[Textes] Nuit du 19 octobre

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Dreamer
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[Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Dreamer » 19 oct. 2019 - 18:36

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

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Titre :
Thème (écrit ou image) :
Fandom :
Nombre de mots :
Personnages :
Rating : 
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe des séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
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It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

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Wapa
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Wapa » 19 oct. 2019 - 20:01

Titre : diseuse de bonne aventure
Thème : les 2 : saltimbanques / image des cartes
Fandom : HP
Nombre de mots : 376
Personnages :
Rating : TP
Elle s'était enfuie. Sans regret. Elle n'en pouvait plus. Assez de ne pas être à la hauteur de son illustre aïeule. Si charismatique. Si belle et envoûtante. Célèbre et reconnue. Elle n'était que la fade réplique. Une version sans saveur, ni couleur. Trop commune. Trop maigre. Trop effacée. Comment pouvait-elle prétendre égaler un modèle si parfait ? Elle avait donc tout plaqué.
Une fois ses ASPIC en poche, elle avait quitté le domicile familial sans un regard en arrière pour le monde Moldu... et une troupe de saltimbanques. C'était son rêve. Une communauté d'artistes sans attache. La vie au jour le jour. Exercer son art sans pression. Et au dire de tous, elle se révélait même très douée.

Dans son royaume, elle accueillait l'anonyme pour le révéler à lui-même. Elle faisait ce pour quoi elle était née : prédire l'avenir. On l'appelait diseuse de bonne aventure. Bien qu'elle le regretta, l'apparence était capitale. Elle offrait à la populace le spectacle qu'elle attendait. Quelle tristesse que le monde soit tellement superficiel. Elle-même aspirait à se détacher des codes pour aller au coeur du spirituel. Mais elle se devait de céder aux sirènes de la mondanité pour se faire entendre. Après tout, qu'importe le hibou pourvu que le message soit transmis. Ainsi, elle soignait sa mise en scène. Les clients étaient reçus dans cette tente à la lourde étoffe. Dans ses reflets chatoyants, à la lueur des bougies, l'encens s'élevait en volutes. Enveloppée dans son châle, elle accueillait la misère et la richesse. Le doute et l'espoir. Le drame et l'amour. Semant des graines qu'elle espérait voir fleurir et germer dans leurs vies.

Ce soir, la foule se pressait aux portes de l'au-delà et elle enchaînait les consultations. D'un air mystérieux, elle mélangeait ses cartes. Le doux tintement des bracelets accompagnait ses gestes. A la dérobée, elle en profitait pour observer son nouveau client. Nerveux. Mal à l'aise dans cette atmosphère intime et enfumée. Une belle carrure. Un visage harmonieux avec des yeux en amande. Charmant. Mais probablement trop gentil. Avec le temps, elle avait appris à lire le destin de ses clients sur leur visage.
La vie n’est qu’un instant

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par BellaCarlisle » 19 oct. 2019 - 20:02

Titre : De nouvelles retrouvailles
Thème : Ecrit de 20h
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 970
Personnages : Volk (OC), Rhodes (OC), Mirna (OC)
Rating : tout public
Malgré la fatigue qui le menace, Rhodes s’attèle à son travail. Repeindre les roulottes avant de reprendre la route est devenu son quotidien mais il ne s’en plaint pas, conscient de l’instabilité de sa situation. C’est un maigre salaire qu’il récolte pour sa tâche, bien plus faible encore que la solde qu’il recevait comme soldat plusieurs siècles auparavant. Il a l’avantage d’être nourri, de posséder sa propre roulotte et d’avoir pu acheter l’attelage qui s’y attache, s’offrant ainsi une certaine dépendance. Si l’envie lui prenait de quitter la troupe et d’aller s’installer avec d’autres saltimbanques, il pourrait s’en aller, mais il a fini par développer quelques amitiés avec les comédiens. Il y en a quelques-uns qui se méfient toujours de lui, principalement parce qu’il peine à se fondre dans un costume d’homme du commun. Il ne s’en préoccupe toutefois plus, préférant éviter les conflits pour ne pas risquer de se dévoiler. Être immortel lui a attiré bien trop d’ennuis par le passé et il aimerait enfin s’accorder un peu de répit.

« Que craignez-vous tant pour vous cacher ici ? »

Le petit-fils d’Alexander reconnaît la voix qui s’adresse à lui et il délaisse un instant son pinceau, surpris par la silhouette qui s’avance. S’il y a bien un endroit où il n’imaginait pas revoir le fils d’Amélia, c’est dans un petit village banal.

« Qui vous dit que je me cache ? réplique Rhodes.
— Vous n’êtes pas le genre d’homme qui attend que le temps passe en voyageant avec des saltimbanques. Lors de notre dernière rencontre, vous envisagiez de vous battre pour votre famille.
— C’était il y a des décennies, murmure l’immortel avec tristesse. Vous savez à quel point les Corvinus s’entredéchirent, je ne peux plus rien pour eux. La révolte de Lucian m’a fait découvrir que j’espérais l’impossible. Mais vous, pourquoi êtes-vous là ?
— Pour tenir une promesse, répond Vølk. Sylya m’a demandé de vous retrouver et je compte bien vous ramener auprès d’elle. »

L’humain ne rétorque rien, il détourne seulement son regard, incapable de s’exprimer. Sa petite-nièce est une raison qui devrait lui suffire pour rentrer mais il n’a plus la force de se battre. Il ignore de quelle manière expliquer au Vampire que lorsqu’il voit Sylya, il revoit sa mère et, pire encore, sa grand-mère. Perdre Hadia a été une souffrance qu’il ne pensait pas vivre aussi tôt alors qu’elle était tout autant immortelle que lui. Elle-seule le comprenait, ils partageaient le même fardeau, mais tout s’est brisé en quelques instants.

Le cœur lourd, Rhodes invite l’autre homme à le suivre dans sa roulotte. Poursuivre leur discussion à l’extérieur serait dangereux, il ne tient pas à ce que l’un des saltimbanques commence à se poser des questions sur la nature du fils de l’Aînée. Il referme la porte derrière lui puis allume une bougie, même s’il sait pertinemment que le Vampire n’en a pas besoin. Cependant, la lumière accompagnée de la chaleur réchauffent l’âme de l’immortel qui sent les souvenirs affluer en grand nombre. Avec cette vie sur les routes, il supposait qu’il s’éloignerait assez de son passé mais l’arrivée de Vølk lui prouve qu’il ne peut pas échapper à tout ce qu’il a laissé derrière lui. Il voudrait reprocher au Vampire de déranger ses nouvelles habitudes sans réussir à le faire. D’une certaine façon, l’attention du brun le touche profondément, il n’a pas connu une telle loyauté depuis un long moment et il devine que le comportement du Conseiller est également lié à leur amitié qui se construit peu à peu au fil des ans.

« J’aimerais pouvoir abandonner ma vie aussi facilement que vous, avoue Vølk sur un ton hésitant. Mon rang est trop pesant, beaucoup attendent de moi que je sois un exemple à suivre pour l’ensemble des Vampires mais ce n’est pas ce que je souhaite. La mort de Sonja a alourdi mes responsabilités et celles de Katherine, pourtant j’ai le sentiment qu’elle ne ressent pas ce besoin de fuir.
— Vous êtes différents tous les deux. Je ne la connais pas aussi bien que vous mais de ce que je sais sur elle, elle n’a pas autant d’empathie.
— Je n’ai pas d’empathie envers mes semblables, proteste le Vampire.
— Cessez cette comédie. J’ai appris que vous aviez soutenu Sonja lorsque … »

Un coup frappé à la porte de la roulotte interrompt Rhodes qui fait signe à son ami d’être silencieux. L’immortel ouvre à l’une des artistes qui lui sourit en lui tendant un petit paquet. Il remarque que ce sont de nouveaux vêtements qu’elle a cousus pour lui et il la remercie maladroitement avec une gêne plus qu’évidente. La jeune femme semble s’en amuser et il se reproche sa timidité soudaine qui ne l’aide en rien.

« Est-ce que tu vas bien ? demande-t-elle avec inquiétude. J’ai vu tes pinceaux devant la roulotte de Filip et j’ai cru t’entendre parler en arrivant.
— Je m’essaye à la comédie, répond vivement le descendant d’Alexander, mais je ne suis pas aussi doué que toi, Mirna.
— J’espère pour toi que tu ne caches pas quelqu’un ici. Pas sans m’en parler d’abord. »

La lueur espiègle dans les yeux de la femme ne rassure pas Rhodes qui redoute la suite. Mirna déborde d’énergie et il ne serait pas surpris si elle tentait de vérifier par elle-même l’absence d’une quelconque personne supplémentaire. Il récupère son paquet puis lui souhaite une bonne nuit en priant pour que ce soit suffisant mais elle insiste et s’impose en l’entraînant à l’intérieur. Il ne s’y oppose pas pour éviter d’éveiller sa suspicion, ressentant cependant un certain malaise à l’idée d’attirer des problèmes à Vølk. À son grand soulagement, le Vampire a su trouver un endroit où se dissimuler aux regards de la jeune femme, jouant sur les ombres et l’éclairage de la bougie qui se fait de plus en plus incertain.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Tiiki » 19 oct. 2019 - 20:02

Titre : ?
Thème (écrit ou image) : Saltimbanques
Fandom : Original
Nombre de mots : 649
Personnages : /
Rating : /
Le mercure est encore relativement haut pour un début du mois de décembre. En ce samedi ensoleillé, le Trocadéro se dévoile tel qu’on peut se l’imaginer : il regorge d’artistes de rue, de vendeurs à la sauvette, et de promeneurs, Parisiens habitués comme touristes du monde entier. On entend le tumulte de la ville, ses bruits de klaxons et ses vrombissements de moteurs, ses soupirs d’automobilistes et ses « casse-toi pôv con ! » lâchés entre deux dépassements, ses voix, ses cris, ses rires et ses musiques d’ici et d’ailleurs, ses piétons battant la mesure sur le béton de la route lorsque le petit bonhomme est vert, puis leurs pas plus souples et plus libres lorsqu’ils atteignent enfin les jardins. On entend le tumulte de la ville, et puis pendant quelques fractions d’instants on devine même parfois ses silences, et ses fragments de vie.

Damien est un habitué. Il vit à Saint-Ambroise, et tous les samedis et dimanches matin il prend le métro 9 à sept heures trente-six précisément. Il emporte avec lui son vieux sac-à-dos militaire, rempli de tout le matériel dont il a besoin, d’un tupperware et d’un peu d’eau, et il s’assoit toujours à la même place, collée à la toute dernière porte de la rame, parce qu’avec le temps il a appris quelle était la place optimale pour sortir le plus rapidement de chaque bouche du métro parisien. A la station Trocadéro, c’est la place collée à la dernière porte de la rame du métro 9 qui semble maximiser sa vitesse de progression jusqu’à l’esplanade. Alors il s’assit toujours à cette place-là, parce qu’il a l’impression de comprendre mieux que tous les autres les règles du grand jeu de la vie, et aussi parce qu’elle le rassure, quelque part, sa petite routine.

Lorsqu’il sort du métro, il descend les marches deux par deux — jamais plus, jamais moins — et il s’installe à sa place habituelle dans les jardins du Trocadéro. Il s'installe toujours dans le même carré invisible qui n’est délimité que dans sa tête, parce que c’est le lieu de passage qui maximise les chances que les passants arrêtent momentanément leur promenade — ni trop près, ni trop loin de ses concurrents — juste à côté de la première fontaine à droite lorsque vous faites dos à la Seine, il sent qu’une nouvelle journée commence et il se surprend à improviser, la tour Eiffel en toile de fond.

De son sac-à-dos kaki et sale, il sort des merveilles : des balles, des assiettes chinoises, des massues, des cerceaux, mais aussi des diabolos. Les premiers passants s’arrêtent, curieux. Ces badauds esquissent les premiers sourires de la journée, tandis que les habitués et les pressés le gratifient de leur indifférence la plus parfaite. Damien n’a pas de formation particulière, il fait ça pour le plaisir et un peu pour l’argent. A vrai dire, il jongle très mal, et il est souvent moqué pour cela. Ce qu’il préfère, c’est le mime et les numéros de clown. Non, ce qu’il préfère, c’est la lumière dans le regard des gens, et son plaisir culmine quand il fait naître dans la gorge des enfants un de ces rires purs et émerveillés qui ne leur appartient qu’à eux. L’espace de quelques heures, il est l’un de ces artisans de la joie et de l’animation de la rue, l’un de ces anonymes qui font la vie de l’espace public.

Dans le tumulte de Paris, pendant quelques fractions d’instants, on peut distinguer Damien le saltimbanque, comme tant d’autres fragments de vie.
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
(vignette AliceJeanne, BellaCarlisle, Hazalhia)

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par AliceJeanne » 19 oct. 2019 - 20:06

Titre : /
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1052
Personnages : Maisie A(OC), Percy W
Rating : /
Au dernier étage de la plus haute tour du château de Poudlard se trouvait une salle aux mille et un secrets brumeux que seule la possession d’un troisième œil permettait de percevoir. Derrière une trappe tombant du plafond, succédant à un escalier sans fin dans lequel les soupirs des étudiants s’étaient maintes fois éteints, se trouvait l’antre des mystères impénétrables des choses probables et futures. Dans une ambiance tamisée, la pièce ornée de draperies et poufs bariolés était bien souvent le théâtre de sordides révélations, tout comme de rêves que la voix feutrée du professeur Trelawney ne parvenait à troubler. Et dans cette salle si haut perchée, un jeune garçon aux cheveux roux tentait désespérément de garder les yeux ouverts sous le regard moqueur de sa meilleure ennemie, qui, malgré ses cernes violacées débordant sur ses pommettes, était quant à elle, parfaitement réveillée.

Percy avait maudit le gestionnaire des emplois du temps toute la nuit lorsqu’il avait compris qu’étant donné le faible nombre d’élèves de son année à avoir choisi de poursuivre la divination comme option, il se verrait dans l’obligation de passer tous ses cours en compagnie de celle qui était la plus à même de le rendre fou: la préfète de Poufsouffle, Maisie Andrews.

Parfois, il se disait qu’elle le collait uniquement pour l’agacer un peu plus, et il n’était certainement pas très loin de la réalité. Cinq ans qu’elle lui suivait comme son ombre, toujours au coude-à-coude avec lui lorsque de chaque nouvel examen, toujours à proximité, véhiculant une délicieuse odeur de cookie à chaque pas. Il étouffa un bâillement. La nuit précédente avait été bien courte, Fred et George ayant tenu à souhaiter une heureuse première garde à leur préfet de frère. Garde qu’il avait partagée avec Maisie ce qui avait été bien loin de l’aider à la rendre reposante car la jeune-fille avait, depuis toujours, l’art et la manière de le faire parler jusqu’au petit matin, taquinant chaque aspect de sa vie qui, selon elle, le nécessitait.

Percy piqua du nez et Maisie lui donna un coup de coude. Il lui adressa un regard noir et elle lui répondit par un sourire. Il jeta un coup d’œil dédaigneux vers le tarot sur leur table et elle s’appliqua à prendre en note ce que leur dictait leur professeur. Percy avait choisi de poursuivre la divination en ASPIC, ainsi que la plupart de ses matières pour le simple et immense honneur de parvenir à cumuler douze «optimal» tout au long de sa scolarité. Maisie l’avait imité car elle était curieuse de tout et ne savait encore réellement ce qu’elle souhaitait exercer comme futur profession.

«Coupe le paquet Percy! lui demanda-t-elle le regard brillant, le faisant sursauter.»

L’adolescent obtempéra, se demandant ce que son «amie» allait bien pouvoir lui prédire de catastrophique car aucune prédiction ne se révélait bénéfique une fois passée dans les mains expertes de Sibylle Trelawney. Maisie commença à aligner les cartes, concentrée et Percy s’amusa de voir se dessiner de petites rides au coin de ses yeux et sur son front, témoins de sa profonde réflexion. La veille, avant de s’endormir pour quelques heures, ils avaient misé deux échanges de garde pour celui qui réussirait à faire la prédiction la plus juste. Et bien que Percy ne jugeait pas la divination comme étant une matière très sérieuse, il éprouvait tout de même une envie, guidée par la compétition, de faire démentir les propos de la jeune-fille. Ne serait-ce que par principe. Aussi, feuilleta-t-il son manuel à la recherche de clefs d’interprétation.

«Hum... commença Maisie en se frottant le menton. Je vois un grand changement dans les prochains mois. Quelque chose d’intimement personnel. Peut-être même de sentimental.»

Percy esquissa un rictus.

«Hum... je vois quelque chose de bleu, continua-t-elle, faisant plisser des yeux son binôme qui ne vit pas le fin sourire fendre les lèvres de sa camarade. Oui, je vois un oiseau bleu, avec des cheveux blonds. Serait-il probable que tu fasses ta déclaration à Pénélope prochainement?»

Percy lâcha son livre. Comment osait-elle?! Alors que la principale intéressée n’était qu’à quelques mètres d’eux, lorgnant sur son propre tarot avec circonspection, tandis que son partenaire de Serpentard, dernier élève de leur petite classe, feuilletait avec la rage du désespoir, son livre en quête d’une explication aux sombres présages qu’elle lui avait énoncés.

«Je vois également un duo et un grand malheur s’abattre sur toi, poursuivit-elle en fronçant les sourcils pour cacher son hilarité face à sa précédente réaction. Peut-être Fred et George vont-ils se venger prochainement suite à notre saisie dans leur stock de bombabouses de cette nuit?
- Il n’y a pas besoin de posséder le troisième œil pour faire cette prédiction ronchonna-t-il en songeant sombrement au fait qu’il regretterait certainement amèrement d’avoir gâché leur première farce de l’année.
- Mais il se pourrait également que cette grande épreuve t’ouvre les portes d’un bonheur autrement insaisissable, reprit-elle avant de interrompre pour réfléchir, un sourire mutin délicatement plaqué sur son visage au teint mordoré délicatement accentué par l’été.»

Percy grinça des dents. Qu’allait-elle donc encore inventer pour le mettre dans l’embarras. Dire qu’il était celui à l’origine du stupide pari les condamnant à avouer à leur coup de cœur ce qu’ils avaient au plus profond d’eux-même. Maisie devait certainement tremper ses pâtisseries dans du whisky Pur Feu avant de les lui servir afin qu’il ait de telles idées saugrenues.

«Donc, si j’ai tout compris, conclut-elle, Fred et George vont t’organiser un rencard. C’est la seule explication logique et rationnelle à ce tirage de cartes.»

Le Gryffondor pouffa, rien n’était plus improbable.

«Il y aurait plus de chances que tu me battes en ASPIC de métamorphose plutôt que ce fait se produise, railla-t-il. La métamorphose avait toujours été une des matières dans laquelle Maisie excellait le moins.
- Dans ce cas prépare ton costard mon petit Perse’! s’exclama-t-elle car je compte bien obtenir un A sur mon prochain devoir.
- Si tu obtiens un A, je te promets d’encourager l’équipe de Poufsouffle lors du prochain match de Quidditch.
- Marché conclu! finalisa la jeune-fille le regard luisant, lui tendant une main cordiale qu’il serra avec défi.»

L’histoire raconte que le jaune allait à merveille à Percy et que Fred et George eurent un impact majeur sur l’avenir de sa relation avec Pénélope Deauclair, mais, bien entendu, le principal intéressé ne s’en venta jamais.
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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par LilTangerine » 19 oct. 2019 - 20:28

Titre : La Bohème
Thème (écrit ou image) : Artiste
Fandom : /
Nombre de mots : 141
Personnages : /
Rating : /
Tu n'es qu'une main usée qui caresse le papier jauni d'un livre. L'écho de ce qui aurait pu être, une ombre qui erre entre les draps blancs sur les meubles. La peinture craquelée abandonnée sur le bord de l'établi.
Puis soudain, tu es jeune et le soleil inonde la pièce par la grande lucarne. L'air sent les fleurs séchées et la térébenthine. La toile est blanche, tes mains bariolées. Le pinceau embrasse amoureusement l'ocre sur ta palette. Tu n'es rien sinon l'ambassadeur de la vie, du vent qui agite les cimes, de ce regard échangé au café ce matin, de la clameur du marché et du parfum des lilas. La misère qui creuse ton visage n'est rien devant la beauté et cette joie sauvage qui t'étreint.
Tu es jeune et le monde est tien, et pendant un instant, tu te souviens.
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"But I don't want comfort. I want poetry. I want danger. I want freedom. I want goodness. I want sin." - Aldous Huxley

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Tiiki » 19 oct. 2019 - 20:34

Titre : ?
Thème (écrit ou image) : Artiste
Fandom : Original
Nombre de mots : 228
Personnages : /
Rating : /
Quand les passants ne l’ignorent pas, ils rient, et même si de l’extérieur on ne saurait pas bien faire la différence entre ceux qui rient de lui et ceux qui le trouvent vraiment drôle, lui sait parfaitement distinguer les deux. Alors lorsque dans les éclats de rire il perçoit un semblant sincère et spontané d’amusement, il se sent comédien et humoriste, et ça le rend heureux. Il pourrait presque fermer les yeux et s’imaginer sur une estrade, pour son propre spectacle. Le public se déplacerait de loin pour l’entrapercevoir, lui et ses blagues, lui et ses mimiques, lui et ses jongleries maladroites, lui et son vieux sac rapiécé, et les spectateurs l’applaudiraient à tout rompre. Sur l’esplanade la foule n’est pas en délire mais ce n’est pas grave, il sait qu’il n’est personne, d’ailleurs il n’aspire pas forcément à devenir quelqu’un. Damien n’a pas de formation ni de talent particuliers, il n’est pas vraiment un artiste, mais il aime dire qu’il est un artisan. [L’espace de quelques heures, il est l’un de ces artisans de la joie et de l’animation de la rue, l’un de ces anonymes qui font la vie de l’espace public.]
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Westyversionfrench » 19 oct. 2019 - 20:36

Titre : La Voûte Joyeuse
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Harry Potter
Nombre de Mots : 398
Personnages : Mystérieux Architecte
Rating : Tous Publics
Parmi les bâtiments les plus emblématiques de sa carrière, nous ne pouvons exclure La Voûte Joyeuse, édifice à d’intérêt autant économique qu’historique. En effet, si sous l’Ancien Régime Monarchique Sorcier, la Voûte Joyeuse était l’écrin du Trésor Royal Magique, il devient sous la Nouvelle République Sorcière la résidence du Premier Mage-Élu.

A l’origine bâtiment fortifié réputé imprenable, l’oeuvre du mystérieux architecte est dotée en 1815 de trois ailes qui séparent la couronne d’origine en tiers égaux. Le segment nord est l’appartement du Mage-Elu et les deux segments suds abritent respectivement La Chambre des Mages, à l’Est et Le Conseil Magique à l’Ouest. Ces deux institutions, où siègent les plus éminents sorciers de leur temps et les représentants du peuple, voient leurs membres demeurer en leur sein, car les trois nouvelles ailes sont des appartements de fonction petits mais salubres et élégants.

Si le XVIII ème siècle accueille des architectes talentueux et astucieux, ceux-ci ne parviennent pourtant pas à percer les mystères de leur prédécesseur. En effet, si La Voûte Joyeuse est prise en une semaine seulement, les révolutionnaires de 1807 ne trouveront aucun trésor royal. Celui-ci, grâce aux mécanismes, pièces secrètes et sortilèges de la première époque, demeurera absent, bien qu’inévitablement enfermé en ce lieu. Nombre légendes relatent les excavations sauvages perpétrées par les révolutionnaires et les campagnes plus récentes d’archéologie magique confirment certaines de ces exactions.

De nos jours encore, il ne reste rien des parures des puissantes reines-sorcières qui ont gouverné la France Magique depuis l’an 1001 ni des chatoyantes armures de leurs consorts. Les plus grands spécialistes de notre architecte fouillent d’arrache-pied les plans et esquisses du projet, retrouvés dans les archives familiales des V depuis deux décennies mais peinent à déchiffrer certaines inscriptions en langue oubliée.

Tout espoir n’est pourtant pas perdu puisqu’un jeune visiteur, élève à Beauxbâtons, a révélé une nouvelle pièce en trébuchant sur une dalle dans l’une des trois cours triangulaires. Les faits remontent à peine à plus d’un an. Cette petite antichambre accueille un escalier escamotable menant à une cave remplie des épingles nacrées de Dame Hildemirthe, princesse franque, grand-mère de la première souveraine-sorcière de notre pays.

Ce modèle d’escalier escamotable, unique en Europe, a permis de réviser nos connaissances du génie civil qu’était Monsieur V. Il semblerait que les soupçons précédents indiquant que chaque édifice pensé par sa personne recèlerait une singularité architecturale se confirment de plus en plus.
Serpentard de Cœur :sadik: , Serdaigle Secret :clavier: , Gryffondor Refoulé :superman: , Poufsouffle à Souhait :hug: !

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popobo
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par popobo » 19 oct. 2019 - 20:51

Titre : La jeune fille à la perle
Thème (écrit ou image) : artiste et image (https://media.discordapp.net/attachment ... height=385)
kropekk_pl sur pixabay
Fandom : -
Nombre de mots : 258
Personnages : -
Rating : -
Dans l’atelier, la jeune fille est admirative. Tout est silencieux. Autour d’elle, des dizaines de boites et de coffrets se mélangent dans les étagères. Les tubes de peintures sont parsemés sur les tables et les pupitres. Gretchen déambule en admirant les trésors de son maître tout en restant discrète. Elle n’est pas sensée se trouver ici mais en voyant la porte ouverte de l’atelier, sa curiosité l’a emporté.

Des tissus colorés et soyeux attirent son regard et Gretchen ne peut résister à la tentation de poser ses doigts sur les étoffes étrangères. D’un geste précis, elle réussit rapidement à nouer les foulards autour de ses cheveux désormais cachés.

Dans le silence complet de l’atelier, elle semble rêver par toutes les merveilles que le peintre a pu récolter au cours de ses voyages. Un petit coffre regorge de colliers de perles. Les bijoux sont magnifiques, Gretchen est éblouie. Un joyau attire particulièrement son regard et ses doigts. Enhardie, la jeune fille se laisse guider par son envie et la tentation en accrochant deux perles blanches et brillantes à chacune de ses oreilles.

Devant le miroir, elle s’admire en rêvant pouvoir un jour devenir une aussi belle et noble femme. Sa peau claire et ses lèvres rouges révèlent encore trop son jeune âge. Mais Gretchen, parée des bijoux précieux, reste rêveuse et méditative sans se rendre compte que, derrière elle, dans l’ombre et le silence, son maître l’observe et s’imprègne de chaque détail. La jeune fille à la perle qui se trouve délicatement devant lui est un simple chef d’oeuvre.

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Mathy
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Mathy » 19 oct. 2019 - 20:52

Titre : Une opportunité
Thème (écrit ou image) : image de perles
Fandom : original
Nombre de mots : 646
Personnages : les pirates, le capitaine, les parents, le jeune femme
Rating : TP
Une brise s’engouffre entre les mèches de mes cheveux. Une mer de miel : ma chevelure blonde illuminée par les derniers rayons de soleil. La seule part de mon être encore libre de s’agiter au gré des vents. En écartant mes cheveux de mon visage, quelques uns me restent dans la main. Dans un état second, j’étire mes doigts pour les laisser s’envoler. Je les regarde s’éloigner en espérant pouvoir faire de même un jour.

J’entends les voies des pirates autour de moi. Une distance suffisante me sépare d’eux… Pas assez pour que je puisse intelligemment tenter de m’échapper, je serais immédiatement rattrapée.

Un soupire exaspéré se faufile entre mes lèvres. Jamais je n’aurais pensé me retrouver ainsi.

Voulez vous que je vous raconte mon histoire ? Je n’ai rien d’autre à faire, à part, comme tous les autres soirs, observer le ciel obscurcir et se confondre avec la mer.

Mes parents étaient pêcheurs, nous habitions sur une des nombreuses îles des Caraïbes. Notre coin de paradis où nous vivions seuls au monde. J’avais grandi dans une routine paisible de pêche matinale puis de loisirs et d’apprentissage. Même si je ne vivais qu’avec mon père et ma mère, j’avais été formée à tout art. Autant la pêche que la poterie, la peinture, le calcul, l’astronomie… Chaque semaine, ma mère au retour de sa visite au village voisin me ramenait des ouvrages que je dévorais. Si les livres abreuvaient ma soif de connaissances, mes parents m’aidaient dans les savoirs-faire. Ce que je préférais c’était le couteau : simple, agile et léger. Un outil rapide et fatal.

Je pourrais passer des heures à vous expliquer à quel point ma vie à cette époque était paisible et merveilleuse mais tout changea un jour. C’est le même changement comme dans toutes les autres histoires. Un jour, ce fut la fin.

La fin de mon monde.

Je ne vous fais pas un dessin. Vous avez sans doute deviné. Mon histoire est similaire à tant d’autres. Un accostage. Un massacre. La différence fut que je fus gardée en vie. Une jeune fille aux cheveux blonds aurait un bon prix, ma mort aurait été un gâchis.

Gâchis pour qui ? Pas pour moi en tout cas.

Malgré ma frustration, ma lutte, je fus emmenée comme une poupée désarticulée. Et sur le bateau, ma dernière vision fut celle de l’incendie détruisant tous mes souvenirs.

Tant de choses aurait pu m’arriver ensuite. Néanmoins, je fus préservée. Petit jeu du capitaine qui aimait manger à côté d’une jolie marionnette.

En parlant de dîner, un des hommes me prit fermement par le bras pour me ramener dans ma cellule. Petite pièce remplie de trésors. Je n’en étais qu’un parmi d’autres. Je devais m’apprêter pour voir le capitaine. Lui offrir une belle vue. La menace en cas contraire avait été claire. Assise sur un mobilier coûteux, je regardais autour de moi. Que n’avais je pas encore inspecté ?

Une petite boite attira mon attention. Je la pris délicatement et l’ouvris. Les perles contenues dedans tentèrent de fuir comme un torrent de montagne. Comme moi. Elles étaient compressées dans cette petite boite en bois. Ouvrant totalement la boite, je sortis le collier de perle qui était dedans. Magnifique rivière de perles sans fin. Je n’arrivais pas tendre le collier avec mes bras écartés. Je les enroula encore et encore autour de mon cou. En me regardant dans un miroir, je vis la prestance dégagée par ces perles, la puissance et la fierté.

En baissant mon regard, je vis un deuxième objet dans la boite : une épingle à cheveux. Un ornement ondulé et tranchant comme un couteau. D'un magnifique bleu nuit, la mer y était sculptée. Une perle au bout servait de prise. Une arme mortelle. Voilà mon signe. Mon espoir. Mon opportunité de vengeance.

J’attrapa mes cheveux et les releva en m’aidant du miroir. Dans mes yeux brûlait une nouvelle flamme.

Une vie pour nos vies.
Sois toi même et avance !
:superman:

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par selket » 19 oct. 2019 - 21:02

Titre : Un coffret sur la coiffeuse
Défi (scénaristique ou stylistique) : image (coffet avec un collier )
Fandom : HP
Nombre de mots : 425
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : TP

Dans sa chambre il y avait une coiffeuse. Sur cette coiffeuse il y avait un coffret crème. Dans cet écrin des plumes d’oies. Au milieu du duvet blanc il y avait un collier. Et au milieu du collier il y avait une perle en pendentif. Cette perle qu’elle avait un jour trouvé dans une des huitres d’eau douce du lac de Poudlard. Ce trésor sa mère l’avait fait monté en collier après l’avoir entendu dire, à ses amis bien trop curieux, que le jour où elle trouverait son prince charmant il pourrait là lui passer au cou.
Mais il y avait eut la guerre, le prince charmant n’était jamais venu et le collier avait été remisé au grenier dans son coffret immaculé. Désillusionné elle avait jeté les plumes blanches, qu’elle avait un jour ramassé dans le parc de Poudlard, par la fenêtre.
Et puis un jour on lui avait tendu ce coffret oublié, au milieu de l’écrin il y avait a nouveau des plumes blanches, et surtout il y avait le collier que Dean lui avait passé autour du cou avant de l’embrasser pour la première fois.

Sur son lit. Il y avait une bague. Une bague toute simple, si différente des bagues chargées et ouvragées qui se transmettaient de génération en génération chez les sangs-purs. C’était un simple diamant monté en cabochon sur un fin année en or blanc. Tout de suite elle l’avait aimé cette bague sans fioritures et pourtant si élégante. Sous l’écrin noir il y avait une lettre. Quelques mots griffonnés sur un morceau de parchemin d’une écriture brouillonne qu’elle aurait reconnu entre mille. Et tout en bas de la page il y avait eut quelques mots qui lui avait fait porter les mains aux lèvres. Sur sa main il y avait une bague de fiançailles.

Dans le coffret crème il y avait un collier de perle. Un beau collier de deux rangs comme celui qu’elle avait vu un jour dans la vitrine du bijoutier. Elle avait eut les yeux brillants en le voyant et Dean l’avait regarder en souriant. Il l’avait tiré à sa suite dans la boutique pour qu’elle l’essaye. Elle avait eut beau dire qu’il coutait bien trop cher. Qu’ils n’avaient pas les moyens il n’avait rien voulu entendre. Elle lui avait fait un cadeau, à lui de lui en faire un. Elle était repartie avec le collier autour du cou et son éternelle perle non loin de son coeur qui palpitait encore plus alors que Dean pressait sa main contre son ventre qui s’arrondissait tout doucement.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par AliceJeanne » 19 oct. 2019 - 21:05

Titre : /
Défi (scénaristique ou stylistique) : mot
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 750
Personnages : Alicia (OC), Manuel (OC), Wilhelm (OC)
Rating : /
Une bourrasque de vent fit trembler les murs et siffler les gouttières de l’immeuble en un hurlement macabre semblable à une meute de loups en chasse et Wilhelm se détourna de la fenêtre pour retourner à son devoir de mathématiques. À ses côtés, sa mère révisait quelques dossiers, le visage concentré et une paire de lunettes à fine monture tombant régulièrement sur le bout de son nez, qu’elle plissait alors avec agacement, en une mimique que le garçon trouvait des plus amusantes. Un peu plus loin, son père somnolait dans le canapé, un calepin posé sur ses genoux et un crayon gribouillant entre ses doigts.

Le mois de novembre était particulièrement lugubre cette année et l’ensoleillement était un luxe ce qui abattait considérablement son moral. Le personnel de l’hôpital était toujours plus maussade lorsque le ciel demeurait gris et les sourires de ses petits patients se raréfiaient. Aussi avait-il été ravi lorsque, son dernier rendez-vous annulé et la visite du soir effectuée, il avait pu regagner la chaleur de son foyer. Alicia ne passait que peu de temps au cabinet cette semaine et il était particulièrement rare que cela soit le cas, aussi était-il le plus qu’heureux de pouvoir rentrer un peu plus tôt afin qu’ils profitent ensemble de leur jeune fils avant qu’il n’aille se coucher.

Ses additions et soustractions achevées, Wilhelm se leva de sa chaise et sautilla avec la joie naturelle des enfants jusqu’à son père afin de lui tendre son cahier qu’il prenait toujours un réel plaisir à vérifier.

«Normalement j’ai tout bon! s’exclama le garçon en grimpant à ses côtés pour venir se coller contre son torse, humant les derniers effluves laissés sur sa peau par son savon le matin même.»

Manuel esquissa un sourire. Wilhelm n’avait jamais eu de difficultés scolaires et il ne doutait absolument pas de l’exactitude de ses calculs, mais, jouant le jeu, il revêtit un petit air sévère tout en inspectant les nombres tracés à l’encre bleutée sur le papier quadrillé, tandis que son fils observait avec intérêt ce qu’il avait griffonné, la tête ailleurs.

«Elle est encore plus jolie qu’en vrai! souffla le garçonnet avec admiration, arrachant un sourire attendri à son père.
- Ne le dis pas trop fort, lui recommanda-t-il à mi-voix, elle va t’entendre et tu sais très bien qu’elle déteste que je la dessine à la dérobée.
- Pardon, chuchota-t-il arborant un adorable petit air espiègle après avoir jeté un coup d’œil investigateur en direction de sa mère, toujours absorbée par son travail. Mais tu es un véritable artiste papa!»

Manuel partit dans un petit rire, tirant une moue déçue à son fils qu’il tâcha rapidement de faire disparaître en se ruant sur lui dans une bataille de chatouilles à laquelle l’enfant répondit volontiers, hilare et les joues rouges. Alicia leur lança un regard soupçonneux, mais devant leurs sourires brusquement angéliques, elle se détourna, une expression attendrie sur son visage. Elle ne se laissait jamais de les voir si complices.

«J’ai eu beaucoup de temps pour m’entraîner à dessiner ta mère, reprit finalement Manuel sur le ton de la confidence.
- Combien? questionna l’enfant avec intérêt.»

L’immortel arbora un air gêné.

«Vingt ans? tenta Wilhelm.
- Hum, plutôt plus, répondit Manuel, riant intérieurement.
- Trente?
- Tu peux encore monter, champion, rit-il en lui ébouriffant les cheveux.
- Cent? proposa timidement le petit garçon en écarquillant les yeux.
- À plus ou moins cinq siècles près tu es dans le juste.»

Wilhelm lui servit un regard indescriptible. Le concept d’immortalité échappait encore bien des fois à sa compréhension et être constamment entouré d’adulte ne semblant pas être âgés de plus d’une petite trentaine d’années ne lui permettait pas de saisir avec autant de finesse que ses petits camarades de classe, le vieillissement et l’âge réel.

«Mais vous êtes super vieux! s’écria-t-il, faisant sursauter Alicia qui se tourna vers les deux hommes de sa vie en plissant les yeux.
- C’est relatif, s’amusa Manuel après avoir refoulé son hilarité au plus profond de son être. Tes grands-pères ont plus de mille ans.
- Grand-père Viktor est une momie?! s’horrifia l’enfant dont l’imagination débordante faisait bien des siennes.»

Manuel n’y tint pu et, malgré le regard offusqué de son fils, partit dans un rire tonitruant, se tenant les côtes et peinant à maintenir une station assise. Ce ne fut que le coussin envoyé avec force et précision dans son abdomen par sa chère et tendre qui lui fit comprendre qu’accepter la comparaison de son beau-père avec une antiquité ne jouait absolument pas en faveur de sa survie.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par BellaCarlisle » 19 oct. 2019 - 21:06

Titre : /
Thème : Ecrit de 21h
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 512
Personnages : Alice (OC), Esely (OC)
Rating : tout public
Alice déchire d'un geste brusque l'esquisse à peine commencée. Les morceaux de papier rejoignent les nombreux autres qui gisent dans la corbeille, fragments de dessins qui n'auront jamais leur heure de gloire. La jeune femme saisit une autre feuille et recommence, traçant délicatement les contours d'une silhouette, s'attardant si peu sur les détails. Les courbes prennent vie sous la mine de son crayon, le visage se pare d'une expression douce, le corps se vêt d'une robe délicate. Pourtant, elle n'est pas satisfaite, le résultat lui paraît fade, trop plat, pas assez vivant. Elle aimerait retranscrire à la perfection les émotions contradictoires qui habitent bien souvent les yeux de son modèle, ce mélange de joie et de nostalgie, cette lueur farouche qui transparaît lorsqu'il est question de sa famille, mêlée à un brin de tristesse. Aucune couleur ne convient pour faire naître le reflet d'autant de nuances, aucun support ne rend grâce à la beauté irréelle de son amie. Pour l'humaine, c'est un échec puissant qui la déçoit tant elle voudrait offrir un chef d'œuvre à sa colocataire.

Une fois de plus, Alice se débarrasse de son travail. Elle est frustrée d'accumuler toutes ces erreurs alors qu'elle cherche seulement à produire le cadeau idéal pour Esely. La jeune Vampire a su la tirer de sa passivité en lui redonnant confiance en elle mais elle n'a rien à échanger pour la remercier. La vivacité de son amie est une véritable source de bonheur pour elle, d’autant plus qu’elle a découvert que tous les préjugés qu’elle se faisait sur les êtres de la nuit ne sont rien de plus que des mensonges. Jamais Esely n’a osé lui faire de mal, elle n’a cessé d’être présente pour elle, de lui parler de son univers de ténèbres, de la pousser à croire en son art. Régulièrement, la Vampire se prête au jeu en posant pour elle, sans lui reprocher ses multiples ordres concernant la bonne position à prendre.

« Alice, tu as reçu du courrier. »

La plus jeune relève la tête de sa nouvelle tentative de dessin. Esely est à côté d’elle en quelques secondes, une lettre dans les mains. L’humaine fronce les sourcils en observant le nom de l’expéditeur, sentant son rythme cardiaque s’accélérer sous le coup de l’inquiétude. Elle se rappelle pourtant avoir demandé au laboratoire d’analyses médicales de ne pas lui envoyer les résultats à domicile, pour éviter que son amie les aperçoive, mais il faut croire que sa requête n’a pas été enregistrée. Elle ouvre l’enveloppe avec des gestes tremblants, en sort la feuille à son nom et détaille les quelques chiffres qui s’étalent sous ses yeux. Ses mâchoires se serrent quand elle comprend que les résultats ne sont en rien encourageants. Alice se rend compte qu’elle pleure lorsqu’Esely la prend dans ses bras maladroitement, sans un mot. La mortelle est secouée par des sanglots qui ne s’arrêtent pas, touchée plus que de raison par la terrible vérité qui était pourtant si prévisible. Son médecin lui avait dit de ne pas espérer une amélioration mais ces simples chiffres la condamnent presque déjà.
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Wapa
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Wapa » 19 oct. 2019 - 21:07

Titre : diseuse de bonne aventure (partie 2)
Thème : les 2 : artiste / image du coffre
Fandom : HP
Nombre de mots : 368
Personnages :
Rating : TP
Elle se voyait comme une artiste. Écoutant l'humanité. Façonnant les destinées. Elle redonnait un nouveau souffle à leur quotidien terne et étriqué. Elle recevait ces histoires et elle les transformait. Les sublimait. Ajoutant de la beauté là où il n'y avait auparavant que de la banalité. Oui, elle créait. Et cette nuit encore, son art serait au service du jeune homme en face d'elle. Son intuition lui soufflait d'ailleurs qu'il y avait une femme derrière sa peine. Elle allait donc ressortir sa carte fétiche. Celle qu'elle jouait quasiment à chaque fois. Variant la tonalité mais pas la mélodie. Celle de l'Amour. L'Amour qui fait bouillir le chaudron. L'Amour qui fait voler les dragons. L'Amour. Neuf fois sur dix, elle utilisait cette carte. Huit fois sur dix avec succès. L'ayant discrètement positionnée au sommet du paquet, elle suspendit ses gestes pour s'assurer de l'attention de son interlocuteur. Dans le profond silence, la tension montait. Elle caressait son collier de perles nacrées. Il la fixait en mordillant ses lèvres, croisant et décroisant les bras. Il était prêt.
Brusquement, elle abattit sa première carte sur la petite table. Le bruit sourd fit sursauter le jeune homme. Il se pencha pour observer l'image enluminée. Une jolie dame à la chevelure dorée enlaçant chastement son bien-aimé. Il blêmit en se reculant. Elle avait donc vu juste.

— Je vois... une femme. Elle est belle. Elle est désirable. Elle est inaccessible.

Son client déglutit, ne cherchant pas à la contredire. Respirant bruyamment, sa poitrine se soulevait et s'abaissait rapidement. Elle écrasa sa seconde carte. Un coffre ouvragé en bois.

— Son âme est enfermée à double tour et vous n'avez pas la clé.

Désespéré, il porta une main à son visage. Avec douceur, elle posa finalement sa troisième carte. Un bateau à larges voiles.
— Mais rien n'est perdu. Vous pouvez la conquérir. Il vous faudra sortir des sentiers battus. Retrouver un souffle nouveau. Vous êtes fort. Vous êtes courageux. Vous êtes digne d'amour.

Peu à peu, sous ses mots, il s'était redressé en carrant les épaules. Encore une fois, elle avait réussi. Elle était une artiste. Digne de son arrière-arrière grand-mère, Cassandra Trelawney.
Dernière modification par Wapa le 19 oct. 2019 - 21:22, modifié 1 fois.
La vie n’est qu’un instant

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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Mikoshiba » 19 oct. 2019 - 21:16

En retard :dribble:

Titre : Le coffre d'Ivanka
Thème (écrit ou image) : L'image de 21h
Fandom : /
Nombre de mots : 423
Rating : /
Sur le pont de La Revanche d'Ivanka, deux matelots discutent. Il fait nuit, la mer est calme, seul le nuage de fumée qui s'échappe de la pipe du plus âgé vient troubler l'atmosphère. La plupart de l'équipage est à l'intérieur, jouant aux cartes et buvant du rhum, mais les deux-là ont choisi un environnement plus paisible.
— C'est pou' ça que j'suis tellement heureux d'êt' pirate. T'vois ? La liberté, le grand large...
— Et pas d'guillotine su' l'pont ? lui rétorque doucement le vieux, sa pipe vacillant dans sa bouche édentée.
Son collègue lui lance un regard anxieux de son œil valide. Il passe alors une main robuste dans sa barbe rousse
— Tout se sait ?
— Toujou'.

Le silence reprend ses droits. Puis, au bout de quelques instants, le borgne le rompt une nouvelle fois.
— Y a d'la lumière dans la cabine du cap'taine, non ?
Le vieillard se contente d'un hochement de tête, recrachant sa fumée doucement.
— T'sais c'qu'y fait toi ?
— T'es cu'ieux.
— On racont' des choses... Comme quoi il gard'rait un trésor là-d'dans. Le nain m'a dit que...
— Le nain il y connait que dalle. T'veux savoi' la vé'ité ? La vé'ité su' tout ? Hé bé j'va t'la 'aconter. Le capt'aine, il a b'en un t'éso'. Mais c'est un t'éso' 'ien que pou' lui. T'l'au'ais sous les yeux — enfin, c'ui qui t''este — qu'tu sau'ais mêm' pas qu'c'est un t'éso'.
Le vieux était lancé dans son histoire, et plus rien ne pourrait plus le stopper. Il aimait être écouté, et cette histoire renforçait la légende de son capitaine, alors pourquoi se priver ?
— Quand l'était jeune, le cap'taine, il était dans la ma'ine o-ffi-cielle. Y avait une fille, Yvanka qu'el' s'app'lait, et il d'vait s'ma'ier avec. Mais y a un aut' bateau qu'est passé, y a ti'é un boulet d'canon qu'a dét'uit touuute la pat'ie du po't où elle l'attendait. L'est mo'te su'l'coup. Tout c'qu'il a pu 'écupérer d'elle se t'ouve dans un p'tit coff'e en peau d'se'pent. Il a aucune valeu' c't'uc. Mais d'dans, il a mis un collier qu'y avait offe', un 'uban, c'ui-là même qu'el' avait dans les ch'veux quand elle est mo'te, et pis un os d'sa main gauche, un d'son doigt où qu'elle avait la bague. Le cap'taine, il a tout fait ce qu'y pouvait pou' 'et'ouver le salopa' qu'à ti'é le boulet de canon, mais ses chefs de quand il était officiel ont 'ien voulu savoi'. Alo' il a dése'té, pis d'puis c'est un pi'ate. Et vu qu'il fait ça par amou', c'est dev'nu l'meilleu'.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Tiiki » 19 oct. 2019 - 21:35

Titre : Le tunnel
Thème (écrit ou image) : Image 22h
Fandom : Original
Nombre de mots : 156
Personnages : /
Rating : /
Le tunnel semble interminable.

Elles sont sinistres, ses voûtes faiblement éclairées.
Elles sont sinistres aussi, ses briques froides et austères.
Par endroits, on dirait même que les parois s’effritent.

On a l’impression de pouvoir être enseveli à tout moment.
On se dit même qu’on l’est peut-être depuis longtemps.
On a l’impression d’être loin, sous terre, incapable de creuser de nos bras faibles de nouvelles galeries.

Pris de cette envie de tout arrêter, on est tenté d’abandonner sa progression dans ce corridor sans fin et sans perspective.
Mais ce n’est qu’un passage.

Une légère brise caresse la peau de chagrin des esprits égarés.
Il y a comme un courant d'air.
Et au bout du tunnel, un peu de lumière.

On remonte peu à peu à la surface.
C’est long, mais l’air frais du dehors en vaut la peine.
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
(vignette AliceJeanne, BellaCarlisle, Hazalhia)

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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par LilTangerine » 19 oct. 2019 - 21:55

Titre : Landsmeet
Thème (écrit ou image) : Offense
Fandom : Dragon Age
Nombre de mots : 198
Personnages : Alistair, Loghain
Rating : /
And as the swords began their dance, the crowd held its breath. The clash of steel echoed in the chambers. Soon they would have a king, and Alistair hoped he'd be there to see it. Loghain was a skilled swordsman, he would have to admit, but he had been fighting everyday for a year now. He parried with his shield, and slipped under his opponent's guard almost far enough to wound him, but Loghain deflected his sword's course. His jaw clenched as fury slowly rose within.

If not for his betrayal, Cailan would be alive, and he would not have to claim the bloody throne.
The Grey Wardens would be alive, and Elissa and he would not have had to cross all of Ferelden to defeat the Blight.
If not for his betrayal, Duncan would be alive. And that was enough.

With a swift blow, he tore Loghain's sword from his hand; the distraction was enough to strike him in the head with his shield. The traitor fell, stunned.
He had won.

"So, there is some of Maric in you after all. Good."
"Forget Maric. This is for Duncan."

Alistair lifted the sword, ready to deal the final blow.
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"But I don't want comfort. I want poetry. I want danger. I want freedom. I want goodness. I want sin." - Aldous Huxley

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popobo
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par popobo » 19 oct. 2019 - 21:59

Titre : offensée
Thème (écrit ou image) : offense
Fandom : aucun
Nombre de mots :141
Personnages : -
Rating : -
La princesse était offensée. La reine prise d’une colère soudaine n’arrivait plus à se contrôler et avait fermé toutes les portes du palais. Les sortilèges informulés sous la colère se multipliaient.

Pour avoir simplement assouvi sa curiosité, la jeune fille se trouvait désormais enfermée. Pour avoir passé une journée entière loin du palais, en dehors du royaume, elle se trouvait maintenant emprisonnée. La fureur de la reine n’avait pas de sens.
Voyager et faire des rencontres ne méritait pas d’être aussi sévèrement puni. Qu’est ce qui avait vraiment énervé la reine ? Qu’est ce qu’il y avait au-delà du château que la reine voulait tenir si éloigné ?

Enfermée dans sa chambre, la princesse vexée et dubitative ne pouvait s’occuper que l’esprit. Toutes ses questions n’aboutissaient qu’à une seule réponse : la reine avait peur…
Mais de quoi avait-elle peur ?

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par AliceJeanne » 19 oct. 2019 - 22:05

Titre : /
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 762
Personnages : Rym (OC), Farkas (OC)
Rating : /
Le froid glacial des souterrains du château de Markus aurait pu transformer en statue quiconque s’y aventurait avec inconscience et les deux visiteurs diurnes n’y faisaient pas acception. Enroulée dans plusieurs châles, Rym maudissait Farkas depuis qu’il l’avait tirée de son lit pour repartir dans une nouvelle exploration des recoins sombres, oubliés et beaucoup trop humides à son goût de la grande bâtisse en pierre sombre. À croire que leur précédente mésaventure avec le loup-garou ne lui avait pas servi de leçon.

«Redis-moi pourquoi nous sommes ici, au juste? bougonna-t-elle en claquant des dents.
- Pour la science, ma chère.»

L’hybride roula des yeux. La seule chose scientifiquement prouvable dans leur situation était qu’ils allaient probablement encore atterrir en plein dans les ennuis. Et plus possiblement encore face à des ennuis fortement bien pourvus en griffes et dents acérées.

«J’aurais préféré que tu étudies les processus thermiques depuis ma chambre grogna-t-elle. Cela aurait été beaucoup plus approprié pour un mois de janvier.
- Ah oui? Je pensais pourtant que tu étais contre mes expérimentations sur la transmission de chaleur corporelle, rétorqua-t-il, narquois.
- J’ai vu suffisamment d’horreur dans ma vie, inutile de rajouter la vue de ton corps nu à mes cauchemars, cingla-t-elle, piquée au vif et les joues en feu.
- Au moins tu admets que je puisse apparaître dans tes songes, se consola-t-il après avoir haussé les épaules.»

Rym réprima un grognement agacé et passa devant lui d’un pas vif, préférant de loin se mettre à distance de ses imbécilités futures. Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de dormir comme n’importe quelle personne sensée le ferait? Et surtout pourquoi persistait-il à vouloir aborder le sujet alors qu’elle s’évertuait à lui fuir. Certes, parfois, elle attisait le feu, mais lui y jetait quotidiennement de l’huile.

Ses vives enjambées la menèrent rapidement jusqu’au renfoncement dans lequel ils avaient trouvé le loup-garou quelques jours auparavant et ce fut un frisson réflexe qui l’arrêta à quelques mètres de la grille en fer forgée qui retenait alors la bête. Sauf qu’à la différence de leur dernière excursion, cette dernière ne comportait plus un barreau intact.

«Farkas... souffla-t-elle en frissonnant. Je crois que nous avons un gros problème.»

Seul l’écho de l’eau gouttant sur le sol lui répondit et la jeune-femme laissa échapper un petit cri de frayeur.

«Farkas, reprit-elle en chuchotant, s’il-te-plaît, viens.»

Un bruit de respiration lourde percuta ses tympans et elle se mit à trembler. Jamais elle n’aurait dû le quitter, pas alors qu’elle savait pertinemment ce qui se cachait sous leurs pieds.

«Farkas, je te jure que si c’est une blague, elle ne me fait pas rire du tout.»

Le souffle se rapprocha et Rym sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle n’avait pas peur habituellement, jamais, sauf peut-être d’une seule chose, mais elle n’était certainement pas prête à l’admettre. Cependant, à cet instant précis, tout le poids de cette brusque solitude venait appuyer sur ses épaules, l’étouffant et l’atmosphère moite de l’environnement ainsi que la lueur vacillante des lanternes au-dessus de sa tête, projetant des ombres effrayantes par milliers menaçaient sa raison.

«Farkas! glapit-elle en sentant à présent la présence beaucoup trop proche d’elle.»

Un vif mouvement s’effectua à un mètre d’elle et Rym s’aplatit sur le sol en un réflexe de survie. Farkas manqua sa cible et l’écho de son cri visant à l’épouvanter se transforma rapidement en un concert de jurons lorsqu’il s’écrasa à dans la flaque d’eau la plus proche.

«Aïe, gémit-il en se redressant tandis que Rym, venant de sauter sur ses pieds, le fusillait du regard.
- Tu es le pire des abrutis! s’écria-t-elle. Tu as bien failli me faire mourir de peur!»

Farkas haussa les épaules, Rym était bien trop susceptible à son goût, il n’y avait pas lieu de paniquer alors qu’ils étaient, de toute évidence, en sécurité. La bête devait être toujours derrière les barreaux n’est-ce pas? Un regard circonflexe lui donna cependant tort et son sourire s’effaça rapidement de son visage lorsqu’il découvrit avec horreur ce qui avait tant effrayé son amie.

«Rym, bégaya-t-il. La... La grille!
- Artistique n’est-ce pas? cingla-t-elle.»

Farkas perdit définitivement toute bonne humeur.

«Si tu le souhaites nous pouvons poursuivre notre exploration afin d’aller à la rencontre de l’immense talent qui a brillamment produit cette œuvre, ironisa-t-elle.
- Ou nous pourrions retourner nous coucher et prier pour que ce monstre soit très très loin du château.»

La légende raconte que la soif d’aventure de Farkas s’éteignit définitivement ce jour là et que plus jamais il ne fut tenté de surprendre Rym dans le plus sombre des souterrains du château du plus vieil aîné.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Mikoshiba » 19 oct. 2019 - 22:07

Titre : L'offense qui cache le scandale
Thème : Thème de 22h : Offense
Fandom : /
Nombre de mots : 313 mots
Rating : /
— Non. On ne peut pas faire ça comme ça. Plus de la moitié du peuple est très attachée à ce que nous soyons membre de cette organisation. Tu imagines le scandale que ça va créer lorsqu'on va annoncer qu'on la quitte ?
— Mouais. Pas faux. Mais admettons que le peuple ne le sache pas, que les gens ne s'en aperçoivent que trop tard ?
— Suffisamment tard ? Alors ça ferait partie de leur quotidien, et ça passerait sûrement, oui. Mais comment cacher ça ? Je veux dire, en ce moment, les chaines d'info en parlent beaucoup. Je maintiens que quitter cette organisation provoquerait une vague de protestation envers nous.
— Et si les gens étaient occupés à protester contre autre chose ? Ou plutôt, pour autre chose ? Si on les occupe ailleurs ?
— Va falloir quelque chose de vraiment gros. Et qui attaque vraiment très directement les valeurs traditionnelles.
— Les gens se moquent de moi à longueur de temps. Trouve quelque chose qu'on pourrait reprendre à notre avantage, diriger la compassion des gens vers moi.
— Ben, il y a bien ce photo-montage... Tiens, regarde. On peut dire que ça risquerait de choquer les enfants innocents des familles bien comme il faut.
— J'ai une meilleure idée. Il y a eu des moqueries à l'intention de mon fils pendant ma campagne, tu te souviens ? Comme quoi il est timide, introverti... Alors je vais utiliser ça. Je vais dire qu'il l'a vu, qu'il a été profondément choqué, qu'il en a pleuré de panique, fait des cauchemars, que je ne comprends pas la cruauté qui a poussé à la création de ce photo-montage. Que je suis offensé au-delà même de ce que je peux exprimer. Que les responsables devraient avoir honte, que c'est un scandale. Il faut communiquer un max là-dessus, détourner l'attention suffisamment longtemps.
— T'es un génie.
— C'est pas pour rien que je suis président.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par BellaCarlisle » 19 oct. 2019 - 22:09

Titre : /
Thème : Image de 22h
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 443
Personnages : James Bond, Gareth Mallory
Rating : Tout public
Courir est la seule solution. Les pas se font plus rapides sur le béton des rues, les souffles sont plus forts, la panique s’accroît. Jetant sans cesse des regards en arrière, James presse son supérieur, inquiet quant à la distance qui se raccourcit entre eux et leurs adversaires. Mallory ne peut qu’acquiescer, incapable d’articuler le moindre mot tant son corps le fait souffrir. La blessure à son flanc continue de saigner, l’affaiblissant, et il finit par supplier son subordonné de s’arrêter quelques instants. L’agent hésite mais, en voyant l’état fébrile de son patron, il capitule et ralentit sa marche. Après un coup d’œil circulaire, il distingue l’entrée d’un tunnel et il y entraîne M, le saisissant par le bras pour l’aider à aller plus vite.

« Vous feriez mieux de me laisser et de fuir, Bond, murmure difficilement le plus vieux. Je suis un poids pour vous.
— Vous avez pris ce coup à ma place, je dois vous protéger, rétorque le double zéro. »

Son ton n’admet aucune protestation. Ils poursuivent leur chemin, éclairés faiblement par les quelques lampes encore en état dans le tunnel. Leurs silhouettes sont les seules qui s’y découpent et il leur semble que leurs opposants n’ont pas découvert cette cachette opportune. Gareth en profite pour s’asseoir, de plus en plus pâle, une main pressée contre sa blessure. À côté de lui, James s’agenouille, l’obligeant à retirer sa main pour observer l’étendue des dégâts. Il ne parvient pas à cacher l’air soucieux qui se peint soudainement sur ses traits, attirant sur lui le regard inquisiteur du chef du MI-6.

« Vous avez déjà vu pire, Bond.
— Sur les autres, oui, mais la dernière fois que l’un de mes supérieurs a été aussi blessé, il en est mort. Je n’ai pas envie de revivre le même scénario qu’avec Olivia.
— Ce n’est pas de votre faute, vous …
— Arrêtez, Sir, le coupe James avec autorité. Loin de moi l’idée de contester votre supériorité mais je vous rappelle une fois encore que ce coup était pour moi, pas pour vous. Vous ne devriez pas être en train de souffrir.
— Est-ce que cela changerait vraiment quelque chose ? soupire M. »

James voudrait lui répondre par l’affirmative, lui avouer qu’il n’aime pas le voir aussi mal en point, qu’il s’est attaché à lui bien plus qu’à tous ses supérieurs successifs mais ce serait comme un aveu qu’il n’est pas prêt à faire. Alors pour seule réponse, sans réfléchir, il l’étreint en lui promettant qu’ils réussiront à s’échapper et à redorer le blason du service double zéro. Ce n’est qu’une maigre consolation mais c’est la seule chose qu’il accepte de dire pour le moment.
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Wapa
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Wapa » 19 oct. 2019 - 22:22

Titre : Les bulles, sa passion
Thème : 23h bulle et image
Fandom : /
Nombre de mots : 100
Personnages :
Rating : TP
Sa passion ce sont les bulles. Les petites. Les grosses. Les rondes. Les tordues. Les résistantes. Les fragiles. Les calmes. Les dansantes. Ce n'est pas difficile, il les aime toutes. Leur diversité fait leur richesse. Il passe son temps à admirer leur transparence sous les rayons de lune. Chacune a un reflet particulier. Une saveur unique qu'il fait rouler sous sa langue. Un chemin qui lui est propre aussi. Celle-ci partira découvrir les algues. Celle-là s'éclatera sur la cruelle paroi de verre. Toutefois, malgré leur vie éphémère, il ne se lasse pas d'en faire.
La vie n’est qu’un instant

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Tiiki » 19 oct. 2019 - 23:01

Titre : La lune à 3h du mat
Thème (écrit ou image) : Image 23h + Bulle
Fandom : Original
Nombre de mots : 807
Personnages : /
Rating : /
« Ouvre Pilar, supplia le trentenaire alors qu’un œil sévère, d’un marron mêlé de vert si reconnaissable et si semblable au sien, le fixait à travers l’entrebâillement de la porte.
— Tu n’es plus le bienvenu ici, asséna la propriétaire des lieux d’une voix cassante.
— Elle m’a quitté », articula difficilement le jeune Bolivien.

Pilar aurait pu lui répondre qu’il le méritait. Après tout, c’était ce qu’elle pensait, et lui-même devait déjà savoir le fond de sa pensée. Pourtant, elle était rancunière, pas cruelle. S’il venait sonner aujourd’hui à sa porte, avec une haleine aussi fétide, débraillé, à trois heures du matin, alors qu’ils ne s’étaient pas adressé la parole depuis le réveillon de Noël de 2017, c’était que l’heure était grave. Pilar savait feindre beaucoup de choses, mais elle était incapable de feindre l’indifférence alors que le monde de son unique petit frère semblait sur le point de s’écrouler.

« Rentre. »

Il la remercia d’une voix faible et elle l’invita de mauvaise grâce à s’installer dans son canapé, dans son salon, sous le même toit que son mari et que ses trois enfants, alors qu’elle s’était efforcée tout ce temps de les en éloigner. Les rayons Arturo n’était de ces personnes qui vous mettaient naturellement à l’aise. Il n’était pas ce qu’on pouvait appeler une personne de confiance, c’était même tout le contraire. Il entraînait avec lui toutes les personnes qui l’entouraient, famille comme amis, et il leur bouffait la vie, petit à petit. Difficile de le croire quand il prétendait ne pas s’en rendre compte, c’était tellement énorme, tellement évident pour tout le monde. Pilar avait fini par couper les ponts, épuisée par ses problèmes avec les autres et ses problèmes d’argent, parce qu’il fallait parfois se préserver soi-même face au comportement destructeur des êtres aimés. Cette décision lui avait coûté, mais elle avait appris à vivre avec son sentiment de culpabilité, et elle avait recommencé à dormir un peu mieux. Voilà qu’aujourd’hui son petit Turo débarquait devant chez elle au beau milieu de la nuit pour lui annoncer que même sa femme, la dernière personne qui était restée présente pour lui, avait foutu le camp.

Elle l’écouta longuement, lui raconter tout ce qu’il s’était passé depuis deux ans. Deux années où ils avaient agi comme de parfaits inconnus. Elle apprit pour son licenciement, alors elle hocha froidement la tête. Elle apprit pour la fausse couche de Noelle, elle se sentit profondément désolée et elle le lui dit. Elle apprit pour son expulsion de l’appartement où ils avaient pourtant partagé tant de moments depuis une quinzaine d’années, et elle détourna le regard pour qu’il ne saisisse pas son trouble. C’était peut-être la lueur de la lune qui baignait son visage qui l’émut soudain, mais elle les revit plus jeunes, blottis au milieu de la nuit, à se raconter tout plein d’histoires et à se narrer toute la mythologie guaranie. Face à la voix rauque et voilée de celui qui avait longtemps son unique trésor, elle sentit toutes ses défenses se fissurer. Le barrage céda et les larmes déferlèrent sans prévenir.

Alors elle balaya l’espace d’un instant toute sa rancœur et tous ses reproches, et elle saisit fermement dans ses bras de femme celui qui n’était désormais plus le menteur, le tricheur, le malade. Il n’était plus que son sang, objet de son amour inconditionnel d’aînée, et c’est la seule chose qui lui importait à présent. Et elle était la seule chose qu’il lui restait. Il fallait juste qu’elle soit là, au moins cette fois-là. Ils discuteraient d’eux deux à un autre moment, et peut-être se déchireraient-ils de nouveau quelques jours ou quelques semaines plus tard. Pour l’instant, ils demeuraient dans leur bulle, invincibles, à la faveur d’une lune brillante sur les coups de trois heures du matin.

Blotti dans les bras de sa grande sœur, Arturo sentit sa respiration reprendre un rythme moins tourmenté, beaucoup plus calme, et il finit par s’endormir, sinon heureux au moins momentanément plus serein. Pilar demeura longtemps allongée dans le noir le plus total, à contempler les ombres difformes du vieux platane de sa rue que les rayons de lune projetaient sur le mur de son salon dans un ballet des plus étranges.
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Mais puisque je vous dis que j'ai ma carte de presse !
(vignette AliceJeanne, BellaCarlisle, Hazalhia)

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par selket » 19 oct. 2019 - 23:02

Titre : Tu es la lune
Thème (écrit ou image) :Image de la lune
Fandom :HP
Nombre de mots : 317
Personnages : Louis et Lucy
Rating : TP

Tu es belle Lucy. Au oui si belle que la lune est éclipsée par ta beauté. Tes grands yeux gris, couleur de lune, étincelles à en faire pâlir les étoiles. Tu as toujours été belle Lucy et tu étais bien la seule à ne pas le voir. De cette beauté irréelle, et lunaire.
Avec tes grands yeux gris qui voulaient dévorer le monde, avec ta bouche que tu colorais parfois en marron aussi sombre que la terre humide, avec tes taches de rousseur qui te mangeais le visage et des tes cheveux noires comme les corbeaux tu ressemblais à une sorcière des temps jadis. Je t’imaginais sans peine danser sous la lune au milieu des pierres dressés de Stonehenge ton visage offert aux flammes des feux de Samhain. Tu avais cette beauté sauvage et crépusculaire si propre à la lune.
Et là alors que tes mains enserrent ton ventre qui se tend sous ta robe blanche je ne peux que te trouver plus belle. Je ne sais pas comment te remercier du cadeau que tu me fais. Je vais être parrain.
Et tandis que tu me chuchotent leurs noms à l’oreilles je souris à l’entente de ces deux noms qui sonnent comme un écho à notre histoire. Hélios et Séléné. La lune et le soleil.
Tu es la lune là où je suis le soleil. Si semblable, si différents. Et aujourd’hui alors que je vois Lorcan te prendre dans ses bras et que je sens la main d’Alyssum se glisser dans la mienne je ne peux que sourire en regardant cette balançoire, au fond du jardin, qui s’agite sous le vent qui vient de se lever. Qu’il ai loin le temps où nous nous étions trouvé ces surnoms et que nous jouions dans le jardin du terrier. Nous étions la lune et le soleil, jamais l’un sans l’autre. Mais j’ai trouvé mes étoiles et toi ton Endymion.
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Proposez vos textes pour les sélections de juin :
Triangle amoureux

Venez voter pour pour vos textes préférés du mois de mai :
Tragédie / Drame

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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Mikoshiba » 19 oct. 2019 - 23:02

Titre : Les filles de la Lune et les fils du Soleil
Thème : L'image de 23h
Fandom : /
Nombre de mots : 352 mots
Rating : /
Les filles de la Lune résident dans un manoir d'argent et de miroirs. Très sensibles, elles apprécient le calme, aiment rêver, et leur peau est tellement claire qu'elle pourrait presque paraitre fragile. Mais ce sont bien elles qui veillent à l'équilibre du monde, le défendant contre les forces obscures qui guettent en tous temps, seules à pouvoir les distinguer car elles-mêmes sont également issues de l'obscurité.

Les fils du Soleil vivent dans un palais d'or et de verre. Dans leurs têtes couvertes de cheveux sombres naissent des centaines d'inventions qu'ils s'empressent de rendre réelles. Il n'y a qu'eux qui aient les pouvoirs nécessaires à la création de l'énergie, de la lumière et de la chaleur dont toute chose — qu'elle soit bonne ou néfaste — a besoin pour exister et survivre.

Les textes sacrés sont formels : les filles de la Lune et les fils du Soleil ne doivent en aucun cas avoir de contacts, raison pour laquelle le manoir des filles de la Lune se trouve perché au sommet d'une montagne rocailleuse, alors que le palais des fils du Soleil a été construit sur une île au milieu de nulle part.
Mais aucun d'eux ne reste indéfiniment dans son lieu de résidence. Les filles de la Lune traquent sans relâche ni frontière les monstres dévastateurs, tandis que les fils du Soleil parcourent de long et large le monde afin d'y introduire de nouvelles œuvres de leur cru. Leurs déguisements étant faits pour cacher tout indice possible de leur ascendance divine, il arrive qu'une fille de la Lune et un fils du Soleil se rencontrent. Tout en eux les opposent, mais tels des aimants de polarité inverses, tout les attire. Persuadés l'un et l'autre d'avoir eu en face d'eux un simple Humain, cette attraction les poursuit nuit et jour, jusqu'à ce qu'ils se décident de repartir sur les routes, à la recherche de cet autre si différent mais si complémentaire, prêts à renoncer jusqu'à leur immortalité, à rendre tous leurs pouvoirs, à trahir leur mission originelle.

Les filles de la Lune et les fils du Soleil ne doivent en aucun cas avoir de contacts.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par BellaCarlisle » 19 oct. 2019 - 23:04

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Ecrit de 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 312
Personnages : Rufus Scrimgeour, Daisy Scrimgeour (OC)
Rating : Tout public
Les pleurs de Daisy réveillent Rufus en pleine nuit. L’Auror quitte aussitôt son lit, inquiet, et il se dirige vers la chambre de sa fille, sa baguette à la main. Le faible rayon du lumos est à peine perceptible mais c’est suffisant pour lui. Devant la porte, il s’arrête, percevant les sanglots qui lui serrent le cœur. Il entre après une légère hésitation, découvrant la petite fille recroquevillée dans un coin de la pièce, une photo entre ses mains. En quelques pas, il la rejoint et s’assoit à ses côtés, passant un bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui. L’enfant ne retient pas ses larmes mais, en même temps, elle accepte l’étreinte paternelle qui se fait plus forte. Sans la brusquer, Rufus saisit l’image animée qu’il connaît si bien et qui immortalise l’un des fameux sourires de Maisie. Sur la photographie, sa femme porte une robe d’été aux teintes mauves, avec une fleur dans les cheveux et sa baguette pointée vers le ciel.

L’ancien Serdaigle se souvient bien de ce jour. Maisie venait de quitter sa famille, en Norvège, pour habiter avec lui dans une petite maison de Londres. Ils croyaient que l’avenir leur souriait, avec assez de bonheur pour lutter contre les ténèbres qui planaient sur les Iversen. Ils ont tous les deux fait fausse route, depuis le début, et l’actuel vide dans l’âme de Rufus en est la preuve. Il aurait aimé protéger un peu plus celle qu’il a aimée afin d’offrir à leur fille une famille unie. Daisy ne mérite pas cette existence sans sa mère, il voudrait lui apporter une joie plus profonde.

D’un geste, l’Auror fait apparaître des bulles. Pendant quelques minutes, sa fille pleure encore puis elle semble remarquer cette nouveauté. Ses yeux aux reflets d’or, qu’elle tient de son père, se posent sur les bulles et elle esquisse un premier sourire triste.
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Haru Nonaka
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Haru Nonaka » 19 oct. 2019 - 23:07

Titre : comme une bulle de savon
Défi (scénaristique ou stylistique) : image et thème
Fandom : Carnival Row
Nombre de mots : 612
Personnages :
Le brouhaha avait cessé un temps depuis que le dernier artiste s’était fait huer, mais il revenais peu à peu, les clients étaient retournés à leur verres et leurs occupations. 
Il est temps, songea t’elle en observant la salle ou chacun était occupé par ses discutions.

Se glissant depuis sa cachette derrière la tenture de velours rouge, elle s’avancea a pas de chats sur l’estrade de bois sombre encore maculée par divers tessons de bouteilles et débris de légumes et fruits pourris.
Elle ne faisait aucun bruit, et personne ne sembla la remarquer, la prenant sans doute pour quelqu’un chargé de nettoyer la scène, a part la silhouette emmitouflée dans un large manteau près de l’entrée, qui lui fit signe. Elle répondit d’une courbette au geste puis ouvrit sa besace et en sortit un long paquet emballé dans une tenture mitée. Elle le déballa a geste tranquille, avec une délicatesse qui démontrait presque une certaine tendresse, pourtant son visage n’exprimait rien. C’était un instrument, taillé dans une pièce unique de bois clairs sur lequel étaient tendu des fils de métals, décoré par des motifs gravés, taché par endroit mais de belle facture.
Elle jeta un dernier regard a la silhouette, comme hesitante, mais un hochement de tête derrière la cape sembla convaincre, alors elle s’assit sur le bord de la scène, et posa l’instrument sur ses genoux, puis ferma les yeux.

Les notes qui sortaient de la lyre étaient ronds, derière le métal, la douceur et l’énergie fusaient. Le son éclatait comme une bulle de savon percée lorsque ses ongles relâchaient les cordes, ou bien fins comme l’écume lorsqu’elle les caressait de la pulpe de ses doigts ronds. A travers cet instrument elle pouvait enfin décrire ce qu’elle ne savait jamais vraiment définir par les mots. La mélodie de ce chez elle perdu, d’une enfance révolue et pleurée, elle créait en brisant le silence par ses propres échos une autre bulle qui entourait la scène, grandissait au fil du morceau pour se répandre dans toute la salle, absorber le public. Les discutions se faisaient plus ténues a mesure que les regards se tournaient vers la silhouette assise au bord de la scène, les pieds s’agitant et le corps courbé au dessus de son instrument, les yeux fermés, en transe. Une silhouette si commune, une anonyme étrangère comme ceux qui arrivaient toujours plus nombreux pour s’entasser dans les bas fond de la ville depuis quelques années. Pas assez jolie ou sans doute encore un peu trop jeune pour attirer leur attention malvenue dans les rues du quartier des bordels. Et pourtant, le regard des spectateurs ne s’en détachait pas, émanté par les doigts courant sur les cordes et le rythme étrange qui pulsait dans le corps, étrangement détaché de celui de la mélodie. Les humains étaient hypnotisés par la petite fae qui jouait, et tandis que leurs se voilaient et qu’ils la suivaient dans son monde, les autres s’arrangeait pour délester leur poches de quelques pièces. Elle jouerait jusqu’a ce qu’ils soient biens loins dans la rue puis rejoindrait l’obscurité du rideau tandis que la salle s’éveillerait de sa torpeur, puis sortirait la fenêtre à l’arrière des latrines et ils croiraient juste à une vision due à la torpeur de l’alcool.

Elle entrouvrit les yeux pour observer l’effet de son enchantement sur le public et l’état de la situation, et frémit. Ils étaient bien partis mais juste à un mètre d’elle il y avait un des humain qui la dévisageait, l’air dubitatif. Elle sentis la mélodie lui échapper et la corde hurler sous un mouvement trop brusque pour l’instrument délicat. La bulle était brisée, ses yeux s'élargirent tandis qu'une indicible panique s'emparait d'elle.

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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par Mikoshiba » 19 oct. 2019 - 23:21

Titre : Poupoum.
Thème : Tension (minuit)
Fandom : /
Nombre de mots : 65 mots
Rating : J'ai réalisé seulement à la fin que j'aurais pu faire des copier/coller :mrgreen:
Poupoum.

Poupoum.

Poupoum.
Poupoum.
Poupoum. Poupoum.
Poupoum. Poupoum. Poupoum.
Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.

Il est là.

Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.

Ses yeux.

Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.

Ses mains.

Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.

Son odeur.

Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.

Sa peau.

Poupoum. Poupoum. Poupoum. Poupoum.
Poupoum. Poupoum. Poupoum.
Poupoum. Poupoum.
Poupoum.
Poupoum.

Il est là.
Tout va bien.

Poupoum.

Poupoum.
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par BellaCarlisle » 20 oct. 2019 - 00:05

Titre : /
Thème : Image de 00h
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 346
Personnages : Amélia Cross (OC), l’équipe au sens large
Rating : tout public
« On va pouvoir passer aux vraies présentations, déclare le jeune scientifique avec un sourire de circonstance. Je suis Fitz et elle, c’est Simmons.
— Leo et Jemma, précise la jeune femme en lançant un regard agacé à son ami. Vous connaissez maintenant Skye, notre hackeuse et …
— Et pour le reste de l’équipe, je suis au point, l’interrompt doucement Amélia. Coulson a été mon premier formateur, j’ai côtoyé un peu l’agent May au sein des bureaux et j’ai passé de longs mois en compagnie de Grant quand il était sous la supervision de John.
— Est-ce que Ward est toujours aussi sérieux et aussi froid ?
— Il lui arrive d’avoir de l’humour mais ce n’est pas son point fort. Évitez juste de lui dire que vous tenez cette information de ma part ou je risque d’en entendre parler longtemps. »

Un rire communicatif les secoue dans la bonne humeur, apportant une joie bienvenue après l’angoisse qu’ils viennent de traverser. Ils savent que les prochains mois ne seront pas de tout repos, d’autant plus que l’Extralucide semble avoir plusieurs trains d’avance sur eux, mais une telle pause leur est bénéfique pour faire retomber toute la tension. Leur enthousiasme est si bruyant que les autres agents les rejoignent pour tenter de comprendre la raison d’un tel vacarme. L’air stoïque de Grant est suffisant pour les faire retomber dans leur amusement et il devine sans mal qu’il est la cible d’une plaisanterie faite à ses dépens. Fort heureusement, il ne s’en formalise pas et accepte le clin d’œil complice d’Amélia.

C’est Coulson qui rompt l’ambiance en demandant à son ancienne recrue de l’accompagner à son bureau. L’agent Garrett étant en leur compagnie, elle espère qu’il n’y a rien de grave et qu’il ne s’agit que d’une simple discussion entre membres du Shield. Une fois qu’ils ont pris place, Phil lui apprend qu’il apprécierait qu’elle reste quelques jours dans le BUS pour aider Skye à se remettre de ses émotions. Il considère qu’avec ses antécédents, elle est sans doute l’une des plus en mesure d’apporter à la hackeuse un soutien psychique.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 octobre

Message par AliceJeanne » 20 oct. 2019 - 00:12

Titre : /
Thème : Tension
Fandom : /
Nombre de mots : 1115
Personnages : Lucie, Léna et Alex
Rating : -16 je dirais parce que c'est psychologiquement violent en terme de thème abordé et mention de vulgarité
Lucie avisa une nouvelle fois sa voisine de table et amie qui plissait des yeux pour se concentrer avant de reporter son attention sur sa propre feuille, gravant maladroitement les lettres du schéma que leur professeur complétait au tableau. Léna était pâle, encore plus que d’ordinaire et ses veines saillant sous sa peau pulsaient, davantage encore que la veille. Son corps pompait péniblement le sang circulant s’épuisant seconde après seconde face au manque évident de carburant que sa propriétaire lui fournissait. Lucie se tendit un peu plus en entendant sa respiration dont elle tentait de maîtriser les saccades. Léna ne tiendrait pas la fin du cours sans s’écrouler, elle s’en voudrait et tout serait alors pire. Lucie le savait et à cette simple pensée le fracas de son sang dans son crâne s’intensifia. Elle voulait hurler, mais elle n’en ferait rien.

«Tu peux lire s’il-te-plaît, lui demanda d’une toute petite voix Léna dont les mains s’agitaient inconsciemment.»

Lucie s’exécuta en serrant les dents. Elle avait promis d’arrêter les remarques. Elle avait promis d’arrêter de se mêler de ce qui ne la regardait pas et échappait à son contrôle. C’était dur, mais elle l’avait promis. À l’intérieur de la poche de son blouson, les sachets de sucre devenaient incandescents dès qu’elle les effleurait des doigts. Elle avait pris cette habitude depuis plusieurs semaines, depuis le premier vrai malaise de Léna, celui qui avait failli lui faire exploser la tête tant sa tension était montée d’un seul coup. Celui qui aurait dû changer quelque mais n’avait eu aucune conséquence. Léna avait pris le sucre que Lucie avait oublié de jeter de son plateau repas et elles n’avaient pas échangé un mot de plus.

Lucie savait que la situation n’avait rien de normal. Que donner ponctuellement un coup de fouet au métabolisme de Léna ne résoudrait pas le problème de son absence d’alimentation, mais elle ne pouvait rien faire de plus. Le sucre pesait lourd au fond de sa poche, comme une responsabilité qu’elle n’aurait jamais dû endosser, comme un mensonge fait aux adultes et aux médecins de Léna. Une honte. Une preuve d’amitié farouche ou de trahison.

«Tout va bien Lucie? Tu es toute pâle, s’enquiert la voix monocorde de Léna.
- C’est l’hôpital qui se fout de la charité, grogna la jeune-fille en réprimant sa folle envie de s’enfuir en courant.
- Lucie...
- Oui, oui, ça va. Je suis juste un peu fatiguée.
- Tu devrais te reposer, indiqua-t-elle, la mine soucieuse. Tu as vraiment l’air à bout de nerfs ces temps-ci.»

«C’est sûrement dû au fait que ma meilleure amie meure sous mes yeux depuis trois mois et que je ne peux strictement rien faire pour cela hormis l’empêcher de s’enfermer dans les toilettes pour vomir et lui filer le fond de mes poches quand elle menace de s’écrouler!» voulut-elle hurler. Mais elle resta muette, ferma les yeux et se concentra sur les battement acharnés de son cœur, sentant avec horreur les pulsations dans tout son corps. Elle ne tiendrait pas. Elle ne pouvait pas tenir.

«J’ai mal dormi, c’est tout. Je me reposerai ce midi chez Alex.
- Tu le vois toujours? la questionna Léna sur un ton de reproche.
- Oui.»

La jeune-fille hocha négativement la tête.

«Tu ne devrais pas, tu sais. Il te met de drôles d’idées en tête.
- Je fais attention, riposta-t-elle. Et puis, cela me détend de lui parler.
- Tu pourrais aussi me parler à moi. Tu es secrète ces temps-ci, Lucie.»

«Parce que je ne peux décemment pas te dire que si je suis aussi mal c’est de ta faute.» songea-t-elle.

«Ce sont tes parents?
- Non.»

Son ton est plus glacial qu’elle ne l’aurait souhaité, elle est bord du gouffre, prête à craquer, à exploser et laisser s’échapper les larmes de douleurs qui noient sa poitrine un peu plus chaque jour lorsqu’elle aperçoit le corps décharné de son amie alors qu’elles se changent dans les vestiaires.

«C’est à cause de moi?»

La douleur. Sourde, traître, horrible. Puis le silence, assassin. Le cours s’achève sans aucune autre parole et l’assourdissement perdure jusqu’aux grilles du lycée.

«Tu le sais, Lucie, n’est-ce-pas, que tu es ridicule?»

La jeune-fille se tut rongeant ses lèvres de ses dents, goûtant le sang salé qui s’immisçait dans sa bouche. Résister. Ne pas flancher, garder au fond d’elle-même les larmes et les sanglots d’impuissance. Ne pleurer que chez Alex.

«Ce sera bientôt fini de toute façon, tu verras.»

Les yeux lui piquent, son corps entier la brûle.

«Tu comprends, tout ira bientôt bien selon mes dernières analyses.»

Lucia baissa les yeux puis les releva, ruisselants.

«Comment peux-tu dire une chose pareille? bredouilla-t-elle.
- Ce n’est pas important.
- Si.
- Non, je vais très bien.
- Non.
- Tu avais promis de ne pas juger.»

La déception se lit aisément dans le regard de Léna. Elle n’avait pas tort sur le fond.

«Je ne juge pas. Je ne peux juste pas m’empêcher de ressentir.
- Tu seras bientôt soulagée du poids que je suis pour toi.»

Lucie étouffait, ses jambes voulait fuir, son cerveau juste s’éteindre.

«Non, sanglota-t-elle. Non, non, NON!»

Ses cris attirèrent l’attention des autres élèves qui leur jetèrent des regards interloqués.

«Je ne veux pas que tu meures, souffla-t-elle entre ses lèvres tremblantes.
- Je ne t’ai pas demandé ton avis, répliqua Léna, tranchante et déterminée comme toujours.»

Les larmes de Lucie l’empêchèrent de voir celles qui perlaient sous les yeux de Léna. Les corps des adolescentes, en tension l’une vers l’autre demeuraient figés, incapable du moindre pas qui pourtant était réclamé par leurs âmes emmêlées. Puis, la plus âgée tourna les talons et Lucie se mit à courir dans la direction opposée. Elle traversa la ville d’une traite, sourde aux klaxons des automobiles qui freinaient de justesse pour l’éviter, aveugle aux passants qu’elle bousculait. Quatre à quatre, elle monta les marches de l’escalier, avec ses dernières forces elle frappa à la porte d’Alex, se rua dans ses bras lorsqu’il lui ouvrit, manquant de le faire tomber, et laissa s’échapper toute la tension accumulée durant les dernières heures, évacuant chaque unité sous des torrents de larmes. Lorsqu’enfin tout son corps fut relâché elle articula les mots qu’elle refoulait au plus profond d’elle avec honte. Elle n’avait jamais su le dire, à personne, et pourtant elle le ressentait, chaque jour un peu plus fort.

«Je ne veux pas qu’elle meure, putain! Je ne veux pas qu’elle se tue. Je ne veux pas! Je l’aime, Alex, c’est ma meilleure amie, elle meure et je ne peux rien faire.»

Une main passa dans ses cheveux, caressa les mèches collées par la sueur et les larmes sur son visage et descendit vers son dos, le frottant avec vigueur. Terrassée par la fatigue et enfin détendue par l’épuisement, Lucie s’endormit.
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Verrouillé

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