[Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

Modérateur : Équipe des Nuits d'HPF

Avatar de l’utilisateur
Hazalhia
Complote avec les ratons-laveurs
Messages : 2178
Inscription : 19 mars 2015 - 09:44

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Hazalhia » 21 nov. 2020 - 22:29

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image de 21h (un chouilla en retard :sifflote: )
Fandom : Divergent
Nombre de mots : 967
Personnages : Tris/Peter
Rating : /
Arrivé devant la porte de l’immeuble, Peter insista pour la raccompagner jusque devant sa porte. Tris accepta avant qu’il ne lui rappelle, à nouveau, leur première rencontre.

— C’est bon, on est arrivé. Je ne suis pas tout à fait sobre, mais je tiens debout et je sais ce que je fais, tu peux me laisser ici.


— Je peux entrer, s’il te plait ? J’aimerais bien aller aux toilettes. Et boire un verre d’eau.

Tris fit tourner la clé dans la serrure, alluma la lumière, ouvrit la porte en grand et tendit le bras.

— Après toi.

Le temps que Peter ne revienne, Tris attrapa le premier contenant qui lui passait sous la main, un mug, et comme demandé le rempli d’eau avant de le lui poser sur la table basse du salon. Elle en remplit un autre pour elle, qu’elle vida d’une traite.
Quand il fut de retour, Peter la trouva allongée dans son canapé, à fixer studieusement le plafond.

— Je sens que je vais regretter cette soirée demain matin, dit-elle à voix basse.

Peter attrapa la tasse et s’assit dans le fauteuil le temps d’en avaler les quelques gorgées. Il aurait aimé se resservir mais n’osait pas bouger dans cet espace qui ne lui appartenait pas.

— Tu ne me fera pas croire que tu ne t’es pas amusé.

— Je n’ai jamais dit ça, protesta Tris d’une voix faiblarde.

Elle était bien installée sur ce canapé. La lumière qui venait de la cuisine faisait un halo agréable qui ne lui faisait pas mal aux yeux. Peter était toujours là, silencieux, assis au fond du fauteuil, l’air aussi exténué qu’elle. Elle voulut lui dire de rentrer chez elle, mais elle oublia, tombant dans le sommeil presque en même temps que son collègue.

Peter cru d’abord qu’il rêvait.Que les bruits qu’il entendait venaient d’un autre de ses mauvais rêves, peuplés de ces flash-back trop flous pour qu’il puisse en comprendre le sens. Puis, en ouvrant les yeux avec difficulté, songea aux voisins, avant de comprendre que les cris venaient de la personne allongée en face de lui. Il mis quelques secondes à se rappeler où il était, et pourquoi il dormait dans le fauteuil de Tris. Un nouveau cri finit de le ramener à la réalité. La jeune femme gesticulait dans son sommeil, implorant la pitié depesonnes qu’il ne connaissait pas, appelant sa mère avec un désespoir qui lui glaçait le sang. Il se précipita à ses côtés, tentant de la réveiller en espérant ne pas trop la brusquer. Il attrapa ses poignets en espérant qu’elle se calme avant de finir par la secouer par les épaules jusqu’à ce qu’elle reprenne connaissance.
En ouvrant les yeux, Tris se tétanisa avant de bondir de surprise de l’autre côté du canapé. Peter tenta de la rassurer, avec un succès mitigé.

— Qu’est-ce que tu fais ici Hayes ? demanda-elle avec toujours cette pointe d’angoisse dans la voix.

— Tu m’as fait rentrer, on s’est assis ici et après, je crois qu’on s’est endormis,lui expliqua-t-il calmement.

Tris le fixa très longtemps, intensément, comme si elle analysait la moindre parcelle de son être. Peu à peu, l’incompréhension disparu de son regard, elle se souvenait. La jeune femme avait beau s’être détendue, sa peau luisante de sueur et son air hagard rappelait à Peter ce qui l’avait réveillé. Il pouvait toujours voir la veine de son cou qui pulsait. C’était bien plus qu’un simple cauchemar.

— Qu’est-ce qui s’est passé Prior ? demanda Peter, les sourcils froncés d’inquiétude.

— Rien du tout, répliqua Tris sèchement en se levant pour reprendre contenance.

Elle se dirigea jusqu’à l’évier de la cuisine pour se passer de l’eau sur le visage et la nuque. D'habitude elle était seule quand cela se produisait, pourquoi avait-il fallu que Peter reste. Qu’il la voit dans cet état. Vulnérable, faible, apeurée. Pleurant comme une petite fille. Ce n’était pas elle, pas la vision qu’elle voulait montrer aux autres. Ces cauchemars, plus réalistes les uns que les autres, étaient un détail trop intime. Christina était la seule au courant que la guerre revenait la hanter.

Peter s’était approché d’elle, avait posé une main sur son épaule. Tris savait qu’elle aurait dû prendre ces gestes comme une marque d'intérêt, d’inquiétude à son égard, mais ils ne faisaient qu’alimenter son irritation. Tris se sentait exposée, sur la défensive.

— Je ne suis pas là pour te juger, je veux juste t’aider si tu as envie d’en parler. Tu sais, je comprends un peu ce que ça fait ce genre de…

— Non, c’est faux, tu ne peux pas comprendre! aboya Tris

“Tu ne te souviens de rien” hurla-t-elle si fort dans sa tête qu’elle cru que Peter l’avait entendu. Il n’avait aucune idée des choses qu’elle avait pu faire, des morts qu’elle avait provoqué, les vies et les familles qu’elle avait détruites. Sa divergence n’avait fait que semer le malheur et la destruction autour d’elle. Elle ne méritait ni pitié, ni compassion et parler n’absoudrait en rien ses péchés.
Peter essaya de l’attirer vers lui et elle se mit à frapper son torse, en criant et en maudissant tout ce qui lui passait par la tête. Il encaissa les coups sans broncher, jusqu’à ce que Tris se calme, et que ses sanglots diminuent, avant de l’envelopper dans ses bras.

— Je veux juste que ça s’arrête, murmura-t-elle en ravalant ses larmes.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


Image

Avatar de l’utilisateur
MaPlumeAPapote
Elève de troisième année
Messages : 52
Inscription : 21 févr. 2020 - 23:22

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par MaPlumeAPapote » 21 nov. 2020 - 22:36

Titre : Sombrer
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image de 22h
Fandom : HP
Nombre de mots : 465
Personnages : Sirius Black
Rating : tout public
La douleur était immense mais il ne pouvait s’empêcher de rire. Un rire fou. Un rire dément qui lui raclait la gorge et lui arrachait les cordes vocales. Ses chaines entravaient ses membres et mordaient sa peau alors qu’il tentait d’avancer au rythme soutenu de ses geôliers.

- Je les ai tués.

Entre deux éclats de rire, sa phrase s’élevait dans la nuit froide et dans les couloirs vides. Puis il repartait de plus belle. Son rire cachait sa lâcheté. Il masquait sa culpabilité. Il amoindrissait sa douleur. Mais pour combien de temps ?

- Je les ai tués !

Ses yeux s’écarquillèrent, lui donnant l’air d’un fou. Plus ils s’enfonçaient dans l’édifice, plus la terreur emprisonnait son cœur. Bientôt, ils ralentirent le pas et s’arrêtèrent devant une cellule dans laquelle il entra sans opposer la moindre résistance.

- Tu vas croupir ici jusqu’à la fin de tes jours Black. Et tu l’auras bien mérité.

Le dégoût transpirait dans le ton provocateur qui l’apostropha. Mais le dénommé Sirius ne réagit pas. Ses yeux observaient avec un certain intérêt les murs de sa cellule. Nus et irréguliers, couverts de signes ou de phrases à moitié effacées. Sur la gauche, une paillasse qui devait être aussi dure que de la pierre et aussi froide que la glace. Un trou dans le fond lui servirait à faire ses besoins. Il devrait rester là jusqu’à son procès et sans doute pour le reste de sa vie. Dans ces quatre mètres carrés. Dans ce lieu démuni de toute humanité.

Les grilles se refermèrent dans son dos avec un claquement sinistre.

- Tu ne sortiras pas d’ici vivant !

Sirius Black se retourna d’un bond et se rua sur les grilles. Ses mains aux longs doigts fins mais sales s’accrochèrent aux barreaux et son visage se colla au fer rouillé.

- Je les ai tués.

Son murmure siffla dans l’air, rebondit sur les murs nus. Un aveu. Un remord. Une fracture qui avait scindé son âme en deux et qu’il répétait pour réussir à réaliser son erreur qui avait coûté la vie à ses amis.

- Et tu vas payer pour ça, déclara froidement son bourreau avant de s’éloigner.

Les détraqueurs s’éloignèrent dans un sifflement et il se retrouva soudain seul avec ses pensées et sa douleur. Il n’avait soudain plus envie de rire. Juste pleurer. S’effondrer. Ses mains s’agrippèrent désespérément aux barreaux et il se laissa glisser jusqu’au sol. Il ne pouvait pas lui échapper. En fermant les yeux, il revoyait son sourire avant qu’il ne disparaisse. Il revoyait la folie dans son regard et le cri qu’il avait poussé pour avouer le meurtre.

- Je n’ai pas réussi à les protéger… Je les ai tués.

Les sanglots se bloquèrent au fond de sa gorge et il eut l’impression d’étouffer.

Avatar de l’utilisateur
Lyssa7
Bureaucrate au Département de l'Artisanat Moldu
Messages : 2453
Inscription : 02 nov. 2016 - 18:20

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Lyssa7 » 21 nov. 2020 - 22:50

Titre : Chaos intérieur
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : image de 22h et Spleen
Fandom : HP
Nombre de mots : 328 mots
Personnages : Regulus Black
Rating : tout public (attention, dépression :mrgreen: :arrow: )
Le spleen. Ce vague à l’âme qui lui transperce le coeur et lui noue les entrailles, ce n’est pas la première fois qu’il le ressent. C’est comme un coup de poing dans l’estomac qui peut le surprendre à tout moment. C’est comme l’hiver en été. Le mois de janvier en juillet. La nuit en pleine journée. C’est se sentir si seul au milieu de la foule qu’on a l’impression de ne plus exister. C’est comme avoir une envie de hurler sans parvenir à prononcer un son. C’est le précipice sous ses pieds, la chute qui attend de le cueillir tel l’équilibriste damné qu’il a toujours été.

Le spleen est un vieil ami. Le spleen est une ombre familière qui le recouvre de son voile sombre. C’est une prison qu’il a érigée lui-même où ses propres chaînes lui emprisonnent l’esprit. C’est un désastre, une catastrophe à ciel ouvert. Le chaos. C’est un soir d’orage où la pluie et les éclairs s’entremêlent dans le désordre pour ne former qu’un seul corps, pour glacer le sien, et le laisser lugubre sous les airs évanescents et blafards de la lune.

Le spleen l’enveloppe de son aura gelé alors qu’il s’avance vers la grotte et Regulus Black frissonne, réprimant de longs tremblements, grelottant sous sa cape fourrée. C’est l’une des plus chères sur le marché des sorciers, l’une des plus belles et des plus appréciées. Peut-être que les boutiques que sa mère lui a tant vantées ne sont plus ce qu’elles étaient. Peut-être qu’il devrait s’en plaindre et démontrer la supériorité de son sang, mais cela n’a plus vraiment d’importance à présent. C’est le spleen, la débâcle, et le froid. Le froid qui s’infiltre partout. Sous sa cape, sous sa peau, sous ses ongles, à l’intérieur de son corps et de son coeur. C’est le spleen, cette impression d’être à la fois détaché du monde et transi de sensiblerie maladive. C’est le spleen. Ce cher ami, ce compagnon de toujours, qui l’accompagne dans ses derniers instants.
ImageImageImage

Avatar de l’utilisateur
Eejil9
À la tête du Magenmagot
Messages : 3257
Inscription : 13 mai 2016 - 17:45

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Eejil9 » 21 nov. 2020 - 22:58

Titre : Spleen
Thème de 22h ; Spleen
Fandom : HP
Nombre de mots : 1379 mots
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : -12 ans (mention de drogue)

Si vous participez à l'Echange de Noël, NE LISEZ PAS. Petit bout d'histoire pour enf…
Show
Pendant qu’elle buvait, l’infirmière – elle portait une robe blanche et devait bien être une infirmière, non ? Peut-être était-ce une médicomage, pour ce Pansy en savait – en profita pour lui faire la morale :
- Vos parents vous ont placée dans ce centre de désintoxication magique car vous étiez dépendante aux sorts hallucinatoires. Les murs sont imprégnés de substances qui empêchent la pratique de la magie ici. Pour éviter toute tentation supplémentaire, les baguettes sont confisquées et les employés, dont moi, sont des cracmols.
Pansy s’étouffa et recracha son eau par le nez – ce qui n’arrangea pas sa migraine. Son interlocutrice ne se laissa pas démonter, et continua comme si rien ne se passait.
- Je ne peux donc pas jeter de sort, même si je le voulais. Et je ne le veux pas : vous devez vous sevrer totalement si vous ne voulez pas replonger. Il n’y aura pas de magie du tout tant que vous ne serez pas remise.
Pansy laissa passer un instant, avant de répondre :
- Je suis majeure. Je n’ai pas demandé à venir ici, vous ne pouvez pas m’y forcer.
La femme lui jeta un regard navré.
- Malheureusement, si… J’ignore si ce règlement est juste ou non. Pour être tout à fait honnête avec vous, je tendrais à croire que non, d’autant plus qu’il est toujours plus compliqué de travailler avec des clients qui ne coopèrent pas. Mais c’est comme ça, et ce n’est certainement pas à moi de décider des lois de votre pays.
Pansy laissa échapper un reniflement dédaigneux. Une cracmolle qui se targuait de réfléchir à propos des lois, et puis quoi encore ? Qu’elle-même ait lancé la discussion ne changeait pas grand-chose à ses yeux aveugles.
- Dans tous les cas, reprit l’infirmière – ce n’était décidément pas une médicomage, même si son statut était flou – vous avez deux choix : vous laisser mourir de faim dans un lieu où la magie ne peut rien pour vous, ou tenter d’aller mieux. De retrouver une vie normale, sans sortilèges addictifs. Vous verrez, on n’est pas si mal, ici.
Elle pouvait parler, l’autre. C’était ça ou vivre avec les moldus, évidemment qu’elle trouvait ça bien. Au moins, elle ne vivait pas dans la fange et n’exerçait pas des tâches ingrates comme Rusard qui récurait toute la journée la crasse qu’un coup de baguette aurait pu éliminer.
Cela dit, la pensée faisait son petit bonhomme de chemin. Il devait y avoir quelque chose dans l’eau : du sucre, au moins, car Pansy avait les idées un peu moins embrumées, et la nausée passait doucement. Plus que cela, elle avait faim.
Elle était trop épuisée pour lutter, alors elle céda. Elle se laissa laver – elle n’allait pas non plus aider l’autre, de toute manière, la fange, c’était son domaine – et accepta de manger.

S’ensuivit une longue période de gris.
Les journées se suivaient et exhalaient des effluves chargés d’ennui et de monotonie. Les repas, aussi, se suivaient, sa saveur et sans autre intérêt que de calmer les grognements de son estomac. Pansy baignait dans une langueur douce et douloureuse. Le manque était toujours là, les hallucinations aussi, mais elles étaient devenues ses compagnes, et restaient chevillées à son âme, apportant une lente mélancolie avec elles. L’araignée au plafond. Une chauve-souris qui se cognait contre les parois de la grotte dans laquelle son esprit était prisonnier.
Les rares pensées lucides qu’elle formulaient étaient comme des couteaux dans le cœur qui lui donnaient envie de vomir et de se vomir elle-même jusqu’à disparaître.
Tes parents t’ont envoyée là. Tu es mal-aimée, délaissée. Tu n’es pas faite pour ce monde-ci, et le monde doux et idéal du rêve t’a été retiré en même temps que ta baguette. Tu ne vaux pas mieux que ces cracmols qui t’entourent, junkie que tu es. Tu resteras là à jamais.
D’ailleurs, tu ne devrais pas être si malheureuse : tu as à manger, tu as à boire, tu dors grâce aux somnifères moldus qu’on te donne. Certains de tes amis sont à Azkaban, n’as-tu pas honte de souffrir alors qu’il paieraient cher pour cette vie que tu hais ?
Tu n’as plus rien. Ni amis, ni famille, ni bonheur, et tu n’as même plus le droit de souffrir. C’est indécent. Il faut que tu muselles ta douleur et que tu t’appliques à ne plus être que néant.
Les idées noires la suivaient comme de vieilles compagnes. Le ciel était gris, lourd, par sa fenêtre. Il pesait sur son âme comme un couvercle qui la maintenait prisonnière.
La forêt qu’il éclairait à peine étendait ses sapins sombres jusqu’à perte de vue. Les montagnes même étaient laides, grises, monotones. Même quand le temps était clément, il pleuvait dans le cœur de Pansy.

Elle ne daignait pas répondre aux autres pensionnaires qu’elle croisait à la cantine immonde où elle prenait des repas insipides. Elle n’adressait certainement pas la parole aux cracmols non plus – en plus de n’avoir rien à dire à une personne de son rang, ils étaient les geôliers qui la privaient de magie et de soulagement. Tous ces gens ne se rendaient-ils pas compte qu’elle n’avait rien à voir avec eux ? Qu’elle les surpassait dans tous les domaines ? Leur commisération provoquait chez elle des pulsions violentes qu’elle masquait sous un voile d’indifférence feinte. Elle les haïssait, et c’était peut-être là le seul remous qui agitait son esprit décati et éteint.
En dehors de ces moments-là, elle était assise, à regarder le mur et à se repaître de son propre ennui. Elle baignait dans le malheur avec délice et répulsion. Elle adorait se haïr puisqu’elle ne pouvait plus s’oublier dans les méandres de la drogue magique. Si on la forçait à exister, alors elle se soûlerait de cette existence à en être malade. Elle saturerait son esprit et ses organes de la contemplation d’elle-même et de sa propre médiocrité, elle se contraindrait aussi à regarder en face ce monde ennuyeux et infâme qui n’était pas fait pour elle.
Elle se briserait et ne cesserait jamais de le faire car pour la personne brillante et détestable qu’elle était, il n’y avait aucun autre salut possible qu’une existence de malheur et de tristesse. Elle l’avait, après tout, bien mérité.

Elle connaissait des moments d’angoisses sans nom où elle se sentait sombrer. Elle voyait le monde de loin, comme prisonnière au fond d’un puits. Elle se sentait en décalage avec les paroles qu’on lui adressait, avec les gestes qu’elle accomplissait, avec les sensations qui traversaient son corps. Elle avait besoin de se toucher pour se rappeler qu’elle était vraiment là et que tout cela n’était pas un rêve étrange.
Ces moments de déréalisation la laissaient épuisée et persuadée qu’en plus d’être malheureuse, mal-aimée et seule, elle tombait peu à peu dans une folie que même les sorts les plus hallucinatoires n’avaient pas provoquée.

Et le temps passa. De jours, il se changea en semaines, sans qu’aucune évolution ne vienne sortir Pansy de la mélancolie dans laquelle elle avait sombré.
Elle était malheureuse de toute éternité, et cela lui convenait très bien. Elle jouissait de sa propre dépression, tirant son réconfort du portrait narcissique et pervers qu’elle tirait d’elle-même souffrant.

Pansy apprit par la suite qu’elle avait passé plus de trois mois dans cette torpeur. Elle aurait été bien incapable de mesurer le temps qui avait passé. D’un côté, il lui semblait que tout s’était déroulé dans le temps impossible à quantifier d’un claquement de doigts. De l’autre, elle avait l’impression d’avoir passé une vie entière à se haïr en fixant le mur de sa chambre d’un regard morne et vide.
Et puis, un matin, elle se réveilla pour de bon.

Elle ne sut jamais ce qui l’avait sortie de sa torpeur. Lui avait-on administré un médicament moldu ? Elle avait entendu d’autres pensionnaires parler de traitements magiques qui leur épargnait la sensation de manque et de désespoir. Était-ce simplement le soleil qui s’était mis à briller par la fenêtre et qui paraît la forêt d’un éclat bien plus flatteur que le gris qui la rendait si morne ?
Difficile à dire. Toujours fut-il qu’un matin, Pansy sentait la douleur chevillée à son âme et, plutôt que de s’y complaire, elle décida que cela suffisait et qu’elle ne voulait plus connaître ce malheur-là.
Image

Avatar de l’utilisateur
Bevy
Pilote du Magicobus
Messages : 1492
Inscription : 21 mai 2012 - 16:25

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Bevy » 21 nov. 2020 - 23:00

Thème et heure : spleen ( 22h- 23h)
Fandom : The Hauting of Bly House
Nombre de mots : 568
Personnages : Owen Sharma- Hannah Graves
Rating : Tout public
Spoiler
Show
« Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s'enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. »
Après ce mot d’esprit, qu’il ponctue par un « Madame » cordiale, Owen Sharma tend la bouteille de vin à Hannah qui s’empresse de les servir.
Rebecca s’occupe encore des enfants et doit, à l’heure qu’il est, rappeler à Miles son épouvantable caractère de la journée et les brusqueries qu’il a fait subir à sa sœur. Jamie est parti se doucher et ne va pas tarder à les rejoindre pour partager le Bordeau et le repas concocté par lui-même.
Le départ précipité de Peter Quint allège l’ambiance autours de la table. Hannah semble plus détendue que les jours passés et c’est ce qui importe le plus aux yeux d’Owen. La relation à couteaux tiré entre elle et le bras droit d’Henry Wingrave l’inquiète. Hannah ne lui cache pas ses doutes et son malaise en présence du jeune homme. C’est le plus souvent Jamie qui le remet à sa place. Owen, lui, se sent plus à son aise aux coté de Hannah que dans le conflit. Parfois, Owen aimerait être présent lors de ces altercations mais il sait qu’il n’aurait pas l’aplomb de la jeune jardinière pour remettre le majordome à sa place.
Il est plus simple d’écouter Hannah, de partager ses doutes.
« Joli mot d’esprit, Owen, sourit la gouvernante.
-C’est de Baudelaire. Baudelaire et son spleen, sa mélancolie. Un client m’a offert un de ses recueils de poésie, avant que je ne quitte Paris.
-Alors à la santé de Baudelaire ! »
Hannah fait trinquer son verre. Des bruits de pas, de courses effrénées retentissent dans la pièce voisine et la voix lointaine de Rebecca rappelle à l’ordre Miles.
« Le petit est un peu trop proche de Peter, n’est-ce pas ?
-Il n’a plus aucune figure paternelle, on ne peut pas lui en vouloir, rappelle Hannah.
-Et moi, je ne compte pas, proteste Owen, faussement indigné.
-De loin, j’aurais préféré que Miles se rapproche de toi. Et non de Peter.
-Mais je ne suis pas le charismatique et imposant Peter Quint ! Juste le cuisinier.
-J’aime beaucoup ta citation, sur l’ivresse et le temps, commence Hannah, comme pour ré orienter la discussion vers un terrain neutre alors que les cris des enfants se rapprochent. Vraiment, on dirait qu’elle a été écrite pour Bly. Parfois le temps y est présent, comme…
-Comme un fardeau ? termine Owen. Un poids sur les épaules.
-Oui, c’est ça. C’est pire depuis la mort de Dominic et Charlotte. Parfois, j’ai l’impression d’être sous verre ici, que tout me ramène au Manoir. Et pourtant, je n’ai nulle part autre où aller. Aucune envie de partir non plus.
-Un jour, je t’emmènerai à Paris, Hannah. Boire du vin rouge en terrasse, lire de la poésie ou faire ce que bon te chante. Et tu ne sentiras plus ce poids sur tes épaules.
-Ne dis pas de bêtises, Owen. On a bien trop besoin de nous ici pour espérer filer à Paris, rappelle Hannah avec un sourire indulgent. »
Owen sait bien qu’ils ne partiront jamais. Il doit veiller sur sa mère et Hannah n’abandonnerait jamais les enfants, quasiment livrés à eux même à Bly. Mais Owen veut y croire.
Et continuer à faire sourire et rêver Hannah.
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

Mark Twain

Avatar de l’utilisateur
Alena Aeterna
Cannibale nocturne
Messages : 4881
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Alena Aeterna » 21 nov. 2020 - 23:05

Titre : /
Thème : Image de 22h
Fandom : Hannibal (série TV)
Nombre de mots : 333
Personnages : Will Graham, Frederick Chilton
Rating : -12
Will avait hésité à prendre le chemin menant à l’hôpital psychiatrique pour criminels aliénés de Baltimore. Il avait fait de son mieux pour ne pas y retourner depuis qu’il avait été libéré mais sa conscience lui envoyait des signaux depuis quelques jours, l’implorant d’aller rendre visite au nouveau pensionnaire. Il avait reculé cet instant le plus possible puis, ne trouvant plus aucune excuse pour ne pas y aller, il avait mis en route sa voiture et avait franchi la frontière entre la Virginie et le Maryland. Il s’était senti mal à l’aise en entrant dans le hall de l’hôpital, avait gardé la tête haute pour ne pas montrer son ressentiment puis avait avancé entre les cellules jusqu’à atteindre la plus éloignée de la porte.

« Mr Graham, siffla une voix fatiguée. »

Le consultant aperçut un mouvement puis distingua la silhouette de l’ancien directeur des lieux. Grâce à son habitude d’apercevoir des cadavres dans des états déplorables, il n’eut aucun geste de recul devant le spectacle qui s’offrit à lui mais il nota dans un coin de son esprit que Chilton avait perdu de sa superbe. Le psychiatre était défiguré par un trou dans son visage, sous son œil gauche. Le plus jeune était presque sûr que l’autre homme avait perdu la vue de ce côté, il le remarquait par l’absence de lueurs dans son regard autrefois pétillant.

« Vous venez admirer l’œuvre d’Hannibal.
— Je suis désolé, murmura Will avec une boule dans la gorge. »

Il aurait dû mieux le protéger lorsqu’il était venu chez lui pour demander son aide et il regrettait peu à peu de ne pas avoir su le soustraire à la fureur du FBI. Il aurait également dû prendre son courage à deux mains plus tôt, afin de ne pas le laisser seul dans la solitude des cellules de l’hôpital.

« Ne vous excusez pas, Mr Graham. Nous savions tous les deux de quelle manière tout cela allait se terminer. Hannibal y a veillé, n’est-ce pas ? »
Image

Avatar de l’utilisateur
Roxane-James
Justicière en chaussettes
Messages : 2565
Inscription : 07 déc. 2016 - 17:44

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Roxane-James » 21 nov. 2020 - 23:06

Thème et heure : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 419
Personnages : Louis et Dominique Weasley
Rating : -12 (vulgarité)
Spoiler
Show
— Sérieusement, Dominique ?

C’était la première chose qui était sortie de sa bouche lorsqu’il avait réalisé ce que le sorcier à l’autre bout du réseau de cheminée lui annonçait. Sa sœur, en garde à vue. Et, évidemment, c’était à lui, Louis, d’aller la chercher au beau milieu de la nuit, à la veille de son examen de transplanage. Alors, merde, sérieusement, Dominique ?

— Oui, sérieusement, Louis.
— Tu te rends compte que tu m’as encore tiré de mon lit à deux heures du matin ? C’est la troisième fois ce mois-ci !

Dominique jeta un coup d’œil à ses ongles, apparemment insensible à la colère de son frère et aux menottes qui entouraient ses poignets.

— Ce n’est pas la fin du monde, Lou. Je ne vois pas pourquoi tu t’emportes, comme ça…
— Dom… Tu as fait exploser la vitrine d’un magasin. Tu as menacé un Moldu avec tes pouvoirs. Et la seule personne qui te vient à l’esprit quand il s’agit de te sortir de là – il désigna d’un geste agacé le poste de police – c’est moi ! Je t’ai pourtant prévenue que je passais un examen, demain matin. Je ne veux pas le rater parce que je n’ai pas pu dormir à cause des conneries de ma sœur !
— Ah oui, le fameux examen de transplanage. Dis-moi, ça fait combien de fois que tu échoues, au juste ? Cinq fois, non ? Tu avais atterri dans le caddie d’un pauvre Moldu qui faisait ses courses, la dernière fois, si je me souviens bien.
— Pas dans son caddie, répliqua Louis en jetant un coup d’œil irrité à sa sœur nonchalamment appuyée contre les barreaux de sa cellule, dans son coffre de voiture. Et je ne vais jamais réussir à décrocher ce foutu permis si tu ne me laisses pas dormir en paix, ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

Dominique éclata de rire.

— Tu aurais pu appeler Victoire, fit remarquer Louis d’un ton glacial.
— Hors de question, coupa froidement Dominique, tout éclat de rire disparu. Elle ne m’aurait jamais laissée sortir.
— Et elle aurait eu raison, déclara Louis. Tu es exaspérante avec tes satanées histoires. Tu ne peux pas faire comme tout le monde ? Te passer les nerfs sur un punching-ball plutôt qu’un mec bourré ?
— Non, je ne peux pas.
— Tu es chiante.
— Et toi, t’es trop con, Louis. Bon, tu les signes ces papiers, oui ou merde ? On ne va tout de même pas y passer la nuit.

Louis tourna les talons, furieux. Qu’elle aille au diable, Dominique.
Image
"I can do more damage on my laptop, sitting in my pajamas, before my first cup of Earl Grey than you can do a year in the field." - Q
profil Goodreads

Avatar de l’utilisateur
AliceJeanne
Pelote kikoolol anonyme
Messages : 1999
Inscription : 13 juin 2016 - 14:41

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par AliceJeanne » 21 nov. 2020 - 23:08

Thème et heure : Image 22h
Fandom : Underworld (UA)
Nombre de mots : 911
Personnages : Viktor et Ariana C (OC)
Rating : /
L’air avait toujours été moins nauséabond dans cette partie des geôles du château de Markus, celle réservée aux prisonniers de longue date, ceux dont le premier vampire peinait à se débarrasser. Viktor haïssait plus que tout cet endroit et il hantait ses souvenirs chaque jour du lever au coucher du soleil. C’était dans cette prison que Felicja s’était donné la mort pour échapper à l’éternité de supplice qui l’attendait et éviter la peine capitale à son père. C’était dans cette prison qu’il avait perdu à tout jamais la confiance de son fils, dans le sang et les larmes. Et c’était dans cette prison que vivait son plus grand regret et sa plus grossière erreur.

L’Aîné descendait les marches d’un pas lent, ne voulant pas laisser transparaître son empressement de rejoindre la seule personne susceptible de l’aider à prendre des décisions difficiles depuis sa plus tendre enfance. La geôle était la plus excentrée et la plus spacieuse parce que l’être qui y vivait s’y trouvait depuis déjà plus de deux siècles. La jeune-femme qui y était enfermée se tenait assise dans un fauteuil, parcourant un épais volume à la lueur d’une chandelle. Viktor se figea un instant avant de faire savoir qu’il se trouvait là, elle avait toujours été imperturbable lorsqu’elle était plongée dans un livre, le monde aurait pu cesser d’exister que rien n’aurait pu la détacher des mots qu’elle chérissait tant. Ses cheveux roux tombaient en cascade de boucles sur ses épaules, dévoilant une peau pâle marquée de tâche de son, héritage de longues heures passées à courir à travers champs lorsqu’ils étaient enfants. Ses yeux bleu, glaçant, bougeaient au rythme de sa lecture, se parant parfois de notes d’acier.

« Je te signale que tu es déjà avec quelqu’un, s’amusa-t-elle, faisant sursauter l’Aîné qui ne l’avait pas vu refermer son livre, perdu dans ses pensées.
- Ce n’est pas ce que tu crois, grommela-t-il, peu content d’être pris au dépourvu.
- Les gens ne sont jamais ce que l’on croit, répliqua-t-elle. Première leçon pour survivre en haute société, tu te souviens? »

Il esquissa un sourire, bien entendu qu’il se souvenait de ses longues heures durant lesquelles son père s’efforçait de lui apprendre les rudiments de la noblesse alors que sa seule envie était de retrouver son amie afin d’escalader le plus grand des arbres du bois avant que la nuit ne tombe, plongeant le monde dans un effrayant cauchemar rempli de loups-garous. Cette insouciance de l’enfance lui manquait terriblement parfois mais il ne se laissait jamais aller à la nostalgie en dehors de ses entrevues avec la prisonnière, et de plus en plus régulièrement, avec Ilona.

« Je ne suis pas ici uniquement pour plaisanter avec toi, cette fois-ci, Aria, j’ai une faveur à te demander.
- Aria... Tu essayes de me prendre par les sentiments? Cela fait des années que tu ne m’as pas nommée de la sorte.
- Je pense que cela aurait pu nuire à ta crédibilité en tant qu’Aînée si je t’avais constamment appelée par ce diminutif affectueux.
- Cela ou autre chose, quelle différence cela peut-il bien faire à présent?
- Tu es en vie.
- Parce que tu m’y obliges!
- Je n’ai pas le choix.
- On a toujours le choix, Viktor, ce qui nous fait défaut c’est la capacité physique et émotionnelle de faire des choix difficiles.
- Markus te tuerait.
- Tu sais très bien que non, il ne ferait rien pouvant nuire à son frère. Et mon décès n’irait certainement pas dans ce sens étant donné le lien que je partage avec mon cher père. »

Viktor grimaça, il détestait qu’elle lui rappelle ce menu détail source de tous ses problèmes actuels et futur. Pourquoi fallait-il toujours que cela tombe sur lui?

« A ce propos, j’aurais besoin de ton aide à propos d’Ilona.
- Tu as enfin admis que pour la première fois de ta vie tu étais véritablement amoureux de quelqu’un et tu as besoin de l’aide de ton ancienne amante pour faire le tri dans ta tête?
- Ariana, il n’y a rien de drôle.
- Viktor, je suis enfermée ici depuis suffisamment de temps pour ne plus prendre la peine de me renseigner sur la décennie dans laquelle nous nous trouvons. Bien sûr que tes états d’âme dignes d’un adolescent m’apportent énormément de joie et d’amusement!
- Mon amour pour Ilona n’est pas la chose pour laquelle j’ai besoin de ton aide, grogna-t-il en vérifiant qu’aucun garde ne profitait du spectacle de son humiliation. Je voudrais que tu lui enseignes certaines choses. Notamment la maîtrise des capacités particulières qu’elle et toi partageaient. »

L’immortelle fit la moue, agacée.

« Ne compte pas sur moi pour lui apprendre à devenir une gentille petite hybride docile bien disciplinée pour plaire à la mégalomanie de ces messieurs.
- Je pensais plus que tu pourrais lui donner des conseils pour ne pas se faire tuer et s’attirer les bonnes grâces du Conseil. Je ne tiens pas à ce qu’Ilona devienne docile. »

Elle afficha un sourire goguenard.

« Tu as toujours aimé les femmes à fort caractère, je te reconnais bien là. Méfie-toi le jour où tu auras une fille, elle pourrait bien achever tes derniers cheveux à ne pas être blanc. »

Viktor bafouilla un lot de jurons, noyé sous une négation précaire des dires de son amie.

« Je t’aiderais, Viktor, tu en as ma parole, repris-t-elle finalement en saisissant sa main au travers des barreaux de la cellule. De plus, je pense que je vais m’entendre à merveille avec Ilona.
- Je sens que je regrette déjà de t’avoir demandé une pareille chose. »
Image

Avatar de l’utilisateur
Bellatrix1992
Libraire chez Fleury & Bott
Messages : 626
Inscription : 15 oct. 2019 - 17:16

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Bellatrix1992 » 21 nov. 2020 - 23:32

Titre: Trafalgar Square by night
Thème et heure : Image 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 422
Personnages : Teressa Hergott
Rating : TP
Pour sa première après-midi de libre, Teressa avait décidé de visiter Londres du côté moldu. Mais c’était sans compter la neige si inattendue au mois de mai qui, se transformant en eau glacée dans les airs ou sur le sol, la frigorifia en moins d’une heure.

Teressa, pestant et ronchonnant, se résolut à entrer dans un Pub afin de se réchauffer et commanda instinctivement un chocolat. Vraiment, elle n’avait pas de chance et ce temps étrange avait tout pour l’inquiéter. La foule courant les rues s’était rapidement clairsemée et une chape de plomb semblait s’être abattue sur la ville.
- Il fait beaucoup trop froid pour que cela soit naturel, murmura t-elle pensive. On dirait…

Oui, elle craignait de savoir ce que c’était : ce refroidissement brutal, cette neige fondue, l’air morose ou craintif des quelques passants… Il y avait des détraqueurs dans le coin.

Elle tira sa baguette, peu soucieuse de l’interdiction qui lui était faite de l’utiliser hors de son lieu de travail, puisque encore mineure au Royaume Uni. De toute manière, bien malin celui qui l’identifierait dans ce lieu.
Payant sa consommation, elle sortit du Pub pour affronter le froid, se plaqua dans un renfoncement qui ne l’exposerait pas aux regards et se concentra, cherchant dans sa tête un souvenir suffisamment heureux pour générer le charme du patronus.
Ses amies Lili, Alix et Judith s’imposèrent aussitôt à son esprit, l’étreinte d’Alix également… Et aussitôt qu’elle prononça la formule un canard sauvage argenté s’envola de sa baguette, volant à la verticale le long des cheminées des maisons, peu visible des moldus.

Teressa ne vit pas ce qui se passait, mais la neige cessa de tomber quelques dizaines de secondes plus tard et le ciel s’éclaircit un peu.
Dans l’air un peu moins froid de cette fin de printemps, Teressa sourit alors que son patronus revenait en cancanant vers elle.
- Bon travail lui dit-elle juste avant qu’il ne se dissipe.

Elle reprit sa marche interrompue par la neige, s’étourdissant dans la foule qui ressortait à présent progressivement, observant toujours avec le même étonnement cette ville pleine de lumières et de couleurs côté moldu.
Lorsqu’elle se sentit épuisée d’avoir marché, plus de trois heures en fait, Teressa grimpa dans un bus pas trop fréquenté et le laissa l’emporter à travers la ville : elle adorait visiter ainsi, regardant défiler les rues et les différents quartiers.
De bus en bus, son manège dura toute la journée et, lorsque la nuit fut complètement tombée, elle pasait encore devant Trafalgar Square, savourant les paysages.
Image

Gred et Forge vous informent!

Avatar de l’utilisateur
Roxane-James
Justicière en chaussettes
Messages : 2565
Inscription : 07 déc. 2016 - 17:44

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Roxane-James » 21 nov. 2020 - 23:45

Titre: Niaiserie totale et complète
Thème et heure : Image 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 447
Personnages : Scorpius et James
Rating : TP
Scorpius aimait la morsure du froid sur sa peau, la valse des flocons de neige et les couleurs du ciel en décembre. Il aimait sentir ses pieds s’enfoncer dans une étendue cotonneuse, et voir les enfants courir dans la rue, impatients de jouer avec ce cadeau des cieux. Si la période qui précédait Noël était sa favorite depuis l’enfance, rien n’égalait cependant la joie qu’il ressentait à présent.

— Scorpius ! Je suis là !
— James !

James portait sa vieille veste en cuir ainsi qu’une grosse écharpe violette que Scorpius se souvenait avoir vu Rose arborer lorsqu’ils étaient encore à Poudlard. Cela lui allait bien, même s’il paraissait frigorifié. Evidemment, James ne pouvait pas se lancer un sortilège de réchauffement, et il refusait que ses parents « trafiquent » ses vêtements avec leur magie. C’était ridicule, mais c’était James, et Scorpius le préférait ainsi. Un large sourire aux lèvres, une paire de Converse inadaptée à la saison, et les cheveux en bataille. C’était le James qu’il avait appris à connaître au fil des ans, celui avec qui il avait affronté des fantômes et des clients imbuvables, des maisons en ruines et des monstres tapis sous les lits. C’était le James qu’il avait embrassé à l’hôpital à son réveil. Le James dont il était tombé amoureux.

James se planta devant lui en se trémoussant maladroitement sur ses pieds. Scorpius ne lui avait jamais trouvé l’air aussi gourd. D’ordinaire, c’était lui l’imbécile qui ne savait plus quoi faire de ses bras. Mais il comprenait. Il avait embrassé James. Il lui avait proposé un rencard. Ils avaient beau avoir passé des années côte à côte, ceci n’avait rien à voir avec ce qu’ils avaient pu faire auparavant. C’était une autre étape. Scorpius espérait que James se sentait prêt à l’affronter.

— Bon, dit James. On a l’air un peu stupides, non ?
— Ouais, répondit Scorpius en souriant. Je peux t’embrasser ?

James cligna des yeux avant d’hocher la tête, et Scorpius se hissa sur la pointe des pieds. C’était maladroit et hésitant, moins passionné que le baiser de l’hôpital. Mais c’était doux, aussi. Et James avait enroulé ses bras autour de sa taille pour le serrer contre lui. Scorpius sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Les lèvres de James contre les siennes. Les mèches de cheveux rebelles qui tourbillonnaient autour d’eux, blondes et brunes, et la douceur de leurs gestes. C’était ça, le bonheur. Ça, et le rideau de neige qui tombait autour d’eux.

— Je t’offre un chocolat ? proposa James d’une tremblante lorsqu’ils se détachèrent enfin.
— Non, fit Scorpius. C’est mon tour, tu te souviens ?

Ils pénétrèrent dans le pub qui leur faisait face main dans la main.
Image
"I can do more damage on my laptop, sitting in my pajamas, before my first cup of Earl Grey than you can do a year in the field." - Q
profil Goodreads

Avatar de l’utilisateur
Dreamer
Pote avec Morphée
Messages : 2747
Inscription : 20 août 2015 - 14:29

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Dreamer » 21 nov. 2020 - 23:51

Texte : -
Thème et heure : image 23h
Fandom : hp
Nombre de mots : 836
Personnages : Seamus
Rating : TP
Seamus errait dans les rues de New-York comme un vulgaire touriste. Habillé d’un jean et d’un simple sweat de l’équipe de foot de West Ham – qu’il avait fourré dans son sac à la hâte en pensant qu’il s’agissait d’un des siens et non le préféré de Dean – il sentait les regards lourds des moldus américains peser sur lui. Evidemment, il devait bien être le seul gars de la rue à ne pas porter de manteau adapté aux températures incroyablement basses régnant ici.

Peu lui importait, à dire vrai, du moment qu’aucun des Aurors du MACUSA ne le repérait ou lui tombait dessus.

Le froid pinçant lui picota les narines quand il inspira enfin. D’un geste maladroit, il sortit de sa poche kangourou un plan magique de New-York acheté après son transplanage à l’aéroport de JFK.

En plein jour, il n’osait sortir sa baguette, mais l’endroit qu’il recherchait scintillait toujours sur le papier glacé.

The Point, c’était le pub par lequel il avait décidé de commencer ses recherches.

Sur la carte, deux petites empreintes de pas brillaient également. A environ trois blocs plus au Sud.

J’arrive, Lavande, tiens bon.

Se mordant la lèvre d’agacement, Seamus ne perdit pas une seconde de plus et poursuivit sa route. Dans sa tête, tout s’emmêlait et s’entortillait en tout sens. Qu’est-il arrivé à Lavande ? A-t-elle finalement été secourue par quelqu’un d’autre ? Que s’est-il passé ? Comment a-t-elle pu se mettre en danger de nouveau, elle qui avait fui les souvenirs de la guerre ?

Hélas, la majorité de ces questions resteraient probablement sans réponse encore longtemps, songea-t-il avec amertume.

Si seulement j’avais été plus insistant, se maudit-il en shootant dans une canette qui traînait sur le trottoir. Si seulement je l’avais empêchée de partir. Où en serait-elle aujourd’hui, si j’avais tenté de garder le contact ?

Toutes ces hypothèses le rendaient fou. Il aurait voulu les faire taire.

Il aurait voulu calmer le rythme effréné auquel son coeur cognait dans sa poitrine. Il aurait voulu arrêter de se tourmenter.

Il aurait voulu avoir tourné la page.

La réalité douloureuse était pourtant là : Seamus était complètement à la merci de Lavande. Malgré tout ce qu’il s’était passé entre eux. Malgré les disputes. Malgré les paroles dures. Malgré la rupture et la déprime effroyable qui s’en était suivie pour lui.

Il n’avait jamais pu faire le deuil de la relation qui les avait liés.

Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayé. Merlin seul savait avec combien de filles Seamus avait essayé de remplacer Lavande. Aucune ne lui arrivait à la cheville. Il y avait absolument toujours quelque chose qui clochait. Leur rire était trop forcé, leur caractère trop timide ou au contraire trop extraverti.

Et pourtant, Seamus avait essayé, vraiment essayé d’oublier Lavande. Il s’était concentré sur ses ASPICs, sur la reconstruction du château, sur le Quidditch. Rien n’avait pu lui faire oublier ces nuits passés à deux, à simplement se tenir la main sur le canapé en se chuchotant l’un à l’autre des projets d’avenir utopiste. Les escapades nocturnes de rébellion contre les Carrow. Les baisers échangés dans les brefs moments d’accalmie.

Un choc de plein fouet contre son épaule droite fit perdre l’équilibre au jeune homme et il se rattrapa in extremis à un lampadaire. Quel abruti, pensa-t-il en voyant le moldu qui venait de le bousculer poursuivre sa route comme si de rien n’était.

Palpant ses poches, il constata avec soulagement que l’individu en question ne lui avait pas fait les poches au passage.

Puis, relevant la tête, Seamus avisa qu’il était presque arrivé.

Face à lui, la devanture du Point semble le narguer. Deux jeunes femmes discutaient sur le pas de la porte, l’une des deux avec une cigarette collée aux lèvres. Elles aussi semblaient un peu trop légèrement vêtues pour affronter la neige qui commençait à tomber à gros flocons.

De l’extérieur, on pouvait distinguer les néons accrochés aux murs intérieurs du bar.

Seamus était perdu. Tout ceci ne ressemblait en rien à l’Angleterre. Il n’aimait pas ça.

Il faut rentrer, mon vieux, essaya de s’encourager Seamus.

Ses jambes, fermement plantées au sol, ne paraissaient pas partager cet avis. C’est comme si tous les efforts qu’avait fait Seamus jusque là se trouvaient stoppés net.

Entrer dans ce bar, c’était renouer avec tout ce qu’il s’était promis d’oublier. C’était accepter l’idée de se retrouver victime de la tempête de sentiments que déclenchait Lavande en lui. C’était être prêt à tout sacrifier de nouveau.

Indécis, Seamus passa une main fébrile dans ses cheveux mouillés par la neige.

Bon sang, il donnerait cher pour rebrousser chemin et repartir aussi vite qu’il était venu chez lui, à Poudlard. Faire comme si ce foutu Patronus de Lavande ne lui était jamais parvenu. Profiter de son week-end pour aller boire une Bièraubeurre avec Neville et Dean au Chaudron Baveur.

Mais il ne pouvait pas abandonner Lavande à son sort. Il ne se le pardonnerait jamais.

Alors il traversa la rue, non sans manquer de glisser sur le verglas qui s’était installé.
Image

It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

Avatar de l’utilisateur
MaPlumeAPapote
Elève de troisième année
Messages : 52
Inscription : 21 févr. 2020 - 23:22

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par MaPlumeAPapote » 21 nov. 2020 - 23:52

Titre: Folie passagère
Thème et heure : Fou 23h
Fandom : HP
Nombre de mots : 735
Personnages : Alice Londubat (et Neville et sa grand-mère)
Rating : Tout public
Son lit et ses draps étaient chauds et doux. Elle aimait lorsque la dame en blanc recouvrait son corps avec la couette. Elle se sentait bien et en sécurité. Sereine. Mais ce qu’elle préférait, c’était lorsque le garçon venait avec la vieille dame. Cela se produisait toujours lorsqu’elle avait le droit de se lever du lit et qu’elle pouvait aller s’asseoir sur la chaise ou par terre. Mais à chaque fois, la vieille dame lui prenait sa place sur la chaise, alors elle s’asseyait sur son lit et regardait toutes les nouveautés qu’avait à lui montrer le garçon.

Elle ne reconnaissait pas les formes, les objets ou leur usage. Mais elle aimait les couleurs. Le rouge était sa couleur préférée et le garçon avait l’air de l’avoir compris car il avait toujours quelque chose avec cette couleur pimpante à lui donner. Elle n’avait alors qu’à le prendre dans ses mains et le manipuler dans tous les sens. Savourer le toucher, la matière et le bruit du papier froissé et parfois les odeurs qui venaient chatouiller ses sinus.

Lorsque la porte s’ouvrit ce jour-là et que ses visiteurs pénétrèrent dans la chambre, ses yeux restèrent rivés sur le mur. Son esprit était brumeux et ses sens réduits par la fatigue au strict minimum. Elle entendit à peine les pieds de la chaise racler le sol et ne sentit pas le matelas s’affaisser sous le poids du garçon.

- Bonjour Maman…

La voix était lointaine et les mots brouillés par son esprit endormi.

- Comment ça va aujourd’hui ?

Elle ne répondit pas. Elle ne répondait jamais. Mais lorsqu’elle l’entendait, elle le regardait longuement avant de tendre la main pour le toucher. Le contact était quelque chose qu’elle aimait. Mais aujourd’hui, son instinct sommeillait en elle, ne laissant qu’une coquille vide pour faire face au garçon.

- Regarde ce que je t’ai apporté. Tes préférés.

Son regard restait fixer au mur. Le garçon avait beau faire tout ce qu’il voulait pour attirer son attention, elle restait stoïque à ses gestes et ses présents.

- Neville, cela ne sert à rien.
- Maman, encouragea le garçon.

Son esprit était vide et elle n’avait plus conscience de rien. Tout ce qui l’entourait avait disparu dans un brouillard épais.

Jusqu’à ce que le garçon ne pose sa main sur son avant-bras.

Une étincelle s’alluma dans son esprit et les souvenirs affluèrent en masse. La douleur. L’horreur. La tristesse. Le vide. Les lumières. Cette avalanche d’informations était trop importante pour qu’elle puisse les enregistrer et ça la mettait particulièrement mal à l’aise. Elle ferma les yeux et serra les dents. Des gémissements s’échappèrent de ses lèvres closes et elle commença à se balancer d’avant en arrière alors qu’une panique grandissait au fond de sa poitrine.

- Neville, relève-toi s’il te plait. Tu sais comment cela va se terminer. Infirmière !

Le garçon n’obtempéra pas et resserra ses doigts sur son poignet fin. L’étau qu’elle ressentait sur sa peau lui montait à la gorge, l’empêchant de respirer.

- Tout va bien maman, je suis là…

Le cri déchira l’air et ses poumons. Avec un geste brusque et violent, elle rejeta la main du garçon et se mit à ruer des pieds dans ses draps qui oppressaient son corps. Elle avait mal. Elle avait peur. Elle voulait que cela cesse.

Des bruits de pas retentirent au loin puis des mains immobilisèrent ses membres. La douleur s’intensifia alors qu’elle ne parvenait plus à faire le moindre geste. La gorge en feu, elle se remit à hurler de tout son souffle.

- Apporter la potion ! cria quelqu’un au-dessus d’elle.

Un liquide épais se renversa sur son menton alors qu’elle tentait de se débattre, puis franchit ses lèvres. Ses dents claquèrent mais se refermèrent dans le vide puis la potion glissa le long de sa gorge et elle manqua de s’étouffer.

- Maman…

Le sanglot déforma l’appel désespéré du garçon mais elle ne l’entendit pas. La douleur diminuait enfin et les ténèbres reprenaient leurs droits. Son corps retomba sur le matelas, aussi lourd qu’une masse inerte. La dame en blanc releva les draps sur son corps mais elle ne ressentit pas leur douceur. Ses paupières se faisaient lourdes et elle ne lutta pas plus d’une seconde.

A ses côtés, le garçon tenait encore dans ses mains l’objet rouge brillant qu’il lui avait emmené. Elle ne l’avait pas touché. Elle ne l’avait même pas vu.

Avatar de l’utilisateur
ninipraline
Membre de l'Ordre du Phénix
Messages : 589
Inscription : 26 juin 2015 - 08:14

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par ninipraline » 21 nov. 2020 - 23:59

Titre : La veille de Noël
Thème de 23 heures : image d’une maison dans la nuit, kentaro-toma sur Unsplash
Fandom : original
Nombre de mots : 277 mots
Personnages : OC
Rating : Tout public
CricriDragée était aux anges. La fine couche de verglas formait sur la route un miroir qui reflétait ciel, immeubles et surtout les innombrables illuminations artificielles et naturelles de la nuit. La féerie de Noël qu’elle attendait avait fini par trouver le chemin de la petite ville minière de Tout-de-suite-à-droite-à-la-fin-de-la-route. La petite fille battait des mains, convaincue que cette fois, le Père-Noël en personne s’arrangerait pour lui apporté le petit frère qu’elle commandait depuis des années et pas un de ces atroces poupons de plastiques vert que ses intermédiaires s’acharnaient à lui refourguer sous le sapin. Elle avait eu raison d’espérer toutes ses années malgré les commentaires aigris de ses grands-frères et sœurs sur la grande arnaque de Noël et le mensonge des grandes personnes. CricriDragée soupira de bonheur et referma les rideaux sur la rue et la nuit. Puis très précautionneusement, elle apporta son verre de lait près du poêle à bois. Magie ou pas, le Père-Noël aurait sûrement très soif, lorsqu’il sortirait des étroits tuyaux. Et comme CricriDragée était une petite fille très consciencieuse, elle posa également des lingettes et une brosse à vêtements pour que le brave grand-père puisse nettoyer la suie qui se serait poser sur lui. Avec une moue déterminée, elle examina la petite table à côté du poêle, lait, biscuit, brosse à vêtements, lingettes et son plus joli dessin de remerciement. Tout y était. Il ne manquait plus que l’invité de la nuit. Et il ne viendrait que si tout le monde était couché. CricriDragée se dirigea donc sagement vers sa chambre convaincue de trouver le lendemain dans ses chaussons, le petit frère qui lui ravirait enfin sa place de petite dernière.
ImageImageImage

Avatar de l’utilisateur
Carminny
16 modulo 7
Messages : 4247
Inscription : 23 mai 2015 - 13:39

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Carminny » 22 nov. 2020 - 00:02

Titre : /
Thème et heure (écrit et/ou image et/ou citation et/ou musique) : Fou
Fandom : HP (UA)
Nombre de mots : 354
Personnages : Les profs de Poudlard + Gilderoy Lockhard
Rating : /
Un fou. Voilà ce qu’elle avait en face d’elle. C’était la seule explication pour son comportement franchement horrible ou du moins bizarre. Ann lança un regard qui essayait de cacher son désespoir à Severus. Qui leur avait imposé un imbécile pareil ?
– Vous n’avez plus rien à craindre avec moi, fanfaronnait le nouveau sorcier. Je vous protégerai de chaque danger dans cette école.
– Sauf de lui-même, souffla Severus dans sa direction. Ni du chaos qu’il créera…
– J’espère que vous accueillerez bien notre nouvel responsable de la sécurité, un poste spécialement créé pour pallier aux problèmes que nous avons rencontré en ce début d’année.
¬Dumbledore pouvait dire ce qu’il voulait, Ann captait bien les pensées de tous les enseignants. Toute l’équipe enseignante le prenait pour un fou. Quelqu’un de complètement inconscient de toutes les difficultés et problèmes qui venaient vers lui. Si cela avait été si facile d’en finir avec ce monstre de la Chambre des Secrets, ils l’auraient très bien battu eux-mêmes. Minerva le trouvait complètement ridicule dans son égocentrisme éclatant. Filius hésitait à lui souhaiter la bienvenue ou pas. Pomona se moquait intérieurement de sa tenue dorée qui semblait presque provenir de la garde-robe de leur cher directeur. Quand aux autres, les pensées s’entremêlaient et elle n’avait pas la patience pour s’y attarder.
– Portons un toast, conclut Dumbledore, les étincelles malicieuses semblaient avoir atteint sa voix elle-même.
Ann prit un verre que lui tendit Severus et sentit l’odeur d’un alcool s’en dégager. Elle le leva légèrement pour mieux sentir. Elle avait l’impression d’y reconnaître une odeur de…
– C’est du whisky pur feu au potiron, lui souffla Severus pas tout aussi discret que précédemment.
La professeure de duel sorcier soupira légèrement. Leur directeur s’en fichait complètement de leurs goûts et préférences, comme toujours. Pourquoi avait-elle cru que cela pouvait changer ?
– A notre protecteur qui résoudra rapidement ce mystère, déclara cérémonieusement Dumbedore. A Gilderoy Lockhart.
Ann leva son verre en même temps que ses collègues puis projeta son contenu dans le pot magiquement drainé de la plante verte juste derrière elle.
– A moi ! répéta joyeusement le nouveau guignol de service en les resservant.
Image

Avatar de l’utilisateur
Lyssa7
Bureaucrate au Département de l'Artisanat Moldu
Messages : 2453
Inscription : 02 nov. 2016 - 18:20

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Lyssa7 » 22 nov. 2020 - 00:02

Titre: Point final
Thème et heure : Fou 23h + image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1039 mots
Personnages : Mandy Brocklehurst et Megan Jones
Rating : Déconseillé - 12 ans (mention d'alcool, de cigarettes, et mots vulgaires)
« The Point » est un bar situé sur Oxford Street, dans le centre-ville de Londres, où elle aime bien se rendre chaque week-end. C’est devenu une forme de ritournelle assez étrange, comme une tradition qui n’en est pas vraiment une, un rendez-vous qu’elle ne raterait pour rien au monde. Ce n’est pas comme au Chaudron Baveur. Ici, les gens ne la connaissent pas, les gens ne la jugent pas. Personne ne va la reconnaître et, plus encore, elle ne reconnaîtra personne. C’est trop dur de lire la tristesse, la rancœur, et le désespoir dans le regard des gens. Pire, de savoir qu’elle est similaire à la sienne. C’est peut-être pour cette raison, juste pour cette raison, qu’elle ne se rend plus dans la célèbre auberge sorcière. Megan Jones est égoïste, et elle préfère ne pas lier sa douleur et ses névroses à celles des autres. L’altruisme et la compassion, c’est bon pour ceux qui n’ont jamais connu la guerre, la répression, et le deuil. Chacun son fardeau, se répète-t-elle pour s’en excuser, comme si elle avait besoin de se justifier.

La neige tombe à gros flocons ce soir, et elle tire une latte de sa cigarette avec un plaisir non dissimulé. Encore une raison de ne pas se montrer sur le Chemin de Traverse. Ici, les moldus se fichent totalement de qui elle est et des tendances addictives qu’elle peut avoir, et Megan peut savourer sa cigarette en paix dans le froid glacial de cette fin novembre. Un sourire de satisfaction se dessine sur ses lèvres ourlées, et elle ferme les yeux pour apprécier ce moment de tranquillité bien mérité et officiellement assumé.

— Jones ? Megan Jones ?

Megan ouvre brusquement les yeux, sortie de sa transe. Dans son manteau à col fourré qui lui arrive jusqu’en dessous du menton et le fait qu’elle soit dans un bar moldu, elle n’aurait jamais pensé qu’on puisse la reconnaître. Il faut croire qu’elle a eu tort. Comme quoi, elle aurait peut-être dû immigrer dans une autre ville pour qu’on lui foute enfin, une bonne fois pour toutes, la paix. Ce n’est pas qu’elle n’aime pas les autres – elle les aimait même un peu trop avant, féru d’une popularité éphémère et superficielle qui la rendait cruelle et agressive – mais elle préfère dorénavant sa propre compagnie. Ce n’est pas forcément plus sain de se renfermer sur elle-même, et elle le sait très bien, mais ça ne regarde qu’elle. Alors, Merlin, qu’on arrête de l’emmerder.

— Qu’est-ce que tu fais ici, Brocklehurst ? interroge Megan, reprenant une longue bouffée de nicotine.
— Tu fumes maintenant ? s’enquiert la nouvelle venue en se plaçant à sa gauche sur le seuil du bar, juste sous le porche.
— Qu’est-ce que ça peut bien te faire, hein ? réplique aussitôt l’ancienne Poufsouffle, recrachant des volutes de fumée.
— Rien. Tu m’en files une ?

Mandy Brocklehurst laisse son regard dériver sur la grande avenue face à elle. Elle semble perdue dans ses propres pensées, et Megan prend finalement conscience que, tout comme elle, elle a bien assez de ses états d’âme pour s’approprier et comprendre les siens. Tant mieux, Megan n’a pas envie de discuter. Pas aujourd’hui, pas ce soir, ni même demain. Peut-être un jour, un autre jour, un jour lointain. Avec quelqu’un d’autre surtout. Ce n’est pas qu’elle n’apprécie pas l’ancienne Serdaigle de sa promotion, mais elle sait que celle-ci ne l’a jamais tenue en grande estime et elle n’a aucune envie de rétablir un lien quelconque maintenant. Une clope, c’est tout ce qu’elle aura.

— Tiens.

Mandy la remercie d’un vague signe de tête et porte la cigarette à ses lèvres d’un air pensif. Fouillant dans sa poche, elle en sort un briquet. Le lieu où elles se trouvent en ce moment ne leur permet pas d’utiliser la magie, et elle ne veut pas prendre le risque qu’un moldu la voie. Megan esquisse un sourire narquois. Elle ne s’est pas embarrassée de ces formalités. De toute façon, si elle avait le moindre problème avec le Magenmagot pour usage abusif de la magie devant des moldus, elle pourrait toujours plaider l’une de ses phases maniaques pour s’en sortir sans trop de dégâts. Cela l’amuse tout particulièrement de prendre ce genre de risques, c’est palpitant. Et il est certain que Brocklehurst, pétri par son chagrin depuis la fin de la guerre comme tout ceux qui étaient présents, n’en prend pas autant. C’est d’ailleurs étonnant de la voir fumer. Elle tousse un peu en l’allumant.

— ça faisait longtemps, dit-elle après avoir retrouvé son souffle.
— Une soudaine envie ? La nargue Megan avec un léger sourire en coin. Ou tu as une raison plus profonde ?
— J’attends Corner, c’est tout. Il est là-dedans, explicite Mandy dans un vague signe de tête en direction du bar.
— Oh. Donc, tu l’attends ?

Le sous-entendu agace Mandy. C’est tellement perceptible que Megan manque d’éclater d’un rire perfide. Elle a beau ne plus être cette peste qu’elle a pu être à Poudlard, les bonnes vieilles habitudes ont la dent dure.

— Oui, je l’attends, rétorque fermement la jolie blonde, les sourcils froncés. Il est saoul, et il a une nette tendance à se battre ces derniers temps si tu veux tout savoir, ajoute-t-elle en reprenant une latte de sa cigarette pour former des ronds de fumée qui vont se mélanger aux flocons de neige, et je n’ai aucune envie qu’il lui arrive un accident.
— Comme c’est touchant, persifle la brune, éteignant sa cigarette sur la rambarde en fer du bar avant de sortir sa baguette pour faire disparaître le mégot.
— On pourrait te voir, la prévient Mandy, contrariée.
— Justement, chérie, ça pourrait être marrant…

Néanmoins, Megan range sa baguette magique dans sa poche de manteau avant de se redresser du mur où elle s’était appuyée. Elle va prendre congé, et laisser Brocklehurst toute seule dans le froid. Elle est égoïste, Jones, elle l’a toujours été. Et plus que tout, elle veut qu’on lui foute la paix, mais avant cela et sans savoir pourquoi, elle ne peut s’empêcher de déclarer plus sérieusement :
— Prends soin de toi, Brocklehurst. Et de Corner aussi.

C’est sans doute la dernière fois qu’elles se revoient. Ou du moins qu’elles se parlent. Alors, elle s’est dit que leur conversation méritait un point final.
ImageImageImage

Avatar de l’utilisateur
Alena Aeterna
Cannibale nocturne
Messages : 4881
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Alena Aeterna » 22 nov. 2020 - 00:04

Titre : /
Thème : Image de 23h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 326
Personnages : Daisy Scrimgeour (OC), Faith (OC), Gareth (OC), Irène (OC)
Rating : Tout public
Daisy eut un sourire crispé en voyant arriver Faith et Gareth, main dans la main. Ses deux amis souriaient avec une joie communicative mais elle ne parvenait pas à partager entièrement leur bonheur. Leurs retrouvailles n’avaient pas été des plus chaleureuses, il y avait eu trop d’accusations et d’incompréhensions. Ils lui avaient reproché son départ précipité pour la Norvège, sans de véritables explications tandis qu’elle regrettait de ne pas avoir leur confiance. Elle ignorait pour quelle raison elle avait accepté de leur redonner une chance en les invitant à ce café moldu mais sans doute espérait-elle retrouver les liens de son enfance, ceux qu’elle avait abandonnés derrière elle en partant sur les traces de ses ancêtres.

Les salutations furent maladroites et humides, la neige ayant décidé de s’ajouter. Faith parlait pour trois, enthousiaste, et elle ne cachait pas sa curiosité d’avoir été conviée dans un lieu moldu, ce qui n’était pas dans leurs habitudes. Daisy marmonna qu’elle préférait la discrétion du monde non magique parce qu’elle n’avait pas à faire attention à tous ceux qu’elle croisait. Elle se reprit en les remerciant pour leur présence puis les précéda dans le café où une douce odeur d’épices flottait dans l’air. Son cœur se réchauffa à la vue d’Irène qui leur fit un signe, attablée près d’un sapin de Noël aux décorations lumineuses.

« Faith, Gareth, vous vous souvenez d’Irène ? »

L’expression de Faith devint moins exaltée, elle inspecta leur ancienne camarade de Serdaigle avec les sourcils froncés, comme si elle la recherchait dans ses pensées.

« Tu étais dans l’année supérieure, n’est-ce pas ? finit-elle par demander. »

Irène confirma son interrogation puis jeta un coup d’œil à Daisy qui ne bougeait pas. La jeune Scrimgeour aurait voulu repartir en arrière et annuler ce rendez-vous avec ses anciens amis, jugeant que rien ne se déroulait correctement. Faith lui semblait trop tendue, Gareth assez lointain et elle n’avait pas encore annoncé l’événement dont elle était si fière.
Image

Avatar de l’utilisateur
Sifoell
Libraire chez Fleury & Bott
Messages : 738
Inscription : 16 sept. 2011 - 17:55

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Sifoell » 22 nov. 2020 - 00:05

Titre : Le pub de Marshall Street
Thème : Image de 23h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 911
Personnages : Sorcier "Il", Lizzie (OC), et Lloyd (OC)
Rating : Tout public

Il ne sait plus depuis combien de temps il est dans les rues, cela fait si longtemps, il en est encore à perdre toute notion du temps. Il ne maîtrise rien dans ce monde, les arcanes du monde Moldu lui étant totalement étrangère.
Il est à Lowestoft depuis plusieurs semaines sans doute, promenant toute sa vie dans un sac à dos. Quelques vêtements de rechange, sa baguette. La première fois qu'il s'est assis devant le pub de Marshall Strett, un serveur l'a fait déguerpir, parce que sa seule présence gênait sans doute la clientèle avinée qui se vient se soulager contre les murs du pub. Alors, il est parti sans demander son reste. Mais il est revenu, encore et encore, comme ces autres pauvres hères hirsutes et repoussant de saleté et de méchanceté qui traînent dans les rues de toutes les villes du monde, parlant au vent, à la pluie, au ciel, au monde entier.
Alors, il a commencé à se parler, ressassant sans cesse sa famille perdue, sa vie détruite et sans perspective d'avenir. Retour à la case départ, sauf que ce n'est pas un départ mais un arrêt. Retour à la case arrêt.
Il n'est pas triste, il n'est pas en colère, bien qu'il bouillonne régulièrement. Il use de sa magie pour faire croire aux Moldus qu'il les paie et embarquant les menues courses pour se restaurer dehors, à l'abri du ciel et des nuages.
Les autres pauvres hères lui ont bien cherché des noises à plusieurs reprises mais un seul de ses regards gris acier méprisant, la seule perspective de ses points serrés et son sourire carnassier, et ils repartent titubant et en l'insultant de loin.
Jusqu'à ce qu'un jour, après des semaines ou des mois d'errance à Lowestoft, une jeune femme en tablier noir s'arrête devant sa silhouette invisible, assise contre le mur du pub de Marshall Street. Et c'est sa voix qu'il reconnaît. Et il se sent blêmir. Il ne faut pas qu'elle le reconnaisse.
« Bonjour monsieur, vous voulez quelque chose ? »
Ses yeux gris se plantent dans les yeux marrons de la jeune femme dont les cheveux blonds sont réunis en un chignon lâche dans lequel elle a planté deux crayons. Elle ne lui demande pas de partir. Elle répète, le visage avenant et la voix douce.
« Vous voulez quelque chose, monsieur ? Venez, rentrez vous mettre un peu au chaud, on n'est pas ouvert encore, vous serez tranquille. »
Et elle me tend sa main, ses manches sont retroussées jusqu'à ses coudes et dévoilent des avant-bras fins au hâle fané. Je saisis sa main et me relève doucement. Je suis bien plus grand qu'elle qui m'arrive à peine au-dessus de l'épaule. Elle lève ses yeux sur les miens, puis fronce les sourcils.
« J'ai l'impression de vous connaître, monsieur... »
« Non. »
Son visage se fige, puis elle sourit de nouveau.
« Suivez-moi. Au fait, je m'appelle Lizzie Halfpenny, c'est le pub de mon voisin. J'habite en face, là, au-dessus du salon de beauté. »
D'un signe de tête elle me désigne le salon miteux, surmonté de deux fenêtres aux rideaux fleuris.
« Allez, venez. Le patron est d'accord pour que je vous donne à manger. Il fait un froid de canard. »
Je la suis à reculons dans le pub qui est plutôt chaleureux. La télévision est déjà en route et diffuse des images de gens qui dansent sur de la musique. Lizzie me désigne une table, près d'un radiateur et du fenêtre donnant sur la rue.
« Un thé ou un café ? »
« Un thé. »
« Et je vais vous chercher de quoi manger aussi. »
Mes yeux sont attirés sur l'écran ou un tube à la mode passe, et sans en avoir conscience, je bats la mesure avec mon pied. Lizzie revient, portant un plateau sur lequel il y a une théière, deux tasses, du pain, du beurre, de la confiture, et une assiette avec des œufs brouillés, du bacon, des haricots. Un vrai festin qui me fait saliver. Lizzie dépose le plateau devant moi et me sourit.
« Je n'ai pas d'argent. »
« C'est la maison qui offre. »
Elle verse le thé dans les deux tasses. Un homme sort des cuisines portant un tablier et un torchon sur l'épaule. Il vide un énorme sac de biscuits apéritifs dans plein de coupelles.
« Tu t'appelles comment, gamin ? »
« Re... Reagan. »
« Bienvenue, Re... Reagan. Moi c'est Lloyd. »
Il travaille tout en me parlant et en ne me regardant pas du tout. Lizzie pousse devant moi une des tasses de thé, et le plateau.
« Tu cherches du travail, Reagan ? »
Je n'ose rien toucher à ce qui est devant mes yeux. Mais pourtant la faim me tord le ventre.
« Oui, monsieur. »
« Lloyd, pas de monsieur avec moi. Je n'ai pas de travail à te proposer, mais Rufus qui bosse sur les docks aurait besoin d'un gars costaud. C'est tous les matins de 5h à 13h. Donc, si ça te dit, tu restes manger là, après, tu peux même aller te prendre une douche derrière, et Lizzie peut mettre tes affaires à laver. Rufus vient tous les jours que Dieu fait manger à 13h30 avec ses gars. Ca te va, Reagan ? »
Sa voix claque, grave et chaude, et Lizzie me dévore des yeux, me suppliant d'accepter.
« Ca me va, mon... Lloyd. »
Image


« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

Avatar de l’utilisateur
Alena Aeterna
Cannibale nocturne
Messages : 4881
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Alena Aeterna » 22 nov. 2020 - 00:57

Titre : /
Thème : Ecrit de 00h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 207
Personnages : Hedvig Iversen (OC)
Rating : TP
Hedvig se figea à l’instant où elle posa ses doigts sur la poignée de la porte, envahie par un sentiment profond d’insécurité. De sa main libre, elle saisit sa baguette, l’esprit désormais alerte. Une petite voix lui soufflait qu’elle n’était pas seule et cette impression ne l’enchantait pas. Dagmar était resté pour faire la fermeture de la boutique et il lui avait assuré qu’elle pouvait rentrer sans se soucier de lui. Elle regrettait d’avoir cédé à la fatigue, elle connaissait assez les dangers qui pesaient sur sa famille et aurait dû être plus attentive. Elle franchit l’entrée en brandissant sa baguette puis observa son environnement à la lueur d’un sortilège. L’éclat illuminait suffisamment les lieux pour révéler l’absence d’une autre vie que la sienne, tout du moins elle le crut jusqu’à percevoir un éclat bleuté familier dans le coin du salon.

« Bonsoir Hedvig. »

Une bouffée de panique l’envahit à la vue de cet homme qu’elle n’avait pas côtoyé depuis des mois. Elle avait pensé être en paix, ayant supposé que son avenir s’écrirait aux côtés de Dagmar, mais elle s’était fourvoyée depuis le début. Maisie n’était pas la seule à porter sur ses épaules le poids de la malédiction familiale, elle-même en faisait les frais.
Image

Avatar de l’utilisateur
Sifoell
Libraire chez Fleury & Bott
Messages : 738
Inscription : 16 sept. 2011 - 17:55

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Sifoell » 22 nov. 2020 - 01:08

Titre : J'ai un canapé
Thème : Ecrit de 00h / Intrus
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 809
Personnages : Sorcier "il", Lizzie (OC), Lloyd (OC)
Rating : TP
Le petit-déjeuner qu'ils m'ont offert est délicieux dans mon ventre vide. Mais plus je mange et plus je me sens mal. Ils n'ont aucune raison d'aider un jeune inconnu qui dort dehors. Lizzie s'est activée à préparer les tables en chantonnant, et Lloyd circule entre la cuisine et le bar, dans un ballet parfaitement exécuté, chacun sachant ce qu'il doit faire.
« Lizzie » appelle Lloyd qui lui fait le signe de le rejoindre. Alors que je continue à manger silencieusement, mes yeux navigant entre la fenêtre, les deux moldus et l'écran de télé, ils parlent à voix basse et leurs mains s'animent autour d'eux. Lloyd finit par un « t'en es sûre ? » avant de me regarder d'un air peu amène. Et Lizzie acquiesce. Puis elle se tourne vers moi et me sourit. J'ai le sang qui se glace dans mes veines, ou en tout cas, cela me fait cet effet. J'espère qu'elle ne m'a pas reconnu. Lloyd agite sa grande main en l'air.
« Gamin ! Ramène-toi s'il-te-plaît. Ma Lizzie a un truc à te proposer en plus. »
J'avale ma dernière bouchée de pain et gobe tout rond le fond de la tasse de thé. Puis me lève et vais les rejoindre, incertain. J'ai laissé mon sac à dos à côté de la chaise et cela ne me plaît pas du tout.
« Reagan, je t'ai dit, j'habite en face. Le petit bâtiment avec le salon de beauté et mon appartement au-dessus, ça appartient à Lloyd. J'ai un canapé... »
« Ce que veut dire Lizzie, c'est qu'elle propose de t'héberger le temps que tu te refasses une santé. Rufus va t'embaucher, c'est sûr, parce que je vais te recommander. Tout ce qu'il va te demander c'est de commencer à l'heure, de finir à l'heure. Tu sais lire, écrire et compter ? »
Je rougis bruyamment.
« Bien entendu... »
Lloyd sourit d'un air vague.
« Bien entendu, voyez-vous ça, et tu sais bien parler aussi, beau merle... »
Lizzie met sa main sur son avant-bras et je me tourne vers elle.
« J'ai un petit appartement, une chambre, et un canapé convertible dans le salon. Si tu veux, tu peux venir chez moi pour quelques jours, le temps de commencer à travailler. »
Puis elle semble hésiter, chercher ses mots.
« Lloyd m'a aidée aussi, quand j'en ai eu besoin. On a un peu la même vie, Lloyd et moi, on n'a pas de parents. Et quand je suis partie du foyer, quand j'étais majeure, je n'étais pas préparée. »
Ses yeux s'embrument, alors elle se tourne vers Lloyd, comme pour y puiser de la force.
« Lloyd m'a aidée, et on peut t'aider aussi, Reagan. Parce que ce n'est pas évident de démarrer dans la vie comme ça. »
Elle sourit alors, et le sourire vient dévoiler une fossette sur sa joue gauche.
« Et rappelle-toi que je t'ai à l'oeil, Reggie. Lizzie c'est ma protégée, je ne suis pas trop d'accord qu'elle t'héberge, alors tu ne lui fais pas de mal. »
« Oui, monsieur. »
« Lloyd. »
« Oui, Lloyd ».
Il me tend sa grande main par-dessus le comptoir, et je grimace quand il me la serre comme dans un étau. Ses petits yeux sont fixés dans les miens.
« T'as intérêt d'être un bon gars. »
J'acquiesce. Lizzie se tourne alors vers Lloyd.
« Oui, c'est bon, tu peux filer une heure, je vais me débrouiller. »
« Okay, merci Lloyd ! »
Elle fait le tour du comptoir et l'embrasse sur la joue alors qu'il bougonne. Elle ôte son tablier, me fait un signe de tête, et je récupère mon sac à dos pour la suivre. Nous traversons la rue, entrons par le minuscule porche coloré, ouvert sur une volée de marches de bois qui grincent et craquent, puis une seconde volée de marches de bois. Le bâtiment semble antique. Nous arrivons à une porte que Lizzie déverrouille. Elle s'essuie les pieds, ôte ses chaussures et m'invite à entrer. Il y a d'abord un placard devant, puis une porte sur le côté avec un petit écriteau « WC », et un espèce de petit couloir menant à un salon, puis la cuisine, puis un escalier.
« Viens » me dit-elle, et je la suis.
Là-haut, sur le pallier, il y a la chambre qui est en mezzanine et n'a pas de porte, et la salle de bain au bout.
« Vas-y, prends une douche si tu veux. Tu veux que je passe tes vêtements à la machine ? »
Je secoue la tête, le sac toujours sur le dos et la main sur la lanière. J'ai une furieuse impression de ne pas être à ma place, mais je l'enferme et la repousse très loin dans mon esprit.
De toute façon, je n'ai plus de place nulle part.
Image


« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

Avatar de l’utilisateur
Alena Aeterna
Cannibale nocturne
Messages : 4881
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Alena Aeterna » 22 nov. 2020 - 02:02

Titre : /
Thème : Image de 01h
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 473
Personnages : Amélia Cross (OC)
Rating : Tout public
Amélia n'avait pas regagné l'hôtel où logeaient les autres membres de l'équipe, incapable d'ôter de ses pensées les paroles prononcées par Lorelei. La déesse n'avait fait qu'ajouter une pierre supplémentaire à l'édifice de ses hypothèses, lui ouvrant la voie vers des réflexions qu'elle espérait garder à distance pour une durée raisonnable. Elle n'avait pas prévu que tout se déroulerait de cette manière, elle avait supposé à tort qu'elle aurait le temps de se poser dans sa couchette pour songer à tête reposée aux dossiers qu'elle avait confiés à John. Elle aurait dû repartir avec lui, de la même façon qu'ils étaient arrivés, sans s'attarder auprès de Coulson, de Skye et de Grant. Le respect qu'elle éprouvait pour son premier Officier Superviseur et l'amitié qui la liait à son ancien coéquipier l'avaient menée à côtoyer des individus attachants et plein de vie, loin du cauchemar qui la tourmentait sans cesse et de la douleur qui ne la quittait plus. Voyager dans le BUS lui paraissait presque irréel face aux missions où une tente servait de logement entre deux averses.

La jeune femme arrêta ses pas devant une vitrine illuminée pour les fêtes de Noël derrière laquelle trônaient des figurines à l'apparence des Avengers. Les sauveurs de New York faisaient régulièrement la une des journaux, la presse avait trouvé en eux du pain béni pour remplir les colonnes sans avoir à creuser dans l'ombre DD chaque rue de la grande ville. Amélia comprenait ce besoin de rassurer la population et de mettre en avant la présence de super-héros sur Terre mais elle aurait aimé rappeler à tous ces journalistes que se battre pour la survie de toute une planète n'était pas chose aisée. Le Shield ne disposait pas d'armures de haute technologie ou de marteau foudroyant pour chacun de ses agents et l'organisation sacrifiait ses soldats dans l'anonymat le plus complet. Elle savait que l'espoir était un moteur puissant et elle connaissait cette admiration sans borne envers des symboles, à la différence qu'elle appartenait à cette faction qui luttait pour maintenir la paix. Elle avait affronté des créatures dépourvues d'humanité, elle avait croisé la route de méta-humains aux capacités étonnantes mais elle n'était pas préparée à devenir comme eux.

Un soupir franchit ses lèvres lorsqu'elle se remit en marche. Ses mains étaient en train de se refroidir en un signe avant-coureur d'une perte de contrôle de ses pouvoirs et elle en redoutait les conséquences. Par chance, l'équipe avait fait une halte et n'était plus dans l'avion mais Amélia craignait de finir par blesser l'un ou l'autre des agents. Pour la première fois, elle se surprit à souhaiter un miracle.
Image

Avatar de l’utilisateur
Sifoell
Libraire chez Fleury & Bott
Messages : 738
Inscription : 16 sept. 2011 - 17:55

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Sifoell » 22 nov. 2020 - 02:09

Titre : Pigments
Thème : Image de 01h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 228
Personnages : Lizzie (OC), et sorcier "il"'
Rating : Tout public
Lizzie est dans le salon, assise sur le fauteuil. Depuis les quelques jours où elle m'héberge, elle refuse de s'assoir sur le canapé, voulant sans doute ne pas empiéter sur mon espace personnel. La télévision est en route mais mon regard est complètement dirigé vers elle, fasciné. Je ne fais pas attention à la manière dont les lumières des réverbères dorent ses cheveux blonds qui sont lâchés sur ses épaules, ni cet air très concentré qu'elle a, qui lui agrandit les yeux, ni le fait qu'assise sur le bout des fesses sur le fauteuil, et le fait qu'elle soit cambrée met en avant sa poitrine fine dans sa veste de garçon qu'elle a noué sur son ventre. Les mains tenant une coupelle où elle a collecté des pigments, la toile accrochée à son chevalet et recouverte d'un fond de peinture blanche, Lizzie prend une inspiration longue et prudente, avant de se tendre vers la toile, la coupelle devant elle, d'avaler sa salive, et de souffler les pigments sur la peinture blanche. Alors, la respiration en suspens, Lizzie regarde, émerveillée, les pigments se déposer sur la toile, avant de déposer la coupelle sur la table basse, et regarder de nouveau son « fonds » comme elle dit. Puis, elle laisse échapper une exclamation de joie, et me regarde avec cet air émerveillé qui doit être le miroir du mien.
Image


« Au commencement des temps, les mots et la magie étaient une seule et même chose. » Sigmund Freud.

Avatar de l’utilisateur
Alena Aeterna
Cannibale nocturne
Messages : 4881
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 21 novembre 2020

Message par Alena Aeterna » 22 nov. 2020 - 02:55

Titre : /
Thème : Image de 2h
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 608
Personnages : Daisy Scrimgeour (OC), Irène (OC)
Rating : Tout public
Le soulagement se peignit sur les traits de Daisy à l'instant où ses deux amis disparurent de son champ de vision, les laissant enfin seules, Irène et elle. Elle était triste, en colère, et très déçue par la réaction de Faith qui, au lieu de la soutenir et de la féliciter, lui avait reproché ses choix de vie, effaçant d'une remarque des années de complicité. Leur amitié n'était plus que l'ombre de leurs rêves d'autrefois, un sentiment fugace qui n'avait pas résisté à la guerre et à ses conséquences, comme tant d'autres après ces temps troublés.

« Viens, lui murmura Irène avec douceur, j'aimerais te montrer un endroit qui devrait te plaire. »

La rouquine paya leurs commandes avant d'entraîner Daisy à sa suite. Elles traversèrent plusieurs rues commerçantes puis l'aînée entra dans un magasin qui semblait à l'abandon. Elle invita sa compagne à passer derrière une porte réservée à un personnel depuis longtemps absent, révélant une remise où s'entassaient des cartons vides, des toiles d'araignées et de la poussière marquée par des empreintes de pas. Une affiche décrépie vantait la qualité d'un bon sapin de Noël sur le mur opposé à l'endroit où elles se tenaient et ce fut vers ce morceau de papier qu'Irène se dirigea, pointant sa baguette sur le dessin d'une guirlande. Sous les yeux stupéfaits de la plus jeune, l'affiche s'agrandit et se mua en un rideau d'où provinrent soudainement des voix, des éclats de rire et des odeurs de chocolat.

« Bienvenue au marché de Noël sorcier ! déclara la rousse en esquissant une révérence amusée. »

De l'autre côté du rideau, Daisy découvrit un paysage fabuleux digne des plus beaux contes. Elle avait déjà vu des marchés de Noël moldus lorsqu'elle était enfant et qu'elle suppliait son père de sortir braver le froid pour faire un tour entre les chalets aux mille promesses mais elle n'avait jamais supposé l'existence d'un versant magique. Les lumières se répandaient sur les toits des chalets en sautant de l'un à l'autre, animées d'une vie propre et produisant des bruits de clochettes dès qu'elles se heurtaient. Les sapins de Noël secouaient leurs cimes enneigées au-dessus des imprudents qui s'arrêtaient sous leurs branches, blanchissant ainsi capes et cheveux avant d'entonner des chants festifs. Une patinoire trônait au centre du marché et réunissait adultes et enfants sur une piste gelée dont la couleur variait en fonction de l'humeur ambiante, arborant à cet instant un orange vif synonyme de joie et de sérénité.

La main d'Irène saisissant la sienne tira Daisy de sa rêverie, lui rappelant qu'elle vivait un moment réel en compagnie de la personne qui lui était la plus chère. Elles se promenèrent entre les chalets, savourant les délices d'un chocolat chaud et d'un pain d'épices rouge et vert, puis assistèrent à la chorale des grands sapins avant de rejoindre la patinoire. La jeune Scrimgeour n'avait jamais quitté la sécurité de la terre ferme pour s'aventure sur de la glace — pas de sa propre volonté — et elle redoutait de se couvrir de ridicule devant des inconnus mais les encouragements d'Irène eurent raison de sa peur. Les premiers pas furent sans doute les plus difficiles, agrémentés du rire cristallin de la rouquine qui tentait de l'aider à tenir debout malgré une maladresse évidente. La brune ne s'en offusqua pas, heureuse d'être là à oublier le monde extérieur avec sur ses lèvres le goût sucré de celles d'Irène.
Image

Verrouillé

Revenir à « La Tour d'Astronomie »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invités