Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Ateliers réguliers d'écriture originale autour de thèmes et contraintes variés.

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flodalys
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par flodalys » 17 oct. 2019 - 13:40

Voilà les participations de la 2e étape.


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Show
Le soir. Une boule disco tourne au-dessus de la scène. La musique est très forte. A gauche, Meursault est attablé au comptoir. Par la droite, entre Marie.

MARIE
Est-ce que tu veux te marier avec moi ?

MEURSAULT, avec amusement.
Nous le ferons si tu l’as décidé.

MARIE, elle beugle.
Est-ce que tu m’aimes ?

MEURSAULT, à part.
Je ne connais pas cette fille.
(Il se tourne vers Marie.)
Je ne crois pas.

MARIE, s’attachant à son col de chemise.
Pourquoi m’épouser alors ?

MEURSAULT
Quelle réponse attendais-tu ? (Un temps.) Nous ne nous connaissons pas. Si tu insistes, cela n’a aucune importance. Demain matin tu auras repris tes esprits. Si tu le désires, alors nous pouvons nous marier.

MARIE, la tête entre les mains.
Le mariage est une chose grave.

MEURSAULT
Il faut savoir à la fin ! Tu demandes, je dis oui.


Marie se tait et le fixe.

MEURSAULT
Et puis, pourquoi le mariage aurait-il une importance supérieure ?

MARIE, les yeux ronds.
Tout de même. (Un temps.) Aurais-tu accepté la même proposition venant d’une autre femme, à qui tu serais attaché de semblable manière ?

MEURSAULT, il rit aux éclats.
Mais c’est la première fois que nous nous rencontrons !

MARIE, plus bas.
Fallait-il que je t’aime ?

MEURSAULT, il hurle.
La musique est trop forte ! Je ne t’entends pas !


Marie se détourne. Elle marche sans un mot vers la porte et il la regarde s’éloigner. Elle atteint la porte. Elle s’arrête, dos à lui.

MARIE
Tu es tellement bizarre. (A part.) C’est comme s’il ne m’entendait pas. (Elle hésite. A lui.) Je t’aime sans doute à cause de cela, mais peut-être un jour me dégoûteras-tu pour les mêmes raisons ?

MEURSAULT
Euh, oui… Sans doute.


Un silence. Marie le regarde de nouveau. Elle sourit à Meursault et lui tend son bras.

MARIE, le regardant en face.
Je veux me marier avec toi.

MEURSAULT
Que dirais-tu de sortir prendre l’air ? Nous pourrons discuter sans tout ce bruit.

Un silence. Marie fronce les sourcils d’incompréhension. Meursault se lève. Il s’avance et saisit le bras de Marie. Ils sortent par la même porte.

Spoiler
Show
Quelques faux arbres descendent sur scene, s’arretent puis soudain tombent dans un bruit mat. Un juron retenti des coulisses.
Rogue fait les cents pas. Il essaye de se concentrer.
Soudainement un flash de lumiére l’avenugle. Il bat des yeux rapidemenat. Dumbledore arrive sur scene en sautant à pieds joints.


Rogue toujours incapable de voir correctement tends les mains devant lui pour ne pas heurter Dumbledore.
Ne me tuez pas !

Dumbledore d’un ton enjoué.
Voyons, voyons, ce n’était pas mon intention Servi… Severus. Que me faut votre visite en cette belle soirée ?

Rogue en retrouvant l’usage de ses yeux, regarde d’abord ses mains et fait la moue puis il releve le regard et fixe Dumbledore.
Ah ben Enfin ! Vous en avez mis du temps. Je dois vous dire quelque chose d’important. Quel heure est-il ?

Dumbledore surpris
C’est la chose importante qu’il fallait me dire ?

Rogue
Non, je ne veux pas louper Le meilleur Maitre de Potions a la radio !


Un des faux arbres se décroche et tombe à plat.

Dumbledore pouffant de rire.
Vous voulez un biscuit?

Rogue
Avec plaisir ! mais d’abord je me dois de vous dire que la prophetie de Trelawney …

Dumbledore qui regarde de plus prés le bisuit qu’il vient de sortir de sa cape.
Ah oui, la prophétie !

Rogue en attrapant le biscuit.
Ben il pense qu’il s’agit de Lily Evans

Dumbledore
Ca doit pas vous faire plaisir tout ça ! Un peu de whisky pur feu pour vous remonter ?


Une personne vient installer la table, deux chaises, deux verres et une bouteille de Whisky

Rogue
Merci bien. C’est usant ce boulot à force. Il n’est jamais content et il veut toujours tuer tout le monde !

A vos commentaires.
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La 4e étape n'attend plus que vous ! :D N'hésitez pas à nous pour monologuer

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Tiiki
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par Tiiki » 20 oct. 2019 - 18:37

Personne pour se lancer ? :mrgreen:

Bon, c'est vraiment histoire de dire ce que les deux exemples m'inspirent. Déjà, la plupart des textes originaux proposés n'étaient pas de registre comique, mais même en général, je trouve le comique plus rare, et plus difficile à mettre en place.

Sur le premier extrait, le changement de registre est passé certes par les didascalies, mais aussi par un changement des phrases choisies. On a un comique de situation (une fille un peu éméchée qui aborde un gars dans un bar et qui le demande en mariage), les phrases sérieuses de Marie de l'Étranger sonnent toujours hyperboliques et sont en total décalage avec le contexte, et puis le "on dirait qu'il ne m'entend pas" alors que la musique est trop forte... Après, on ne rit pas non plus aux éclats. Du coup, ça me fait songer que selon le registre que l'on veut utiliser, on peut toujours doser un peu (on peut être de registre comique sans hurler de rire toutes les deux phrases même si le second exemple va pas du tout dans ce sens mais je vais y venir) Vraiment je trouve que le comique est le plus difficile à écrire, parce qu'il n'obéit pas vraiment à des règles (même si on peut jouer de plusieurs outils comme proposés dans la présentation des registres..). On sait comment faire pleurer, mais rire bah... ça appartient un peu à chacun donc il faut garder à l'esprit qu'on peut pas faire rire tout le monde.

Du coup j'en arrive à la seconde proposition sur Harry Potter qui m'a juste tuée :lol: Ça fait un peu métathéâtralité, on a l'impression de briser l'illusion théâtrale, parce que même le décor fout le camp. Il y a plein d'éléments comiques : la situation, la gestuelle, les répliques à côté de la plaque (mais qui mènent l'instant d'après naturellement à une autre action tout aussi surprenante xD), et plus son auteur (autrice?) a su jouer des codes que possède le lecteur (les biscuits de Dumby, son ton enjoué, Rogue qui se plaint de ses conditions de travail... après tout c'est vrai le pauvre quoi, être Mangemort c'est pas le métier le plus facile du monde). Ça désamorce totalement le drame de la scène, j'ai vraiment beaucoup aimé.
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anhya
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par anhya » 27 oct. 2019 - 19:49

TROISIEME ETAPE
Comment on commence une pièce ?
Du 27 Octobre au 10 Novembre


Disclaimer : L'équipe des ateliers n'a pas vocation à devenir un groupe de profs de si tôt. Les 'cours' donnés durant les ateliers sont puisés de l'internet mondial et sont faits pour être améliorés de vos ajouts et de vos commentaires. Le but des ateliers est de vous aider à écrire et de vous faire sortir de vos habitudes, pas de vous dire ce qu'il faut et ne faut pas faire.

C'est quoi ce bidule ?

"La scène d'exposition est la première scène d'une pièce de théâtre. Parfois ce sont les deux ou trois premières scènes qui sont appelées les scènes d'exposition." (Vikidia). C'est le premier aperçu qu'à le lecteur ou le spectateur de la pièce.

Quelques exemples:
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Show
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Show

Et pour les pièces modernes sans séparation en scènes ?

Le théâtre n'étant plus codifié comme il l'a été par le passé, il ne raconte pas toujours une "histoire suivie" au spectateur (lecteur). Il existe des pièces à "structure répétitive" (par exemple) qui se passent complètement d'une exposition.

Mais sur une pièce "racontant une histoire" il reste nécessaire d'avoir des informations assez rapidement pour embarquer le spectateur (lecteur) et dans ce sens on nous présente une "scène d'exposition" avec les mêmes ingrédients qu'on trouvait dans le théâtre classique.


Quelques exemples:
Spoiler
Show
Samuel BECKETT (1906-1989),
Fin de partie, 1957, éd. de Minuit

Intérieur sans meubles.
Lumière grisâtre.
Aux murs de droite et de gauche, vers le fond, deux petites fenêtres haut
perchées, rideaux fermés.
Porte à l'avant-scène à droite. Accroché au mur, près de la porte, un tableau
retourné.
A l'avant-scène à gauche, recouvertes d'un vieux drap, deux poubelles l'une
contre l'autre.
Au centre, recouvert d'un vieux drap, assis dans un fauteuil à roulettes, Hamm.
Immobile à côté du fauteuil, Clov le regarde. Teint très rouge.
Il va se mettre sous la fenêtre à gauche. Démarche raide et vacillante. Il regarde
la fenêtre à gauche, la tête rejetée en arrière. Il tourne la tête, regarde la fenêtre
à droite. Il va se mettre sous la fenêtre à droite. Il regarde la fenêtre à droite, la
tête rejetée en arrière. Il tourne la tête et regarde la fenêtre à gauche. Il sort,
revient aussitôt avec un escabeau, l'installe sous la fenêtre à gauche, monte
dessus, tire le rideau. Il descend de l'escabeau, fait six pas vers la fenêtre à
droite, retourne prendre l'escabeau, l'installe sous la fenêtre à droite, monte
dessus, tire le rideau. Il descend de l'escabeau, fait trois pas vers la fenêtre à
gauche, retourne prendre l'escabeau, l'installe sous la fenêtre à gauche, monte
dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref. Il descend de l'escabeau, fait un pas
vers la fenêtre à droite, retourne prendre l'escabeau, l'installe sous la fenêtre à
droite, monte dessus, regarde par la fenêtre. Rire bref. Il descend de l'escabeau,
va vers les poubelles, retourne prendre l'escabeau, le prend, se ravise, le lâche,
va aux poubelles, enlève le drap qui les recouvre, le plie soigneusement et le
met sur le bras. Il soulève un couvercle, se penche et regarde dans la poubelle.
Rire bref. Il rabat le couvercle. Même jeu avec l'autre poubelle. Il va vers Hamm,
enlève le drap qui le recouvre, le plie soigneusement et le met sur le bras. En
robe de chambre, coiffé d'une calotte en feutre, un grand mouchoir taché de
sang étalé sur le visage, un sifflet pendu au cou, un plaid sur les genoux,
d'épaisses chaussettes aux pieds, Hamm semble dormir. Clov le regarde. Rire
bref. Il va à la porte, s'arrête, se retourne, contemple la scène, se tourne vers la
salle.


CLOV (regard fixe, voix blanche). — Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. (Un
temps.)
Les grains s'ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c'est un tas, un
petit tas, l'impossible tas. (Un temps.) On ne peut plus me punir. (Un temps.) Je m'en
vais dans ma cuisine, trois mètres sur trois mètres sur trois mètres, attendre qu'il me
siffle. (Un temps.) Ce sont de jolies dimensions, je m'appuierai à la table, je regarderai
le mur, en attendant qu'il me siffle.
[...]
Spoiler
Show
Eugène IONESCO (1909 - 1994),
Rhinocéros, 1959

[…|
JEAN - Tournez-vous. Allez, tournez-vous. Vous vous êtes appuyé contre un mur... (Bérenger
étend mollement sa main vers Jean.)
Non, je n’ai pas de brosse sur moi. Cela gonflerait les
poches. (Toujours mollement, Bérenger donne des tapes sur ses épaules pour en faire sortir la
poussière blanche ; Jean écarte la tête.)
Oh là là... Où donc avez-vous pris cela ?

BÉRENGER - Je ne m’en souviens pas.

JEAN - C’est lamentable, lamentable ! J’ai honte d’être votre ami.

BÉRENGER - Vous êtes bien sévère...

JEAN - On le serait à moins !

BÉRENGER - Écoutez, Jean. Je n’ai guère de distractions, on s’ennuie dans cette ville, je ne suis
pas fait pour le travail que j’ai... tous les jours, au bureau, pendant huit heures, trois semaines
seulement de vacances en été ! Le samedi soir, je suis plutôt fatigué, alors, vous me
comprenez, pour me détendre...

JEAN - Mon cher, tout le monde travaille et moi aussi, moi aussi comme tout le monde, je fais tous
les jours mes huit heures de bureau, moi aussi, je n’ai que vingt et un jours de congé par an, et
pourtant, pourtant, vous me voyez. De la volonté, que diable !...

BÉRENGER - Oh ! de la volonté, tout le monde n’a pas la vôtre. Moi je ne m’y fais pas. Non, je ne
m’y fais pas, à la vie.

JEAN - Tout le monde doit s’y faire. Seriez-vous une nature supérieure ?

BÉRENGER - Je ne prétends pas...

JEAN, interrompant - Je vous vaux bien ; et même, sans fausse modestie, je vaux mieux que vous.
L’homme supérieur est celui qui remplit son devoir.

BÉRENGER - Quel devoir ?

JEAN - Son devoir... son devoir d’employé par exemple.

BÉRENGER - Ah oui, son devoir d’employé...

JEAN - Où donc ont eu lieu vos libations cette nuit ? Si vous vous en souvenez !

BÉRENGER - Nous avons fêté l’anniversaire d’Auguste, notre ami Auguste...

JEAN - Notre ami Auguste ? On ne m’a pas invité, moi, pour l’anniversaire de notre ami Auguste...

À ce moment, on entend le bruit très éloigné, mais se rapprochant très vite,
d’un souffle de fauve et de sa course précipitée, ainsi qu’un long barrissement.


BÉRENGER - Je n’ai pas pu refuser. Cela n’aurait pas été gentil...

JEAN - Y suis-je allé, moi ?

BÉRENGER - C’est peut-être, justement, parce que vous n’avez pas été invité ! ...

LA SERVEUSE, sortant du café - Bonjour, Messieurs, que désirez-vous boire ?

Les bruits sont devenus très forts.

JEAN, à Bérenger et criant presque pour se faire entendre, au-dessus des bruits qu’il ne perçoit pas
consciemment.
- Non, il est vrai, je n’étais pas invité. On ne m’a pas fait cet honneur... Toutefois,
je puis vous assurer que même si j’avais été invité, je ne serais pas venu, car... (Les bruits sont
devenus énormes.)
Que se passe-t-il ? (Les bruits du galop d’un animal puissant et lourd sont
tout proches, très accélérés ; on entend son halètement.)
Mais qu’est-ce que c’est ?

LA SERVEUSE - Mais qu’est-ce que c’est ?

Bérenger, toujours indolent, sans avoir l’air d’entendre quoi que ce soit,
répond tranquillement à Jean au sujet de l’invitation ; il remue les lèvres; on
n’entend pas ce qu’il dit ; Jean se lève d’un bond, fait tomber sa chaise en se
levant, regarde du côté de la coulisse gauche, en montrant du doigt, tandis
que Bérenger, toujours un peu vaseux, reste assis.


JEAN - Oh ! un rhinocéros ! […|

Et pourquoi on en parle ?

La scène d'exposition a deux fonctions: informer et plaire. En effet, il faut qu'elle donne toutes les informations nécessaires pour la comprendre au lecteur, le tout sans le dégoûter !

D'après Wikipédia : "Selon le Manuscrit 559 de la BNF, une bonne exposition, en dramaturgie classique, « doit instruire le spectateur du sujet et de ses principales circonstances, du lieu de la scène et même de l'heure où commence l'action, du nom, de l'état, du caractère et des intérêts de tous les principaux personnages. Elle doit être entière, courte, claire, intéressante et vraisemblable ».

Elle doit donc d'un côté fournir les informations suivantes :
- Qui : Qui sont les personnages principaux ? Quel sont leurs rôles ? Quel est le trait principal de leur caractère ?
- Quoi : Quel est le sujet ? Quel est le problème, le nœud de l'histoire ?
- Où : Où ce passe l'action ?
-Comment : Quel est le ton de la pièce ? Quel est le registre de la pièce ?

Les personnages de cette scène peuvent être les rôles principaux ou bien occuper un rôle secondaire. Le plus naturellement possible, généralement par un dialogue, ils doivent dire qui ils sont, les rapports qu'ils ont entre eux, où ils sont, pourquoi ils sont là et ce qu'ils comptent faire." (vikidia)

Et comme c'est une pièce de théâtre, les réponses doivent être fournies par les paroles d'un des personnages (donc les dialogues) ou par le décor, les costumes, soit la mise en scène (traduite à l'écrit par les didascalies).

Mais en même temps, il faut que la scène d'exposition donne envie au lecteur ou spectateur de continuer à lire ou regarder la suite. Il doit pouvoir s'intéresser aux personnages, à leurs problèmes, à l'intrigue. Le moyen le plus utilisé pour cela est une action.
Commencer la pièce au beau milieu d'une action s'appelle un début in medias res, littéralement "au milieu de la chose". En effet il s'agit de projeter le lecteur dans l'action pour l'intéresser.

Quelques exemples:
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Show
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Show

Mise en pratique :

Ecrire une scène d'exposition tout simplement. Bon courage !
Non, ne vous inquiétez pas, on ne vous abandonne pas comme ça :hug: Ce qu'on vous propose, c'est d'écrire une scène d'introduction pour une pièce dont la thématique est :
- "Un des Personnages est retrouvé sans vie! Mais qui l'a tué ?",

- "Les personnages se retrouvent nez à nez avec une preuve irréfutable que le monde des sorciers existe"

- "Loki attaque HPF, les personnages et les Avengers font équipe pour s'en débarrasser"

- Sujet Libre


Mais qui sont vos personnages? On ne vous laisse pas seuls non plus.
Vous avez devant vous les meilleurs personnages qui puissent exister: Yours truly!
Adhara - Anhya - Carminny - Flodalys - Ialona - Norya


Si cela ne vous inspire pas, soyez libre d'inventer votre propre scène ;)
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Ialona
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par Ialona » 18 nov. 2019 - 18:28

N'ayant eu aucune participations sur l'étape trois, on passe directement à l'étape quatre! En espérant qu'elle vous inspirera plus que la précédente :D

QUATRIEME ETAPE
Et les monologues et tirades dans tout ça ?
Du 18 Novembre au 1 Décembre


Disclaimer : L'équipe des ateliers n'a pas vocation à devenir un groupe de profs de si tôt. Les 'cours' donnés durant les ateliers sont puisés de l'internet mondial et sont faits pour être améliorés de vos ajouts et de vos commentaires. Le but des ateliers est de vous aider à écrire et de vous faire sortir de vos habitudes, pas de vous dire ce qu'il faut et ne faut pas faire.
Les sources pour cette étape sont ici, ici


Qu'est qu'un monologue ?

D'après le Dictionnaire de la langue du théâtre de Agnès Pierron, un monologue c'est un moment d'une pièce de théâtre où l'acteur parle tout seul. Ce procédé s'oppose traditionnellement au dialogue.

D'après une autre source, "au théâtre, un monologue est une scène où un acteur est seul (ou se croit seul) et parle pour lui-même à voix haute pour être entendu des spectateurs. Le monologue permet notamment de révéler les sentiments d’un personnage. Le monologue intérieur est un discours à la première personne, dans lequel un personnage pense tout haut."

Après de multiples recherches sur la différence entre soliloque et monologue, l'équipe n'en tire aucune conclusion. Apparemment personne n'est d'accord, et les étudiants en théâtre en font encore des thèses. L'équipe a donc décidé librement que ces deux termes sont des synonymes, nous utiliseront donc seulement le terme de monologue. En tout cas dans le cadre de cet exercice.

Quelques exemples:
Spoiler
Show
Richard dans la piéce Richard III de William Shakespeare

Voici l’hiver de notre colère
Changé en été de gloire par ce soleil d’York;
Et tous les nuages qui accablaient notre maison,
Inhumés dans la giron profond de l’océan.
Voici nos fronts cerclés de couronnes de victoire;
Nos armes blessés érigées en trophées,
Nos alarmes sévères changées en joyeuses assemblées,
Nos marches terrifiantes en délicieuses cadences.
Guerre, triste figure, a déridé son front;
Et voici qu’au lieu de monter des chevaux cuirassés
Pour effrayer les âmes d’ennemis effarés
Il fait de lestes cabrioles dans la chambre d’une dame
Aux accents langoureux d’un luth voluptueux.
Mais moi, qui ne suis pas taillé pour ces galipettes
Ni fait pour courtiser l’amour d’un miroir;
Moi, qui suis rudement forgé,
Et dépourvu de la majesté de l’amour
Pour m’aller parader au déhanchement d’une nymphe dépravée;
Moi, qui suis tronqué de belles proportions,
Frustré d’allure par la fallacieuse Nature,
Difforme, inachevé, expédié avant l’heure
Dans ce monde pantelant, à peine à moitié fait,
Si bancal et si laid
Que les chiens aboient à mon pas de boîteux;
Eh bien, moi, en ces temps de paix où fredonnent de frêles pipeaux,
Je n’ai aucun plaisir à passer le temps,
Si ce n’est d’épier mon ombre au soleil
Pour porter le contrechant de ma difformité;
Et donc, si je ne puis me montrer amoureux
Ni savourer ces beaux jours de beaux parleurs,
Je suis déterminé à me montrer criminel
Par haine des vains plaisirs de ces jours.
J’ai tramé des intrigues, de dangereux prologues,
À coups de prophéties d’ivrogne, de pamphlets et de rêves,
Pour jeter mon frère Clarence et le roi
En haine mortelle l’un contre l’autre;
Et si le roi Édouard est aussi vrai et droit
Que je suis retors, traître et faux,
Aujourd’hui même Clarence sera flanqué en cage.
Le roi est malade, faible et mélancolique,
Et ses médecins craignent pour sa vie.
Oh, voilà longtemps qu’il suit un régime fatal
Et qu’il a par trop consumé sa royale personne.
Il ne peut vivre, j’espère, mais ne doit pas mourir
Avant que Clarence ne soit expédié au Ciel d’une ruade.
Rentrons attiser la haine d’Édouard contre Clarence,
Par des mensonges lestés d’arguments blindés;
Et, si je n’échoue pas dans mon profond dessein,
Clarence n’a pas un jour de plus à vivre.
Cela fait, que Dieu embrasse Édouard en sa miséricorde,
Et me laisse à moi le monde pour champ de bataille !
Après quoi, j’épouserai la fille cadette de Warwick.
Qu’importe que j’aie tué son mari et son père ?
Le plus court chemin pour dédommager la belle
Consiste à devenir son mari et son père:
Ce que je ferai; non tant par amour
Que pour un autre dessein, impénétrable et secret,
Que par un tel marriage j’accomplirai.
Mais voilà que je mets la charrue en avant de mon cheval;
Clarence respire encore; Édouard vit et règne encore:
Je me ferai fort de compter mes gains quand ils seront morts.
Spoiler
Show
La serva Amorosa, Carlo Goldoni
Acte I scèneXIV

Coraline seule

Ainsi, l'occasion aidant,j'ai réussi à mettre en branle une drôle de machine. Si tout va bien, j'espère pouvoir faire la fortune de mon maître. Il est de bonne naissance, son père est richesses mœurs sont bonnes, il ne peut donc être qu'un bon parti pour la signora Rasaura. Reste à réparer ce malheureux accident qui le tient éloigné de son père à cause de sa belle-mère. Et c'est à quoi ma tête réfléchit. Si j'arrivais à parler seule à seul avec le signor Ottavio, qui sait, qui sait s'il ne me laisserait pas carte blanche. Il m'aimait beaucoup et il m'écoutait avant d'avoir installé chez lui ce diable en jupons. Bon, on verra. En attendant, j'essaie de sauver la réputation du signor Florindo, et pour ce faire, je m'ingénie à placer çà et là quelques mensonges. Nous en disons tant pour faire du mal ; ce n'est sûrement pas très beau mais je m'autoriserai à en dire trois ou quatre pour faire du bien. Oh ! si je réussis mon coup, c'est la signora Beatrice qui en fera une tête ! Personne ne voudra croire que j'aime le signor Florindo à ce point, et que si je l'aime c'est par intérêt ; car les hommes se font là-dessus une mauvaise idée des femmes . Mais moi, je serai la preuve que nous aussi, nous savons être aimantes et désintéressées, et que mon cœur est une pâte si douce que quiquonque y a une fois goûté ne peut plus jamais l'oublier.
Spoiler
Show
Rhinocéros, Eugène Ionesco

Ce n’est tout de même pas si vilain que ça un homme. Et pourtant, je ne suis pas parmi les plus beaux ! (Il se retourne.) Daisy ! Daisy ! Où es-tu, Daisy ? Tu ne vas pas faire ça ! (Il se précipite vers la porte). Daisy ! (Arrivé sur le palier, il se penche sur la balustrade.) Daisy ! Remonte ! Reviens, ma petite Daisy ! Tu n’as même pas déjeuné ! Daisy, ne me laisse pas tout seul ! Qu’est-ce que tu m’avais promis ! Daisy ! Daisy ! (Il renonce à l’appeler, fait un geste désespéré et rentre dans sa chambre.) Évidemment. On ne s’entendait plus. Un ménage désuni. Ce n’était plus viable. Mais elle n’aurait pas dû me quitter sans s’expliquer. (Il regarde partout.) Elle ne m’a pas laissé un mot. Ça ne se fait pas. Je suis tout à fait seul maintenant. (Il va fermer la porte à clé, soigneusement, mais avec colère.) On ne m’aura pas, moi. (Il ferme soigneusement les fenêtres.) Vous ne m’aurez pas, moi (Il s’adresse à toutes les têtes de rhinocéros.) Je ne vous suivrai pas, je ne vous comprends pas ! Je reste ce que je suis. Je suis un être humain. Un être humain. (Il va s’asseoir dans le fauteuil.) La situation est absolument intenable. C’est ma faute, si elle est partie. J’étais tout pour elle. Qu’est-ce qu’elle va devenir ? Encore quelqu’un sur la conscience. J’imagine le pire, le pire est possible. Pauvre enfant abandonnée dans cet univers de monstres ! Personne ne peut m’aider à la retrouver, personne, car il n’y a plus personne. (Nouveaux barrissements, courses éperdues, nuages de poussière.) Je ne veux pas les entendre. Je vais mettre du coton dans oreilles. (Il se met du coton dans les oreilles et se parle à lui-même dans la glace.) Il n’y a pas d’autre solutions que de les convaincre, les convaincre, de quoi ? Et les mutations sont-elles réversibles ? Hein, sont-elles réversibles ? Ce serait un travail d’Hercule, au-dessus de mes forces. D’abord, pour les convaincre, il faut leur parler. Pour leur parler, il faut que j’apprenne leur langue. Où qu’ils apprennent la mienne ? Mais quelle langue est-ce que je parle ? Quelle est ma langue ? Est-ce du français, ça ? Ce doit bien être du français ? Mais qu’est-ce du français ? On peut appeler ça du français, si on veut, personne ne peut le contester, je suis seul à le parler. Qu’est-ce que je dis ? Est-ce que je me comprends, est-ce que je me comprends ? (Il va vers le milieu de la chambre.) Et si, comme me l’avait dit Daisy, si c’est eux qui ont raison ? (Il retourne vers la glace.) Un homme n’est pas laid, un homme n’est pas laid ! (Il se regarde en passant la main sur sa figure.) Quelle drôle de chose ! A quoi je ressemble alors ? A quoi ? (Il se précipite vers un placard, en sort des photos, qu’il regarde.) Des photos ! Qui sont-ils tous ces gens-là ? M. Papillon, ou Daisy plutôt ? Et celui-là, est-ce Botard ou Dudard, ou Jean ? Ou moi, peut-être ! (Il se précipite de nouveau vers le placard d’où il sort deux ou trois tableaux.) Oui, je me reconnais ; C’est moi, c’est moi. (Il va raccrocher les tableaux sur le mur du fond, à côté des têtes des rhinocéros.) C’est moi, c’est moi. (Lorsqu’il accroche les tableaux, on s’aperçoit que ceux-ci représentent un vieillard, une grosse femme, un autre homme. La laideur de ces portraits contraste avec les têtes des rhinocéros qui sont devenues très belles. Bérenger s’écarte pour contempler les tableaux.) Je ne suis pas beau, je ne suis pas beau. (Il décroche les tableaux, les jette par terre avec fureur, il va vers la glace.) Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! Comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! (Il écoute les barrissements.) Leurs chants ont du charme, un peu âpre, mais un charme certain ! Si je pouvais faire comme eux. (Il essaye de les imiter.) Ahh, ahh, brr ! Non, ça n’est pas ça ! Essayons encore, plus fort ! Ahh, ahh, brr ! Non, non, ce n’est pas ça, que c’est faible, comme cela manque de vigueur ! Je n’arrive pas à barrir. Je hurle seulement. Ahh, ahh, brr ! Les hurlements ne sont pas des barrissements : Comme j’ai mauvaise conscience, j’aurais dû les suivre à temps. Trop tard maintenant ! Hélas, je suis un monstre, je suis un monstre. Hélas, jamais je ne deviendrai rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer. Je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte ! (Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité ! (Il a un brusque sursaut.) Eh bien tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !
Quels sont les fonctions du monologue ?

D'après l'ami wikihow, "il s'agit moins d'un épisode de l'intrigue (même s'il doit toujours permettre la progression de l'intrigue) que de l'étude d'un personnage qui a lieu à voix haute. Les monologues sont parfois utilisés pour présenter certains personnages, alors que dans d'autres cas, ils permettront de donner la parole à un personnage taciturne pour changer la façon dont il est perçu par le public.

Le monologue est donc une façon d'approfondir son personnage, de lui donner de la complexité, de justifier un changement de caractère ou une prise de décision. De permettre un changement d'avis sans qu'il ne sorte de nulle part, une évolution dans sa réflexion : le personnage peut commencer le monologue dans une colère noire et finir hystérique par exemple. C'est la petite voix dans chacune de nos pensées qui parle à voix haute.

Mais un monologue ce n'est pas que à propos d'un personnage. Il peut aussi avoir une visée explicative, pour permettre au spectateur de connaître le situation.

Et comment ça s'écrit ?

Il n'y a bien sûr pas de règle immuable à l'écriture d'un monologue, comme pour tout texte, mais pour se simplifier la tâche, il est bon de se poser quelques questions avant de commencer à poser les mots.

Quelle est sa fonction? Dans quel état d'esprit est le personnage ? Que cherche-t-il à raconter ?

Il est presque bon de traiter le monologue comme une histoire dans l'histoire, avec son propre développement : un début, un milieu et une fin.
Avant de commencer l'écriture du monologue, il faut savoir d'où on part et où on va. Pour vous aider, vous pouvez au préalable rédiger la première et la dernière phrase

Pour le sport, on vous a fait un petit découpage exemple du monologue de Bérenger dans Rhinocéros :
la mise en place
Show
Ce n’est tout de même pas si vilain que ça un homme. Et pourtant, je ne suis pas parmi les plus beaux ! (Il se retourne.) Daisy ! Daisy ! Où es-tu, Daisy ? Tu ne vas pas faire ça ! (Il se précipite vers la porte). Daisy ! (Arrivé sur le palier, il se penche sur la balustrade.) Daisy ! Remonte ! Reviens, ma petite Daisy ! Tu n’as même pas déjeuné ! Daisy, ne me laisse pas tout seul ! Qu’est-ce que tu m’avais promis ! Daisy ! Daisy ! (Il renonce à l’appeler, fait un geste désespéré et rentre dans sa chambre.) Évidemment. On ne s’entendait plus. Un ménage désuni. Ce n’était plus viable. Mais elle n’aurait pas dû me quitter sans s’expliquer. (Il regarde partout.) Elle ne m’a pas laissé un mot. Ça ne se fait pas. Je suis tout à fait seul maintenant. (Il va fermer la porte à clé, soigneusement, mais avec colère.) On ne m’aura pas, moi. (Il ferme soigneusement les fenêtres.) Vous ne m’aurez pas, moi
l'état d'esprit de départ du personnage
Show
(Il s’adresse à toutes les têtes de rhinocéros.) Je ne vous suivrai pas, je ne vous comprends pas ! Je reste ce que je suis. Je suis un être humain. Un être humain. (Il va s’asseoir dans le fauteuil.) La situation est absolument intenable. C’est ma faute, si elle est partie. J’étais tout pour elle. Qu’est-ce qu’elle va devenir ? Encore quelqu’un sur la conscience. J’imagine le pire, le pire est possible. Pauvre enfant abandonnée dans cet univers de monstres ! Personne ne peut m’aider à la retrouver, personne, car il n’y a plus personne. (Nouveaux barrissements, courses éperdues, nuages de poussière.) Je ne veux pas les entendre. Je vais mettre du coton dans oreilles.
le doute
Show
(Il se met du coton dans les oreilles et se parle à lui-même dans la glace.) Il n’y a pas d’autre solutions que de les convaincre, les convaincre, de quoi ? Et les mutations sont-elles réversibles ? Hein, sont-elles réversibles ? Ce serait un travail d’Hercule, au-dessus de mes forces. D’abord, pour les convaincre, il faut leur parler. Pour leur parler, il faut que j’apprenne leur langue. Où qu’ils apprennent la mienne ? Mais quelle langue est-ce que je parle ? Quelle est ma langue ? Est-ce du français, ça ? Ce doit bien être du français ? Mais qu’est-ce du français ? On peut appeler ça du français, si on veut, personne ne peut le contester, je suis seul à le parler. Qu’est-ce que je dis ? Est-ce que je me comprends, est-ce que je me comprends ? (Il va vers le milieu de la chambre.) Et si, comme me l’avait dit Daisy, si c’est eux qui ont raison ? (Il retourne vers la glace.)
le développement
Show
Un homme n’est pas laid, un homme n’est pas laid ! (Il se regarde en passant la main sur sa figure.) Quelle drôle de chose ! A quoi je ressemble alors ? A quoi ? (Il se précipite vers un placard, en sort des photos, qu’il regarde.) Des photos ! Qui sont-ils tous ces gens-là ? M. Papillon, ou Daisy plutôt ? Et celui-là, est-ce Botard ou Dudard, ou Jean ? Ou moi, peut-être ! (Il se précipite de nouveau vers le placard d’où il sort deux ou trois tableaux.) Oui, je me reconnais ; C’est moi, c’est moi. (Il va raccrocher les tableaux sur le mur du fond, à côté des têtes des rhinocéros.)
la réalisation
Show
C’est moi, c’est moi. (Lorsqu’il accroche les tableaux, on s’aperçoit que ceux-ci représentent un vieillard, une grosse femme, un autre homme. La laideur de ces portraits contraste avec les têtes des rhinocéros qui sont devenues très belles. Bérenger s’écarte pour contempler les tableaux.) Je ne suis pas beau, je ne suis pas beau. (Il décroche les tableaux, les jette par terre avec fureur, il va vers la glace.) Ce sont eux qui sont beaux. J’ai eu tort ! Oh ! Comme je voudrais être comme eux. Je n’ai pas de corne, hélas ! Que c’est laid, un front plat. Il m’en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n’aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains.) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ? (Il enlève son veston, défait sa chemise, contemple sa poitrine dans la glace.) J’ai la peau flasque. Ah, ce corps trop blanc, et poilu ! Comme je voudrais avoir une peau dure et cette magnifique couleur d’un vert sombre, une nudité décente, sans poils, comme la leur ! (Il écoute les barrissements.) Leurs chants ont du charme, un peu âpre, mais un charme certain ! Si je pouvais faire comme eux. (Il essaye de les imiter.) Ahh, ahh, brr ! Non, ça n’est pas ça ! Essayons encore, plus fort ! Ahh, ahh, brr ! Non, non, ce n’est pas ça, que c’est faible, comme cela manque de vigueur ! Je n’arrive pas à barrir. Je hurle seulement. Ahh, ahh, brr ! Les hurlements ne sont pas des barrissements : Comme j’ai mauvaise conscience, j’aurais dû les suivre à temps.
le regret
Show
Trop tard maintenant ! Hélas, je suis un monstre, je suis un monstre. Hélas, jamais je ne deviendrai rhinocéros, jamais, jamais ! Je ne peux plus changer. Je voudrais bien, je voudrais tellement, mais je ne peux pas. Je ne peux plus me voir. J’ai trop honte ! (Il tourne le dos à la glace.) Comme je suis laid ! Malheur à celui qui veut conserver son originalité !
la résolution
Show
(Il a un brusque sursaut.) Eh bien tant pis ! Je me défendrai contre tout le monde ! Ma carabine, ma carabine ! (Il se retourne face au mur du fond où sont fixées les têtes des rhinocéros, tout en criant) Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !
Mise en pratique :

Ecrivez un monologue. Bon courage ! :clavier:

Encore et toujours la même blagounette :mrgreen: , mais bien sûr qu'on ne vous laisse pas comme ça !
Vous pouvez bien sûr écrire votre monologue comme vous le souhaitez, mais si l'inspiration vous manque, voilà ce qu'on vous propose :

Choisissez un des personnage si dessous et commencez et terminez votre dialogue avec la première phrase et la dernière phrase qui leur sont associées :

Adhara
Je n'arrive pas à croire qu'elle ait osé dire ça / Un jour, j'irai faire le tour du monde

Anhya
C'était sa musique préféré / Une autre coupe de champagne fera l'affaire

Ialona
J'ai même pas eu le temps de finir ma coupette / Au final tout le monde sait que la poule est arrivée avant l'oeuf

flodalys
Là j'ai vraiment pas d'idée / Avec un chapeau la vie est plus belle

Carminny
Soit n dans grand N./ En résumé, méfiez-vous des chats !

Norya
C'est quoi son problème? / Se promener en chaussettes c'est la classe ultime

Si cela ne vous inspire pas, soyez libre d'inventer votre propre scène ;)

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Dreamer
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par Dreamer » 19 nov. 2019 - 13:32

Je suppose que je ne l’avais pas dit avant, mais j’aime beaucoup lire les posts de chaque étape, avec vos petites explications, c’est chouette !
J’aimerais bien écrire (d’ailleurs une des propositions de phrases début/fin me plaît bien) mais j’ai absolument pas le temps :pluie:
It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

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Ialona
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par Ialona » 19 nov. 2019 - 13:59

Merci Dreamer :hug: Pas de problèmes, mais si ça peut te rassurer, ça n'a pas besoin d'être très long :D

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Pimy
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Re: Atelier Long Numéro 1 : Le Théâtre

Message par Pimy » 19 nov. 2019 - 23:22

J'ai lu silencieusement jusque là, et je trouve ça vraiment top ce nouveau format. J'étais pas trop convaincue par le premier thème parce que je n'ai plus lu de théâtre depuis la fin du lycée (sauf The Cursed Child), disons que ce n'est pas un genre qui m'attire naturellement. Et pourtant je me suis prise à lire tous les posts et c'est très très intéressant ! Donc merci pour le chouette travail :D
(et pour ce qui est des exercices, j'arrive pas à me motiver à écrire quoi que ce soit, donc je passe mon tour).

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