Epreuve 3 : L'histoire sans faim

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Modérateurs : Ella C., Selket, Awena

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Awena
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Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Awena » 15 oct. 2020 - 18:06

L'Histoire sans faim


Après un démarrage intense, vous avez trouvé en votre brigade de cuisine une véritable famille. Chaque jour est un nouveau délice, au point que vous souhaiteriez que jamais cela ne se termine.
N'est-ce pas ?

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Nous vous proposons de laisser une trace dans l'histoire culinaire d'HPF.



Règles :
Présenter une création commune, qui peut être un texte de minimum 500 mots, une illustration, fanfiction ou original selon les préférences des membres.

Pour cette épreuve, vous avez le choix entre deux thèmes :

Une histoire qui ne mange pas de pain
ou
Un monde sans pain d'épice

Alors, effrayées cette nouvelle épreuve ?



"Il court, il court le biscuit, le biscuit du bois joli, il a les bas qui plissent le petit nain d'épice."


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Votre référente pour cette épreuve est Awena vous avez jusqu'au dimanche 18 à 19 h.
Vous pouvez vos questions sur ce topic ou en MP et poster vos fabuleuses créations à la suite de ce post.

Bon courage :sadik:
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Carminny
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Carminny » 15 oct. 2020 - 20:03

Désolée je passe et m'incruste :mrgreen: :arrow:
Un monde sans pain d'épices ?! :peur: :shock: :nif: :trêve: Mais on n'est pas encore Halloween !
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Ella C.
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Ella C. » 16 oct. 2020 - 10:20

C'est pour mieux te mettre dans l'ambiance mon enfant :mrgreen:

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Alrescha
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Alrescha » 18 oct. 2020 - 12:11

Texte de l'équipe 8 : Un conte d'Autumn (dédicace à Selket) 669 mots
"Il était une fois un petit village nommé Autumn. Dans ce village..."
Il y avait deux jeunes filles, Jeanne et Jade, respectivement douze et dix ans.
Elles adoraient cuisiner et aider leur mère. Leur spécialité c'était...
Le gâteau à trois étages de Jeanne et Jade
Un gâteau multicolore aux fruits dont elles avaient le secret.
Ce secret elles le tenaient du plus vieil arbre de la forêt. Lui seul savait...
Que la principale saveur venait de l'infusion de ses feuilles et de ses racines
Les deux jeunes filles étaient aussi persuadées que le vieil arbre prodiguait...
Des soins miraculeux à quiconque le demandait, à condition d'avoir un cœur pur, ce que les deux fillettes avaient
On ne pouvait hélas pas en dire autant de tous les habitants du village...
Il y avait la mère Grettan, une vieille dame qui s'amusait à embêter les enfants en leur faisant peur.
Elle avait déjà enfermé les deux jeunes filles chez elle.
Jeanne et Jade étaient presque sûres qu'elle avait essayé de s'emparer de la recette de leur gâteau à trois étages. Mais...
En réalité cette vieille mégère avait juste envie que la jeunesse partage du temps avec elle, elle était triste et seule
Et elle enviait ces deux enfants. Elle aurait voulu partager du temps avec elles et pouvoir discuter
Elle aurait voulu les chérir et s’en occuper comme ses propres enfants. Malheureusement…
Comment savoir ? Elle n'avait pas grandi dans l'amour, elle s'était battu jour après jour
Et les autres habitants du village ne lui avaient pas facilité la tâche.
Rejetée et moquée, la vielle femme ne s'approchait plus de personne, regardant seulement les deux jeunes filles jouer
Et les villageois faire l'éloge de leur gâteau à trois étages.
Les fillettes étaient connues pour ce gâteau, en même temps elles en apportaient un à chaque grande occasion au village mais également à chaque malade, tout le monde connaissait le gâteau à trois étages de Jeanne et Jade.
Aussi Grettan enviait-elle chaque habitant car même si elle avait entendu parler de ce gâteau, elle n’y avait jamais goûté.
Elle salivait rien que d'y penser, imaginer un gâteau rien que pour elle, savourer bouchée après bouchée, l'explosion de saveurs et la satisfaction venant avec.
Même une miette aurait suffi mais elle n’était jamais la bienvenue. Elle espérait en passant du temps avec Jeanne et Jade que celles-ci accepteraient de la laisser goûter à leur gâteau.
Et la voici, plongée dans ses pensées, se rapprochant inconsciemment du village et de la vie sociale.
La clameur la portait, les conversations la berçaient. Elle se prit à rêver de sa vie d’avant. Si seulement…
Elle avait le courage de continuer sur sa lancée... Mais à peine elle s'était rendue compte de sa proximité qu'elle se stoppa....
Ses souvenirs les plus sombres lui revenaient. Grettan n’avait jamais eu de moment heureux. Chez ses parents…
Elle se souvient d'être toujours mise à l'écart. Son souvenir le plus douloureux : les regarder à Noël manger du pain d'épices.
Son seul regret était qu’aujourd’hui, maintenant qu’elle avait atteint l’âge adulte, le pain d’épices n’existait plus.
Mais il y avait toujours ce gâteau à trois étages des deux fillettes
Son rêve était d'y goûter au moins une fois
Un jour, Jeanne et Jade décidèrent d'apporter une part de leur gâteau à Grettan...
Grettan, émue, se demanda ce qui lui valait ce bénéfice
Elle demanda de sa petite voix aux deux fillettes :
«Pourquoi ?»
Et les deux jeunes filles répondirent :
"On s'est dit que personne ne devait rester seule et isolée, on vous a donc amené ce gâteau exprès pour vous"
Alors Grettan les larmes aux yeux, prit la seule fourchette qu'elle possédait et en prit une bouchée.
« Il... Il est succulent »
Puis elle fondit en larmes. De sa vie, elle n'avait rien goûté de comparable.
« Je... Je suis tellement contente… »
Et elle prit les deux fillettes dans ses bras
Ce gâteau avait un goût qu'elle n'avait que trop peu connu : celui du bonheur.
Fin

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Selket
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Selket » 18 oct. 2020 - 12:24

J'adore votre histoire elle fait très Poufsouffle et le village s'appelle Autumn je suis conquise :coeur: C'est super sympa d'avoir écrit une phrase sur 3
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MadameMueller
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par MadameMueller » 18 oct. 2020 - 12:51

Allez, à nous @Alena Aeterna @lilychx
(1262 mots)
Un monde sans pain d'épice

Il était une fois une jeune femme aux cheveux châtains relevés dans un élégant chignon. Elle venait tout juste d’obtenir toutes les meilleures notes aux examens des ASPIC et, étant à présent une sorcière à part entière, un nombre infini de possibilités s’ouvraient à elle. Au cours de sa scolarité, elle avait envisagé plusieurs carrières « honorables » mais n’avait pas encore pu se décider.
Car, en bonne Gryffondor qu’elle était, ce que cette jeune sorcière ne pouvait admettre à voix haute, c’était que l’ambition de sa vie se résumait à trois mots : semer la terreur.
Au sortir de Poudlard, elle fit donc croire à son entourage qu’elle souhaitait se lancer dans un tour du monde initiatique en solitaire pour apprendre à connaître d’autres formes de magie en même temps qu’elle-même. Mais en vérité, ses intentions étaient tout autres.
Elle quitta la maison familiale par un beau matin d’été, son baluchon jeté négligemment par-dessus son épaule, et transplana. Elle se rematérialisa dans une clairière dans un bois réputé dangereux de par les créatures magiques qui y vivaient mais où les habitants des villages voisins venaient quand même chasser le gibier.
Elle avait trouvé l’emplacement parfait, mais une question subsistait : comment allait-elle faire pour terroriser les villageois ? Ne sachant comment s’y prendre, elle décida d’aller les observer, parfaitement camouflée grâce à un sortilège de Désillusion. Plusieurs garnements jouaient à la balle en plein milieu d’une rue. L’un des gamins donna un violent coup de pied dans le ballon, le faisant rouler jusqu’à l’endroit où se tenait notre jeune sorcière.
« Va chercher la balle, Gretel ! » dit le garçon qui avait tiré.
« Certainement pas ! » répliqua l’une des fillettes. « C’est ta faute si le ballon est parti si loin, alors tu vas le chercher toi-même, Hansel ! »
Le garçon poussa un profond soupir mais courut chercher la balle. Tandis qu’il s’arrêtait juste devant elle sans la voir avant de repartir, balle en main, la réponse frappa la jeune sorcière comme la foudre un soir d’orage :
« Prends-toi à leurs enfants. »
Cela tombait bien, car elle n’avait jamais pu supporter ses camarades d’école avant qu’ils n’aient atteint l’âge de seize ans. Satisfaite et passablement excité, la sorcière regagna sa clairière et jugea qu’elle devrait peut-être commencer par construire sa maison. D’un tour de baguette, les pierres et les branches que pouvait fournir la forêt s’animèrent et vinrent s’empiler avec une extraordinaire coordination pour former une petite chaumière à l’aspect chaleureux. Car la sorcière, bien qu’elle détestât les enfants, elle savait qu’on n’attirait point les billiwig avec du vinaigre.
« Le premier qui se perd, je l’héberge et le mange tout cru » pensa-t-elle avec entrain.
Mais les jours passaient et aucun enfant ne s’était aventuré jusque chez elle.
Assise sur un banc de pierre à côté de la porte, frustrée et à deux doigts de mourir d’ennui, la sorcière leva sa baguette et récita à tout hasard : « Accio ! »
Il ne lui fallut pas attendre longtemps pour pouvoir récolter les fruits de son sortilège. Malheureusement pour elle, ce n’étaient pas les enfants du voisinage qui volaient droit dans sa direction, mais des cerfs, des furets, des hippogriffes, des botrucs et même des chiens errants.
De plus en plus déçue, la sorcière décida d’aller demander conseil à l’une de ses consœurs qui vivait dans une grotte non loin de sa forêt.
« Tout ce que je peux t’apprendre » déclara la vieille femme lorsque la sorcière lui exposa son problème, « c’est de transformer des pierres ordinaires en l’or le plus pur ». Jugeant que ce savoir pourrait toujours être utile de toute façon, la jeune sorcière suivit l’enseignement de la vieille sage.
Une fois rentrée chez elle, la jeune sorcière, mourant d’impatience de mettre en pratique ce qu’elle avait appris, se hâta de transformer chacune des pierres de sa chaumière en des lingots d’or pur. Ils brillaient tellement qu’on pouvait presque les voir dans le noir lorsque la lune les éclairait de ses rayons fantomatiques. Satisfaite, la jeune sorcière prit une potion de sommeil et alla se coucher, sûre qu’elle trouverait bientôt une proie. Mais lorsque la sorcière se réveilla le lendemain matin, elle constata avec horreur que les murs en or de sa maison avaient été démontés pendant la nuit.
« Bande de vils voleurs ! » s’écria-t-elle, tremblant de rage. Son plan n’ayant pas fonctionné, la jeune sorcière se mit en quête d’autres conseils et s’en alla trouver une enchanteresse qui vivait des marécages nauséabonds.
« Si tu réussis à attirer une jeune fille, d’autres la suivront » assura l’enchanteresse.
Bien que devenue sceptique de par ses échecs passés, la jeune sorcière décida néanmoins de tenter sa chance. Après tout, qu’avait-elle à perdre, maintenant que sa chaumière n’avait plus que des poutres et une toiture ? Des marécages, elle partit alors en direction de la forteresse la plus proche où vivait, disait-on, une magnifique princesse. La sorcière attendit que la nuit tombe puis transplana jusqu’au sommet de la tour où vivait la jeunette, lui jeta un sortilège de Mutisme puis un autre du Saucisson avant de la saisir et de l’emporter par transplanage d’escorte. Une fois de retour chez elle, la sorcière déposa la princesse toujours figée sur son propre lit et attendit.
Les premières lueurs de l’aurore n’avaient pas encore percé lorsqu’un bruit dans les fourrés attira son attention. Baguette en main, elle se leva et scruta les buissons, un sourire sadique aux lèvres. « Enfin je vais pouvoir semer la terreur dans la région ! » pensa-t-elle avec espoir. Soudain, une silhouette apparut entre deux arbres, à sa gauche, mais ce n’était pas un enfant qui se tenait devant elle, mais un homme adulte vêtu d’une armure ridicule et dont la pointe de l’épée était pointée droit sur elle.
« Rendez-moi la princesse !, horrible sorcière ! » déclara le chevalier d’un ton pompeux.
« Sinon quoi ? » répliqua la sorcière, partagée entre l’amusement et l’irritation de voir son plan à nouveau échouer.
« Sinon je vous embroche sur ma lame affutée »
« Hm » fit la sorcière, « Toi, tu ne l’es pas vraiment, fûté… ». Et sans ajouter un mot, elle transforma l’homme en armure en un crapaud visqueux.
La scène se répéta encore et encore pendant quatre-vingt-dix-neuf jours. Certes, la sorcière avait réussi à atteindre une certaine forme de célébrité, mais terroriser les nobles était beaucoup moins drôle que s’en prendre aux pauvres et puis, elle s’était tellement réjoui d’avance de pouvoir croquer du mioche ! Finalement, lorsqu’arriva le centième jour et son centième adversaire, la sorcière éclata en sanglots.
« Vous pouvez avoir la princesse » dit-elle au chevalier. « Jamais je ne réussirai à attirer des enfants dans ce trou perdu ».
Le chevalier la dévisagea longuement. De toute évidence, il l’avait prise en pitié car il répondit : « Si je puis me permettre de vous faire cette suggestion, s’il y est un moyen infaillible de terroriser les enfants, c’est de leur enseigner »
À ces mots, la sorcière relèva ses yeux baignés de larmes et toisa le chevalier d’un air choqué. « La voilà, la bonne idée ! » s’exclama-t-elle d’un air soudain joyeux. « Je pourrais retourner à Poudlard, je sais qu’ils cherchent un nouveau professeur de métamorphose ! » Et sans ajouter le moindre mot, elle récupéra son baluchon et transplana, laissant derrière elle un chevalier pantois et une princesse pâteuse.
Moralité : dans un monde sans pain d’épice, Hansel et Gretel n’auraient eu aucun ennui.
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:sadik: Prenez garde : L'ESPRIT DE NOËL FRAPPEUR approche... :sadik:

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Xuulu
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Xuulu » 18 oct. 2020 - 16:16

Et voici une magnifique ratatouille de la part des membres de l'équipe 1! (recette: laissez 3 équipières écrire ce qui leur passe par la tête à tour de rôle, touillez, voici ce que vous obtenez!)

Un monde sans pain d'épices


Adélaïde avait eu la surprise, à l'âge de onze ans, de recevoir une lettre par hibou. Cette lettre fut suivie pour elle de la découverte du monde des sorciers, avec en apothéose sa rentrée à Poudlard.
Noël approchait, et la petite fille était un peu inquiète. En effet, elle venait de recevoir une lettre de ses parents lui apprenant qu'elle ne pourrait pas rentrer pour les vacances, et qu'elle passerait donc les fêtes au château. Mais, se demandait-elle, Noël se passe-t-il de la même façon chez les sorciers que chez les Moldus ?
Elle fut rassurée, le premier dimanche de l’avent, en assistant à l'installation des gigantesques sapins dans les couloirs du château et des décorations de la grande salle. Même les fantômes s'étaient mis à fredonner des airs qui, s'ils n'étaient pas exactement les mêmes que ceux de son enfance, rappelaient indubitablement l'atmosphère de joie et de fête qui accompagnait la fin de l'année chez elle.

**


En s’installant à la table du petit déjeuner accompagnée de son ami Archie, le matin suivant, Adélaïde constata avec plaisir qu’elle avait un colis de ses parents. Il était rempli de ses sucreries préférées, et accompagné d’une lettre de la main de son père.

Ma chérie,
Nous te souhaitons une bonne première semaine de l’avent. Maman a préparé ces friandises pour toi, j’espère que tu les apprécieras (essaie de les faire durer plus de 24h !). Ici tout va bien, maman s’occupe des juments et des poulains comme d’habitude, et je suis en train d’organiser un club lecture pour mes élèves au collège. Je prépare une liste de livres spéciale Noël, je pense que ça va leur plaire ! Nous te joignons une photo de Noisette et Noko. A très bientôt, ma chérie, maman t’embrasse.
Papa


Adélaïde caressa la photo immobile : on y voyait sa ponette, Noisette, son long toupet retombant sur ses yeux au regard effronté, et, assise presque entre ses sabots, sa chienne Noko, une samoyède qui semblait sourire largement à l’objectif.
Très fière, elle montra la photo à Archie.
- C'est incroyable comme les Moldus arrivent à faire cohabiter aussi facilement deux espèces différentes ! Un cheval et un chien ! Moi, à la maison, mon chien court sans arrêt après le chat...
Adélaïde resta silencieuse, incapable de révéler à son ami né dans une famille de sorciers que chez elle aussi, Noko courait après Pantoufle, le chat... Adélaïde, après quatre mois passés à Poudlard, se sentait toujours un peu décontenancée par le monde des sorciers. Sa meilleure tactique jusqu'à présent pour laisser son ignorance passer inaperçue avait été d'acquiescer à chaque remarque faite par un autre camarade, même quand elle ne comprenait pas du tout ce dont il ou elle lui parlait. Alors, c'est ce qu'elle fit encore cette fois-ci, elle acquiesça. Surtout, ne pas se démarquer et rappeler aux autres qu'elle était "née-moldue"...
- Waouh Adélaïde, mais regarde plutôt tout ce que tu as reçu !
Archie avait complètement délaissé la photo pour admirer goulûment toutes les friandises envoyées par sa famille : bonbons acidulés, chocolats, pâtes de fruits... La jeune élève jeta un regard discret vers son ami, à la recherche de la moindre surprise de sa part. Heureusement, toutes ces confiseries semblaient exister également dans le monde des sorciers ! Mais alors qu'elle passait en revue ce qu'elle avait reçu, elle se rendit compte que quelque chose n'allait pas... Dans le colis ne se trouvait pas son dessert de Noël favori, le pain d'épices que préparait chaque année sa mère!
- Mais où est le...
- Regarde Adélaïde, il y a une deuxième lettre au fond du colis !
Exact, et elle ne put s'empêcher d'ouvrir la lettre avec appréhension. Cette fois, c'était des mots écrits de la main de sa mère.

Chérie, ce petit mot très rapide pour te dire que je suis désolée, mais Noko a mangé la moitié du pain d'épices que j'avais cuisiné pour toi. Cet accident a eu lieu juste avant d'envoyer le colis, et comme je ne voulais pas qu'il t'arrive en retard... Mais je suppose qu'à Poudlard ils en préparent également de très bons. Encore désolée, tu en recevras deux fois plus pour la nouvelle année, promis !
Maman


- Oh non ! Ce n'est pas possible !
Tout le monde autour de la table du petit-déjeuner tourna la tête vers elle, tous alarmés par son cri.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est horrible ! Ma mère n'a pas pu m'envoyer de pain d'épices pour Noël !
- De pain qui quoi ?
- De pain d'épices. Tous les ans ma mère m'en prépare, elle m'en fait même en forme de chiens et de chevaux... Sais-tu si à Poudlard ils en font des bons ?
Adélaïde vit le visage de son ami se teinter d'incompréhension puis de gêne.
- Adé... c'est quoi du pain des pinces, au juste ?
- Comment ça, ça n'existe pas, dans ton monde ?
- Euh non, désolée...
La jeune sorcière crut soudain que le monde s'arrêtait. Ça y était, elle venait de révéler son ignorance du monde des sorciers, ce qu'elle s'était tant efforcée d'éviter pendant ces derniers mois était advenu. Elle voyait tous les visages autour d'elle qui la fixaient. Adélaïde sentit monter les larmes dans ses yeux. Son visage bientôt constellé de larmes incontrôlables, les lumières des grandes bougies allumées spécialement pour Noël n'étaient plus qu'un brouillard lointain et cruel.

**


Adélaïde était partie en courant vers son dortoir, et n'en était sortie qu'à la reprise des cours de l'après-midi. Elle ne s'était pas sentie capable d'aller en cours le matin ou de faire face à toute l'école au déjeuner, pas alors qu'elle venait de mettre à bas tous ses efforts pour s'intégrer depuis le début de l'année.
Cependant, à la fin des cours, l'origine du drame lui était revenue en tête et elle s'était rendue à la bibliothèque pour y chercher des livres de cuisine ou sur Noël. En effet, elle ne pouvait croire que le pain d'épices n'existe pas chez les sorciers, il n'avait aucune raison d'être plus moldu que les autres friandises de cette période ! Mais elle eu beau chercher dans tous les livres qu'elle pût trouver, fouiller la bibliothèque de fond en comble afin d'en trouver d'autres, elle dû se rendre à l'évidence : aucune trace de pain d'épices.
Adélaïde sentit ses yeux s'humidifier de nouveau. Elle avait l'impression que quelqu'un essayait de lui saboter sa fête préférée. Déjà qu'elle ne pourrait pas la vivre en famille, comme c'était la tradition, voilà qu'en plus elle serait privée de pain d'épices! Qu'allait-il se passer ensuite, allait-elle découvrir que les sorciers n'échangeaient pas de cadeaux ? Ou qu'il n'existait pas de repas de Noël ?
Elle se sentait terriblement mal. Elle n'avait qu'une envie, rentrer chez ses parents pour se gaver de vin chaud et de pain d'épices en décorant la maison et le box de Noisette. Un maigre sourire lui revint en se remémorant l'année précédente, où elle avait décoré la ponette avec des boules dans la crinière et des guirlandes autour de l'encolure et tressées dans la queue. La pauvre l'avait étonnamment bien supporté, même si l'une des guirlandes avait mystérieusement perdu un morceau...
Ce fut à ce moment qu'Archie la retrouva. Il la cherchait depuis qu'elle ne s'était pas présentée au dîner, jugeant qu'elle ne pouvait pas sauter un nouveau repas. Il aborda donc la fillette en lui montrant les provisions qu'il lui avait gardées, espérant la convaincre de le suivre dans la salle commune pour les manger. Il en fut pour ses frais, Adélaïde détournant le visage à la vue de la nourriture. Il tenta bien de lui expliquer qu'elle ne pouvait pas se laisser mourir de faim au seul prétexte qu'il n'y avait que dix sortes de friandises dans son paquet et qu'elle voulait la onzième, mais le regard noir qu'il se prit
le fit presque reculer.
- Tu ne comprends pas, Archie. Ce n'est pas juste une friandise comme les autres, c'est du pain d'épices ! C'est LE dessert de Noël ! Je préfèrerais mille fois n'avoir qu'un pain d'épices plutôt qu'avoir tout sauf ça.
- Mais enfin, si c'est tellement important, tu n'as qu'à mettre de la cannelle sur un morceau de pain et tu l'auras, ton pain aux épices !
Adélaïde le regarda, ébahie. Il n'avait quand même pas dit ce qu'elle venait d'entendre, si ? Furieuse, elle lui hurla au visage avant de partir en courant :
- Vous les sorciers vous n'êtes que des incapables, vous sabotez la fête la plus importante de l'année ! Je rentre chez moi immédiatement !
Archie soupira. Il laissa Adélaïde s'éloigner, sachant que le meilleur moyen pour qu'elle se calme était de la laisser tranquille quelques heures. Il avait une idée de plan.

**


A la fin des cours, le lendemain soir, Archie convainquit Adélaïde de ressortir de la salle commune où ils venaient de poser leurs sacs. Il l'entraîna en lui parlant d'une surprise.
- Adé, je suis allé demander conseil à mon grand frère aujourd'hui, et j'aimerais te montrer l'endroit dont il m'a parlé.
Ces mots suffirent à rendre Adélaïde curieuse. Elle suivit Archie jusqu'au sous-sol du château, jusqu'à ce qu'il s'arrête devant un gigantesque tableau représentant une coupe débordant de fruits. Il chatouilla une grande poire, qui révéla une poignée de porte. Ils entrèrent.
En prenant la mesure de l'ampleur de la pièce, en remarquant les quatre longues tables et les elfes qui s'affairaient, Adélaïde comprit qu'ils se trouvaient aux cuisines, sous la grande salle.
Archie démontra son courage en grimpant sur un banc. Son geste attira l'attention de beaucoup d'elfes.
- Elfes ! Nous avons un problème !
Il leur expliqua que son amie née-moldue ici présente était très malheureuse de ne pas retrouver son dessert préféré dans le monde magique. Il les invita à essayer la recette qu'elle voudrait bien leur donner.
Les elfes n'avaient pas protesté, et s'étaient alors tournés dans un bel ensemble vers Adélaïde, qui s'était sentie un peu gênée.
- Euh... alors, il faut de la farine, des oeufs, du sucre et du lait, pour commencer... Mais le plus important, c'est le miel et les épices : noix de muscade, gingembre et cannelle. Vous avez ça, n'est-ce pas ?
Les elfes hochèrent la tête. Ils lui demandèrent des détails pour les proportions, et l'invitèrent à repasser dans la soirée.

**


Le soir, Adélaïde eut la chance de goûter aux trois types de pains d'épices les plus délicieux qu'elle ait jamais goûtés. Elle se tourna, la bouche pleine, vers Archie qui l'avait accompagnée, et le remercia chaleureusement. Archie bomba le torse :
- Tu imagines la tête des autres élèves au petit déjeuner demain matin ? On pourra leur dire que je suis responsable du lancement de la production de pain d'épices à Poudlard ! Je devrais demander une récompense à Dumbledore !
Adélaïde éclata de rire.

Et c'est ainsi que, grâce à une née-moldue, le pain d'épices fit son apparition dans le monde sorcier.
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Elektra Black 2
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Elektra Black 2 » 18 oct. 2020 - 16:36

Equipe 6 prête!

Voici le résultat de notre consultation pour cette épreuve 3 :boing: Nous avons décidé de faire un texte sur le thème: Une histoire qui ne mange pas de pain.

Voici notre texte (1543 mots)
Dobby dans les Cuisines


Un bruit se fit entendre de loin, comme étouffé, mais le vacarme s’intensifia au fur et à mesure des secondes qui s’écoulaient. Ses paupières s’ouvrirent pour laisser apparaître des yeux globuleux. Un soupir s’échappa accidentellement de ses lèvres. Qui pouvait bien faire un tel bruit ? Au vu de sa fatigue écrasante, la nuit ne devait pas se finir avant quelques heures encore. La petite créature émergea pourtant du sommeil dans lequel elle était plongée depuis trop peu de temps puis se redressa sur son lit laissant la fine couverture glisser de ses épaules. Elle se frotta les yeux de ses mains décharnées, chassant le reste de sa fatigue et se leva afin d’aller examiner de plus près l’origine du raffut.

Dobby, parce que c’était bien notre elfe de maison préféré qui venait de se réveiller, fut surpris de se retrouver face à un jeune garçon d’environ treize ans qui fouillait dans les placards sans la moindre gêne. Il semblait pourtant à la créature que la silhouette face lui était légèrement familière. Se raclant la gorge en espérant attirer l’attention de l’humain, en vain, Dobby comprit qu’il lui faudrait adopter une autre stratégie pour obtenir l’intérêt du jeune homme. Alors l’elfe se déplaça jusqu’à arriver sur le côté de l’élève et dit :

« - Monsieur cherche peut-être quelque chose de précis ? Dobby peut peut-être aider Monsieur dans ses recherches… ? »

Le mouvement de sursaut du garçon provoqua un réflexe de recul chez la petite créature et, tandis que Dobby se tordait les mains, espérant ne pas recevoir de coups après son intervention, il se rendit compte qu’il connaissait son visiteur nocturne. Surpris tous les deux de reconnaître leur vis-à-vis, l’élève répliqua :

« Mais que fais-tu ici ? Tu m’as fichu une de ses frousses !

- Dobby est désolé, Dobby ne pensait pas faire peur à l’ami de l’ancien jeune Maître, mais l’ami de l’ancien jeune Maître ne m’a pas entendu quand j’ai proposé mon aide, alors Dobby s’est approché et a recommencé.

Un silence profond suivit les paroles de la créature magique. Reprenant ses esprits, le jeune écolier se tourna vers son petit interlocuteur et lui dit :

- Tu es l’ancien elfe de maison des Malfoy non ?

- Oui, Dobby a longtemps servi la maison des Malfoy, mais aujourd’hui, grâce à Harry Potter, Dobby est un elfe libre !

- Je me demande ce que dirait Lucius Malfoy s’il savait que son ancien elfe travaille aujourd’hui à Poudlard pour ce vieux schnok de Dumbledore… »

Dobby comprit parfaitement la menace dans la voix de l’élève. Il ne voulait pas revoir son ancien maître qui l’avait fait tant souffrir, ni mettre son nouvel employeur dans une mauvaise position. Mais Dobby n’était pas stupide, il était né et avait grandi au Manoir Malfoy et on ne passe pas toute sa vie à servir ces gens sans apprendre deux-trois ficelles, sans que les maîtres ne déteignent quelque peu sur leurs serviteurs. Aussi, Dobby comprit qu’il était dans l’intérêt de tout le monde qu’il use de malice.

« Peut-être que si le jeune élève me dit ce qu’il cherche, je pourrais l’aider et qu’en retour, celui-ci ne dira rien ?
Le sorcier réfléchit durant plusieurs secondes avant de donner son accord à Dobby.

- Très bien. On va le faire comme ça. Je te dis ce que je veux, tu me le donnes et en échange, je ne dis rien à Draco ».

C’est comme ça que, par une nuit de novembre froide et venteuse, Dobby fit un pacte avec Grégory Goyle. La petite créature apprenait à faire de nouvelles recettes de gâteaux et de pâtisseries à l’élève et en échange, celui-ci s’engageait à ne rien révéler de la présence de l’elfe dans l’établissement scolaire à l’héritier Malfoy.

Les deux nouveaux camarades de cuisine commencèrent par une recette de Forêt Noire garnie de cerises flambées au kirsch, mais lorsque le gâteau se révéla immangeable, l’elfe regarda l’élève à la dérobée et sourit doucement. Il aurait mieux fait de commencer par un gâteau plus simple.
Dobby entrepris alors d’apprendre à Grégory les bases toutes simples de la pâtisserie, exactement de la même manière que son père les lui avait apprises au Manoir Malfoy.

Les premières semaines passèrent et finalement Grégory se révéla être un élève très doué et patient, méticuleux même. Plusieurs elfes se joignaient à eux une fois la pâtisserie finie afin de la goûter et de donner leur avis, car le garçon prenait les remarques en considération. Il en venait même à avoir de nouvelles idées pour assortir des saveurs alors Dobby lui avait suggéré de les noter dans un petit carnet et d’essayer les mélanges par la suite.

Lorsque le vingt du mois de mars arriva en cette année 1994, Grégory Goyle s’était levé très tôt, précipité dans les cuisines de Poudlard, avait réalisé avec le plus de minutie possible une douzaine de macarons aux fruits ains qu’une magnifique charlotte au chocolat et à la poire, qu’il avait empaqueté avec un soin extrême et s’était enfin rendu à la volière. Il avait attaché ses paquets en répartissant le poids entre deux grands hiboux. Puis il avait glissé une enveloppe sur le dessus de la grande boîte et avait regardé les volatiles s’élever toujours plus haut puis disparaître doucement. Il se sentait fier car il avait accompli une chose par lui-même. Il espérait de tout son cœur que ses présents plairaient.

Puis, il retourna tranquillement aux cuisines de Poudlard. Tous les elfes étaient regroupés là, autour des grands éviers afin de laver la vaisselle utilisée par les élèves lors du repas du midi. Deux d’entre eux s’arrêtèrent et vinrent voir si l’élève avait besoin de quelque chose. Rassurant les petites créatures qui retournèrent aux grands bacs d’eau, Grégory se dirigea vers les placards qu’il connaissait si bien désormais. En deux en trois mouvements, il avait déjà rempli plusieurs moules et les mit au four avec dextérité. Vingt minutes plus tard, le four sonna et Grégory sortit les gâteaux cuits. Il prit ensuite quelques minutes pour laisser la pâtisserie refroidir et glaça le gâteau avec un beau miroir chocolat. Puis il se dirigea vers la grande table, posa le gâteau au centre, prit un couteau dans un bac et coupa la confiserie en touts petits morceaux.

« Vous m’avez tous aidé durant de nombreuses semaines, vous m’avez supporté et encouragé, alors en remerciement je souhaite vous offrir ma reconnaissance et ce gâteau. »

Les elfes de maison n’en crurent pas leurs yeux et leurs oreilles. Jamais, jamais un humain, un sorcier et de surcroît un sang-pur ne leur avait parlé de cette manière ni sur ce ton respectueux. Les petites créatures approchèrent, toutes intimidées et finirent par piocher dans les moules. Ils inondèrent Grégory de compliments sur sa nourriture. Cette joyeuse assemblée prit fin lorsqu’il fallut que le jeune homme retourne avec ses camarades.

Deux jours plus tard, Grégory Goyle reçut une lettre de la part de sa petite sœur, qui le remerciait pour son cadeau d’anniversaire très original et extrêmement bon, et de sa mère qui le félicitait de son idée et qui le remerciait du bonheur qu’il apportait à sa sœur.

Grégory parcourait régulièrement les couloirs de la salle commune de Serpentard jusqu’aux Cuisines de Poudlard. Il le fit durant les années d’études qu’il lui resta à Poudlard, même si plus le temps passait et plus il devenait compliqué de s’aventurer hors de son dortoir sans raison valable. Et même la dernière année, il essaya de se glisser le plus souvent possible dans son refuge, son antre, là où il se sentait le plus en sécurité. Et à chaque fois, Dobby prenait place à ses côtés afin de lui transmettre son savoir.

D’ailleurs, un soir où il était en train de finir de préparer une pâte à crumble, le petit elfe de maison leva la tête d’un coup.

« Que se passe-t-il ? », demanda Grégory.

Voyant que l’elfe ne répondait pas et semblait tiraillé, Grégory insista et reposa sa question. C’est alors que Dobby lui donna une réponse à laquelle il ne s’attendait pas :

- C’est le jeune Harry Potter. Il a besoin d’aide et il appelle Dobby au secours. », répondit l’elfe.

Grégory écarquilla les yeux de stupeur. Harry Potter, celui qui était recherché par le Seigneur des Ténèbres et par tous ses partisans. Grégory était plongé dans ses pensées et ce fut les mouvements de mains de Dobby qui le ramenèrent à la réalité : l’elfe se tordait les doigts comme s’il ne savait que faire. Alors Grégory prit sur lui de répondre à Dobby et de le rassurer, tout comme l’elfe l’avait rassuré des années plus tôt :

« Peut-être qu’il faudrait que tu y ailles…

L’elfe ne pouvait pas être plus stupéfait que ça !

- Je veux dire, si Potter a besoin de toi, c’est que ce doit être important non ? », ajouta Grégory comme pour se justifier.

Alors Dobby plongea ses yeux dans ceux du jeune homme qui avait partagé de nombreuses soirées avec lui au fil de années passées à l’école et les deux amis hochèrent la tête de concert, comprenant qu’ils étaient à un tournant décisif. L’elfe disparu alors dans un petit ploc.
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chrisjedusor
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par chrisjedusor » 18 oct. 2020 - 18:54

Bonsoir tout le monde, voici notre petit os ( équipe 9), accompagné d'un dessin :) Nous avons fait un mixte des deux thèmes ;p
Il y a 1406 mots :)
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Le poisson de la farce


1965, Manoir Potter

POV James Potter

James Potter est âgé de cinq ans et il aime être gardé par ses grands-parents paternels. Grand Maman le couve, l’enlace toujours dans de nombreuses étreintes et lui fait manger de bonnes parts de gâteau. Grand Papa adore organiser des petites farces à l’encontre de leurs proches et il aime lui apprendre tout ce qui peut permettre la réalisation d’une bonne blague. Henry Potter prend également du plaisir à lui lui raconter toutes sortes d’histoires mais dernièrement, étant malade, ces petits moments entre eux sont de plus en plus espacés, pour son plus grand déplaisir. Et à son jeune âge, cela le contrarie énormément car il ne comprend pas pourquoi ces moments privilégiés disparaissent de plus en plus de son quotidien.

Sa grand-Mère lui a dit de ne pas embêter son aîné, de rester calme et de jouer tranquillement dans le grand salon principal sous son regard mais elle s’est endormie en faisant du tricot et l’enfant sait que Grand-Papa sera content de le voir. Cela le rend toujours très joyeux et même s’il se repose, James sait pertinemment que sa visite au sein de la grande chambre familiale lui fera plaisir.

James se faufile donc dans les couloirs du manoir après s’être assuré que grand-Maman dort tranquillement, et à poings fermés, dans son fauteuil. Heureusement pour lui, Jibly, l’elfe de maison de la famille Potter, n’est pas dans les parages. Avec un sourire vainqueur, il atteint la porte de la chambre, se met à faire des petits sauts afin d’atteindre la poignée, et réussit finalement après quelques tentatives à l’ouvrir. Celle-ci émet un sale grincement quand il pénètre dans la pièce et le petit garçon grimace sous le bruit qui retentit en écho entre les murs de la demeure.

Très vite, le fait qu’il ait pu faire bien trop du boucan s’estompe dans son esprit, trop heureux d’apercevoir la silhouette de son aïeul. En effet, Papy est épuisé, ça se voit aux traits de son visage mais il est réveillé et bien assis contre son oreiller. Ses cheveux blancs partent dans tous les sens- comme les siens. Derrière ses lunettes rectangulaires, il y distingue une lueur amusée, et ça le rassure dans sa démarche.

- Et bien Jamie, quelque chose me dit que tu t’es faufilé par ici, n’est-ce pas ?

Papy parle, lentement, difficilement, et cela lui est douloureux. L’enfant l’entend et malgré lui, ça le tracasse. Sa respiration est erratique mais un beau sourire orne ses lèvres et c’est cela qui le rassure un peu. Grand-Papa tapote sa main contre le matelas avec difficulté, le priant de se joindre à lui. Le petit garçon ne se le fait pas dire par deux fois et trottine joyeusement vers lui. James sautille, atteint le lit en se laissant rouler contre le matelas, et ouvre ses bras afin de se faire réceptionner par son aîné dans une étreinte serrée.

- Je veux être avec toi, et je voudrais que tu me racontes une histoire. Mamy ne voulait pas que je t’ennuie car tu as besoin de dormir.
James parle en marmonnant dans sa barbe inexistante.

- Eh bien, Papy a envie d’être avec son petit-fils aussi. Ta grand-mère et tes parents ne sont que trop inquiets pour moi. Et puis, elle ne va pas râler pour une histoire, ça ne mange pas de pain, n’est-ce pas mon bonhomme ?

Il n’a pas compris les dernières paroles de son grand-père, alors il fronce les sourcils avec incompréhension.

- Ca veut dire quoi une histoire qui ne mange pas de pain, Papy ?

- Que je peux bien raconter une histoire à mon unique petit enfant, ça ne me coûtera rien, justement cela me vaudra de passer du temps auprès de toi. Alors, commence Henry en se redressant légèrement sur le lit, qu’est-ce qui te ferait plaisir ? Celle des trois frères ? La fontaine de la bonne fortune ? Grand-père Henry hausse un sourcil car il vient de froncer ses sourcils. Oui, il veut quelque chose de nouveau ! Quoi alors, tu ne veux pas de contes ? s’étonne son grand-père en le voyant dodeliner de la tête, qu’est-ce que je vais te raconter alors ?

- Raconte-moi une histoire sur Papa …quand il était plus jeune !

- Hum, laisse-moi réfléchir quelques secondes ! Oui, je crois bien avoir une idée, t’ai-je déjà parlé de la fois où ta grand-mère nous a préparé du pain d’épices pour Noël ?

- Non, répond James précipitamment, soudain curieux.

- Très bien, allons-y pour celle-là, alors l’histoire se passe….il y a combien de temps déjà ? s’interroge Henry Potter à voix haute, je ne sais plus exactement, toujours étant que ton père était encore à Poudlard-

- A Gryffondor !

- Oui à Gryffondor, rit doucement son grand-père, et à cette époque, c’était un petit farceur, un peu comme toi d’ailleurs.

- Mais non ! Je suis pas un farceur moi, je suis sage comme une image ! Mamy me le dit tout le temps ! se défend James en croisant les bras sur sa poitrine.

Son air boudeur fait cette fois-ci franchement rire son grand-père. Il glisse une main affectueuse dans ses cheveux noirs et en bataille. James se déride rapidement, appréciateur de l’attention que lui porte son grand-père.

- Alors, où en était-je déjà ? Ah oui, ton père était encore à Poudlard. C’était Noël et ton père était, comme à son habitude, rentré pour les vacances. Cette année là, nous passions les fêtes avec la sœur de ta grand-mère, Clarissa et son mari, Ludwig. Ton père ne les appréciait pas beaucoup, il faut dire qu’ils ne sont pas très commodes ; ils sont sévères et ne sont pas les premiers à plaisanter. Je ne les apprécie pas vraiment non plus, mais pas un mot à Mamy d’accord ?

James pouffe avant d’accrocher son petit doigt contre celui de son aîné.

- Promis Papy !

Le grand-père ébouriffe joyeusement la chevelure de son unique petit-fils avant de s’éclaircir la gorge.

- Ta grand-mère avait décidé pour l’occasion de préparer du pain d’épices pour le repas de Noël. Elle avait trouvé la recette dans un magazine quelques jours plus tôt et impossible de la faire changer d’avis. Elle voulait le faire elle-même, sans l’aide de personne, ni même des elfes. Ca partait d’une bonne intention mais ta grand-mère n’a jamais été très douée en cuisine. Et même la magie de Noël n’a pas pu changer ça ! Malheureusement ….commente le vieil homme avec un sourire malicieux et les yeux rieurs. J’arrive presque encore à me souvenir du goût que le gâteau avait sur ma langue.

- Il était si mauvais que ça ? demande le petit garçon avec une mine dégoûtée.

- Disons que nous ne nous attendions pas à avoir une odeur de poisson dedans, plaisante Henry avant d’être coupé par une quinte de toux.

- Ca va, Papy ? s’inquiète James en posant sa petite main sur le bras de son grand-père.

- Oui mon chéri, ne t’inquiète pas, répond ce dernier en serrant le garçon dans ses bras.

- Mais du coup, pourquoi elle avait mis du poisson dans le gâteau , Mamy ?

- Ce n’était pas la faute de ta grand-mère, mais celle de ton filou de père. Figure-toi qu’il nous avait interverti la cannelle avec l’amorce que nous utilisions le week-end pour pêcher ! Si tu avais vu la tête de ta grand-mère ! Inutile de te dire que depuis cette épisode, nous n’avons plus jamais vu ta grand-mère dans la cuisine, et encore moins du pain d’épices !

James éclate de rire sous les mimiques de son grand-Père. Son Papa avait été un génie. Et le petit garçon est heureux de connaître cette anecdote. Une nouvelle quinte de toux émane de la bouche de Papy alors il vient se blottir plus profondément contre sa poitrine afin de lui montrer son soutien. Celui-ci resserre à nouveau son étreinte. Et ils profitent de la présence de l’un et de l’autre en silence après ces confidences. Grand-Père et petit-fils ne tardent pas à s’endormir. Ils sont apaisés. James ne le sait pas mais sa grand-Mère est venu le chercher. Cependant, elle vient de s’accouder contre la porte de la chambre et un sourire aimant est accroché au coin des lèvres suite à l’adorable vision qui lui fait face.

Elle aurait dû se douter que James tenterait quelque chose, les deux Potter sont après-tout inséparables.
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Je te retrouverai en passant au dessus de la mort elle-même. # Lianna Sauwer ( oc)

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FleurBleue
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par FleurBleue » 18 oct. 2020 - 21:37

Equipe 6 d' @Elektra Black 2 @Sifoell @Eurydice
J'ai un coup de coeur pour votre texte, avec une belle idée de fond : une amitié entre Dobby et Gregory Goyle. Je n'aurais jamais vu Goyle du côté de Harry Potter au moment du chapitre du Manoir des Malfoy. Super concstruction à trois, bravo ! Nous aussi pour notre texte on a parlé des elfes de maison en cuisines :D
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Fleur d'épine
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Fleur d'épine » 19 oct. 2020 - 20:44

Les scintillantes princesses de l'équipe 3 ne vous ont pas oublié, elles ont simplement dû gérer le traumatisme d'un monde sans pain d'épices :mrgreen:


Voici leur histoire :
(1207 mots)

On raconte souvent qu’un tout petit caillou peut influencer le cours du plus puissant des torrents. Ainsi, de grands contes, de merveilleuses légendes et des mythes aussi fantastiques qu’invraisemblables, s’en trouvent tous changés, quand l’auteur ou l’autrice le maniant de sa plume, modifie ou occulte par la force de ses mots, un seul et minuscule détail. De cette manière, on se demande ce qu’il se serait passé, si les dragons avaient craché de l’eau plutôt que du feu, si tout à coup, les sirènes devenaient allergiques au sel ou si soudainement, les nuages disparaissaient laissant les anges sans siège sur lesquels asseoir leurs fesses nues et dodues…
Cette histoire, incongrue, vous en conviendrez, s’interroge.

Et si le monde n’avait jamais connu le pain d’épices ?

***


La méchante sorcière – puisqu’à l’instar « d’une femme » (insérer ici tout exploit réalisée par une femme et traité par la presse), la méchante sorcière n’a pas de prénom – errait dans les bois. Un jour, elle s’était réveillée sans ses quatre murs autour d’elle. Faite de pain d’épices en majeure partie, la demeure de la sorcière – que l’autrice prend la liberté de nommer Géraldine – s’était évaporée. Non seulement vivait-elle désormais dans le froid, mais en plus de ça, un problème majeur se présenta à elle. Le pain d’épices de sa maison était un appât pour les victuailles dont se délectait Géraldine avec gourmandise. Et par « victuaille », nous entendons bien « de doux et frais petits humains ». Notre pauvre Géraldine, sans domicile fixe, expropriée par la force des choses, n’avait plus de quoi se nourrir. Aussi, ce fut le ventre vide, gargouillant et suppliant, qu’elle avait quitté les ruines de son logis dont les murs avaient disparu.

La sorcière avait erré des heures durant semble-t-il. Il fallait dire que le ventre vide n’aidait pas… Le temps semblait s’écouler infiniment plus longtemps alors que ce n’était pas forcément le cas. Elle finit par apercevoir les silhouettes de maisons. Elle ralentit le pas ne sachant pas quelle apparence elle avait après toutes ces années passées dans la forêt… Mais elle n’avait pas le choix, elle avait besoin d’un nouveau toit qu’importe qu’il ne soit pas en pain d’épices. Elle était prête à faire ce sacrifice tant qu’elle était au chaud.
Au loin, elle perçut des bruits : des discussions, des rires et… des explosions. Craintivement, elle s’approcha de ce village qu’elle ne connaissait pas. Des visages juvéniles lui apparurent. Un grondement sourd survint de son ventre. Elle baissa la tête gênée par cette réaction qui était pourtant naturelle. Elle serra les dents prêtes à affronter le courroux des gens mais rien de tel ne survint bien au contraire.

« Madame, vous allez bien ? l’accosta alors un petit brun aux yeux verts.
— Je … Je crois … croassa la sorcière.
— Vous n’avez pas froid ? s’enquiert alors le blond à côté de lui.
— Po … Possible, bafouilla Géraldine en triturant les loques qui lui servaient de vêtements.
— Est-ce que vous voulez boire ou manger quelque chose ? » proposa alors leur acolyte aux cheveux roux.

Elle s’apprêta à décliner, à dire qu’elle avait un régime alimentaire particulier mais de nouveaux gargouillis se firent entendre. Cela amusa les jeunes gens qui prirent la vieille femme par le bras pour la guider vers un pub appelé les Trois Balais.

***


Après avoir dégusté un festin entier, elle reprit ses esprits et son objectif premier la ramena à la réalité. Car c’était les humains qu’elle aimait dévorer, pas de vulgaires frites ni des cuisses de grenouille ! Et puis, encore plus important : il lui fallait résoudre le mystère de la disparition du pain d’épices. Sans cela, elle ne pourrait plus être la méchante sorcière qu’elle avait l’habitude d’être et dévorer de gentils enfants. Or, si elle n’était plus la méchante sorcière, que pouvait-elle donc bien faire ?

— Vous avez l’air troublée, Madame…. Madame quoi, en fait ?
— Géraldine.
— Vous avez l’air troublée Madame Géraldine, que se passe-t-il ? On peut peut-être vous aider ?
— Ah ça oui, peut-être. Savez-vous ce qui est arrivé au pain d’épices ?
— Au pain d’épices ?

Les trois adolescents se regardèrent comme si la pauvre vieille était folle — et elle l’était, assurément, mais pour des raisons plus funestes.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda prudemment la rouquine.
— C…Comment ? Vous ne savez pas ce qu’est le pain d’épices ? Je ne peux pas y croire ! Que se passe-t-il par ici ? Où suis-je ?!
— Calmez-vous, Géraldine. Je suis sûr que nous pouvons réussir à trouver ce que vous cherchez. N’est-ce pas simplement un mélange de pain et d’épices ? Il y a, non loin d’ici, une boutique qui en vend toutes sortes. De l'ail pour faire fuir les vampires (c’est très pratique) ou encore des Cardamomes de Madagascar. Vous y trouverez certainement votre bonheur !

Evidemment, ce discours désespéra davantage la méchante sorcière qui n’avait plus de méchant que son nom.

— Je suis fichue ! se lamenta-t-elle. Comment puis-je prétendre à mon rôle si je n’ai plus de toit ? Si le pain d’épices échoue à amener mes proies ? Si les enfants ne savent même pas ce que c’est !
— Dites-nous ce qu’il y a dans votre pain d’épices et nous vous aiderons, promis !
— Ce qu’il y a dans mon pain d’épices… reprit-elle, étonnée qu’on ose le lui demander. De la cannelle, de la coriandre, de l’anis étoilé ! Et du miel, bien sûr ! C’est un gâteau au miel ! Tout le monde sait ça ! Mais ma recette est particulière… Il y a des ingrédients secrets que je ne partagerai JAMAIS. Ma recette est tellement unique que les enfants ne peuvent s’empêcher de croquer un morceau de ma demeure dès qu’ils passent devant.

Les trois amis se regardèrent à nouveau, se posant de plus en plus de questions sur la santé mentale de la vieille mais ne dirent rien de plus.

— Nous ne connaissons pas le pain d’épices dont vous parlez mais il existe des sucreries, chez Honeydukes, qui sauront vous ravir tout autant ! Il n’y a pas un seul de nos camarades qui ne puissent résister à un Fizwizbiz ou à leurs plumes en sucre.
— Fizwizbiz ? Plumes en sucre ? Quel est donc cet étrange langage ?

Géraldine commençait à se demander si elle n'était pas tomber dans une dimension alternative.

— Venez et goûtez ! Vous comprendrez !

La méchante sorcière n’eut pas le choix : elle fut emportée malgré elle à l’intérieur de la boutique nommée Honeydukes. Mais ce qu’elle y découvrit là l’émerveilla tant que cela réveilla son âme d’enfant. Elle tomba en amour de ces friandises et décida de se reconvertir.

Et c’est ainsi que vous pouvez désormais croiser la méchante sorcière, chaque premier septembre de l’année, à pousser un chariot dans le Poudlard Express, criant sans cesse : « Vous voulez quelque chose à grignoter mes petits ? Des Patacitrouilles ? Des Chocogrenouilles ? Des Fondants du Chaudron ? »
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Hazalhia
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Hazalhia » 19 oct. 2020 - 21:03

Voici enfin le texte de l'équipe 7, avec un thème pris au pied de la lettre :mrgreen:

Les Chroniques du pain perdu

Brrr brrr brrrr
Je sors machinalement l'avant bras de sous la couette, et viens frapper avec une force molle sur mon téléphone qui vibre sur ma table de nuit. "Alarme reportée dans 10 minutes"
_ Hmm parfait, me grognais-je à moi même, en me blottissant pour quelques minutes de rabe dans la chaleur de ma couette.

Mais je suis rapidement ramené à la réalité par la douce odeur de café qui émane de lacuisine, j’ouvre un oeil et les rires de ma mère m’arrivent aux oreilles. Mon père a encore du lui dire une bêtise pour la faire sourire ! Après 15 ans de mariage .. et 3 enfants, ils ont toujours ce même rituel.
Je suis le petit dernier, au fait moi c'est Tom, j'ai 16 ans ! Enchanté !

Je soulève la couette et soumets mon corps au contraste de la température, je frissonne un peu. Je m'habille rapidement avec un jogging gris et un sweat bordeaux sur lequel l'écusson de Poudlard et sérigraphié.
A chaque fois que je mets ce sweat, je m'imagine me réveiller dans le dortoir des Gryffondors .. ah si seulement j'avais reçu ma lettre à mes 11 ans ! Satanés bouquins qui ont bercés mon enfance !
Je passe une main dans mes cheveux bruns qui portent encore les stigmates de mon oreiller.

J'ouvre doucement la porte de la cuisine. Chaque samedi, mon père et ma mère préparent un petit déjeuner de rois, c'est notre rituel depuis toujours. Bien que depuis que mes deux grands frères aient quitté le nid familial, l'ambiance est beaucoup moins .. explosive ?
Le sourire de ma mère m'accueille, mon père lève un oeil et me toise. Ils sont fiers de moi, ça se voit ! En même temps ils ne m'ont pas ratés ! C'est vrai que je suis plutôt pas mal !! Merci papa pour ta belle gueule et merci maman pour tes beaux yeux bleus !

Ma mère me tend une tartine de pain frais sur laquelle elle a généreusement étalée de la confiture à la fraise, ma préférée !

- Oui, il y a aussi du beurre .. me précise t-elle en levant les yeux au ciel !

Que voulez-vous, un corps pareil ça s’entretient avec de la confiture ET du beurre !
Je m’assois et me verse un grand bol de café chaud, tandis que mes parents se chamaillent encore à propos de la dernière frasque de mon frère aîné. Vous vous rendez compte, qu’il est sorti promener son chien après 21 heures ! franchement qui oserait faire ça en 2020 ?! du coup, bim 135€ d’amende !
Mon père était plié de rire, parce qu’il trouvait sa vanne “avec 135€ d’amandes, il va pouvoir en faire des financiers !” vraiment drôle ! Oui mon frère était pâtissier .. Merci papa, je n’ai pas hérité de ton sens de l’humour.

- Allez ma chérie, tu reprendras bien une petite tartine ! Oh vraiment il n’y a pas de quoi en faire tout .. un flan !

Et c’était repartit .. j’avoue que j’en avais les larmes aux yeux à force de rire ! si bien que je commençais à m'étouffer avec ma propre tartine !
Quand d’un coup : Clac !
Mes dents s’entrechoquent violemment ! alors que j’étais en train de savourer mon petit déj’.

J’ouvre grand les yeux un peu perturbé par ce qu’il vient de se passer dans mon intérieur ..mais mon père a le même regard que moi, il vient de s’étaler de la confiture sur la paumede la main.
La tartine a disparue !
Ma mère ne dit plus un mot, ses yeux sont rivés vers la corbeille de pain encore pleine il y a quelques secondes. Vide !
Toute trace de pain s’est volatilisée.

Même le pigeon qui picorait les miettes de la vieille sur le rebord de la fenêtre semble choqué !

~*0*~


Hubert s’était toujours considéré comme un membre à part entière de la famille Brisson. Il avait assisté à l'aménagement des parents et à l'arrivée des enfants, puis les avait vu grandir dans cette maison pleine de vie. Tous les matins, il partageait leur réunion familial avant que chacun ne parte à l’école ou au travail, et il lui arrivait même de reprendre du service au goûter. Au cours des années, depuis le plan de travail où il était confortablement installé, il en avait vu défiler des choses, des crises de larmes, de rire, et plus récemment le départ des deux aînés. Mais pourtant, la famille ne lui avait pas fait défaut.

Pourtant, ce dimanche, en plein milieu de son service, alors qu’il s’affairait à faire rougir ses résistance pour griller à point les deux tranches de baguettes, Hubert sentit soudainement un vide en lui. Plus rien, plus de pain. Et même la famille semblait sous le choc de cette disparition. Tom, le benjamin avait refermé sa mâchoire dans le vide, le père s’étalait de la confiture sur la main et la mère regardait avec des yeux pleins d’incompréhension la corbeille vide: le pain avait disparu.

Il s’en suivi plusieurs minutes de confusion où les trois humain, après être resté coi, se mirent à avancer une cacophonie de théories. Ils allumèrent la radio, la télé, dans l’espoir d’une réponse à leurs interrogations jusqu’à ce qu’un présentateur annonce que, pour une raison inconnu et d’après les milliers de témoignages, à 10h07, toute forme de pain s’était volatilisée de la planète.

Pour Hubert, le choc fut terrible. Sans pain, il perdait sa raison même d’exister. Un grille-pain n’était bon qu’à griller du pain, mais à présent, s’il venait à vivre dans un monde où l’on ne mangeait pas de pain, à quoi pourrait-il bien servir ? Dans un premier temps, peut-être resterait-il à sa place, sur le plan de travail, à côté de cafetière, par habitude. Mais bientôt, la famille s’appercevait qu’il ne servait plus à rien, et il finirait au mieux en haut d’un placard à prendre la poussière, ou bien dans un carton à la cave. Ou pire: à la déchèterie !

Le pauvre appareil électroménager était horrifié, ce chômage technique allait-il donc signifier sa perte ? Il n’avait aucun moyen de se reconvertir contrairement à ses camarades dans la cuisine, le pain, c’était toute sa vie. Le pain de mie pour les sandwich à la va-vite, les pains à hamburger pour les soirées télé, les fameuses tartines pour le petit déjeuner, et même les toasts pour les fêtes de fin d’années.
Non, Hubert n’était pas prêt à abandonner tout ça, ni la famille Brisson qu’il servait depuis de longues années. Ces humains avaient intérêt à trouver une explication à tout ça, il en allait de l'avenir de tous les grilles pains de la planète.

~*0*~


Le soleil brillait haut dans le ciel en ce samedi si banal, et aucun nuage ne venait troubler le bleu des cieux. Les oiseaux gazouillaient perchés dans les arbres et sur les fils électriques surplombant les fabrications humaines. Tout était calme dans les rues paresseuses d’automne, jonchées de feuilles chatoyantes chutant sans préavis des grandes allées de hêtres dans une danse lascive. Pas un son inhabituel ne brisait le silence jusqu’à 10h07, heure à laquelle tout bascula.

Par centaines ils sortirent dans les rues, habillés de pyjamas pour la plupart, échevelés pour la grande majorité. D’un seul mouvement ils se ruèrent dans les boulangeries, renversant vélos et poubelles sagement endormis sur les trottoirs. Ils poussèrent les portes et brisèrent les vitrines, en vain. Le pain avait tout bonnement cessé d’exister. Et même des montagnes de croissants et des palettes pleines de macarons ne semblaient parvenir à combler le vide que créait cette effroyable tragédie dans le cœur du peuple français. Déjà les rumeurs circulaient. « Certainement un coup du gouvernement disait-on sur les quais de Seine, il paraît que la première dame entame un régime sans féculent, le président à dû vouloir lui faciliter les choses. Tout le monde sait qu’elle raffole de la baguette ! » D’autres pensaient plutôt à un complot des illuminati ou la preuve d’un enlèvement de masse par des extraterrestres.
Sur tous les écrans du monde, les mêmes images, celles de personnes se dirigeant d’un pas traînant jusqu’aux magasins d’alimentation les plus proches pour y trouver de la farine et sauver tant qu’il était encore temps cette spécialité irremplaçable. De toute part des fours à pain émergèrent au centre des parcs et des jardins communs dans lesquels petits et grands se liguaient pour pétrir et enfourner. Une véritable institution étant en train de renaître de ses miettes et tendre vers l’avènement d’une nouvelle ère. Car non, il était hors de question, dans toute l’histoire de l’humanité que celle-ci ne mange pas de pain.

Les fours devinrent des temples, les pelles des divinités, la levure une monnaie d’échange, et bien des années plus tard, alors que Tom promenait ses jeunes enfants au milieu du plus grand grenier à pain partagé d’Île de France, il leur comptait l’épopée de l’avènement de la Sainte Baguette, la religion dominant le globe depuis que le monopole du pain avait été dissout par sa brusque disparition un petit matin d’octobre. Autour d’eux les moines du culte panaire passaient les bras chargés de brioches, allant les déposer sur les grands brasiers de purification du petit-déjeuner. Le Saint Quignon ne pouvait être détrôné par son homologue au beurre. Au milieu de tout ce renouveau, la vérité se perdit et la recherche d’une explication mourut rapidement, tant et si bien que personne ne sut pour le petit meunier maladroit qui, après avoir trouvé un gant serti de pierres précieuses, avait claqué des doigts un beau matin.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


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Selket
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Selket » 19 oct. 2020 - 22:01

@Alrescha merci pour cette superbe dédicace :coeur:

Je lirais tous vos textes demain quand j'aurais plus le temps ^^

C'est fou tout ce que vous avez écrit en si peu de temps, avec des thèmes compliqués et à trois en plus je suis bluffée
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Camcaz17
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Camcaz17 » 21 oct. 2020 - 18:52

Hello, la malédiction s'est abattue sur l'équipe 2 mais elle a réussi à s'en dépêtrer et vous livre son texte :beer: (on salue Spiritos qui a eu une belle idée de texte sur un thème pas facile)

Maître Regulus…

Kreattur pleurait-t-il ? Il n’en avait aucune idée. À vrai dire, il ne voyait plus que la coupe nacrée, que les imperceptibles remous du liquide. Ce liquide qui avait le goût du sang, le goût de la mort.

Regulus pleurait-t-il ? Le jeune homme but une nouvelle gorgée.

Maître Regulus…

Il revoyait ses mains tendues. Maître Regulus a faim ? Il se rappelait de la pâte lisse, du parfum envoûtant, de la douceur du sucre sur son palais. Le jeune maître adore le pain d’épice, alors Kreattur s’est dit…

Une énième gorgée. La grotte tanguait autour de lui, et il grogna. Les mains tremblantes du vieil elfe se rapprochèrent de son visage. Il gémit.
Plus jamais. Les minuscules paumes de Kreattur pressaient la coupe contre ses lèvres, qu’il repoussa, qu’il repoussait, mais qu’il buvait toujours. Il n’avait pas le choix, il n’avait plus le choix.

Stop. Ses larmes se mêlaient à la potion, gouttant dans le verre immaculé. Regulus ne les entendait plus, maintenant, les ricanements des Mangemorts, les cris de ses parents, les pleurs de son frère. Il n'entendait plus rien. Rien d’autre qu’un gloussement d’enfant, qu’un bruit de mastication, que la voix de Kreattur qui répétait encore, répétait toujours. Maître Regulus.

Il but. L’eau avait le goût des larmes, maintenant. Le parfum de son enfance, l’odeur de la brioche. Souvenirs de sa jeunesse. Un goût de pain d’épice.

Maître Regulus…

Regulus sombrait, maintenant. Les mains de Kreattur, désespérément, s’agrippaient à sa cape, mais il se laissait glisser jusqu’à la rive du lac pour boire, pour boire, pour noyer sa souffrance dans l’eau trop noire.

Un cri déchirant. Des mains maintenant entraînaient Regulus vers le fond, des doigts décharnés s’étaient refermés sur son poignet, sur ses chevilles pour remplacer ceux de Kreattur. Kreattur…

Maître Regulus…

Il était parti. L’odeur s’était envolée, le parfum dissipé, et ne restaient plus que les flots noirs, les flots si noirs, où Regulus se noyait, seul. La lueur s’éloignait à mesure qu’il tombait. Au fond. Tout au fond.

Il ferma les yeux. La douleur, il ne la sentait plus. Pas plus que les mains des Inféris, qui lacéraient sa peau. Les larmes sur ses joues, l’eau les avaient englouties, les flots les avaient recouverts, et il ne lui restait plus rien.

Maître Regulus…

La lueur avait disparu, désormais. Peut-être n’avait-elle jamais été là, toutes ses années. Peut-être qu’elle ne l’avait pas suivie dans son voyage, dans son exil vers ces horizons gris, ces horizons mornes. Les Black. Poudlard. Voldemort. Ses Horcruxes. Toutes ces pensées n’étaient plus que de lointains souvenirs qui s’effritaient à mesure qu’il s’enfonçait dans les noirceurs de cette eau glacée.

Pour Regulus, la mort n’était qu’une autre de ces étapes. Un autre de ces mondes qu’il ne cessait de parcourir et s'éloignait un peu plus du goût. Du parfum. Du souvenir.

Maître Regulus…

Il ne restait plus que Kreattur. L’eau ne s’agitait plus devant les yeux de l’elfe. Pourtant, c’était un véritable tourbillon d’émotions qui se formait dans son cœur, ce cœur qui ne saurait plus aimer à partir d’aujourd’hui.

Pour Kreattur, la vie n’avait plus ce goût délectable.

Pour Regulus, la mort n’était qu’un autre de ces mondes.

Un monde sans pain d’épices.
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Guette
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par Guette » 26 oct. 2020 - 17:26

I DIT IT ! J'ai lu tous vos textes !! :yipee:
Bravo à toutes les équipes pour votre imagination ! l'exercice n'était pas simple .. D'ailleurs merci à @Selket, @Ella C. et @Awena pour le projet :)


Equipe 1 : @Xuulu @FleurBleue @Lul
Votre histoire est adorable ! Cette petite qui est si triste de ne pas passer les fêtes avec sa famille. Et qui en plus perd le bonheur de manger du pain d'épices .. :nif:
10 points pour Archie ! élu meilleur pote !

Equipe 2 : @Camcaz17, @Spiritos, @Samantha Black
Vous avez géré ! on vous pardonne le retard .. ce texte est à la fois terrible et à la fois génial ! Bravo pour avoir réussi à décrire cette scène effroyable !

Equipe 3 : @Fleur d'épine,@Hermystic, @CacheCoeur
J'adore quand l'auteur pète un câble et vient donner son avis dans les textes :yipee:
Et cette fin ! :D parfaite !!!

Equipe 5 : @MadameMueller , @Alena Aeterna , @lilychx
Euh .. c'est mon imagination ou le nouveau prof de Métamorphose c'est Mc Go' ?!

Equipe 6 : @Elektra Black 2 @Sifoell @Eurydice
Mettre Goyle en personnage principal était osé ! Comme quoi la magie de la pâtisserie peut changer un homme !
Mais la fin .. non :yeux: ne me dites pas que c'est le moment où .. Dobby . NON :nif:

Equipe 7 : @AliceJeanne, @Hazalhia et moi-même.
Je ris toujours autant :D, et encore plus quand je repense à tous les titres et toutes les versions de l'histoire qui resteront privées !

Equipe 8 : @Andrommoth, @Mathy, @Alrescha
On voit votre travail à 6 mains et pourtant l'histoire est fluide à lire, et très mignonne ;)

Equipe 9 : @chrisjedusor, @Adhara, @LookCatMe
Vous avez presque réussi à me faire lâcher une petite larme .. Ce Papy Potter est tellement gaga de James !
Chez les Potter on a le sens de l'humour depuis plusieurs générations visiblement ! :D
Ne regrette jamais les choses que tu as faites,
mais plutôt celles que tu n'as pas eu le courage de faire.

ArsielFourch
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Re: Epreuve 3 : L'histoire sans faim

Message par ArsielFourch » 20 nov. 2020 - 00:42

Xuulu a écrit :
18 oct. 2020 - 16:16
Et voici une magnifique ratatouille de la part des membres de l'équipe 1! (recette: laissez 3 équipières écrire ce qui leur passe par la tête à tour de rôle, touillez, voici ce que vous obtenez!)
Très intéressante cette histoire!Une grande partie du contenu me rappelle Harry Potter.Surtout lorsque Adélaïde reçoit la lettre du hibou.De même que l'existence du clubImage de lecture.

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