[Textes] Nuit du 24 novembre

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LilTangerine
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[Textes] Nuit du 24 novembre

Message par LilTangerine » 24 nov. 2018 - 19:57

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre :
Thème (écrit ou image) :
Fandom :
Nombre de mots :
Personnages :
Rating :
Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
Et n'oubliez pas que l'espace de correction est là si nécessaire ;)
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Westyversionfrench » 24 nov. 2018 - 20:28

Titre : Nemo
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original (DLDB)
Nombre de mots : 717
Personnages : Désiré de K, Renaud R
Rating : Tous Publics
Amunrave II ralentit singulièrement et ce fut ce qui réveilla brusquement Renaud, qui entrait dans sa cinquième heure de sommeil agité. Instinctivement, il demanda :
“Dez ? Tout va bien ?” Le visage souriant de son compagnon apparut par la porte du cockpit.
“Debout là-dedans. Nous sommes arrivés.” Encore groggy, le retraité se leva, s’appuya aux murs fluorescents du catamaran pour sortir de la cabine de celui-ci. Dehors, il faisait nuit noire. Désiré avait rentré toutes les voiles.
“Tu aurais pu m’appeler.
-Ne sois pas bête, cela ne servait à rien de te priver de repos tant que je pouvais me débrouiller seul. J’avais mon harnais, ne t’inquiète pas.” Il indiqua l’objet qui lui enserrait le corps. Renaud haussa les épaules et fixa le ciel. Celui-ci était dégagé, révélant des constellations auxquelles il n’était pas habitué. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait eu le loisir de les observer si broderies claires sur le velours de l’espace. Il s’amusa à reconnaître certaines avant de reporter son attention sur le visage plein d’anticipation de Désiré.

L’autre homme lui demanda :
“Tu veux bien vérifier qu’on est bien au bon endroit ?” Renaud lui indiqua l’horizon indéchiffrable, quelque part dans l’amas sombre :
“Ce n’est pas comme s’il y avait une côte à laquelle se fier.
-Arrête de traîner ! Il fait bon, mais une dépression doit passer par ici, et j’aimerais autant ne plus être là quand elle va se pointer.” Renaud sourit mais entra dans la cabine pour fixer l’écran du pilote et jeter un oeil à leurs cartes, soigneusement dépliées sur la table, fixées et longées par une longue feuille reprenant leurs relevés de position. Les vieux outils comme les récents étaient d’accord entre eux, ils étaient bien au-dessus du point Nemo, le point de la Terre le plus éloigné de toute côte. Renaud secoua la tête. C’était le point d’orgue de leur voyage, leur objectif, l’étape nécessaire s’ils voulaient revoir un jour les rives pleines d’arbres d’An Oded. Il sortit, hochant la tête, sentant la solennité du moment le grignoter peu à peu.
“On y est Dez.”

Désiré lui confia la surveillante du navire tandis qu’il s’engouffrait à l’intérieur. Il en revint avec le poing serré sur un petit objet. Renaud détourna le regard, gêné de fixer l’objet de leur venue aussi loin de toute humanité. Désiré hésita un instant, puis, débouchonna le flacon d’eau qui reposait au creux de sa paume. Il tendit le bas au-dessus du bastingage et versa le contenu de la fiole lentement. Même en plein jour, il n’aurait pu suivre les quelques centilitres d’eau de source qui se mêlaient à leur cousine salée. Il expira un long souffle d’air et inspira à nouvau, profondément. Renaud posa sa main sur son épaule, un peu tremblant. Désiré lui accorda un sourire qui détendit les rides de ses tempes. Il sourit, un beau rictus au coin des lèvres :
“Honnêtement, j’avais peur de ne rien ressentir.” Renaud éclata de rire :
“Nous imposer ce tour du monde pour réaliser un caprice de vieux sénile m’aurait embêté je dois dire.” Ils rirent ensemble et descendirent à nouveau les voiles avant que Désiré, épuisé par les manoeuvres et son émotion, ne lui laisse le quart.

Ils échangèrent seulement un court baiser, intense, avant que l’ancien éleveur ne s’allonge sur sa couchette. Renaud l’observa à la dérobée tandis qu’il s’endormait, et prit la barre. Il aurait à faire, les cinq prochaines heures, pour les extirper de ce Pacifique pour rallier les terres d’Amérique du Sud. Il ne désespérait pas de conduire Désiré sur les terres des Gauchos voire dans certaines cités Incas. Après tout, ils n’avaient pas de date butoir pour leur périple, si ce n’est l’idée de ne pas partir plus d’un an. Cela leur laissait de quoi vérifier si le rituel superstitieux de son amant porterait ses fruits. Il n’en doutait pas au fond, après avoir constaté l’apaisement s’imprimer sur ses traits si tourmentés ces derniers mois. Il lui sembla qu’il y avait dans l’air une musique surnaturelle, comme venue d’un autre monde qui ne serait ni sous-marin ni terrestre. Il leva les yeux et considéra la traînée blanche, comme une cicatrice, qui barrait le ciel. Au-dessus de leur têtes, il y avait sans doute quelques astronautes, dans leur station, qui se demandaient ce qu’un bateau fluorescent faisait, si éloigné de toute civilisation.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Charliz » 24 nov. 2018 - 20:32

Titre : How I Could Just Kill A Men
Thème (écrit ou image) : Bagarre
Fandom : HP
Nombre de mots : 246
Personnages :
Rating :
La baguette dans la main et la main tremblante.

Tue-le.

La voix est forte, mais pas dans ses oreilles. Elle s’infiltre dans son esprit, dans ses veines, fait fourmiller le bout de ses doigt.

Tue-le.

L’envie saisit son estomac et le tort. Ou peut-être est-ce l’appréhension… Plusieurs mois de préparation, il s’était cru prêt. Lui seul pouvait accomplir cette mission. Lui seul pouvait racheter son père, son nom. La bataille fut si rude, il en avait perdu des nuits, mais il était là, debout, devant cette chose qui n’avait plus rien d’un homme.
Debout, mais faible.

Tue-le.

Tuer un homme… Comment ?

Son regard pâle transperce son âme, ses lèvres se mouvent mais ne parlent pas. Ses doigts se resserrent autour du bâton de bois et sa respiration gagne en profondeur.

La victoire est à portée de main. N’avait-il pas déjoué toute statistique ? N’avait-il pas mériter de savourer l’issue qui le mènerait à la paix ?
Briser son âme pour être en paix.

Tue-le !

Ses yeux se ferment, puis s’ouvrent. La lueur a changé, plus dure, plus animale, et la petite chose face à lui chancèle. Il est prêt.

Tue-le !

« Oui. »

Le geste est vif, la baguette précise. Le monde se fige et l’hésitation saisit sa conscience une dernière fois, juste assez pour percevoir le tambour des pas sur l’escalier de pierre.

Les tremblements reprennent et son esprit se perd…

« Tue-le, Drago ! » susurre sa tante à son oreille.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par ninipraline » 24 nov. 2018 - 20:41

Titre : Quand on est des sorciers...
Thème (écrit ou image) : Bagarre + image du bateau de papier sur l’eau
Fandom : HP
Nombre de mots : 267 mots
Personnages : Famille Weasley
Rating : Tous public
Le bateau de papier s’éloignait dans le fin filet d’eau. Entre les herbes folles et les plants de courges, le ruisselet serpentait, s’inventait une route. Lui, qui n’avait été jusque là, qu’une masse d’eau croupie dans un tonneau sous la gouttière, se racontait une histoire d’autre part, se préparait au départ, à de longs voyages.
Au pied de la maison, le tonneau renversé gisait. Il n’avait plus grand-chose à raconter, lui. Tout au plus se demandait-il s’il était tombé, si on l’avait poussé. Et puis non c’était trop compliqué. Il laissait les histoires au petit ruisseau et aux gnomes qui avaient croisé son chemin.
« Comment cela a-t-il pu arriver ? Et comment vais-je les faire partir ? Fred et Georges, cela n’est absolument pas drôle. Il va sûrement falloir vous amener aux urgences de Ste Mangouste ! Quand votre père rentrera. »
Un éclair traversa le ciel. Une fenêtre se ferma. Le silence retomba sur le jardin.
Beaucoup de ramdam pour une bagarre, songea une petite fille rousse. Assise sur un des bancs, au pied de la maison, entourée de chaudrons dépareillés, usés et troués, elle travaillait à quelques potions à base d’ortie, de baies blanche et de feuilles de tous ce qu’elle avait trouvé.
Finalement, c’était bien fait. Ces frères n’avaient pas voulu qu’elle joue avec eux. Ils n’avaient pas joué longtemps. Elle espérait que Fred garderait longtemps ce cornichon dans le nez et que George ne se débarrasserait jamais de son chou à l’oreille.
C’était tout de même bien dangereux de jouer à la bagarre, même pour des grands garçons, lorsqu’on était des sorciers.
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Westyversionfrench » 24 nov. 2018 - 20:46

Titre : Une énième bagarre
Thème (écrit ou image) : Bagarre (écrit)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 450
Personnages : Draco M, Ronald W, Minerva M, Severus S, Dumbledore
Rating : Tous Publics
Minerva McGonagall fixa les deux élèves assis face au Directeur de Poudlard. Bien évidemment, l’un des deux appartenait à sa maison, et l’autre, répondait aux couleurs soutenues par Severus Snape, qui tout aussi contrarié qu’elle, se tenait droit derrière son étudiant. Ils se jaugèrent avec défi, convaincus l’un comme l’autre que leur protégé avait seulement répondu à la provocation de l’autre. Albus Dumbledore de son côté, s’essuyait le front en grimaçant.
“Messieurs Malfoy et Weasley, je dois dire que je suis considérablement déçu par votre attitude. Je pensais que vous sauriez mettre de côté votre antipathie partagée pour l’autre pour servir cette école au mieux.” Le jeune Weasley, constata Minerva, avait au moins l’air un peu coupable, contrairement à ce petit Malfoy au menton pointu qui essayait d’éborgner avec cet appendice l’air ambiant.

Severus décida d’intervenir :
“Monsieur le Directeur, si je puis me permettre, le Professeur McGonagall et moi-même pouvons choisir une punition adéquate face à cette infraction.” Evidemment qu’il voulait être maître de la décision, s’insurgea mentalement Minerva. Il pourrait ainsi Draco Malfoy s’en tirer sans retirer de points à sa maison. Elle avait déjà compris depuis belle lurette que les devoirs de potions supplémentaires donnés au jeune Malfoy loin de le rebuter, lui permettaient de concocter des potions qui n’étaient pas au programme avant la septième année. Albus, toutefois, coupa son homologue :
“Merci Severus. En temps normal, je me fierai effectivement à votre sens aigu de la justice. Toutefois, nous sommes ici en présence de deux jeunes préfets. Ils relèvent donc, de mon autorité seule.” Les interpellés se jetèrent un regard révolté à l’idée d’être tous deux à position égale.

Dumbledore se leva et fit le tour de son bureau pour aller chuchoter à l’oreille de certains tableaux. Après un long entretien mêlant tant de chuchotis qu’on ne pouvait discerner le contenu du dialogue, il se racla la gorge et annonça :
“Les Directeurs et moi-mêmes sommes unanimes. C’est inédit mais l’obstination de cette rivalité l’est également. Ainsi, je vous met en garde. A la prochaine bagarre, je vous retire à tous deux votre fonction de préfet.” Un mutisme complet saisit autant les élèves que les directeurs de maison. Minerva s’étonna : n’était-ce pas contraire à la politique de Dumbledore ? N’était-ce même pas contre les règles mêmes de l’école que d’agir ainsi ? Elle allait intervenir lorsque Dumbledore accorda enfin un regard aux deux adultes :
“Professeurs, je vous laisse réfléchir à d’éventuels candidats aux postes de Messieurs Malfoy et Weasley. Je me fie en votre jugement en la matière. Quant à vous messieurs, j’attends, à l’avenir, que vous honoriez la fonction pour laquelle je vous pensais hautement qualifiés.” la flatterie sembla prendre puisqu’ils hochèrent solennellement la tête avant de se retirer.
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Westyversionfrench » 24 nov. 2018 - 21:29

Titre : A glimpse of All
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original (DLDB)
Nombre de mots : 922
Personnages : Désiré de K, Renaud R
Rating : Tous Publics
Il n’avait pu se résoudre à prendre l’appareil de Keryan. Cet objet le mettait encore trop mal à l’aise, si peu de temps après la mort de sa tante. A la place, et sur les conseils de Lucie qui avait tout de suite compris ce qui lui correspondrait le mieux, il avait acheté l’un de ces appareils photographiques instantanés qui revenaient à la mode depuis deux ou trois ans. Soigneusement empaqueté pour ne pas se détériorer avec l’humidité à bord d’Amunrave II, il ne le sortait que lorsqu’il sentait un moment important se jouer. Il n’avait pas le don ou la sensibilité de Keryan pour capturer les instants volés, mais il y avait une patte certaine quant à ses paysages ou à ses portraits décalés de Renaud. Ce dernier le forçait de temps en temps à apparaître lui-même. Les jours où il s’ennuyait et qu’il n’avait pas envie de lire, Désiré collait les clichés sur un album photo qu’il annotait. Il voulait se souvenir de ces instants insensés, à l’autre bout de la planète, en compagnie de Renaud.

Ce périple, au-delà d’un rêve d’enfant, était le projet d’une vie. Lui, le terrestre, avait voulu se prouver qu’il pouvait larguer les amarres et qu’il était capable de naviguer aussi longtemps. Bien sûr, il n’était pas seul et ce n’était pas une course. Les escales étaient nombreuses et il avait pu fouler tous les sédiments du monde pendant ces longs mois. Il s’attarda sur le collage des derniers clichés, pris quelques jours avant leur départ d’Argentine. Ils s’étaient arrêtés un mois et demi en Amérique du Sud pour voyager à l’intérieur du subcontinent. Sur les images dont le cadrage laissait parfois à désirer, on voyait des paysages aussi variés que dissemblables. Le Machu Pichu, des déserts de sel, des forêts luxuriantes, des sommets arides, des baies paradisiaques et des îlots perdus. Parfois, Renaud ou plus rarement, lui-même apparaissaient. Le rouquin, en tenue traditionnelle péruvienne, levait son pouce en direction de la caméra, tenant d’une main un lama à la mine mauvaise. Lui-même, figé les bras en l’air, discutait avec leur guide argentin sur fond de Terre de Feu.

A l’aller, ils avaient traversé l’Atlantique Nord pour remonter le Saint-Laurent et rejoindre les Grands Lacs. De l’Amérique du Nord, ils n’avaient découvert que la côte Est, et du Sud, que la façade pacifique. Désiré était d’avis, sur le retour, de remonter le long du Brésil, et de traverser à Panama pour aller frôler les flancs de la Californie. Il aurait aimé remonter au Canada, jusqu’en Alaska. Renaud pensait la chose possible mais peu raisonnable. cela les contraindrait à revenir sur leurs pas ou à faire le tour du Globe une seconde fois. Ils verraient bien. Devant les yeux de cet homme défilait les mondes si différents, qu’ils avaient embrasé. Il y avait des panoramas sauvages qui précédaient de quelques pages des planches urbaines où les murs étaient taggés et les routes goudronnées. Il inspira un grand coup.

Il savait ce qui manquait à sa collection pour que Lucie et Esmerald se rendent comptent de l’entièreté de leur expérience. Il ferma l’album et le rangea soigneusement dans un étui de protection waterproof. Puis, sortant son appareil photo, il sortit pour prendre quelques images de Renaud à la manoeuvre. Concentré, ce dernier ne lui prêta pas immédiatement attention. Amunrave II avait été pensé pour être manoeuvré par un seul homme si nécessaire. Renaud l’avait monté pour courir La Route du Rhum 2018, et presque deux ans après, il confirmait par ce tour du monde que son navire était d’une robustesse et d’une fiabilité sans égals. Bien sûr, en vue de cette croisière, ils avaient encore modifié leur poulain, lui installant des WC marins et même une petite cabine avec un système de douche qui convertissait l’eau salée en eau douce. Cela ne rendait pas l’eau potable mais leur permettait au moins de garder une hygiène réconfortante. Désiré n’aimerait jamais autant Amunrave II comme il aimait La Groac’h, leur premier amour à tous deux, mais il avait ce genre d’affection comparable à celle qu’il entretenait à l’égard de Bertuccio pour le splendide catamaran du futur.

Soudain, son esprit s’égara vers son domaine, si loin, si lumineux dans son esprit d’exilé. Ses chevaux paissaient sans doute en paix, et aux dernières nouvelles envoyées par Lucie, Esmerald avait fait mettre bas deux juments dont les poulains se portaient à merveille. Lorsqu’ils avaient reçu le courrier électronique, Désiré, furax de ne pas avoir été présent, s’était enfermé une demi-journée dans le garde-manger. Renaud l’avait laisser bouder mais l’avait attendu avec un cadeau surprenant quand il avait jailli de sa tannière. C’était un collier, une chaîne aux maillons épais, qui soutenait une plaque sur laquelle il avait fait engraver la vieille photo que Keryan avait pris de Frik et Désiré, des décennies plus tôt, dans l’écurie du centre de Gouesnac’h. Désiré l’avait immédiatement passé autour de son cou, et ne quittait plus ce porte-bonheur depuis. Mais son humeur n’avait plus jamais sombré dans les méandres de la nostalgie. Il retrouverait ses chevaux, son manoir et ses rives adorées, alors autant profiter de ce voyage surnaturel. Un e-mail de Lucie mit fin à ses errances mentales. Elle lui envoyait des photos de La Groac’h, qui, au ponton, avait été soigneusement nettoyée par leurs soirs, à l’intérieur comme à l’extérieur comme en témoignait sa coque rutilante. Un peu réconforté par cette actualité, Désiré tapota avec affection le mur du bateau sur sa droite, sous le rire moqueur de Renaud qui rentrait prendre une collation.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par ninipraline » 24 nov. 2018 - 21:42

Titre : Matin d’affluence
Thème (écrit ou image) : Trafic
Fandom : HP
Nombre de mots : 144 mots
Personnages : Rusard et Miss Teigne
Rating : Tous public
Les hiboux affluaient de toutes les destinations. Il avait beau fermer les fenêtres, celles-ci se rouvraient aussitôt pour laisser entrer ces maudits volatiles. Il haïssait ces oiseaux, et laissait avec complaisance son chat jouer avec les plus faibles, leur arracher plumes et bouts de chairs. Sa chère Miss Teigne l’avait toujours comprit, dès le premier jour, le premier moment, le premier échange de regard de leur rencontre, elle et lui avaient formé le plus parfait, le plus équilibré des couples. Jamais, il n’avait rencontrer pareil symbiose. Avec aucun des camarades qu’il avait pu se faire et les quelques femmes avec lesquelles il était sorti. Non. Seul son merveilleux chat, son inestimable et irremplaçable Miss Teigne avait une place dans son cœur. Et, elle et lui haïssaient ses fichus pigeons nocturnes qui emportaient colis, courriers et autres douceurs dans la vie des étudiants de Poudlard.
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Westyversionfrench » 24 nov. 2018 - 21:46

Titre : Trafic
Thème (écrit ou image) : Trafic (écrit)
Fandom : Original (DLDB)
Nombre de mots : 397
Personnages : Désiré de K, Renaud R
Rating : Tous Publics
Pour ce qui est des communications portuaires, bien que Renaud maîtrise assez le vocabulaire marin en anglais, c’est Désiré qui s’y colle. Le polyglote de l’équipe, il n’y a pas de toute, c’est bien lui. Alors, quand ils abordent des baies comme celle chargée qui défend l’entrée de New-York, la question ne se pose pas : trop de trafic pour prendre des risques. De plus, Renaud est meilleur navigateur que Désiré, et sa présence sur le pont est primordiale pour manoeuvrer le plus précisément possible. Ils n’ont pas trop de mal à trouver une bouée ou un ponton dans les grands ports, il leur faut juste s’armer de patience et attendre leur tour. Il leur est déjà arrivé de passer une nuit dans un chenal, les yeux hagards, à laisser passer des cargos qui auraient pu, en les effleurant, briser en mille pièces scintillantes, la coque fluorescente d’Amunrave II. Chaque fois, la peau de Désiré se couvre de chair de poule et il respire avec davantage de difficulté. Mais Renaud, froid, ferme et précis, est tout yeux et tout oreilles et ils passent l’épreuve avec succès.

En raison du trafic, ils ont décidé d’abandonner l’idée d’errer quelques semaines en Méditerranée. Par ailleurs, leur voyage en Grèce ne remonte qu’à un an tout au plus, et la mer aïeule n’appelle pas encore leurs coeurs. Ils auraient bien aimé glisser le long des pays baltes mais s’approcher si près de la Bretagne pour la laisser en arrière et continuer au Nord les rend triste d’avance. Alors, ils imaginent déjà de prochaines épopées : une croisière en Scandinavie en été, un stage de voile en Mer Noire pour le printemps de l’année d’après. Désiré semble incapable de cesser de prévoir. Renaud craint un temps que cet enthousiasme soit en partie de la comédie et qu’il tente de le rassurer, mais il est bien obligé de reconnaître la sincérité dans ses yeux pétillants d’idée. Alors, il l’encourage et il partage des idées lui aussi. Qu’importe s’ils sont vieux et si sortir en mer deviendra de plus en plus risqué. Parfois, Renaud se demande s’il n’est pas destiné à sombrer dans l’un de ses navires, à mille lieues de chez lui. Mais il ne sait pas ce qu’il en est pour Désiré. Il suppose que ce dernier préfèrerait mourir dans son lit, l’image de ses chevaux galopant dans les prés l’appelant par la fenêtre.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Charliz » 24 nov. 2018 - 21:47

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Trafic
Fandom : Original
Nombre de mots : 594
Personnages : /
Rating : Tout public.
« Chut mon bébé…
- Je t’en supplie, fais-le taire ! »

Diane tend la main vers le siège arrière pour essayer de toucher son fils et d’apaiser ses pleurs mais n’y parvient pas. Le nouveau-né est pris dans une frénésie, agacé d’être assis dans cette voiture depuis plusieurs heures, ne parvenant ni à dormir, ni à éteindre le brouillard d’émotion bien trop vive pour son esprit immature. La voix de Louis est tremblante d’épuisement, de colère. Il perd pied, comme sa femme, coupable de ne pas avoir prévu l’afflue d’automobiliste en ce début de vacances et de ne pas encore comprendre les besoins de son enfant. Les nuits sont encore courtes et la fatigue tire leurs traits. Les cris, euh, écrasent toute volonté et patience.

« Bon sang, Diane ! Si ça continue, je vais… »

La voix s’éteint alors qu’il presse son poing sur ses lèvres. La situation n’était-elle pas suffisamment agaçante pour en plus ajouter des cris incompréhensibles ? Comment un aussi petit être pouvait être aussi bruyant et inépuisable ?

« Tu pourrais t’arrêter à la prochaine aire… tente-t-elle.
- Hors de question. Les bouchons ne vont que s’intensifier. Si nous sortons de la file, nous perdrons beaucoup plus de temps.
- Bon. »

Elle se détache et enjambe le boitier de vitesse pour se glisser sur la banquette arrière.

« Diane ! C’est stupide et complètement dangereux !
- On n’avance pas.
- Suffisamment pour-
- Calme-toi, Louis. On ne se laisse pas déborder, tu te rappelles ? »

Il souffle bruyamment et reporte son attention sur le trafic. Elle s’attaque à l’attache de la ceinture de son fils, grimaçant en entendant les cris redoubler d’intensité.

« Chut… Tout va bien. »

Le bébé se raidit, se tord, tente de s’échapper et Diane sent monter les larmes.

« Ca ne sert à rien » marmonne son mari.

La colère la saisit. Elle lui en veut de se renfermer sur lui-même et de ne pas l’aider. Elle en veut à son fils de ne pas parler, de ne pas lui expliquer ce qui le chagrine autant. Sa couche ne sent pas, il refuse le sein…

« Chut… S’il te plait… Je t’en supplie… Tais toi !
- Diane.
- Qu’est ce que je t’ai fait ? Chut…
- Diane ! »

Elle sert le petit corps contre sa poitrine, croise le regard de Louis dans le reflet du rétroviseur. Ses pupilles sont sombres, bouleversées de la voir perdre pied. Il tend la main vers elle et elle sert le bout de ses doigts. Un sourire et elle souffle.

« Je t’aime.
- Je n’arrive pas à le calmer…
- Respire. »

Respirer…

Elle pose le bébé sur ses genoux, dégrafe le pyjama pour relâcher la pression de ces petites côtes qui se soulèvent à un rythme effréné. Elle souffle et caresse le petit visage avec douceur, combattant la frustration, la fatigue, et la colère.

« Chut, respire… »

Louis branche la radio à faible intensité et les violons l’emportent. Peu à peu, les muscles se détendent sous ses doigts et elle se sent trembler toute entière. Les paupières de son fils s’ouvrent en grand et il fixe sa mère d’un air absent. Les pleurs s’apaisent et Diane se décompose, à la fois soulagée et à bout de nerf.

Elle embrasse le petit pied à travers le fin tissu du pyjama, repose le dos sur le dossier, encore nouée. Les yeux cernés de Louis se fronce d’un sourire et elle s’en permet également un.

« On fait une bonne équipe »
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Mikoshiba » 24 nov. 2018 - 21:56

Titre : Quand on arrive en ville
Thème (écrit ou image) : Thème de 21h : Trafic
Fandom : Original
Nombre de mots : 184
Personnages : Papi, Alex, Charlie et Sam
Rating : /
Papi et les enfants enfilent joyeusement leurs manteaux, leurs gants et leurs bonnets. Avant d’ouvrir la porte, Papi vérifie que toutes les écharpes sont bien nouées, puis il laisse sortir les trois ouragans miniatures, avant de prendre tous ensemble la direction de l’arrêt de bus du bas de la rue. Il n’y a pas encore de neige, mais l’air est très frais et chaque respiration produit un nuage de vapeur.
En comparaison, l’intérieur du bus qui arrive peu de temps après eux (Papi a toujours eu un sens de la ponctualité très développé) leur fait l’impression du bon bain chaud.
Le bus, tout d’abord seul sur la route, est progressivement rejoint par d’autres véhicules au fur et à mesure qu’il se rapproche de la ville. Il les dépose au centre, près du marché couvert où Papi a ses habitudes.
Le bruit des voitures est rassurant pour les enfants, qui ont plus l’habitude de la ville que de la campagne de leur grand-père où tout est silencieux. Ici, le bruit qui les accompagne constamment est un repère indispensable et fait partie intégrante de leur vie.
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Eejil9 » 24 nov. 2018 - 21:56

Titre : Aller simple sous les roues
Thème (écrit ou image) : Trafic
Fandom : Original
Nombre de mots : 550
Personnages : /
Rating : Tout public.
Aller simple sous les roues

La voiture fonçait sur moi, moi, pauvre cadavre à venir au milieu de la chaussée, pauvre corps tremblant sur le passage clouté, pauvre silhouette perdue au milieu des fumées d’échappement et des ombres sur le bitume. La voiture, une grosse berline noire, prise au milieu du trafic, avait contourné la camionnette garée non loin, dévié pour éviter le vélo qui traçait péniblement son chemin, dépassé un monospace, doublé une smart, et était arrivée là, juste à mon niveau. Elle n’allait ni me contourner, ni m’éviter, ni me dépasser, encore moins me doubler. Elle n’allait d’ailleurs pas rester à mon niveau plus d’un instant, et c’est un peu comme si elle n’y était jamais restée, comme si elle avait simplement traversé et que la seule preuve de son passage était mon cadavre sanglant sur le macadam. Elle allait suivre sa route, avancer comme si je n’avais aucune consistance, puisque je n’étais pas un obstacle, juste une ombre en puissance. La berline était si massive que le choc ne la ferait même pas broncher. Elle arborait fièrement le rouge de sa plaque diplomatique, étendard clamant une immunité que je n’avais même pas eu le temps de lui envier. Le bolide est arrivé trop vite, trop vite, et m’a propulsé dans le néant sans me laisser l’occasion de m’en rendre compte. La voiture n’était pas un taxi, mais j’ai été expédié dans l’autre monde sans avoir à payer la course. Elle a laissé derrière elle une odeur de caoutchouc brûlant et de pétrole qui me suit jusque dans la mort.

La voiture, je ne l’avais pas vue arriver. Elle promenait le ronflement de son moteur au milieu des embouteillages – la nuit, tous les chats sont gris, et en ville, tous les moteurs sont aphones et inodores, le bruit des engins se noie dans le bourdonnement ambiant. Elle était arrivée comme dans le silence. Elle glissait sur le bitume comme la barque de Charon sur le Styx, sans un bruit, sans une vague, comme si le monde autour d’elle, portant pourtant l’ébullition typique des grandes villes, n’avait été qu’une grande immobilité.
Elle avait surgi, et moi, tout ce que j’avais fait, c’est ouvrir de grands yeux et d’attendre. Elle était silencieuse et m’a réduit au silence.
Elle m’a écrasée sous une montagne hurlante de douleur fulgurante. Elle est passée aussi vite que la douleur qui s’est absorbée jusqu’au néant après avoir atteint un paroxysme inexprimable, comme un atroce orgasme inversé.
La voiture m’a tuée sans que ni elle ni moi n’ait le temps ou l’envie de pousser un soupir.

Elle roule toujours, dans ma tête, vous savez. Une grosse berline qui m’écrase de sa masse et me rompt sous la douleur à chaque seconde. Elle me hante jusque dans la mort, si massive, si noire, si mortelle que je n’arrive même pas à me plaindre de l’injustice de la situation, moi qui devrais être celle qui hante, et non celle qu’on visite en portant avec soi son horreur et sa menace. Elle fonce à toute allure, même ici, au milieu du Père Lachaise, et transforme son chaos de tombes en immense embouteillage. Elle arrive, prenez-garde. Elle est là, et vous êtes comme moi, perdus au milieu du trafic, prêt à mourir les os et l’âme rompus sous ses roues.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par BellaCarlisle » 24 nov. 2018 - 22:01

Titre : Trafic d’organes
Thème (écrit ou image ou musique) : Trafic
Fandom : Sherlock (BBC)
Nombre de mots : 405
Personnages : Sherlock, John, Greg, Mycroft
Rating : Tout public
Le regard légèrement exaspéré de Sherlock suffit à l’inspecteur Lestrade pour comprendre que le détective consultant a déjà trouvé la clef de l’énigme. Le policier est toujours étonné par les capacités déductives du Holmes, même si le cadet de la fratrie lui donne souvent l’impression d’être stupide.

- C’est évident, non ? Il s’agit du troisième cette semaine à qui il manque un organe, c’est facile de deviner à quoi ils servent.
- Ce serait un trafic ? demande Gregory avec une légère hésitation. Trafic d’organes ?
- Il me semble que nos trois victimes ont le même groupe sanguin, précise John. Cette hypothèse tient le coup.
- Bien sûr qu’elle tient le coup, s’irrite le détective en levant les yeux au ciel. À moins que notre tueur soit un cannibale, c’est la seule explication. Ne cherchez pas du côté des hôpitaux, l’assassin doit sans doute être un médecin clandestin.
- Nous n’avons pas les effectifs nécessaires, marmonne l’inspecteur. Il aura largement le temps de s’enfuir avant notre arrivée.
- Demandez au Gouvernement, ironise l’ancien militaire.

Et sans un mot de plus, les deux amis quittent la scène de crime, laissant Lestrade et ses collègues face à un cadavre qui a été allégé d’un rein. Le chef de la patrouille soupire avant de s’éloigner, faisant signe aux membres du département légal de poursuivre leur travail sur la victime. Gregory sort son téléphone et compose un numéro qu’il utilise le moins possible habituellement. Au bout de plusieurs sonneries, son interlocuteur décroche et il lui explique brièvement la situation. Il sait que comme son frère, Mycroft est très rapide pour comprendre ce qui lui est dit et qu’il n’a donc pas besoin de s’éterniser.

- Je mets mes contacts sur le coup, déclare finalement l’aîné des Holmes.

La voix apparaît comme étant proche, ce qui surprend l’inspecteur. Une ombre avec un parapluie attend un peu plus loin, reconnaissable entre mille. Gregory raccroche et rejoint celui que tout le monde surnomme le Gouvernement.

- Vous êtes là depuis longtemps ?
- Sherlock m’a envoyé un message avant de venir, répond Mycroft. Cette histoire de trafic lui plaît bien, un vrai gamin.

L’inspecteur retient un sourire, remarquant le ton amusé du Holmes. Depuis le temps qu’il connaît les deux frères, il s’est habitué à leur manque d’expression et il parvient désormais à décrypter quelques-unes de leurs émotions. Particulièrement lorsque Mycroft prend cet air fraternel qu’il affiche rarement en public.
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Westyversionfrench » 24 nov. 2018 - 22:36

Titre : Une certaine poésie
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original (DLDB)
Nombre de mots : 792
Personnages : Lucie E, Esmerald R, Désiré de K
Rating : Tous Publics
Il fallait être lucide, Lucie ne s’entendait pas facilement avec les gens de son âge. Bien sûr, il y avait la bande dont elle s’était entourée en fac qu’elle fréquentait toujours, pas intermittence. Mais la plupart des fréquentations de son quotidien depuis son emménagement au manoir, étaient des personnes quelques peu âgées. Désiré et Renaud avec leur début de soixantaine, en étaient les parfaits exemples, sans parler de Keryan et de ses soixante-dix ans bien entamés, et puis François, qui la devançait d’encore une vingtaine d’années. Elle avait également du mal à supporter les générations plus jeunes qu’elle, surtout celles, sortant de l’adolescence, qui glissaient sur la pente fatale de la vie active. Son amitié avec Essy n’avait donc pas été une évidence. Elle l’avait connu au moment où, en pleine crise identitaire, il envoyait valser le monde et les adultes avec sa révolte toute adolescente, du haut de ses seize ans.

Pourtant, assez vite, ils s’étaient bien entendus. Une fois ses parents convaincu de la validité de ses choix professionnels, le garçon avait dû redoubler d’efforts, sous l’autorité de Désiré, pour prouver au monde qu’il était adulte et capable de gagner son pain assez vite. Cela avait crée une muraille invisible entre Esmerald et les autres garçons et filles de son âge. Là où ils ne pensaient qu’à sortir, flirter et ne pas penser au lendemain, Esmerald menait de front sa formation théorique, ses stages pratiques, et expérimentait un avant-goût d’autonomie. S’il vivait au Manoir, en colocation, au même titre que Lucie, il devait gérer son budget pour les frais qui étaient nécessaires : l’essence de son scooter, les achats de matériel nécessaires à son métier, sa part dans le budget nourriture et internet et la petite somme symbolique que Désiré lui retenait comme loyer. S’il manquait un créneau de cette escalade périlleuse, il chutait sévèrement, Maxence ayant affirmé qu’il ne volerait pas à son secours, et interdisant de faire de même à sa femme et son père. Alors, Essy tenait, et Lucie l’épaulait, touchée par cette détermination remarquable par sa sincérité. Elle-même, en s’exilant, était passée par cette sensation de chute libre où d’un pari, d’une prise de risque, on peut s’écraser sans filet de secours.

Depuis deux ans, Esmerald avait changé. Il avait mué, peu à peu, en homme, et c’était très déconcertant pour Lucie qui avait d’abord eu à son égard, des sentiments proches du fraternel. Quand il rentrait le soir, après une journée passée en extérieur, à l’écurie, en forêt, à cheval ou à rénover des clôtures ou à transporter du fourrage, il était noir de poussière, mais le visage illuminé d’un sourire fatigué. Il n’avait pas perdu sa bonhomie, elle avait mué en une satisfaction sereine. Il suivait un rituel similaire chaque fois avant le dîner. Il se lavait les mains dans l’évier de la cuisine, aidait à préparer le repas en racontant sa journée et les progrès de certains chevaux à Désiré. Pendant que le plat principal cuisait, généralement, il en profitait pour aller se doucher, et redescendait en survêtement, les cheveux encore mouillés, l’odeur du cheval ayant peine à se détacher de lui malgré son récurage. Puis, ils se mettaient à table et il partait se coucher assez tôt. Depuis quelques semaines toutefois, il lui arrivait d’emprunter un livre sur lequel sûrement, il s’écroulait de fatigue.

Lucie, comme de coutume, était dans la verrière quand il arriva ce soir-là. A vrai dire, l’arrivée d’Essy dans la verrière marquait toujours la fin de la journée professionnelle des deux autres. C’était le moment où elle envoyait les mails rédigés dans la journée, celui où elle cessait de toucher aux piles de livres classés, et celui où Désiré fermait les dossiers contenant ses finances ou ses programmes de suivi pour les chevaux du domaine. Esmerald cette fois, avait les mains plus sales que d’habitude. Pour éviter à Désiré se se rendre sur Quimper au garage, il avait vidangé sa voiture, et du camboui chamarrait son vieux jean troué et son t-shirt d’un vieux groupe anglais passé de mode. La nuit tombait déjà dehors et subitement, il fit un mouvement brusque, comme pour rattraper quelque chose qui lui échappait. Son agitation attira l’attention de Lucie et Désiré, qui le fixèrent, un peu surpris. Il s’approcha d’eux, mains fermées, et dévoila enfin un papillon orangé qui alla voleter autour de la lampe en pied près des oiseaux. Esmerald le chassa à nouveau pour le faire sortir de la verrière dont il referma la porte. Il se tourna vers les deux autres et dit, enjoué :
“ça serait dommage qu’il se fasse bouloter par un des piafs.” Lucie lui sourit. Voilà ce qui différenciait Esmerald de beaucoup de jeunes de son âge, une rémanence de poésie dans un monde devenu bien agressif.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Charliz » 24 nov. 2018 - 22:47

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Mission
Fandom : HP
Nombre de mots : 773
Personnages : Drago Malefoy, Neville Londubat, Minerva McGonagall, Aurora Sinistra
Rating : TP
Le crissement des pieds du banc sur le sol de pierre de la Grande Salle appela au calme et Drago observa la chevelure de sa belle fille se balancer dans son dos alors qu’elle s’éloignait d’un pas furieux. Les notes de Meredith avaient encore baissé en Potion. Il faudrait qu’il lui demande de rester à la fin du prochain cours pour comprendre le pourquoi, avant que sa mère ne l’apprenne et ne braque l’adolescente.

« Il parait que vous reprenez le club d’Horace. »

Il glissa un regard vers le professeur à sa droite et, sous la surprise, la lame de son couteau entaille légèrement sa peau. Une pomme gout sang, merveilleux.

« En effet. »

La vieille dame à ses côtés sourit.

« Je trouvais ça intéressant, à l’époque. Nous pouvions ainsi prendre des nouvelles de nos anciens élèves… Mais je n’étais jamais invitée.
- Je ne l’étais pas non plus.
- Moi, j’ai pu participer à la soirée de Noël, en Sixième Année. »

Ils tournèrent tout les deux la tête vers Neville, à leur gauche. Comme à chaque fois que le professeur de Botanique s’invitait dans ses conversations, Drago sentait la colère monter. Ils étaient collègues, mais pas amis. Ne pouvait-il pas faire sa vie loin de la sienne ? garder une distance respectable entre eux ?

« En tant que serveur, sans doute. »

Neville lâcha un sourire amusé et la directrice les foudroya du regard.

« Je vous en prie, Messieurs. Un peu de tenue. Quel exemple donnez-vous à nos élèves ?
- Ils ne nous écoutent pas, Minerva. Ils sont trop obnubilés par la dernière dispute entre Miss Parkinson et le jeune Hudson. »

Drago retint un sourire de justesse à l’entente de la répartie de son collègue alors que McGonagall claquait de la langue d’agacement.

« Aurora, vous souhaitiez que j’inspecte votre Tour ?
- Oh oui… Deux télescopes ont encore rendu l’âme, ils refusent de se fixer sur une étoile ou une planète. J’ai vraiment besoin de nouveau matériel pour assurer mes cours.
- Allons donc discuter de tout ça… Il va encore falloir que je remanie le budget. »

Les deux femmes se levèrent et malgré lui, Drago croisa le regard de Neville.

« Je sens que mes tentacules du diable vont encore passer sous le tapis cette année.
- Comme si acheter des plantes était plus important que de nouveaux chaudrons en étain.
- Les élèves ne sont pas censé assurer leurs fournitures ?
- Les chaudrons de basses qualités explosent avec une simple potion d’Amnésie. Tous les parents n’ont pas les moyens d’offrir à leurs enfants du matériel de cette qualité. Vous devriez pourtant bien le savoir, Professeur Londubat.
- Je n’ai jamais manqué de rien…
- Ce qui explique l’utilisation de la baguette de votre père pendant les premières années à Poudlard.
- Ce n’est pas pour ça que- »

Neville secoua de la tête, agacé, et fusilla Drago du regard.

« Les Gryffondors se sont encore plaints de votre manque d’impartialité.
- C’est ridicule. Ils enchainent les erreurs, je ne vais quand même pas les féliciter.
- Drago, notre mission est de les guider, et non de les casser. »

Le professeur de botanique adressa à son collègue un sourire faux et ce dernier haussa des sourcils, loin d’être convaincu.

« Je ne pense pas que les traiter comme des enfants les aidera à affronter la vie dehors. Rien n’est facile, rien n’est gratuit. Le comprendre le plus tôt possible est un gage de survie.
- Je plains votre fils.
- Qu’entendez-vous par là ? »

Sentant la colère compresser sa poitrine, Drago referma ses doigts sur sa baguette. Cet homme se croyait tout permis, il dépassait les bornes ! Et puis tout d’un coup, la luminosité s’affaiblie et les bougie encore fumantes tombèrent une à une sur le sol, inerte. Le dernier Malefoy les observa d’un air confus… Il arrivait parfois que les sorts méritent une petite mise à jour mais le service de Maintenance était passé un peu plus tôt dans la semaine. Quelque chose sonnait faux.

Comme l’assourdissant craquement qui résonna sous les arches et fit trembler les murs.

« Qu’est-ce que- »

Neville s’était levé, sondant les murs et le plafond de la Grande Salle d’un œil suspect. Le silence s’était fait, l’ambiance était lourde. Quelque chose se passait. Quelque chose…

De profondes fissurent apparurent de la base de la construction et rejoignirent le même point de rencontre au-dessus de leur tête. A travers l’étoile, les rayons du soleil percèrent et les éblouirent une fraction de seconde.
Une fraction de seconde avant que tout ne s’écroule.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Eejil9 » 24 nov. 2018 - 22:55

Titre : Le ponton au bout du monde
Thème (écrit ou image) : Mission
Fandom : Original
Nombre de mots : 1435
Personnages : /
Rating : -12
Cette nuit-là, les morts étaient moins brillants que d’habitude. Ils ne promenaient pas leurs immatérielles volutes vers le ciel. Ils étaient recroquevillés, ternes et éteints, et racontaient leurs histoires pour lutter contre cette pluie glacée qui quittait le ciel d’hiver pour venir les abattre de son aveugle violence.
Lucie frissonnait, abritée comme elle pouvait sous le rebord de toit d’un mausolée particulièrement extravagant.
- Si on m’avait dit que les morts souffraient de la pluie, murmura-t-elle à Guillaume, qui était décidément devenu son grand ami. Si on m’avait dit que même sans corps, on peut avoir froid…
Une fois n’est pas coutume, Guillaume ne sut quoi répondre. Le froid qui lui perçait l’âme lui ôtait toute envie de philosopher.
Mais puisqu’il n’y avait rien à faire contre l’eau qui quittait les cieux pour les punir d’une faute qu’aucun d’eux ne savait avoir commise, autant parler, comme chaque nuit.
C’était un homme plutôt discret qui prit la parole pour quelques âmes, sous le rebord de toit du mausolée. Lucie l’avait remarqué quelques nuits auparavant, à son air désespéré et coupable. Elle s’était interrogée depuis lors sur ce qui pouvait hanter un homme jusque dans la mort… Elle espérait bien que la réponse l’aiderait à lutter contre le froid.

***

Tu as une mission, ils m’avaient dit. Ces hommes sont des barbares, tu dois leur apporter la lumière. Ils sont si rustres qu’ils ne comprennent pas que nous voulons leur bien, ils se rebellent. Nous n’utilisons pas la violence pour le plaisir, mais à la manière du père qui punit son enfant : il faut parfois être sévère pour obtenir le meilleur.
Ma mission, pourtant, c’était celle que mon père m’avait donnée. Va-t-en, m’avait-il dit, je ne veux plus voir ton visage à ma table, je ne supporte plus d’avoir face à moi l’échec que tu es. Vingt-cinq ans, pas d’épouse, pas d’enfant, pas de travail, aucun talent, je ne tolère plus un tel agglomérat d’oisiveté et d’incompétence. Pars au bout du monde, et reviens si différent que je saurai enfin te supporter. Va-t-en.
Alors, j’étais parti, parce que je n’avais pas bien le choix. Ma mère m’avait emmené en pleurant au port, et j’avais embarqué sur un navire emportant loin au sud tous ceux qui cherchaient un lieu où ils se sentiraient moins impuissants. C’était le Congo, lieu de tous les possibles. Le Congo, l’Afrique, échappatoire pour idiots en perdition.

Moi, je savais déjà que ça ne marcherait pas. Mais j’ai tenté de les écouter. Tu as une mission, m’avaient-ils dit. J’ai bien tenté de la mener à bien. Apporter la lumière, je ne trouvais pas ça idiot, jusqu’à ce qu’il me soit donné de voir ce qu’ils osaient appeler lumière.
Ils m’ont donné un fusil, une bible, et une case au village colonial. L’endroit n’était pas aussi nauséabond que mon père avait pu me le prétendre. C’était un village entouré d’arbres immenses, au bord d’un fleuve promenant ses eaux brunes et passives. Le village et le fleuve luttaient et cette lutte prenait la forme d’un ponton qui survolait la vase sur quelques dizaines de mètres. L’endroit était beau au-delà du raisonnable.
Ma mission était d’accompagner les convois qui apportaient les matériaux nécessaires à la construction du chemin de fer, plus loin dans les terres. Parce que le fleuve permettait le transport, mais ce n’était qu’un axe. Il fallait exploiter le territoire, le quadriller, y apporter ce que mes supérieurs nommaient civilisation et ce que moi, je ne parvenais pas vraiment à juger. La technologie, la lumière, avait dit le directeur du poste. Jusque-là, j’avais trouvé tout cela logique, sans y avoir vraiment pensé plus avant.
Et puis, les choses s’étaient gâtées.

C’était un matin. L’un des hommes noirs qui portaient les longues traverses de bois nécessaires à la construction des rails s’était blessé. Un faux mouvement avait provoqué sa chute, et il s’était ouvert la jambe jusqu’à l’os sur un rocher. J’ai demandé à ce qu’on le remplace et qu’on le renvoie au poste. Et puis, mon second est arrivé, et m’a ri au nez. Tu ne vas tout de même pas t’embêter avec ça, m’avait-il demandé. Au poste personne ne fera rien pour lui. Tu le verras agoniser pendant des semaines… Tire-lui une balle dans la tête, tu lui rendras service.
J’ai refusé.
Quand le convoi est revenu, quelques jours plus tard, j’ai trouvé l’homme que j’avais renvoyé appuyé contre le tronc d’un arbre à l’entrée du poste. Sa blessure était couverte d’une couche jaunâtre qui virait par endroit au noir. Elle répandait une odeur pestilentielle que l’on pouvait sentir à plusieurs mètres. Un nuage de mouches entourait le blessé, dont le visage était couvert de sueur.
Je me suis agenouillé de lui, et j’ai tenté de lui parler, mais la fièvre ne lui permettait pas de me répondre de manière cohérente. Je lui ai donné de l’eau.
Je suis revenu tous les jours. J’ai bataillé avec le médecin pour qu’il l’aide, mais on m’a ri au nez. On en a des dizaines, des comme ça, m’a-t-on dit. On en trouvera un autre, ne t’inquiète pas.
Le directeur du poste a fini par le faire déplacer parce que les voisins commençaient à être incommodés par l’odeur.
Ce n’était pas l’odeur qui m’incommodait. Ce n’était pas l’odeur qui me donnait envie de vomir…
L’homme a mis encore quatre jours à mourir. Ce n’était que le premier d’une longue série.


Tu as une mission, tu leur apporteras la lumière. Dans les yeux des hommes que j’exploitais, je voyais surtout la lumière s’éteindre.

Et un jour, vous savez, je n’ai plus pu. C’était un matin. Le soleil brûlait la terre, comme tous les jours. J’essayais de me raser devant mon miroir, et je n’ai plus pu supporter mon visage. Alors, j’ai quitté ma case, et j’ai marché sur le ponton.
Ce ponton au bout du monde où la cruauté de mon père m’avait conduit.
Je ne détestais pas mon père, qui avait sans doute cru, en étant sévère, me rendre service. Je ne détestais pas ma mère qui n’avait rien fait pour le retenir. Je ne détestais même pas le directeur du poste qui avait refusé d’aider tous ces hommes blessés en construisant qui une nouvelle case, qui un morceau d’un chemin de fer qui semblait ne jamais pouvoir voir le jour. Je ne détestais personne, ni les autres, ni moi-même.
Je ne détestais que les fausses promesses, et surtout cette lumière qu’on m’avait fait chercher, qu’on avait prétendu que je pouvais donner. Je détestais l’ombre qui apparaissait dans le regard des hommes que j’aidais à tuer. Je détestais cette vie qui menait de déception en déception.
J’étais sur un ponton dans un pays inconnu, j’étais seul, mal aimé depuis toujours, et je n’avais rien construit d’autre qu’un empire d’ombre en quête d’une lumière si fausse qu’elle n’éclairait même pas l’âme de ceux qui croyaient la répandre. Je ne pouvais plus me supporter.

J’ai mis doucement, presque tendrement, le canon du fusil dans ma bouche, là, sur ce ponton au bout du monde. J’ai regardé devant moi, le fleuve charriant ses eaux brunes et la forêt. J’ai trouvé le monde beau, et j’ai regretté que la vie soit si laide. Et puis, j’ai tiré.

Pars au bout du monde, et reviens si différent que je saurai enfin te supporter, m’avait dit mon père.
Je ne pouvais pas revenir plus différent qu’entre quatre planches. Et effectivement, il avait appris à me supporter… Peut-être ai-je seulement eu un pincement au cœur en apercevant les larmes de ma mère, et puis… Voyez-vous, je fais naître l’ombre dans les regards même lorsque je veux leur offrir la lumière. Ma mission, comme celle de mes collègues du bout du monde, est vouée à l’échec.
Vous aussi, je vous vois sombrer. Vous êtes gagnés par l’obscurité, un peu plus chaque seconde. J’aurais dû me taire, sans doute.
Je ne peux toujours pas me supporter, mais ce monde-ci, je ne peux pas le quitter.

***

À la fin du récit, les morts ternis par la pluie n’en furent que plus éteints.
Et Lucie, la mort dans l’âme, saisit la main de Guillaume.
- Je me demande pourquoi nous restons dehors par un temps pareil. Je me demande aussi pourquoi nous persistons à nous raconter nos morts alors que nous pourrions raconter nos bonheurs. Demain, je parlerai. En attendant, rentrons.
Guillaume haussa un sourcil, surpris sans doute par les propos d’une morte si jeune. Mais une fois n’est pas coutume, il ne joua pas au vieux sage, et suivi sa nouvelle amie vers un lieu où le ciel cesserait de les glacer de ses larmes.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Mikoshiba » 24 nov. 2018 - 23:01

Titre : Les courses
Thème (écrit ou image) : Thème de 22h : Mission
Fandom : Original
Nombre de mots : 340
Personnages : Papi, Alex, Charlie et Sam
Rating : /
La petite famille traverse le marché couvert pour se diriger vers l’étal du maraîcher. Comme de coutume, Papi présente toutes sortes de fruits et de légumes aux Chicoufs afin de tester leurs connaissances, puis il les interroge sur ceux qui avaient été vus lors de leurs visites précédentes.
- Et donc, pourquoi il n’y a pas de cerises ?
- Parce que c’est pas la saison ! répondent en cœur les enfants, sous le regard fier de leur grand-père.

Leur mission : trouver de quoi manger pour le midi. Et aussi pour les prochains repas, car si les enfants adorent la ville et son agitation, ce n’est pas tellement le cas de Papi qui préfère prévoir à l’avance ses menus afin que les seules courses qu’il ait à faire le jour même ne soient pas plus éloignées que la boulangerie du village et le bureau de tabac où il achète son journal.

Les légumes, le fromage, les œufs et des pâtes alphabet dans son cabas, les enfants à l’œil et à portée d’oreille (bien que son ouïe ne soit plus aussi fine qu’il fut un temps), Papi fait encore un détour par la boutique du cordonnier.
Les Chicoufs insistent pour visiter la fête foraine qui se tient sur une place proche. Papi leur cède un tour de manège, puis les enfants restent hypnotisés devant les machines à sous, où une main argentée attrape de petites peluches. Les auto-tamponneuses leur font également très envie, mais un seul regard de Papi leur fait comprendre en un éclair qu’il est inutile de demander : la réponse sera non.

Le retour vers l’arrêt de bus se fait un calme relatif. Papi apprécie grandement le fait de pouvoir enfin s’asseoir au chaud lorsque le bus arrive pile au même moment qu’eux.
Sur le chemin du retour, les enfants courent dans les feuilles mortes qui jonchent le trottoir, et Papi râlant pour la forme, se rappelle avec nostalgie le temps où il faisait de même (et que son propre grand-père ronchonnait lui aussi pour la forme).
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par BellaCarlisle » 24 nov. 2018 - 23:02

Titre : /
Thème (écrit ou image ou musique) : Mission
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 336
Personnages : James, Gareth, Q
Rating : Tout public
Ce n’était qu’une banale mission de routine, rien de plus. Et pourtant, tout a viré au cauchemar, bien trop vite.

Les mains pressées contre l’abdomen de son supérieur, James tente de maîtriser l’hémorragie. À chaque seconde qui s’écoule, la flaque de sang lui semble s’étendre de manière dramatique. En communication avec Q, il suit les directives du quartier-maître pour maintenir en vie leur patron, même si la situation empire à une vitesse trop importante.

Il y a eu des coups de feu non loin de leur planque, si nombreux qu’ils ont cru devoir intervenir. Même si le double zéro est persuadé d’avoir toujours les cartes en main, il n’a pas pu éviter les balles perdues. Tout du moins, lui a réussi, mais pas M.

- Tenez le coup, Sir, murmure James avec une pointe d’inquiétude dans la voix.

Il entend au loin les sirènes des ambulances mais il a l’impression qu’elles sont bien trop en retard. Il réagit à peine lorsque l’un des secouristes arrive pour s’occuper de Mallory, ne s’écartant qu’au moment où les autres lui intiment de reculer. Il les observe poser des perfusions et faire tout ce dont il était incapable sans aucun matériel médical.

- Bond, vous me recevez toujours ?
- Q ? s’étonne l’agent en reprenant pied dans la réalité.
- Est-ce que tout se passe bien ? Vous n’avez pas donné de nouvelles.
- Les ambulanciers sont là, ils font de leur mieux pour sauver M. Je crains que ce ne soit pas suffisant.
- Vous n’y êtes pour rien, Bond, le rassure le quartier-maître. Il a autorisé cette mission et s’est impliqué en connaissance de cause.
- Je le sais bien.

Mais il ne peut s’empêcher de se sentir coupable, parce qu’il n’a pas été en mesure de protéger son patron alors qu’il est censé être l’un des meilleurs agents. Il pose son regard sur ses mains pleines de sang, le sang d’un innocent qui n’aurait pas dû être là, qui n’aurait pas dû quitter son bureau sécurisé.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par BellaCarlisle » 24 nov. 2018 - 23:22

Titre : /
Thème (écrit ou image ou musique) : planche
Fandom : Pirates des Caraïbes
Nombre de mots : 106
Personnages : Jack S
Rating : Tout public
Il regarde l’eau sous ses pieds en arborant un sourire qui désarçonne son adversaire. Après tout, ce n’est pas normal, n’est-ce pas ? N’importe quelle personne dans la même situation réagirait autrement que par une expression amusée. Il y aurait plutôt des hurlements ou des supplications, des coups d’œil paniqués avec ce besoin de demander à son tortionnaire d’être clément. Mais non, ce n’est pas le cas de Jack. Il a tant de scénarios d’évasion en tête, tant de possibilité, de phrases cultes aussi. Ce n’est pas un pauvre marin aux couleurs de la compagnie des Indes qui va l’effrayer par le supplice de la planche.

Titre : Au-dessus du sol
Thème : Image
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 588
Personnages : Skye, Phil, Amélia (OC)
Rating : Tout public
- Il y a une belle vue, n'est-ce pas ?

Amélia détache son attention de l'extérieur pour croiser le regard de Skye. La plus jeune est encore un peu pâle suite à sa convalescence et ses mouvements sont ralentis, comme si elle hésitait à avancer, comme si elle craignait une nouvelle catastrophe. L'agent du Shield lui sourit doucement, comprenant qu'elle soit mal à l'aise.

- C'est ce que je préfère ici, avoue finalement Amélia en observant à nouveau les nuages. On a l'impression de ne plus être dans notre monde, comme si on avait enfin quitté la Terre.
- C'est l'avantage du Bus, plaisante la hackeuse en venant la rejoindre.

Les deux femmes se perdent dans la contemplation des volutes cotonneuses violettes qui semblent enlacer chaque aspérité du paysage. C'est quelque chose d'apaisant après ce qu'ils ont vécu au cours des derniers jours, avec la recherche du composé secret pour sauver l'ancienne militante de Rising Tide, et la course contre une déesse trop persuasive. Chacun a besoin d'un peu de repos mais la chasse à l'Extralucide ne peut pas attendre trop longtemps en raison de toutes les vies mises en danger.

- Quand je vois ces nuages, je me demande pourquoi on ne reste pas là, cachés de tous, soupire Skye. Je sais que c'est ridicule, parce qu'on a des missions plus importantes, mais ce serait plus simple.
- Je vous comprends. Pouvoir se couper du monde est un souhait tout à fait normal.
- Sauf que le Shield n'arrête jamais, souffle la plus jeune. Et vous non plus d'ailleurs, n'est-ce pas ?
- Que voulez-vous dire ? l'interroge Amélia.
- Il paraît que vous allez déjà repartir sur les traces de l'Extralucide. C'est Simmons qui me l'a dit.
- Et elle a raison. Plus nous prendrons du retard et plus il y aura de victimes. John a établi une liste de candidats potentiels, il nous faut la réduire au maximum.

Il y a beaucoup de sérieux dans sa voix, ce qui rappelle à Skye qu'elle discute actuellement avec une femme agent qui n'a pas froid aux yeux et qui a connu les missions de terrain en grand nombre.

- C'est comment de travailler avec l'agent Garrett ? Ward en parle très peu.
- John est un homme intègre qui respecte le règlement dans les moindres détails. C'est un bon officier superviseur, sincèrement.
- Même s'il n'a pas de vue identique sur les nuages ? s'enquiert Coulson en venant à leur rencontre. Il vient de m'appeler pour confirmer son arrivée.
- C'était un plaisir d'avoir pu vous revoir, monsieur. Et bon courage à vous, Skye. Même si vous vous sentez perdue, n'oubliez pas que vous êtes bien entourée par votre équipe.

Amélia est prête à aller chercher ses affaires lorsque son ancien formateur la retient, lui demandant à voix basse si elle peut lui accorder quelques minutes. Elle accepte aussitôt, intriguée, et s'éloigne en sa compagnie. Coulson s'isole avec elle dans son bureau, dardant sur elle une expression insondable.

- J'ai vu ce qu'il s'est passé, avec la glace.

La femme sent sa gorge se nouer à cette déclaration. Ce n'est pas anodin de la part de Phil, pas alors que les gens comme elle sont soigneusement consignés dans un registre du Shield.

- Est-ce que l'agent Garrett est au courant ?
- Oui.
- Et a-t-il suivi le protocole ?
- Non, monsieur.
Dernière modification par BellaCarlisle le 25 nov. 2018 - 00:01, modifié 1 fois.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Charliz » 24 nov. 2018 - 23:40

Titre : Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort
Thème (écrit ou image) : Les deux (les trois!)
Fandom : Harry Potter x Fort Boyard
Nombre de mots : 578
Personnages : Hermione Granger, Harry Potter, Drago Malefoy, Albus Dumbledore, Olivier Minne
Rating : -18 (au moins !)
Hermione fit un pas en avant et se stoppa en plein geste, déséquilibrée.

La moquette de sa chambre avait disparue pour devenir Roche, suspendue au-dessus de la brume…

« Comment- »

Où se trouvait-elle ? Elle n’était jamais venue sur cette terre inconnue. Un instant plus tôt, elle était… Où était-elle ?

« Granger ! La planche ! »

Elle sursauta, manquant de glisser de son piédestal humide. Derrière elle, un tapis volant flottait à distance raisonnable et Drago Malefoy, le doigt tendu vers elle, semblait plus angoissé que jamais.

« Putain Granger ! Tu vas sauter sur cette putain de planche, oui ?!
- Oh laisse-là Drago. Elle est bien plus intelligente que toi.
- Harry ? »

Assis aux côtés du Serpentard, son meilleur ami lui adressa un clin d’œil malicieux et attira son voisin par le col pour l’embrasser à pleine bouche. Une nouvelle fois, Hermione manqua de sombrer dans le vide.

« Dépêchez-vous, Miss Granger. Si vous n’avez pas cette clé, nous ne pourrons pas récolter assez de Boyard pour la SALE, prévins le Professeur Dumbledore en replaçant ses lunettes en demi-lune.
- Je-
- Le temps défile…
- Olivier Minne ? s’égosilla Hermione en dévisageant l’animateur moldu.
- Elle n’est pas très dégourdie, la gamine. On aurait dû lui mettre un décolleté plus plongeant, ça aurait au moins pu attirer plus d’auditeur.
- Oh, je vous assure que Miss Granger déborde de ressources, contredit l’ancien Directeur de Poudlard. Elle ne cesse de m’étonner.
- Bon sang Granger ! Tu vas monter sur cette satanée planche ? hurla Drago en s’arrachant de l’étreinte de l’Elu.
- Mais quelle planche ?
- La planche ! »

Ils avaient tous hurler en cœur, pointant le doigt vers elle. Hermione se retourna, sursauta en découvrant la fine mais longue planche qui s’étirait jusqu’à l’horizon au milieu de la brume.

« Mais, je-
- Dépêche-toi, cria Harry. Il nous faut la clé !
- Mais Harry…
- La clé ! La clé ! »

Hermione s’élança sur le fin morceau de bois, luttant pour garder l’équilibre. Il fallait qu’elle soit rapide sinon…

« Le temps s’écoule, attention ! prévint Olivier Minne.
- Vous n’avez plus de temps, s’époumona Albus Dumbledore.
- Tant pis pour la clé ! Sors ! Sors !
- Où ça ?!
- Sors, Hermione ! Sors !
- Mais je-
- Trop tard, la porte s’est bloquée, soupira Olivier. Hermione est prisonnière de la Boule jusqu’à la fin de l’émission.
- Mais non ! se défendit Hermione. Par pitié, non !
- Albus, le Père Fouras vous attends pour l’énigme de la mi-jeu, je vous laisse suivre Passe-Partout.
- Oh ! Oh ! Oh ! J’ai toujours rêvé de répondre aux énigmes… Y aura-t-il des bonbons au citron ?
- Chers Téléspectateurs, nous nous retrouvons après une courte page de pub.
- Mais ne me laissez pas ici ! Harry !
- Toujours plus loin ! Toujours plus haut ! Toujours plus fort ! »

Hermione s’éveilla en sursaut, la respiration haletante. Elle pressa les paumes de ses mains sur ses paupières pour chasser la sueur qui perlait à travers ses cils, et tourna le regard sur la droite.

Harry et Ron étaient bien là, allongés sur le sol du salon du 12 Square Grimmaurd. Ron était bien éveillé, le regard froncé.

« Ca va ? murmura-t-il. Tu parlais de clés dans ton sommeil…
- Oh je… C’est rien, ce n’était qu’un cauchemar… »
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Mikoshiba » 24 nov. 2018 - 23:58

Titre : L'arc en ciel
Thème (écrit ou image) : L'image de 23h
Fandom : Original
Nombre de mots : 234
Personnages : Papi, Alex, Charlie et Sam
Rating : /
- Papi ? Tu nous racontes une histoire ?
- Qu’est-ce que vous voulez comme histoire ?
- Une histoire d’aventures !
- Oui ! Avec des voyages !
- Et des oiseaux !
- Bon, installez-vous.

« Il était une fois, un pays lointain où un sort avait été jeté sur tout le royaume. À chaque moment du jour, chaque chose changeait de couleur.
Le matin, tout était rouge. La terre était rouge, le ciel était rouge, les maisons étaient rouges, même les gens étaient rouges de la tête aux pieds. Au fil de la matinée, les couleurs passaient alors à l’orange, puis au jaune, et à midi, tout était vert. Les poissons, les chats, les arbres et les cailloux, absolument tout. Puis, les choses commençaient alors à prendre une nuance de bleu, puis d’indigo, et le soir, tout était violet. La mer, la brume, les coquillages et les montagnes.
Malgré le mauvais sort, les habitants de ce royaume s’estimaient chanceux : plus aucun d’eux n’avait plus jamais besoin de consulter d’horloge, plus personne ne portait de montre, et plus personne n’était jamais en retard.
Mais tous se posaient une question à laquelle personne n’avait jamais de réponse… Qui avait jeté ce sort ? Comment était le monde avant ? Car de nombreuses légendes parlaient de ce monde d’avant, celui où chaque chose avait sa propre couleur, et où rien ne changeait jamais…
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par Charliz » 25 nov. 2018 - 00:41

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Boucle
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 213
Personnages : Molly Weasley, Victoire Weasley
Rating : TP
Molly rentra dans la chambre d’un pas léger. Plongé dans l’obscurité, le berceau trônait à côté du lit conjugal, et dans un concours de gazouillis, le drap léger qui avait été déposé sur l’enfant se soulevait par vague.

Elle s’approcha en douceur, se sentant fondre en découvrant la petite silhouette et le visage apaisé de sa petite fille. Molly glissa ses doigts sur le duvet blond avec émotion. Elle avait d’abord cru regretter de voir s’éteindre les traditionnelles boucles rousses qui caractérisaient ses enfants, et puis elle avait compris : le monde avait changé et les Weasley aussi. Ils avaient été meurtris et si cette naissance débordait de coincidence et comblait la brêche, elle ne remplacerait jamais leur perte.

Fred était mort un 2 Mai et Victoire était née ce même jour, mais elle ne serait jamais le reflet de son défunt oncle. Molly veillerait à ce qu’elle ne le devienne jamais.

« Ma petite Victoire, tu as bouclé la boucle. Nous sommes si heureux de t’avoir… Nous sommes si chanceux. Mais sache que jamais nous ne t’imposerons ce que tu n’as pas demandé d’être. Tu seras toi et auprès de moi tu trouveras toujours un soutien. Ma petite princesse… »

Le bébé gazouilla et Molly la souleva pour la serrer contre elle.
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Re: [Textes] Nuit du 24 novembre

Message par BellaCarlisle » 25 nov. 2018 - 01:01

Titre : Du changement
Thème : Boucle
Fandom : Torchwood
Nombre de mots : 814
Personnages : L’équipe
Rating : Tout public
Le silence a pris possession du Hub depuis déjà plusieurs heures, uniquement brisé par le bruit des machines du bâtiment et les touches des claviers des ordinateurs. La dernière expédition ayant viré à la dispute générale, aucun mot n’est échangé entre les membres de Torchwood, ce qui désole Ianto qui observe ses collègues par la vitre de l’une des salles de réunion. Gwen s’occupe de souligner des informations sur des feuilles, Toshiko bricole quelques codes informatiques et Owen nettoie consciencieusement sa salle d’autopsie, comme si son matériel n’était pas déjà en assez bon état. Jack, quant à lui, est parti s’enfermer dans son bureau dès leur retour, faisant bien comprendre à chacun son envie d’être seul.

Le plus jeune de l’équipe n’est pas l’aise dans cette ambiance particulière. Ce n’est certes pas la première fois qu’il y a des divergences d’opinions au sein des membres du groupe mais il a comme un mauvais pressentiment. Il ignore si c’est à cause du fait que Gwen ait encore fait planter leur mission en utilisant un artefact extraterrestre qui a failli leur coûter la vie ou que Owen se soit mis à faire une mauvaise blague sur la sexualité débridée de leur patron. Peu importe la véritable raison, l’ambiance est électrique et franchement contre-productive, ce qui ne convient pas au Gallois qui songe tout d’abord au bien-être de sa petite planète bleue. Torchwood n’est pas juste un nom à brandir pour accéder à des carnages, c’est avant tout un moyen de protéger des gens d’une menace dure à combattre.

Après un long soupir, Ianto se décide à prendre les choses en main. Il rejoint en premier lieu Owen, pour essayer de discuter calmement avec lui, même si c’est peine perdue. L’ancien médecin fait la sourde oreille pendant quelques minutes avant de consentir à tenter d’être plus délicat à l’avenir. Ce n’est pas exactement ce que le plus jeune espérait mais il vaut mieux se contenter d’un petit rien pour commencer. Toshiko est tout aussi respectueuse, même si elle n’a rien à se reprocher, hormis le fait de ne pas être intervenue suite à la bêtise monumentale de Gwen. L’asiatique voit son poste comme une chose sérieuse et non comme un terrain de jeu. Le jeune homme la laisse en paix et se dirige vers le coin qui lui plaît le moins.

Le regard noir de Gwen n’est pas la chose la plus encourageante mais Ianto refuse de faire demi-tour à cause d’elle. Il sait très bien qu’elle ne l’apprécie pas, ce n’est pas nouveau, sauf qu’elle ne fait aucun effort et qu’il en a assez de la voir sans cesse en train de séduire leur patron. Ce n’est pas comme si Jack avait répété des dizaines de fois qu’elle ne l’intéressait pas et qu’il avait mieux à faire. À croire que la jeune femme s’attache à lui de plus en plus à chaque refus pourtant bien explicite.

- Gwen, est-ce que je pourrais te parler ?
- Ce n’est pas le moment, Ianto. Au cas où tu ne le verrais pas, je suis occupée. Il y a des gens qui travaillent ici et qui ne se contentent pas de préparer à boire ou de jouer au chauffeur.
- M’accorder cinq minutes ne va pas te faire prendre du retard. C’est important.
- Je me fiche de ce que tu as à me dire, c’est clair ?
- Un autre ton, Gwen, intervient Jack.

Les deux humains sursautent de concert, n’ayant pas entendu leur chef débarquer dans la pièce. Ce dernier ne porte aucune attention au jeune homme, concentré sur sa collègue qui hésite quant au comportement à avoir.

- Jack, je …
- Désole Gwen mais c’est pour Ianto que je suis venu.

Il se tourne vers le principal intéressé avant de le détailler de la tête aux pieds d’un regard si brûlant que le Gallois sent ses joues s’échauffer. Le Capitaine requiert la présence du plus jeune dans son bureau, dédaignant l’expression profondément révoltée de Gwen.

Enfin seuls dans le bureau de l’immortel, les deux hommes s’installent l’un en face de l’autre dans un silence presque religieux. C’est Ianto qui intervient le premier, gêné par la tension entre eux.

- Jack, …
- Pas un mot de plus, lui ordonne son chef. Il y a quelque chose de changé chez toi.

Le Gallois fronce les sourcils, incapable de comprendre pourquoi le Capitaine Harkness lui fait cette déclaration. L’immortel lui enjoint de se lever, ce à quoi le plus jeune obéit, toujours aussi perdu. Jack ne met que quelques secondes à le rejoindre, si près, trop près. Il sursaute lorsque la main du plus vieux se balade sur sa taille avant de descendre sur sa hanche puis sur sa ceinture.

- Tu as changé la boucle, murmure Jack.

Tandis que l’immortel défait ladite boucle, Ianto rend les armes et cède à l’appel du corps de son amant.
Image

Verrouillé

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