[Textes] Nuit du 16 juin

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Eejil9 » 16 juin 2018 - 22:59

Titre : Incompréhensible hasard
Thème (écrit ou image) : Mystère
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1115
Personnages : /
Rating : Tout public
Incompréhensible.
Ce qu’elle voyait était incompréhensible. Et pas seulement parce qu’elle ne parlait pas la langue des personnes qui l’avaient recueillie. Ils avaient l’air d’être des sorciers, mais ils pratiquaient une forme de magie qu’elle ne connaissait pas. Sans baguette, sans incantation, seule la vieille dame avait le pouvoir de s’immiscer dans l’esprit des gens comme elle l’avait fait le jour de son arrivée, mais les autres… Un pouvoir, relativement plus faible que celui des baguettes, mais indéniable, pulsait au bout de leurs doigts. Ils soulevaient sans peine des objets bien plus lourd qu’eux. Ils faisaient bouillir l’eau d’une pression des mains sur la casserole, accéléraient la poussée des plantes.
Et elle n’avait aucun moyen de savoir comment ils faisaient, ni où elle était.

Surtout, elle n’avait aucun moyen de rentrer chez elle.
Ils vivaient à l’entrée de la grotte où elle avait fait irruption, en communauté restreinte. Ils subsistaient grâce à un peu d’élevage, un potager, du troc avec les communautés environnante… Rien de bien différent de la vie de Hel et de ses parents, si ce n’était leur manière totalement incroyable de pratiquer la magie.
À grand renfort de gestes, de dessins sur son ardoise – qui les avait d’ailleurs bien fascinés – Hel était parvenue à se faire comprendre. Ça et les interventions impromptues de la vieille sorcière – Hécaté, puisqu’elle connaissait désormais son nom. Eux lui avaient signifié qu’ils n’étaient pas malveillants. Elle avait fait de son mieux pour aider ses hôtes, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Sa baguette et ses maigres connaissances magiques lui était d’ailleurs d’un grand secours.
Elle espérait que ses parents… En général, elle verrouillait fermement son esprit, et s’empêchait de penser à eux. Imaginer leur chagrin était insoutenable. Elle se sentait encore plus mal d’avoir envisagé, ne fût-ce qu’un instant, de fuguer volontairement.

Elle avait l’impression d’être à nouveau une enfant. Elle apprenait péniblement leur langue, au prix d’efforts monstrueux. Certains de leurs aliments lui étaient inconnus. Chacun de ses gestes, chacun de ses mots, étaient paré d’une étrangeté qui la laissait épuisée. Ses hôtes étaient d’une incroyable gentillesse, surtout Hécaté, qui s’en voulait de l’avoir blessée le jour de son arrivée, et Hypérion, l’homme le plus jeune de la communauté, à peine plus âgé qu’elle.
Son ancienne vie lui manquait. Plus encore que ses parents, c’était le voyage qui lui manquait. Elle avait toujours son balai, mais avait rapidement abandonné ses recherches. La terre était partout une grande dévastation de sable et ruines, mais elle ne reconnaissait rien. Les étoiles même étaient différentes. Il n’y avait rien en commun avec les lieux qu’elle avait quittés. Elle se trouvait vraisemblablement à des milliers de kilomètres de chez elle.
Plus le temps passait, plus elle s’isolait. Pour combler l’ennui, pour tromper la nostalgie qui lui déchirait le cœur, elle explorait la grotte à l’entrée de laquelle elle vivait désormais.
C’était un véritable labyrinthe minéral, dans lequel on trouvait même des lacs souterrains – trouvailles ô combien incroyable – d’étonnantes concrétions…
Une fois n’est pas coutume, elle était partie en expédition avec Hypérion quand elle trouva.

Elle trouva ce qu’elle avait toujours cherché, et ce qu’elle ne cherchait pas.
Un étroit couloir rocheux descendait en pente douce vers une salle qu’elle n’avait jamais explorée. Hypérion la suivait, mal à l’aise. Il avait grandi là, mais il n’avait jamais osé s’enfoncer aussi profondément dans les entrailles de la terre. Pour lui comme pour ses parents, abandonner la lumière, c’était abandonner la vie. Néanmoins il était inquiet pour Hel – inquiétude qui agaçait la jeune femme autant qu’elle la touchait, d’ailleurs – et demandait à venir de plus en plus souvent. Elle avait d’ailleurs éprouvé une satisfaction indéniable quand il avait violemment sursauté parce qu’une goutte d’eau lui était tombée sur le haut du crâne.
Elle était d’ailleurs toujours en train de se moquer de lui quand ils parvinrent à la salle qui s’ouvrait au bout du couloir. L’endroit était d’une telle splendeur que Hel ne parvint pas à maintenir son lumos. Mais la lumière de la baguette, mouchée, n’était pas nécessaire pour éclairer l’endroit. Une ouverture parfaitement circulaire, au plafond, faisait descendre un rayon de lumière vive sur un enfer de colonnes, de stalagmites et de stalactites. L’endroit était magique et étrange : la roche était couverte de concrétions, aussi bien au sol qu’au plafond, excepté en un étroit chemin qui courait de l’entrée du couloir jusqu’à la paroi d’en face.
Après une brève hésitation, Hel l’emprunta, suivie d’un Hypérion qui n’en menait vraiment pas large. Mue par un réflexe soudain, elle posa la main sur la paroi qui lui faisait face. Elle était lisse, chaude, et vibrait sous sa paume.
Une voix retentit soudain dans la grotte, la faisant sursauter.

- Bienvenue à l’école de magie internationale Uniwisco. Nous vous rappelons que les visiteurs ne sont admis qu’hors période scolaire, et sont tenus de se présenter au gardien avant de pénétrer dans l’école. Nous vous souhaitons une bonne visite.

Hypérion tremblait comme une feuille. Sans réfléchir, Hel lui saisit la main.
Dans un bruit d’outre-tombe, la paroi s’abaissa, dévoilant un escalier aux marches nettes. Et au bout des marches...

Ce n’était pas une école. C’était une véritable ville souterraine, mieux conservée que la totalité des villes que Hel avait eu l’occasion de visiter. Les bâtiments, taillés dans la même pierre claire que la grotte, étaient tous nets et entiers.
C’était une véritable ville souterraine, et pourtant, c’était un désert.
Elle semblait vide de vie, comme figée dans un instant de panique qui durait depuis des siècles. Des objets traînaient çà et là. Certaines portes étaient ouvertes. Un vieux calendrier voletait dans la loge du gardien.
Un désert. Une ville. Uniwisco, l’école de magie internationale. Le cœur de l’enseignement magique, pour des décennies.

Le lieu que Hel cherchait depuis des mois. Le lieu qu’elle ne cherchait plus. Voilà qui était plus incompréhensible encore que la magie de la communauté d’Hypérion et Hécaté. Voilà qui était plus mystérieux surtout que la chaussette qui lui avait fait traverser la terre. Voilà qui était plus grand et plus énigmatique que tout ce qu’elle avait pu concevoir jusque-là.
Une montagne de savoir. Un gouffre d’angoisse.
Sa colonne vertébrale fut traversée par un frisson d’expectative. Était-il possible de réanimer le cœur de l’enseignement magique ?
- Si ça ce n’est pas un signe du destin, murmura-t-elle dans sa langue, avant de hausser les épaules devant le regard surpris d’Hypérion.
C’était par hasard qu’elle avait trouvé Poudlard, c’était par hasard encore qu’elle était arrivée à Uniwisco. À cet instant précis, la jeune femme décida qu’ils s’agissaient de deux rendez-vous cruciaux. Des rendez-vous entre elle, le hasard, et le destin. Le message était clair.
Hel s’était perdue, mais elle était surtout arrivée.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par BellaCarlisle » 16 juin 2018 - 23:00

Titre : Réveil brutal
Thème : Mystère
Fandom : Once upon a time
Nombre de mots : 419
Personnages : Emma, Rumpelstiltskin
Rating : Tout public
Se redressant brutalement dans son lit, Emma s’empresse d’allumer la lampe de chevet. Son cœur bat la chamade, sa respiration précipitée peine à se calmer. Un coup d’œil au réveil l’informe qu’il est bien trop tôt pour se lever mais elle ne peut plus rester couchée. Dans un geste réflexe, sa main passe sur les draps à côté d’elle, effleurant la place vide. Aussitôt, la panique la saisit et elle regarde avec effroi la vérité qui lui saute aux yeux. Elle est seule dans ce grand espace, Killian n’est pas là, à dormir tranquillement, désormais libéré de tous ses sentiments de haine et de vengeance. Son capitaine semble absent de sa vie, il n’y a aucun crochet sur la table de nuit, elle ne voit pas de vêtements qui trainent au sol, souvenirs de leur passion de la veille.

Décidant enfin de quitter ses draps, la blonde fait le tour de la pièce. Une nausée la saisit lorsqu’elle comprend qu’elle n’est pas dans la chambre qu’elle partage habituellement avec Killian. C’est celle de son ancien appartement, à Boston, là où Henry est venu la chercher pour l’emmener à Storybrooke. Sauf que c’est totalement impossible, elle n’a pas pu retourner dans le passé aussi facilement, sans aucune intervention magique. Fouillant dans ses affaires, elle récupère son téléphone portable et compose le numéro de Mary Margaret, numéro qu’elle a fini par connaître sur le bout des doigts. Elle tombe sur le répondeur qui lui délivre un message avec la voix désormais familière de sa mère, une voix un peu rêveuse qui invite à appeler plus tard.

- Mais que se passe-t-il ? murmure Emma pour elle-même.
- Ça ma chère, c’est la magie, répond un timbre un peu aigu et désagréablement malvenu.

Étrangement, Rumpelstiltskin est là, assis au bord de son lit, l’observant avec une expression amusé. La Sauveuse fronce les sourcils, sachant pertinemment qu’au moment où elle vivait encore dans son appartement de Boston, le Ténébreux n’était qu’un antiquaire dépourvu de sa mémoire enchantée. Mr Gold lui a avoué avoir repris ses esprits qu’à l’instant où il a entendu son prénom pour la première fois à Storybrooke, ce qui n’explique donc pas sa présence dans sa chambre.

- Vous ne devriez pas être ici, déclare Emma avec hésitation.
- Je le sais bien, réplique Rumpelstiltskin avec un rictus agacé. J’ignore moi-même pourquoi, et surtout comment, je suis arrivé là. D’autant plus que je me souviens bien de vous, miss Swan.

Elle devine alors qu’un nouveau mystère a fait son apparition.
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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Eanna » 16 juin 2018 - 23:07

Titre : Introuvable
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1312
Personnages : Sirius, Narcissa
Rating : Tout public
— Celle-là, au-dessus des arbres, c’est la constellation du Lion.
Sirius fronça le nez, perplexe. Narcissa sourit et se pencha un peu plus vers lui, afin de lui dessiner les contours de la constellation.
— Ça ne ressemble pas vraiment à un lion… marmonna Sirius.
— Ne me dis pas que ça te surprend encore, après la Grande Ourse ! lui rétorqua-t-elle avec un petit rire.
— Celle-là, c’est la plus grosse blague de toutes les constellations. Les Moldus ne doivent pas voir beaucoup d’ours…
Narcissa haussa les épaules. Il était probable qu’une partie des astronomes auxquels les constellations devaient leurs noms étaient des sorciers, dans le temps.
— Il a fallu qu’il leur trouve des noms… Alors ils ont regroupé les étoiles entre elles, et ont essayé de voir à quels animaux elles ressemblaient, répondit-elle.
— Ils ne se sont pas foulés ! s’exclama Sirius avec un haussement de sourcil hautain.
— Attends, je vais te montrer.
Narcissa se leva, laissant son cousin sur le balcon, et descendit à la bibliothèque du 12, Square Grimmaurd. Elle trouva sans mal l’ouvrage qu’elle cherchait, et qu’elle avait bien souvent consulté. Au-delà de notre Système Solaire, de Fortuna Solastre. Un exemplaire unique dans leur bibliothèque, et qu’elle était peut-être la seule à avoir lu. Lorsqu’elle remonta, Sirius l’attendait sagement assis sur la méridienne. Il considéré le vieux grimoire d’un œil circonspect.
— C’est quoi ce vieux machin ?
Narcissa ne se formalisa pas de son dédain. Elle y était habituée. Du haut de ses onze ans, Sirius avait la fâcheuse tendance à manifester un enthousiasme très réduit lorsque quelque chose qu’il ne connaissait pas lui était présenté. Et en général, lorsque sa curiosité était piquée, on ne pouvait plus l’en faire décrocher. Malheureusement, l’astronomie restait un domaine qui ne le passionnait que très moyennement, au grand regret de Narcissa qui aurait adoré lui faire partager tout ce qu’elle avait lu sur le sujet…
Elle ouvrit le grimoire et le feuilleta pour trouver le chapitre sur les constellations.
— Voilà, regarde, dit-elle en lui tendant le vieux livre.
La page représentait la constellation du lion, magnifiquement dessinée, les étoiles placées aux points importants du corps du fauve : museau, épaules, base de la queue…
— Tu vois un peu mieux maintenant ce qui a pu leur faire penser à un lion ?
— Oui… Mais ça pourrait tout aussi bien correspondre à un cheval… ou un chien.
Le regard de Narcissa pétilla, mais l’attention de Sirius fut attirée par un détail.
— Eh… Regarde, Narcissa ! Il y a Reg dans cette constellation !
L’étoile la plus importante de la constellation, la plus brillante, était surmontée du nom de « Regulus », soigneusement calligraphié sur le parchemin jauni.
— Tes parents ne vous ont jamais montré où étaient vos étoiles dans le ciel ? demanda-t-elle, curieuse.
— Si, mais j’ai oublié où était la mienne. Je sais juste que c’est la plus brillante de toutes les étoiles après le soleil, répondit Sirius avec une nonchalance feinte. Je suis sûr que Reg sait où est la sienne, il sait toujours tout.
Difficile de faire plus studieux que Regulus, effectivement, songea Narcissa avec un sourire. Et plus indifférent que Sirius aux intérêts de leurs parents… Elle essayait d’oublier que dans moins d’un an il entrerait à Poudlard. Elle sentait chez son cousin un esprit bien moins enclin à se conformer que celui de son frère. A vrai dire, elle commençait à trouver qu’il ressemblait beaucoup à Andy dans sa façon de parler, et même dans son langage corporel… Pourtant il n’était pas spécialement proche d’elle. Ce n’était pas de la bête imitation… Il y avait autre chose, une étincelle de rébellion chez Sirius qui n’était pas présente chez les autres Black. Et elle devait avouer que cela l’effrayait un peu.
— Et moi, je suis où ? demanda soudain Sirius.
Narcissa leva les yeux vers le ciel, et repéra la constellation du Grand Chien. Impossible de se tromper. A son sommet resplendissait Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel. Elle n’était pas surprise qu’il ait retenu ce détail.
— Juste là, dit-elle en lui désignant un point sur leur droite. Et les étoiles autour, qui forment comme une pince de crabe, c’est la constellation du Grand Chien.
— J’aime bien les chiens, répondit simplement Sirius, comme si l’information le laissait toujours passablement indifférent.
Mais Narcissa n’était pas dupe. Il n’arrivait pas à détacher son regard de son étoile, subjugué par sa clarté. Elle se reflétait dans ses prunelles grises, comme la lune sur un lac. Ils restèrent silencieux plusieurs minutes comme ça, le regard tourné vers le ciel, et Narcissa songea que ces soirées en compagnie de son jeune cousin étaient probablement ce qui lui manquait le plus lorsqu’elle était à Poudlard. Elle ne le voyait plus grandir, à chaque vacances elle découvrait un garçon légèrement différent de celui qu’elle avait quitté quelques mois plus tôt. Grandi, le visage plus sérieux, les traits plus fins, moins enfantins… Mais dans ces moments, où elle parvenait à piquer son intérêt et le fasciner pour quelque chose, elle retrouvait le petit garçon auquel elle lisait des histoires, il y avait des années de cela, avant que leurs chemins se séparent sur le quai 9 ¾, quatre ans auparavant.
— J’aime bien quand tu es à la maison, Narcissa, dit doucement Sirius. C’est triste quand tu n’es pas là. Je m’ennuie.
— Ça ne durera plus très longtemps, lui répondit-elle en lui caressant les cheveux. Dans quelques mois, tu rentreras à Poudlard, on se verra plus souvent, dans la salle commune ou dans la Grande Salle, ce sera quasiment comme avant, tu sais.
— Dans la salle commune ?
— Oui, toute maison a une salle commune, je t’en ai déjà parlé. Celle de la maison Serpentard est très agréable. Je n’ai jamais vu celles des autres maisons bien sûr, mais je suis sûre que la nôtre est la meilleure ! Un peu humide parfois l’hiver, mais c’est parce qu’elle est sous le lac.
— Je n’aime pas trop l’humidité, répondit Sirius.
— Alors on ira se cacher à la bibliothèque, et je te montrerai d’autres livres d’Astronomie ! Oh, et de Botanique aussi, c’est très intéressant. Les Runes aussi, mais tu ne pourras pas les étudier avant la troisième année.
— Et le Quidditch ?
Narcissa grimaça. Elle n’avait jamais aimé le Quidditch et était ravie que les cours ne concernent que la première année. Elle en gardait un souvenir amer, et y était toujours allée la peur au ventre à l’idée de tomber de son balai.
— Eh bien, ce n’était pas ma matière préférée, mais ça te plaira peut-être…
Sirius acquiesça, un grand sourire aux lèvres, comme s’il s’imaginait déjà filant au milieu des étoiles sur son balai, haut dans le ciel, inaccessible.
— Tu sais où elles sont, Andromeda et Bellatrix ? demanda Sirius.
Elle parcourut rapidement la voût céleste avant de repérer la première, une constellation facilement reconnaissable aux trois étoiles alignées qui la composaient. Sirius la repéra sans mal. Elle lui désigna ensuite bellatrix, l’étoile la plus brillante de la constellation d’Orion.
Et vint la question inévitable.
— Narcissa ? Tu es où toi, dans le ciel ?
— Oh…
C’était probablement une des choses qu’elle aimait le moins dans l’Astronomie. Le moment où elle avait découvert qu’elle n’était rien dans le ciel. Que seul un petit objet céleste quasiment invisible à l’œil nu portait son nom. Qu’il se référait à un personnage de mytologie grecque obsédé par son propre reflet. Difficile de ne pas jalouser les prénoms autrement plus épiques de ses deux sœurs aînées…
— On… on ne voit pas mon étoile, elle est trop petite, répondit-elle en essayant de feindre l’indifférence.
— Ce n’est pas juste, rétorqua Sirius. Elle devrait être plus brillante que toutes les autres. Parce que quand tu n’es pas là, c’est comme s’il n’y avait plus aucune lumière ici.
Narcissa sentit sa gorge se serrer d’émotion, et serra Sirius contre elle, pour qu’il ne voie pas ses larmes.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par AlwaysLS » 16 juin 2018 - 23:19

Titre : Captivité
Thème (écrit ou image) : https://pre00.deviantart.net/108e/th/pr ... 81p7qq.jpg
Fandom :HP
Nombre de mots : 289
Personnages : Luna Lovegood
Rating : tout public
Ronald, Hermione, Harry et le gobelin avaient transplané, il y avait déjà cinq heures. Fleur et Bill Weasley lui avaient proposé de rester encore un peu chez eux, la Chaumière aux Coquillages, pour se reposer et se remettre de sa captivité. Mais pourrait-elle s’en remettre un jour ? Luna en doutait. Elle avait encore l’odeur humide de moisissure sur elle malgré ses nombreuses douches, sa peau était rougie et à vif, à force de la frotter. Son corps portait encore la marque des privations de nourriture, de lumières, de sommeil, de la violence qu’elle avait subie lors des mois de sa captivité. Sa tête résonnait de hurlements, les siens ou ceux d’Hermione. Elle entendait toujours le rire hystérique de Bellatrix Lestrange, la cruauté froide de Lucius Malefoy. Pendant ces longs mois, elle avait réellement cru qu’elle allait y mourir ou pire, sa santé mentale. Elle avait cru qu’elle ne reverrait plus son père ni ses amis. Elle avait senti que c’était la fin.

Luna sortit de la chaumière, enveloppée d’un plaid en grosses mailles orange et bleues. Elle était pieds nus et savourait la douceur du sable sur sa peau, la caresse du vent dans ses cheveux et sur son visage. Elle profitait, et se remettait peu à peu de l’étroitesse et de l’exiguïté de la cave du manoir Malefoy. Elle contempla la mer, baignée dans un joli coucher de soleil. La mer. Elle l’adorait. Elle lui donnait l’impression d’infinité, et de liberté ce qui lui avait manqué.

Elle rêvait d’embarquer sur un bateau, de voguer loin, loin de tout ça, loin de toute cette horreur et de cette cruauté. Mais elle était Luna, membre de l’A.D., les gens, ses amis comptaient sur elle. Elle ne pouvait pas fuir.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Charliz » 16 juin 2018 - 23:25

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Image 00h
Fandom : Original
Nombre de mots : 310
Personnages : /
Rating : Tout public
Comme pour répondre à ses prières, la trappe s’ouvrit, la lueur de la lune se rependant dans la cale humide.

La peur lui saisit l’estomac et, ignorant la douleur sourde de son bras, Néférourê se terra dans un recoin. Trop souvent sa mère l’avait mise en garde contre l’ennemi. Ces hommes qui vivaient de l’autre côté de la Mer. Ces hommes qui enviaient la beauté de leur architecture, la richesse de leurs connaissances, la puissance de leur flotte. Ces hommes qui avaient réduit en cendre son foyer, son école, sa sœur.

Ces hommes qui n’hésitaient pas à tout détruire sur leur passage. Qui s’acharnaient comme ils l’avaient fait sur sa sœur.

Sa toute petite sœur…

De gros pieds apparurent sur l’échelle. Un homme qui ne devait pas être plus vieux qu’Ahmed, son précepteur, apparu une gamelle et une choppe dans une main. Il ne prit pas la peine de refermer la trappe et lui sourit gentiment.

Néférourê ramena un peu plus les genoux sur sa poitrine.

L’homme enchaina quelques mots et, du plus profond des enseignements qu’elle avait reçu en langues étrangères, elle crut comprendre qu’il lui disait qu’elle ne devait pas avoir peur. Elle n’avait qu’une envie, lui jeter son verre au visage pour l’aveugler et en profiter pour s’enfuir. Mais lorsqu’il lui tendit ce dernier, elle ne put s’empêcher de le vider.

Le liquide âpre et au gout moins prononcer que ce qu’elle buvait à Héracleion coula dans sa gorge comme une bénédiction. Dans sa peine et son désespoir, elle n’avait pas pris conscience de sa soif.

L’homme s’agenouilla devant elle, à distance raisonnable, et lui tendit la gamelle débordant des fruits de chez elle. Sans doute volés comme elle l’avait été.

Son ressentiment ne s’envola pas, mais elle prit le temps d’avaler ces quelques provisions, se disant qu’elle s’enfuirait plus facilement en tenant sur ses deux jambes.
Image

Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par BellaCarlisle » 16 juin 2018 - 23:55

Titre : Prévision de mort
Thème : Défi
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1118
Personnages : Eden (OC), Megara (OC), Lucian
Rating : Tout public
Ma sœur avance vers moi d’une démarche féline, ne s’arrêtant qu’à quelques mètres, si proche que je pourrais la toucher en faisant un pas. Une expression amusée illumine chacun de ses traits alors qu’elle me détaille de la tête aux pieds. Je sais bien ce qu’elle voit en moi pour avoir vu exactement la même chose en elle. Mégara cherche la bête tapie dans mon cœur, cette créature qui prend le dessus dès que mes émotions sont trop intenses. À la différence de sa propre apparence, je suis toujours la même, je peux continuer à me fondre dans la foule des humains sans craindre la chaleur et la lumière du soleil. Seule ma nature a évolué, par sa faute, parce qu’elle était curieuse de voir ce que j’allais devenir. Maintenant qu’elle a le résultat de sa petite expérience devant les yeux, j’ose espérer qu’elle a compris son erreur.

Je recule d’un pas sans la quitter du regard, percevant la présence de ses pairs non loin d’elle. Coup de chance ou non, j’ai accepté la présence de quelques Lycans, principalement parce que Lucian a insisté. J’ai bien fait de l’écouter, pour une fois, car il a raison depuis le début. Ma jumelle n’est pas là pour évoquer notre enfance commune, pour me parler de tous les bons moments que nous avons vécus. Non, elle est ici dans l’unique but de me faire souffrir, pour me faire payer mon comportement alors que nous n’étions encore que des enfants. Elle croit que j’ai tout fait pour que nos parents nous opposent l’une à l’autre, sans songer un seul instant qu’elle a sa part de responsabilité dans toute cette histoire. À cause de ça, elle est prête à déclencher un conflit entre deux espèces, par esprit de vengeance, envers moi et envers Lucian.

- J’ai une proposition à te faire, Eden, persifle ma sœur. Ou plutôt un petit défi.
- Je t’écoute, rétorqué-je sur le même ton.
- Si tu parviens à voler quelque chose à Kraven et à me le rapporter demain soir, je te laisserai la vie sauve.

Je ne parviens pas à retenir mon rire face à cette demande insolite. Mégara serre les dents et fait un nouveau pas en avant, réduisant à nouveau la distance entre nous.

- Je ne plaisante pas, Eden, c’est très important pour moi. Il m’a pris un bijou particulièrement cher à mes yeux.

Je ne l’interroge pas plus, haussant simplement les sourcils. Je commence à connaître assez Kraven pour savoir qu’il n’agit presque jamais de manière déraisonnée. S’il a dérobé un objet à ma sœur alors il y a un motif précis derrière ce geste. Je suis sur le point de lui répondre que je peux relever son défi lorsque Lucian fait irruption. Il se place tout de suite à côté de moi et tend une main vers ma jumelle, mettant en avant un pendentif qui ne m’est pas inconnu. Il s’agit d’un cœur transpercé par une flèche où s’entrelacent un « A » et un « H ». C’est un bijou de notre famille et si Mégara était prête à m’épargner pour l’avoir alors cela veut dire qu’elle y tient réellement. Ma sœur le lui arrache des mains et le serre fortement, comme si elle n’en croyait pas ses yeux. Pour ma part, je me demande comment ce bijou a pu atterrir entre les mains de Kraven puis dans celles de Lucian.

- Changement de programme, murmure Meg avec un sourire qui sonne faux. J’ai un nouveau défi pour toi, sœurette. J’invite ton cher chef de meute à venir se battre contre moi. Celui qui gagne aura le dernier mot concernant ta survie.

Plus rapide que le vent, elle s’éloigne avec les siens, me laissant vingt-quatre heures pour prendre une décision. Il n’est dur de comprendre que ce combat qu’elle propose se soldera par la mort de l’un des deux et je regrette de ne pas être en mesure de contester ce choix. D’un geste impérieux, Lucian ordonne aux autres Lycans de repartir, pour que nous soyons seuls. Je ne sais pas quoi lui dire, j’ai l’impression d’avoir avalé des litres d’acide tant mon estomac se serre à la pensée de le perdre. Comme s’il lisait dans mon esprit, il vient me prendre dans ses bras, me serrant si fort contre lui que j’ai la sensation que mon corps tout entier va se briser. Je n’ai jamais songé au fait qu’un jour, j’aurais à sacrifier ma jumelle au profit d’un homme à qui je dois tout.

- C’est ma sœur, comment peut-elle m’obliger à faire ce choix ?

Lucian brise notre étreinte et essuie les larmes qui coulent sur mes joues.

- Tout est ma faute, avoue-t-il. Si elle n’avait pas su la vérité, rien de tout ceci n’aurait lieu.
- Je ne vous laisserai pas vous battre contre elle, protesté-je vainement. Elle est douée, elle vous a blessé une fois déjà.
- Ce n’était qu’un moment d’inattention, Eden. J’ai des siècles d’expérience derrière moi alors que votre sœur n’était qu’une humaine il y a encore quelques années. Je peux la vaincre et l’obliger à se rendre, sans la tuer.
- Mais elle continuera à nous attaquer, encore et encore. Plus les jours passent et plus elle vous prend du temps. Mégara vous empêche de mettre votre plan à exécution parce qu’elle accapare votre attention. Si elle meurt …

Ma voix se brise mais Lucian devine la fin de ma phrase. Si ma jumelle meurt, nous aurons enfin la paix. J’ai passé tant de temps à me remettre de sa mort, à supporter ce deuil qui n’en finissait pas. Devrai-je à nouveau recommencer à ne plus dormir ? À me réveiller chaque nuit en pleurant parce que ma sœur n’est plus qu’un souvenir ? Je maudis intérieurement le Vampire qui l’a mordue et qui a transformé sa vie en un Enfer qui n’en finit pas. La part de bonté que Meg avait en elle a disparu quand elle est devenue une créature de la nuit et c’est à moi de trouver le moyen de lui rendre le repos dont elle a tant besoin.

- Promettez-moi d’être prudent.
- Eden …
- Je suis sérieuse, Lucian ! Vous sous-estimez les capacités de ma sœur depuis le début et voilà où ça nous mène. Ce défi n’est pas anodin, c’est une provocation dont l’issue sera fatale pour l’un de vous deux.

Et même si les motivations de Mégara qui la poussent à détester les Lycans sont maintenant claires et compréhensibles dans mon esprit, je ne suis pas prête à voir mourir Lucian. Ce que j’éprouve pour lui est trop fort, je ne l’abandonnerai pas aux griffes de ma jumelle. Ce défi, nous le relèverons.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Charliz » 17 juin 2018 - 00:26

Titre : /
Thème : Image 01h
Fandom : Original
Nombre de mots : 243
Personnages : /
Rating : Tout public
Alix monta dans le métro un peu machinalement. Ses écouteurs sur les oreilles, Bruno Mars s’emblait vouloir éveiller le moindre de ses organes. Elle s’empêcha de danser à contre-cœur, de peur qu’une de ses connaissances ne se cache parmi la foule de parisien, prête à balancer sa honte sur les réseaux sociaux.

Au milieu du refrain, elle s’appuya contre la porte du fond. Des strapontins étaient encore disponibles mais elle était déjà assise toute la journée et le tissus qui les recouvrait la dégoutait. Son regard balaya les voyageurs l’accompagnant et un large sourire barra son visage, malgré elle. Qu’ils pouvaient être tristes et blasés… Dans ses effusions, elle s’autorisa de battre le rythme de son talon. Rentrer chez elle devenait une nécessité. Elle pourrait alors laisser libre court à ses mouvements et décharger la pression accumulée au court de cette longue journée.

Peut être même Antoine l’accompagnerait dans…

Coup de massue.

Alix regretta de ne pas s’être assise sur un strapontin. Rester debout alors que son monde s’écroulait et que la musique se désaccordait devint un supplice. Elle leva les yeux vers le plan affiché face à elle.

Elle s’était encore trompée.

Une semaine qu’elle avait laissé l’appartement à Antoine et deuxième fois que, par automatisme, elle oubliait son déménagement dans une portion opposée de la ville.

Le souffle court, elle sauta hors de la rame au premier arrêt, le visage dégoulinant de larmes.

Se remettrait-elle un jour de sa rupture ?
Image

Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

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Fleur d'épine
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Fleur d'épine » 17 juin 2018 - 00:46

Titre : La lettre
Thème : Image 01h
Fandom : Original
Nombre de mots : 1248
Personnages : /
Rating : Grossièreté

Ils ont bien bu et bien fumé. C’était une soirée où ils étaient tous stones. Comme bien des soirées.

— J’ai eu envie de me suicider.
— Arrête, purée. Dis pas de connerie.
— J’ai eu envie de me suicider et je sais que vous n’aurez pas envie d’en entendre parler, c’est pas ce qu’on a envie d’entendre en soirée, hein, n’est-ce pas ? Et puis, surtout, ça fait mal de se dire que son ami a voulu s’arracher sans qu’on l’ait capté. Je comprends, c’est pas terrible.
— Arrête.
— Et bah quoi, qu’est-ce qu’il y a ? Vous voulez que je me taise ? Très bien, alors. Je me tais. Mais si demain j’ai clamsé, faudra pas venir se plaindre.
— P’tain Théo, t’es glauque. Et t’es une merde. Pourquoi tu nous balances ça, comme ça ? C’est quoi ton souci ? Evidemment qu’on ne veut pas que tu crèves. Mais d’où ça sort, ces histoires ?

Lise lève la tête. Il y a beaucoup de fumée autour. A cet âge-là, on aime bien la cigarette. Lise cherche de l’air quelque part ailleurs. Elle a des tendances asthmatiques.

— Il y avait un vieux train abandonné.
— De quoi tu parles ?
— Vous vous rappelez pas ? C’était il y a trois semaines à peu près. On était sorti vers la forêt et il s’est mis à pleuvoir violemment. Alors on a trouvé refuge dans un vieux train…
— Oui, je me souviens, c’est vrai. Et alors, quoi, ce train ?
— Et alors, Théo y est retourné.

Théo fusille Lise du regard.

— Tu dérailles ma pauvre. Ça n’a rien à voir avec le petit train abandonné. Ce que je vous raconte, ce que je veux dire…
— C’est que tu es un sacré provocateur, mon bon vieux Théo. Un provocateur, un animateur, et tu aimes que l’attention soit portée sur toi. Alors voilà, c’est réussi, tu as plombé l’ambiance et tout le monde ne regarde plus que toi ! Maintenant, on peut passer à autre chose ?
— Je vois. On ne peut jamais discuter de choses sérieuses avec vous. Jamais. Alors ça va être quoi le prochain sujet ? Avec quelle fille de la soirée tu vas pouvoir baiser ?

Théo s’est levé. En plus d’être énervé, il est éméché, ce qui le rend encore plus effrayant.

— Mais, Monsieur Théo, c’est que vous êtes sérieux !

Etienne s’est levé à son tour. Il est plus grand que Théo, plus impressionnant.

— Ohé ! DJ ! Mets-nous le Misirlou de Pulp Fiction là, je sens que c’est l’ambiance, y’a de la baston dans l’air.

C’est Nicolas qui, hilare, s’est écrié cela. Et Marianne s’est mise entre Théo et Etienne.

— On s’arrête là, les gars. Ça va pas ou quoi ?
— Je vous dis que tout cela date du train.
— Mais qu’est-ce qu’il s’est passé dans ce fichu train ? Arrête tes mystères et crache le morceau si t’as un truc à dire.
— Vous me débectez, les mecs. Vraiment, vous me débectez. Si je pouvais, je vous flinguerai tous.
— T’es surtout complètement saoul, connard. Rassieds-toi et nous fait pas chier. Ou dégage.
— Je préfère me barrer plutôt que de confronter des mecs qui ne regardent pas le suicide en face, qui n’en ont absolument rien à foutre, et qui préfèrent déconner sur des bagarres de quartier.
— Très bien, mon p’tit Théo. Alors va-t’en. Tu ne nous manqueras pas, promis.
— JE VOUS DIS QUE C’ETAIT DANS LE PETIT TRAIN. Vous n’avez pas vu mais il y avait une trape, qui cachait quelque chose. Théo l’a ouverte. C’est dedans qu’il a retrouvé une lettre, la fameuse lettre que Natacha avait écrite. Vous ne connaissez pas cette lettre, c’est normal. Elle détient un grand secret…
— Excuse-moi mais qu’est-ce que tu en sais ? Tu parles comme si tu étais Théo, mais tu étais là, au juste, pour suivre ce qui s’est passé ?
— Oui. Je suis restée. Je l’ai observé. Il a trouvé la lettre, il a lu la lettre et il l’a déchirée. J’ai ramassé les morceaux, je les ai recollés, et j’ai découvert la vérité.
— Quelle vérité ?
— Absolument aucune, intervint Théo, si ce n’est que vous êtes tous des connards égocentrés.
— Qu’est-ce qu’il y avait dans cette lettre au juste ?
— Et si vous essayiez de deviner, vous qui connaissez si bien Natacha. Natacha, votre amie, non ? Elle est où aujourd’hui, d’ailleurs ? Est-ce que ça a déjà importé à quelqu’un ?
— C’est pas un grand secret, on sait tous qu’elle est chez les fous, et alors ?
— Désolée. Désolée, je ne peux pas le supporter. Mais Théo, pour qui tu te prends ? Tu nous passes un savon alors qu’on est tous complètement éméchés, parce que c’est une putain de soirée et qu’on s’amuse pendant les putains de soirée, qu'on se bourre la gueule et qu'on est égoïste, c'est le principe, mais tu décides tout de même de nous sermonner, à propos d’une fille, une amie, que toi aussi tu as totalement laissé tomber… Si tu n’avais jamais trouvé cette fameuse lettre, apparemment, tu serais dans le même état que nous. Alors, franchement, va te faire foutre. Et fous-nous la paix.
— Et dans la lettre, alors…
— Non. Je refuse qu’on en parle maintenant. S’il y avait quelque chose d’important dans la lettre, il aurait fallu nous le dire à un autre moment. Comme hier, par exemple, quand je t’ai eu au téléphone, Théo...
— Je n’ai jamais voulu parler de la lettre. Je n’ai jamais évoqué la lettre. C’est Lise qui… Non, ce que je vous reproche, c’est de n’avoir jamais questionné la disparition de Natacha. C’est de n’avoir jamais compris mon désarroi. C’est d’être aveugles
— Ce qu’il y a sur cette lettre, c’était immonde, reprit Lise. Et je pense que vous devez le savoir. Parce que l’un d’entre nous est responsable du départ de Natacha et cette personne se doit d’affronter ses actes.
— Mais pour qui vous vous prenez ? Sérieusement ? Moi je ne veux pas en entendre plus, moi je me barre. Débrouillez-vous entre vous, c’est fini. La soirée est gâchée, je me barre.
— He, DJ ! Mets-moi Maniac de Christine s’il te plait. Je suis trop déprimé.
— On ne respire plus du tout ici. Vous avez la vérité à deux pas, et vous préférez l’éviter. Et vous fumez. Et j’étouffe. Moi aussi je veux me barrer.
— Alors qu'on se barre tous. Alors la fête est finie. Orelsan l'avait prédit.
— Bon sang, Juliette, tu crois que c'est l'heure de faire de l'humour ?
— Et pourquoi pas ? Vous m'avez tous emmerdé, tous autant que vous êtes, y'en a pas un pour rattraper l'autre. Honnêtement, moi aussi je préfère me barrer.
— Dans la lettre, Natacha expliquait...
— Tais-toi, coupa une voix. Ils ne veulent pas le savoir. Ils s'en moquent. Et Natacha aussi, elle s'en moquait. Sinon elle n'aurait pas placé la lettre sous une trappe, dans un train abandonné. Alors toi aussi, fous-nous la paix

(...)

Plus ou moins fini, plus ou moins inachevé, j'ai fait mon possible mais l'inspiration n'était pas au beau fixe -->
LIMK, plus puissante qu'un dragon chinois, plus mythique qu'un tanuki !
La coupe des quatre sorciers sera japonaise ou ne sera pas !
Tremblez autres écoles, notre entraînement a commencé.
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(Et comme le dirait notre directrice : Apprends la sagesse dans la sottise des autres. :mrgreen: )

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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par BellaCarlisle » 17 juin 2018 - 00:48

Titre : /
Thème : plage
Fandom : Once upon a tome
Nombre de mots : 536
Personnages : Emma, Rumpelstiltskin
Rating : Tout public
Assise sur un rocher, Emma laisse errer son regard le long de la plage, plongeant dans ses souvenirs. Combien de fois Killian a-t-il insisté pour l'emmener ici à bord de son Jolly Roger ? Et combien de fois a-t-elle refusé en prétextant que le commun des mortels n'est pas habitué à voir des bateaux voler ou des gens sortir d'un voile invisible ? Ce sont des instants manqués, des moments qu'elle aurait dû accepter au lieu de jouer à la moralisatrice de l'histoire. Elle ne peut qu'imaginer des promenades les pieds dans l'eau, main dans la main, à discuter de tout et de rien comme s'ils ne venaient pas de royaumes enchantés connus dans les contes pour enfants. Ils auraient parlé d'Henry qui grandit si vite, de Storybrooke qui change si peu et de l'amour qu'ils se portent.

Mais tout ceci n'est qu'une chimère, brisant son espoir de retrouver une vie normale. Aussi normale qu'elle l'était, tout du moins, quand elle a appris que sa mère est Blanche-Neige et son père le prince Charmant. Elle voudrait pouvoir revoir Killian, l'embrasser comme si rien d'autre n'avait d'importance. Retrouver le capitaine crochet et son navire, ses sourires séducteurs et la douceur de ses lèvres contre les siennes. Même la présence de Cora serait une belle satisfaction pour elle, un moyen de s'avouer qu'elle ne perd pas la tête et qu'elle n'a rien inventé. Après tout, son imaginaire n'est pas assez développé pour que tout ce qu'elle a vécu ne soit qu'un rêve. On ne s'invente pas une vie en un claquement de doigts, à se croire femme d'un pirate et fille d'une princesse déchue.

Mary Margaret lui a claqué la porte au nez en lui demandant de ne plus venir la déranger, David est dans le coma et Regina est à nouveau cette méchante reine qui ne souhaite que le pouvoir. Il lui est impossible de raisonner les habitants de Storybrooke alors qu'ils sont tous encore amnésiques et que le seul qui pourrait la croire est un gamin de dix ans qu'elle ne trouve pas. C'est pourtant grâce à Henry qu'elle a fait irruption dans cette ville la première fois alors pourquoi une personne aussi importante que son fils n'est-elle plus là ? Qu'est-ce qui a bien pu changer à ce point dans le passé pour que son enfant ne soit qu'une pensée dans son esprit. Archie lui-même a fini par lui dire que Regina n'a adopté aucun enfant, qu'elle fait fausse route ou a obtenu de mauvaises informations.

- Quelle tristesse, n'est-ce pas ?

Rumpelstiltskin, encore. Avec un soupir, Emma tourne son attention vers lui. Accoutré comme le Ténébreux qu'il est, il lui sourit avec ce rictus qui le caractérise tant.

- Que faites-vous là ?
- La même chose que vous, très chère. Je tente de me changer les idées au doux son de l'eau.

Elle a envie de lui crier de partir mais elle se contente de garder le silence. Il lui tend une main pour l'aider à descendre du rocher et elle l'accepte sans même réfléchir. S'il tient tant à se promener sur le sable fin pour lui parler, pourquoi pas. Lui aussi est touché par ce mystérieux retour en arrière, bien plus qu'elle.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Mikoshiba » 17 juin 2018 - 00:54

Titre : Le funiculaire
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : /
Nombre de mots : 244 mots
Personnages : Liz
Rating : Tous publics
Le funiculaire tombait à pic. Harassée par sa longue journée de marche, Liz était heureuse de le trouver sur son chemin. Visiter cette ville était enthousiasmant, mais aussi très épuisant. Elle savait qu’elle n’avait que peu de temps, alors elle s’était levée aux aurores afin de voir le maximum de choses possibles, et avait marché, marché, et marché encore jusqu’à ce soir. Elle s’était à peine accordé une pause déjeuner, un sandwich grignoté dans une file d’attente pour entrer dans un monument. Elle ne le regrettait absolument pas.
Mais Liz était tout de même soulagée de pouvoir enfin s’asseoir. Dans la lumière de la soirée, le soleil commençait doucement à teinter ses rayons de couleurs rouge-orangées. Ce devait être l’un des derniers trajets du funiculaire, et le wagon était quasiment vide. De soulagement, elle posa son sac à dos à côté d’elle sur la banquette et étendit ses jambes qui palpitaient légèrement. Elle renversa la tête en arrière et ferma les yeux, appréciant avec délice l’air frais brassé par les ventilateurs au plafond de la rame.
Elle était en vacances. Un sourire envahi son visage pendant qu’elle se laissait glisser dans son siège, bercée par le roulis des rails. Le paysage défilait autour d’elle, mais elle ne s’en souciait pas outre mesure, elle était dans sa bulle de bonheur et rien ni personne ne pourrait l’en faire sortir. Une baignoire l’attendait dans sa chambre d’hôtel. Elle irait au restaurant, n’aurait pas besoin de cuisiner.
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par BellaCarlisle » 17 juin 2018 - 01:50

Titre : Partir
Thème : Audace
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1008
Personnages : Maisie Iversen (OC), Erik Iversen (OC), Niels Iversen (OC), Solveig Iversen (OC)
Rating : Tout public
Avec des gestes précipités, Maisie range ses affaires dans sa valise. Les vêtements traversent la pièce sous l'effet de la magie pour se plier correctement et prendre le moins d'espace possible alors qu'elle trie les objets présents dans sa chambre. Elle a la sensation d'être sur le point de fuir, comme si elle était subitement devenue une étrangère au sein même de sa propre famille et cette constatation la chagrine. Elle a fait de son mieux pour respecter les choix de ses parents, pour les rendre fiers d'elle, mais il faut croire que ce n'est pas suffisant pour eux. Elle a un niveau de magie très acceptable, a obtenu ses ASPICs avec de bons résultats et ce n'est pas encore assez pour eux. Non pas qu'ils soient déçus de son parcours scolaire, elle a surpassé Erik après tout, mais ils lui reprochent son comportement et son besoin de vivre sa vie ailleurs.

La gorge nouée, la jeune femme repose un cadre où une photographie animée attend sagement. Elle ne la prendra pas avec elle, elle ne peut pas s'embarrasser de tant de choses liées à son passé si elle tient à se bâtir un avenir selon ses propres envies. Au diable les ennuis familiaux, cette foutue malédiction qui plane sur elle mais dont elle ne ressent pas la présence. Briser les habitudes familiales est sans doute l'acte le plus répréhensible qu'elle fera, même si ce n'est rien à ses yeux. Qui donc construit sa vie selon d'anciennes croyances ? Elle a passé trop de temps à écouter ses parents et à obéir à leurs directives alors qu'elle n'était qu'une enfant. Ils lui ont volé les instants les plus innocents de son existence et elle refuse de subir cette pression une fois encore.

D'un coup de baguette, Maisie ferme définitivement sa valise. Le clac résonne dans le silence de la pièce, comme une accusation, comme une sentence. Elle saisit la poignée en ferraille pour traîner ses affaires à sa suite. Elle jette un dernier regard à sa chambre, le cœur serré, puis elle traverse le couloir qui mène aux escaliers principaux de la demeure où elle a grandi. Chaque marche est un pas de plus vers son futur, vers ce chemin qu'elle veut parcourir aux côtés de Rufus. Il est le seul à comprendre ses rêves d'évasion, à la soutenir dans tous ses projets, à l'aimer sans condition. Si la Norvège a été le berceau de son existence, l'Écosse lui a permis de rencontrer l'homme avec qui elle souhaite vivre jusqu'à la fin de ses jours, même si elle n'a pas le consentement de ses parents.

- Ainsi, tu le fais vraiment.

La main sur la poignée de la grande porte, Maisie se retourne vers son frère. Erik ne s'est pas changé pour la nuit, il a dû anticiper son projet dès la fin du repas. Son frère a toujours su deviner le fil de ses pensées depuis qu'ils sont en âge de communiquer avec les autres et il excelle dans l'art de la prendre en flagrant délit de désobéissance. Les autres fois, elle l'écoute, lui la voix de la raison, mais pas ce soir. Elle relève légèrement la tête, pour appuyer ses propos malgré le tremblement de ses doigts.

- Je ne peux plus vivre ici, Erik.
- Est-ce uniquement à cause de ton fiancé ?

Elle esquisse un sourire amer, parce qu'il lit en elle comme dans un livre ouvert.

- Je pars pour lui mais également pour moi. Je ne souhaite pas devenir comme notre mère, à avoir peur de chaque ombre en craignant voir surgir des individus venus réclamer leur dû.
- Tu ne peux pas échapper à ton destin, Maisie. C'est dans la famille, dans notre sang. Que crois-tu qu'il se passera lorsque tu donneras naissance à une fille ?

La Serdaigle ne répond pas parce qu'il a raisin. Si les dieux la préservent, elle aura des garçons, sans la moindre fille pour lui rappeler cette malédiction.

- Même si j'ai une fille, elle ne connaîtra pas tout ce que j'ai dû endurer. Elle aura une vie normale parce que je le décide.
- Que de belles paroles, ironise son frère. Te penses-tu au-dessus de nos dieux ?
- Je n'honore pas ces divinités, réplique la jeune femme. Ce panthéon n'est pas le mien.
- Tu renies ton passé, intervient une voix féminine. Voilà donc ce que tu es devenue, Maisie.

La jeune femme voit sa mère en haut des escaliers et elle croise son regard, y lisant une intense douleur.

- Erik te dit la vérité, nul ne peut échapper à l'avenir tracé par le destin. Tu peux prétendre être une sorcière douée, tu n'es rien face aux forces de la magie. J'ai sacrifié mon bonheur pour toi.
- Et je ne ferai pas la même erreur. Je vais chérir ma famille de tout mon cœur et vous prouver de quoi je suis capable. Je ne serai pas comme vous, à vénérer des dieux invisibles et à empêcher mes enfants d'être heureux.

Le ton de la Serdaigle est froid, bien plus qu'une nuit d'hiver. Elle fait preuve d'audace en défiant sa mère, parce qu'elle n'ignore pas que Solveig est une sorcière aux multiples talents qui aurait la possibilité de lui faire regretter ses paroles. Poudlard lui a appris à ne pas craindre les sortilèges et à affronter la peur en face.

- Si tu franchis cette porte, tu ne seras plus la bienvenue.

Son père est là lui-aussi, aux côtés de sa mère. Il la regarde de haut, comme s'il savait qu'elle allait changer d'avis et venir se réfugier dans leurs bras en leur demandant pardon. L'ancienne Maisie l'aurait fait mais ce n'est plus elle. Elle tourne la poignée de la porte d'un mouvement ferme avant de faire un pas vers l'extérieur. Sa famille lui manquera, elle n'en doute pas une seule seconde, mais elle refuse d'être piégée dans la demeure familiale à cause d'une sombre histoire de magie et de malédiction. Rufus l'attend et il est l'être le plus important pour elle.
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Mikoshiba » 17 juin 2018 - 01:53

Titre : Megara
Thème (écrit ou image) : image
Fandom : HP
Nombre de mots : 298
Personnages : Gabrielle (OC)
Rating : Tous publics
Dans deux semaines, Megan fera sa rentrée à Poudlard. Ma toute petite fille est aussi impatiente que je suis anxieuse à l’idée de devoir la laisser monter toute seule à bord du grand train, dans cette énorme gare, en direction de cet immense château.
Je ne peux pas m’empêcher de ressasser à ce sujet. Voilà qu’il est cinq heures du matin, et je suis déjà debout, à me faire un thé dans la cuisine car je sais que je n’arriverai pas à me rendormir.
Bon. En attendant que l’eau chauffe sur le gaz (parce que bien sûr, j’ai laissé ma baguette à l’étage, et je suis beaucoup trop flemmarde pour remonter la chercher), je peux au moins observer le soleil se lever et colorer la verdure du jardin et les perles de rosée de ses rayons mordorés.
La chouette que je lui ai achetée sur le Chemin de Traverse frappe doucement au carreau. Elle a un regard intelligent, et même si cela peut paraître stupide, je suis heureuse de pouvoir me dire qu’elle veillera sur la fille une fois à Poudlard. J’ouvre la fenêtre, laissant entrer l’air frais du matin en même temps que Megara. Je n’ai aucune idée d’où Megan a bien pu aller chercher ce nom. Dans un livre peut-être ? Ça sonne grec, sûrement un livre qu’elle a trouvé chez ses grands-parents alors…
La chouette va tranquillement se poser au-dessus du buffet, boit dans son bol sans faire une seule éclaboussure. Quel contraste avec les autres êtres vivants de cette maison ! Je suis vraiment très maladroite, Megan n’est absolument pas délicate, quant au hibou de mes parents, Gégène… Il vaut mieux ne pas en parler. Il aime tellement tout détruire sur son passage que je redoute toujours la venue d’une lettre de mes parents.
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Re: [Textes] Nuit du 16 juin

Message par Charliz » 17 juin 2018 - 01:59

Titre : Again and again
Thème (écrit ou image) : Audace
Fandom : HP
Nombre de mots : 1194
Personnages : Lily Potter, Teddy Lupin, James Potter, Emilie Seeley (OC)
Rating : -12
Lily approcha la main de la poignée, la retira, s’éloigna de quelques pas.

« Tu n’es qu’une idiote. » se murmura-t-elle à elle-même. « Tu. N’es. Qu’une. Idiote. »

Au bout du couloir, sa fête d’anniversaire continuait à battre son plein. Aujourd’hui, elle avait 16 ans. Ses parents étaient partis du domicile familial pour la nuit, la laissant inviter ses amis au loisir.

Aujourd’hui, elle avait 16 ans, et elle s’était jurée de tenter sa chance.

Son courage dans les chaussettes, elle passa un œil dans l’embrasure de la porte. Ses invités se trouvaient tous sur la piste de danse et pas un seul ne semblait déçu de l’ambiance. Aucun ne sembla non plus remarquer son absence et c’était parfait ainsi. Elle avait besoin d’Emilie pour…

Emilie était dans les bras de James. Lily fronça les sourcils. Ils dansaient ce qui semblait être un slow, sa tête était posée nonchalamment sur son épaule, bien que le rythme entrainant de la musique ne se prête pas à pareille étreinte. Son amie de toujours et son frère ? Lily secoua la tête comme pour chasser les images outrageantes qui s’étaient dessinées dans son esprit.

Bien sûr que non il n’y avait rien entre James et sa meilleure amie. Elle lui avait juste promis de le maintenir à l’écart pour lui laisser le champ libre. Et puis, elle était en couple avec Freddy. La rouquine sourit, rassurée, puis se rengorgea.

Lorsqu’Emilie lui parlait de son couple, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une terrible jalousie… Tout paraissait si simple… Et si Lily s’était déjà expérimentée avec d’autres garçons de son âge, son cœur était ailleurs… Il l’avait toujours été.

Elle s’était retrouvée à nouveau devant la porte sans faire attention au chemin que prenaient ses pieds.

Lily avait 16 ans, enfin. Elle pouvait le faire. De toute manière, franchir cette porte ne l’engageait à rien.

Après avoir longuement soufflé, elle clencha la poignée et poussa la porte.

« Teddy ? »

Le silence lui répondit et alors, elle crut que son cœur mourrait. Juste avant que ses cheveux turquoise n’attirent son regard dans l’encadrement de la fenêtre. Il avait tourné la tête vers elle et lui avait adressé un de ces sourires dont il avait le secret.

Sans un mot de plus, elle referma la porte derrière elle. La chambre n’avait pas changé malgré les années. Il était revenu quelques mois plus tôt et n’avait rien modifié au décor adolescent. Pourtant, Teddy n’était plus un adolescent. Il avait cette barbe qu’il se plaisait à rendre plus fournie, ses épaules carrés, cette voix profonde et grave… et puis cette odeur. Durant ses longues années d’absence, elle venait parfois la chercher, prise par un manque.

Teddy avait toujours fait battre son petit cœur d’adolescente.
Et ce soir, Lily serait ambitieuse comme une Serpentard et courageuse comme une Gryffondor.
Audacieuse.

Il tourna à nouveau vers elle son regard troublé par le voile de fumée de sa cigarette et lui tendit.

Lily se laissa gagnée par l’excitation et, sautillant comme une enfant, elle le rejoignit à sa fenêtre. Il ne lui avait jamais permis de partager son addiction – ses parents l’auraient surement tué – et c’était une première fois pour elle. Elle plaça l’extrémité cylindrique entre ses lèvres, aspira jusqu’à s’en décoller les poumons. Toussa comme une dératée.

Teddy se laissa gagner par ce rire si mature qui la faisait fondre, replaçant ses longs cheveux roux derrière son oreille d’un geste affectueux. Lily était certaine qu’il ignorait tout de la tempête qui la secouait en sa présence.

« Ça y est, tu es une femme maintenant ! » s’exclama-t-il en récupérant sa cigarette.

Non. Pas encore. Mais elle espérait bien le devenir.

« Ta soirée te plait ?
- Oui, mais elle ne doit pas être appréciée de tous.
- Comment ça ?
- Tu n’es pas resté. »

Teddy ne ria pas. Il lui lança un regard blasé et Lily ne manqua pas d’afficher sur son visage les couleurs les plus rougeoyantes du monde.

« C’est compliqué Lily. Je suis un peu trop fatigué pour participer à ta soirée. »

Ça, elle le savait bien : elle l’avait observé boire une des bouteilles de Whisky Pur Feu que Jessy avait ramené clandestinement et l’odeur masquait presque celle si particulière de sa peau.

De toute manière, tout était toujours compliqué lorsqu’il voyait Victoire et son fiancé. Et ils étaient venu lui fêter son anniversaire un peu plus tôt dans la journée.

Lily adorait sa cousine, mais elle se comportait vraiment comme une garce avec son Teddy.

« Tu vas rester tout seul ici toute la nuit ? »

Il haussa des épaules et, appuyé de la sorte sur le garde-fou en métal de la fenêtre, Lily n’avait qu’à tendre les lèvres pour l’embrasser.
Allait-elle oser ?

Dans sa proximité, elle détailla à foison son grain de peau, la longueur de ses cils et celle de son nez. Elle avait envie plonger son visage dans le creux de son cou et d’y rester pour l’éternité au moins.

Teddy tourna le regard vers elle, les sourcils froncés, sans doute surpris d’être observé de la sorte.
Et Lily se jeta à l’eau.

Son cœur se brisa en un million de particules avant de se reformer d’un seul coup. Son rythme cardiaque s’envola et sa respiration se fit moins efficace. La pression de ses lèvres sur les siennes, c’était…

Teddy s’éloigna presque immédiatement d’elle.

« Wow ! Qu’est-ce que tu fais ? »

Des tremblements agitèrent ses mains alors que la honte, la déception et le regret l’envahissait. Elle baissa le regard devant celui, insistant de Teddy.
Voulut faire honneur à sa maison en fuyant.
N’en eut pas le loisir.

« Attends Lily ! Tu as bu ? ou… »

Elle secoua négativement de la tête, masquant son visage défait de sa vue, son bras brulé par le contact de ses doigts.

« On a dix ans d’écart, Lily…
- Et alors ?
- Tu es… »

Sa vox se brisa alors qu’ils n’osent aller plus loin et la colère l’envahit d’un seul coup. Sonnée, elle se s’entendit à peine crier.

« Je suis quoi, Teddy, hein ?! On n’est pas frère et sœur toi et moi ! On a aucun lien de parenté !
- Lily, ce n’est pas ce que…
- J’ai 16 ans, je ne suis pas une enfant.
- Tu n’es pas tout à fait une adulte non plus.
- Et ça c’est quoi ?! »

Dans une pulsion, elle s’était saisie de ses mains et les avaient plaquées sur ses seins, sans gêne. Il décolla ses mains comme si le contact l’avait brulé. Mais ne parvint pas pour autant à décoller ses yeux du décolleté plongeant de sa robe.

« Je ne te demande pas de m’épouser, Teddy. Laisse-moi juste t’aider. Laisse-moi juste t’aider à l’oublier. »

Il avait posé sur elle ce regard indéchiffrable qu’elle n’oublierait jamais. Et puis lorsqu’elle s’était mise sur la pointe des pieds pour atteindre à nouveau ses lèvres, il n’avait pas bronché.
Au contraire.

Ignorants, ils se perdirent dans une étreinte le temps d’un instant.
Ignorants, ils goutèrent à la drogue qui leur couterait tant…
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Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

Verrouillé

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