[Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

Modérateur : Équipe des Nuits d'HPF

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Hazalhia
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[Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Hazalhia » 12 déc. 2020 - 19:27

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Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de cette Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe des séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
NB: Si vous voulez des cookies de la part de vos animatrices préférées, quelques petites règles à respecter!
- Mettre les textes rating -16/-18 entre balises spoiler pour respecter la sensibilité de chacun
- Indiquer votre nombre de mots le plus possible (c'est pour nos petites stats ! ;) )
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par AlwaysLS » 12 déc. 2020 - 20:31

Titre : Ce n’était pas sa guerre
Thème (écrit ou image) : image https://media.discordapp.net/attachment ... height=369
Fandom :HP
Nombre de mots :270
Personnages :Remus Lupin
Rating : TP
Remus était épuisé et engourdi par le vent glacial. L’ennemi était partout et il devait être constamment vigilent. Ça faisait maintenant des heures qu’il était tapi dans la neige en espérant ne pas être pris pour cible. Il ne donnait pas cher de sa peau si on le découvrait. Il allait passer un sale quart d’heure. Les cris et les bruits de pas s’éloignaient de sa cachette, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un bruit. Le silence régnait sur le champ de bataille, car oui, une véritable guerre faisait rage autour du jeune homme.
La neige s’était remise à tomber. Il expirait des volutes de vapeur d’eau et ses dents claquaient de façon incontrollable à cause du froid. Figorifié et mordu par le vent, Remus repensa à ses parents, ses meilleurs amis et surtout à Emma. Merlin qu’il l’aimait et il aurait tout fait pour pouvoir la revoir et la serrer contre lu.
Après quelques minutes dans un silence pesant, Remus s’extirpa de sa cachette et se leva. Il inspecta les environs. Il n’y avait personne. Avec un peu de chance, il pourrait quitter cet endroit rapidement.
- TOUS SUR LUI ! hurla une voix qu’il reconnut immédiatement.
Avant que ses assaillants n’aient le temps de bouger, Remus leva les mains vers le ciel et cria :
- J’arrête ! Je suis quasiment en hypothermie là ! Je rentre à l’intérieur !
Il esquiva adroitement la boule de neige que Sirius lui envoya avec force et piqua son meilleur sprint jusqu’à la cuisine du manoir des Potter. Il n’avait qu’une envie, boire un chocolat chaud recouvert d’une montagne de chantilly.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Alrescha
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Alrescha » 12 déc. 2020 - 20:32

Titre : La douceur d'une crème fouettée sur son visage
Thème : Photo
Fandom : HP
Nombre de mots : 394
Personnages : Drago Malefoy, Arthur Claws
Rating : TP
Noël s’approchait à grands pas. Arthur et Drago avaient décidé de passer quelques heures à Pré-au-lard le samedi précédant leur retour dans leurs familles. Un vent glacial soufflait et ils durent bientôt décider de se mettre à l’abri aux Trois Balais.
Ils trouvèrent un coin tranquille où les autres étudiants présents dans le pub ne les verraient pas. Non pas qu’ils s’en souciaient réellement mais l’un comme l’autre ne souhaitaient pas qu’il y ait davantage de rumeurs à leur sujet. Ils ne faisaient que passer du temps ensemble et en public.
Drago admirait la capacité d’Arthur à se rendre hermétique aux bruits de couloir et aux regards en biais. Etrangement, il semblait bien plus habitué que lui à ce genre d’exercice.
Le blond aurait bien voulu se cacher, comme le serpent dans son trou, mais il comprenait aussi que le brun l’incite à se montrer. Il était préfet-en-chef, bon sang !
-Qu’est-ce que je vous sers ? demanda Mme Rosmerta.
-Un chocolat chaud, répondit Arthur.
-Deux.
Drago suivit la patronne du regard, guettant le moindre geste hostile de sa part. Un regard noir, un crachat dans la tasse… mais il n’y eut rien. Mme Rosmerta était quelqu’un de bien, une des rares personnes qui pouvait comprendre un enfant fasse des erreurs ou n’ait pas d’autre choix que de suivre ses parents.
Les tasses arrivèrent sur la table. Drago n’avait jamais vu de chocolat chaud aussi bien présenté. Une crème fouettée sur le dessus décoré de billes de sucres colorées. Cela avait l’air délicieux.
Arthur prit sa tasse d’un geste brusque et la but presque d’un trait. Il intercepta le regard de Drago et la reposa devant lui. Le blond eut un sourire moqueur en voyant que la chantilly avait laissé une moustache sur le visage du brun. Il ne se sentit pas de lui en faire la remarque à voix haute et se contenta d’un geste, geste qu’il dut contrôler pour ne pas enlever la crème lui-même…
Il sentit ses joues s’embraser à cette pensée et il eut du mal à réfréner les pensées qui suivirent. Arthur avait-il la peau douce ? Comment étaient ses lèvres ? Avait-il déjà embrassé quelqu’un ? Comment étaient ses baisers ?
Son ami essuya la crème d’un revers de manche et Drago reporta son regard sur sa propre tasse qu’occupé par sa contemplation il n’avait pas encore touchée.
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Catie » 12 déc. 2020 - 20:47

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Papier 20h
Fandom : Original
Nombre de mots : 686
Personnages : /
Rating : -18, TW violences, meurtres, viol, pédocriminalité
Spoiler
Show
Ils étaient figés sur papier glacé, avec leurs sourires fanés, effacés par la trace du temps. Témoins de temps heureux depuis longtemps oubliés.

Plus loin, sur la table, il y avait d’autres photographies, bien plus atroces. Des corps suppliciés, des hurlements silencieux, de la terreur plein les yeux. Une horreur qu’Isadora avait du mal à regarder en face.

Elle avait envie de vomir. La nausée l’avait prise à la gorge et lui retournait l’estomac. Au début, elle avait juste cherché… Qu’est-ce qu’elle cherchait, déjà ? Les décorations de Noël, oui, bien sûr. Elle ne trouvait plus les boules pour le sapin, les rouges que sa mère lui avait offertes il y a quelques années, avant qu’elle ne soit emportée par un arrêt cardiaque foudroyant.

Isa ne savait pas trop comment ni pourquoi elle était tombée sur ce carton, au fin fond de la cave, coincé entre les guirlandes et les vieux appareils électroniques dont ils ne savaient comment se débarrasser. Elle l’avait ouvert juste pour jeter un œil, puis avait vu un album photo. Elle avait voulu le feuilleter, curieuse, nostalgique, sans se douter de la vérité qu’elle allait déterrer.

— Chérie ? Tout va bien ?

Nathan était rentré. Bouleversée, le cœur battant, combattant toujours son envie de rendre son déjeuner, Isa tenta de rassembler les photos, mais ses mains tremblaient trop. Son mari entra dans le salon alors que les dizaines et dizaines de papiers glacés s’échappaient de ses doigts traîtres, s’étalant sur le parquet de chêne qu’ils avaient payé une fortune.

Il resta interloqué, les sourcils levés, son manteau encore à la main. Puis ses yeux s’écarquillèrent d’effroi devant les clichés sur son parquet.

— Mon Dieu, Isa, qu’est-ce que…

Alors elle éclata en sanglots déchirants, incapable de se retenir, hurlant sa rage, sa haine, sa peur, sa colère. Elle n’était qu’un maelstrom d’émotions qu’elle ne parvenait même plus à distinguer. Elle voulait juste des boules de Noël, c’était tout, et maintenant la voilà ensevelie sous une vérité noire, une vérité puante, qui venait souiller tout. Tout ça à cause de quelques morceaux de papier.

Elle tomba à genoux sur le sol, incapable de se tenir plus longtemps sur ses genoux tremblants, Nathan la rejoignit, d’une pâleur presque cadavérique. Il était incapable de détacher ses yeux des horribles photos.

Pourtant, il ne posa pas de questions, les explications pouvaient attendre plus tard. Il la prit dans les bras, la serra fort, et elle se laissa aller en pleurs hystériques contre son épaule. Elle fermait les yeux, elle refusait de voir tout ça plus qu’il ne fallait. Tout était gravé sur sa rétine, de toute façon.

Les sourires heureux, fanés et effacés par le temps, de ses parents et de son frère. Elle n’était pas sur la photo, elle n’était pas encore née. Sa mère avait un ventre rond, elle était radieuse. Et leur bonheur était la seule touche de soleil dans cet album photo qui montrait des actes dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence.

Des enfants torturés, violés, découpés en morceaux, suppliant, hurlant, pleurant. Certains vivants, d’autres à l’état de cadavres. Des yeux noirs et hantés, des bouches qui s’ouvraient sur des cris silencieux, du sang, du sang, du sang.

Isa ne savait pas si le choc avait été ces photos ou la confession écrite de son frère. Le papier était toujours au creux de son poing, roulé en boule. Jamais elle n’avait su, jamais elle n’avait soupçonné. La trahison était comme un fer brûlant sur son âme. Elle l’avait aimé, elle l’avait chéri, elle avait pris soin de lui, et elle n’avait jamais vu le monstre qu’il était.

Son suicide inexpliqué d’il y a cinq ans prenait enfin tout son sens.

Des bouts de papier rangés soigneusement dans un album photo comme un autre, rangé au fin fond d’un carton, trimballé de déménagements en déménagements pendant tant d’années. Seules preuves des atrocités commises par l’être dont elle estimait être le plus proche.

L’envie de vomir la reprit, elle avait presque un goût de bile dans la bouche.

Et elle savait qu’à partir de maintenant, elle haïrait Noël de tout son être.
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To all of the queens who are fighting alone
Baby, you're not dancing on your own

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par ninipraline » 12 déc. 2020 - 20:52

Titre : Dernier souvenir
Thème de 20 heure, l’écrit, papier et l’image de la tasse de lait chantilly (ksyfffka07 sur pixabay )
Fandom : Original
Nombre de mots : 269 mots
Personnages : OC
Rating : + de 12 ans
Le doux bruit du froissement du papier de soie accompagnait en fond sonore son après-midi solitaire. Entre deux gorgées de lait aux gingembres et au miel, elle emmaillotait ses achats dans des larges feuilles, fines et colorées. Elle avait choisi des teintes naturels et des tons pastels cette année.
Sur la petite table à son côté, elle entassait les paquets s’amusant déjà du plaisir curieux des amis et familiers en arrachant bolduc et rubans avant de déchirer les trois épaisseurs de papiers de soie, papier kraft et enfin le papier imprimé d’étoiles abricot, parme et amande.
Linette posa le paquet orangé qu’elle venait de finir, sur la pile et prit son mug. Dans la musique assourdie du craquement des chutes de papiers froissées qui se déployaient dans la corbeille, elle sirota son lait aromatisé, regrettant de ne pas avoir osé une touche plus importante de rhum.
C’était un délicieuse journée de préparation de noël. À travers les carreaux des fenêtres, elle contempla la neige qui tombait sur les passants pressées et enjouées. La rue était pleine de couleurs et de famille chargée de sachets et de colis. L’effervescence était joyeuse, détendue.
Soucieuse, elle consulta une nouvelle fois la liste des choses à faire, constata une nouvelle fois qu’elle était dans les temps. Le regard brouillé, elle se tourna vers les paquets et pria intérieurement pour être tombée juste.
Le médecin était formel, elle n’aurait pas d’année prochaine pour se rattraper. C’était le moment de semer les derniers souvenirs à ceux qu’elle allait laisser derrière elle, pour leur donner le courage de continuer et leur offrir l’amour pour toujours les éclairer.
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Bellatrix1992
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Bellatrix1992 » 12 déc. 2020 - 20:54

Titre : trop mignon
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : la musique (écoutée tout le long)
Fandom : HP
Nombre de mots : 1023
Personnages : Percy, Georges et Ron Weasley, Verity, Teressa Hergott, Alix Backer, Crock et Berry les boursoufs.
Rating : TP
Tenant la main d’Alix, Teressa ressentit un bonheur véritable lorsqu’elle entra dans la boutique Weasley & Weasley à l’occasion de cette sortie à Pré-au-Lard.
Contrairement à sa copine, elle n’avait pas vraiment prêté attention aux décorations magnifiques du village et n’avait pour l’instant envie ni d’aller s’acheter une robe pour le bal (le jour où elle aurait envie de ça…), ni celle d’aller prendre une boisson aux trois balais ou ailleurs.
Même si toutes leurs amies étaient surexcitées rien qu’à l’idée du Bal de Noël qui aurait lieu dans quelques jours, elle-même pensait à une toute autre chose.

Alix bien sûr la comprenait et avait tenu à l’accompagner alors que les autres auraient voulu jouir de sa présence durant toute la sortie, elle, la brillante championne de leur école qui avait remporté la première Tâche. L’école du Blocksberg participait peut-être pour la première fois au Tournois en cette fin d’année 2003, mais la personnalité des étudiantes et de leur élue les avait rapidement faites accepter comme des égales des autres.

Loin de tout cela pourtant, Alix et Teressa avaient envie d’un peu de temps pour être à deux et ce n’était pas un hasard si elles avait fermement pris leurs distances avec les autres filles de l’école, promettant tout de même de les rejoindre rapidement.
Ainsi seules, elles s’étaient engagées dans la rue passante du village, jusqu’à la boutique Weasley & Weasley dans laquelle elles étaient entrées au son d’un léger carillon. Là, Teressa avait bien-sûr salué Georges, Percy et Verity pas encore trop débordés par la vague des élèves, et leur avait bien-sûr présenté Alix.
Un instant, elle avait cru que Georges allait lui sortir une réflexion du style « la bombe », mais il l’avait visiblement ravalée de justesse, à son grand soulagement.

C’est qu’elle avait tendance à devenir jalouse pour un rien.
- Tu as reçu les photos ? Lui demanda soudain Percy qui semblait avoir deviné depuis son entrée le motif exact de sa visite.
- Oui, répondit Teressa. Votre nouvelle ferme d’élevage a vraiment l’air sympa. D’ailleurs Alix les a vues aussi…
- Cela m’intéresse beaucoup, expliqua doucement Alix dont les yeux s’étaient mis à briller. Je suis spécialisée en magizoologie et botanique au Blocksberg. Alors les variétés et sous-espèces de boursouffs… Enfin, depuis le stage de Teressa je suis pas mal ce sujet, notamment sur la question des modifications génétiques.
- Ceci explique donc cela ! S’exclama Percy d’une voix joyeuse. C’est qu’on a été très impressionnés par votre performance face aux serpentcendres.

Alix rougit un peu mais sourit au jeune homme :
- La prévention des accidents… Nous travaillons beaucoup là-dessus dans ma spécialité.
- En tout cas vous parlez vraiment un anglais magnifique, répondit Georges. Charlie nous l’avait déjà un peu dit mais c’est vraiment impressionnant : vous n’avez pas du tout d’accent !

Teressa commençait à trouver le temps long à présent, comme à chaque fois que l’on complimentait sa copine d’ailleurs. Il faudrait vraiment qu’elle apprenne à prendre du recul et qu’elle travaille sérieusement sur sa tendance à la jalousie. Et puis, de nombreux élèves commençaient à entrer dans le magasin.
Fort heureusement, Percy arracha les deux autres à leur palabres en disant d’une voix impérieuse :
- On devrait faire visiter la ferme à Teressa et Alix, avant d’être en plein rush…
- Bonne idée oui, répondit Georges à son frère aîné. Tu n’as qu’à y aller. Je vois déjà des Serdaigles hystériques qui s’approchent.

Et il se campa derrière le comptoir dans une posture de stentor. Alix étouffa un soupir et suivit Percy, Alix sur les talons.
Ils revinrent presque à l’entrée où une porte menant à une annexe neuve de la boutique permettait au public d’accéder à la « ferme d’élevage ». Alix et Teressa y entrèrent juste devant Percy et restèrent coites :

Il y avait des boursoufflets partout bien qu’ils soient beaucoup moins serrés que dans leur ancienne cage et, au milieu, un Ron Weasley rayonnant était en train de servir une explication à des jeunes filles de treize à quatorze ans complètement séduites.

Alix étouffa un rire en le voyant et Teressa comprit pourquoi immédiatement : où était passé le plus timide et le plus pataud des frères Weasley ?
Était-ce bien ce jeune homme en polo de Quidditch moulant qui, tout en expliquant d’une voix de professionnel les besoins des petites bêtes aux jeunes filles en face de lui, cajolait gentiment un boursoufflet violet en l’appelant « Crock » ?
- Vous voyez, dit-il en laissant le petit animal grimper jusqu’à son cou. Les boursoufflets sont très affectueux et agiles, mais à cause de leur délicatesse il faut vraiment prendre garde de ne pas les brusquer car ils peuvent être blessés si vous les attrapez trop fort ou s’ils font une chute.

Il se fraya un passage parmi elles, caressant toujours Crock, et fit quelques pas jusqu’à un perchoir où un boursouf, un véritable, chantait doucement :
- Certaines personnes un peu plus vives que la moyenne préfèrent d’ailleurs les boursoufs car ceux-ci sont moins fragiles. Il sont tout aussi affectueux et font même de très bonnes peluches…

Comme pour lui donner raison, le boursouf lui sautilla dessus et entreprit de lui lécher les oreilles tout en chantonnant toujours :
- Haha ! Arrête un peu Berry ! On a des invités !

Teressa sourit et, au milieu de la pièce, les jeunes filles gloussaient presque d’hystérie à présent. L’hilarité fut à son comble lorsque Crock, visiblement peu disposé à partager Ron Weasley, adressa une réprimande stridente à son congénère.
Alix se pencha sur l’épaule de Teressa et lui murmura sur un ton taquin :
- J’en connaît une autre qui a un petite tendance à la jalousie…

A côté d’elles, la jeune fille qui voulait visiblement s’offrir un animal de compagnie finit par opter pour un boursouf véritable et lorsqu’elle sortit de la boutique avec l’animal sur l’épaule, Ron Weasley lui adressa un « Joyeux Noël » limite charmeur.

Là, Alix se rembrunit un peu :
- Les animaux ne sont pas des cadeaux de Noël… Marmonna t-elle sur un ton exaspéré, heureusement en allemand.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Carminny » 12 déc. 2020 - 21:00

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image 20h
Fandom : HP (UA)
Nombre de mots : 234
Personnages : Severus Rogue, Wisteria Roberts (OC)
Rating : TP
Une bûche s’effondra dans la cheminée avec un petit bruissement. Les étincelles volèrent quelques instants puis s’éteignirent toutes seules. Le sapin perdit une aiguille qui tomba par terre. Derrière les fenêtres, les flocons de neige voletaient paresseusement sous les épais nuages. Les cristaux de glace dessinaient des fleurs sur les vitres et réfléchissaient la douce lumière du lustre devant la nuit noire. Un agréable silence régnait dans le petit salon.
Severus fixait le mug étoilé dans sa main. La chantilly était délicatement décorée avec des perles en sucre. Le chocolat chaud qui se trouvait en dessous avait un goût de cannelle et de Noël. C’était Wisteria qui s’était amusée pour le lui apporter. Il n’avait pas eu le cœur à lui dire qu’il n’aimait pas le chocolat, elle avait eu l’air tellement heureuse. Finalement, il était même plutôt bon et réchauffait le cœur. Il prit une gorgée de plus et s’essuya la bouche. Hors de question d’avoir une moustache comme la petite fille.
– Sev ! Wisteria se précipita dans le petit salon et lui prit le bras, les joues encore rougies du froid hivernal à l’extérieur. Viens regarder mon bonhomme de neige !
Le sombre maître de potion n’avait pas réellement envie de quitter le confort du petit salon mais un regard dans le sourire éblouissant et le regard fier de la fillette le décidèrent à sortir. Wisteria était un ange à elle seule.
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Ne m'acciotez qu'en cas d'urgence, merci

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Eejil9 » 12 déc. 2020 - 21:01

Titre : La page blanche
Thème et heure : 20h - papier
Fandom : HP
Nombre de mots : 1452
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : Tout public
interdit aux participants à l'ECHANGE DE NOEL - Fic pour enfant sage
Show
- J’exige que vous me disiez quoi faire.
Pansy s’était dirigée d’un pas conquérant vers la Cracmolle de service ce jour-là, qui se trouvait être, par un étrange hasard, celle qui l’avait accueillie quand elle s’était réveillée de la crise de manque. Elle était entrée d’une enjambée dans le bureau de permanence, n’avait pas dit bonjour, et n’avait même pas songé qu’elle pouvait, peut-être, déranger la personne qui s’y trouvait.
Celle-ci leva le nez du dossier qu’elle était en train de remplir :
- Mauvais départ, Mme Parkinson. On recommence, mais en étant polie cette fois-ci.
Pansy était partagée entre l’agacement – pour qui se prenait-elle, cette Cracmolle pas même fichue de jeter un sort ? – et l’ébahissement. Personne ne lui avait jamais répondu si vertement, à part peut-être la vieille McGonagall. Elle avait l’habitude d’en imposer. Peut-être les événements récents lui avaient-ils fait perdre de sa superbe, ou peut-être cette Cracmolle était-elle différente. Après tout, elle voyait défiler toute une série de sorciers souvent comme Pansy : riches, désœuvrés, dépressifs.
Une fois n’est pas coutume, Pansy ravala sa fierté :
- Je vais mieux. Je crois. Enfin, j’en ai assez de passer de crises en léthargies. Je suis là pour guérir, non ? Alors pouvez-vous, s’il vous plaît, me donner des conseils ?
- Pourquoi vous tournez-vous vers moi maintenant ?
Parce que mon âme est brisée et que je me rends compte que je ne sais pas par où commencer pour rebâtir les ruines, parce que je possédais des valeurs qui ont été vaincues, que j’ai remplacées par l’addiction, et que je me rends compte désormais que je n’ai plus ni les unes ni l’autre que je ne suis personne, que je ne sais pas quoi faire de ma vie. Parce que je suis perdue et que je n’ai que vous pour me guider.
Voilà ce que pensa Pansy. Et voilà ce qu’elle répondit :
- Je crois que c’est le bon moment.
La Cracmolle lui jeta un regard au-dessus de ses lunettes et recommença à remplir son dossier. Pansy patienta quelques secondes avait de ressentir un agacement prodigieux : elle faisait un pas vers la guérison, et on lui répondait ainsi ? Ce n’était pas acceptable, ce n’était pas…
Son interlocutrice mit le dossier dans une enveloppe, puis la regarda à nouveau.
- Mme Parkinson, je sens votre colère d’ici. Servez-vous-en ! Il faut en vouloir pour avancer. Cependant, je crois qu’elle est, pour l’instant, largement injustifiée.
Pansy haussa un sourcil, mais la Cracmolle ne lui laissa pas le temps de réagir.
- Vous êtes ici depuis trois mois, vous commencez à aller mieux et j’en suis ravie, mais savez-vous seulement comment je m’appelle ?
Pansy ne répondit rien. Elle ne comprenait pas. Pourquoi parlait-elle maintenant de son nom ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, il n’était pas question de cela mais de sa guérison !
- Je vais vous donner un premier exercice. Voici une feuille de papier, et un stylo bille. Je pense que vous devez être davantage habituée aux plumes et au parchemin mais vous vous y ferez facilement. Écrivez. Ce qui vous vient, ce que vous pensez et que vous n’osez pas dire. Écrivez aussi et surtout vos réflexions : pourquoi vous ai-je posé cette question sur mon prénom ? Pourquoi est-ce que je pense qu’il est utile que vous écriviez ? En posant les mots sur la feuille, vous allez remarquer à quel point les pensées se détachent de la confusion dans laquelle elles étaient restées. Commencez par ça, et revenez quand vous serez prête.

Pansy avait déjà tourné les talons quand la femme poursuivit :
- Je m’appelle Gisèle.

***

Pansy tournait le stylo entre ses doigts depuis quelques minutes, et regardait la page blanche, l’esprit vide.
Que pouvait-elle bien avoir à écrire ? Elle n’était personne. Plus de Sangs-Pus, plus de petite princesse, plus de valeurs, plus de sorts, rien. Sans magie, sans sa famille, elle n’était rien, et elle n’avait rien à écrire.
Quant aux questions qu’avait posées la Cracmolle… Gisèle… Pansy n’avait pas la moindre ébauche d’idée, rien.
Pour passer le temps, elle passa ses doigts sur la feuille. Étonnamment, la sensation l’apaisa. Le grain était fin, le toucher lisse et satiné. La couleur d’un blanc pur. Rien à voir avec le parchemin rugueux qu’elle utilisait à Poudlard, ou le papier à lettres à l’en-tête des Parkinson, en parchemin lui aussi, qu’elle utilisait pour sa correspondance. La douceur la charmait, donc, mais elle ne savait toujours pas quoi écrire.
Alors, elle se concentra sur le stylo qu’elle tenait en main. Du plastique, cette matière maudite que les moldus mettaient partout. Il était tiède entre ses doigts, elle n’en appréciait pas la sensation. Elle laissa glisser la bille sur la feuille, traçant un trait en plein milieu. L’encre semblait être déjà sèche et sortir de nulle part. Fascinée, Pansy s’oublia et dessina des arabesques. L’encre qu’on voyait à travers le plastique transparent ne semblait pas diminuer. Les moldus avaient, visiblement, leur propre magie.

La feuille était désormais couverte de gribouillis sans signification. Des traits. Des arabesques, des cercles, une paire d’yeux et un nez, en haut à gauche. Un véritable chaos plus représentatif sans doute, du désordre qui régnait dans l’esprit de Pansy que tous les mots qu’elle aurait pu écrire.
Et puis, pourquoi pas, finalement ? Mettre des mots permettrait peut-être de… ranger ce désordre.

Pansy prit une seconde feuille, mâchouilla le bout du stylo – et là, le plastique était bien plus agréable que le duvet et le cartilage d’une plume – et posa la pointe sur la feuille.

Je m’appelle Pansy Parkinson. Je suis actuellement en cure de désintoxication quelque part en Allemagne, privée de ma baguette.
Une Cracmolle, Gisèle, m’a donné cette feuille. Elle m’a dit qu’écrire aiderait à y voir plus clair. Elle m’a aussi demandé de réfléchir. Je n’ai pas demandé son nom, en trois mois. Sans doute parce que c’est une Cracmolle et que je la trouvais insignifiante. Je pense qu’elle ne l’est pas tant que ça, et que j’étais encore… quel est le bon mot ? Je parle peu et les mots sont lointains. J’étais prétentieuse. Hautaine. Comme je l’ai toujours été, comme je croyais qu’il fallait l’être. Sans doute voulait-elle me montrer que je ne me hais pas encore assez pour devenir une bonne personne.
Je reviens de loin, pourtant.

Je m’administrais des sorts hallucinatoires. Beaucoup.
Au début, c’était une fois de temps en temps, quand je ne tenais vraiment plus le coup. Et puis, c’est devenu ma récompense quand j’avais survécu à une autre journée horrible. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je n’arrivais pas à dormir sans. Alors je me suis convaincue que c’était nécessaire, que je ne pouvais pas vivre sans sommeil et donc que je ne pouvais pas vivre sans ces sorts non plus. Après, tout a basculé. Je n’arrivais plus à sortir de mon lit le matin. Je me disais, à quoi bon ? Je n’avais plus de raison de faire quoi que ce soit. J’avais la fortune de ma famille, mon père en prison pour avoir financé les Mangemorts, ma mère à Sainte-Mangouste… Aucune raison de travailler, pas d’amis, une réputation en miettes, rien d’autre à faire qu’attendre que les jours passent. Pire que ça, j’avais toujours fait en sorte de correspondre à l’idéal fixé par mes parents. Toutes ces valeurs, toute cette obéissance, tout se travail pour être celle qu’on attendait que je sois… Et me rendre compte enfin que celle qu’on attendait que je sois n’étais désirée par personne. Sans m’en rendre compte, je m’étais efforcée des années durant à être la méchante. Celle qu’on rejette. Celle qui perd la guerre et menace de tuer le vainqueur, le gentil, le héros. La vilaine, celle qu’on adore détester dans les légendes, c’était moi.
Difficile d’être cette personne, alors j’ai cessé d’être, tout court. D’hallucination en délire, de sort en sort, je me suis oblitérée de ce monde pour lequel je n’étais pas faite.

Et un jour je me suis réveillée ici. Dans la souffrance. Entourée de Cracmols et d’autres addicts. Je n’ai plus les hallucinations et je n’ai toujours pas trouvé qui devenir.

Je déteste ce que je suis, et je ne sais même pas ce que je suis, au fond.
Je sais juste que ça ne peut plus durer et que je vais me battre, contre moi-même s’il le faut, pour devenir une personne qui ne mériterait plus ma haine.


Les larmes de Pansy mouillaient la feuille. Elle tremblait, épuisée.
Elle posa le stylo et s’effondra sur son lit.

Sa dernière pensée consciente, au-delà de la douleur qui serrait sa poitrine, fut que Gisèle avait raison.
Elle voyait plus clair désormais.
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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Sifoell » 12 déc. 2020 - 21:01

Titre : Le contrat
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : le papier
Fandom : HP
Nombre de mots : 757
Personnages : 2 OC (Farrell et Felicia Fletcher, mention Teignous Nott et Phedra Fletcher)
Rating : TP

Je l'ai mis sous balise spoiler, non pas parce que c'est -16 ou -18 mais parce que c'est un spoiler !!! Ceux qui lisent les Illustres, à vos risques et périls !
Spoiler
Show
Felicia est allongée dans sa chambre, dans le noir. Cela fait plusieurs jours que le miroir s'est brisé, et plus que son corps qui guérit doucement, c'est sa fierté qui est blessée. Farrell toque à la porte, et comme il n'a aucune réponse, il rentre quand même, mais à la Farrell, discrètement, s'excusant dans toute son attitude d'oser agir de la sorte. Mais quand il voit les yeux qui brillent dans le rai de lumière du volet, puis la main bandée de Felicia qui s'envole vers sa bouche, étouffant un sanglot, son cœur se serre et il se précipite à son chevet.
« Tu as mal ? Ne t'inquiète pas, ça va passer. Reprends un peu de la potion antidouleur que je t'ai préparé. »
Felicia secoue la tête et de la main bandée qui n'est pas sur sa bouche, elle lui fait le signe de dégager. Mais Farrell refuse, s'agenouille, rassemble sa sœur dans ses bras et vient plaquer sa tête contre son épaule. Elle se raidit à son contact, refusant en bloc de paraître faible, refusant de pleurer, refusant d'avoir échoué, refusant cette douleur.
Et refusant le fait d'avoir le corps et le visage bardés de cicatrices qui ne s'effaceront jamais. C'est un sort de magie noire que lui a lancé Nott. Il savait parfaitement ce qu'il faisait en le lançant. Il l'a lancé pour mutiler, et le miroir l'a démultiplié.
La main toujours devant sa bouche, et plaquée contre le torse sec de son frère, Felicia refuse de se laisser complètement aller. Cela, elle ne le fait que quand tout le monde dort, que la maison est silencieuse, et qu'un sort de discrétion est lancé sur sa porte. Mais Farrell ne dit rien, mais il sait. Il lui caresse les cheveux d'une main, puis murmure dans ses cheveux.
« Je sais comment vous venger, toutes les deux. Il ne nous fera plus rien. Et je vais même devenir son fournisseur officiel de potions. Tous les jours, une fiole, jusqu'à ce qu'il meurt. Cela va nous apporter un complément de revenu non négligeable. »
La respiration erratique de Felicia se calme alors que son esprit se met en marche. Farrell répond alors à sa question informulée.
« J'ai passé la semaine à suivre ses faits et gestes et me renseigner sur ses habitudes. Nott a eu la dragoncelle en étant petit, et est passé à ça d'en mourir. Tous les jours, il se rend chez le potionniste du Chemin de Traverse qui lui donne un traitement pour éviter de retomber malade. J'ai intercepté ce traitement, et lui en ai donné un autre que j'ai concocté. Mais cela l'a plus empoisonné qu'autre chose. Et je lui ai envoyé une lettre ce matin qui va s'enflammer dans une petite heure. Si je compte bien, c'est le temps qu'il lui reste à peser le pour et le contre et à m'ouvrir la porte quand je me rendrai chez lui. »
« Et tu as su tout ça comment ? »
« J'étais à Poudlard avec le fils du potionniste. Il m'en devait une. »
« Et tu as utilisé le papier inflammable ? »
« Le papier souffré, corrige Farrell. C'est l'encre qui est inflammable. Au bout de douze heures, il y a une réaction chimique entre les deux, et l'encre s'enflamme, et le papier aussi. »
« Et le sortilège du voleur ? »
« Il reproduira exactement le même papier. Je ne cours aucun risque. »
Il éloigne sa sœur de son torse, maintenant qu'elle a repris le contrôle de ses émotions, et que son esprit tourne à plein régime. Cherchant à accrocher son regard, Farrell parle en détachant soigneusement les mots.
« Et après, quelque soit sa décision, c'est terminé. Plus aucune représaille. C'est la condition pour que je le soigne. Il nous fiche la paix, mais on lui fiche la paix. On deviendra un autre de ces foutus contrats qui rejoindront son coffre. Je me suis bien fait comprendre ? »
« Et les 28 ? »
« Comment ça ? »
« Les Fletcher rejoignent les 28 ? »
Farrell secoue la tête. Il ne veut pas se soumettre à la lubie de sa sœur aînée, Phedra, d'autant qu'il pense que c'est très dangereux de faire partie de ces familles, qu'elles soient influentes, riches ou non. La lie de leurs pensées est bien trop boueuse pour lui, et il ne veut pas mettre les pieds là-dedans.
« Je m'expliquerai avec Phedra. Je ne veux pas qu'on fasse partie de leur petit club. »
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« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

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Hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Hazalhia » 12 déc. 2020 - 21:05

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : thème écrit et image
Fandom : original
Nombre de mots : 306
Personnages : Joséphine Carlisle et William Barlow
Rating : concours Une histoire de noël
Spoiler
Show
Chère Jo,


Veuillez m’excuser de cette réponse tardive à votre lettre, recevoir de vos nouvelles est toujours une agréable surprise mais, en plus du délai avant que je ne reçoive votre lettre, le temps et l’envie m'ont manqué avant aujourd’hui. N’allez pas croire que vous répondre est un poids pour moi, mais je souhaitais le faire à tête reposée afin d’avoir les idées claires et le cœur plus léger.

Je suis ravie de savoir que vous avez pu revoir Andrew à nouveau. Je n’ai eu que peu de contact avec lui depuis le début de la guerre, mais j’ai été soulagé d’apprendre qu’il avait pu être rapatrié à l'issue de la bataille de Dunkerque. Votre frère est un homme courageux, vous pouvez compter sur lui pour rendre votre famille fière et se battre pour rentrer sain et sauf chez vous.

Noël approche, et mes bons souvenirs de cette période sont tous liés à votre famille. Quand mon moral est à la baisse, je repense à cette tasse de lait de poule que nous avons bu à Noël, juste avant mon départ. Il était bien tard, et selon vous, c’était le meilleur moyen de rester éveillé et vous nous avez servi deux énormes tasses que nous avons dégustées devant la cheminée. Et contrairement à ce que vous avez prétendu, je reste persuadé que vos joues n’étaient pas rouges à cause de la chaleur de la cheminée, mais bien du lait de poule généreux en Brandy.
Si je devais faire un vœu pour Noël, ce serait d’être de retour dans le Derbyshire pendant cette soirée. Et vous Jo, que souhaitez-vous pour Noël cette année ?

Je vous transmets mes sincères amitiés ainsi qu’à votre famille, et vous souhaite un joyeux noël.
William Barlow.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



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CacheCoeur
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par CacheCoeur » 12 déc. 2020 - 21:06

Titre : Bourlingueur - Chapitre 8
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : le papier
Fandom : HP
Nombre de mots : 752
Personnages : Louis Weasley
Rating : TP
Je suis parti ce matin. Sans prévenir personne. Sans ma paire de jumelle préférée, sans ma boussole, en prenant peu, en pensant échapper à beaucoup. J’ai pris un sac, j’ai fourré des affaires de rechanges et le dernier exemplaire de la Gazette du Sorcier.

J’ai accepté la première mission. Pas très bien payée, pas très loin non plus : juste quelques jours, sans avoir ni maman, ni papa, ni Victoire, ni Dominique ou l’un des mes cousins sur le dos.

- T’as déjà vu ça ?
- Non. C’est la première fois que je viens ici, je réponds au sorcier qui m’a fait descendre dans le gouffre.
- T’as déjà vu quelque chose de semblable ? Précise-t-il.

Je hausse les épaules, indifférent.

- C’est un gouffre.

Soixante-quinze mètres de profondeur à peine. Cela n’a rien d’impressionnant.

- Quand tu demanderas à remonter, tu auras changé d’avis, m’assure le sorcier en ricanant, comme s’il venait de sortir une bonne blague.
- Je suis juste là pour les escargots.

Il tape mon épaule amicalement, avant d’enfourcher son balai et de remonter Le soleil éclaire la végétation qui a poussé sur les parois du gouffre. La pluie dégringole, tombe en gouttes et s’écrase tout autour de nous. Le ciel, le tout petit ciel bleu éclatant, n’a jamais été aussi rond.

Je me mêle aux moldus, qui mitraille le gouffre de Padirac. Grâce à un sortilège de désilusion ils ne me remarquent pas. Je zigzague entre eux, pour arriver le premier aux barques. Un sorcier m’y attend, et me fait signe de me dépêcher. Les galeries descendent à plus de cent-trois mètres sous terre. L’eau est bleu turquoise, éclairée par des lumières artificielles. Je ne prends pas le temps de m’attarder. J’ai besoin de m’occuper, d’oublier cette histoire que je porte littéralement sur mes épaules : l’attaque des vampires de Los Angeles sur une vélane a fait le tour du monde sorcier. J’ai enfoui le dernier article de la Gazette du Sorcier entre deux paires de chaussettes et mes fioles.

C’est étrange, de voir l’un de ses traumatismes tenir sur une feuille de papier, en quelques mots, quelques phrases, qu’un auteur a écrit sans forcément penser que quelqu’un les a réellement vécus. Quand ils parlent de l’agression et de la séquestration, les journaux mentionnent le pacte de paix, entre les vélanes et les vampires, qui a été brisé. Méthodiquement, ils dissèquent une partie de ce qui m’est arrivé pour justifier le recensement des vampires. La communauté vélane n’a pas encore réagit. J’attends peut-être au fond de moi qu’elle le fasse.


La voix de cette vampire me revient quelque fois en tête. « Il a du sang de vélane. On pourrait vraiment en tirer un bon prix… ».

- Monsieur Weasley, nous sommes arrivés au lieu de plongée, m’indique le batelier. Un autre magizoologiste est déjà en train de recenser les escargots, un peu plus loin.
- Les zones ont-elles été délimitées ?
- Bien sûr. Vous avez déjà vu des bythinelles de Padirac avant ? s’amuse le batelier.
- Non. Je ne suis jamais venu ici, je répète.
- Ils ont un pouvoir qu’il serait imprudent de sous-estimer.

Bythinelles de Padirac est une espèce que l’on trouve seulement ici. Ce sont de petits escargots, uniques, qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Ils sont rares. Les sorciers se servent de l’eau du gouffre de Padirac pour certaines potions de clairvoyance : elle décuple les sens. Les escargots ont un pouvoir, sur elle, que personne n’a réussi à expliquer jusqu’ici.

- Pas plus de quinze minutes, m’informe le sorcier. Il est dangereux de baigner trop longtemps dans cette eau. Certains se mettent à entendre les couleurs à voir les voix.

Je m’esclaffe légèrement et hoche la tête, laissant mon sac dans la barque. L’eau est froide, épaisse autour de moi. Elle est si clair que j’en vois le fond. Ce n’est pas très profond. Je regarde mon sac une dernière fois. Je pense au papier qui est dedans. Je me demande ce qu’il se passerait, si je m’immergeais avec. Les mots prendraient-ils enfin un sens ?

Parce que j’ai beau les avoir vécus, je ne les comprends pas toujours pas. Si cette eau décuple les sens, me permettrait-elle de lire ces papiers qui raconte mon histoire sans que j’ai envie de vomir dessus ?

Je lance un sortilège de têtenbulle et plonge. Laisser ce papier à la surface, ne me procure aucun soulagement, et je commence à me dire que je n’aurais pas du partir.
小时候的梦境里 那时候的人们说想要得到的太多永远找不到尽头

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Lsky
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Lsky » 12 déc. 2020 - 21:31

Titre : CENSORED
Thème et heure : 21h thème "perle" + image du chalet perdu en Italie
Fandom : /
Nombre de mots : 522
Personnages : Nives
Rating : - 18 ! TW Sexe & Sang
Spoiler
Show
Dépitée, Nives, assise sur le trône, regardait le spectacle qu’offrait le fond de son dessous. Les pertes rouges étaient perlées de caillots et elle soupira.
Vaguement angoissée, elle jetait un œil par la fenêtre des toilettes. Il n’y avait pas de vis-à-vis, typique de ces maisons isolées ouvertes à tous vents, il y avait de grandes lucarnes dans chaque pièce. Même dans les chiottes, et personne n’avait pris la peine de les voiler. A chaque fois qu’elle se rendait dans cette pièce pour son affaire, elle espérait alors que personne ne passe de ce côté-là du bâtiment, que personne ne revenait du lac pile au moment critique.

Ils étaient nombreux ce week-end là, dans ce chalet-là, pour cet évènement-là. Il avait été stipulé que les menstruations n’étaient pas souhaitées. Mais Nives avaient eu beau calculer, elles avaient deux petits jours d’avance. Deux petits jours qui la mettaient bien dans la panade.
De toute façon, elle ne comprenait pas qu’un peu de sang répugne les convives, ce qui se passait ici était bien pire que ça.

Elle se demandait encore comment elle avait eu le courage de s’inscrire à ce genre de week-end, perdu au milieu de tout, pour quelques jours de sexe pluriel avec des inconnus.
Elle avait l’habitude du club, près des canaux artificiels de Milan, où elle se rendait régulièrement. Mais il est vrai qu’elle s’était sentie privilégiée quand on l’avait invitée, non pas à une énième soirée thématique, mais pour profiter de tout un week-end de fièvre et de stupre dans un cadre naturel privilégié.
Elle s’était alors motivée à entrer dans ce cercle fermé de l’élite échangiste de Milan. Mais il fallait avouer que, si elle n’était pas une grande amatrice de l’amour courtois et qu’au contraire, elle se plaisait à partager ses divers talents sans compter, tout un week-end était quelque chose de nouveau pour elle.
En tant que petite nouvelle, quelques perles d’hémoglobines risquaient de la décrédibiliser.

Elle entendit toquer à la porte :

« Tout va bien ? » demanda une voix qu’elle ne reconnut même pas.

Le week-end touchait bientôt à sa fin, et il est vrai qu’à force d’orgies, elle mélangeait désormais toutes les fesses ici présentes, quel que soit le genre ou le non-genre.
Elle revoyait clairement la fesse droite avec un grain de beauté, orné d’un gros poil noir, mais elle ne savait plus à qui elle était, ni, dans les positions intriquées qu’ils prenaient, comment était le reste du corps qui allait avec. Seules les fesses flagellées, griffées de coupes de ceinturons, étaient bien identifiées dans son esprit. Et d’ailleurs, pourquoi ces vices sanglants étaient acceptés – pour ceux qui y consentaient – mais pas quelque chose d’aussi naturel que les règles ?

« Ça va. » répondit-elle, en se disant qu’elle allait monter dans sa petite Fiat et repartir. Elle serait à Milan à la tombée de la nuit. Ce n’était pas plus mal, elle pourrait se reposer avant de reprendre le boulot lundi, avant d’animer sa réunion planifiée dès huit heures.

Eh oui, ces soirées qui paraissent si étranges au monde sont pourtant habitées de gens côtoyés inconsciemment chaque jour.
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couverture de la version folio du livre de Victor Hugo
RedynaMYTHEr par Fleur d'épine

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Xuulu
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Xuulu » 12 déc. 2020 - 21:35

Titre : Braquage
Thème et heure : 21h thème "perle"
Fandom : HP
Nombre de mots : 319
Personnages : Gemma et Aros
Rating : TP
- Haut les mains !
L’homme réprima un hurlement, qui se coinça dans sa gorge et produisit une sorte de couinement, en passant ses lèvres.
Gemma réprima un sourire, derrière son masque. Les moldus étaient vraiment hilarants.
Elle continuait de braquer son arme vers lui, tout en faisant signe à son complice, qui vidait les étagères de la boutique dans un grand sac en cuir, de se dépêcher.
Aros sifflotait en remplissant le sac grâce à des mouvements efficaces : il balayait chaque étagère de l’avant bras, méthodiquement. Il termina son tour, passa derrière le bijoutier en glissant sa main gantée sur ses reins.
- On a fini, mon joli ! Au revoir !
Gemma trouvait les manières d’Aros ridicules. Il rejoignit enfin la porte, et elle recula à son tour vers la sortie. Tandis qu’ils traversaient la rue rapidement afin d’atteindre la ruelle d’en face, afin de transplaner discrètement, Gemma se dit que leur opération avait été particulièrement rapide. Six, peut-être sept minutes.
Les deux sorciers cambriolaient des bijouteries moldues depuis maintenant quatre ans. Ils avaient un modus operandi qui les rendaient indétectables aux yeux du ministère de la magie : ils n’utilisaient pas la magie. Enfin, si, un peu pour préparer leurs coups, mais jamais en les réalisant. C’était ça, toute la beauté de leur méthode. Des sorts pour préparer le terrain, prendre connaissance des lieux, évaluer les objets à voler, mais c’était tout. Pas le moindre stupéfix, confundo ou même accio, une fois sur place.
Une fois arrivés à leur QG, un petit appartement dans la banlieue de Londres, Gemma arracha le sac de l’épaule d’Aros. Elle le déversa sur la table de la salle à manger et se mit à faire l’inventaire de leur butin.
Il contenait, entre autres, huit perles naturelles magnifiques, énormes, parfaitement rondes, impossible à imiter correctement d’un sortilège de duplication. Un sourire étira les lèvres de Gemma : elle était satisfaite.
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Roxane-James
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Roxane-James » 12 déc. 2020 - 21:41

Titre : /
Thème et heure : 20h, image
Fandom : Original
Nombre de mots : 379
Personnages : Célandine Crane, Cosmas Vasilios
Rating : TP
— Qu’est-ce que c’est ?
— Du chocolat. On l’exporte depuis Zine, expliqua Cosmas en versant le liquide brunâtre dans une tasse.
— Zine ? Mais c’est à l’autre bout du monde !
— Seulement de l’autre côté de la Mer Affamée, en fait. Nous avons un contrat avec les villes du nord-est du Brasier. Certains de nos hommes y sont stationnés à l’année. Ils organisent le transport de marchandises jusqu’à la capitale.
— Tu veux dire que vous faites du commerce avec l’Archipel ? Je croyais que c’était un territoire neutre.
— Les échanges commerciaux n’ont rien à voir avec les traités de paix que mon père a signés.
— Mais…
— Non, s’impatienta Cosmas en levant les yeux au ciel, on avait dit qu’on ne parlerait pas des affaires du royaume ce soir.

Tu as dit ça, pensa Célandine, agacée. Elle, elle n’avait rien promis du tout. Cosmas ne lui laissa pas le temps de répliquer : il chassa une servante occupée à nettoyer les fourneaux d’un battement de cils, et tira deux chaises afin qu’ils s’installent de part et d’autre de la table sans autre témoin que les gardes royaux qui détournaient poliment la tête à chaque fois que Célandine essayait de croiser leur regard.

— Goûte, tu verras c’est excellent, reprit Cosmas en désignant le chocolat.

Célandine aurait préféré discuter de Zine et des colonies Lucreziennes établies là-bas, mais le sourire crispé de Cosmas ne laissait pas de place au doute : il n’était pas d’humeur à se lancer dans une conversation de ce genre. Dépitée, Célandine attrapa donc la tasse qu’il lui offrait et porta le breuvage à ses lèvres.
C’avait une drôle d’odeur, à la fois amère et sucrée, et lorsque Célandine en avala une gorgée, elle fut surprise de découvrir une texture aussi veloutée. C’était… Bon. Différent du lait au miel ou des thés parfumés auxquels elle était habituée, mais agréable. La surprise dut se lire sur son visage car l’expression tendue de Cosmas se fendit d’un large sourire. Sincère, cette fois-ci.

— Alors ?
— J’aime bien, avoua Célandine.
— Tu avoueras donc que je n’ai pas que des goûts à coucher dehors, déclara Cosmas d’un ton hautain.

Célandine termina le reste de son chocolat avant de répondre, ses grands yeux fauves plantés dans ceux du jeune prince :

— Ça reste à voir.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par ninipraline » 12 déc. 2020 - 21:42

Titre : La lettre
Thème de 21 heures, l’image du lac sous les nuages.
Fandom : Original
Nombre de mots : 561 mots
Personnages : OC
Rating : + de 12 ans
Alors que les nuages se multipliaient sur la surface du lac rejoints par les feuilles sèches et jaunies de l’arbre du regret, Carmin faisait taire ses pensées en affûtant énergiquement et bruyamment sa hache.
Malgré l’épaisseur de la laine de sa chemise, il sentait contre sa poitrine la brûlure de l’enveloppe apportée par le messager. Il l’avait enfoncé dans sa poche et avait refermé sa lourde veste de peau pour l’emprisonner.
Il n’en avait pas pris connaissance. Inutile. Il avait vu le sceau qui fermait la missive et la protégeait des curieux. Il avait toujours su que le silence n’était pas le signe qu’on l’avait oublié, juste qu’on avait pas besoin de lui… pour le moment.
Les temps avaient changé. Carmin avait vu arriver le messager. Il l’avait suivi des yeux alors que celui-ci parlait à ses collègues. Il avait deviné, aux mouvements courts des têtes qui désignaient tous l’endroit où il travaillait, qui le porteur de message cherchait.
Carmin avait continué à rompre les bûches pour alimenter les fours tout en surveillant que le charbon se préparait bien comme il le fallait. De ses gestes mesurés, lents il avait continué son travail alors que l’autre s’assurait qu’il avait enfin trouvé le bon destinataire.
Un amusement avait déridé son visage alors que le messager soupirait de soulagement de voir enfin la fin de sa mission. Personne n’aimait être responsable de ses missives fermés des deux cœurs et de l’épée. Par jeu, il avait fait encore patienter son visiteur avant de le délivrer de son labeur.
Mais on ne pouvait éternellement remettre les actes, alors Carmin avait fait taire sa hache en la plantant dans une bûche et avait offert un peu de son temps à l’homme en veste rouge et jaune. La lettre, il l’avait prise pour la plonger immédiatement dans les ténèbres de sa poche.
Il savait qu’il ne pourrait pas l’oublier là bien longtemps. Il savait que l’on saurait que la missive avait été remise à son destinataire et qu’on attendrait sa venue. Il savait tout cela. Mais pour quelques heures encore, il voulait profiter de la légèreté de sa situation.
Charbonnier, ce n’était pas le genre de métier dont on rêve. Être sans cesse offert aux intempéries, respirer les fumées et les sentir s’insinuer dans les pores de sa peau, se coucher aussi rompues que les bûches que l’on a passé la journée à couper, ce n’était une vie que personne ne souhaitait.
Elle lui convenait à lui, cette vie. Il laissait son ancienne existence à quiconque en ferait la demande. Il laisserait à quiconque le voudrait ses devoirs auprès de la haute autorité. Il ne voulait plus ni de l’or, ni de la gloire, ni même surtout de la reconnaissance pour service rendue.
Carmin se laissa tomber sur un tronc d’arbre tombé au sol. Il déboutonna lentement sa veste et glissa sa main maladroite et gauche dans la poche de poitrine de sa chemise. Entre ses doigts, le contact rêche du parchemin lui révéla qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait. Il sortit l’enveloppe.
Encore plus lentement, il referma sa veste, la lettre posée sur sa cuisse. Le regard perdu sur le lac qui brillait sous la lumière de cette fin d’après-midi, il tourna entre ses doigts la missive. Et puis, il se décida et arracha lentement le sceau de cire verte. Son destin lui, était déjà scellé.
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par AlwaysLS » 12 déc. 2020 - 21:49

Titre : Un jour comme les autres
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : "Qu'est-ce que tu souhaites pour Noël? Avoir des souhaits..." - Philippe Geluck
Fandom : HP
Nombre de mots : 492
Personnages : Severus Rogue/Luna Lovegood
Rating :TP
Aujourd’hui était un jour comme les autres. Il y avait encore moins d’élèves dans les couloirs que d’habitude. Le Directeur de Poudlard quitta son bureau pour arpenter les couloirs vides et sombres dans l’espoir de tomber sur un ou deux cornichons et de leur coller une punition mémorable.
Baguette au poing, il marchait silencieusement. Les portraits l’ignoraient, certains dormaient, d’autres faisaient semblant. Il était seul. Complétement seul.
Soudain, il entendit des bruits feutrés, à deux pas de lui, au sommet de la Tour d’Astronomie. Peut-être que ce ne serait pas une si mauvaise journée après tout. Avec un peu de chance, il tomberait sur un Gryffondor. Il pressa le pas et apperçut une tête blonde près des remparts. Malgré le vent qui plaquait ses cheveux sur son visage, il reconnut immédiatement l’élève.
- Que faites-vous là, Miss Lovegood ? gronda-t-il en se déléctant du regard empreint de terreur de la jeune sorcière.
- Rien, professeur Rogue. Je rentrais dans ma Salle Commune.
C’était un mensonge éhonté et tous deux en étaient conscients.
- Ne me mentez pas Lovegood, déclara-t-il en se rapprochant d’elle. Ce n’est pas le chemin pour rejoindre la Tour de Serdaigle. Je pourrais vous envoyer chez les Carrow.
Une lueur d’horreur passa dans ses yeux globuleux sans qu’elle ne baisse la tête pour autant.
- Alors, que complotiez-vous ?
- Rien, je vous assure, professeur ! Je viens juste regarder les étoiles.
- A cette heure-ci ? En plein hiver ?
Luna Lovegood frissonna et baissa la tête un instant avant de plonger ses yeux dans ceux de Severus.
- C’est ma tradition. Je faisais ça avec ma mère. On regardait les étoiles et on faisait nos souhaits pour Noël.
Ces quelques mots touchèrent étrangement Rogue. C’était un sentiment curieux et inexplicable. Un mélange de nostalgie, de mélancolie, teintée d’envie. Noël, tout cela lui paraissait si loin. Il en avait un vague souvenir avec sa mère et se souvenait plus facilement de ceux passés au château. Il admirait Luna pour sa force tranquille. Elle ne se départissait jamais de sa sérénité.
- Et les avez-vous faits ? demanda-t-il sombrement.
Elle devait probablement souhaiter un avenir meilleur et la disparition de la surface de la Terre du Seigneur des Ténèbres et la sienne par la même occasion. Il ne pouvait que le comprendre.
- Et vous ? répondit-elle de sa voix éthérée. Vous devez bien avoir des vœux.
Severus la considéra avec surprise, étonné par sa bravoure candide. Il sentit quelque chose d’indescriptible au fond de lui. Un pincement au cœur. Il n’avait pas de souhaits, sa vie étant trop sombre pour être éclairée. Il s’était enfoncé sans s’en apercevoir dans l’amertume et à présent il ne pouvait plus rien y faire. A trente-sept ans, il n’avait plus rien à espérer de l’avenir.
Au loin, l’horloge sonna les douze coups de minuit. Luna dit d’une voix douce :
- Joyeux Noël, professeur Rogue.
Elle lui fit un sourire et s’éclipsa.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Hazalhia
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Hazalhia » 12 déc. 2020 - 21:51

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : citation (et un tout petit peu l'image)
Fandom : original
Nombre de mots : 241
Personnages : Joséphine Carlisle, William Barlow
Rating : participation concours "Une histoire de Noël"
Spoiler
Show
Cher William,

Tout comme ma mère, vous m’avez demandé ce que je souhaitais pour Noël. Et tout comme à elle, je vous répondais que je n’en ai aucune idée. Rien de ce que j’aimerais n’est réalisable, à moins que vous cachiez dans votre manche un outil magique pour stopper les bombardements et mettre fin à la guerre. Si c’est le cas, faites le moi savoir au plus vite !
J’aimerais souhaiter quelque chose de futile, mais ces deux dernières années m’ont apprises à me contenter de ce que j’ai, et nous ne manquons de rien d’essentiel. Je pense que la meilleure solution est de garder mon vœu pour l’année prochaine, ou celle d’après. Peut-être sera-t-il plus utile à ce moment-là ?

Andrew n’a pas su me dire quand serait votre prochaine permission. Si vous avez l’occasion de repasser dans le Derbyshire, je serais heureuse de partager une tasse de lait de poule avec vous. Je suis sûre que nous trouverons une journée pluvieuse pour en faire, même en plein été.

Prenez soin de vous William.
Amicalement,

Jo Carlisle.


PS : Je n’ai pas le pouvoir de vous faire revenir ici, mais je vous joins quelques photographies prises cet automne pendant une ballade avec Mary et Helen. J’espère qu’elles s’ajouteront aux bons souvenirs que vous avez de notre région afin de chasser votre nostalgie.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.



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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Eejil9 » 12 déc. 2020 - 21:54

Titre : Dans la lumière
Thème et heure : 21h - image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1595
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : tout public
interdit aux participants à l'Echange de Noël !
Show
- Vous voulez que je vous donne ce que j’ai écrit ?
D’autres feuilles avaient rejoint la première. Pendant plusieurs jours, Pansy n’avait rien fait d’autre que manger, dormir, et écrire.
Elle était passée d’une addiction à une autre, de l’oubli à la conscience aiguë. Ces séances d’écritures étaient en réalité des séances d’auto-flagellation avancées. Pansy avait reporté son narcissisme ailleurs et s’étaient délectée à peindre les défauts dont elle voulait désormais se défaire. Elle ne savait toujours pas quoi devenir, mais elle savait détester avec volupté celle qu’elle était.
C’était avec fierté, encore, qu’elle était venue voir Gisèle.
- C’est surtout pour vous que vous écrivez, mais je peux y jeter un œil si vous avez besoin de moi pour y voir plus clair.
Pansy ne dit rien mais tendit les feuilles. Après n’avoir porté son regard que sur elle-même, elle avait désespérément besoin de se confronter à quelqu’un d’autre pour se sentir exister.
Gisèle s’en saisit et hocha la tête.
- Je vais lire ça. Revenez demain matin pour qu’on puisse en discuter.

Pansy passa la soirée et la nuit sans trouver le repos. L’agitation extrême qu’elle ressentait lui semblait parfaitement nouvelle. Elle était passée de la douleur à la torpeur, puis, après un bref réveil, de l’autodestruction verbale à l’angoisse absolue. Fallait-il qu’elle explore à ce point toutes les émotions humaines, afin d’enfin retrouver un équilibre ?
Elle se sentait mise à nue. Elle avait l’impression qu’à chaque seconde, Gisèle pouvait utiliser ce savoir nouveau et venir la briser. Par sa haine, par son rire. Après tout, Pansy l’aurait bien mérité : elle l’avait méprisée depuis le départ, parce qu’elle ne faisait pas de magie… Elle se sentait bien fragile désormais. Et bien bête. Nul besoin de magie pour aider les gens, nul besoin de magie non plus pour les détruire.
Si elle était Gisèle, elle n’hésiterait pas…

Elle ne sut pas quand elle s’endormit. Mais elle dut bien sombrer dans le sommeil puisque Gisèle la réveilla en ouvrant le rideau – une fois de plus.
- Bonjour Mme Parkinson, je sais qu’il est tôt, mais j’ai des projets pour vous aujourd’hui.
Pansy eut l’impression de sortir d’une dimension fiévreuse et douloureuse. Elle était crispée et moulue. Sa bouche était pâteuse.
- Pardon ? fut tout ce qu’elle réussit à articuler.
Gisèle lui jeta un regard amusé – Pansy se fit la remarque que c’était la première fois qu’elle avait l’air autre chose que stricte et agacée.
- J’ai lu ce que vous avez écrit et je sais de quoi vous avez besoin. D’air frais ! Alors debout, chaussez vos chaussures, nous allons faire un tour !

***

Pansy avait le souffle court et les poumons en feu. Elle avait mal aux jambes, aussi, et même ses bras lui semblaient manquer de force.
Gisèle marchait d’un bon pas devant elle, sans sembler ressentir l’épuisement. Le chemin montait sec, pourtant ! Les Alpes, c’est un mot assez vide de sens quand on est une sorcière britannique, et même les quelques séjours qu’elle avait passé chez des proches en Suisse ne lui avaient pas donné la juste mesure du paysage dans lequel elle évoluait. Elle se doutait qu’il devait être beau, mais elle ne parvenait pas à le voir ainsi. Il était inhospitalier, il épuisait son corps alors que son esprit était déjà si fatigué. Les pentes lui brisaient les poumons quand elles montaient, et les jambes quand elles descendaient.
Ses yeux étaient aveugles aux praires verdoyantes et aux pics escarpés. Ils ne voyaient pas non plus que les arbres avaient, déjà, pris les couleurs de l’automne. Pansy, encore et toujours, était centrée sur elle-même, et incapable de voir plus loin que le bout de son nez – nez trempé de sueur malgré la fraîcheur relative de l’air.
- Allez, Mme Parkinson, nous y sommes presque ! Une côte, une descente, et nous arrivons à l’endroit où nous prendrons le déjeuner avant de rentrer.
Au-delà de son épuisement, Pansy tiqua. Elle avait l’impression qu’une idée se frayait un passage à travers son esprit, luttait, luttait pour dépasser…
- Appelez-moi Pansy, je vous prie !
Gisèle sourit.
Pansy aussi. Elle remarqua qu’elle était un mur pour elle-même. Focalisée sur son propre désespoir, elle se coupait de l’extérieur. L’idée qu’elle venait d’avoir venait de l’extérieur, justement. Et elle ouvrait, un tout petit peu, la muraille qui l’entourait.
Le chemin montait toujours mais le souffle de Pansy était juste un peu moins court.

Il se tarit, cependant, quand elles arrivèrent en haut de la côte. D’un coup, l’épuisement cessa d’exister et Pansy accepta, enfin, de s’oublier pour se fondre dans la beauté du paysage qui l’entourait. Jamais elle n’avait vu tel lieu – et pourtant elle devait avouer que les montagnes et les landes entourant Poudlard valaient le détour.

Rien ne valait cet endroit. Au niveau de ses yeux, des pics déjà – ou encore – couverts de neige, si hauts que la végétation n’y poussait plus, d’un gris magnifique sous le ciel bleu et le soleil. En contre-bas, un lac, de dimension raisonnable mais magnifique, entouré d’arbres orangés et rouges. Ses eaux sombres reflétaient la clarté du ciel et les couleurs chaudes de la végétation.
Il était splendide.
Pansy dévorait le paysage des yeux, si bien qu’elle ne vit pas passer la descente. Elle manqua de glisser plusieurs fois et ne dut qu’aux réflexes de Gisèle de ne pas finir par se casser le cou au fond d’un ravin. Pour la première fois, elle se dit que ça aurait été dommage tout de même.

Arrivée en bas, elle ne remarqua pas que Gisèle s’asseyait sur un banc de bois. Elle resta debout, et contempla, encore, le panorama. Perdre de l’altitude lui faisait un effet considérable. Alors qu’un peu plus tôt, en haut du chemin, elle avait eu l’impression d’être sur le toit du monde, elle se sentait désormais minuscule face à l’immensité des pics qui la dominaient. La beauté même du lac l’écrasait. Ses eaux sombres et lumineuses à la fois lui semblaient abriter des mystères insondables.
Elle réagit à peine quand Gisèle lui prit gentiment la main pour la mener vers le banc. Elle s’éveilla véritablement quand celle-ci lui glissa un sandwich dans les mains.
- Il faut manger, Pansy, tu dois être fatiguée. Tu as à peine pris le temps de grignoter ce matin.
La sorcière s’ébroua et s’arracha de sa contemplation pour regarder sa compagne.
Et puisqu’elle était désormais dans cet état de contemplation dont elle ne comprenait pas véritablement la cause, elle détailla pour la première fois cette femme qu’elle n’aurait jamais cru rencontrer, et qui pourtant était celle qui lui ouvrait les yeux et qui lui offrait un monde magnifique pour remplacer les idées noires dans lesquelles Pansy avait sombré.
C’était une femme jeune, à peine plus âgée que Pansy. Plus de vingt-cinq ans, sans doute, mais pas plus que trente. Elle avait des traits harmonieux, de grands yeux bleus à peine étrécis par des lunettes rectangulaires qui lui donnait cet air si strict qui avait impressionné Pansy. Ses joues étaient colorées par l’effort qu’elles avaient fourni. Ses cheveux blonds cendrés, d’habitude rassemblés en une queue de cheval banale, avaient été ébouriffés par le vent qui soufflait sur les cimes. En baissant les yeux, la sorcière remarqua qu’elle avait une silhouette fine et tonique sous des vêtements passe-partout – un pantalon de randonnée, une chemise verte à motifs tartan et des chaussures de marche. Pas de formes affolantes, mais un corps musclé, efficace. Ses mains étaient fines et blanches, elles s’appliquaient à déballer un sandwich, fascinantes. Elles dansaient autour du papier alu, comme mues d’une vie propre. Les yeux de Gisèle, eux, étaient perdus dans le vide.
Pour la première fois, Pansy se rendit compte qu’elle la trouvait belle. Quelque chose s’agita dans son ventre.
- Merci, murmura-t-elle…
La jeune femme donna l’impression de sortir d’un rêve. Elle sourit, révélant des dents blanches, quoiqu’un peu irrégulières.
- Mais de rien, Pansy, c’est mon métier vous savez. Et puis, c’est à vous que vous devriez dire merci. C’est vous qui faites tout le travail, moi, je ne fais que vous accompagner.
Pansy hocha la tête, et regarda le lac en mordant dans son sandwich. Elles mangèrent en silence, comme écrasées par la beauté du paysage.
Au moment où elle sentit qu’elles allaient se lever pour repartir, Pansy trouva la force de prendre la parole.
- Je vous remercie tout de même. Pas pour une question de travail ou d’effort, mais parce que j’en ai besoin. J’ai besoin d’établir le contact. De sortir de moi-même.
Gisèle sourit une nouvelle fois.
- Mais vous êtes déjà sortie, voyons. Vous êtes dans chaque merveille de ce paysage. Bientôt, vous trouverez des êtres à qui parler, bientôt. Ne brûlez pas les étapes !

Et elle se leva.
Le chemin du retour parut plus court à Pansy, presque trop court. Elle appréciait de manquer de souffle. Elle adorait la douleur dans ses jambes et ses bras. Et surtout, elle dévorait du regard les merveilles que lui offraient les Alpes autrichiennes et le Land Salzburg.

Lorsqu’elles arrivèrent au centre, Gisèle la regarda d’un air fier.
- Bravo Pansy ! vous avez parcouru du chemin, aujourd’hui. Je vais prendre quelques jours de congé, mais quand je reviendrai, je vous proposerai une autre randonnée et une autre mission. N’oubliez pas d’écrire encore en attendant.
Elle tendit la main et frotta le bras de Pansy en un geste affectueux.
Pansy se sentit comme électrisée, hors d’elle-même.

Elle réalisa que c’était la première fois que quelqu’un la touchait depuis des mois, peut-être des années.
Le contact, enfin, était établi.
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CacheCoeur
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par CacheCoeur » 12 déc. 2020 - 21:55

Titre : Bourlingueur - Chapitre 8
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Thème de 21h
Fandom : HP
Nombre de mots : 1056
Personnages : Louis Weasley
Rating : /

Recenser les escargots de bythinelle de Padirac est encore plus fastidieux que de recenser les strangulots et autres créatures magiques vivant dans le lac de Poudlard. C’est éprouvant. Ma vision est précise, trop, jusqu’à m’en donner mal à tête tant je perçois les moindres minuscules détails, mon ouïe dix fois plus sensible et le froid transperce jusqu’à mes os, comme si ma peau n’était qu’une fine couche de cellophane.

La bythinelle de Padirac est un minuscule escargot aquatique. Elle mesure seulement trois millimètres de long. Sans le pouvoir qu’elles donnent à l’eau dans laquelle elles baignent, je ne les remarquerai pas aussi facilement.

Comme à chaque que je me retrouve face à une espèce magique que je n’ai jamais eu l’occasion d’observer en vrai, je récite ce que j’ai appris dans ma tête. C’est une espèce inoffensive, qui se nourrit de débris organiques apportés par l’infiltration de l’eau de pluie, les chauves-souris ou les insectes. La bythinelle s’en empare grâce à une minuscule mâchoire. Pour respirer, elle dispose d’une branchie. Mais lorsqu’elle se réfugie dans sa coquille et qu’elle la ferme de façon hermétique, elle peut survivre plusieurs jours hors de l’eau, lorsque l’endroit dans lequel elle se trouve s’assèche.

C’est fascinant.

Dans un environnement sous-terrain, sans lumière, sans rien, cet escargot est sorti de nulle part et continue de vivre. Dans une eau où il n’y a aucun poisson, aucune vague, rien, juste quelques hideuses crevettes complètement aveugles, et les passages de quelques barques, remplies de visiteurs qui s’extasient sur la beauté des lieux, la rareté des espèces qu’on y trouve, sans se douter de la magie que renferme ces lieux…
« La victime a été retrouvée saine et sauve ».

« La victime »… Je ne suis rien de plus. Quand on m’a demandé si je voulais que l’on cite mon prénom, mon nom, ma mère a immédiatement refusé. Mon père a pâlit, avant d’insulter le président du congrès magique des États-Unis. Pour me protéger des vampires qui voudraient briser le code de paix entre eux et les vélanes. Parce que je ne voulais pas que mon histoire devienne la chose de tout le monde. Parce que je ne m’étais jamais vu comme « le descendant mâle d’une vélane », « une rareté », pour ces créatures qui ne donnent généralement naissance qu’à des femmes.

Maman m’a demandé si je voulais en parler. Je l’ai ignoré. Je ne le voulais et elle non plus. Elle n’est qu’un quart vélane, par sa grand-mère maternelle. Elle-même, ne s’est jamais réellement inquiétée de sa nature. Elle n’a jamais pensé que nous risquions quelque chose pour ce que nous étions, pour notre sang, et du fait que je sois un homme, elle avait encore plus écarté cette pensée, me concernant.

Elle a pleuré des semaines en disant que c’était complètement ridicule de sa part, d’avoir pensé ainsi. Elle est descendue à Paris, et a demandé à rencontrer les vélanes de la famille. C’est pour ça, que je suis parti.

Je compte les escargots. Je remonte à la surface. Je recommence. Je reste un moment à attendre qu’on m’autorise à replonger après le premier quart d’heure. J’observe la cascade d’eau bleu clair, cristalline qui coule. Les moldus font des photos, s’émerveillent. Moi, je n’ai pas la tête à ça. L’eau a lissé la pierre, la roche par endroit. Elle scintille, elle coule, indifférente aux obstacles qui se dressent sur son passage. Les sculptures qu’elle a créée sont merveilleuses. Dans le coeur de la terre, j’oublie presque tout. Les fissures verticales, le calme des profondeurs, au gré du sillon de la rivière calme et sereine, nichée au fond de ce cratère… Je me laisse convaincre.

Le batelier qui me ramène ne parle pas. La promenade au fil de l’eau se fait dans un silence qui me met mal-à-l’aise. Je remonte jusqu’à l’œil du gouffre. Il pleut toujours autour de lui. La nuit est tombée.

Le même sorcier que ce matin, me fait remonter le gouffre, ne m’adresse pas un moment. Mais l’eau a encore des effets sur mon corps : le vent le perce, le pique, l’agresse et siffle fort dans mes oreilles, à les en faire exploser.

- Tu as passé la porte verticale et vertigineuse du gouffre ! Me félicite-t-il, une fois que nous touchons terre.
- C’était une expérience…
- Tu remets ça demain ?
- Et après-demain, je confirme.
- On galère toujours à trouver des magizoologistes qui acceptent de plonger. Ceux qui l’ont fait, refusent toujours de revenir.

C’est désagréable, de distinguer le moindre mouvement, d’entendre le moindre bruissement de feuilles… C’est comme si j’étais étranger à mon propre corps. Mais je le suis depuis l’agression…

- T’es peut-être notre perle rare Weasley ! Sourit l’homme. Tu fais quoi ce soir ?
Je manque de m’étrangler. M’associer à quelque chose de rare me donne la nausée. Même si le commentaire n’est pas malveillant, je me referme.

Je ne suis jamais morose. Jamais de mauvaise humeur. J’adore voyager. J’adore mon travail. Mais je voudrais être ailleurs.

- Rien, je réponds enfin.
- T’as déjà mangé de la bonne cuisine française ?
- Ma mère est française.
- Ça ne répond pas à ma question ! Celle d’ici est la meilleure. Allez, viens ! Une part de tarte aux noix de remettra d’aplombs.
- Vous m’achetez avec une part de tarte aux noirs ?
- Je te l’ai dit : les magizoologistes refusent de venir. Ceux qui le font sont nommés par le gouvernement magique français, et le font par dépit.
- Je ne l’ai pas fait par dépit.
- Je ne sais pas ce que tu fuis, mais je t’assure que ça ne te trouvera pas ici, murmure-t-il.

Je lui souris.

- Je préfère ça ! s’esclaffe-t-il.
- Ces escargots … Pourquoi les sorciers les fuient-ils autant ?
- Tu te sens comment ?
- Mal. Agressé par les sons, les couleurs, le vent, les odeurs.
- Ca ne te dérange ?
- Je me sens vivant.
- Une perle rare…, marmonne-t-il. Tu auras droit à deux parts !

J’éclate de rire en resserrant les bretelles de mon sac à dos, ma baguette à la main. Puis je me rappelle que j’ai toujours ce papier sur moi. Il devient soudainement trop lourd, et parfaitement insupportable, comme l’air qui coule dans mes poumons, comme s’il était liquide.
小时候的梦境里 那时候的人们说想要得到的太多永远找不到尽头

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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Lyssa7 » 12 déc. 2020 - 21:59

Titre : Le versatile
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Thème écrit + musique
Fandom : HP
Nombre de mots : 516
Personnages : Louis Weasley
Rating : Tout public
Louis avait toujours été un incorrigible versatile. Petit déjà, il passait son temps à vadrouiller entre ses deux sœurs aînées, donnant raison à l’une ou à l’autre, sans jamais prendre véritablement parti lorsqu’il était mis devant le fait accompli.

Louis ne disait jamais rien de plus que ce qu’il souhaitait dire, rien de plus que ce qu’il pensait vrai, quand bien même cela ne l’était pas. I se complaisait le reste du temps dans ses silences, se parant de ses absences, prêtant une oreille à sa mère qui regrettait parfois le sud-est de la France ; la seconde à son père qui ne comprenait pas les bouderies futiles de son épouse, et la lancinante mélancolie qui enveloppait celle-ci.

Louis voguait, imperturbable de lâcheté, entre les drames de Victoire et les éclats de Dominique. La première était l’incarnation du vague à l’âme, des caprices égoïstes, de la folie destructrice. Pierre angulaire de leur famille, elle en était l’égérie, la représentation frêle de leur survie. Car, après tout, elle en portait le prénom. La cadette était, tout à la fois, sa différence et son contraire, mais aussi étrangement semblable et similaire. Longtemps délaissée, gardée dans l’ombre de sa sœur, elle s’était renfermée, mue par une colère intérieure. Incapable de la contenir, au fil du temps, elle l’avait transformée en une rage intolérable, un mépris des conventions et des injustices. Victoire se transformait en écume tandis que Dominique, tel un roseau se courbant sous le vent, ne rompait jamais.

Entre elles deux, Louis n’avait jamais su où était sa place. Il n’avait jamais su prendre une décision, de toute façon. C’était sans doute ce qui expliquait qu’il se retrouve ainsi, dans cette boutique, à observer les perles magnifiques qui brillaient d'un éclat lumineux derrière la vitre du joaillier. Louis n’était ni Victoire, la capricieuse, ni Dominique, la révoltée. Il était Louis, le silencieux. Le lâche. Le versatile.

« Vous avez fait un choix, monsieur ? s’enquit la jeune vendeuse avec un sourire poli.
— Je crois que… Je peux voir celle-ci ?
— Votre fiancée sera ravie » osa son interlocutrice en ouvrant la serrure d’un coup de baguette.

Il eut la soudaine envie de lui rétorquer qu’elle n’en savait rien, qu’elle ne le connaissait pas. Ni lui, ni sa fiancée. Cette impertinente trop polie ne savait absolument rien de leur vie, alors elle pouvait se le garder son avis. Pourtant, il n’en fit rien, gardant ses pensées pour lui et se contentant de jeter un dernier coup d’oeil à la perle en nacre qu’il avait repéré en entrant dans la petite boutique.

Alessia l’adorerait, c’était certain, il accordait ce point à l’affable brunette au sourire policé. Alessia lui ressemblait étrangement d’ailleurs. Le même air de gentille fille, de princesse. Le genre de femme sans histoire, sans passé, sans secret. Un livre ouvert dont les pages ne recélaient aucun traumatisme, aucune part d’ombre. Pas comme lui. Pas comme Louis. Louis et sa fiancée trop jolie, trop douce, trop parfaite. Louis et ses faux-semblants. Louis et son amant. Louis et sa versatilité.

« Je vais y réfléchir » finit-il par dire.
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Catie » 12 déc. 2020 - 22:00

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Perle 21h
Fandom : Nikita
Nombre de mots : 581
Personnages : Alex, Birkhoff
Rating : /
It was just a pearl. Very small, very beautiful, and very dangerous.

She was in the corner, hidden behind a column, an eye on the camera and the other on her mission. The deadly little pearl, so shiny and apparently harmless.

Her fingers tightened on her gun, her whole body was tensed, ready to move.

— Alex, do you copy? Where are you?
— I’m in but I can’t get to the pearl, she whispered to the earpiece. There’s a camera.

Birkhoff swore and told her he could try to shut it down. She heard him type rapidly on his computer.

Until this moment, everything went according to plan. She entered the party easily thanks to her press card, flashing a dazzling smile to the guards, and when she had opportunity, she went to the security room upstairs. She managed to enter with the print they stole a week ago to the owner of this place, an apparently quiet billionaire who sold weapons to Al Qaida. Nikita had a few drinks with him and it had been so easy it was almost disquieting.

But of course, none of them thought about the camera in the room. However, Alex had to take this pearl. It was designed to contain a deadly gas, destined to kill citizens. Nikki and Michael were not entirely certain about the motives of their dear billionaire, but it appeared he wanted to fake a terrorist attack on US soil to push the government to an open war – and sell more and more weapons.

She had to get it.

— I’m moving in, she said to Birkhoff.
— Wait, I didn’t deactivate the camera.

Of course, she didn’t listen. She knew it would have pissed him off so she said nothing, but she moved anyway. She had always been reckless, despite everything Nikita taught her.

Arms straight down, eyes on the lookout, Alex left her position, careful to stay at the exterior of the frame. She didn’t know if there was someone catching this tape live but she couldn’t take any risk. Nothing moved, no alarm went on, so she decided to move quickly, and think after.

She crossed the room in a few steps and grabbed the pearl. As soon as her hand closed on it, she heard a loud sound coming from the hallway.

— It’s the alarm, what did you do? Birkhoff screamed in her ear.
— I have the pearl. Tell Nikita I’m going to meet her at the extraction point.
— Why are you never listening to me?
— Because I have no patience, Nerd.
— Don’t call me that.
— Sorry, I forgot it was a privilege for Ni…

While she was talking, she went back to the door and the empty corridor – for now. But she was interrupted midsentence by a gunshot, not far from her head. She lifted her gun and shot to the two guards coming from the right. With a quick glance over her shoulder, she saw more coming her way from the left.

— We’ll discuss that later, Nerd. I first have to get out of there alive. Tell Nikita I don’t need help, I’m coming to her.

She fired again, decided to leave with the pearl, secured in a small pocket near her breast. Her mentor taught her well, and despite the fear in her stomach, the adrenaline was stronger than anything, and she had no doubt she could get out of there.

It would just a little longer than what they had planned. A lot more noise.
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To all of the queens who are fighting alone
Baby, you're not dancing on your own

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Sifoell
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Sifoell » 12 déc. 2020 - 22:03

Titre : Le miroir du Risèd
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : citation sur les souhaits
Fandom : HP
Nombre de mots : 887
Personnages : Rhiannon Avery (OC)
Rating : TP, mais mis sous spoiler parce que fic en cours (ce court texte interviendra avant Les sentiers battus, dans une autre fic qui est actuellement en train de mûrir dans mon esprit.
Spoiler
Show
Rhiannon s'est encore une fois perdue dans les couloirs de Poudlard. Elle veut juste rejoindre la Tour d'Astronomie pour se rendre au cours de Sinistra Vector, mais, perdue dans ses pensées, elle a du tourner au mauvais emplacement, et la voilà, sans qu'elle ne le sache, au septième étage. Elle peste contre le château qui se joue d'elle régulièrement, ainsi que de sa distraction. Encore une fois, elle est le jouet du destin. Elle s'arrête un instant devant une tapisserie particulièrement laide représentant des trolls. Et, s'approchant un peu plus près, elle voit un petit sorcier face à eux. Intriguée, elle se recule, et lit la plaque à côté de la tapisserie. Barnabas le Follet. Elle sourit. Il s'agir de ce sorcier qui a tenté d'apprendre aux trolls des montagnes à danser. Le résultat n'était pas à la hauteur de ses espérances, ça c'est sûr. Rhiannon passe dans le couloir, se maudissant de ne pas réussir à trouver son chemin alors que c'est déjà sa cinquième année. Quand elle l'apprendra, Pansy va encore se moquer d'elle pendant des jours. Quelle peste, celle-là ! Rhiannon traverse une première fois le couloir, pensant à la salle d'observation, mais ne reconnaissant pas le chemin, elle fait demi-tour, et repasse devant la tapisserie. Mais saisie d'un nouveau doute, elle repasse le couloir, pensant toujours à son cour d'Astronomie.
C'est alors qu'une porte de bois apparaît. Intriguée, elle l'ouvre avec précaution, son bras chargé de son télescope. Elle pénètre dans une immense salle qui ressemble à l'observatoire tout en ne l'étant pas. Il y a bien, pourtant, les quelques escaliers sur la gauche, faisant office d'estrade pour le professeur Vector, et ces planètes immenses, accrochées au plafond par de solides chaînes, et le mur de la salle circulaire ressemble à s'y méprendre à la vue sur le parc de Poudlard et sur le ciel nocturne le surplombant. Mais ce n'est pas l'observatoire.
Rhiannon pose son télescope au sol, et attrape sa baguette qui est dans sa poche. Elle murmure « lumos maxima » et la salle s'éclaire, révélant toutes les similitudes mais aussi les différences avec l'observatoire. L'estrade est encombrée d'un capharnaüm d'objets hétéroclites, et il y a, derrière les planètes, un grand meuble recouvert d'un large drap. Elle s'en approche précautionneusement, ses pensées dérivant vers la prochaine réunion familiale, lors des vacances de Noël qui arrivent dans deux semaines. Son grand-père, parce que c'est le seul à lui parler vraiment, et à prendre des décisions pour toute la famille, lui a dit que maintenant qu'elle avait quinze ans, elle devait commencer à se comporter comme une jeune fille, et qu'il y aurait des bals, des thés, des repas avec les héritiers des « nobles familles des 28 », et qu'on lui trouverait un mari pour quand elle sera majeure, dans deux ans, et que s'il est d'accord, sa famille ne s'opposait pas à ce qu'elle achève ses études. Alors, elle s'est coupé les cheveux à la garçonne chez le meilleur coiffeur du Chemin de Traverse. Cela a d'abord agacé son grand-père, qui, après l'avoir mieux regardée, a trouvé que cela lui allait à ravir.
Raté.
Rhiannon exhale un soupir qu'elle n'avait pas conscience de retenir, et d'une main incertaine, arrache le drap du meuble qui l'intrigue. C'est un immense miroir qui est caché sous ce drap poussiéreux. Rhiannon lève sa baguette pour déchiffrer ce qui y est écrit. « Le miroir du risèd ». Elle observe l'encadrement ouvragé du miroir, apprécie les moulures du bois qu'elle effleure de ses doigts. Elle a toujours aimé le bois, une matière noble, vivante, et chaleureuse. Puis elle s'éloigne du miroir et s'observe. Les cheveux courts, les joues rouges de s'agacer, les yeux noisette dévorant son visage fin, cette silhouette fine perdue dans l'immense robe verte et argent. Pansy l'appelle le porte-manteau parce qu'elle est toute en os, et peu en chair.
Et soudain, le reflet se trouble, et, c'est elle et ce n'est à la fois pas elle. Elle est plus grande, les cheveux un peu plus longs, est toute habillée denoir. Elle porte un manteau noué à la ceinture, et une robe qui dépasse à peine du manteau, et des collants épais. Elle a dans une main un parapluie noir et dans l'autre une petite valise noire. Elle est dans un paysage de dunes, avec un ciel bas, et a dans le regard un air à la fois effrayé et à la fois déterminé.
« Que va-t-il t'arriver... » pense-t-elle, en se reconnaissant et en ne se reconnaissant pas à la fois.
Rhiannon s'assoit alors par terre, croisant ses jambes sous elle, en même temps que son reflet. La jeune femme ferme alors son parapluie, qu'elle pose à côté d'elle, et ouvre sa valise, son regard intense donnant l'impression à Rhiannon qu'elle sait tout d'elle, parle à son âme, essaie de lui faire passer un message. Elle fouille la valise, en sort des livres qui semblent moldus, ainsi qu'une petite lampe à huile en cuivre, qu'elle reconnaît comme étant celle de son grand-père, sur son bureau. Il s'en sert comme encrier.
Rhiannon est tellement absorbée par tout cela qu'elle ne sent pas le temps passer. Ce n'est qu'au petit matin, endolorie d'être restée assise sur la pierre froide, qu'elle quitte la salle, et retrouve étonnament son chemin jusqu'au dortoir avec une facilité déconcertante.
Image


« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

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Alena Aeterna
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Alena Aeterna » 12 déc. 2020 - 22:05

Titre : /
Thème : Image 21h
Fandom : Agents du Shield (UA)
Nombre de mots : 309
Personnages : Amélia Cross (OC), Loki
Rating : Tout public
Le paysage était semblable à celui dont Amélia avait rêvé tant de fois et elle sentit son cœur se serrer sous une mélancolie soudaine. Chaque détail était identique à ses songes, du chalet éloigné de la civilisation au lac dans lequel des nuages légers se reflétaient. Elle pouvait percevoir la brise sur sa peau et entendre le champ proche d’oiseaux en train de profiter d’une accalmie après la pluie. Même si elle savait que tout ceci n’était qu’une illusion, elle se laissa porter par ses émotions, franchissant la porte du chalet derrière laquelle elle découvrit une silhouette familière qui l’attendait, un sourire insolent aux lèvres, le regard adouci par tous ces sentiments qui les liaient. De premières larmes vinrent envahir le champ de vision de l’agent puis d’autres, plus nombreuses, et elle ferma les yeux en priant pour revenir dans sa réalité, celle qui lui faisait du mal mais qui avait au moins l’avantage de ne plus la bercer d’espoirs.

« Ne tissez plus de sortilèges autour de moi, murmura-t-elle en ouvrant les paupières pour observer le dieu. Ce que vous m’avez montré n’est pas mon avenir, je l’ai perdu à l’instant où j’ai compris à quel point je me trompais. »

Elle ne voulait pas d’illusions pour survivre, pas de celles que Loki lui proposait grâce à ses tours de magie. Le chalet avait longtemps été un point d’ancrage pour elle, elle avait cru qu’elle aurait un jour l’occasion d’y couler des jours heureux avec l’homme qu’elle aimait. Les récents événements en avaient décidé autrement en lui retirant à la fois son bonheur et la confiance qu’elle avait envers l’organisation pour laquelle elle n’avait cessé de se battre. Amélia n’était plus cette jeune femme avide de protéger son monde de menaces intérieurs, il ne restait d’elle qu’une coquille fissurée d’où s’échappait un flot amer de doutes et d’incompréhension.

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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Bevy » 12 déc. 2020 - 22:09

Titre : Perles maudites
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : perle
Fandom : Harry Potter versus X files
Nombre de mots : 794
Personnages : Racher Walker ( OC), Aaron Foster ( OC) et Eloise Roulet-Bouley ( canonique)
Rating : - 12 ans pour le contexte

« Et bien, trois sucres, tu ne fais pas les choses à moitié !
-Il n’y a pas que nos recherches qui soit un mystère, tu sais. Le café qu’on nous sert ici est imbuvable. Alors que c’est un délice au Département de la Justice
-Tu exagères sans doute, Eloïse…
-Même pas : goûte-moi ça Aaron ! »
Aaron Foster prend la tasse aux couleurs rougeoyantes et verdoyantes des mains de sa collègue. La tasse enchantée aux couleurs de Noel est chaude dans sa main et la porte à ses lèvres.
« D’accord, il est amer. Un peu. Mais tu n’as jamais goûté le café de Charlotte. Il te réveillerait un Inferi !
-Alors rappelle moi de ramener mon mug de café la prochaine fois que ta chérie fait une soirée.
-Vous vous êtes vu en dehors du travail ? »
Silencieusement, Rachel Walker s’est jointe à eux. Aaron note que sa collègue à des cernes sous les yeux auxquelles il n’a rien a envié. Rachel Walker n’est jamais très causante ou bavarde en sa présence. Aaron Foster ne le prend pas personnellement pour lui. Eloise lui a expliqué que la dernière collaboration de Rachel Walker s’est mal passée et qu’elle est de nature taciturne. Il avait déjà déduis ses deux informations de lui-même et Eloise n’avait pas voulu lui en dire plus. A juste titre, Aaron n’aurait pas apprécié qu’on déballe sa vie privée sans son accord.
« On s’est croisé aux Chaudron Baveur ce week-end, tu n’as pas eu mon hibou ?
-Hum. Non. Je ne suis pas beaucoup resté chez moi.
-Je te préviendrai plus tôt la prochaine fois alors.
-Merci Eloise. Funestar veut te voir, Aaron. Il veut t’envoyer sur le terrain avec les Oubliators.
-Et toi, tu ne viens pas ?
-Non, pour ce que Funestar a bien voulu me dire, c’est tout sauf une affaire non classée. »
Prenant une tasse de café à son tour, Rachel Walker les quitte et sort de la pièce où quelques-uns de leurs collègues de la Salle des Cerveaux lui jettent un rapide coup d’œil avant de retourner à leurs discussions théoriques.
« Les fêtes de fin d’années ne lui réussissent pas. Pauvre chérie. Je vais la ré inviter pour Noel, je n’ai pas le cœur à la laisser broyer du noir seule chez elle… »
Tous deux finissent leur café en silence. Sa bonne humeur refroidit par l’air passablement maussade de sa collègue, Aaron regarde pensivement ses collègues, éparpillés aux différents coins de la pièce. Eloise est l’une des rares qui parle et côtoie d’autres personnes de son service. La jeune femme étudie les remonteurs de temps mais est surtout la personne la plus sociable qu’il ait rencontré au Département des Mystères. La froideur de Rachel à son égard s’expliquait sans doute par le fait qu’il soit rapidement lié d’amitié avec l’intrépide érudite. Il ne lui connaissait pas d’autres amis en dehors d’Eloise. Celle-ci finit par rejoindre son groupe avec entrain, taquinant au passage un vieux sorcier rabougri dont le visage se fend d’un sourire quand elle lui tapote l’épaule. Funestar lui fait quant à lui signe de le rejoindre avec une sobriété bien moins Eloisienne.
« Je vous attends vous et Walker dans une heure dans l’Atrium. Mettez-vous au parfum avant. »

---------------------------
« Tiens, Funestar veut qu’on lise ça avant de rejoindre le groupe des Oubliators.
-Je t’ai dit que je ne viens pas, j’ai ça a étudié. »
Rachel Walker pointe de sa baguette un collier de perles. Leur couleur nacre semble ternies, presque noirs par endroits.
« Je ne fais que te rapporter les paroles de Funestar. C’est quoi ça ?
-Des perles. Elles ont été retrouvées sur le corps d’une vielle femme qui a subi ce qui semble être une combustion spontanée partielle. Les Aurors n’ont retrouvés aucunes traces de sortilèges ou de maléfices, à première vue, c’est un collier des plus ordinaires.
-Mais il a été retrouvé intact autours du cou de cette femme, enfin, ce qu’il en reste. »
Aaron pose la photo du rapport d’autopsie et le rend à sa collègue. Son expérience de médicomage évite à son café et à son petit déjeuner de faire du rodéo dans son estomac.
« J’ai un de mes anciens professeurs de Sainte Mangouste qui a beaucoup étudié ce genre de cas. ui pourrait te dire si c’est oui ou non un début de combustion spontanée.
-Et toi, tu as déjà soigné des cas de ce genre.
-Quelque uns. La plupart du temps, ce sont des sortilèges qui dérapent ou de gros accidents de potions. Là, c’est différent. Quelque chose ne colle pas… ça te dirait de faire un tour à Pré-au-Lard après avoir accompagné Funestar ? Je serais curieux de revoir mon vieux prof.. »
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

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Carminny
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Carminny » 12 déc. 2020 - 22:17

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : "Qu'est-ce que tu souhaites pour Noël ? Avoir des souhaits..." - Philippe Geluck
Fandom : HP UA
Nombre de mots : 419
Personnages : Severus Rogue, Lord Valerian Roberts, Ann Roberts (OCs)
Rating : TP
Severus lançait un regard de travers à la sœur de son ancienne meilleure amie. Avait-il le droit de l’appeler son amie ? Ils se fréquentaient depuis presque un an maintenant parce qu’ils ne savaient plus comment avancer et qu’à deux on tombait moins facilement que seul. C’était sa faute si elle n’allait pas bien et même si elle prétendait lui avoir pardonné, il savait bien qu’il devait la protéger. Même si elle ne voulait pas. Surtout alors puisqu’Ann ne permettrait à personne de le faire. Et puis, elle devait l’apprécier sinon elle l’aurait mis à la porte depuis le temps. A la place, elle l’invitait encore et encore. Il avait presque l’impression que c’était elle et son père qui voulaient le protéger et l’intégrer à la famille. Pourquoi ? Il ne le savait pas. Il ne le voulait même pas mais il ne pouvait pas autrement il aimait être dans leur salon et discuter de sortilèges et de politique. Il aimait être invité et être apprécié. Il ne le méritait pas et il le savait mais comment refuser ?
– Qu’est-ce qu’on offre à une fillette de presque deux ans ? interrogea le maître de potions la nouvelle héritière des Roberts.
Ann haussa les épaules. Evidemment elle ne pouvait pas savoir. Heureusement pour lui, Lord Roberts ne faisait que semblant de lire le journal à côté d’eux et avait tout à fait entendu la question. Il passa à la page suivante du Mondain Magique et Politique.
– Des blocs de construction en bois par exemple. Ou une peluche. Ou des livres d’images. Surtout pas un balai pour enfant en tout cas.
Severus hocha lentement la tête. Oui, il voyait bien que deux ans étaient encore un peu petits pour un balai même s’il ne s’élevait qu’à un mètre du sol. Il s’était renseigné et alors ? Il voulait offrir un cadeau à cette famille. Il avait déjà trouvé un livre qui plairait sans aucun doute à Lord Roberts et qui ne se trouvait pas dans la bibliothèque. Mais pour Ann… Il n’avait pas la moindre des idées.
– Wisteria vient de se réveiller, dit soudainement la jeune femme et se leva pour monter.
Severus attendit d’entendre ses pas sur l’escalier avant de se pencher vers Lord Roberts.
– Et à Ann ? Qu’est-ce qu’elle voudrait ?
Le vénérable sorcier prit la peine de le regarder par-dessus de son journal de son regard bleu roi sérieux et grave.
– Je crois que pour le moment elle ne souhaite rien de plus que d’avoir des souhaits…
Image
Ne m'acciotez qu'en cas d'urgence, merci

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Lsky
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Lsky » 12 déc. 2020 - 22:31

Titre : Description d'un club échangiste
Thème et heure : image (trou dans le mur)
Fandom : /
Nombre de mots : 479
Personnages : Nives et sa pote
Rating : - 18 ! Sexe, SM
Spoiler
Show
Le GPS de Nives avait sobrement indiqué « vous êtes arrivé » ce vendredi soir là. On ne lui avait pas menti, le cadre était magnifique, Le chalet était entouré de lacs et de sapins, au milieu de nulle part. Toujours les mains sur le volant, elle prit une grande inspiration, un frisson d’impatience et de trac s’emparant de sa colonne vertébrale.

Elle se souvint de la première fois qu’elle était allée au club, c’était avec une copine à elle, pour voir à quoi ça rassemblait. La copine n’y avait passé qu’une soirée, mais Nives y avait pris goût et y était revenue. Elle y trouvait tout ce qu’elle cherchait, dans son amour de la différence des corps et dans la joie que la pluralité des expériences lui apportait.

Elles avaient alors une vingtaine d’année, rendues un peu gauche par ce lieu d’échangisme qu’elle ne connaissait pas. L’équipe était adorable, la femme racontait que ses parents avaient construits le lieu, qu’aujourd’hui elle l’avait repris, mais qu’elle se souvenait nettement d’avoir vu la piscine intérieure se faire construire. C’était un jeune homme avenant qui leur avait fait faire le tour de l’endroit, après qu’elles aient déposé leurs vêtements dans les casiers du vestiaire, se parant uniquement d’un pagne transparent. Tous à la même enseigne.

Il leur montra le bar, elles savaient qu’elles commenceraient par ça pour se donner du courage. Des barres verticales étaient disséminées dans la pièce, mais elles n’étaient pas réservés aux professionnels, les clients aussi pouvaient faire le show.

Elles se laissèrent mener à travers le dédale de chambres, elles n’étaient que skaï du mur au plafond, les hauts matelas également. Dans chacune d’entre elles, un porno était diffusé sur un écran incrusté.
Une salle de cinéma avec un grand écran faisait également partie du lieu.

Ce qui intrigua le plus Nives était la salle SM, aux murs étaient accrochés des machines, de réels pilons en face desquels se trouvaient des tabourets de skaï, vissés au sol. Au fond de cette pièce, un escalier ne menait nulle part, il était séparé par un mur troué. Les fameux glory hole, image de la décadence qu’on ne savait s’ils n’appartenaient qu’au fantasme ou s’ils existaient réellement avant d’en avoir vu de ses yeux, et Nives su où elle allait passer sa soirée.

Pour finir la visite, elles pénétrèrent dans le SPA. Un sauna, une douche, et la fameuse piscine creusée dans une pièce comme une cave bas de plafond, plongée dans le noir. Il lui tardait de deviner un enchevêtrement de chaires barbotant dans le bain à remous.

Nives ne le réalisait pas encore, alors qu’elle était accoudée au bar avec son amie, dans le but de boire le plus de gin tonic possible avant que la soirée ne batte son plein, mais elle avait enfin trouvé son repère pour les prochaines années de débauches qui s’offraient à elle.
Image
couverture de la version folio du livre de Victor Hugo
RedynaMYTHEr par Fleur d'épine

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Xuulu
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Xuulu » 12 déc. 2020 - 22:32

Titre : Bonne nuit
Thème et heure : thème de 22h gifler
Fandom : original
Nombre de mots : 270
Personnages : Dina
Rating : - 16 (allusions)
Spoiler
Show
La porte d’entrée devient dure à pousser, au début de l’hiver. L’humidité la fait gonfler, sur le coin supérieur. Après une forte secousse, Dina réussit à rentrer chez elle. L’obscurité de son appartement lui semble une promesse de repos. Les meubles sont comme des gardes fantômes, qu’elle devine plutôt qu’elle voit véritablement. Ses yeux picotent, ses membres sont lourds de fatigue. Elle a la tête pleine des événements de l’après-midi et de la soirée. Son épiderme se hérisse de délice, sous la forme d’une vague qui traverse sa peau et jusqu’à son cuir chevelu. Elle laisse glisser son sac à main, balance chaussures et manteau dans un coin, et fait un tour dans la salle de bain. Pendant qu’elle se lave les mains, elle vérifie son expression dans le miroir : son maquillage un peu flouté lui donne l’air fatigué. Elle se démaquille rapidement, se brosse les cheveux.
Après un baillement, Dina se déshabille. En sous-vêtements, elle se contorsionne devant le miroir en relevant sa culotte d’une main, révélant la trace rouge sur sa fesse. En dévissant le cou, elle peut admirer que la rougeur, assez cuisante, s’étale sur une surface assez large. La culotte est, elle aussi, envoyée plus loin. Face au miroir, Dina remarque également une trace de main sur son sein gauche. On voit distinctement les quatre doigts au dessus, et le pouce plus au centre.
Oups, se dit elle. Mais elle ne le pense pas vraiment.
Elle se glisse sous sa couette en soupirant de plaisir. Il est cinq heures du matin, mais la saison lui laisse encore quelques heures de nuit complète. Dina en profite.
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Bevy
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Bevy » 12 déc. 2020 - 22:38

Titre :
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image

Fandom : The X-files
Nombre de mots : 203
Personnages : Fox Mulder ( 4x 23 « Crimes de mémoire »)
Rating : tout public

Mulder ne sait plus ce qui l’a attiré hors de son lit ce soir-là. Dans son esprit brouille, cette scène aurait tout aussi bien pu être imaginer. Un délire arraché à ses douze ans, un souvenir de toute pièce pour faire revivre Samantha.
Il ne faut pas grand-chose à Mulder pour revivre cette chimère qui la hante depuis le test expérimental du Docteur Charles Goldstein.
Juste en fermant les yeux, il entend les cris de ses parents. Des mots relevant une vérité enfouie ou imaginée. Sa sœur tétanisée et eux deux, cachés en haut de l’escalier qui assiste au drame familial.
Puis plus rien. Le néant.
Quand il ré ouvre les yeux, la sensation de la main moite de Samantha dans la sienne a disparu. Il n’a pas douze ans. Il n’est pas tétanisé derrière une rambarde dans l’obscurité. La lumière vive du soleil, du plein jour illumine le cabinet médical et la main de Scully sert la sienne. Son air soucieux, ses traits fatiguées lui rappelle qu’une fois encore, il la sollicite plus qu’il ne le devrait. Plus que ce que Scully peut en endurer, quoi quelle en dise.
Mais parfois, les mots sont de trop et le silence suffit à lui-même.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Lyssa7 » 12 déc. 2020 - 22:39

Titre : L'esprit de Noël
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Musique
Fandom : Original
Nombre de mots : 278 mots
Personnages : /
Rating : Tout public
Sur les sentiers enneigés, un vieil homme chantonne un air grisant. C’est un peu triste, un peu enjoué aussi. Comme un entre-deux étrange qui rappelle le bruit des cloches de l’église qui se font entendre au loin, en contrebas du village, dans la nuit glacée du vingt-cinq décembre.

Dans son manteau noir élimé, à moitié courbé, on ne le voit presque pas. On ne le voit déjà pas en temps normal. Enfin, disons qu’on ne veut pas le voir, c’est tout à fait différent. Il a en a pris son parti, il n’y fait plus attention. Il préfère même qu’on l’oublie. C’est plus facile ainsi. Pour lui, pour les autres, pour tout le monde. Il a fini par jeter sur le monde un regard de dépit, une acceptation morose et désillusionnée qui le fait avancer sur cette route escarpée. Il manque de tomber un nombre incalculable de fois, mais il trébuche simplement et il continue de marcher.

Quelquefois, dans un geste automatique, il récupère sa flasque de whisky dans sa poche droite, et il en boit une grande lampée. Par habitude, pour se donner du courage, ou parce que c’est Noël. Il tremble un peu, et il renifle bruyamment , le nez rougi par le froid. Puis, il reprend, toujours un peu plus fort, cet air qui lui noue les entrailles et qui le fait vibrer en même temps.


Singin' oh, this must be Christmas
‘Cause I'm sick of the songs that the radio plays
But I'm drinkin' and singin' along anyways
Singin' oh, this must be Christmas
‘Cause there's only so much that my body can take
But I'm drinkin' and singin' along anyways
Singin' oh, oh-oh
Image

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Roxane-James
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Re: [Textes] Nuit du 12 décembre 2020

Message par Roxane-James » 12 déc. 2020 - 23:04

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image
Fandom : Original
Nombre de mots : 453
Personnages : Vera Solace (Cosmas et Célandine)
Rating : Tout public
Les rires gras des gardes se répercutaient en échos dans les corridors du palais. Vera ne pouvait pas les voir, ainsi cloîtrée dans le cagibi, mais le claquement caractéristique des bottes de cuir contre le sol de marbre et les éclats de voix suffisaient à l’informer de leur itinéraire. Ils se rendaient chez le roi. Ce qui signifiait qu’elle était hors de danger.

Pour le moment.

Elle baissa les yeux sur son ventre arrondi, plaçant ses paumes contre la peau tendue comme si ce simple geste avait le pouvoir de ralentir le travail entamé. Le bébé naîtrait dans les heures à venir. Elle devait se dépêcher.
Vera prit une profonde inspiration, rassembla ses robes, et jeta un coup d’œil anxieux à travers la rainure de la porte. Quand elle fut certaine que les gardes avaient disparu au deuxième étage, elle se glissa hors du placard et se dirigea dans l’aile ouest du château en trottinant. Elle passa devant la statue de Sexton le Valeureux sans accorder un regard à son nez ébréché, et frappa deux petits coups secs à la porte de Cosmas.

Seul le silence lui répondit.

Affolée à l’idée de rester ne serait-ce qu’une seconde de plus exposée à la vue de tous, Vera actionna la poignée et pénétra dans les appartements du prince.
A première vue, elle ne discerna rien d’anormal. Les vêtements de Cosmas jonchaient le sol, et des bouteilles d’alcool vides trônaient sur la table basse et le manteau de cheminée. Les rideaux étaient tirés, et une pile de parchemins recouvrait son bureau.

Pourtant, il régnait une atmosphère étrange dans la pièce. Comme une odeur sourde à peine masquée par le désordre coutumier du jeune homme. Oui. C’était cela. Une odeur. Un parfum suave que Vera était certaine d’avoir déjà croisé, et qui flottait dans l’air comme un mauvais souvenir.

Un éclat de rire jaillit de derrière la porte close qui menait à la chambre de Cosmas. Vera se figea. Il y avait quelqu’un, ici. Une femme. Elle s’approcha à pas lents de la porte, et colla son oreille contre le battant de bois. Rien. Pas un bruit. Jusqu’à…

— J’ai cru entendre quelque chose.

Non.

Vera connaissait ce rire. Mais c’était impossible… Cosmas lui avait juré que sa fiancée ne lui rendait pas visite. Elle ne pouvait pas se trouver là, dans son lit… Pas quand Vera s’apprêtait à donner naissance à son fils.

— Tu veux que j’aille vérifier ?

La voix de Cosmas résonna derrière la porte, si douce que Vera ne la reconnut pas, et puis sa silhouette surgit sous ses yeux, plus débraillée que jamais, et Vera aperçut les jambes nues de Célandine, étendue sur le lit de son amant. Son cœur se brisa dans sa poitrine.
Image

The universe is rarely so lazy

“I have become something wonderful, she thought. I have become something terrible. Was she now a goddess or a monster? Perhaps neither. Perhaps both.” The Poppy War, RF Kuang

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