[Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

Modérateur : Équipe des Nuits d'HPF

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Samantha Black
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[Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Samantha Black » 09 janv. 2021 - 19:09

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Défi (scénaristique ou stylistique) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe des séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
NB: Si vous voulez des cookies de la part de vos animatrices préférées, quelques petites règles à respecter!
- Mettre les textes rating -16/-18 entre balises spoiler pour respecter la sensibilité de chacun
- Indiquer votre nombre de mots le plus possible (c'est pour nos petites stats ! ;) )
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par ninipraline » 09 janv. 2021 - 20:26

Titre : Plaisir coupable
Défi (scénaristique-20h) : Le premier objet à votre gauche est le narrateur du texte
Fandom : Original
Nombre de mots : 12 1mots
Personnages : Un cutter
Rating : + de 16 ans
La lumière bleue à peine réchauffée par celle plus jaune de la lampe de chevet éclairait la petite chambre sous les toits, le tuto se déroulait, je n’en entendais rien.
La pointe du cutter agaçait mon dos, sans pour autant me transpercer, il glissait simplement. J’aurai aimé pouvoir frémir, frissonner, exprimer ma peur mêler de plaisir. Je n’en faisais rien. Je restais immobile, insensible. Dans une imitation parfaite de froideur face à cette excitation insoutenable, je tenais.
Allait-elle affermir sa main ? Allait-elle accentuer sa pression sur le cutter ?
J’espérais. Je le voulais. J’aimais tant quand elle traçait puis taillait sur mon dos les pièces de cartons forts ou de papiers.
Par pitié, mais qu’elle m’entaille.
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AleynaButterfly
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AleynaButterfly » 09 janv. 2021 - 20:40

Titre : Trahison
Défi (scénaristique ou stylistique) : stylistique (écrivez dans le registre de l'horreur / épouvante)
Fandom : Original (projet Queen)
Nombre de mots : 548
Personnages : Viviane et Ewan, princesse et prince de Lyriano
Rating : TP
Le monde cessa d’exister. Je contemplais le visage d’Ewan, peinant à croire les mots qui s’échappaient de ses lèvres. Non. C’était impossible. Je luttai pour empêcher les larmes de couler. Le regard sévère, voilé de tristesse, il répéta cette phrase maudite.

« Il m’a trahi, Viviane. »

Je voulais crier de désespoir, mais c’était exclu. Le prince de Lyriano me tourna le dos et je contemplai ses mains jointes derrière lui, hébétée, alors qu’il observait le ciel par la fenêtre. L’effroi glaça mes veines. Savait-il ? Savait-il que Lorenzo et moi entretenions une liaison derrière mon dos ? Qu’allait devenir Lorenzo ? Ewan n’oserait pas s’en prendre à son meilleur ami… Que ferait-il de moi ? Me renverrait-il à Estarnale, parmi les loups de la cour ?

« J’ai des preuves. »

Tétanisée, je fus incapable de bouger, d’articuler. De quelles preuves parlait-il ? Ewan se tourna à nouveau vers moi et planta ses yeux gris acier dans les miens. J’y cherchai aussitôt des indices, n’importe quelle émotion qui me permettraient de deviner ses intentions. L’air autour de nous était lourd, si lourd de non-dits et de secrets. Où était-ce simplement mon imagination qui extrapolait ma culpabilité ? J’étouffais.

« Lorenzo ne ferait pas ça… »

Ewan esquissa un sourire ironique, que je ne lui connaissais pas. Instinctivement, je refermai mes bras autour de ma poitrine. Je m’efforçai de ne montrer qu’incrédulité, mais je n’osai pas regarder le miroir à ma droite pour savoir si j’y parvenais.

« C’est ce que je pensais aussi. Et pourtant. »

Sans se départir de ce sourire étrange, il s’avança vers moi. Je parvins à ne pas esquisser le mouvement de recul que cela provoqua en moi. Tout cela n’était qu’un cauchemar dont je me réveillerai bientôt. Et Lorenzo… Où était-il ? Etait-il au courant des accusations que le prince, son meilleur ami, proférait contre lui ? Tout était de ma faute.

« J’ai retrouvé des lettres, Viviane. »

Des lettres ? Pourtant, nous n’en avions jamais échangé… Ewan bluffait-il ?

« Il transmettait les déplacements de notre armée à l’état-major d’Estarnale. C’est de la haute trahison. »

Je blêmis. C’était faux. Lorenzo ne ferait jamais ça, j’en étais certaine. Tout cela était un coup monté. Ewan ne pouvait pas y croire…

« Mais… C’est ton meilleur ami, je ne crois pas que…
- Les preuves sont accablantes. »

Je commençai à comprendre. La douleur mêlée à la colère que je lisais dans les yeux du prince ne m’était pas destinée. Comment avais-je pu craindre pour mon propre sort alors que Lorenzo risquait tout ? Cette fois, il me fut impossible d’empêcher les larmes amères et salées de rouler sur mes joues. La haute trahison n’avait qu’un châtiment. Pour la première fois, Ewan baissa la tête et s’effondra sur le fauteuil.

« Il sera pendu à l’aube. »

L’angoisse saisit mon coeur dans sa main gelée et je ne pus retenir le cri de désespoir qui s’échappa de ma gorge. Mon époux me rattrapa de justesse alors que mes jambes cédèrent sous mon poids. Non. Pas lui, pas Lorenzo. Il faisait si froid désormais, si froid en cette journée de canicule, si froid dans les bras d’Ewan qui m’étreignaient de toute leur force. Il devait y avoir une erreur, c’était impossible. Pas Lorenzo. Dans ce nid de vipères qu’est le palais de Danezia, il m’est impossible de vivre sans lui. Non…

« Je suis désolé, ma douce. Je sais que tu l’appréciais. »
Avatar : Fernanda Fernandez.

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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Bellatrix1992 » 09 janv. 2021 - 20:55

Titre : Horcruxe
Défi : Stylistique 20 : écrire dans le registre de l’épouvante.
Fandom : HP
Nombre de mots : 1037
Personnages : Albus Dumbledore, Kleine, et Rumpel Schwarzenberg.
Rating : TP
« Lorsque je vous aurai montré ce qui m’a poussée à agir, alors plus jamais vous ne porterez ce jugement sur moi. C’était le seul moyen de protéger les gens d’ici contre la Magie noire ».

Cette phrase l’inquiétait probablement encore plus qu’elle ne l’intriguait, pourtant Albus se laissa guider par Kleine à travers la Forêt Noire sur des kilomètres. Ils marchèrent ainsi deux jours, s’arrêtant seulement brièvement dans des refuges connus de la jeune fille seule : une cavité rocheuse, le creux entre deux arbres…

Dans cette partie de la région, le paysage était sinistre, comme ruisselant d’un poison qui aurait dopé la vigueur des arbres de manière totalement artificielle. Les sombres conifères qui s’élevaient ainsi au dessus d’eux avaient le tronc épais et noueux, de grosses branches crochues garnies d’épines qui semblaient autant de minuscules poignards. Et Albus se fit la réflexion que le printemps ne semblait pas exister ici, comme si le paysage tout entier avait été plongé dans une sorte d’hiver tiède, une atmosphère immuable qui lui donnait des frissons d’angoisse.
- Où allons-nous ? Demanda Albus à Kleine lorsqu’il fut certain que la destination ne pouvait qu’être dangereuse.
- Dans le domaine des Schwarzenberg, répondit la jeune fille. C’était une famille de notables locaux aujourd’hui éteinte. Et laissez-moi vous dire qu’ils portaient bien leur nom.
- Et cet endroit ? La questionna Albus. Qu’allons-nous y trouver ?
- Rien ni personne, enfin je l’espère…

Kleine avait le visage fermé tandis qu’elle disait cela, comme si elle essayait de se convaincre que la chose était sans danger. Albus la suivit donc en silence durant presque une demi-journée, avant de se décider à poser une troisième question :
- Qui sont, ou plutôt qui étaient les Schwarzenberg pour vous ?

Il crut un moment que la jeune fille ne lui répondrait pas, cependant elle finit par se retourner alors qu’ils se trouvaient en terrain plat, s’arrêta et le força à faire de même :
- Les Schwarzenberg, dit-elle. Étaient la famille de ma tante. C’était des sorciers qui détestaient tous les moldus et ne rêvaient que de les dominer ou leur faire du mal. Les hommes sont presque tous passés par Durmstrang et les femmes ont été éduquées dans le cercle familial. Tous ont été initiés très tôt à la magie noire, cette famille en ayant fait sa spécialité. Voilà qui devrait vous suffire pour vous faire du problème une idée précise.

Elle regardait autour d’elle avec inquiétude tandis qu’elle parlait :
- A présent, ajouta t-elle à voix basse. Nous allons nous taire, car l’endroit n’est pas sûr. Nous ne sommes plus qu’à une heure de marche et on dit que des monstres grouillent dans cette partie de la forêt.
- On dit ?
- Je n’en sais pas plus, maintenant taisez-vous.

Ils arpentèrent en fait les bois encore plus de deux heures avant que Kleine ne reconnaisse enfin les lieux et désigne un sentier qui, en y regardant bien, pouvait vaguement faire penser à une allée avec les arbres qui la longeaient.
Elle s’y engagea, son bâton brandi devant elle, et Albus la suivit en tenant sa baguette.

A présent qu’ils avaient un peu avancé, l’allée prenait une allure plus conventionnelle et sur son gravier poli et noirci par le temps, le bruit de leur pas résonnait un peu trop au goût d’Albus. Cependant il se souvenait de l’avertissement de sa compagne : la moindre magie pouvait être détectée ici et ils devaient se faire les plus discrets possibles.

Soudain, la brume qui bouchait la vue au fond de l’allée se dégagea sous l’effet d’une rafale de vent et un portail métallique apparut. Kleine obliqua à cet instant sur la gauche.

Albus la suivit, longeant une muraille de briques envahie par le lierre, jusqu’à une partie effondrée de celle-ci. Kleine s’engagea avec précaution dans l’ouverture et il la suivit la peur au ventre.
La demeure était grande et son parc avait du abriter un jardin à la française, à en juger par les dessins encore légèrement géométriques de la forêt vierge qui l’envahissait à présent.
Kleine désigna discrètement le côté droit du bâtiment et Albus la suivit entre les allées plus ou moins encombrées, faisant abstraction des ronciers et autres envahissants à présent constitués en buissons aussi immenses que sinistres.

Enfin, ils parvinrent contre la façade et Kleine le guida jusqu’à l’entrée de service qui devait desservir une cuisine dans le temps.
C’est alors que l’odeur putride le prit à la gorge et il hoqueta.

Kleine, très pâle elle aussi, avait porté son foulard devant son nez et semblait hésiter à aller plus loin :
- Elle avait disparu… Souffla t-elle d’une voix horrifiée.

Albus passa devant et se glissa dans l’entrebâillement de la porte.
Le couloir était délabré, les murs suintants d’une humidité malsaine et l’odeur le prenait à présent à la gorge, au point de lui donner envie de vomir.
Mais plus intriguant encore : la lueur pâle et tremblotante qui luisait faiblement depuis un escalier situé au fond du couloir.

La cave de la demeure, quelque-chose ou quelqu’un se tenait là-bas. Albus sentit une goutte de sueur couler dans son dos en entendant soudain des bruits sourds, comme des coups, frappés juste au dessous d’eux.

Derrière lui, Kleine n’en menait pas large non plus, pourtant il se força à poursuivre et à pas de loups ils parvinrent en haut de l’escalier. Albus sut alors qu’il n’avait pas besoin de descendre : il savait déjà ce qu’ils allaient trouver et ce lieu étaient plus dangereux que la plupart de ceux qu’il avait visités.

Mais alors qu’il faisait signe à Kleine de rebrousser chemin, la porte de service se referma brutalement derrière eux, les plongeant dans la quasi-obscurité qu’éclairait seulement la lueur pâlotte du sous-sol.

Aussitôt, une voix retentit et Kleine se mit à trembler :
- Et bien mon cher Albus, dit une voix féminine grave et faussement aimable. Vous qui n’aimez guère les détraqueurs, il n’est pas très malin de venir dans cette maison ou tout est fait pour les attirer…

Dans le froid qui commençait à envahir le couloir depuis l’extérieur, Albus croisa le regard terrorisé de son amie et comprit qu’ils venaient de tomber dans un piège.
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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Sifoell » 09 janv. 2021 - 20:59

Titre : Les invisibles
Défi : Scénaristique 20h : écrire dans le registre de l’épouvante.
Fandom : Original
Nombre de mots : 537
Personnages : Le narrateur, mention de l'homme gris et de Jimmy
Rating : TP


Avant que cela ne soit l'ère des hommes, c'était une autre ère. Aucun homme n'a vécu assez longtemps pour s'en souvenir. Et ceux qui vivaient à cette autre époque, il y a fort fort longtemps, sont morts, ont disparu, ou ont oublié. Mais moi non, moi non... Je me souviens de tout.
Je me souviens de la terreur des hommes. Des maisons claquemurées quand la nuit ou le vent mauvais venait. Je me souviens des détours qu'ils faisaient pour éviter ces marécages mal réputés. Je me souviens d'armées entières d'hommes valeureux faisant demi-tour parce que des corbeaux les survolaient, et que l'issue de la bataille leur était défavorable. Je me souviens de ces temps où les hommes avaient les yeux vraiment ouverts, et où chacune de leurs actions était réalisée en fonction de croyance.
Laisser une assiette de lait sur le bord d'une fenêtre. Embrasse une pierre levée sur le bord d'un chemin. Emmurer un chat dans des fondations, ou y enterrer l'apprenti, pour bénir la construction. Des châteaux immenses se sont effondrés parce qu'aucun mort ne les protégeait pour l'éternité. Des dynasties entières ont pourri sur place pour une malédiction.
Les Orcs ? Bien sûr que vous ne savez pas ce qu'ils sont, les Orcs. Des créatures nées de la gangue, de cavernes si profondes que la plus pâle lumière ne peut s'y glisser. Les premiers enfants de la terre, innombrables, immenses, musculeux, nés pour la violence et la guerre. Des crocs pour éventrer, des armes si lourdes que vous ne pourriez pas les soulever à deux mains. Des armes pour des armes, car l'Orc n'est qu'une arme.
Et vous me direz, mais... Cet homme gris chez le petit Jimmy, mais c'est affreux ! Que diable va-t-il lui arriver, à ce pauvre enfant délaissé par une mère qui s'échine à travailler ! Personne pour protéger le petit Jimmy, personne !
Mais si. Il y a l'homme gris, que Jimmy voit tel qu'il est réellement, tel que l'homme gris se voit quand il aperçoit sa trogne dans un miroir. Laid à briser la glace. Laid à faire hurler.
Mais cet homme gris, qui ne se souvient plus de qui il est, ni de ce qu'il est. Un Orc, une créature née pour la guerre, née pour tuer, faisant partie de cette immense armée de milliers et milliers d'Orcs comme lui, immenses, musculeux, laids à se crever les yeux.
Cet homme gris ne fera jamais rien à Jimmy qui le voit tel qu'il est. Parce que peut-être Jimmy peut-il lui rappeler ce qu'il est.
Car l'ère des hommes prend fin. Ceux qui ont oublié vont se souvenir. Ceux qui ont disparu vont réapparaître. Et ceux qui sont morts se relever.
Vous souvenez-vous de la terreur dont je viens de vous parler ? Préparez-vous à la ressentir. Car nous revenons. Pleins de crocs, de griffes, de magie. Des créatures tellement innombrables sur des terres oubliées que vous allez être balayés. L'ère des hommes prend fin. Le retour de la nôtre. Faites place, nous arrivons. Votre monde n'existera plus bientôt, demain. Il ne prendra pas fin. Il fera partie du nôtre, bien plus vaste, et plus hostile, régi par des lois dont vous n'avez pas idée. Préparez-vous à être terrorisés.
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« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AliceJeanne » 09 janv. 2021 - 21:03

Titre : /
Défi : Stylistique 20h
Fandom : HP
Nombre de mots : 1073
Personnages : Hermione Granger et Pénélope Deauclaire
Rating : TP
Hermione tournait frénétiquement les pages du livre poussiéreux qu’elle avait sorti de son étagère, à la bibliothèque, sous le regard sévère de Mrs Pince qui frissonnait à chaque fois qu’un bruit ressemblant à celui produit par une déchirure parvenait à ses oreilles. La deuxième année avait eu l’illumination de son existence, ainsi que la plus terrible. En vérité, Hermione espérait même se tromper. Les monstres décrits dans l’ouvrage la faisait tressaillir, mais ils n’étaient que de doux agneaux à côté de celui qu’elle suspectait être le responsable des attaques d’enfants de moldus. Tous les éléments s’étaient progressivement mis en place dans son esprit, les uns après les autres, dans un ordre parfait, mais elle ne pouvait en faire part à Ron et Harry avant d’être parfaitement certaine d’avoir raison. Surtout lorsque l’attrapeur entendait la voix dudit monstre dans son esprit. Cela était bien trop grave et important pour qu’elle ne puisse se permettre de laisser le moindre détail de côté.

Un craquement sinistre la fit sursauter et elle tourna la tête en direction de l’origine du bruit. Mrs Pince avait également levé les yeux du gros manuel qu’elle parcourait depuis plusieurs heures. Hermione observa la bibliothécaire lui faire un petit signe, l’invitant à poursuivre ce qu’elle était en train de faire et se diriger vers la réserve, d’où semblait provenir la perturbation. Bien qu’inquiète, la Gryffondor se remit à la tâche, tournant une nouvelle page. Elle se figea, elle était parvenue au chapitre qu’il l’intéressait. Son doigt s’égara sur le schéma de la créature, s’attardant sur ses yeux meurtriers, avant de suivre les lignes descriptives sur la page suivante. Un nouveau froissement la fit se raidir, elle se sentait observée. Ses yeux cherchèrent de nouveau, un instant, l’origine du son avant qu’elle ne se reprenne, se morigénant de s’être ainsi mise en danger après avoir lu ce qui venait confirmer ses doutes. Elle ne devait pas croiser son regard, sous aucun prétexte, sinon, elle mourrait, se ferait certainement dévorer et personne n’aurait le fin mot de l’histoire. Or, il était impératif que tous sachent ce qui se tramait dans les canalisations de l’école.

Prise d’une frayeur subit après avoir entendu très nettement un glissement derrière elle, Hermione fit alors l’impensable, d’un geste assuré elle arracha la page du livre contenant les indications sur le basilic et annota celui-ci à l’aide d’une plume oubliée sur la table. Elle plia la feuille avec empressement et, laissant le livre sur place, prit la direction de la sortie. En premier lieu calmement, puis, à mesure qu’elle sentait la présence de plus en plus proche, en accélérant à chaque foulée. L’adrénaline déferlait dans tout son corps. Tous les élèves se préparaient à aller assister au match de Quidditch, Mrs Pince avait vraisemblablement disparu depuis qu’elle était entrée dans la réserve, Harry et Ron ne viendraient pas la chercher ici, si elle était attaquée, personne ne pourrait la sauver, elle était seule.

A quelques mètres de la porte, Hermione se mit à courir, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, elle ne voulait pas mourir, pas maintenant qu’elle avait la réponse. Elle serra fébrilement le morceau de papier en fermant les yeux brièvement, si jamais le monstre l’attaquait, Dumbledore pourrait trouver se papier et débarrasser Poudlard du basilic. Même si elle était retrouvée pétrifiée ou morte, son sacrifice et ses recherches permettraient de sauver tous les autres nés-moldus. Le bruit l’entourait à présent, comme un écho froid et glaçant, il se déplaçait vite, elle accéléra.

Au détour d’un couloir, cependant, quelque chose entrava sa fuite. Elle heurta de plein fouet la préfète de Serdaigle: Pénélope Deauclaire. La jeune-fille lui lança un regard éberlué, mais Hermione ne lui laissa pas le temps de l’interroger, elle saisit sa main dans la sienne et la releva avant de la traîner à sa suite, reprenant sa course.

« Mais à quoi joues-tu, Hermione? s’égosilla-t-elle, en tentant de se dégager.
- Tais-toi! lui cria-t-elle. Cours! Et surtout, ne te retourne pas! Il arrive.
- Qu’est-ce qui arrive?
- La chose qui pétrifie les élèves. »

Elle vit très nettement le tremblement parcourir le bras de Pénélope alors que celle-ci calait ses foulées sur les siennes, et entendit sa respiration marquer plusieurs arrêts lorsqu’elle perçu à son tour le son émis par leur poursuivant.

« Je ne veux pas mourir, balbutia-t-elle. »

Hermione se contenta de hocher la tête, elle également ne tenait pas à ce que ses derniers instants se terminent au milieu d’un couloir désert de l’école, loin des seuls amis qu’elle n’ait jamais eus. Cependant, elle était à bout de souffle. Aussi, après avoir bifurqué une nouvelle fois à gauche, elle poussa Pénélope derrière une statue, les abritant sobrement. La préfète glapit en entendant glisser quelque chose près de leur position et des larmes coulèrent même sur ses joues lorsque Hermione lui intima de garder le silence, d’un geste impératif. Ses yeux la piquait également. Elle pensait à ses parents, à ce que le professeur McGonagall leur dirait lorsqu’ils viendraient récupérer son corps à Poudlard. Quel parent normal pourrait-il surmonter le décès de son enfant, tué par une créature qu’ils pensaient imaginaire, dans une école de magie leur ayant promis qu’elle était en sécurité?

« Tu n’aurais pas, des lunettes, un télescope, quoi que ce soit? questionna-elle Pénélope dans l’urgence. »

Il devenait clair qu’elles ne sortiraient pas du couloir conscientes, elles étaient traquées, elles n’avaient pas la moindre chance de s’échapper. Il ne leur rester qu’à essayer d’aller le plus loin possible sans se faire tuer. Si ce qu’elle pensait était exact, en ne voyant qu’indirectement la bête, elles avaient une petite chance. Et si le monstre souhaitait les dévorer, au moins n’en auraient-elles pas conscience.

« Non, chuinta la Serdaigle en laissant tomber son sac et masquant sa bouche de ses mains. »

Hermione sentit une vague de désespoir l’envahir, mais se ressaisit rapidement, elle devait garder la tête froide. Elle retourna le sac de son sixième année, sous son regard paniqué et en extirpa un petit miroir.

« Parfait, murmura-t-elle, cela fera parfaitement l’affaire. »

Elle orienta l’objet vers le couloir et inspecta les environs, fébrile, Pénélope penchée au-dessus de son épaule, agitée de soubresauts. C’est alors qu’elle les croisa les grands yeux jaunes meurtriers, ou plutôt leur reflet déformé dans une vision horrifique. Hermione eut juste le temps de sentir son corps se raidir et sa vue se voiler avant que son corps inerte ne s’écrase au sol, suivi, une fraction de seconde plus tard par celui de Pénélope.

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Charliz » 09 janv. 2021 - 21:07

Titre : Le spectateur.
Défi : Scénaristique 20h
Fandom : Original
Nombre de mots : 823
Personnages : /
Rating : TP
Il s’appelait Maximin. Quelques années avant le XXe siècle, il avait passé la porte de mon enceinte avec sa petite jeunette et ses trois gamins, tout fringant.

C’était comme ça le XXe siècle. Les métayers ont commencés à devenir propriétaire comme si nous, nous ne méritions que ça : tomber aux mains d’une famille pauvrette et être l’objet de dispute et d’héritage.

Bref, Maximin a emménagé dans mon enceinte mais je ne le voyais pas beaucoup, lui. Y avait surtout Adélie, qu’il l’appelait, qui passait son temps à faire des allers retours entre le dehors et le dedans, criait après les gosses, s’essuyait le front avec son torchon tout crasson, se plaignait de l’enfer d’avoir comme sol de la terre. Et puis la nuit tombait, et lorsqu’elle servait un peu de la soupe dans l’assiette de son jeune époux, il posait une main sur sa main à elle. Ils échangeaient un regard sacrément énamouré et je me disais que ceux-là, c’était un couple comme j’en verrais peu.

Adélie, j’ai aussi vu son regard s’éteindre dans une marre de sang. Dans ce deux pièces, sous les yeux des p’tiots et au milieu des larmes de leur père… C’était son cinquième, et le p’tit gars un peu chétif l’a suivi la semaine suivante. Paulin qu’il s’appelait. Bah, c’était courant faut dire, mais je l’aimais bien celle-là.

Le Raymond n’avait que huit ans, il a fait de son mieux pour aider son père. C’est le problème chez ces fermiers : toujours à vouloir des fils, personne pour prendre le relais de Maman à la fin. Il s’est vite remarié avec la dernière des Tallon. Un peu frigide celle-là, mais neuf marmots qu’ils ont eu.

C’est Robert qui a hérité de la propriété : le dernier de la fratrie. Vraiment, ceux-là faisaient tout à l’envers. Il avait la patte trainante depuis que la polio avait visité mes pierres et ils ont cru bon de le laisser gérer seul la métairie ! Epuisé qu’il était !

Il a rencontré Radegonde à la fin de la guerre. Elle claudiquait elle aussi, la hanche si je me souviens bien. Parfois quand il se retrouvait seul à la ferme, la vingtaine à peine, elle le rejoignait et c’était enflammé, tenez-vous bien ! Et puis il se sont mariés. Eux deux c’était quelque chose ! Tenir la propriété ainsi, avec leurs pattes malades alors que tous les autres réclamaient leur part, sans se plaindre de la dureté de leur vie. C’est pour ça que Maximin l’a choisi, je crois : c’était un bon gars le petit dernier. Et leurs petits, toujours tiré à quatre épingles pour la messe du dimanche.

Quand ils ont réuni assez de monnaie pour construire l’autre maison plus grande alors, j’ai cru que j’allais sombrer dans l’oubli… Mais non, terrain de jeu qu’ils ont fait de moi ! Y avait le Jean-Louis qui trainait des pieds pour aller nourrir les vaches. Il n’a pas hésité à partir à la ville faire des études et croyez-moi qu’il a réussi ! Jacques, lui, c’était un passionné. Il aimait la terre et il y a consacré sa vie. Danièle c’était une vraie fille ! Elle a épousé un fonctionnaire et est vite partie. Rémi, c’était le rigolo de la bande. Lui, ce qu’il aimait, c’était préparé la viande. Parait que c’était bien bon c’qu’il faisait. Et puis il a rencontré Catherine et est parti. Laurent c’était plutôt le rêveur, à rester assis sur sa botte de pailles en regardant les bêtes brouter. Marie-Madeleine, c’était un sacré caractère : toujours à suivre ses frères et à essuyer les gamelles. Une fois qu’elle a voulu les suivre au grenier, ils ont poussé l’échelle et elle a fait une sacré chute. Et puis elle s’est débrouillée pour les rejoindre malgré tout… Vous auriez entendu sa mère crier en voyant l’état de ses vêtements ! Enfin il y avait Christophe, sensible celui-là. Il a acheté un terrain un peu plus à l’est pour cultiver du melon. Original !

Je les ai vu grandir ceux-là. J’ai toujours été là, même quand on m’a jugée trop branlante et vétuste pour servir d’abri. Un jour il a fallu m’abattre… J’ai bien cru avoir fait mon temps, je me suis résigné. Marie-Madeleine m’a peint un matin avec la larme dans l’œil. Faut dire que je n’étais pas juste qu’un monticule de pierre ! Et au final, c’est Laurent qui a soufflé l’idée… Pourquoi donc tout casser ?

Aujourd’hui, il ne reste de moi qu’un mur, mais quelle chance. Je regarde les levers et les couchers de soleil, Jacques s’activant dans les champs jusqu’au crépuscule, chaque jour de l’année. Et tous les étés, ils se réunissent avec leur descendance. Ça en fait du monde. Et plus les années passe, plus le nombre de convives gonfle.

Je ne suis plus qu’un mur, mais je suis surtout une trace. Une preuve de ce qu’il était alors, de ce qui fait qu’ils sont.
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AleynaButterfly
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AleynaButterfly » 09 janv. 2021 - 21:19

Titre : Colère d'une mère
Défi : Scénaristique et stylistique 21h
Fandom : HP, missing moment
Nombre de mots : 194
Personnages : Molly Weasley
Rating : TP
Pour qui se prend-il ? Il ose débarquer dans la vie de ce garçon comme une fleur et me demander de m’effacer ? Ca ne se passera pas comme ça, foi de Weasley ! Harry l’adore, bien sûr, comment peut-il en être autrement ? Le pauvre, il se raccroche à la figure paternelle la plus proche, mais que sait-il vraiment ? Il a beau être innocent du crime pour lequel on l’a jeté à Azkaban, mais il n’en est pas ressorti indemne pour autant ! Pourquoi personne d’autre que moi ne le voit ? Il est néfaste pour Harry, quand quelqu’un d’autre s’en rendra-t-il compte ? Cet homme brisé est resté seul, si longtemps, bien trop longtemps, s’en remet-on vraiment un jour ? J’en doute ! Il n’y avait qu’à voir comment il s’adresse à Harry ! Pourquoi Arthur ne comprend-il pas ce que je peux ressentir ? Ah quel bel exemple pour nos enfants ! Fred et George font déjà des pieds et des mains pour rejoindre l’Ordre, alors qu’ils sont toujours scolarisés ! Et maintenant, même Ron, même Ginny se plaignent de rien savoir ! Pour ce soir, je suis en minorité, alors je vais me taire, mais pour combien de temps ? Ah, ce satané Sirius Black !
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par ninipraline » 09 janv. 2021 - 21:32

Titre : Monologue
Défi (scénaristique & stylistique-21h) : Vous ne pouvez utiliser que des phrases exclamatives et interrogatives & Votre personnage est révolté par des paroles ou des actes. (Ticket d'or de Lyssa7)
Fandom : Original
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : oc
Rating : tout public
Quoi ? Comment ? Que s’est il passé ? Quelqu’un a-t-il vu quelque chose ? Quelqu’un a-t-il essayé d’intervenir ?

On m’assassine ! Je meurs ! Personne n’intervient ! Personne n’agit ! Traître ! Lâche ! Monstre !

Allez-vous les laisser faire ? N’allez-vous rien faire ?

Quel affront ! Quelle honte ! Quelle infâme bassesse !
Tant de lâcheté ! Je suis outrée ! Je suis scandalisée !

Un vélo ! Un si beau vélo ! Un magnifique vélo ! Le mien !
Souillé ! Dégradé !

Et personne n’a rien vu ? Personne n’était donc présent ? Personne dans cette rue animée ?

Quel mensonge ! Menteurs !
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Lyssa7 » 09 janv. 2021 - 21:34

Titre : Les tourments de Mrs de Beauchamp
Défi (scénaristique ou stylistique) : Stylistique et scénaristique
Fandom : Original
Nombre de mots : 361 mots
Personnages : Mrs de Beauchamp, Constance (la domestique)
Rating : Tout public
« Tu te rends compte de ce qu’elle a sous-entendu à mon égard ? Je n’ose y croire ! C’est d’une hypocrisie sans pareille, je peux te l’assurer, Constance ! Vraiment, comment a-t-elle pu insinuer que j’ai épousée William seulement pour le confort financier qu’il peut m’apporter ? A-t-elle seulement idée de tout ce que j’ai dû sacrifier ? Absolument pas, c’est certain ! Est-ce que je me permets, moi, de lui jeter au visage que son mari a pris trois tours de taille en deux ans, que son fils n’est qu’un cancrelat hideux sans talent, et que la seule qualité qui leur sied c’est leur statut au sein de cette société ? Non, je ne le dirais pas, ce serait malvenu et d’une grossièreté sans nom !
— C’est tout à fait vrai, Mrs de Beauchamp !
— Ah, tu vois ! Tu n’es pourtant qu’une simple domestique et tu comprends ce que j’endure ! Cette Mrs Wellington, n’a donc aucune tenue ! C’est un monde tout de même de ne pas savoir tenir sa langue lors d’une réception ! Jamais personne ne m’avait insultée de la sorte, je te l’avoue ce soir, j’ai failli défaillir sur le tapis persan de Mrs de Verdun ! Quelle infamie cela aurait été si je n’avais pas su me contrôler, tu peux me le dire ? D’ailleurs, je peux te le confier dès à présent, elle n’a pas une once d’élégance ! Si tu pouvais voir à quel point son maintien laisse à désirer, tu en pâlirais d’horreur, ma pauvre ! Ah, je me sens mal chaque fois que j’y songe ! Sers-moi donc une tasse de thé !
— Oui, Madame ! Tout de suite, Madame !
— Plus vite que cela ! Ne reste pas plantée là à m’écouter déblatérer mille tourments ! Tu aurais dû m’arrêter, voyons ! Après tout, je ne te paye pas pour tirer au flanc ! Mon Dieu, que je suis épuisée aujourd’hui avec tous ces sots qui m’entourent ! Apportez-moi mon thé au salon, Constance ! Et n’en profitez pas pour bailler aux corneilles, ou je vous congédie sur le champ ! »
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Charliz » 09 janv. 2021 - 21:41

Titre : Pas essentiel
Défi (scénaristique ou stylistique) : Scénaristique
Fandom : Original
Nombre de mots : 463 mots
Personnages : /
Rating : Tout public
« Dans quelle époque on vit ? »

C’était une question qui n’en était plus une, une affirmation qui sonnait dans les oreilles chaque jour et dans les cœurs chaque seconde. Un an avait suffit à changer leur vie mais cette fois-ci, Alice n’en pouvait plus. Elle avait les mains tremblante de rage, elle brulait d’injustice.

« Tu te rends compte… Tu te rends compte qu’ils déterminent… Non en fait, on est en train de sélectionner ce qui est essentiel à la survie ou non. Ce qui est essentiel et ce qui n’est pas essentiel. »

Alice aimait la foule, les câlins, les sourires. Depuis un an, tout ça, c’était bien incertain, et depuis quelques mois, sa vie était devenue vide. Son petit appartement ne comprenait pas d’extérieur et dehors, l’air frais filtrait à peine derrière son masque. Alors elle vissait une paire d’écouteur sur ses oreilles et partait courir.

Respirer à plein poumon, comme avant. C’était le seul instant suspendu dans le temps.

« Manger, dormir et se reproduire, hein. Et encore. »

Thomas se mordit l’intérieur de la joue, ne sachant que répondre. Pour lui, la situation était bien moins catastrophique. Tout était une question d’adaptation, et il avait besoin de peu pour vivre. C’était bien différent pour sa petite amie qui se nourrissait tant d’interactions, de contacts et d’échanges. Il était bien paumé face à son désarroi, chaque nouvelle annonce, chaque nouveau pas vers cette nouvelle vie lui faisant perdre pied. Et puis il ne la comprenait pas toujours… Pourquoi n’en finissait-elle pas de se résigner ? d’accepter que la vie d’avant, c’était fini ? De voir que la vie d’après, ce n’était pas si noir ?

« Il n’y a pas de solutions miracles, je pense qu’ils sont dans l’impasse.
- Mais ne voient-ils pas comme nous souffrons ? Qu’ils nous privent de tout ?!
- Que ferais-tu à leur place ?
- Ce n’est pas la question ! »

Elle se laissa tomber sur le dossier du canapé en soufflant et sorti son portable pour pianoter rageusement. Et puis explosa à nouveau.

« Tu vas me dire qu’on tient moins bien ses distances dans une salle de théâtre et dans un lieu de culte que dans le bus le matin ?!
- On n’a pas le choix que d’aller travailler ! De faire vivre l’économie ! Le reste, ce n’est pas essentiel.
- C’est essentiel pour moi ! »

Sa voix était aigue, ses yeux trop brillants. Thomas soupira, impuissant.

« Je sais bien. Mais y a quand même un truc que je sais essentiel et autorisé.
- Même pour ça, ils recommandent le masque, je te rappelle.
- Et bien colle moi une amende, on verra si tu en auras toujours envie dans 10 min ! »
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Bellatrix1992 » 09 janv. 2021 - 21:52

Titre : La colère de Viktor
Défi (scénaristique ou stylistique) : Scénaristique 21h (la révolte)
Fandom : HP
Nombre de mots : 1066
Personnages : Viktor Krum
Rating : TP
Il y a eu le temps du choc, puis il s’est effondré comme si son corps avait compris avant lui qu’il ne pouvait le supporter.
Enfin, la nouvelle de la fuite d’Igor Karkaroff à son réveil a été la goutte déclenchant le raz-de-marée sur son esprit déjà au bord de la noyade.

A présent, Viktor sent la colère monter en lui, jusqu’à le submerger complètement. À côté de lui, ses amis l’observent avec inquiétude et leurs regards sont comme autant de coups de poignard.

Soudain il cède. Les mots, les injures sortent pèle-mêle sans qu’il ne puisse les contrôler dans des hurlements presque inarticulés.
Autour de lui c’est la panique car aucun de tous ces gars ne sait comment le maîtriser, il entend vaguement qu’on appelle à l’aide et la couleur parme d’une étoffe passe brièvement devant ses yeux.
Une femme vient d’entrer et il la reconnaît, c’est celle qui était avec Igor Karkaroff, son directeur honni, dans les gradins du tournois.
Une main se pose doucement sur son épaule, sans se retirer bien qu’il continue à tempêter et crier. Peut-être même insulte t-il la femme qui se trouve à côté de lui, aveuglé par la rage comme il l’est.

Pourtant elle reste à côté de lui, debout et totalement inébranlable. Combien de temps cela dure t-il ? Dix minutes ? Une heure ? Il ne le sait pas vraiment mais lorsque les premières larmes commencent à couler sur son visage, il est épuisé et a le souffle court.

Enfin, il s’effondre à nouveau sur sa couchette, frissonnant et le corps secoué de sanglots qu’il ne peut arrêter, si honteux à l’idée que ses camarades le voient ainsi qu’il se tire les cheveux à le les en arracher et se gifle pour tenter de se reprendre.
De son autre main, la femme l’arrête et lui murmure d’une voix douce :
- Votre fureur a fait fuir tous les hommes de ce bateau, il n’y a ici que moi et une de vos camarades. Les autres sont en train de faire une manœuvre.

Étrangement, il se sent soulagée à défaut de mieux et sa respiration s’apaise un peu. Cependant il lui fait encore un long moment avant de parvenir à parler d’une voix intelligible :
- Qui êtes-vous ? Pourquoi étiez-vous avec cet enfoiré de mangemort ?

Malgré lui, et malgré la sollicitude de cette femme, son ton est accusateur.
- Je m’appelle Athénaïs, répond t-elle cependant avec douceur. Je sortais avec Igor Karkaroff, mais je crois bien qu’à présent c’est fini…

Oui, tout est fini pour lui pense Viktor. Sa fuite ne le sauvera pas si Celui Dont on Ne Doit pas Prononcer le Nom le cherche.
- Qu’il crève, s’entend t-il murmurer avec colère.

Pourtant, lui-même pleure encore et son corps frissonne toujours. C’est que ce bateau est toujours aussi glacial.
Comme si elle avait deviné son inconfort, Athénaïs ôte sa propre cape et lui enroule autour des épaules. Sa camarade, Marta qu’il reconnaît enfin, lui tend un gobelet :
- Un peu de potion calmante ? Lui propose t-elle de sa voix aiguë.
- Merci… A t-il la force de souffler.

Il boit aussitôt, Marta est la meilleure potionniste de toute l’école et elle a le don de fabriquer d’excellents remèdes. Cette fois-ci ne fait pas exception puisque, après simplement quelques secondes, son esprit semble se décongestionner un peu et gagner en cohérence. Ses tremblements de rage se réduisent et il parvient enfin à dire ce qu’il a sur le cœur :
- Je… J’ai jeté un doloris, avoue t-il honteux. Sur Cédric Diggory… Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je…
- Une force vous y a obligé et vous n’avez pas pu résister ? C’est cela ? Lui demande la femme.
- Oui, avoue t-il. Je mérite au moins Nurmengard, pas vrai ?
- Vous étiez sous imperium Viktor, lui répond Athénaïs. Rien ne peut être retenu contre vous.
- Il n’empêche que je me suis conduit comme un monstre ! S’écrie t-il. Diggory… C’était le meilleur de nous tous, il méritait de gagner… Et moi j’ai fait ça… Et il est mort…

A présent les larmes coulent à nouveau, rageusement. Marta lui étreint doucement l’épaule :
- Tu n’as pas tué Cédric Viktor, murmure t-elle. Tu es innocent.

Athénaïs renchérit :
- Je sais qu’Igor Karkaroff s’est conduit comme le dernier des lâches, et lui mérite clairement d’être blâmé. Mais vous Viktor, vous n’avez strictement rien à vous reprocher. Vous avez été soumis à un impardonnable qui ne vous laissait aucune chance. Le vrai coupable est celui qui vous l’a jeté et cet homme a été arrêté.

Viktor baisse la tête, il sent la culpabilité continuer de le mordre malgré tout. A vrai dire, à cet instant, il se sent terriblement seul et démuni. Ses parents sont loin et il leur a interdit hier de venir, de peur que sa réputation n’en prenne un coup de plus.
A présent il voudrait juste serrer sa mère dans ses bras. Sauf que c’est impossible.
C’est pour ça qu’il en est si reconnaissant à Athénaïs en fait, juste parce qu’elle reste près de lui, qu’elle lui offre la sécurité d’une présence adulte :
- Vous, demande t-il en pleurant. Pourquoi êtes-vous restée ?
- Pourquoi serais-je partie ? Lui répond t-elle. Igor Karkaroff a fui plutôt que d’accepter d’aider le directeur de Poudlard. Il m’a abandonnée comme les autres, bien que je n’ai jamais attendu autre-chose de lui. Et puis, Albus Dumbledore, même s’il sait que les élèves de Durmstrang sont autonomes, m’a demandé de veiller sur vous et de vérifier que vous n’ayez besoin de rien. Je resterai jusqu’à votre départ de Poudlard.

Viktor acquiesce et elle ajoute :
- En parlant du directeur de Poudlard, il m’a dit de vous accompagner auprès de lui une fois que vous seriez en état de le rencontrer. Il souhaite discuter avec vous.
- Il veut me questionner ? Demande Viktor soudain effrayé.
- Peut-être un peu, répond t-elle. Mais ce n’est pas dans une démarche d’accusation ou pour vous reprocher quoi que ce soit, au contraire. Je pense qu’il s’inquiète pour vous et qu’en temps qu’hôte, il veut surtout voir comment vous allez.

Viktor sent son ventre se tordre. Il a peur d’affronter le directeur de Poudlard, le plus grand sorcier de cette époque, surtout après ce maléfice qu’il a lancé à Cédric.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AliceJeanne » 09 janv. 2021 - 22:01

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : Scénaristique 21h
Fandom : HP - Next-gen - UA
Nombre de mots : 685
Personnages : Catherine (Cathy) Weasley (OC), Lysander et Lorcan Dragonneau
Rating : TP
La jeune-femme rentra en trombe dans le bureau qu’elle partageait avec ses deux meilleurs amis, fulminant et vociférant plus de jurons que ces derniers ne connaissaient. Elle écumait de rage, faisant de grands gestes et passant frénétiquement ses doigts dans ses cheveux frisés, en arrachant au passage. Ses yeux noisette fusillaient tout ce qui passait à leur portée et Lysander hésita un instant sur le seuil avant de rentrer, poussé par Lorcan qui avait toujours été le plus téméraire des deux. Ce dernier avança doucement vers leur amie, les mains ouvertes en signe de paix. Déchaînée de la sorte, Catherine Weasley pouvait être aussi imprévisible que les animaux fantastiques formant leur passion commune. Mieux valait prendre toutes les précautions nécessaires.

« Comment osent-ils?! s’écria la jeune-femme. Comment osent-ils se proclamer experts en Magizoologie en ayant de tels propos?! C’est insupportable. Ces gens ne sont rien de plus que des guignols, des idiots, des débiles profonds ne possédant que des cerveaux primitifs dans lesquels deux neurones peinent à rentrer en contact. »

Lorcan s’étouffa, partagé entre l’hilarité induite par les caractéristiques dont l’ancienne Poufsouffle affublait les maîtres de conférence officiant le congrès international de Magizoologie auquel ils participaient, se tenant à Londres, et la frayeur. Si jamais quelqu’un venait à l’entendre, elle pourrait dire adieu à sa place au Ministère.

« Calme-toi, tempéra-t-il. Ils ne peuvent pas savoir tout sur tout et même les meilleurs font des erreurs.
- Tu oses appeler cela une erreur?! hurla-t-elle. Surprendre un scroutt à pétard en arrivant derrière lui, oui, ça c’est une erreur, mais caractériser un obscurial de monstre à abattre, c’est tout simplement ignoble. Ton grand-père se jetterait dans le lac noir pour s’y noyer s’il venait à entendre cela.
- Avoue tout de même que ce n’est pas non plus ce que tout le monde souhaiterait avoir chez soi, grommela Lysander en frissonnant. Ça m’a toujours fait flipper ces trucs là. Et savoir qu’en raison de l’étiolement du Secret Magique, il y a une recrudescence du phénomène, ça m’inquiète.
- Moi aussi! Qu’est-ce que tu crois? Mais de là à dire qu’il faut tuer sans sommation ces pauvres gosses, il y a un pas aussi grand qu’un troll des montagnes! C’est l’obscurus qu’il faut extraire et non l’hôte qu’il faut massacrer.
- Mais Cathy... murmura Lysander, personne ne sait le faire! Tu penses bien que sinon, nous n’en serions pas là.
- Personne, depuis Norbert Dragonneau, n’a essayé de le faire, corrigea-t-elle, nuance.
- Sans doute car c’est impossible! cingla Lorcan. »

Catherine lança un regard agacé à l’ancien Serdaigle qui perdit un peu de son panache. Elle avait des airs terrifiants lorsqu’elle montait ainsi dans les tons. Parfois il soupçonnait même qu’elle avait un peu trop pris exemple sur les dragons qu’étudiait son père tant elle semblait sur le point de réduire en cendres quiconque la contredirait sur certains sujets.

« Ce n’est pas impossible.
- Cathy...
- La ferme Lys’, je n’ai pas besoin d’un de tes sermons à la noix, je sais ce que j’ai vu lorsque j’étais là-bas. Le père de la fillette avait presque réussi. Comme ton grand-père, il avait un plan.
- Mais il est mort! insista-t-il. »

La jeune-femme haussa les épaules, comme s’il s’agissait là d’un détail insignifiant. Lysander Dragonneau frémit. Il détestait lorsqu’elle affichait cet air résolu après un instant de révolte. Ils finissaient toujours enlisés jusqu’au cou dans les ennuis après chaque course poursuite après l’instinct de Catherine. Même s’il devait bien admettre, un peu à contre-cœur, qu’elle avait raison dans une grande majorité des cas et que ses initiatives, bien qu’agaçant une majorité non négligeable des membres du Département de régulation et de contrôle des créatures magiques, étaient souvent saluées par un grand respect de la part de la communauté restreinte rattachée à leur discipline.

« Que comptes-tu faire? lâcha finalement son jumeau, lui ôtant les mots de la bouche.

- Essayer. Encore. Pour leur prouver qu’ils ont tort. Je le jure devant Merlin, je trouverai une solution pour sauver ces enfants. Parce que si je laisse tout ceci continuer alors que je peux agir, je ne pourrais plus jamais dormir. Je le ferai parce que cela me paraît juste de le faire. »

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Alena Aeterna
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Alena Aeterna » 09 janv. 2021 - 22:04

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique 21h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 549
Personnages : Hedvig Iversen (OC), Erik Iversen (OC)
Rating : Tout public
Hedvig avait attendu la journée entière pour aborder le sujet sensible de leur nièce, préférant placer leurs retrouvailles sous le signe des banalités. Elle avait bien vu que le frère qu’elle avait connu par le passé n’était plus du tout le même, sans savoir exactement ce qu’il avait pu vivre pour changer autant. Erik était désormais un homme plus froid, loin de cet aîné si chaleureux qui avait toujours été pour elle et avait réussi à lui rendre le sourire tant de fois. Elle n’ignorait pas que le poids de la malédiction n’avait sans doute pas quitté les épaules de son frère, tout comme elle-même qui y songeait souvent, mais elle aurait voulu le voir sourire un peu plus.

Le bruit des bûches se consumant dans l’âtre avait diminué, les plongeant dans un silence plus pesant qui s’étirait entre eux jusqu’à devenir insupportable. Hedvig inspira longuement, remettant ses idées en place avant de prononcer enfin le prénom de Daisy. Cela sembla agir comme un électrochoc sur Erik qui se figea, les mains serrées autour d’une tasse de thé dont le breuvage avait refroidi depuis plusieurs heures déjà.

« Que veux-tu apprendre sur elle ? s’enquit-il sur un ton agressif qui ne lui ressemblait pas.
— As-tu essayé de lui apporter ton aide ? demanda la plus jeune en croisant son regard.
— Daisy devait faire ses propres choix, je n’avais rien pour elle. »

La réponse un peu trop évasive agita l’esprit d’Hedvig. Elle ne comprenait pas le comportement de son frère, elle avait cru qu’il finirait par lui avouer qu’il avait enseigné à leur nièce tout ce qu’elle avait à savoir sur leur famille et sur l’être qui les menaçait. L’expression d’Erik se fit lointaine lorsqu’il déclara que Daisy était le portrait craché de leur sœur, qu’elle avait une force de caractère qui avait dépassé toutes ses espérances. La plus jeune de la fratrie Iversen fronça les sourcils et empêcha son aîné de plonger dans ses souvenirs.

« Elle avait besoin de toi, l’accusa-t-elle. Tu étais la seule famille capable de la protéger ! Pourquoi as-tu été si lâche ?
— Tu ne sais rien de moi, Hedvig ! répliqua-t-il avec véhémence. J’ai perdu Maisie parce qu’elle s’est sacrifiée pour sa fille et …
— Nous l’avons tous perdue, elle était aussi ma sœur. Tu n’as aucune excuse ! »

Des larmes brillaient dans les yeux de la jeune femme alors qu’elle poursuivait ses récriminations en lui rappelant que Maisie avait conscience du danger qui planait au-dessus de sa tête mais qu’elle avait tenu bon jusqu’au bout. Elle ajouta ensuite que si les rôles avaient été inversés, leur sœur aurait pris tous les risques possibles pour aider l’une de ses nièces. Hedvig était déçue, elle se sentait trahie par ce déni qui couvait dans le cœur d’Erik et le rendait aussi froid que les longs hivers auxquels ils étaient habitués. Lui qui avait été son héros depuis leur tendre enfance n’était plus qu’une image effacée qui disparaissait peu à peu sous une couche de tristesse. Elle avait subi le même deuil mais, à l’inverse de son frère, elle avait remonté la pente jusqu’à sortir la tête de l’eau. Jamais elle n’aurait abandonné Daisy et elle était révoltée par ce peu d’attention qu’il avait porté à une enfant qui ne cherchait qu’à survivre.

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Carminny
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Carminny » 09 janv. 2021 - 22:07

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique (Votre personnage est révolté par des paroles ou des actes)
Fandom : Naruto
Nombre de mots : 550
Personnages : Gaï, Kakashi, Midori (OC)
Rating : -12
Pendant que les garçons s’empiffraient de dango et que Kurenai n’était pas en reste, Midori essayait de réfléchir à ce qu’elle allait bien pouvoir faire pour sa prochaine mission à l’Académie. Daikoku-sensei lui avait attribué les plus âgés pour l’après-midi et elle ne savait toujours pas ce qu’elle allait bien pouvoir leur montrer pour qu’ils soient tous occupés et faciles à surveiller. Et surtout, il ne fallait pas qu’elle pense à ces délicieux dango qu’elle ne pouvait pas s’offrir parce qu’elle était encore fauchée. Dire qu’Hoheto était en mission et ne pouvait pas l’inviter… Le chakra crépitant de colère et de désespoir mélangés de Kakashi passa devant le restaurant.
– Kakashi ! Tu nous rejoins ?! l’appela Gaï.
La jeune fille aurait très bien pu lui dire que cela ne servirait à rien, que leur ami aux cheveux blancs ne viendrait pas et qu’il ne l’avait peut-être même pas entendu. Elle changea de position pour s’adosser au mur et étendre sa jambe endolorie.
– Pourquoi il nous évite encore ? s’agaça Gaï. On ne veut que l’aider !
Midori haussa les épaules tandis que Kurenai et Asuma n’avaient pas l’air de s’en formaliser davantage. Mais ils devaient en avoir l’habitude, comme ils traînaient davantage avec leur ami à la combinaison verte, ils devaient plus souvent entendre la question.
– Il doit se diriger vers sa nouvelle mission, supposa la fille avec un optimisme forcé. Tu n’as pas entendu ? Le Hockage Quatrième du nom l’a placé dans les forces spéciales depuis que tu as sauvé le traité de paix.
– Comment ça ?!
Gaï semblait pratiquement exploser. Il se releva en un bond et commença à devenir rouge.
– Comment ça Minato-sensei a mis Kakashi dans l’Anbu ?! Il est devenu cinglé ? Je vais lui dire mon avis, à ce schonck ! Il croit vraiment que c’est ce qui va l’aider ?! Il m’a dit qu’il allait s’occuper de lui ! Pas qu’il allait l’enfoncer encore plus profondément ! Tu n’es pas d’accord avec moi, Midori ! Tu le connais aussi bien que moi, cela va juste le confirmer dans son idée du devoir avant les sentiments et dans sa dépression. Ce n’est pas une vie ! Il va gâcher tout ce qui lui reste de sa jeunesse !
Il devait être réellement révolté puisqu’il n’avait même pas accentué la jeunesse comme il le faisait d’habitude. Midori devait avouer qu’elle aussi n’approuvait pas cette idée. Elle avait peur pour son ami qui n’avait plus du tout le goût à la vie. Il allait prendre des risques inconsidérés sans que personne ne puisse l’en empêcher… Le plus probable était qu’il ne savait pas s’y prendre non plus, Minato-sensei.
– Mais je ne crois pas qu’on puisse y faire quelque chose, fit-elle.
– Je vais le trouver pour faire un défi contre lui, tempêta Gaï en sortant du restaurant. Et ensuite je dirais ma façon de penser à ce Minato-sensei en carton !
Midori dut pouffer et se leva à son tour pour essayer de calmer les ardeurs de son ami. Elle savait très bien, pour être passée par une belle phase de dépression à ses côtés, que forcer Kakashi ne ferait qu’empirer les choses. Enfin, de toute façon, il était improbable que Gaï le retrouverait et Minato-sensei n’obtiendrait que ce qu’il méritait : un Gaï en rogne.
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Ne m'acciotez qu'en cas d'urgence, merci

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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Sifoell » 09 janv. 2021 - 22:09

Titre : Saisie
Défi : Scénaristique 21h : votre personnage assiste à des actes ou des paroles qui le révoltent
Fandom : original
Nombre de mots : 931
Personnages : Jimmy, l'homme gris, un huissier de justice
Rating : TP
C'est le matin, et Jimmy est encore au fond de son lit, comme d'habitude. Ce gamin n'a jamais su se lever à l'heure, et arrive toujours juste après que la cloche ait sonné, à l'école. L'homme gris dort sur le canapé, depuis que Tennessee le connaît, bien qu'elle s'en méfie, elle a accepté pour Jimmy que l'homme gris dorme à la maison. Mais Tennessee le voit tel qu'il n'est pas, pas comme Jimmy. Elle ne voit en lui qu'un homme immense et crade, à la peau buriné et au physique peu avenant. Et Jimmy, sans savoir encore ce qu'est l'homme gris, le voit comme un souvenir d'une ère passée, une ère antique.
Jimmy a la tête sous son oreiller et dort profondément, bien que son réveil ait déjà sonné quatre fois. L'homme gris ne dort jamais vraiment, il a été l'un des premiers à se réveiller, et depuis il est presque tout le temps éveillé, aux aguets, à essayer de comprendre le monde dans lequel il vit. Et là, ce qu'il essaie de comprendre, c'est ce qu'est cette sonnerie, et pourquoi Jimmy ne se lève pas, alors que c'est ce qu'il est supposé faire. Il s'assoit dans le canapé, repousse la couverture trop petite que Tennessee lui a donné pour qu'il soit plus confortable, et se lève pesamment. Des escaliers à gravir, et sa grosse poigne fait jouer la poignée de la porte de Jimmy qui dort toujours profondément alors que le monstre vient d'entrer dans sa chambre. Son monstre apprivoisé.
Mais il y a une autre sonnerie en bas. Insistante. Et la tête ébouriffée de Jimmy surgit de sous l'oreiller. Jimmy regarde l'heure et grimace. Il n'aura pas le temps pour les dessins animés du matin. Il tourne ses yeux verts vers l'homme gris qui se tient dans l'embrasure de la porte, tellement large qu'il doit se mettre de côté pour la franchir. Jimmy se lève à toute vitesse, enfile les vêtements que sa mère lui a préparé.
« Salut ! Excuse-moi, je dois aller voir qui c'est à la porte en bas. »
L'homme gris s'efface en inclinant sa tête avec respect. Jimmy regarde de nouveau l'heure sur le réveil. 8H15.
« Il est super tard... » pour les dessins animés.
« En fait non, il est super tôt ! » pour les visites.
Les yeux verts de Jimmy se voilent d'inquiétude et il les lève à s'en décrocher la tête vers l'homme gris, qui doit baisser la sienne quand il passe une porte. Les cheveux noirs comme la nuit de l'homme gris frôlent le plafond. Jimmy fait la moue. Des visites si tôt, ça n'annonce rien de bon. Mais quand il entend le bruit d'une perceuse dans la serrure, Jimmy ouvre grand les yeux et la bouche et dévale les escaliers. Bien que sa mère lui dise de regarder dans l'oeil de bœuf avant d'ouvrir, ce qu'il a entendu le met tellement en colère qu'il ouvre la porte à la volée, et découvre cinq hommes qui se tiennent là. Un est habillé en bleu de travail et porte une trousse à outils. L'autre est habillé en costume et tient une mallette de cuir d'une main et un paquet de feuilles de l'autre. Derrière, un homme habillé comme tout le monde. Et encore derrière deux costauds habillés eux aussi en bleu de travail. Il y a un camion de déménagement dans la rue, dont les portes arrière sont ouvertes.
« Tennesse Duquennois ? » commence l'homme en costume.
« Elle est pas là, elle travaille. »répond Jimmy, la voix déjà vive.
« Ton père est là ? »continue le même homme.
Jimmy secoue la tête, mais à entendre sa voix haut perchée, l'homme gris descend les escaliers, ses coudes touchant le mur et la rampe de l'escalier, ses yeux noirs comme la nuit fixés sur l'homme en costume.
« Revenez à 16h, elle a sa pause. » Mais les dents de Jimmy se mettent à grignoter ses lèvres. La mine fatiguée de sa mère, qui fume plus ces temps-ci, et travaille encore plus. Ses longs silences ponctués de soupirs, les mains tenant des papiers auxquels Jimmy ne comprend rien.
« Laisse-moi entrer. »
L'homme secoue sa liasse de papier.
« J'ai un titre exécutoire m'autorisant à effectuer la saisie immédiate des biens de Tennessee Duquennois, à hauteur de ses dettes, soit 2400 euros. » poursuit l'homme en costume qui s'avance, obligeant Jimmy à s'effacer. L'homme marque un temps d'hésitation quand il voit le mastodonte descendre les deux dernières marches, sa présence tellement immense que ça l'empêche de respirer.
Et Jimmy crie, Jimmy tempête, Jimmy n'a compris que 2400 euros, et c'est des soucis d'adulte que du haut de ses huit ans il n'est pas prêt de comprendre. Il prend alors dans sa petite main la grande paluche de l'homme gris et ils vont dans le salon. Devant les yeux plein de rage de Jimmy, les deux hommes en bleu commencent à débrancher la télé et la soulèvent.
L'homme en costume coche une case sur sa liasse de papier.
Jimmy décroche alors le téléphone du salon et compose un des seuls numéros de téléphone qu'il connaît par cœur. A la troisième sonnerie, Tennessee répond, de sa voix traînante et fatiguée, elle travaille déjà depuis si longtemps ce jour.
« Jimmy, tu n'es pas à l'école ? »
« Maman, y a des gens qui prennent la télé et d'autres trucs à la maison » commente Jimmy dont les yeux verts qui ont perdu tout leur pétillant suivent les objets que portent les hommes et qu'ils vont ranger dans le camion.
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AleynaButterfly
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AleynaButterfly » 09 janv. 2021 - 22:27

Titre : Mensonge
Défi : Stylistique 22h
Fandom : original
Nombre de mots : 243
Personnages : Cécilia Pescadou
Rating : TP
Cécilia détestait mentir à son père. C’était la première fois qu’elle lui désobéissait autant, mais cela devrait rester secret. Elle l’avait fait jurer à Laure et Coline. C’était la condition pour qu’elle les accompagne pour ces petites vacances à Nice. Bien que l’appréhension étreigne toujours son coeur, une vague d’excitation la transporta. Enfin ! Elle verrait la mer, pour la première fois. Cela valait toutes les désobéissances du monde !

Elle soupira, malgré tout. De quoi Elias avait-il peur ? Cécilia avait pourtant toujours été raisonnable, ce refus de sa part était profondément injuste. Alors, lorsqu’elle imagina la déception qui se peindrait inévitablement sur les traits de son père s’il venait à l’apprendre, elle se persuada qu’elle était dans son bon droit.

Un klaxon l’arracha à ses pensées. Sur le siège passager de la voiture, Coline leur faisait de grands signes de la main. Laure et elle se précipitèrent en courant et s’installèrent à l’arrière. Le père de son amie démarra et ils furent partis.

C’est donc ça la liberté, se dit-elle alors qu’ils quittèrent cette ville, qu’elle voyait disparaître à l’horizon pour la première fois de sa vie.

La transgression avait un goût d’interdit, à la fois terrifiant et enivrant. Cécilia se demanda comment elle avait pu s’en passer jusque là. Contrairement à Antoine, elle avait toujours suivi les règles et pour une fois, c’était un plaisir de pouvoir les briser.

« Tu verras Sissi, tu vas adorer. »

Oui, c’était certain. Et au diable, les conséquences !
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Bellatrix1992 » 09 janv. 2021 - 22:31

Titre : Ron Weasley
Défi : Stylistique 22h
Fandom : HP
Nombre de mots : 340
Personnages : Ron Weasley, Dean Thomas, Seamus Finnigan, Rita Skeeter.
Rating : TP
Il réalise à peine, alors qu’autour de lui les gens reprennent peu à peu leurs esprits.

Ils sont libres et vivants, mais ils sont tous endeuillés à divers degrés. Des cadavres alignés dans la pièce, une cinquantaine, chacun en connaît au moins un.

Ron sait qu’il a eu beaucoup de chance, et pourtant il a lui-même perdu un être cher, un de ceux qui lui étaient les plus chers même.
Mais il est avec Hermione et Harry, tout les trois ont survécu, ce qui semblait impossible il y a seulement quelques jours.

Autour d’eux, les lieux sont ravagés, et pourtant il sait, espère, que la reconstruction est en marche, que la joie va revenir
Mais le bonheur est-il encore possible si même George semble avoir perdu pour toujours l’envie de sourire ?

Ron voit les familles qui se retrouvent, les esseulés qui pleurent encore leurs morts, parfois interrogés par Rita Skeeter. Il voit l’outrageuse journaliste aujourd’hui si sobre et respectueuse, et il comprend à quels faux-semblants elle se livre.
Pourtant, contrairement à Hermione, il souhaite qu’elle continue.

Oui, les gens on besoin de savoir, de comprendre. Et actuellement elle est la seule capable de mener à bien cette mission.
Il voit Seamus qui se propose de l’aider sous le regard inquiet de Dean, lui sait parfaitement à quel point la Presse a déjà manipulé son ami.

Le regard de Dean croise celui de Ron et tous les deux se comprennent :
Seamus a trop souffert cette année, physiquement, par l’angoisse, la peur, la révolte et la tristesse. Il a besoin d’agir, d’exprimer, de s’exprimer en fait…

Il a besoin de dire ce qu’il ressent, ce qu’il a vécu avec l’AD. Et alors que Rita Skeeter s’assied face à lui sur une chaise, une plume bien conventionnelle à la main pour noter son récit au mot près, l’orientant par d’habiles questions, Ron comprend que d’autres suivront.

Car tout le monde a vécu des choses différentes, et on a besoin du témoignage de chacun pour reconstituer l’horreur qu’ont été ces trois années.
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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Sifoell » 09 janv. 2021 - 22:54

Titre : Toujours
Défi : Scénaristique 22h, la scène s'achève avec une explosion
Fandom : original
Nombre de mots : 405
Personnages : Jimmy et l'homme gris
Rating : TP
La voix profondément lasse de Tennessee convainc son fils de laisser faire les messieurs, et de se préparer à aller à l'école, parce qu'il va être en retard. Jimmy fait la moue, et range dans les placards le contenu du frigo que les hommes ont emporté aussi. Ils n'ont pas assez de richesses dans la maison pour couvrir la dette. Jimmy a peur, et l'homme gris le suit comme son ombre, se nourrissant des émotions du gamin.
Et quand le camion de déménagement repart, suivi par une berline, Jimmy laisse exploser sa colère et sa frustration, hurlant et tempêtant, ses yeux verts dans les yeux noirs de l'homme gris qui ne comprend pas vraiment ce qu'il vient de se passer.
« Ce n'est pas juste ! Maman elle travaille tout le temps et elle n'est jamais là ! Elle fait ce qu'elle peut, elle fait vraiment tout ce qu'elle peut, elle me le dit tout le temps. Et là, ils ont pris la télé, le frigo, le micro-onde et le four... Ils n'ont pas pris les plaques de cuisson parce qu'elles ne coûtent pas assez cher ! Alors, nous on n'a plus rien et elle doit encore de l'argent ! Ce n'est pas juste ! » hurle-t-il à s'en casser la voix.
Alors, l'homme gris pose un genou à terre pour être un peu moins grand que Jimmy. Et les bras ballants, il prononce ces paroles étranges.
« Veux-tu que je fasse quelque chose pour toi ? »
Sa voix est basse, grave, venant de loin. Une voix si profonde qu'elle semble être d'un autre âge. Et Jimmy se jette contre l'homme immense, taillé dans le roc, coulé dans la glaise, et entoure son coup épais de ses bras maigres. Et il murmure.
« Je veux que tu restes toujours avec moi. »
Le corps de Jimmy tressaute contre celui de l'homme gris qui sent contre sa poitrine battre le cœur du petit d'homme à toute vitesse. En écho, le sien lui met un grand coup dans la poitrine, qu'il sent se répercuter dans l'épaisseur de viscères, d'os, de muscles, de cuir.
L'homme gris s'était déjà fait cette promesse non dite, de rester auprès du petit d'homme qui le voit tel qu'il est vraiment, alors, il l'énonce de sa voix de basse.
« Je resterai toujours auprès de toi. »
Et ce toujours, dans la parole d'une créature qui n'est jamais morte, cela dure longtemps.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Carminny » 09 janv. 2021 - 23:03

Titre : Mission
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique (Votre texte se clôt sur une explosion)
Fandom : Naruto
Nombre de mots : 413
Personnages : Hoheto Hyuga, Shikaku Nara, Midori Yamashiro (OC), Kosui (OC), 3ème Hockage
Rating : Tout Public
– Equipe 5, vous êtes chargés de la mission suivante : vous vous rendrez au village de Yu au Pays des Sources Chaudes. Ils ont demandé une équipe de ninja afin d’éviter de futures inondations.
Midori acquiesça de la tête tandis que le Hockage Troisième du nom les regardait. Ses deux coéquipiers trépignaient d’impatience de repartir en mission intéressante puisque les dernières avaient surtout été de l’aide à la reconstruction à la frontière du Pays du Feu. Shikaku-sensei donna également son assentiment. Il allait peut-être enfin pouvoir les entrainer à nouveau. En temps que nouveau chef du clan Nara – son père était décédé suite à une blessure il y a seulement deux mois – il n’avait pas pu les accompagner en mission, ce qui expliquait sans nul doute l’ennui des missions de rang D qu’ils se coltinaient. Cela dit, la petite fille n’en était pas mécontente. Au moins elle pouvait rester chez ses parents et observer le ventre de sa mère s’arrondir doucement. Et elle n’avait plus vraiment envie de se battre après tous les morts qu’il y avait eu sur les champs de bataille.
– Préparez des affaires pour trois jours, leur conseilla Shikaku-sensei alors qu’ils quittaient le bâtiment administratif. On se retrouve à l’entrée du village dans trente minutes. Si on se dépêche en route, on pourra y être pour le coucher du soleil.
Les trois genins approuvèrent et se dispersèrent immédiatement pour récupérer leurs affaires. Il ne fallut que peu de temps à Midori pour rentrer, préparer ses affaires – y compris une serviette et un kimono pour les sources chaudes, juste au cas où – et de saluer sa mère et sa grand-mère. Elle arriva donc un peu en avance et rejoignit Hoheto qui était comme toujours le premier.
– Qu’est-ce que tu crois qu’on va devoir faire ? s’interrogea-t-il en patientant.
– Aucun idée, déclara joyeusement Midori. Mais j’espère qu’on pourra passer par les bains.
Dès que les deux autres les eurent rejoints, ils partirent au pas de course à travers la forêt environnante. Ce n’était pas bien compliqué de sauter d’une branche à la suivante, aussi progressaient-ils rapidement et arrivèrent au moment prévu au village de Yu.
[…]
– Il n’y a rien de mieux qu’une explosion ! déclara Kosui au grand regret de la fillette. Attention, déclenchement dans trois, deux, …
Midori se couvrit les oreilles par précaution. Si son coéquipier avait réellement recouvert cet énorme rocher de parchemins explosifs, cela allait créer une détonation des plus épouvantables. Une horreur.
– Un !
BOUM !!!
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Ne m'acciotez qu'en cas d'urgence, merci

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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Lyssa7 » 09 janv. 2021 - 23:04

Titre : La gifle
Défi (scénaristique ou stylistique) : Scénaristique
Fandom : Original
Nombre de mots : 537 mots
Personnages : Mary, James
Rating : -12 ans (pour le langage)
Mary trébuche sur le seuil de l’appartement. Elle manque de s’effondrer la tête la première contre le battant de la porte mais une main, sa main, la rattrape avant la chute. Elle pourrait remercier sa bonne fortune ainsi que son sauveur, mais elle ne le fera pas. Jamais. Tout simplement parce que Mary est une petite conne sans éducation qui n’a jamais appris le respect. Ou bien, elle est juste paumée et défoncée. L’un dans l’autre, elle ne compte pas remercier James. Surtout pas. Plutôt crever.

Elle préfère repousser sa main et se tenir maladroitement au meuble de l’entrée pour avancer. L’autre la suit, avec un air visiblement concerné. Apparemment, on ne lui a jamais appris à ne pas se mêler des affaires des autres à celui-là. Il est aimable, agréable, sociable. Tout ce qu’elle n’est pas. Et ça lui tape royalement sur le système depuis six mois. Depuis qu’ils ont eu le malheur d’accepter sa candidature avec Gus, son autre colocataire, et que James a emménagé avec eux, elle vit un véritable enfer.

Toujours aux petits soins. Toujours souriant. Jamais méchant. Ce mec est tellement gentil qu’elle a beau le traiter comme elle le fait, il ne s’énerve jamais. Elle ne comprend pas comment il peut la supporter, comment il peut décider de rester alors qu’elle pue la clope, l’alcool, et la gerbe. Comment il peut encore se placer derrière elle pour la rattraper si elle venait à tomber. Comment il peut lui parler sur ce ton avec cette douceur insensé alors qu’elle ne fait rien pour le mériter.

— Tu devrais t’allonger.
— Tais-toi, tu veux ?! Qu’est-ce qui te fait croire une seule seconde que tu peux me dire ce que je dois faire ? Tu n’es rien pour moi, tu n’es personne. Si tu t’en allais, j’en serai soulagée. Fais ta valise, casse-toi d’ici ! Tu devrais partir. Pourquoi tu restes là, à me regarder sans rien dire ? Je pourrais te gifler dans la seconde ! Là, maintenant, tout de suite ! Comment tu fais pour ne pas me hurler de me la fermer, hein ?!
— Viens t’asseoir, t’as trop bu, répète-t-il en prenant doucement son bras.
— Lâche-moi ! Pourquoi t’es là ? Pourquoi tu me laisses pas ? Tu comprends pas ? s’écrie-t-elle, soudainement désespérée tandis que les larmes, traîtresses, viennent à déborder de ses yeux gonflés.
— T’as besoin d’aide, Mary.
— J’ai pas besoin de toi, je me débrouille très bien toute seule ! crache-t-elle, se libérant de son emprise.
— Tu mens.

Il est si calme que cette fois encore, elle craque. Les larmes roulent et s’écoulent de ses yeux et sa main vient frapper la joue de James. Le bruit la fait sursauter, comme si elle prenait conscience de son geste, de sa façon d’être. James ne bouge pas. Il se contente de la regarder. Avec cette compassion qui la rend malade, et qui lui donne envie de lui arracher les yeux. Cette compassion intolérable, cette impression d’être un vase fragile qu’il ne faut surtout pas briser. Cette compassion qui la fait tellement vriller qu’après chaque explosion, elle le laisse approcher. Comme un oiseau blessé. Doucement. Jamais trop près. Suffisamment pour qu’il lui prenne la main. Et puis, elle éclate en sanglots.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Bellatrix1992 » 09 janv. 2021 - 23:45

Titre : Le refus
Défi (scénaristique ou stylistique) : Stylistique
Fandom : HP
Nombre de mots : 706
Personnages : Bellatrix et Rabastan Lestrange, Voldemort.
Rating : TP
L’heure n’est pas à emballer les faits dans de la feutrine. Ils n’ont pas réussi à tuer Harry Potter et la fureur du Seigneur des Ténèbres ne les a pas épargnés cette-fois-ci malgré leur deuil.

Bellatrix n’a pas seulement perdu son mari dans l’entreprise, mais son meilleur ami également. Personne ne peut dire, pas même les plus mauvaises langues, que cela ne l’a que peu ou pas du tout affectée. Une partie d’elle ne s’en relèvera jamais et Rabastan ne peut se voiler la face.
Après-tout, n’est-il pas aussi dévasté qu’elle ?

Peut-être pas en fait… C’est qu’il n’a pas autant perdu que sa belle-sœur.
Mais en tout cas, lui ne se flagellerait pas autant pour ne pas avoir obéi, pour une fois, au Seigneur des Ténèbres.
- je n’aurais pas du mais…

Non, il ne peut plus entendre cela dans la bouche de Bellatrix. En fait, elle ne devrait surtout pas se reprocher d’avoir agi en fait. Et personne d’ailleurs, n’oserait lui dire le contraire. Elle n’avait pas le devoir d’obéir à cet ordre, et personne n’avait le droit de lui imposer une telle chose.
Et lui, Rabastan Lestrange, ne peut plus refouler ce souvenir horrible à présent :

« - ...mort Bella.

Il n’entend ses propres mots que de loin, comme si aucune entité vivante ne les prononçait vraiment. Personne ne les a peut-être prononcés à vrai dire… Ce n’est peut-être qu’une illusion

Malgré l’horreur du spectacle Bellatrix ne reste pas, contrairement aux autres dont lui, à distance du cadavre brisé et étalé sur le sol devant eux.
Aucun d’eux d’eux n’espérait de toute manière revoir Rodolphus vivant après sa chute dans le vide, frappé de plein fouet par le maléfice d’un Harry Potter. Et Bellatrix n'a pas réussi à le rattraper malgré sa tentative désespérée, trop éloignée de lui dans sa poursuite de la fille Tonks.
Bellatrix ne peut plus rester debout à présent, ils ne sauraient exiger cela d’elle en vérité.
Après le violent combat qui n’a laissé aucun d’eux indemne, après des heures de recherches ils ne ramèneront qu’un cadavre brisé et défiguré. D’ailleurs ils n’ont même pas jeté un regard à celui de Maugrey Fol-Oeil, au contraire des vautours acharnés sur leur proie à présent inoffensive... leurs propre complices qui ne semblent mériter que le dégoût.
Bellatrix et Rabastan n'auraient pu cependant infliger de telles choses au cadavre d’un vieil ennemi, ce ne serait que trop d’honneur et ils ne sont pas des chiens rongeurs d’os. Lutte à mort et point final.

Sa belle-sœur n’a que peu de secrets pour Rabastan. Elle ne sait plus quoi faire à présent, ni ce qu'elle ressent. Il n’ignore pas qu’elle n'a jamais éprouvé pour Rodolphus qu'une amitié sincère doublée d’un profond sentiment de respect. Et lui ne saurait lui en vouloir, c’est qu’il ne serait pas du tout bien placé pour cela.
Tout à sa peine, il ne reconnaît pas tout de suite le claquement de cape du Seigneur des Ténèbres, c’est que Bellatrix n'y prête aucune attention non plus, à la différence de Lucius et Travers.
Rabastan, soudain effrayé, n’ose plus bouger.
Bellatrix non plus même si elle n'ignore pas qui vient d'arriver, seulement ce n'est pas le moment pour elle. Ni elle ni son beau-frère ne veulent faire comme d’habitude, aucun des deux n’a l’intention d’oublier Rodolphus pour se soumettre immédiatement au Maître. Ils ne peuvent pas, un des êtres les plus chers à leurs yeux n’est plus là et, en cet instant, ils ne ressentent qu’un trou béant à la poitrine.

Le Seigneur des Ténèbres ne tient aucun compte de leur peine et son ton n'admet pas de réplique.
Le maître contrarié ne veut pas que Rodolphus ait de sépulture, donc à la merci des charognard, ou pire: des moldus.
Rabastan n’y croit pas d’abord, il n’ose rien répondre.
Mais Bellatrix n’obéit pas cette fois-ci, et le Maître n’a pas le temps de réagir ou de l’empêcher.
« Mosmordre ! » « Incendio »

Rodolphus n’aura peut-être pas de tombe, mais aucun de leurs ancêtres n’aura eu un tel bûcher funéraire...
Bellatrix n'a pas toutefois le loisir d'admirer son œuvre. Le maître n’a pas du tout apprécié sa rébellion et Rabastan ne peut rien faire pour elle :
- Endoloris.
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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Fleur d'épine » 09 janv. 2021 - 23:49

Titre : Tout ce que nous ne ferons plus et tout ce que je ne te dirai pas
Défi (scénaristique ou stylistique) : stylistique (vos verbes doivent être uniquement négatifs (avec des négations, sans affirmation))
Fandom : Original
Nombre de mots : 845 mots
Personnages : /
Rating : pas de rating mais warning mort, deuil et dépression

Nous n’irons plus au bois.
Nous ne mangerons plus des cerises du jardin aux mille merveilles (je ne me souviens plus du nom exact).
Nous ne parlerons plus la langue des chats.
Nous ne nous croirons plus invincibles et éternelles ni les plus étranges ni les plus belles.
Nous ne partirons plus à Morsang-sur-Orge et nous n’allumerons plus de feu de camp dans le jardin de la maison de Morsang-sur-Orge.
Nous ne chanterons plus Summer Wine en plein hiver, comme si nous ne nous moquions pas des saisons. (Nous ne nous moquons - moquions - jamais de personne ni de rien)
Nous n’aurons plus de croyances précises ni d’idéaux radicaux.
Nous ne tuerons plus les fourmis rouges près de l’étang de chez grand-maman.
Nous ne vendrons plus nos âmes sur le trottoir pour un seul regard d’une de nos idoles, ces soirs de concert, au Bataclan ou à l’Olympia, trois heures après la fin des spectacles.
Nous ne nous aimerons plus et nous n’aimerons plus personne parce que ça n’a plus aucun intérêt. Désormais.

Et nous ne prendrons pas l’avion pour le Sénégal.
Nous ne mourrons pas avalées par l’océan.
Nous ne deviendrons pas des stars de cinéma comme Adèle et Léa. Je ne sais pas pourquoi ce sont ces deux noms-là que je n’oublie pas.
Nous ne nous marierons pas dans un monastère aux Météores, en Grèce, là où papa ne voulait pas nous emmener quand nous n’étions pas très grandes.
Nous n’escaladerons pas le Kilimandjaro. Ce n’est pas une grande surprise mais quand même, nous ne le ferons pas.
Nous ne réaliserons pas nos rêves stupides qui n’ont aucune signification si tu ne fais pas partie de l’aventure.

Je ne sais pas pourquoi cela ne me rend pas heureuse ni malheureuse.
Je ne sais pas si je ne devrais pas crier, plutôt. Ne pas rire, en tout cas.
Ne pas rire, ne pas pleurer. Ne pas oublier mais ne pas se rappeler. Ne pas vouloir mais ne pas savoir. Ne pas entrer mais ne pas attendre devant la porte. Ne pas prétendre, mais ne pas contester.
Ne pas. Ne pas. Ne pas.
Comme si je ne te maudissais pas, comme si je ne t’emmerdais pas profondément de ne pas être là. Putain. De ne pas.
De ne pas être putain de là.
Tu n’es plus là et je ne sais pas pourquoi. Ça n’a aucun sens, tu ne crois pas ?
(si tu ne crois pas, tu n’es pas celle que je croyais)
Je ne veux pas être blessante, surtout, mais pourquoi ne pas te foutre en l’air une deuxième fois ? Pourquoi ne pas partir de ma tête comme tu n’as pas hésité pour ma vie ?
Pourquoi ne pas me laisser en paix ?
Pourquoi ne pas me briser le cœur pour de vrai ?
Pourquoi ne pas me tuer ?
Pourquoi ne pas m’emmener avec toi ?
Pourquoi ne pas me vider de tous mes sens ? de tout mon sang ? De tout mon sang à Morsang, et de toutes mes veines dans la Seine ?
Je ne sais pas, moi, une proposition comme ça : ne pas faire preuve d’imagination et de massacre et d’horreur seulement pour toi.
Je ne vaux rien, moi ? Ou je ne te vaux pas. Je ne te vaux pas, je ne t’arrive pas aux chevilles, je ne suis pas à ta hauteur, je ne suis pas une putain d’héroïne. JE NE SUIS PAS UNE PUTAIN D’HÉROÏNE.
Tu ne l’entends pas. Pourquoi ?
Je ne mens pas, je ne mens jamais, je ne sais pas mentir. Je mentirai seulement quand je ne dirai rien. A ton enterrement. Quand je ne dirai pas que je ne t’aime pas. Parce que je ne t’aime pas. Ok ? Je ne t’aime pas. Je ne déchire pas toutes les pages de ce journal pour ne pas t’oublier; Je ne t’aime pas. Je ne pense pas à toi. Je ne prie pas pour toi - je ne prie pas, je ne suis pas croyante. Je n’embrasse pas ta tête sur les photos, je ne t’aime pas. Je ne t’envie pas et je ne te bénis pas. Je ne suis pas triste. Je ne m’arrache pas tous les cheveux. Je ne murmure pas Summer Wine et je ne pense surtout pas à Morsang-sur-Orge ou aux Monastères des Météores ou à ces fameux soirs de concert, au BaTaClan ou à L’Olympia. Je ne prends pas un putain de calmant, et surtout pour ne pas me calmer. Je ne dois pas me calmer. Je ne suis pas excitée, je ne suis pas désespérée. Je ne meurs pas. Je n’étouffe pas. Je ne coupe pas métaphoriquement les organes de mon corps. Je ne pense pas qu’il n’y a pas de vie sans toi. Je ne t’aime pas. Je ne t’aime pas. Je ne.
T’aime.

Pas.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Charliz » 09 janv. 2021 - 23:56

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique
Fandom : HP
Nombre de mots : 478 mots
Personnages : Drago Malefoy
Rating : Tout public
Drago reposa sa plume, souffla bruyamment, tira vers lui un reste de parchemin vierge et commença un pliage machinal.

Corriger des devoirs, c’était sacrément emmerdant. Surtout lorsque les élèves le croyaient pour un vieux grabataire stupide et incapable de détecter la triche. Et que ses pensées naviguaient bien loin de la racine d’asphodèle.

Il y avait cette lettre d’Astoria reçue il y a quelques jours à laquelle il n’avait pas répondu. Il ne savait pas encore s’il viendrait à l’anniversaire de Daphné, ça aurait bien été l’occasion de voir les filles, passer un semblant de temps en famille, mais ces mondanités l’épuisaient tant émotionnellement. Et le réseau de cheminette avait suspendu son abonnement parce que son relevé d’identité n’était plus valide, il fallait qu’il lance les démarches au Ministère. Et il fallait également qu’il demande au Ministère le relevé de ses impôts car il n’arrivait pas à expliquer ce trou dans son coffre. Il n’avait toujours pas commandé les nouvelles décorations pour son salon, pour Noël, les délais commençaient à être courts. Pomona lui avait refilé le club de botanique également, il ne savait pas quoi leur présenter comme découvertes et activités. Minerva lui avait encore demandé de se décider quant au capitaine de l’équipe de Quidditch de Serpentard mais le choix n’était pas simple… Qui méritait le plus sa place ? Le batteur pour son ancienneté ou la gardienne pour sa progression ?

Son origami était terminé. Parfait.

Il saisit un nouveau parchemin et recommença. Le pliage fut à nouveau fluide et précis, sans défaut.

C’était comme ça avec lui : si ça devait être fait, il fallait que ce soit parfait, ou il ne serait pas digne d’intérêt. Un morceau de son éducation qu’il ne parvenait pas à gommer, qu’il détestait. Pour oublier son ressentiment, il reprit un parchemin et recommença.

Parfait.

Et encore. Parfait.

Le cinquième ripa entre ses doigts, Drago créa un angle imprécis et posa sa main sur sa baguette pour effacer sa bêtise.

Se figea.

Bêtise. Avoir échouer à la perfection le rendait-il bête ?

Être parfait rendait-il ses parents fiers ?

Être parfait le rendait-il heureux ?

Qu’était-ce que la perfection ?

Drago leva les yeux, ripa sur la photo de Scorpius et de ses sœurs, grimaça. Il était tout sauf parfait, et malheureux sans aucun doute. Mais pour ce qui était du bonheur…

Son prénom s’imposa à lui. Avec Rose, il était tout sauf parfait. Il n’était pas parfait et il n’était rien : ni professeur, ni père, ni mari, ni amant, ni ami. Ils ne rentraient dans aucune case, et il était heureux. Profondément, indéniablement comblé par la vie.

Entre ses doigts, les origamis crissèrent et craquèrent pour finir au fond de la corbeille d’ordures. Avec un sourire, Drago se pencha à nouveau sur ses devoirs avec l’idée que dans quelques minutes, sa journée finie, il la retrouverait enfin.
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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Sifoell » 09 janv. 2021 - 23:58

Titre : Oiseaux de papier
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique 23h - un personnage fait de l'origami
Fandom : HP
Nombre de mots : 475 mots
Personnages : Regulus Black et Flavia (OC)
Rating : Tout public

Regulus est toujours celui qui se lève le plus tôt, et alors que les autres dorment encore, il se met dans son coin habituel, avec sa mine renfrognée pour empêcher quiconque de l'approcher, et se met à écrire des dizaines et des dizaines de lettres jusqu'à ce que sa main lui fasse mal. Il plie des dizaines et des dizaines d'oiseau de papier, jusqu'à leur donner à chacun une forme différente.
Dans son esprit c'est la tempête, et il sort quelques minutes sur le palier où il a rencontré pour la première fois Fox, pour respirer une grande goulée d'air et laisser ses yeux errer sur cette impasse dégueulasse, avec des cadavres de bouteille par terre et l'odeur de l'urine qui lui fait froncer le nez. Qu'est-ce qu'il fout là ? Est-il tombé si bas ?
Quand il retourne dans le squat et le traverse à pas de chat pour ne réveiller personne, il ne remarque pas que le sac de couchage de Flavia est vide, mais son cœur s'arrête quand il la reconnaît, penchée au-dessus de la table, un oiseau déplié dans les mains. Sa tête se tourne vers Regulus et elle sourit.
« Je voulais en défaire un pourle refaire, ils sont si beaux. Alors, j'ai vu que tu as écrit ça. C'est quoi ? Je ne comprends pas... »
Son sourire flotte sur ses lèvres mais se termine en une grimace quand le sang de Regulus ne fait qu'un tour et qu'il traverse la pièce en deux grandes enjambées, et referme sa main de fer sur celle de Flavia qui tient encore la lettre, la froissant au passage.
« Ne touche pas à mes affaires » grince Regulus.
« Lâche-moi tout de suite » dit Flavia entre ses dents serrées.
Regulus serre encore plus la main de Flavia dans la sienne et la rapproche de lui, furieux.
« Ne touche pas... »
Flavia est bien trop près de lui pour qu'il remarque son poing fermé avant qu'il ne le reçoive en plein dans le nez. Sous la douleur, il la lâche et se tient le nez des deux mains, sentant un liquide chaud et poisseux couler le long de ses doigts et une odeur métallique envahir ses sens. Flavie se recule brusquement et lui lance la lettre froissée au visage, puis se met à hurler.
« Je ne savais pas ! Alors au lieu de m'expliquer, tu me fais mal ? Reste dans ton coin comme un connard, alors, Reagan ! »
Regulus agite un peu ses doigts autour de son nez, un vieux truc qu'il a appris à Poudlard quand il faisait du Quidditch, et il sent son nez se remettre en place dans un craquement dégueulasse, et le flot de sang se tarit. Il essuie ses mains sur son jean et son nez dans sa manche avant d'observer Flavia et de réfléchir. Sa poitrine se lève et se baisse rapidement, et il lit de la peur et de la défiance dans ses yeux.
« Pardon. Ne touche pas à mes affaires, s'il-te-plaît. »
Elle ferme sa bouche et se calme doucement puis sort de la pièce sans le quitter du regard, dans son tee-shirt trois fois trop grand qui en laisse peu à l'imagination. De rage, Regulus réduit en cendres l'oiseau de papier froissé. Il a besoin d'eux. Il a besoin de cet endroit, le temps de tout faire pour que d'autres que lui ne prouvent l'innocence de son frère.
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« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

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Alena Aeterna
Cannibale nocturne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Alena Aeterna » 10 janv. 2021 - 00:03

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique 23h
Fandom : Hannibal (série TV)
Nombre de mots : 604
Personnages : Hannibal Lecter, Will Graham
Rating : - 12
Ce fut l’absence de présence à ses côtés qui réveilla Will. Il ne parvenait jamais à se rendormir lorsqu’il constatait qu’Hannibal n’était plus dans leur lit et il partait bien souvent à sa recherche pour se rassurer sur sa survie. Leur chute après le combat contre le grand Dragon Rouge avait laissé des traces dans son esprit et le faisait régulièrement paniquer dès qu’il se retrouvait seul car il craignait alors avoir rêvé tout ce qui avait suivi cet instant douloureux. L’empathe avait décidé de lâcher prise en comprenant qu’il bridait sa véritable nature, il avait ouvert les bras à tous ces sentiments tempétueux qui cognaient à l’intérieur de son cerveau et lui hurlaient de céder enfin. Il avait ainsi accepté l’amour qu’il portait à son psychiatre et, tous les deux, ils avaient fui loin de Crawford, des forces de police et de tout ce qui les séparait. Depuis lors, l’ancien consultant du FBI profitait de la chaleur des étreintes de son amant et s’accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage.

« Hannibal ? souffla Will en s’aventurant dans la cuisine. »

La pièce était sans nul doute celle qui appartenait le plus au cannibale. Non pas que le plus jeune n’y mettait jamais les pieds mais il reconnaissait aisément les talents de l’autre homme aux fourneaux. Seul le silence lui répondit, accompagné par la vision d’une table vide. Will se rendit ensuite dans le bureau du docteur où il le découvrit, occupé à plier une feuille de papier pour en faire une figure familière. Un sourire étira les traits de l’empathe lorsqu’il reconnut un cœur anatomique qui ressemblait à s’y méprendre à l’un des cadavres que Lecter lui avait laissé comme pardon dans une chapelle italienne. Cette forme n’était pas à prendre à la légère, il ne faisait aucun doute qu’Hannibal avait une idée bien précise en tête pour lui rappeler ainsi un souvenir de leur passé.

« Je t’ai réveillé ? s’enquit le psychiatre sans relever les yeux de son œuvre.
— Pas vraiment, murmura Will en se rapprochant. Tu as une envie soudaine d’origami ?
— Sais-tu quel jour nous sommes ? »

Le plus jeune réfléchit un court moment, le temps pour lui de se resituer mentalement dans le calendrier. Il comprit l’allusion de son amant et se pencha vers lui pour lui voler un baiser. Deux ans plus tôt, jour pour jour, ils avaient filé hors de l’Amérique pour s’établir dans un ailleurs qui leur convenait à merveille. Will n’avait pas prêté d’attention aux dates des derniers jours et il se reprocha de ne rien avoir à offrir à son compagnon. Peut-être aurait-il dû franchir la porte du marchand d’antiquité qu’il avait découvert la semaine précédente. Ou peut-être pourrait-il se rattraper d’une manière plus physique et nettement moins subtile. Son regard parla pour lui car Hannibal mit de côté son pliage afin de l’attirer contre lui.

« Je t’aime, déclara l’empathe en posant son front contre celui de son amant. »

Leurs lèvres se retrouvèrent aussi vite et se fondirent dans un baiser peu innocent. Assis sur les genoux du psychiatre, le plus jeune sentit ses mains se glisser sous son haut de pyjama, caressant le bas de son dos avec délicatesse. Il sourit contre la bouche d’Hannibal et effleura sa nuque, retenant un gémissement lorsque les doigts du plus vieux vinrent se crisper sur ses fesses. Will eut un hoquet de surprise lorsque le cannibale finit par le pousser sur le bureau avant de lui retirer son pantalon et de s’installer entre ses cuisses. Rapidement, l’ancien consultant fut pris par le plaisir violent que lui procurait son amant.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par AliceJeanne » 10 janv. 2021 - 00:08

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : scénaristique 23h
Fandom : HP - UA
Nombre de mots : 692
Personnages : Ron, Fred, George et Ellie Andrews (OC)
Rating : TP
Ron observait avec circonspection les mains d’Ellie s’agiter autour de sa feuille de papier. La jeune Serdaigle n’avait pas lâché son carnet d’origamis magiques, offert par Charlie, de la matinée et s’évertuait à réaliser les pliages compliqués indiqués dans le manuel. D’après la notice, que le garçon avait parcourue des yeux entre deux ronchonnements sur ses devoirs, une fois l’animal réalisé, celui-ci s’animait pendant un court instant avant de redevenir inerte, n’offrant rien de plus qu’un banal objet de papier. Et bien évidemment, Charlie avait offert un set comportant de nombreux modèles de dragons. Harry s’était fait attaquer par un Magyar à pointes en papier bleu un peu plus tôt, ce qui avait entraîné sa fuite jusqu’à son dortoir, tandis que son ami était resté, profitant de la présence distrayante et reposante de la sœur de Maisie. Sur bien des aspects, elle lui rappelait un peu Hermione. En moins butée et rébarbative cependant. Ellie ne prononçait que rarement un mot plus haut que l’autre, se contentant souvent de simplement écouter et d’analyser, projetant son regard malin sur le monde. Elle ne s’exprimait que lorsqu’il le fallait. Mais, pour autant qu’il avait pu le constater, elle savait tout de même se faire respecter. Il l’avait vue, une fois, accompagnée de Ginny, prendre la défense de Luna Lovegood, une autre Serdaigle de deuxième année, se faisant régulièrement harceler. Harry, Hermione et lui n’avaient pu que constater une maîtrise certaine d’un sortilège transformant toute parole en pépiement d’oiseau. Les Gryffondor ignoraient d’où elle tenait une telle formule, mais ils devaient bien admettre que le tableau de Pansy Parkinson, imitant un pinson en gesticulant en tous sens avait un charme certain. Ron avait bien envie de lui demander de lui apprendre le sort, mais n’osait pas. Ellie et Maisie étaient proches de Hermione et le regardaient toujours parfois avec une certaine forme de réprobation à cause de son attitude qu’elles estiment injuste vis-à-vis de la jeune-fille. Bien entendu, Ellie était suffisamment impartiale pour ne pas en tenir compte, et acceptait d’ailleurs toujours qu’il s’assoit à côté d’elle avec Harry à la bibliothèque, mais il n’était pas prêt à être confronté à cela.

« Tu devrais en envoyer un à Charlie, proposa Ron, je suis certain que cela lui ferait plaisir de voir que son cadeau est apprécié. »
Ellie opina, esquissant un petit sourire. Elle appréciait le frère de Ron, toujours capable de faire sourire sa sœur, même dans les moments les plus dramatiques de son existence.
« Il ne sera plus animé à son arrivée, déplora Ellie.
- Cela ne fait rien, insista-t-il. C’est de Charlie dont on parle, n’importe quoi ressemblant à un dragon ou venant d’un dragon le met dans tous ses états. Tu aurais du voir la fois où Fred et George lui ont offert un seau rempli de bouse de dragon pour voir jusqu’où allait sa passion. »

La deuxième année lui adressa un regard vaguement dégoûté avant de parachever son Noir des Hébrides et de l’observer s’envoler en laissant échapper quelques flammèches.

« Il était ravi, apparemment on peut apprendre beaucoup d’un animal en inspectant ses déjections.
- Oui, c’est évident, répondit Ellie sur un ton lointain, c’est excellent indice sur le mode de vie et le régime alimentaire. C’est également un indicateur de santé. Tu sais, c’est même utilisé en médecine, pour... »

Ron l’observait avec un petit air gêné lorsqu’Ellie s’interrompit, avisant Fred et George qui l’observaient avec surprise. L’adolescente piqua un fard et se répandit en justifications hasardeuses, sous les regards amusés des jumeaux.

« Je vois que nous dérangeons, dit Fred avec malice, nous repasserons plus tard vous chercher pour le dîner, lorsque vous aurez achevé cette passionnante conversation.
- Choix intéressant Ronald, mais, si tu veux un bon conseil, évite tout de même de les prendre au berceau, ajouta George tandis que le désigné se liquéfiait. »

Ce ne fut que bien plus tard, lorsqu’ils firent route vers la Grande Salle pour le dîner qu’Ellie questionna Ron sur ce qu’avaient voulu dire ses frères. D’abord gêné, l’adolescent trouva rapidement une parade qui la convainquit.

« Oh, ça, ce n’est rien, ils sont simplement jaloux de ne pas en connaître autant que toi sur la bouse de dragon. »

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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Bellatrix1992 » 10 janv. 2021 - 00:32

Titre : l'entremise d'Ignacius
Défi (scénaristique ou stylistique) : les deux, minuit
Fandom : HP - UA
Nombre de mots : 2088
Personnages : Albus Dumbledore, Hortense, Ignacius et Eris Malefoy, Jaody
Rating : TP
Ignacius Malefoy ne savait pas vraiment si son cœur battait d’anxiété, d’impatience ou d’excitation lorsque Albus Dumbledore en personne pénétra dans le manoir de Battle en cette fin d’après-midi.
Le directeur portait la robe de velours prune avec laquelle il siégeait au Magenmagot et son habituelle figure flegmatique et assurée.

Lorsque, juste après avoir été suspendu par son propre frère Lucius, le directeur de Poudlard avait accepté son invitation, à sa grande surprise d’ailleurs, ils s’étaient demandé avec Hortense quelle idée le vieil homme pouvait avoir derrière la tête.
Car Dumbledore n’agissait pas ainsi sans bonne raison, ils en étaient tous les deux parfaitement convaincus.
Mais quel qu’en soit le prix, ils tenaient autant l’un que l’autre à avoir le fin mot de cette histoire qui les intriguait autant qu’elle les inquiétait depuis des mois. Aussi ils tiendraient ferme et tenteraient d’en apprendre le plus possible, autant que de trouver une solution avant que la situation ne vire à la tragédie comme cinquante ans auparavant.

Et puis, Ignacius pouvait prétendre agir à la demande de deux membres du Conseil d’administration qui s’étaient ouverts à lui au sujet de leurs peurs et de leurs doutes profonds quant-à toute cette affaire, surtout quant-à la suspension du directeur.
Après tout, il était un médiateur informel bien connu de tout le monde magique de Grande Bretagne, ainsi de nombreuses personnes et parfois même l’administration faisaient appel à son aura sociale pour démêler ce genre de conflits.

Cependant sur ce coup-là, c’était des motivations personnelles qui l’avaient surtout poussé à agir et il savait parfaitement que le directeur de Poudlard ne s’y tromperait pas. Peu importait les apparences et malgré ses capacités d’occulmens largement honorables.
Il n’ignorait pas non plus à quelles extrémités sont propre frère avait sans doute recouru pour obtenir l’aval du conseil, et cela le mettait d’ailleurs profondément mal-à-l’aise. Cependant, il savait également qu’il n’était pas Lucius, ni dans les actes ni même dans les idées ou au moins dans leur application.

Quoiqu’il en soit, il fit usage de ses meilleures manières pour accueillir Albus Dumbledore qu’il invita immédiatement à prendre le thé en compagnie de son épouse :
- Venez, dit-il au directeur de Poudlard. Elle nous attend au salon.

Ignacius n’avait pas prévu cependant la présence d’Eris, mais lorsque avec le directeur ils entrèrent dans le salon, Hortense s’y trouvait déjà bien installée et jouait aux cubes avec la fillette, comme si rien n’avait pu être plus normal lorsque l’on recevait des personnages officiels.
Cela aurait du être considéré comme largement gênant en présence d’une sommité comme Albus Dumbledore. Pourtant Ignacius ne dit rien, car lui-même n’aurait pu se résoudre à interrompre la partie. Son enfant était en effet ce qu’il avait de plus précieux et même une affaire d’importance comme celle-ci passait au second plan en sa présence.

Et puis surtout, il lui venait à l’esprit qu’Hortense ne s’était probablement pas laissée distraire par accident et que cette mise en scène était sans doute délibérée.
Oui. Si Eris était présente dans le salon, c’est qu’elle l’avait voulu. Et, comme d’habitude, Ignacius se perdit un court instant dans la contemplation de sa fille, un sourire béat aux lèvres.

D’ailleurs, Albus Dumbledore la salua avec un sourire malicieux qu’elle lui rendit du haut de ses deux ans et demi, avant de retourner à son jeu tandis que sa mère s’intéressait enfin aux deux hommes.
- Jaody, dit-elle d’une voix douce. Peux-tu nous apporter le thé je te prie ?

L’elfe apparut aussitôt dans un crac sonore avec son plateau tandis qu’Ignacius invitait Albus Dumbledore à s’asseoir dans un des fauteuils rembourrés du salon.
A cet instant, Eris fit tomber deux cubes qui roulèrent jusqu’au milieu de la pièce et se leva pour leur courir après, manquant de renverser l’elfe :
- Oups… Souffla Ignacius en la rattrapant juste à temps.
- Cette enfant est d’une rare vivacité, dit aimablement Dumbledore en lui jetant un regard pénétrant.
- Oh oui, répondit en souriant Hortense qui s’était levée aussi et avait ramassé l’un des cubes échappés. Vous n’imaginez pas tout ce qu’elle invente ni l’attention qu’elle réclame !
- Je peux en tout cas le constater.

Hortense sourit, fit signe à la petite de la rejoindre et celle-ci décida finalement de délaisser les cubes pour monter sur les genoux de sa mère et se blottir contre elle, un œil sur les deux hommes.
Le thé pouvait donc être enfin servi. Jaody le versa dans des tasses, donna la première à Hortense, accompagnée d’un biscuit pour Eris, puis servit Albus Dumbledore et enfin Ignacius.
- Mr Macmillan m’a longuement entretenu de votre discussion, dit alors le directeur au châtelain sans le moindre préambule.

Les choses étaient posées et Dumbledore avait lui-même abordé le sujet épineux, c’était certainement mieux ainsi et Ignacius répondit d’une voix parfaitement assurée :
- Je me doutais qu’il vous en parlerait en effet, il a d’ailleurs évoqué cette option à plusieurs reprises durant notre conversation.
- Et le but de toute cette manœuvre après tout, ajouta Hortense. C’est bien de discuter et de trouver une solution après tout. Nous savons que la situation de Poudlard est plus que précaire, que votre absence pourrait bien aggraver les choses, et surtout que la Chambre des Secrets n’est pas la seule menace qui plane cette année sur l’école.

Le temps de parler des choses sérieuses était donc venu et Ignacius soudain nerveux se dandina quelques secondes sur son fauteuil :
- Je lis sur votre visage, reprit Dumbledore. Que mes motivations vous apparaissent précisément à tous les deux, ce qui n’est guère étonnant entre votre vivacité d’esprit et votre aura sociale après-tout.
- Nous pensons en avoir une certaine idée en effet, répondit doucement Hortense.
- Vous savez donc pourquoi j’ai agi et cela n’est pas étonnant puisque c’est à la suite d’une discussion entre Mrs Malefoy ici présente et Mrs Fudge que nous nous sommes accordés avec le ministre sur la manière dont il convenait d’agir vis-à-vis de Gilderoy Lockhart.
- Vous avez donc bien décidé de confondre Lockhart, plutôt que d’avoir à l’affronter directement en justice.

Hortense le regardait avec un mélange de crainte et d’admiration :
- Oui, répondit le directeur de Poudlard. C’est que soutenu par son public, il est pratiquement impossible d’en venir à bout sans déclencher une levée de boucliers mortifère pour le monde magique.
- Je sais cependant, lui répondit Hortense en serrant instinctivement Eris dans ses bras. Que Gilderoy Lockhart est un homme dangereux, au moins autant qu’il est incompétent. Et si je peux saisir la logique de sa nomination à Poudlard, puisque vous nous confirmez que votre but était bien d’étaler son incompétence aux yeux de tous, je me demande pourquoi vous avez consenti à prendre un tel risque pour les élèves.
- Quel risque exactement ? Lui demanda Albus Dumbledore comme si cela l’étonnait.
- Et bien, répondit Hortense. Si cet homme est capable d’infliger des dégâts lourds à l’esprit d’autrui… Disons que le mettre au contact d’enfants me paraît parfaitement inconscient
- Je comprends vos réticences, Mrs Malefoy. Cependant sa notoriété est telle que l’attaquer de front serait dangereux et peut-être même contre-productif. Il bénéficie d’une aura sociale et d’un soutien médiatique tel qu’une simple convocation devant le magenmagot pourrait déclencher une révolte. De plus, il peut prétendre être défendu par les meilleurs avocats, dont certains à l’international.
- Tout ceci sans compter que, dans nombre de pays étrangers, on est persuadé de son authenticité, murmura sombrement Hortense.
- Vous craignez qu’il gagne un éventuel procès que le Ministère lui intenterait, devina alors Ignacius en prenant enfin la parole.
- Oui, répondit Dumbledore. Et à ce moment-là, il serait investi d’une légitimité sans précédent qui ruinerait toute tentative future. On en ferait une victime d’un mode de gouvernement intolérant, ses « travaux » passeraient pour complètement valables…

Ignacius hocha la tête gravement, mais Hortense n’en avait pas fini avec le directeur :
- Je comprends votre manœuvre Dumbledore, lui assura t-elle d’une voix douce. Mais si cet homme s’en prend à des élèves et leur inflige le même sortilège d’amnésie qu’à ses autres victimes, que ferez-vous ?

A sa grande surprise, le directeur lui répondit d’une voix tranquille et presque amusée :
- Nous le soignerons, tout simplement.
- Vous le soignerez ? Répliqua Ignacius sur un ton sceptique.
- Oui, répondit le directeur comme si c’était la chose la plus évidente possible. Bien entendu, nous n’avons pas exposé les élèves avant d’être sûrs de posséder un remède efficace pour les secourir en cas de problème…

Ignacius et Hortense l’observèrent avec stupéfaction :
- Que ? Que racontez-vous ? Demanda le châtelain.
- Et bien, répondit Dumbledore. Les propriétés du sang de dragon sont de mieux en mieux connues et… depuis mai 1992, nous savons les utiliser pour guérir les victimes de sortilèges d’amnésie. Remus Lupin en a été le premier bénéficiaire et plusieurs autres victimes de Gilderoy Lockhart que nous avons pu identifier sont actuellement soignées. Dans quelques semaines elles seront sur pieds et totalement guéries.
- Oh… Murmura Hortense.

Instinctivement, elle avait serré Eris un peu plus fort dans ses bras et la petite fille protesta avec un petit cri contrarié.
Ignacius, lui, répondit à Dumbledore sur un ton grave :
- Qu’attendez-vous de nous au juste ? Car je devine que vous êtes venu ici, non pour vérifier que nous avions deviné le sens de votre démarche, mais plutôt avec un but précis.
- En effet, répondit le vieux directeur sur un ton aimable. Même si le thé et les scones de ce cher Jaody sont délicieux, ce n’est pas pour eux que j’ai répondu à votre invitation si prisée… Non, je souhaite tout simplement que vous appuyiez ma démarche afin que je puisse très rapidement retourner à Poudlard.

Ignacius en resta coi : voilà qui était osé comme demande, et en même temps d’une terrible franchise.
D’un côté, il ne pouvait pas prétendre qu’il ne s’en était pas douté, cela était parfaitement logique.
- Lucius, mon frère, a menacé de mort certains membres du Conseil d’administration, dit-il honnêtement à Dumbledore. Je ne l’approuve pas le moins du monde, sachez-le, mais je n’ai aucun mot à dire sur la manière dont il gère ses affaires et ses magouilles… Et je crains qu’il ne passe à l’acte si le Conseil va soudain contre sa volonté.
- Avec tout le respect que je vous dois Ignacius, répondit le directeur de Poudlard. Je pense être un sorcier suffisamment puissant pour prémunir les douze familles concernées des agissements de Lucius. Cependant, j’ai besoin de vous pour que, au moment où je remettrai les pieds à Poudlard, le Ministère ne vienne pas entraver ma route sous les ordres du Conseil qui se serait empressé de faire appel à lui pour se couvrir face à votre frère.

Il avait prononcé le mot « Ministère » sur un ton qui laissait entendre de sa part une méfiance profonde et l’aveu de ne pas être tout-puissant face au pouvoir et à l’administration.

Ignacius avait compris, se contenta d’acquiescer en répondant :
- Cela, je peux m’en assurer, oui. D’ailleurs, je dois voir demain Mrs Finnigan à ce propos et je commencerai par lui en toucher un mot, ainsi qu’à Mr MacMilan.
- Ignacius, lui dit cependant Albus Dumbledore avec une certaine insistance.
- Qu’y a t-il ? Demanda le châtelain.
- Je ne peux me permettre d’attendre des semaines, ni même des jours. Il faut que je puisse rapidement revenir à Poudlard, avant qu’une tragédie ne se produise.

Ils s’affrontèrent du regard un instant, jusqu’à ce qu’Hortense devine soudain :
- Vous souhaitez qu’Ignacius fasse venir ici-même et maintenant le Conseil d’Administration de Poudlard, Albus ?

Le vieil homme acquiesça :
- Oui Hortense, comme toujours vous lisez presque dans l’esprit des gens. J’ai besoin de voir le Conseil d’Administration, du moins certains de ses membres, de manière aussi secrète qu’informelle pour les rassurer à propos des menaces de Lucius. Et il est impératif que j’agisse rapidement.

Ignacius et Hortense Malefoy se regardèrent un instant avec gravité avant qu’Ignacius n’appelle Jaody :
- J’ai besoin, dit-il à l’elfe. Que tu ailles rapidement porter un message aux familles que t’indiquera Albus Dumbledore.
- Tous les membres du Conseil d’Administration de Pouldard, précisa le directeur.
- C’est cela, ajouta Ignacius. Indique-leur je te prie que j’attends leur visite le plus rapidement possible pour une affaire importante.
- Oui Maître, répondit l’elfe avant de disparaître dans un crac sonore, dans un tourbillon de torchons propres et de compétence.
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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Fleur d'épine » 10 janv. 2021 - 00:58

Titre :
Défi (scénaristique ou stylistique) : les deux
Fandom : Original
Nombre de mots : 997
Personnages : /
Rating : -12
Avec un enthousiasme débordant et seulement cinq euros en poche, Selma débarque à la Java. C’est la soirée qu’il ne faut pas manquer. Ça fait des mois qu’elle s’entraîne expressément pour ça, et les autres aussi, parce qu’ils ont perdu l’habitude - c’est quelque chose qu’elle n’aurait jamais cru. Et pourtant. Elle a attendu la fin du confinement, des couvre-feux, et de toutes ces conneries, elle a attendu le retour à la vraie vie. Et depuis début juin, ça y est, Paris revit. Et elle aussi.


Elle porte un pantalon à bretelle et un maquillage de pute. Elle aime les mélanges, comme ça. Ce genre de mix un peu absurde. Ça ne rime à rien - comme ces derniers mois et, la plus grosse plaisanterie de toutes : le coronavirus.

Et puis ça y’est. Elle a dansé et tout, mais en deux heures, ça s’est accéléré. Tout va plus vite quand on le fait pour la première fois après plus d’un an de pause. On force trop, on a oublié ses limites de toute manière et c’est la faute de personne. C'était prévisible.

Donc elle est totalement bourrée. Elle veut gerber mais y’a trop de queue aux toilettes. Personne ne lui laisse la place - il est une heure à laquelle tous les fêtards sont désespérés et c’est chacun pour sa poire. Alors, à la guerre comme à la guerre, elle farfouille les coins secrets de la boite en essayant de ne pas se faire repérer. Elle veut vomir, certes, mais elle veut surtout un endroit calme, pour reposer un peu sa tête et éventuellement dormir (si sa tête cesse de tourner, elle ne voudra plus gerber).


Donc elle ouvre des portes qui l’emmènent dans des endroits obscurs et d’autres portes et elle se demande si elle ne tourne pas en rond ou si c'est un cauchemar car ça y ressemble un peu. En tout cas, elle est soulagée car personne ne l’arrête, ce qui signifie qu’elle n’est pas repérée - et c’est un putain de miracle, vu l’allure tout sauf discrète à laquelle elle se meut.

Plus tôt dans la soirée, elle a chopé. Tout le monde a chopé. Après un an et demi sans drague entre inconnus, sans corps transpirants qui se collent les uns contre les autres, sans visages aérés et sans contacts à moins d’un mètre de distance, c’était obligé, tout le monde voulait choper.

Elle ouvre une énième porte et tombe sur une scène des plus étranges. Des femmes et des hommes qui s’adonnent à des plaisirs hédonistes, si hypnotisants que ça lui enlève momentanément l’envie de dégobiller.

— Et bah putain.

L’un d’eux l’a repéré mais elle est toujours franchement sonnée par le spectacle de ces corps nus qui s’offrent sans pudeur qu’elle n’y prête pas attention. C’est quand une main l’agrippe qu’elle reconnecte avec le présent. « Qu’est-ce que tu fous ? » lui souffle, énervé, un vieux. « Comment tu nous as trouvé ? ». Elle répond avec sincérité qu’elle était à la soirée. Il lui rétorque avec dédain : « C’est une soirée privée ». Alors elle se morfond en excuses.

« Tu veux participer, chérie ? » lui souffle un autre, derrière elle, qu’elle n’a pas vu arriver (ou peut-être qu’il était là depuis le début et qu’elle ne l’a même pas aperçu en entrant).
Ses nausées reviennent en force.

— Non, ça ira.
— Alors tire-toi. Et pas un mot.

Elle ne se fait pas prier. Elle traverse en courant au moins trois autres salles, se demandant si elle n’a pas atterri dans un univers parallèle - pourtant elle n’a pas pris de drogue - et se jette sur un matelas posé à même le sol, qui l’accueille avec joie.

Elle se dit que ce n’est que pour quelques minutes, comme chaque fois qu’on s’endort au milieu d’une soirée. Simplement pour se reposer, et on se réveille au petit matin, ignorant du temps qui a passé.

C’est ce qu’elle aurait pu expérimenter mais un cri, dans la nuit, la rappelle à la vie. Et quand elle ouvre les yeux, une femme à ses pieds lui dit : « Il s’est passé quelque chose ».

— Pardon ?
— Il s’est passé quelque chose.
— C’est-à-dire ?
— Viens, s’il te plaît.

Elle la suit, retrouve la fameuse salle de l’orgie, dans laquelle elle s’était jurée de ne plus jamais retourner, mais la salle est vide à présent, à part pour un corps qui trône sur le canapé, ou plutôt un cadavre. Elle reconnaît une des participantes de la tournante et se retient de crier. « Qu’est-ce qui s’est passé ? ».
L’autre femme la regarde, paniquée.

—Tu étais là, tu as tout vu.
— Pardon ? s’égosille-t-elle pour la deuxième fois.
— Tu sais ce qui s’est passé.
— Vous vous foutez de ma gueule ?

Mais l’autre a l’air sérieuse et Selma se demande comment son bonheur est devenu un cauchemar en si peu de temps, et aussi, pourquoi diable a-t-il fallu qu’elle entre dans la salle, qu’elle observe l’orgie, et qu’elle suive cette femme ?

Mais très vite, elle se rappelle qu’elle n’a rien à se reprocher et quitte la scène du crime, parce qu’elle n’a aucune raison d’y rester. Repoussant la femme qui s’accroche à elle comme un aimant, elle s’enfuit retrouver la Java, retrouver la réalité.

Et quand elle est de nouveau au milieu de la piste de danse - il est six heures du matin - elle entend une voix, lui murmurer : « Je sais ce que vous avez fait ».
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 9 janvier 2021

Message par Charliz » 10 janv. 2021 - 01:33

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : stylistique
Fandom : HP et Gwendalavir
Nombre de mots : 652
Personnages : Lucy et Destan
Rating : -12
Lucy se souvenait de son premier baiser. C’était une éternité plus tôt alors qu’ils n’étaient encore que des enfants. Scorpius lui avait révélé ses sentiments et elle avait fui, gênée et incertaine. Il était son ami, l’un de ses meilleurs amis, et l’imaginer autrement la terrifiait. Il y avait eu une semaine de silence peut être, et ils s’étaient retrouvés pour mettre les choses au clair. Aucun d’eux n’avait la moindre idée de la direction que leur relation prendrait. Ils avaient marché pendant de longues minutes, silencieux, et peu à peu Lucy se rappelait avoir senti naitre en elle une excitation, une pression qui lui comprimait la poitrine, le besoin de lui prendre la main comme s’il était le remède. Il était son ami et elle ne l’avait jamais envisagé autrement, mais sa patience, sa générosité, son calme, sa beauté… Tout lui avait sauté à la face sans prendre garde. Elle avait alors glissé sa main dans la sienne, et puis le lendemain ils avaient échangé un premier baiser gêné. Pas à pas, timidement, avec une passion grandissante qui leur dévorait les entrailles.

Avec Destan, il n’y avait aucune barrière, aucune question. C’était une vague qu’il fallait dresser pour ne pas couler. Ils se sautaient dessus sans prendre garde à la moindre pulsion, qu’importe le contexte, incapable de garder le contrôle. C’était une friandise qu’elle ne pouvait s’empêcher de gouter, dont elle se rassasiait en une bouchée. Il ne laissait aucune place aux sentiments, il l’ensorcelait avec ses gestes qui ne laissaient aucune place à l’hésitation, il lui donnait tout mais restait fermé comme une huitre.

Destan n’avait pas la même profondeur que Scorpius, où en tout cas Lucy n’y avait encore jamais été sensible. Mais alors que sa mère quittait la clairière pour s’enfoncer dans les bois, elle nota à quelle point son attitude semblait métamorphosée. Il était redevenu petit garçon : les épaules tombantes, le visage penché, les doigts recherchant un contact dans le vide. Son assurance n’était qu’une carapace, elle l’avait compris depuis bien longtemps, mais le voir était…

Scorpius était son ami avant d’être son amant. Leur relation s’était construite autour d’une confiance inébranlable et rassurante. Pour Destan, c’était un saut dans le vide, une mise à nue. Elle ne le connaissait pas, elle ne parvenait même pas à le cerner. Lucy s’avança doucement alors qu’il levait les yeux, surpris de la voir, inquiet de savoir ce qu’elle avait entendu. Rougissante, elle glissa une main dans la sienne et serra ses doigts alors qu’il se détournait. Son visage insondable se déformait sous le coup des émotions.

« Je suis désolée. »

Ils étaient terriblement différents. Ils étaient de parfaits inconnus, et pourtant… Lucy avait vu une mère et un fils qui ne se comprenaient plus et qui s’étaient perdus. Elle avait vu un enfant soucieux de se faire pardonner, de plaire à son parent, comme s’il s’agissait de son fait si leur relation allait mal. Il se sentait coupable comme elle avait pu tant l’être face à ses propre parents auparavant.

Et alors, cette boule d’excitation et d’appréhension qui avait marqué ses débuts de jeune femme revint se blottir contre son estomac. Un attachement soudain mais certain glissa de ses doigts jusqu’aux siens et elle fit un pas en avant.

« Tu n’y es pour rien, ce n’est pas toi. Tu n’as pas fait exprès. »

Son souffle était devenu parole, la douceur était devenue fermeté.

« Tu n’es pas tout seul, Destan. Tu peux compter sur moi.
- Toi, la fille qui ne cesse de demander à rentrer chez elle.
- Oui, pour ça, je ne sais plus. »

Elle se mordit les lèvres alors qu’il reportait son regard vers elle, le regard humide et froncé. Avec au fond, un éclair de soulagement.
Scorpius avait été son ami avant d’être son amant, ça avait été doux et puissant, évident.
Destan n’était que son amant, mais après tout…
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Verrouillé

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