[Textes] Nuits du 28 septembre

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Samantha Black
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[Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Samantha Black » 28 sept. 2019 - 18:13

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !


Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre : 
Thème (écrit ou image) : 
Fandom : 
Nombre de mots : 
Personnages : 
Rating : 

N'oubliez pas que vous pouvez publier vos textes dans les séries dédiées aux Nuits :
- Sur le Héron :yipee:
- Et sur HPFanfic :yipee:

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Westyversionfrench » 28 sept. 2019 - 19:26

Titre : Désenchantement
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original
Nombre de mots : 606
Personnages : Rimka, Greta
Rating : Tous Publics
Rimka observa la petite barque sur laquelle prenait place son instructeur avec un air de dépit. Dans les récits que Gareth lui envoyait, il était question d’aventures, de contrées lointaines à découvrir, de peuples inconnus et légendaires et de solidarité et entraide à bord. La réalité pour lui serait moins épique. Comme la plupart des jeunes recrues demdunon, son apprentissage se déroulerait dans le port de Shavendred Lissiber, et ce, sur ce petit canot de fortune. Par chance, il y avait des rames et une voile, ce qui laissait croire qu’il serait initié aux manoeuvres assez tôt.

Pour son plus grand désarroi, il ne fut pas autorisé, le premier jour à faire autre chose que nouer, dénouer l’amarre et quitter le ponton puis s’y amarrer. Il passa le plus clair du jour avec d’autres nouveaux dans un bassin, à apprendre à nager convenablement. Il s’agissait d’une prérogative de leur nouveau statut. Ce qui distinguait la flotte demdunon des autres flottes de Nesshi, c’était son professionnalisme. Tout le monde devait savoir nager, tout le monde devait pouvoir rester longtemps en apnée, et tout un tas d’autres prouesses que Rimka n’avait d’abord pas envisagées. Après avoir passé cinq ans dans un monastère, il devait bien admettre être un peu rouillé.

Lorsqu’à l’issue de son cinquième jour on l’autorisa à toucher à la voile, il soupira de soulagement. Enfin, les choses sérieuses commençaient. Ils étaient trois apprentis et un formateur par canots. Dans son équipe, il y avait une jeune fille qui ne devait pas avoir plus de quatorze ans et un homme d’une quarantaine d’années. Ils avaient un drôle d’air tous trois avec leur formateur avoisinant la trentaine. Pourtant, tous les groupes autour d’eux dans leurs barques étaient aussi dissemblables. Chez les demdunon, la différence était perçue comme une force. En ayant des équipages tous plus variés les uns que les autres, ils s’assuraient d’un équilibre et de ressources décuplées pour partir à la conquête du monde.

Alors qu’il hissait la voile pour la troisième fois, les muscles de trois paires d’épaules gémissant sous l’effort, la fille l’interpella sans se soucier de l’autorité à bord :
“Tu t’y prends mal. Il faut que tu prennes appui sur tes jambes et que son corps serve de balancier.” Elle mêla le geste à la parole et sans effort apparent, releva la voile en trois poussées là où il lui en avait fallu six et elle n’avait que deux bras. Le formateur, pourtant tout près, la laissa faire, trop occuper à faire tenir la barre correctement au doyen du groupe. Comme il hésitait à répondre, elle soupira :
“Crois-moi. J’ai grandi ici. ça fait plusieurs années que je fais ça. Mais je ne pouvais pas obtenir ma mention de mousse avant d’avoir douze ans. Douze ans, c’est l’idéal pour être mousse.” Rimka hocha la tête et s’exécuta à nouveau. Le conseil était clairement bon, et s’il n’avait pas l’aisance de la gamine, il nota un progrès certain. Il lui souffla un merci réticent auquel elle répondit par un sourire :
“Je suis Greta.
-Rimka.” Ils se serrèrent la main mais alors l’instructeur se tourna vers eux.
“Vous copinerez au pub plus tard. Il nous reste les jeters d’ancre à voir aujourd’hui, et croyez moi, nous manquons de temps.” Greta leva les yeux au ciel mais obéit. Rimka avait déjà remarqué que les demdunon étaient très peu enclins à la rébellion. Cela étant en grande partie dû au fait qu’ils venaient s’instruire volontairement dans la capitale. Il se demandait si c’était la même chose pour ceux qui naissaient ici. Avant de se rendre à Shavendred, il ne s’était jamais attendu à trouver des familles entières.
Serpentard de Cœur :sadik: , Serdaigle Secret :clavier: , Gryffondor Refoulé :superman: , Poufsouffle à Souhait :hug: !

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Roxane-James1
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Roxane-James1 » 28 sept. 2019 - 19:28

Titre : Le dernier voyage
Thème (écrit ou image) : écrit + image
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : Victoire Weasley/Louis Weasley/Dominique Weasley
Rating : Tout Public
Ils ont les doigts gelés et les lèvres gercées. Une couche de terre s’est incrustée sous leurs ongles. Leurs cheveux blonds flottent dans la brume, tel un voile qui étourdirait le ciel livide. Leurs vêtements sentent le feu de bois et les cendres du passé. Ils sont seuls, loin de tout, loin de tous. Seuls face à eux-mêmes pour la première fois. Seuls, et heureux.
Victoire, Dominique et Louis.

L’onde frissonne sous la barque. Les sangles de leurs sacs à dos compriment leurs épaules. Leur peau rougit sous la caresse du vent. Un sourire écrase leurs lèvres, plus grand encore que les poissons qui sillonnent le cours d’eau. Victoire sent renaître en elle cette flamme longtemps oubliée. Elle jaillit dans ses veines tandis qu’elle contemple les feuilles mordorées, vertes, argentées qui virevoltent avant de glisser sur la surface du fleuve. Des cercles concentriques lèchent l’eau noire. Ici, avec Dom et Louis, elle revit.

Oublié, Teddy. Oublié le poids qui lui écorchait la bouche. Oubliée la saveur du mensonge et les grandes espérances. Ne reste que le bonheur, son odeur acidulée et fraîche qui se mêle au parfum des grands chênes. Dans ce pull trop grand, dans cette barque instable, Victoire sent renaître les racines qui la relient à la vie. Elle se sent femme, entière et indépendante. Elle n’a pas besoin d’exister au travers de cet homme qui lui faisait de l’ombre. Elle existe par elle-même, seule, de tout son corps et de toute son âme. Elle existe comme nul autre n’a existé avant. Et elle sourit.

C’est la première fois que Louis ne redoute pas le silence qui accapare ses sens. Ses oreilles ne font peut-être plus la distinction entre le chant d’un oiseau et le souffle du vent, mais ses yeux voient plus qu’ils n’ont jamais vus en dix-sept ans d’existence. Sur le papier granuleux et humide qui a longtemps séjourné dans son sac à dos, sa mine de charbon danse pour retranscrire le chef-d’oeuvre que la nature offre à ses yeux. Sur sa langue, le bonheur rose dépose le goût du sucre et de la liberté. Sous ses pieds, le monde tangue pour mieux se dessiner.

Dom est penchée sur l’onde noire, ses pieds blancs plongés dans l’eau glaciale. De son mal-être et du sang qui ruisselait dans sa poitrine, ne reste que des cicatrices qui, peu à peu, s’évaporent. Le froid a redonné de la vie à ses joues.

Ils sont seuls tous les trois, seuls dans cette nature ardente, et ils renaissent. Demain, ils mourront de bonheur, leur rêve enfin achevé.
Image

Ici, la perfection est naine :mrgreen:

En Mars, on lit Jane Austen ?

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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par The Night Circus » 28 sept. 2019 - 19:29

Titre : After the tempest
Thème (écrit ou image) : Audition
Fandom : Original
Nombre de mots : 313
Personnages :
Rating : Tous Publics
This was a new era. It had to have changed, hadn't it ?
The Times said so, The Guardian said so, BBC news said so, the Daily Mail said so, everybody on talkshows said so.

The time of leering producers, staring at each inch of her flesh as though she had been a piece of meet was gone, with their lips wet from those cringing slips of their tongues, their hawk-like eyes closing on her like a prey, their hands roaming freely on her body, lingering in places they shouldn't be, for the sake of re arranging a costume they obviously wanted to rip out.

« I think the character of the father should raise her skirt to show of her legs and rearrange her corset to enhence her boobs.
-But he is her dad !
-Yes but he wants to sell her to the prince.
-No, he wants to marry her to the prince.
-Don't be so naive Sweetie. We just want to show how unbalanced and toxic this family is.
-But that's not in the script.
-That's our interpretation, and it is a great one. Just do what you're told. You'll understand once you see it in the cinema.

And this was going on, and on, and on, until she went to work or auditions with a constent disgust in the pit of her stomach.

But it would be different now. There had been the Weinstein scandal, the meetoo mouvement, and we couldn't go back to where things were.

She cautiously entered the audition room.

The faces were new ; less lined ; the hair was darker, the smile brighter and more innocent, but she felt her stomach fall before she could even register the glint in their eyes.
The hawk-like stare was still there, untouched by the false smile.
They hadn't learn that what happened was wrong. They only learnd caution.
Dernière modification par The Night Circus le 28 sept. 2019 - 19:48, modifié 1 fois.
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Iphigenie Nasty
Elève de troisième année
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Iphigenie Nasty » 28 sept. 2019 - 19:39

Titre : Quitter le nid
Thème : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 336
Personnages : Minerva Mcgonall
Rating : TP
Voilà, maintenant c’est terminé pour de bon. Bien sur qu’elle est heureuse d’avoir reçu sa lettre de Poudlard, elle deviendra une grande sorcière. Ça ne fait aucun doute. Mais qu’en est-il de ce monde auquel elle s’était tant attachée, sur lequel elle avait parsemé tant de souvenirs.
L’été touche à sa fin et la futur élève, assise en tailleur, le dos droit face au lac qui l’avait vu grandir, regarde le temps s’écouler lentement. Si lentement qu’il aurait pu s’arrêter, et personne ne s’en serait aperçu.
Dans son dos s’étendait une immense plaine qui menait tout droit vers la chaumière de ses parents. Cette plaine, elle en avait parcouru chaque centimètre, elle avait trébuché dans toutes les bosses formées par les blaireaux, elle avait cueilli autant de bouquet de fleur qu’il y avait eu de jour de printemps dans sa petite vie.
Et ce lac, la première fois qu’elle s’en était approché, c’était avec son père sur la barque. Elle avait eu tellement peur de l’eau qu’il n’avait pas pu quitter la berge. Maintenant elle grimpait seul sur l’embarcation et la faisait avancer par la force de son esprit, mais c’était là son petit secret bien gardé. Elle n’avait jamais vraiment compris comment elle faisait d'ailleurs, mais l’incompréhension avait laissé place à la fascination, cette sensation unique lorsque la magie opère son enchantement et qu’une jeune âme dégage ses premiers soubresauts de magies.
Poudlard serait sa nouvelle maison, les terres familiales écossaises allait laisser place à d’autres terres, moins connues, moins confortables et bien plus empreintes de magie. Sera-t-elle acceptée là bas? Découvriront-il que son sang n’est pas aussi pur qu’elle l’aurait voulu? Et si ses pouvoirs se limitaient à faire avancer des barques, si elle ne montrait aucun talent…
Ça suffit ! A l’aube d’un changement si grand dans sa vie il n’y avait plus de place pour l’angoisse. C’est une nouvelle ère qu’elle abordera fière, forte et conquérante.
Que Poudlard se prépare car Minerva Mcgonagall saisit sa baguette et la tant vers son avenir!
"Or perhaps in Slytherin
You'll make your real friend,
Those cunning folk use any means
To achieve their ends"

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Caroliloonette
Première Moldue à Poudlard
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Caroliloonette » 28 sept. 2019 - 19:53

Titre : Des envies d'evasion
Thème (écrit ou image) : les deux
Fandom : Original
Nombre de mots :
Personnages : Emma
Rating : Tout public
Ses parents la regardaient comme si elle était folle. Ils ne comprenaient pas son affection pour la pêche à la ligne. C'était son grand-père maternel qui avait transmis sa passion à Emma. Papyli comme elle l'appelait affectueusement. Il s'appelait en réalité Louis mais la jeune Emma avait eu des difficultés d'élocution et Papy Louis s'était transformé en Papyli. Du haut de ses vingt ans elle n'avait jamais songé à l'appeler autrement.

Petite c'était un honneur pour elle d'accompagner son grand-père à la pêche. Ils partaient tôt le matin, sur la barque, ils rejoignaient le centre du lac qui se trouvait en bas de leur maison.Emma se sentait privilégiée car son frère et ses cousins n'avaient pas le droit à ce traitement de faveur. Elle se faisait toute petite et observait son Papyli. Elle rigolait doucement en voyant son visage se transformer sous la concentration lorsqu'il accrochait un ver de terre a l'hameçon. Puis il lui avait enseigné tout ce qu'il connaissait sur la faune et la flore de ce lac. Emma buvait les paroles de son grand-père. Et la première fois qu'il lui fit tenir la ligne se fût une révelation pour Emma. Elle se montra très fière lorsqu'elle attrapa son premier poisson. Il était petit mais ce n'était pas grave, elle avait tout de même réussi.

Désormais Papyli n'était plus de ce monde. Si la mère d'Emma ressentait le besoin de garder la tombe de son père parfaitement fleurie, c'est en pêchant au milieu de son lac favori qu'Emma lui rendait hommage régulièrement.

Emma venait d'entamer sa deuxième année de médecine dans la grande ville la plus proche. Elle vivait en cité universitaire où s'entassaient des centaines d'étudiant.es. Elle ne parvenait pas à se faire au bruit de la ville, à ces couloirs de la cité U bruyants de jour comme de nuit. Alors lorsqu'elle rentrait le week-end chez ses parents elle appréciait retrouver le calme et la tranquilité de leur maison au bord du lac. Et par-dessus tout elle adorait s'évader sur la barque, qui était devenue la sienne, pour pêcher ou alors simplement s'allonger pour écouter la nature vivre autour d'elle.

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Mathy
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Mathy » 28 sept. 2019 - 19:54

Titre : Balade
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : Original
Nombre de mots : 493
Personnages : Laura, Pêcheur, Personnage principal, Marie
Rating : Tout public
Les portes de la voiture claquent, j’entends le bavardage des filles et le bruit du vent slalomant entre les arbres. C’est une belle journée d’été. Il fait beau, première journée après une semaine ou régnait la pluie.

Après la fin des préparatifs, nous nous lançons sur le chemin de randonnée. Entre 30 et 40 minutes de marche sont nécessaires pour arriver au lac. Nous avons vu plusieurs voiture garées mais nous ne croisons personne.

La montée se fait tranquillement, attention aux cailloux, attentions aux branchages tombés récemment. Pas après pas, je sens mon cœur accélérer, mon corps se réchauffer, mes articulations se dérouiller. Je me sens bien, fière de me lancer dans cette activité. Oublié mon surpoids même si voir les filles devant moi me gène un peu. J’aimerais aller plus vite, aller à leur rythme. Assez ! Je me focalise sur là où je suis, sur ce que je fais et non plus sur des possibilités.

Enfin ! Laura se retourne après une côte et me sourit, ça semble être la dernière. Lorsque j’arrive, je vois le lac apparaître peu à peu derrière les arbres. Je vois la lumière se refléter sur sa surface paisible. Je vois le feuillage des arbres onduler mais plus doucement qu’en aval. Et surtout, je me sens bien : essoufflée, transpirante, fatiguée mais fière, sereine et heureuse. Je l’ai fait !

Nous continuons le chemin jusqu’à arriver à une berge dégagée. Et là, au centre de ce lac, solitaire, nous découvrons un pêcheur. Cela forme un cadre majestueux : lui debout dans sa barque focalisé sur les tréfonds du lac, l’eau émeraude et silencieuse, entourés d’une forêt, encore fleurie de quelques arbres tardifs, des tons blancs, verts et marrons. Une vision à graver en mémoire pour les jours anxiogènes.

Je m’assoie à même le sol, les filles ont arrêté de parler. Nous observons ce tableau vivant entre la ligne de la cane qui glisse sur l’eau, les arbres semblant frémir et la vie nous entourant. Elle passe des chants d’oiseaux, aux petits poissons au bord de la rive, sans oublier les fourmis et autres insectes outrés de notre installation impromptue.

Je profite.

Juste être là, apprécier chaque seconde et ne plus penser aux soucis tourbillonnant autour de moi. Que ferais je à la place du pécheur ? Je suis tellement impatiente. Les filles semblent avoir disparues. Il ne reste que moi, lui et la forêt.

Les rayons du soleil, passant au travers de rares nuages immaculés lui éclairent les eaux, le guidant dans sa recherche. Il est si concentré que cela me fascine. A le voir bouger millimètre par millimètre, je m’immobilise inconsciemment, le prenant pour exemple. J’aimerais rester là encore et encore. Juste l’observer et penser dans le calme.

La réalité me rattrape, ma bulle éclate. Une secousse sur l’épaule et un sourire d’excuse de Marie : il faut partir. Au revoir inconnu, que votre recherche soit fructueuse et merci de m’avoir transmis un peu de votre sérénité.
Sois toi même et avance !
:superman:

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Louve_Ebain
Elève de première année
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Inscription : 20 janv. 2018 - 20:47

Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Louve_Ebain » 28 sept. 2019 - 19:57

Titre : Plat en sauce
Thème (écrit ou image) : Audtion
Fandom : HP
Nombre de mots :
Personnages : Victoire Weasley
Rating : Tout Public
Victoire attendait patiemment les résultats. Brillante jeune femme elle avait passé avec succès les trois premières épreuves, mais celle-ci lui avait paru plus compliquée.

Bien sûr qu'elle savait chanter, évidemment qu'elle pouvait danser, mais faire les deux à la fois en préparant un plat en sauce, c'était déjà très étrange et puis plutôt complexe quand-même.
Elle eut un mince sourire quand elle entendit un vacarme dans la pièce d'à côté, apparemment sa concurrente n'était pas en meilleure posture.

Victoire ferma les yeux un instant, elle avait tout quitté pour venir ici, à Paris passer ces auditions, sa sœur si fragile, son frère aux allures de roi, ses amis et cousins et puis … Teddy.
Elle avait laissé Teddy à son concours de droit international magique, un instant elle imagina qu'ils soient pris tous les deux. Qui allait abandonner ses rêves pour l'autre ? Peut-être aucun des deux … Elle eux un pincement au cœur qui se transforma en trou béant quand elle repensa à la réaction de son père quand elle lui avait parlé de ses projets.

Il l'avait mise dehors, rien de moins. Il avait claqué la porte en hurlant. Sa mère suppliante avait tenté de changer les choses mais Victoire était restée seule devant la porte, le visage ravagé de larmes et l'esprit empli d'une haine toute neuve envers son père. Il lui avait dit qu'il avait honte, honte d'avoir une fille qui ne se respectait pas, honte de voir ce qu'elle voulait montrer au monde, honte d'elle tout simplement. Il lui avait dit de partir si elle ne changeait pas d'avis, de s'en aller de cette maison et de ne pas y revenir.
Et il avait claqué la porte, sans retour en arrière possible.

Un deuxième fracas fit sursauter Victoire, elle se demanda quel plat en sauce les professeurs étranges avaient demandé à la jeune fille qui passait après elle, mais il semblait à Victoire qu'être Française ne suffisait pas à être une bonne cuisinière. Elle revit sa mère au-dessus des fourneaux et Dominique de mangeant rien. Elle se demanda un instant si ses rêves valait le coup, si son choix était le bon. Elle revit sa main prête à frapper à la porte, à demander pardon.

Mais sa décision était prise depuis longtemps et qu'importe que son père ne la comprenne pas, il ne comprenait plus grand chose à présent, ni les tourments de Dominique ni la lassitude de sa mère.

La porte s'ouvrit et une jeune Française les joues pleines de larmes s'en alla en courant. Victoire se leva, accompagnée de la douzaine de jeunes femmes présentes dans la salle d'attente. Toutes, le regard avide de savoir, toutes, rongées par l'angoisse de ne pas être sélectionnée.

Victoire sortit de l'immeuble, blanche comme un linge, tout ça pour ça, elle n'avait même pas été prise, sa vue se brouilla un instant quand elle pensa à tous les sacrifices qu'elle avait faits pour un résultat si médiocre. Peut-être qu'il fallait renoncer, peut-être que c'était idiot.
Une main vint alors s’accrocher à la sienne, elle leva les yeux et croisa le regard de Teddy. Son coeur sursauta puis s'emballa.

- Finalement il y a plein d'écoles de droit ici aussi Victoire. Et puis, je suis certain qu'il y a aussi plein d'autres d'auditions, tu vas voir ça va aller.

Victoire eut un sourire, bien sur que ça allait aller, elle s'appelait Victoire après tout, et à eux deux, ils étaient capables de tout.

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Tiiki
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Tiiki » 28 sept. 2019 - 19:59

Titre : Le bruit de la mer
Thème (écrit ou image) : Audition
Fandom : HP
Nombre de mots : 602
Personnages : George Weasley
Rating : /
Lorsqu’il se tait, George a l’impression d’entendre la mer. Comme lorsque, enfant, on colle un coquillage à son oreille et on a l’impression que les flots s’écrasent contre notre pavillon tandis que l’eau remonte avec ardeur le long de notre conduit auditif, pour s’arrêter juste avant le tympan, avant de se retirer avec paresse dans un silence lourd d’émotions. C’est amusant lorsqu’on est enfant.

De son oreille droite, George entend le fracas des vagues contre les récifs de sa vie, et la houle roule autour du rocher qu’est devenu son cœur.
Il écoute l’écoulement du temps et de l’eau, et il est soudain pris d’un mal de vivre. C’est la nausée et c’est l’angoisse, insupportable, d’être celui qui reste. Comme si la marée avait emporté avec elle ses souvenirs de gosse et son enthousiasme adolescent, et ça lui laisse un goût de vase au fond de la bouche.

Les Autres lui disent parfois : « Tu ris moins, George ». Et lui ne leur répond pas, faisant mine de ne pas les avoir entendus, parce que cela ne sert à rien de raisonner ceux qui ont choisi de faire les sourds. Il fait semblant de ne pas les entendre… Mais comment ne pas les entendre ? Comment ne pas leur déverser à la gueule tout le dégoût qu’ils lui inspirent ?

Comment voulez-vous rire quand l’écume dévore la crique fleurie de vos adolescences ? Ses joues ne sont peut-être pas humides, ses yeux sont peut-être secs, mais comment continuer à rire lorsque sous nos paupières il pleut des cascades de souffrance ?

Lorsqu’il se tait, George a l’impression d’entendre la mer. Comme lorsque, enfant, il collait les coquillages à son oreille. Mais il n’est plus un enfant depuis longtemps. Depuis Poudlard ou depuis la Guerre. Ou peut-être après. Il ne sait plus. Il vomit le monde tout entier quand la mer fait mine de lécher son visage tout entier, car il a l’impression qu’elle l’a trahi. Il y a ces salissures dans le pli de son oreille, et il aime à penser que c’est le sable qu’elle n’est pas parvenue à lui dérober. Il y a ce goût de sel qu’il sent presque sur ses lèvres, agréable d’abord, puis écœurant lorsqu’il a l’impression que tous les marais salants du monde se sont mis à danser sur son palais. Il se dit qu’il devrait mettre les voiles. Qu’il aurait dû mettre les voiles depuis longtemps. Et parfois il y a Angie, Angie et ses sourires nostalgiques, Angie et ses silences qui lui font dire qu’elle le comprend, Angie et ses joues rougies, Angie et le fantôme de Fred, et il a l’impression de ne plus être seul.

Il écoute attentivement le bruit de l’eau, et il a l’impression qu’elle s’infiltre dans ses poumons et qu’elle va finir par le noyer. Il veut tellement qu’elle finisse par combler le trou béant laissé depuis trop longtemps dans sa poitrine. Il entend les vagues déferler et il se refuse à pleurer. Résolu, il veut juste se laisser engloutir, se laisser totalement avaler.

De son oreille droite, George a l’impression d’entendre la mer.

De son oreille gauche, il n’entend plus rien.

Son oreille gauche est morte, comme son jumeau, et ils ne reviendront pas.

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popobo
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par popobo » 28 sept. 2019 - 19:59

Titre : In the hall of the mountain king
Thème (écrit ou image) : Audition
Fandom : original
Nombre de mots : 271
Personnages : oc
Rating : -

Thomas était stressé. Il faisait les cent pas dans le couloir en tentant de calmer son rythme cardiaque. Sa guitare à la main, il se devait de ne pas trembler. Son tour allait arriver. Sur sa convocation, était noté 10h40. Il ne lui restait plus que trois minutes avant de passer la porte.

Son audition du jour n’avait pas un enjeu énorme, mais le jeune adolescent ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. Son prof de musique organisait des auditions d’entraînement deux fois dans l’année, pour justement préparer ses petits prodiges à gérer le stress et les enjeux de leur futures et plus sérieuses épreuves.

A seize ans, Thomas passait pour la deuxième fois seulement le test improvisé de son professeur. Il savait déjà à quoi s’attendre. Pour autant, il ne pouvait pas se présenter à son audition avec désinvolture et légèreté. Il prenait l’épreuve très au sérieux avec beaucoup d’importance.


- Thomas, nous allons vous faire écouter « In the hall of the Mountain king », une merveilleuse épopée d’Edvard Grieg.

Thomas n’avait jamais entendu ce titre, pourtant dès la première note, il retrouva son sourire et réussit légèrement à se détendre. Il avait déjà entendu cette musique. Il ne savait plus où, si c’était dans un film ou dans une pub mais l’orchestre le faisait, d’une certaine manière, voyager.

Ses doigts sur les cordes de sa guitare, il oublia un instant qu’il se trouvait face à son professeur dans une salle de cours et ferma les yeux pour se concentrer vers l’antre du roi de la montagne.

Les notes se succédaient alors qu’il s’inventait des voyages imaginaires à travers le monde.

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Wapa
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Wapa » 28 sept. 2019 - 20:03

Titre : Perdue
Thème (écrit ou image) : Audition / Image du lac
Fandom : original (calendrier ?)
Nombre de mots : 516
Personnages : /
Rating : TP
L'imposante jeep qui m'a prise en stop me dépose au milieu de nulle part. Des séquoias à droite. Des séquoias à gauche.

- C'est tout au bout, vous ne pouvez pas vous tromper, il y a un lac.

J'observe le chemin de terre humide qui se perd parmi les arbres. Le brouillard rend les contours indistincts. Dans quelle galère me suis-je encore embarquée ? Indécise, je suis à deux doigts d'abandonner lorsque mon chauffeur enclenche sa marche arrière pour faire demi-tour. Un crissement de pneus. Un dernier coup de klaxon. Il est déjà loin.

Je soupire. Seule. Dans cet endroit perdu. Vérifiant mon téléphone, je ne suis même pas surprise de constater qu'il n'y a aucun réseau. Vous pouvez compter sur la technologie pour vous faire faux-bond dès que le contexte est un tant soit peu anxiogène. J'espère que l'américain ne s'est pas trompé en m'indiquant la direction parce que je peux toujours courir avant qu'une autre voiture passe par ici. Traîtresse l'humidité commence à me gagner, s'insinuant sous mon blouson, chatouillant le bas de mon dos. Je réprime un frisson. Après un dernier regard septique aux alentours, je quitte le goudron rassurant de la route pour m'enfoncer dans la forêt. Régulièrement, mes bottines butent sur des pierres mais la marche a le mérite de me réchauffer. Qui habite donc dans un tel endroit ? A des kilomètres de toute habitation, de tout commerce. Faut-il avoir un goût prononcé pour la solitude. Ou un secret bien sombre. Si je tombe sur la demeure d'un psychopathe, je suis foutue. Personne ne sait que je suis ici. Excepté le chauffeur bien entendu mais il ne s'inquiétera pas de ma disparition. Peut-être aurais-je dû prévenir quelqu'un ? Enfin, le scénario catastrophe aura lieu si je trouve effectivement la maison du dit-psychopathe puisque pour l'instant rien ne se profile à l'horizon.

Accélérant le rythme, je me demande ce que je vais pouvoir faire si je ne retrouve pas les lieux. Ce n'est pas comme si je pouvais demander mon chemin à un quelconque promeneur ou joggeur. Alors que je commence à réfléchir sérieusement à la question, le dernier embranchement me conduit à... un lac. Enfin. Alors que le ciel était jusqu'à présent d'un gris maussade, un discret rayon de soleil vient caresser l'eau sombre entourée de végétations. Sur une vieille barque, un pêcheur. M'apercevant, il me fait un signe de la main et je lui retourne, intimidée. Dans un léger vrombissement, il rejoint rapidement la berge. Se hissant sur le ponton, il se dirige d'un pas vif vers moi. Les épaules larges. Le visage buriné. Les yeux plissés dans une muette interrogation face à l'inconnue que je suis.

- Bonjour, j'ai appelé hier. Je viens pour la petite annonce. Celle pour le vieux monsieur.
- Ah parfait ! me répond-il d'un ton bourru. Venez, je vais vous présenter. Mais je vous préviens, il est un peu dur de la feuille.
La vie n’est qu’un instant

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par BellaCarlisle » 28 sept. 2019 - 20:03

Titre : Oser
Thème : Audition
Fandom : X-Men
Nombre de mots : /
Personnages : Jean Grey
Rating : Tout public
Les poings serrés, le cœur battant, Jean sent la peur l'envahir. Elle devrait être plus calme, garder le sourire et affronter le jury la tête haute. Ses émotions ne sont toutefois pas en accord avec ses pensées et elle craint le moindre petit débordement. Une partie d'elle possède encore ce brin d'optimisme qui la pousse à ne pas fuir les coulisses tandis que l'autre, plus soucieuse, lui souffle de ne pas commettre l'erreur de se croire aussi commune que toutes ces filles qui l'entourent. C'est Scott qui lui a conseillé de tenter sa chance pour sortir de son quotidien pesant à l'Institut et elle regrette d'avoir suivi les paroles de son meilleur ami. Cet endroit n'est pas fait pour elle, il faut plus d'ambition qu'une simple volonté d'être une personne comme les autres, il faut une détermination sans faille qu'aucune peur ne peut ébranler. Elle n'a rien de tout cela, elle est encore fragile depuis son combat contre Apocalypse même si sa mutation, elle, ne cesse de croître.

« Jean Grey. »

La rousse franchit le rideau qui la sépare de la scène, croisant au passage le regard encourageant d'une autre candidate. La mutante n'a jamais participé à une audition, elle ignore si le stress qui grandit en elle est une bonne chose ou non. Dans sa tête tourbillonnent déjà les réflexions des membres du jury et une nouvelle anxiété apparaît. Elle voudrait pouvoir créer une bulle autour de son don afin de ne pas percevoir les interrogations muettes de ces hommes et femmes qui patientent. L'un s'agace de constater son immobilisme et elle se décide alors à agir.

Avec des gestes lents qu'elle espère gracieux, Jean se met à danser. Elle ferme les yeux en se laissant porter par ses sentiments, visualisant tous les événements qui ont conduit à ce jour. Peu importe sa réussite, peu importe son échec. Elle le fait pour Scott, pour tous les mutants qui n'osent pas se mêler à la société. Et enfin, elle le fait pour elle, avec l'espoir de sortir de l'angoisse qui est devenue sa plus fidèle compagne.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par AliceJeanne » 28 sept. 2019 - 20:04

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Audition
Fandom : Underworld - UA
Nombre de mots : 1046
Personnages : Mark (OC) et Lucja (OC)
Rating : /
La voûte sophistiquée composant le plafond du grand conservatoire était piquetée d’étoiles d’un argent lumineux, rendant plus clair qu’une pleine enneigée, le vaste fond bleu nuit sur lequel elles dansaient en chaos ordonné. D’immenses arcades partaient de son sommet pour venir mourir quelques mètres plus bas, sur les flancs de colonnades de marbre ambré, si lisses qu’elles semblaient inondées par les flammes des nombreuses bougies, agencées en bouquets, qui s’y reflétaient lascivement. Le tapis, posé sur le sol comme une pelouse moelleuse, semblait ne connaître aucune fin et était délicatement filé de nervures incandescentes. Des bancs de bois, simples et majestueux, siégeaient de part à d’autre de l’allée centrale, tournant le dos à de nombreux petits salons, nichés dans les renforcements des murs en pierres millénaires. Il y régnait un assourdissant silence, tranché par l’unique couinement des roues d’un fauteuil roulant.

Mark avait tenu à l’accompagner et avait insisté sur ce fait jusque tard dans la nuit. Lucja n’avait eu d’autre choix que d’accepter. Les mois s’étaient écoulés depuis ce concert au grand palais qui avait fait ressurgir les souvenirs oubliés de la jeune-fille et marqué le tournant de sa relation avec Mark. L’unique pièce qui les abritait jusque là avait été abandonnée au profit d’un appartement dans un quartier douteux mais discret et le matelas miteux sur lequel ils avaient toujours dormis avaient cédé sa place à un lit, seul véritablement meuble de leur nouvelle demeure. Mark se frottait encore quotidiennement les yeux, le petit bout de bonheur qu’ils touchaient du doigt ne pouvait être réel après tant d’années de servitude et de terreur. Mais pourtant, chaque matin, alors qu’il soulevait les paupières avant de vivement les refermer, aveuglé par les premiers rayons du soleil, Lucja dormait à ses côtés, les yeux clos, le visage serein, sa peau chaude contre la sienne. Leur premier baiser, maladroit et spontané à l’arrière d’un taxi lui paraissait bien loin, et pourtant il éprouvait encore des difficultés à accepter qu’elle soit avec lui.

L’écho de la respiration saccadée de la jeune-fille se répercuta contre les murs, le tirant de ses songes. Lucja serra fébrilement son instrument contre elle, le premier véritable cadeau qu’il lui ait fait. Le contact du bois, qu’elle caressait au travers de l’étui qu’elle avait entre-ouvert, la rassurait et l’aidait à faire abstraction de la petite foule qui se pressait devant la colossale porte en bois qui les séparaient de l’auditorium. Les musiciens présentaient tous la même majesté et elle se sentait étrangère, vêtue de son jeans et de sa blouse blanche, ses courtes boucles ébènes difficilement disciplinées par une petite lanière et son seul regard d’un argent pur, comme ornement.

«Je n’aurais jamais dû venir, souffla-t-elle à Mark qui pressait tendrement sa main dans les siennes depuis qu’on lui avait recommandé de s’asseoir, l’attente étant longue.
- Tu as raison, répondit-il avec amusement, contre toi, ces pauvres bougres n’ont aucune chance. Ce n’est vraiment pas fair-play de t’être présentée.»

Lucja esquissa un léger sourire. Nul doute qu’elle se serait déjà enfuie si Mark n’avait pas été à ses côtés, trop indisposée par cet environnement étranger dans lequel elle se sentait de trop.

«Sincèrement, murmura-t-elle, qui suis-je pour prétendre avoir la moindre chance?»

Le jeune-homme haussa les épaules, lassé de son discours défaitiste avant de reprendre sa consciencieuse exploration du dos de la main de son amie, effleurant chaque centimètre de sa peau du bout des doigts.

«J’étais peut-être bonne avant, reprit-elle. Si tel était le cas, je n’en ai aucun souvenir. Et... ce n’est pas parce tout me semble si naturel que je vaux vraiment quelque chose. La musique est un art qui demande beaucoup de discipline et je ne crois pas en avoir jamais eue.»

Mark reposa doucement sa main sur son genou et plantant son regard dans celui de la jeune-fille qui tremblait de doute devant lui.

«Ta mémoire ne se souvient peut-être pas, mais ton corps, si. Tu es faite pour ça Lucja. C’est une évidence. Alors cesse un peu de réfléchir et joue.
- Et si j’échoue?
- Alors tu t’entraîneras davantage jusqu’à ce que ta confiance et ta pratique soient suffisantes.
- Cela peut prendre du temps.
- Nous sommes immortels, ce n’est pas cela qui nous manque.
- Parfois, si.
- Ne joue pas sur les mots, garde cette agilité pour le moment où tu devras faire valser ton archer.»

Lucja acquiesça, Mark ne plaisantait plus. Son visage, d’ordinaire si serein était barré d’une expression de mécontentement. Il avait horreur qu’elle doute d’elle-même, plus encore, qu’elle émette la moindre opinion négative sur sa personne. Et pourtant, il n’était certainement pas le plus assuré des deux. Il lui avait fallu du temps pour accepter l’affection que la jeune-fille lui portait, encore plus pour envisager qu’elle puisse souhaiter davantage qu’échanger des banalités avec lui et il ne parvenait pas encore à totalement intégrer qu’elle puisse le désirer. Lui, qui était incapable du moindre pas. Lui, qui la ralentissait dans tous ses mouvements. Lui, qui était constamment dépendant du bon vouloir des autres.

«Mark.»

La voix enrouée d’anxiété de Lucja résonna faiblement à ses oreilles.

«Mark! insista-t-elle devant son manque de réaction et son sourire béat. C’est à moi.»

Le jeune-homme lui lança un regard vertical, sondant chaque partie de son être comme s’il la voyait véritablement pour la première fois, avant de lui tendre son violoncelle qu’elle avait finalement posé contre son fauteuil.

«Je veux que tu m’accompagnes, chuchota-t-elle d’une petite voix, tandis que deux hommes en costume la pressait de les suivre.
- Je ne peux pas, répondit-il avec un sourire désolé, mais je t’attendrai juste derrière la porte. J’entendrai parfaitement ta prestation.
- Je ne suis pas certaine d’y parvenir si...
- Tu n’auras qu’à faire comme si j’étais juste en face de toi, la coupa-t-il en lui caressant la main. Ignore la porte. Tout ira bien.»

Lucja opina, peu rassurée mais désireuse de lui faire confiance. Hésitante, elle se baissa pour se retrouver à sa hauteur, ignorant les soupirs agacés qui sifflaient dans son dos, et caressa sa joue mal rasée avec tendresse. Un dernier regard acheva de la convaincre et elle déposa un baiser furtif sur sa joue avant de suivre les deux hommes, son instrument serré au plus près d’elle.

Mark l’observa marcher avec admiration. Chaque opportunité ouvrant les portes de la paix était à saisir.
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Mathy
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Mathy » 28 sept. 2019 - 20:20

Titre : L'eau et la lumière
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original
Nombre de mots : 168
Personnages : Personnage principal
Rating : /
L’eau et la lumière.

On peut faire tellement de choses avec ces deux ressources. De l’énergie et trois petits atomes d’hydrogène et d’oxygène. Création. Destruction. Beauté dans les deux cas.

Tant de pensées en un si court instant. Juste voir les reflets de l’eau et la lumière artificielle. C’est sa récompense. Ce travail est passionnant, travailler en aquarium est sujet à remarques. Autant positives que négatives. Cependant, il est très prenant. Il demande exigence et temps. Après une journée chargée, elle profite de quelques rares secondes au fond de l’aquarium « Constellation ». C’est son préféré.

Et en voilà la raison.

Quelques méduses passent près d’elle pour remonter. De son point de vue, elle voit la lumière les traverser, les illuminer. Cette lumière met en valeur ces êtres étranges. De l’eau dans de l’eau. Et pourtant, certaines pouvant être mortelles.

Leur légèreté est magnifique. Elle remontent vers la surface avec grâce et lenteur. Chaque seconde est précieuse. Donner du temps au temps. Avancer à son rythme.

Juste être.
Sois toi même et avance !
:superman:

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Westyversionfrench » 28 sept. 2019 - 20:40

Titre : Pas une épave
Thème (écrit ou image) : “Epave”
Fandom : Original
Nombre de mots : 616
Personnages : Capi, Gareth, Meushalmat.
Rating : Tous Publics
Capi leva la tête au premier coup résonnant sur l’épaisse porte de sa cabine :
“Oui .” Gareth entra, l’air léger.
“Epave en vue.” Capi s’étonna :
“Quelque chose d’irrégulier la concernant ?
-Pas pour moi mais les autres estiment que tu dois venir voir.” Capi se mâchouilla la lèvre mais se leva, fermant le registre sur lequel il écrivait les événements du jour. Il ferma un instant les yeux face au soleil puissant de cette fin d’Octobre. Au loin, il y avait la silhouette d’un bateau, un bateau qu’il connaissait bien. Quelques regards échangés avec les plus anciens de ses matelots lui apprirent qu’eux non plus n’étaient pas dupes.
“Ce n’est pas une épave.” fit-il tout bas, assez fort pour que Gareth l’entende. Il donna ses instructions et le cap fut changé pour atteindre l’embarcation étonnement immobile au milieu de l’immensité des eaux.

Plus ils s’approchaient, plus ceux qui avaient déjà vu ce navire auparavant s’inquiétèrent. D’étranges stries blanches semblaient zébrer la coque et les voiles rouges. Arrivés à une dizaine de mètres, ils constatèrent qu’il s’agissait de grandes chaînes composées de dents de lynx. Gareth murmura :
“Qu’est-ce que c’est que ce truc ?” Dans sa voix tremblait l’appréhension de ceux qui n’étaient pas habités aux événement surnaturels qui occuraient parfois en Nesshi. Capi inclina la tête, tentant d’apercevoir un quelconque occupant. Un silence de mort planait sur les lieux. Pas une anicroches au bastingage pour autant et aucune trace de lutte ou de tempête. Alors que le Davantalhèr se positionnait contre le flanc de l’autre navire, Capi sentit le fourmillement caractéristique signifiant qu’un sort ou un charme avait été posé sur un objet. Le bourdonnement intense dans ses oreilles lui laissa supposer qu’il s’agissait de l’entièreté du vaisseau qui était touché. Il hésita un instant. Mais, tendant la main pour l’approcher d’une chaîne de crocs, il sentit comme une rupture du sortilège. Les chaînes se brisèrent et tombèrent à l’eau instantanément. Capi comprit le message et sauta à bord.

Il disparut une quinzaine de minutes, répondant toutefois aux appels inquiets de Gareth à travers la coque. Les autres membres d’équipage, songeurs, ne semblaient pas préoccupés à proprement parler. Gareth tentait bien de leur poser des questions mais la plupart hochaient seulement les épaules et la vieille vigie l’apaisa en affirmant :
“Chaque chose en son temps. Une explication viendra.” En effet, Capi reparut, concentré mais visiblement soulagé.
“Tout est en ordre. On nous a laissé des instructions. Je veux les vingt plus anciens avec moi sur ce bateau. Pas toi Meusha, j’ai besoin que tu sois maître à bord.” L’homme en question, un colosse de deux mètres vingt, hocha la tête et plaça les plus jeunes à différents posts. Puis Meushalmat et Capi s’entretinrent une bonne demi-heure. A l’issue de ce colloque, Capi et les anciens prirent place dans l’autre navire, dont le nom était encore couvert d’un socle en dents de lynx, et allèrent à la manoeuvre. Meushalmat indiqua :
“Changement de cap. Cap au Grand Ouest.” Gareth fronça les sourcils :
“Il n’y a rien à l’Ouest. Nous sommes déjà allés plus avant à l’occident que d’aucuns navires demdunons.” Meusha ferma un instant les yeux et de sa voix grave rappela :
“Que tu saches Gar’, que tu saches. Capi et moi avons fait bien des voyages par le passé. Et ce navire là davantage encore.
-Quel est son nom ?
-Si quelqu’un a pris soin de le masquer, c’est que ce ne sont pas tes affaires.” Il fixa le cartographe et rappela : “Cap au Grand ouest”. Gareth retint une autre question, sachant très bien que Meusha avait déjà épuisé son quota de paroles quotidiennes. Il décida d’aller travailler sur les cartes qu’il affinait grâce à leur expédition vers le Sud Sauvage.
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par AlwaysLS » 28 sept. 2019 - 20:43

Titre : /
Thème (écrit ou image) : « épave »
Fandom :HP
Nombre de mots :449
Personnages : le trio d’or
Rating : tout public
Hermione Granger retrouva ses deux meilleurs amis dans l’Atrium du Ministère de la Magie. Ils n’eurent guère le temps pour des retrouvailles chaleureuses car ils étaient sous le feu des flashs de photographes internationaux. Tous les journalistes étaient pendus à leurs lèvres, ne voulant rater aucune phrase. Ils purent à peine échanger quelques mots, malgré l’important laps de temps qu’ils n’avaient pas passé ensemble. Hermione passait sa septième année à Poudlard, tandis qu’Harry et Ron commençaient une formation d’Auror. Et si Hermione avait obtenu une dispense de la part du professeur McGonagall, c’était parce qu’aujourd’hui, avait lieu l’un des plus grands procès du monde sorcier.
Ils entrèrent dans la salle d’audience numéro 2, déjà pleine à craquer. Harry, Hermione et Ron se retrouvèrent au premier rang. Ron s’agitait sur sa chaise, mal à l’aise. Avec le temps, il avait appris à ne plus apprécier d’être au centre de l’attention. Tout le monde guettait ses moindres gestes, ses moindres mots. Il ne pouvait plus « se curer le nez en paix » comme il l’avait expliqué maintes et maintes fois à Hermione. Les membres du Magenmagot, le Ministre de la Magie, Shacklebolt, firent leur entrée. Lorsque l’assistance se tut enfin, Kingsley se leva pour prendre la parole :
- Nous sommes ici, réunis en ce treize octobre 1998, pour le procès de…
Hermione n’entendit pas la suite du discours car son voisin de gauche ne cessait de se tortiller.
- Par la barbe de Merlin, chuchota-t-elle, Ron, veux-tu bien arrêter de bouger comme ça ?
- Désolé, répondit-il. Mais je ne comprends pas ce qu’on fait là.
Hermione ne sut quoi répondre. Elle comprenait le jeune homme mais elle sentait que c’était moment important. Et elle sentait qu’il fallait faire quelque chose. Comme elle ne trouvait rien à dire, elle se concentra sur le prévenu qui apparut.
Et là ce fut le choc.
Le cœur de la jeune femme manqua un battement.
Ce n’était pas possible. Ce n’était pas lui. Il semblait perdu, des grands yeux gris qui lui mangeaient le visage. Perdu et effrayé. Il avait considérablement maigri. Il semblait ailleurs, dévoré par ses propres démons, par ses souvenirs brisés de gloire et de réussite. Il était sur le point de rompre la ligne qui sépare les vivants et les morts. Le teint blafard, il n’était plus que l’ombre de lui-même. Une ruine d’une grandeur passée et révolue. La déchéance sociale avait fait de cet être humain une épave.
Hermione pressa la jambe d’Harry. Ou la broya plus exactement.
- Harry, lui glissa-t-elle, presque d’une voix suppliante. Il faut faire quelque chose. Il faut le sortir de là. On ne peut pas laisser Draco Malefoy dans cette situation !
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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popobo
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par popobo » 28 sept. 2019 - 20:43

Titre : Epave
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : original
Nombre de mots : 140
Personnages : La Pérouse
Rating : -

1788 :
Le bateau est échoué. Sur la plage de sable, plus rien ne bouge. Les voiles sont déchirées. La tempête a fait des dégâts. Aucune vie ne se fait sentir sur l’épave. Tout est vide. Seul le vent est présent et se fait remarquer en claquant dans les écoutes et les haubans.

Le voyage au-delà des mers n’avait pas abouti. Personne saura ce qui s’est vraiment passé. L’expédition non aboutie de la Pérouse restera un mystère.

- - -

L’équipage était motivé. L’expédition commanditée par le roi lui-même se devait d’être une réussite. L’exploration du Pacifique apporterait assurément de nouvelles connaissances sur le monde.

- - -
1960 :
Deux siècles de mystère autour de la Pérouse. Les expéditions se multiplient.
Personne n’a jamais su ce qu’il s’était passé. Le voyage au-delà des mers n’avait pas abouti.
Sous l’eau, les épaves sont retrouvées, vides et usées. Le naufrage a fait des dégâts.
Sur le sable, plus rien ne bouge.
Le bateau est échoué.

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Louve_Ebain
Elève de première année
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Louve_Ebain » 28 sept. 2019 - 20:46

Titre : Pustules
Thème (écrit ou image) : « épave »
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : James Potter / OC
Rating : tout public


Vous voulez que je vous raconte hier soir ? Vraiment ?
Ok, alors il faut commencer par James.
James Potter, les gens n'ont que ce nom à la bouche à chaque fois qu'on parle de Quidditch.
A chaque fois qu'on parle de quelque chose à Poudlard d'ailleurs.
Je sais bien qu'il est intelligent, beau, sportif et tous les clichés qu'on peut mettre dans une star de Poudlard, mais quand-même il ne faut pas oublier qu'il est très souvent limite avec les filles et pas très correct avec les garçons de Serpentard ainsi que les premières années. C'est pas pour le descendre hein, c'est juste qu'il est monté un peu trop haut.

Moi c'est Pierre et je suis deux ans en dessous de Potter, en vrai je l'aime bien, il est plutôt rigolo mais ça m'exaspère toute cette folie autour de lui, comme s'il allait enfanter un miracle ou je-ne-sais-quoi. Et puis oui, bon, je suis un peu jaloux aussi parce que moi Lily baah je l'aime bien quoi. Je sais que je n'ai aucune chance, mais ça m'empêche pas de la trouver vraiment super.

Il faut peut-être que j'en revienne aux faits non ?

Vous vouliez qu'on parle d'hier soir, bon alors, j'ai dressé le tableau Potter, maintenant on peut dresser mon tableau à moi.

Je suis à Poufsouffle plutôt sympa, pas hyper drôle et pas hyper beau gosse, je suis dans une moyenne honnête, je suis bon en cours mais ma force c'est que je vole vraiment bien.
Non mais réellement bien.
C'est la seule chose que je sais absolument bien faire (en tout cas beaucoup mieux que draguer ça c'est certain).

Le seul truc, c'est que c'est pas un balai que j'ai, c'est une épave sur laquelle même mon grand-père, qui est souvent très gentil et plutôt habile pour son âge, ne voudrait pas monter. Donc je m'amuse moins que si j'avais une Lumière 304 bien sûr.
Et hier soir nous avons eu notre premier match, on partait perdants, Gryffondor a genre la meilleure équipe depuis des lustres et puis tout le monde avait parié sur Potter, contre moi, il faut dire que je ne suis pas bien gros, que personne ne m'avait encore vu voler et qu'il faisait très moche.

Mais j'ai gagné, c'est moi qui ai attrapé la petite boule et Gryffondor à perdu. Donc mon père m'a envoyé une lettre ce matin pour me dire qu'il allait remplacer mon épave contre un balais qui m’emmènera aux championnats du monde. Je n'ai pas osé lui dire qu'il s'est probablement un peu emballé, ça lui fait trop plaisir.

Ah …
Vous étiez là hier …
Vous connaissiez déjà toute l'histoire, oui je suis un peu bavard parfois …
Je n'avais pas compris désolé, vous vouliez parler de quoi ?



Les pustules sur mon front ?
Je ne sais pas, c'est arrivé cette nuit ... peut-être quelque chose que j'ai mangé …

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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par LilTangerine » 28 sept. 2019 - 20:49

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : Dragon Age
Nombre de mots : 327
Personnages : Alistair
Rating : /
Il n'existait devant ses yeux plus que la couleur ambrée du whisky antivan qui remuait paresseusement au fond de son verre. Bientôt le verre serait vide, sa bourse plus légère, le verre plein de nouveau et le monde s'effacerait un peu plus. La saveur délicate de l'alcool lui caressait le palais, si agréable en comparaison du tord-boyaux dont il s'imbibait habituellement. Mais pas ce soir, non ; ce soir, c'était fête.
Ce soir, cela faisait un an qu'il avait quitté Dénérim.

Pardon, Duncan.

Le quatrième verre émoussait enfin ses sens, mais pas la vivacité de ses souvenirs. Il lui en faudrait un cinquième pour cela, et Alistair contempla avec tristesse ses deux derniers souverains. Il allait devoir trouver du travail sans tarder, quitter cette auberge miteuse de Kirkwall pour quelques jours. Il n'aimait pas cela. Se trouver à découvert, au milieu d'étrangers, risquer d'être découvert par un espion d'Anora ou un garde des Ombres ou n'importe qui, vraiment. Il voulait qu'on l'oublie. Il voulait oublier, surtout.

Elissa...

Il secoua la tête. C'était une pente dangereuse, et il le savait. Elle avait fait son choix, un an plus tôt. Elle n'existait plus, ne devait plus exister, et chaque gorgée brouillait son image, son rire, la douceur de ses lèvres, de sa peau, la chaleur de son corps et chacune de ses courbes et le verre était vide et il avait besoin de plus encore pour faire taire la rage qui grondait parce qu'elle avait choisi le traitre et il était mort en héros alors que lui ne vivait plus qu'à moitié.
Chacune de ses pensées était douloureuse.
Plus que la colère, c'était les regrets qui l'assaillaient à la moindre évocation de son nom. Le regret de ne pas avoir pu l'étreindre et lui dire qu'il l'aimait une dernière fois. De l'avoir laissée seule face à l'Enclin, face à l'archidémon. De ne pas être resté à ses côtés, malgré tout.

Il étouffa le chagrin dans l'ambre de son verre.
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"But I don't want comfort. I want poetry. I want danger. I want freedom. I want goodness. I want sin." - Aldous Huxley

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HermioneRonHarry
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par HermioneRonHarry » 28 sept. 2019 - 20:53

Titre : Si seulement
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : /
Nombre de mots : 203
Personnages : /
Rating : Tous publics
Une épave, voilà ce qu’il était devenu. Le miroir de sa salle de bain se craquelait dans le coin gauche au-dessus des traces de dentifrice séché. Il observait son reflet et il avait envie de pleurer. Des cernes sombres se creusaient sous ses yeux qui étaient devenus gris, son visage était cadavérique, et ses cheveux ternes. Il ne se reconnaissait plus.
Il s’éloigna de l’évier et senti le mur dans son dos. Il se laissa glisser contre la paroi aussi froide que son cœur. Il n’avait plus de force, plus d’envie, plus rien. Une coquille vide.
Tous les soirs, quand il arrivait à émerger l’espace d’un instant, il repensait à ses mots. Ceux qu’elle avait prononcé avec de tourner les talons, avant de claquer la porte.
« Si seulement tu avais pu te voir à travers mes yeux. »
Il avait d’abord cru qu’elle le méprisait en prononçant ces mots. Mais en les ressassant jours après jours, semaines après semaines, il avait enfin compris ce qu’elle voulait dire.
Elle l’aimait. Elle l’aimait malgré ses défauts, et ses addictions. Elle l’aimait plus qu’il ne s’aimait lui-même. Plus qu’il ne saurait jamais s’aimer. Et maintenant, elle était partie.
Si seulement il l’avait compris plus tôt.
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I realized the only thing that matters is that is that you - you make me happier than I ever thought I could be. And if you let me, I will spend the rest of my life trying to make you feel the same way.

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Omicronn
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Omicronn » 28 sept. 2019 - 20:55

Titre : Phosphorescence
Thème (écrit ou image) : image (et un peu de "épave" aussi)
Fandom : original
Nombre de mots : 561
Personnages : /
Rating : /
Le dispositif qu'elle avait autour du visage la gênait. Il l'aidait à respirer certes, mais elle n'avait pas l'habitude de celui-ci. Il était trop serré au niveau du nez, et trop lâche en dessous de la bouche. A tout moment l'eau pouvait s'infiltrer dans son masque et elle finirait noyée au fond de l'océan, sans avoir assez de temps pour remonter à la surface et respirer une goulée d'air frais. Ses pensées dramatiques n'aidaient pas à calmer sa respiration, et elle consommait bien plus d'air que d'habitude. Sa plongée ne pourrait pas tenir aussi longtemps. Elle décida d'utiliser quelques minutes de plus pour ralentir son coeur, préférant privilégier celui-ci à la vision de l'environnement qui l'entourait. Il n'était en rien comparable à celui qu'elle avait l'habitude d'observer. Elle était enfouie bien plus profondément sous la surface que toutes les autres fois, et le paysage en était métamorphosé. Ses yeux ne cessaient de se poser partout, à la recherche du prochain point d'observation.

Son coeur ralenti, elle prêta plus attention aux différences avec son environnement de plongée habituel. L'ensemble était bien plus sombre, dû à la profondeur, mais elle voyait des lueurs dont elle ne comprenait pas la source. Elle nagea en direction des points lumineux, ils n'étaient qu'à une centaine de mètres de sa position initiale. Il y avait bien moins de faune et de flore sous-marine à cette profondeur et le vide qui l'entourait la rendait plus mal à l'aise qu'à l'accoutumée.
Son corps commençait à fatiguer. Le dispositif qu'elle portait pour l'aider à respirer était plus lourd qu'à l'accoutumée et le poids sur son visage commençait à lui donner mal à la tête. Ses bras eux, en excellente forme physique, ne faiblissaient pas et elle atteignit rapidement le point observé. Sa vision lui ravit le coeur. Elle n'était en rien comparable à ce qu'elle avait pu admirer auparavant. Des centaines de méduses phosphorescentes semblaient comme figées dans l'espace. Leur luminescence fluctuait, comme sous le rythme d'une respiration, de sa respiration.
Elle resta interdite, triste de ne pouvoir partager son ressenti avec un de ses collègues mais en même temps tellement comblée d'être la spectatrice privilégiée d'une scène aussi ravissante. Elle ne s'approcha pas, de peur de les effrayer et se demanda longtemps si elle n'était pas en train de découvrir une nouvelle espèce. Les méduses phosphorescentes étaient légion dans le monde sous-marin, mais ce type de fluctuation lumineuse ne lui rappelait rien de connu. Elle n'était pourtant pas une experte et se promit donc d'en informer ses collègues spécialistes une fois revenue sur la Terre ferme. Elle resta un moment dans cet état de béatitude. Elle était en entrainement de plongée, et sa réserve d'oxygène arrivait bientôt à sa fin, elle avait donc tout le loisir d'observer à sa guise.

Lorsque l'alarme se déclencha à l'intérieur de ses prothèses auditives, elle chercha à remonter à la surface. A cette distance, il ne lui faudrait que quelques minutes. Elle engagea plusieurs coups synchronisés et sentit sa tête percer la surface bien trop rapidement. En observant autour d'elle, la réalité lui revint en mémoire. Elle était bien en entrainement, mais certainement pas profondément enfouie sous la surface. Elle était dans un bassin artificiel, suffisamment grand pour lui permettre de s'immerger et la vision miraculeuse qu'elle avait eu la chance d'observer n'était qu'une création diffusée dans son casque de réalité virtuelle.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Lyssa7 » 28 sept. 2019 - 20:55

Titre : Lutte névrotique
Thème (écrit ou image) : Épave
Fandom : Original
Nombre de mots : 305 mots
Personnages : Madeleine
Rating : -12 (mention d'alcool)
La porte claque. Encore et encore. Ce n’est que le début de ce cauchemar qui n’en finit plus, de cette torpeur indolente qui s’empare, chaque jour un peu plus que la veille, de son âme et de son esprit.

Madeleine pleure. Elle ne sait faire que ça. C’est ce qu’il lui disait. Souvent. C’est ce qu’elle finissait par penser d’elle-même. Parfois. Tellement de fois qu’elle a fini par oublier de les compter. Et ses larmes ruissellent sur ses joues pâles, s’évadent dans son cou craquelé, et meurent dans l’encolure de son pull en mohair.

Elle pleure. Pendant dix minutes, dix heures, ou dix jours. Elle n’a plus la notion du temps, ni même le sens des réalités. Elle n’entend rien d’autre que cette porte qui claque une dernière fois, et les pas de cet homme qu’elle a tant aimé, qu’elle a profondément détesté, qui plongent dans la nuit noire.

Depuis combien de temps est-elle ici, vautrée dans son lit ? A-t-elle mangé aujourd’hui ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle ne sait rien. En vérité, c’est triste à dire, mais elle s’en fout. Ce qu’elle voudrait, là, maintenant, tout de suite, c’est mourir. S’enfoncer dans les limbes marécageuses du sommeil pour ne plus entendre chantonner ses angoisses, crier sa détresse, hurler sa névrose obsessionnelle. Elle veut juste dormir, oublier, est-ce trop demandé ? Ne plus sentir cette aiguille qui lui retourne les entrailles, lui met le bide en vrac.

Sur la table, la bouteille de whisky, impitoyable complice de sa folie, se vide dans le plus intime des silences. Madeleine, fragile Madeline, boit à s’endormir, à s’en salir, à en vomir. Qu’est-ce qu’elle peut faire d’autre ? Sortir est impossible. Le monde extérieur lui fait peur, alors elle se terre dans les revers de ses draps, dans le creux de son matelas.
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Tiiki
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Tiiki » 28 sept. 2019 - 20:58

Titre : Bateau ivre
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : Original
Nombre de mots : 761
Personnages : /
Rating : -16 (mentions alcoolisme/pensées suicidaires)
« Ils sont courageux les gens qui résistent contre vents et marées, et qui gardent le cap. Moi, j’ai souvent eu besoin que l’on m’aiguille un peu, j’ai toujours été un peu paumé dans la vie, et un peu triste aussi. J’ai toujours tangué comme un con. On me répétait de garder la tête froide et de redresser la barre, mais comment redresser la barre quand nos bras manquent de force ? »

Matthieu serre les poings. Le barman lui ressert un verre.

« Voilà, j’ai toujours tangué comme un con, je n’ai jamais eu aucun équilibre dans ma vie, aucun point de repère, et je prends depuis des années l’eau de toutes parts. On sait comment tout cela finit, le jour où le navire se retourne et se gonfle d’eau… »

Matthieu serre les dents. Le barman lui ressert un verre.

« Tu vas me dire : « il y a les gosses ». Oui, il y a les gosses. Heureusement pour moi. Malheureusement pour eux. Où est-il, leur père ? C’est censé être moi, le père ? Moi je vais te dire, ils me préfèrent la mer sans vague, la mer qui leur chuchote à l’oreille que le monde est beau, que la tempête est loin et que le ciel est dégagé. Moi je leur apporte la tourmente océanique et les ouragans d’angoisse, et si je leur demande de me suivre dans l’œil du cyclone je les précipiterai dans ma dépression tropicale. Ils n’y survivront pas. Je ne me pardonnerai pas. »

Matthieu demande un autre verre. Il veut tout oublier, ou peut-être se rappeler, d’avant, quand il n’était pas aussi terrifié. Quand il n’avait pas cette boule étrange qui lui dévorait l’estomac.

« La vérité c’est que dans la vie il n’y a pas d'étendue bleu ciel à perte de vue, il y a juste ce ciel gris délavé et morose, et quelques éphémères éclaircis après les trop nombreux épisodes orageux. »

Matthieu s’étrangle dans un flot de paroles qu’il ne contrôle plus :

« Les collègues m’appellent le « naufrage », et c’est drôle, c’est vraiment drôle la première fois qu’on vous traite d’épave avec ce petit sourire amical qui vous rassure en vous disant « c’est pour rire », mais je vais te dire, moi : dans toutes les plaisanteries, il y a un fond de vérité. On n’a pas idée de se saouler dans les bars quand on a quarante ans et deux enfants à peine en âge d’aller à l’école, pas vrai ? Comment leur expliquer, aux gens, que cela n’a rien à voir avec eux, qu’aussi loin que je me rappelle, mes yeux ont toujours été désespérément gorgés de larmes. J’ai le mal de l’air, le mal de vivre. C’est bientôt Noël, et la seule chose que je peux offrir à mes enfants c’est de mettre les voiles et pour disparaître définitivement de leur vie. »

Le barman lui retire son verre des mains.

« Mon mariage ? Un véritable naufrage, et moi je suis une pauvre épave qui, faute de pouvoir fendre les flots, vient m’écraser contre les comptoirs de bar lorsque les sanglots deviennent trop lourds au fond de ma gorge. J’ai nulle part où dormir. J’ai nulle part où aller. Dans ma poitrine le tonnerre gronde, mais on ne pleure pas quand on est un homme. Dans mon cœur il pleut des cordes, et je meurs d’envie de m’y pendre. »

Il chasse les larmes de ses battements de cils, il a enfin lancé les feux de détresse. C’est un appel à l’aide, il est tellement malheureux dans sa vie, Matthieu, et jour après jour il se noie davantage dans l’alcool et dans les problèmes. Si même l’homme qui lui faisait face ne l’aidait plus à se maintenir à flot, il finirait par prendre son courage à deux mains puis, pieds et poings liés, il s’abîmerait au fond de la Seine…

« On ferme le bar », glisse le barman en coulant un regard sévère vers lui.

Suppliant, Matthieu lui serre les mains, mais l'autre ne le resservira pas. Une fissure de plus dans la coque. Les vannes ont cédé. Le bateau coule par le fond.
Dernière modification par Tiiki le 28 sept. 2019 - 21:59, modifié 1 fois.

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selket
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par selket » 28 sept. 2019 - 21:00

Titre :
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : HP
Nombre de mots : 767
Personnages : Drago Malefoy
Rating : TP

Il n’est plus qu’une épave. Il a franchit tant de chose et c’est toujours relevé mais aujourd’hui quelque chose s’est brisé en lui.
Les dernières paroles d’Astoria résonnent encore contre les murs lambrissés alors qu’elle a fermé la porte sur ses pas depuis longtemps.
Il serait peut-être temps que tu vive pour toi Drago.

Il savait bien que ça faisait longtemps que leur mariage battait de l’aile. Il avait cru qu’ils tiendraient bon, comme ses parents avec eux. Que c’était le propre de chaque mariage. Il avait pensé que l’arrivé de Scorpius les rapprocherait. Il s’était leurré. Astoria n’avait jamais voulu de cette vie, elle ne voulait pas se marier, elle n’avait jamais voulu d’enfant et lui ne l’avait pas écouté. Il s’était dit que c’était comme ça. Que tous les mariages sang-pur étaient comme ça. L’amour venaient après, qu’elle apprendrait à aimer son fils. Mais sa femme avait toujours été égoïste elle n’avait jamais su se contenter de la vie qu’il lui offrait. Ils s’étaient tous deux enfoncés dans leurs rancoeurs.
Il avait reporté tout cet amour frustré sur son fils et reprochait à sa femme de n’être pas présente pour lui. Elle fuyait le manoir et se réfugiait dans ses rêves d’études et d’archéologie. Il avait fermé les yeux sur les rêves brisés de sa femme. Ses espoirs étaient morts avec la guerre, il se contentait dorénavant de ce que là vie lui apportait, elle apprendrait bien à faire de même. Mais il s’était trompé,

Et aujourd’hui tout a basculé. Elle est parti. Comme ça, sans se retourner. Elle a fermé la porte, il a entendu ses talons claquer sur les pavés et puis plus rien si ce n’est ses dernières paroles qui résonne encore à ses oreilles. Petri de regrets il se dit qu’il n’aurait jamais du demander la vérité. Cette vérité qui lui fait si mal.
Alors mon cher mari la voilà la vérité. Je m’ennuie, je ne suis pas heureuse et je pars. (1)
Une fois les mots prononcés elle avait quitté la pièce avec une unique valise comme bagage. Il n’avait rien fait pour la retenir. Qu’aurais-t-il pu faire ? Il était resté là sur son fauteuil sans esquisser un geste. Elle s’était stoppé dans le couloir et il s’était mis à espérer qu’elle reste, au moins pour Scorpius. Mais Astoria n’avait jamais voulu être mère. Elle avait alors murmuré dans un soupir lasse cette phrase qui le hante dorénavant. Puis s’était éloigné dans le silence de ce premier jour de septembre.
Que va-t-il dire à Scorpius lorsqu’il rentrera pour les vacances de Noël ? Que sa mère est parti sans lui dire au revoir ? Qu’elle a profité de son premier jour à Poudlard pour le quitter ?
Dehors la nuit est couchée depuis longtemps déjà et a côté de lui sa bouteille de whisky est bien vide. Fatigué, las il se traine au lit.

***

Les jours passent sans qu’il arrive à oublier les mots d’Astoria. Depuis la guerre il s’est laissé porter par les événements. Son recrutement au sein des mangemorts, son mariage, sa vie maritale désastreuse. Deux fois seulement il a pris sa vie en main. La deuxième fut lorsqu’il ne livra pas Potter à sa tante. Quant à la première, il s’en souvient très bien. C’était dans une des caves du manoir. Il y avait une porte, et de l’autre côté de la porte (2) il y avait Dean Thomas et d’autres prisonniers. Un jour, sans vraiment savoir pourquoi, il lui a tendu la main et c’est cet acte qui l’a en quelque sorte empêché de sombrer totalement dans les ténèbres.
Depuis la fin de la guerre il a évité cet endroit pour éviter de sombrer mais aujourd’hui la voix d’Astoria le pousse à retourner dans cette cave où il a du si souvent garder les prisonniers.
Pris de nostalgie il s’assoit sur ces marches qu’il avait occupées durant les heures les plus sombres de sa vie, il caresse le bois vieillit de la porte de chêne et laisse les souvenirs remontés à lui. C’était il y'a si longtemps. Et pourtant il s’en souvient si bien. A cette époque, comme aujourd’hui, il n’avait plus foi en rien. Il se sentait usé, il avait l’impression d’être une épave. Il avait cru s’en être sortit. Mais peut être qu’Astoria avait raison. Qu’il était toujours resté prisonnier, que si il ouvrait cette porte ce n’est pas le visage de Thomas qu’il verrait mais son reflet. Il n’est qu’un homme brisé qui s’est oublié et qui donne à son fils que pour mieux oublier le vide dans son coeur.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par AliceJeanne » 28 sept. 2019 - 21:02

Titre : L’incroyable exploration de Fluffy
Thème (écrit ou image) : Épave + image
Fandom : Original
Nombre de mots : 586
Personnages : Fluffy
Rating : /
Le courant du Sud déversait communément son flux dans la petite baie ensoleillée à quelques pas d’un ancien village autrefois hanté de mécréants. Les eaux azurées, jadis troublées de filets pourpres et de boulets de canon n’étaient à présent guère plus que le théâtre limpide de la prospérité de l’écosystème marin. Là-bas, au fond, sur le sable doré où mourraient quelques crustacés et paraissaient algues, coraux et anémones, dormait un navire dont le noir pavillon était en berne depuis de nombreuses décennies. Sa coque, mangée par le sel et les bigorneaux, était l’abri de nombre de poissons aux écailles chatoyantes et mollusques aux improbables corps bigarrés. Tous vivaient paisiblement, profitant des marées qui les berçaient avec langueur filant le temps avec lascivité. Tout était pareil à une idylle romanesque jusqu’à ce qu’elles arrivent, flottant mollement entre deux eaux.

Fluffy, du long de ses trente centimètres de tentacules empoisonnées, avait été la première à jeter son dévolu sur l’épave du vieux galion, happée par l’aventure et guidée par son instinct de prédatrice. Insidieusement, celle qui n’était que quelques mois auparavant un petit polype, s’était glissée entre les planches vermoulues, faisant fuir, sur son passage, un banc de jeunes poissons aux écailles enchantées par un camaïeu bleuté. Puis, après avoir parcouru de long en large, le pont, elle s’était dirigée vers la proue, s’amusant avec toute la gloire qui lui revenait, à spongieusement chahuter le gouvernail, imaginant de grandes conquêtes sous son commandement, à la place de grandes traversées au grès des flots.

Un éclat, réverbérant la lumière du soleil, attira soudainement l’animal vers des parties plus immergées du bâtiment, et Fluffy ondula avec autant de célérité que possible en direction de la cale qui l’appelait comme un joyaux l’aurait fait avec une pie. Les escaliers, résidence permanente d’un duo de murènes, tirèrent des frissons à la jeune méduse qui se hâta en tachant d’être la plus discrète possible, loin de leurs effrayantes têtes semblables à celles des serpents. La cuisine du navire regorgeait encore d’assiettes et de couverts en argent, rayés partiellement par les bourrasques de sable que soulevaient les mouvement d’une raie qui cherchait son prochain repas à côté d’une série de marmites. Fluffy l’ignora, toujours hypnotisée par la curieuse lumière qui faisait resplendir le nacre des coquillages abandonnés par leurs occupants.

Un lit se dessina derrière la porte suivante, défaite de ses gonds depuis des années et l’être flottant marqua un temps d’arrêt, soudainement émerveillé. Au-dessus d’une petite table se trouvait une chose qui renvoyait à la ronde toute les couleurs de l’univers. Le rouge flamboyant des anémones, le jaune enivrant des limaces de mer, le vert harmonieux des algues ondulantes, le bleu chaleureux d’un drap abandonné, le violet imperceptible du corps presque transparent de la visiteuse. Même le blanc perlé du collier cassé au pied d’un fauteuil éventré y trouvait son reflet.

Perdue dans sa contemplation, Fluffy ne vit pas le temps s’écouler, lentement, silencieusement, paisiblement malgré les ondes du ressac qui parvenaient jusqu’à elle, la berçant comme une chanson oubliée. Puis, soudain, les couleurs s’évanouirent, plongeant l’épave dans la plus effroyable des pénombres. Instinctivement, la méduse pulsa vers le haut, comprenant que ce soudain nuage n’était composé d’aucune autre chose que ses sœurs qui reprenaient leur chemin, guidée par un nouveau tourbillon. Ainsi s’achevait son aventure, alors qu’à nouveau exposée à la lumière, sa proie aux nageoires auréolées d’orangé, pouvait admirer dans un ultime sursaut la magnificence de sa coupole diffractant cent nuances de couleurs célestes.
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Caroliloonette
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Caroliloonette » 28 sept. 2019 - 21:04

Titre : Un dimanche matin brumeux
Thème (écrit ou image) : Epave
Fandom : Original
Nombre de mots :
Personnages : Capucine, Hugo, Margaux et Tarik
Rating : Déconseillé moins de 12
Tarik tremblait en regardant l'épave qui il y a quelques heures encore servait de voiture à son meilleur ami Hugo.
- Monsieur ?
Ses yeux embués de larmes accrochèrent la place du passager. La place du mort comme on l'appelle. La place de la morte dans ce cas précis. Il n'arrivait pas à y croire. Il ne voulait pas y croire. Capucine ne pouvait pas les avoir quitté ainsi. Il s'attendait à entendre son rire si communicatif. Oui, ils rieraient ensemble, car tout cela ne pouvait être qu'un mauvais rêve. Et Margaux, qui se trouvait dans la voiture derrière Capucine, ne pouvait pas se trouver plongée dans le coma avec son pronostic vital engagé. Non, tout ça ne pouvait pas être la réalité. Tout ça ne devait pas être la réalité.

La soirée avait pourtant bien commencée. C'était un samedi soir ordinaire pour des jeunes personnes de vingt et un ans. Hugo, Tarik, Capucine et Margaux passaient leur soirée en boîte. Les filles se déchaînaient sur la piste de danse tandis qu'Hugo charriait Tarik car il avait bien repéré que Margaux ne laissait pas son meilleur ami indifférent. Mais jamais Tarik n'aurait osé aborder la jeune femme. Elle était tellement belle avec ses yeux noisette aux reflets verts et ses longs cheveux bouclés. Elle faisait des études de droit, elle souhaitait devenir juge des enfants et ça, ça impressionnait Tarik qui se trouvait tout petit à côté d'elle malgré son mètre quatre vingt quinze.

Puis Capucine avait reparlé de son souhait de partir a l'étranger l'année suivante et Hugo était devenu morose. Le couple s'était engueulé, une fois de plus. Tarik n'aimait pas quand ils se donnaient en spectacle ainsi. La suite de la soirée devenait un peu floue. Les filles étaient retournées sur la piste de danse. Lui, il avait bu un peu, accompagné par Hugo. Puis la fatigue le submergea et il rentra chez lui vers deux heures du matin.

- Monsieur ? Vous ne pouvez pas rester-là !
- Je...je...j'avais besoin de voir.
- Vous vous faites du mal pour rien.
- Il m'a appelé. Il m'a dit qu'ils avaient eu un accident...
- Je comprends mais...
- Il m'a dit que tout allait bien alors j'ai raccroché et je me suis rendormi. Je me suis rendormi, vous comprenez je n'aurais jamais dû me rendormir. Si j'avais...
-Chuttt, calmez-vous !
Bon, je n'ai pas eu le temps de finir...

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BellaCarlisle
Cannibale nocturne
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par BellaCarlisle » 28 sept. 2019 - 21:06

Titre : /
Thème : Épave et image
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 408
Personnages : Amélia (OC)
Rating : Tout public
Les méduses s’agitent derrière la grande baie vitrée, formant une chorégraphie envoûtante qui attire l’attention d’Amélia pendant de longues minutes. Elle aimerait pouvoir les rejoindre pour ne plus penser à rien et retrouver son insouciance mais il est désormais trop tard. Ce monde lui a tout enlevé, à plusieurs reprises, en la brisant à chaque fois un peu plus profondément. Elle a perdu sa foi en un avenir meilleur à l’instant où Hydra a retiré son masque pour révéler sa présence au sein du Shield. Ce n’est pas seulement sa fidélité envers l’organisation qui en a pris un coup, tout ce qu’elle supposait faire pour le bien commun n’était qu’une illusion. Ses collègues ont eux-aussi quitté leurs sourires pour revêtir ce regard froid qui sied aux traîtres en l’abandonnant dans un flot de larmes.

L’âme en miette, Amélia tente de se reprendre. Elle sait qu’elle n’est plus qu’une épave, elle dort peu, ne sort plus et refuse de répondre aux injonctions de Coulson. Même si Phil insiste auprès d’elle pour qu’elle reprenne un rythme de vie normal, elle n’y parvient pas. Sans cesse, elle retourne dans sa tête les derniers mois en essayant de trouver des détails, des gestes qui pourraient lui prouver qu’elle a été aveugle à la véritable nature de ses équipiers. Sauf qu’il n’y a rien à voir, les jours se sont succédés dans la joie, avec des rires, parfois des pleurs, mais toujours ce soutien presque sans faille. Elle n’a pas su discerner l’ennemi dans les yeux de ses deux collègues pour la simple raison qu’ils jouaient double-jeu sans semer le doute.

La main posée sur la vitre, Amélia laisse son pouvoir glacer la surface transparente. Derrière sa paume, les méduses bleues se mettent à avoir des soubresauts et à chercher une échappatoire. Elle les observe se cogner contre les parois de la baie puis elle relâche sa magie en entendant des pas qui arrivent derrière elle. Sans se retourner, elle détaille le nouveau venu à travers son reflet qui se détache clairement sur la vitre. L’homme a quelque chose de familier, il arbore une chevelure d’un noir de jais qui retombe sur ses épaules et qui fait ressortir le vert éclatant de ses iris. Son air distingué et élégant tire un sourire amusé à la femme qui se décide enfin à lui faire face. Tout en lui exprime son appartenance à un autre monde, elle peut ressentir l’énergie qui vibre dans la pièce.
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Wapa
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Wapa » 28 sept. 2019 - 21:07

Titre : snorkeling
Thème (écrit ou image) : Épave + image méduse
Fandom : Original (calendrier ?)
Nombre de mots : 433
Personnages : /
Rating : TP
Puerto Morelos
Assise sur la terrasse tout en grignotant une conchas encore chaude, j'attends que le top départ soit lancé pour cette virée snorkeling. Réservée avec l'hôtel, je me demande si cela va vraiment me plaire. En général, je n'aime pas les tours organisés. Les groupes. Les règles. L'imprévu a tellement plus de charme. Mais je peux difficilement approcher la barrière de corails par mes propres moyens. Pour une fois, c'est sympa de se laisser conduire. Et puis, le ciel est radieux et l'eau translucide, je ne pouvais rêver mieux pour profiter des fonds marins. La félicité m'envahit des épaules jusqu'aux bouts des orteils.

Semblant saisir mon humeur légère, le photographe officiel du groupe s'approche tout sourire pour capturer quelques clichés. En général, je boycotte ce genre de proposition mais aujourd'hui, je me prête au jeu avec un plaisir étonnant. Quelques clics et il est déjà temps d'embarquer.
Dynamique, notre G.O. nous distribue palmes, gilets, masques et tubas tout en délivrant quelques consignes de sécurité dans un accent à couper au couteau. Alors que je sors ma crème solaire pour me tartiner la peau, celui-ci m'arrête d'un geste ferme. Trop chimique pour le récif coralien. Ma peau ne le remercie pas. Je vais probablement attraper le coup de soleil du siècle. Résignée, j'observe les côtes s'éloigner, berçée par le remous des vagues.

Le bateau s'arrête. Il est temps de plonger. M'accrochant au rebord, je m'avance maladroitement, les pieds en canard. Enjambant la coque, je saute dans l'eau délicieusement chaude. J'adresse une prière silencieuse au ciel pour ne croiser ni méduses ni requins. Je ne suis jamais très rassurée lorsque je suis sous la surface. J'imagine toute sorte de dangers. Finalement, heureusement qu'il y a le groupe. Au moins, s'il y a un problème, quelqu'un saura faire ce qu'il faut.

A peine me suis-je éloignée du bateau que déjà des petits poissons se faufilent jusqu'à moi. Jaunes aux rayures bleues, ils s'amusent à me frôler. Passant sur ma paume tendue. Slalomant entre mes cheveux. Picorant mes cuisses. Dansant. Esquivant. Ils sont adorables. Je dois les abandonner pour suivre le groupe qui se dirige vers une épave. Dans son armature rouillée, quelques poissons paresseux se baladent. Je m'approche et je crois mourir de peur lorsque je tombe nez à nez avec un barracuda, sa bouche aux dents pointues ouvertes tel un prédateur. Argh ! J'avais envisagé les méduses et les requins mais pas les barracudas !
La vie n’est qu’un instant

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hazalhia
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par hazalhia » 28 sept. 2019 - 21:11

Titre : Ouragan
Thème (écrit ou image) : thème écrite de 21h
Fandom : The100
Nombre de mots : 125
Personnages : Octavia
Rating : /
Je suis une épave. Je suis brisée.
Je ne suis que le témoin de ce qui fut autrefois glorieux, puissant, admirable. Mais il m’ont tout pris.
J’ai tout perdu, pièce par pièce. L’amour de ma vie. Mon frère. Ma liberté. Mon esprit.
Je ne suis plus que le squelette abîmé de ce qui était Octavia Blake. Un navire solitaire, habitué à l’assaut des vagues de violence. Rongée par l’acidité de la rancune.

Alors j’attend, seule. Que ce qui reste de ma coque finisse de tomber en lambeau pour enfin disparaître, où que quelqu’un entende mon appel et accepte de colmater mes brèches. Essaye de me reconstruire.

Où es-tu Bellamy? J’ai besoin de toi, j’ai besoin de mon capitaine pour me guider à travers la tempête.
" La mémoire collective est généralement de courte durée. Nous sommes des êtres versatiles, stupides, amnésiques et doués d'un immense talent d'autodestruction"
Suzanne Collins.


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Molly n'aime pas Noël. Pourtant, elle va se retrouver plongée dedans jusqu'au cou.

Concours Cupidon sous la neige

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Louve_Ebain
Elève de première année
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Re: [Textes] Nuits du 28 septembre

Message par Louve_Ebain » 28 sept. 2019 - 21:31

Titre : Le secret
Thème (écrit ou image) : Image (22h)
Fandom : HP
Nombre de mots : /
Personnages : Albus Potter
Rating : TP
Quand Albus à comprit ça a tout changé.

Ca a explosé l'avenir, détruit le passé et usé le présent.

Albus ne sait plus comment faire, comment exister avec ce secret. Il regarde les filles à s'en faire péter les yeux. Il a espéré tellement fort qu'une lui plairait, n'importe laquelle, il a voulu essayer pour enlever le point d'interrogation. Il s'est dit qu'il y avait Louve, mais Louve s'est différent pense-t-il avec amertume, c'est sa Louve, son porte-bonheur, il l'aime comme une sœur et pas du tout comme une petite copine.

Alors Albus a compris et ça a tout fait sauter dans son cerveau.

Il est déjà tellement différent des autres, il ne peut pas être encore plus différent.

Il ne va jamais survivre à ça.

Ça fait des mois qu'Albus s'isole, se torture se meurt. Il faudra que quelqu'un lui tende la main et accepte de rentrer dans les cendres de ses espoirs meurtris et détruits par une réalité plus grande que lui.

Mais pour le moment Albus regarde les filles avec ce nœud au ventre que rien ne défait.

Verrouillé

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