent en plein dîner, et ne répondrait à ses snaps qu’après être sortie de table. Qui correspondait généralement au moment où la mère de Clémentine rentrait du travail et se mettait à gueuler dans toute la maison un « EST-CE QUE QUELQU’UN A DONNE A MANGER AU CHAT CE MATIN ? ». Sa mère était, presque, une femme discrète. Presque.

Clémentine ne souhaitait rien de plus que se détendre après ce genre de journée. Emma avait ricané en voyant son nouveau sac. Mais Clémentine l’aimait son nouveau sac ! Il était méga stylé, tout en velours noir et avec des clous dorés ! Presque une affaire ! Elle l’avait eu pour la moitié de son prix sur Vinted !

Elle avait lancé son sac à l’autre bout de la pièce, soit à quelques centimètres, parce que sa chambre faisait 9 mètres carrés à tout casser, et avait allumé son ordinateur. Bon, c’était encore une fois, presque son ordinateur. Elle le partageait avec son frère. Enfin, presque son frère. Ils n’avaient pas le même père. La machine vrombit. Puis elle lança son jeu préféré : les Sims. Le saint graal de la détente.

Bien sûr, rien ne clochait. Tout avait été normal. Au moment de retrouver sa partie, elle avait verrouillé sa porte pour s’assurer que personne ne viendrait l’interrompre dans son jeu. Emma Sansgoût, et Thomas Facedepoisson étaient à deux doigts de se pécho. Elle avait mis des jours avant d’y arriver, à cause du trait de caractère « peur de s’engager » d’Emma qui lui avait bien cassé les pieds… Tout se passait bien. Puis, pendant qu’Emma Sansgoût et Thomas Facedepoisson s’échangeaient un baiser passionné, Clémentine était allée faire un petit tour sur snap.

La story d’Emma, la vraie, bien que celle-ci aussi manquait cruellement de goût selon Clémentine, avait fait toute une story sur son sac. Son merveilleux sac en velours noir. Avec des petits clous en or. Clémentine avait perdu patience. Elle avait mit fin au rencard d’Emma Sansgoût et l’avait fait rentrer chez elle. Elle lui avait offert une belle petite piscine et obligé sa sims à sauter dedans avant de l’emmurer.

Oui, Clémentine était presque une personne normale.

Bon ok, c’était malsain. Elle voulait bien l’admettre. Déjà, créer des personnages à l’effigie de vraies personnes, qu’elles détestaient de surcroît, pour les tuer et assouvir ses pulsions meurtrières, c’était chelou. Voir même très psychopathe.

La Sims avait été à deux doigts de mourir. Quand Clémentine avait été prise de remord. Les plombs de l’appartement avait sauté au même moment : l’orage était d’une puissance inouïe et elle s’était retrouvée dans le noir quelques minutes en priant pour que la batterie de l’ordinateur ne l’abandonne pas. Elle avait détruit les murs et laissa Emma Sansgoût, toute courbaturée et prête à se noyer, sortir de la piscine.

Donc on pouvait rajouter à la liste de ses défauts et qualités que Clémentine était presque quelqu’un de méchant.

Son presque frère avait ensuite massacré sa porte de chambre pour réclamer l’ordinateur. Un exposé en SVT apparemment… Clémentine avait cédé et sauvegardé sa partie. Elle avait mit de la nourriture dans la gamelle du chat de sa mère et tapé sa meilleure sieste sur le canapé familial.

C’était sa mère qui l’avait réveillée, le visage pâle :

– Chérie, c’est terrible ! Ta cousine Emma est tombée dans la piscine ! Elle est à l’hôpital !

Clémentine avait explosé de rire. Une réaction parfaitement inappropriée. Elle avait réalisé que sa mère disait vrai seulement quand Alice, la meilleure amie de sa cousine, avait fait une story « remets toi bien mon petit ange ! Je ne dormirai pas ce soir tant j’ai peur de te perdre :’( La vie ne tient qu’à un fil ! Oubliez pas ! Peace !  ».

Et c’est là, que tout avait commencé à partir en couilles et que Clémentine avait presque failli tuer sa cousine avec son pouvoir débile.

Sérieux, ça servait à quoi de pouvoir contrôler les gens à travers les avatars de leurs sims sur sa sauvegarde de Sunset Valley ?
小时候的梦境里 那时候的人们说想要得到的太多永远找不到尽头

Image

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 3043
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Dreamer » 31 juil. 2021 - 23:59

Titre : Presque
Thème : Ecrit de 00h
Fandom : original
Nombre de mots : 261
Personnages : -
Rating : TP

Je suis presque heureuse. Le mot le plus important de cette phrase était évidemment presque.
Car même le moment le plus chaleureux est teinté d’un chagrin profond et immuable. Un vide qui suffit à me rappeler que jamais plus, je n’atteindrais ce bonheur tant convoité.
Alors, je m’accroche au presque, cette sorte de compromis entre une vie misérable et un bonheur désormais inatteignable.
Presque, c’est quand je me laisse aller aux blagues et aux rires, quand je me laisse absorber par la découverte un paysage magnifique, quand je sors de chez le coiffeur avec une coupe d’enfer, puis que je repense à toi.
A tous ces moments, qui, partagés avec toi, étaient bien plus incroyables et inoubliables, car ils bénéficiaient de ta présence. De tes mots, tes mimiques, ton humour légèrement piquant qui faisait tant écho au mien.
Et quand je m’entaille ou me brûle la main par mégarde, ça fait presque mal. Comme si aucune douleur physique ne pouvait faire le poids avec la douleur qui s’est installée en moi depuis que je t’ai perdue.
Quand je souris, c’est presque sincère, et quand même beaucoup forcé.

Quand je me regarde dans le miroir, c’est presque moi que je vois. Mais pas tout à fait. Je ne suis pas une menteuse, peut-être à la rigueur la victime d’une imposture. C’est comme s’il me manquait la petite étincelle qui me rend réellement moi-même.

Et cette petite étincelle, c’est toi.

Mais tu ne reviendras pas.

Alors, je me demande, vais-je vivre le restant de ma vie dans le monde du presque ?
Image

Avatar de l’utilisateur
Tiiki
Reporter à la Gazette du Sorcier
Messages : 1528
Inscription : 05 nov. 2016 - 13:24

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par Tiiki » 01 août 2021 - 00:24

Titre : Les Juges
Thème et heure : Thème 1h (Juger)
Fandom : HP
Nombre de mots : 146
Personnages : Olympe Maxime etc etc
Rating : TP
« En tant que juges de ce Tournoi, vous vous devrez d’être impartiaux. »

Olympe Maxime haussa un sourcil, jetant en même temps un regard appuyé à son homologue de Durmstrang qui avait ricané dans sa barbe grise. Elle avait du mal à croire qu’un homme comme Igor Karkaroff pourrait être tout à fait impartial, mais passons.

« Nous essayerons de ménager au mieux le suspense. Dans l’idéal, il ne faudrait pas qu’il y ait trop… l’organisateur toussota, d’écarts entre les notes.
— Jugez, continua sa collègue, mais ne perdez pas de vue que vous devez valoriser chacune des performances plutôt que de les sanctionner.
— A mon époque… commença Croupton d’un air entendu.
— C’est une tout autre époque, Bartemius. »

Albus Dumbledore souriait calmement. Olympe acquiesçait alors pour le soutenir.

« Jeu crois qu’il feut encourager nos eulèves pluteut que de leu enfoncer. »
Image

Avatar de l’utilisateur
rowinter
Petit Pois noctambule
Messages : 653
Inscription : 25 juin 2015 - 18:19

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par rowinter » 01 août 2021 - 00:41

Titre : /
Thème et heure : Thème 1h (Juger)
Fandom : HP
Nombre de mots : 220
Personnages : Harry Potter, Ginny Weasley
Rating : TP
— C’est un lettre de Poudlard, déclara Ginny.

Harry récupéra le parchemin que lui tendait sa femme et survola les lignes écrites par Minerva McGonagall la directrice de maison de Gryffondor.

— Ah tiens… Il a fait une partie de Quidditch en pleine nuit, sourit Harry. Sept élèves collés, il semblerait que ce soit James l’investigateur.
— C’est bien ton fils ça !

Il éclata de rire en voyant l’air espiègle de sa femme.

— Ah oui, parce que ce n’est pas de famille de jouer au Quidditch et de ne pas respecter le règlement ?

Elle lui tira la langue et sortit un parchemin.

— Pourquoi cette mine aussi réjouie ? demanda t-il.
— Parce que je vais pouvoir faire ma première Beuglante.

Harry éclata de rire, il voyait bien l’influence de sa mère.

— En cinquième année, alors qu’il a des BUSES, ce n’est pas très sérieux… ajouta t-elle en sortant sa baguette pour ensorceler sa lettre.

Harry se pencha pour l’embrasser, ce qu’il pouvait l’aimer.

— Et toi alors ?
— Quoi moi ?
— Ton fils a enfreint le règlement ! s’exclama t-elle.
— Je ne peux pas le juger ! rigola t-il.
— Parce que tu as fait bien pire ? devina t-elle en souriant malicieusement.

Il lui sourit, l’embrassa une dernière fois et se leva pour partir au travail.

— Moi ? Je ne vois pas de quoi tu parles !

Ginny éclata de rire.
every time I close my eyes, it’s like a dark paradise

Image
Les nuits commentent ♥︎

Avatar de l’utilisateur
rowinter
Petit Pois noctambule
Messages : 653
Inscription : 25 juin 2015 - 18:19

Re: [Textes] Nuit du 31 juillet 2021

Message par rowinter » 01 août 2021 - 01:26

Titre : /
Thème et heure : Thème 2h (Ambition)
Fandom : HP
Nombre de mots : 410
Personnages : Harry Potter, Ginny Weasley
Rating : TP
Ginny fronçait les sourcils, concentrée sur les notes de Gwenog Jones, sa capitaine d’équipe. Elle s’imprégnait de leur stratégie en vue de la coupe de ligue de Grande Bretagne. Elle venait de réintégrer l’équipe et souhaitait être à la hauteur après ces quelques mois passés en congé maternité.

— Maman… Papa… J’ai fait un cauchemar.

Elle releva la tête alors qu’Albus passait sa petite tête aux cheveux noirs ébouriffés par la porte de leur chambre.

— Viens là mon coeur, dit Harry qui reposait son livre moldu, un thriler moldu écrit par un certain Harlan Coben.

Albus courut rejoindre les bras de son père et se hissa avec un grand sourire dans le lit.

— Tu me racontes une histoire ?

Lily sourit en voyant l’image de son mari et de son fils ensemble. Une bouffée d’amour l’envahit et elle reposa son parchemin pour écouter l’histoire de Boucle d’or et les trois ours. En ce moment, c’était la préférée d’Albus qui ne se lassait pas de l’écouter tous les jours.

Oui, tous les jours.

La voix douce d’Harry l’apaisait et elle sentit le sommeil la gagner. Sa tête reposant sur son épaule, avait le petit corps chaud d’Albus lové tout contre elle.

— Il s’est rendormi, déclara Harry. Je vais le ramener.

Il se leva pour porter délicatement son fils jusqu’à sa chambre. Quand il revint, Ginny avait définitivement abandonné son parchemin de stratégies de Quidditch.

— Je voulais te dire quelque chose…

Elle se releva, intriguée par le ton de son mari. Harry s’allongea face à elle, leurs têtes se frôlant.

— Le poste de chef des Aurors se libère, commença t-il.

Elle sourit, devinant où il voulait en venir.

— Mon nom a été mentionné pour prendre la relève…
— Tu le veux ce poste ?

Il prit sa main pour la porter à ses lèvres puis il lui sourit tendrement.

— Je voulais voir avec toi avant de donner une réponse. Si je dis oui, cela signifie que je rentrerai tard, donc cela veut dire moins de temps avec toi et les enfants…
— Mais toi, tu le veux ce poste ?

Il sembla réfléchir quelques instants. Elle savait déjà sa réponse, Harry avait de l’ambition, s’il avait rejoint les Aurors, c’était pour contribuer à construire le nouveau Ministère. Il était jeune, très jeune pour avoir ce poste, cependant il avait toutes les compétences pour assurer ce rôle.

— Oui, finit-il par dire.

Elle sourit et l’embrassa amoureusement.

— Alors on se débrouillera.

Le lendemain, Harry Potter devenait le plus jeune chef du bureau des Aurors.
every time I close my eyes, it’s like a dark paradise

Image
Les nuits commentent ♥︎

Verrouillé

Revenir à « La Tour d'Astronomie »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités