[Textes] Nuit du 19 Mai

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 20 mai 2018 - 00:56

Titre : Disparaître
Thème (écrit, image ou citation) : Détruire
Fandom : Avengers/Agents of Shield
Nombre de mots : 1001
Personnages : Skye, Phil, May, Thanos, Leo, Jemma, Tony, Steve, …
Rating : Tout public
Sous ses pieds, le sol tremble dangereusement. Essayant de ne pas songer à la catastrophe qui pourrait survenir, Skye se concentre sur l’énergie qu’elle perçoit dans son corps. Le flux est léger mais il chante dans ses veines d’une voix tentante, presque caressante. Si elle se laisser aller, si elle répond à cette douce mélodie envoûtante, elle sait pertinemment que ce sera la fin et ce n’est pas ce qu’elle souhaite. Elle lutte depuis si longtemps aux côtés de ses amis, ce n’est pas pour abandonner maintenant, si près de la réussite, si près de la victoire sur un ennemi particulièrement violent et cruel.

Dans un geste maîtrisé, elle se projette en hauteur, sur le toit d’un immeuble. Plus elle sera éloignée du sol et moins la peur la touchera. De ce point d’observation, elle voit la ville de New York et les vaisseaux circulaires qui stationnent dans le ciel. Les diodes bleutées les rendent encore plus visibles, comme des cibles à détruire, mais l’acier qui les compose est trop dur, trop solide. Skye a vu les rayons de Tony Stark ricocher dessus comme des balles de tennis, elle a aperçu les efforts démesurés de Vision et de Maximoff pour percer un tout petit trou dans le blindage. Mais rien n’y fait, c’est encore plus fort que le vibranium, comme si l’espace avait produit un alliage dix fois plus résistant que le fameux métal du bouclier de Steve Rogers.

S’efforçant de faire le vide dans son esprit, l’ancienne hackeuse plonge dans ses pouvoirs. Les tremblements de terre sont son œuvre, elle peut faire vibrer le sol à sa guise, avec assez de puissance pour détruire la Terre. Il lui faut trouver le juste milieu, ce point qui sauvera tout le monde et qui décimera les ennemis dans le même temps. À ses pieds, au bas de l’immeuble, elle distingue la silhouette de May qui tient tête à un extraterrestre. Non loin, Leo s’emploie à utiliser ses nouvelles grenades pour se protéger et, surtout, pour venir en aide à Jemma qui n’a rien de plus qu’un bon vieux pistolet inoffensif. Mack et Yoyo sont aussi actifs et prêtent main forte à un dénommé Docteur Strange.

S’accroupissant, Skye pense à toutes les vies en jeu. Thanos a déclaré vouloir exterminer la moitié de l’Univers et c’est à eux de le détruire pour sauver tous les autres. Le sol gronde en réponse à ses réflexions et elle retourne sur le terrain en expédiant plus loin deux adversaires à coups d’ondes de choc. Ignorant la douleur dans ses mains, elle se débarrasse ainsi de plusieurs ennemis avant de rejoindre Melinda. Cette dernière plante un long bâton en métal dans le ventre de la créature avant de reporter son attention sur la plus jeune.

- Où est Coulson ? demande l’Inhumaine.
- Je le croyais avec toi, répond la Cavalry.

Elles échangent un regard lourd de sens alors que l’ancienne hackeuse porte la main à son oreillette. Elle espère que le petit appareil n’a pas subi trop de dommage mais elle doit se rendre à l’évidence : la communication est complètement hors service. Pestant contre ce manque de moyens, Skye jette un coup d’œil circulaire dans l’optique d’apercevoir son chef d’équipe. Il n’y a là aucune trace de l’Agent, ce qui la perturbe franchement, bien plus que ce qu’elle est prête à affirmer.

- C’est fini Quill, on a tous foiré.

La jeune femme reconnaît la voix de Stark et elle lit le désespoir dans ses yeux. Son armure est dans un état pitoyable et l’homme qui l’accompagne ressemble à une loque. Il n’est d’ailleurs pas le seul, ils sont tous des ruines de héros à côtés de leurs adversaires qui reviennent toujours en force, plus nombreux, comme inépuisables. Skye refuse de croire qu’ils ont perdu, elle part à la recherche de ses derniers coéquipiers, usant de ses pouvoirs sur les ennemis qui lui barrent la route. Elle découvre enfin Coulson, allongé sous une poutrelle en ferraille. Elle s’agenouille près de lui et prend sa main doucement, craignant qu’il soit mort. Il ouvre les yeux et lui sourit douloureusement.

- Skye …
- Taisez-vous, tout va bien se passer.

Elle n’en pense pas un mot, parce que l’ombre violette qui descend du ciel est assez explicite. Thanos est là, avec le gant de l’infini, avec cinq des six pierres. Il ne lui reste plus qu’à prendre celle de Vision, ce que personne ne peut empêcher. Il a trop de puissance avec les gemmes actuelles et il pourrait leur faire du mal en un claquement de doigts.

Baissant son regard sur le visage pâle de Phil, Skye se dit qu’elle aurait dû lui avouer plus tôt la nature exacte de ses sentiments. Si c’est un père qu’elle a vu en lui au début de leur relation, sa vision des choses s’est transformée en quelque chose d’autre, de plus intense. Gardant serrée entre ses doigts la main de chair de son supérieur, l’Inhumaine pose ses lèvres sur les siennes. Celles de Coulson sont froides, comme le restant de sa peau, et Skye sent son cœur se serrer.

- C’est fini, entend-elle derrière elle.

La voix de Romanoff n’est qu’un murmure mais il transmet tout ce qu’il faut savoir. Sentant la vie quitter le corps de l’homme qu’elle aime, Skye étouffe un sanglot. Le sort de l’univers lui importe peu maintenant que Phil se meurt dans ses bras. Thanos peut détruire chaque être vivant comme il le souhaite, elle n’interviendra plus, son cœur est brisé.

Lorsque le Titan fou referme sa main et que les doigts se touchent, tout le cosmos semble retenir son souffle. Au début, il ne se passe rien, certains pensent même qu’il a échoué. Mais peu à peu, la matière s’effrite, les visages disparaissent, suivis des corps. Une sensation étrange envahit celui de Skye, de la tête aux pieds, ainsi qu’un long sentiment de soulagement. Survivre sans Phil n’est plus envisageable, elle se sent heureuse d’être victime de la destruction de la moitié de l’Univers.
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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par LilTangerine » 20 mai 2018 - 00:57

Titre : Décision
Thème (écrit ou image) : Détruire
Fandom : HP
Nombre de mots : 321
Personnages : Les Maraudeurs
Rating : Tout public
Pourquoi hésiter ? se demanda James, alors que Sirius lui suggérait l'idée. Peter était l'un de ses amis, et il avait toute confiance en lui, en l'ami avec lequel il avait traversé sept années à Poudlard. Certes, il n'avait pas toujours été le plus tendre avec lui, le taquinant un peu trop parfois, râlant un peu lorsqu'il fallait l'aider sur un devoir de Métamorphose. Mais c'était de Queudver dont on parlait, un de ses plus vieux et plus fidèle ami.

Pourquoi hésiter ? se rassura Peter, songeant qu'il n'en avait surtout pas la possibilité. Il était fait comme un rat, tenu en tenaille entre le Seigneur des Ténèbres et ses amis, qu'il ne pouvait trahir ni l'un ni les autres. Il n'était pas lâche, n'est-ce pas ? Il n'avais pas le choix. Ce n'était pas de sa faute, on l'avait piégé.

Pourquoi hésiter ? se raisonna Sirius, lancé dans une course poursuite. Ce n'était plus le moment de réfléchir, et s'il n'intervenait pas, il laisserait filer entre des doigts le meurtrier de James et Lily. Il ne pouvait le permettre, et qu'importaient les conséquences, tant qu'il pouvait lui faire payer le prix de sa lâcheté. Pourtant, un vague élan de remords le prenait, agité par une amitié passée dont il aurait voulu effacer les souvenirs. Le doute le traversa une fraction de seconde de trop.

Pourquoi ? hurlait Remus. Pourquoi la vie lui avait-elle donné tant pour tout lui reprendre ? Pourquoi avait-il eu la chance de rencontrer James et Sirius, si c'était pour qu'on les lui arrache ? Pourquoi était-il le seul en vie ? Le dernier. Le survivant. Cette pensée le fit rire jaune. S'il ne méritait que de souffrir, pourquoi achever les autres avant lui ? Pour le voir se détruire année après année, seul, érodé par la tristesse et l'amertume ?
Remus était las. Tellement las. Et il n'y avait plus personne pour répondre à ses questions.
Dernière modification par LilTangerine le 20 mai 2018 - 19:05, modifié 1 fois.
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Dreamer
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Dreamer » 20 mai 2018 - 01:02

Titre : La fille timide
Thème : citation
fandom : hp
Personnages : Dorcas Meadowes
Nombre de mots : 768
Rating : tout public
« Oh voyons, arrête de la taquiner, tu sais qu’elle est timide... »

C’est de cette façon que Remus Lupin avait rabattu le caquet de Sirius Black qui venait de lancer une énième remarque à son intention. Malheureusement, le lycanthrope avait chuchoté juste assez fort pour que Dorcas saisisse ses premiers mots.

Elle ne s’était pas retournée, n’avait pas montré qu’elle l’avait entendu. Au contraire, elle fixait toujours sans ciller Maugrey qui expliquait les dernières avancées de leurs missions, priant pour ne plus entendre parler d’elle-même.

Elle détestait ça, être au centre de l’attention.

En réalité, ça n’avait pas toujours été le cas. Dorcas avait été une joyeuse Poufsouffle, bonne élève, et Poursuiveuse dans l’équipe de sa maison à partir de sa Sixième Année. Elle avait eu son content de popularité pendant ses années à Poudlard, et avait apprécié certains côtés de cette situation. Toujours être accueillie en entrant dans la Grande Salle. Être invitée aux soirées d’élèves d’autres maison. Entendre son nom être scandé pendant un match de Quidditch. Avoir un ami à côté de qui s’asseoir pour chaque cours, pour partager les pauses, pour réviser à la bibliothèque. Elle côtoyait tant de monde que c’en était grisant.

Quelle superficialité, songea-t-elle avec amertume en ressassant ses souvenirs.

Puis, elle avait passé ses ASPIC et était sortie de Poudlard. Peu à peu, ses amis s’étaient fait rare. De moins en moins souhaitaient se retrouver pour boire une Bièraubeurre. Chacun faisait sa vie, comme on disait.

Et il y avait la Guerre. Le statut du sang qui avait en quelque sorte balayé toutes les relations que Dorcas avait connues auparavant. A Poudlard, ce genre de choses n’empêchait pas les gens d’être amis, à moins de vouloir traîner avec les élèves de Serpentard.

Pourtant, une fois dehors, on aurait dit que l’entente à Poudlard n’avait été qu’une trêve éphémère. Les Sang-Purs rejoignaient les rangs des Mangemorts ou s’engageiant dans le camp adverse, selon les cas. Les Nés-Moldus abandonnaient tout pour fuir ou se cacher la plupart du temps. Et Dorcas, comme beaucoup d’autres, se retrouvait embourbée dans une situation qu’elle ne saisissait pas complètement.

Comment des copains avaient pu s’entre déchirer ainsi ? Tout quitter sans donner la moindre nouvelle. Se diriger vers des voies diamétralement opposées.

Comment pouvait-elle faire face à ce vide béant qui trouait ses entrailles ? Faire face à cette gigantesque solitude ? Continuer à envoyer des lettres en sachant qu’on ne lui répondrait jamais ?

Dorcas était de tombée de haut, et elle avait touché le fond.

Puis Benjy Fenwick, un ancien Poufsouffle, d’un an son aîné, l’avait croisé dans les couloirs du Ministère où elle faisait sa formation pour entrer dans la Brigade de la Police Magique. Il l’avait invitée à prendre un café. Il avait pris de ses nouvelles, comme si elle comptait pour lui.

Et, après plusieurs rencontres, il lui avait parlé de l’Ordre du Phénix, avant de la faire entrer dans leurs rangs. Il l’avait guidée, lui avait présenté les autres membres de l’Ordre.

Elle avait été surprise d’y retrouver les Maraudeurs, plus âgés qu’elle, qui avaient été de sacrés fauteurs de troubles à Poudlard dans son souvenir, toujours à jouer des tours aux autres et à courir dans les couloirs pour échapper au concierge. Et les voilà, qui étaient tout à fait aimables, avenants, et très sérieux dans leur engagement dans ce conflit. Ils avaient l’air de gens biens.

Et maintenant qu’elle les avait rencontrés, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver cette fascination à leur égard, tout en maintenant une distance extrême entre eux. Elle ne pouvait pas se laisser approcher par de quasi-inconnus et se lier à eux alors qu’elle avait perdu tous ses amis de Poudlard, si ?

Seul Benjy, parmi tous les membres de l’Ordre, réussissait à lui faire décrocher quelques mots, en lui faisant se rappeler de vieux souvenirs de leur équipe de Quidditch. Quand il n’était pas là, elle préférait se murer dans le silence et se rendre transparente aux yeux des autres.

Ne pas attirer l’attention, c’était une façon de se protéger de l’amitié des autres. Pour ne pas être déçue. Tant de gens partaient sans laisser de traces. Sans que Dorcas sache s’ils l’avaient abandonnée sciemment ou non.

C’était trop dur. Elle ne pouvait pas se permettre de revivre ce malaise. Se sentir négligée, délaissée, rejetée. De réaliser que toute sa scolarité n’avait été qu’un mirage. Un foutu rêve où elle s’était crue importante aux yeux des autres. Alors qu’elle n’était rien.

Alors Dorcas préférait qu’on la considère comme la fille timide qui s’asseyait dans un coin plutôt qu’on aille lui adresser la parole.
It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

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irenea
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par irenea » 20 mai 2018 - 01:07

Titre : La Tortue ( faut pas chercher à comprendre )
Thème (écrit, image ou citation) : Détruire
Fandom : HP
Nombre de mots : 906
Personnages : Regulus Black, Lily Evans, Horace Slughorn ( mentionné )
Rating : Tout public
Il la déteste, plus que n'importe quel autre intrus dans cette école. Il ne supporte plus ses interminables discours sur toutes ces bizarreries moldues, leurs métiers, leurs engins et leurs manières. Mais le pire c'est qu'il écoute. Il n'aurait jamais dû savoir ce que sont une télévision et une photocopieuse. Il n'aurait jamais dû savoir qu'il existe des mobylettes, des voitures et des motos, que les trois ont toutes la même fonction, mais qu'elles ne fonctionnent pas de la même manière. Regulus Black déteste Lily Evans et se déteste plus encore de retenir tout ce qu'elle peut raconter à cet empaffé de Slughorn qui n'est pas foutu de comprendre comment fonctionnent les micro-ondes – ce n'est pourtant pas si compliqué !

Regulus en mange sa cuillère. Il ne manquerait plus que ça, qu'il se casse les dents dessus pour une née-moldue.

Le Club de Slug où son professeur l'invite toujours très cordialement – parce qu'il est le meilleur étudiant de sa classe et qu'il porte le nom de la très noble et très ancienne maison des Black – peut parfois accueillir les pires phénomènes. Comme Lily Evans.

Horace Slughorn, s'il est connu pour savoir s'entourer des grands de ce monde, peut parfois particulièrement mal choisir ses fréquentations. Regulus y a vu circuler les pires crapules, parmi lesquelles Lily Evans.

Une fois encore, elle est invitée à l'une de ses petites soirées, celle qu'il organise une fois par an et à laquelle il invite non seulement ses élèves actuels, mais aussi ses anciens étudiants. Tous ne répondent pas à l'appel – la plupart ont vraiment réussi leur vie et ont autre chose à faire – mais il arrive que certains s'y perdent pour quelques heures. Pour une fois elle n'est pas venue accompagné de Severus Rogue – qui a peut-être fini par refuser. C'est une amie qui l'accompagne, de Gryffondor, peut-être elle aussi née-moldue – certainement pas de Sang pur.

Elle est, comme souvent, le centre de l'attention, non pas que les étudiants – nombreux sont les Serpentard, presque aucun ne daigne porter un quelconque intérêt à Evans – s'intéressent à elle, mais le professeur Slughorn, comme toujours, cherche à mettre en avant son élève chouchoute.
Elle raconte une énième fois comment elle met en route une machine à laver – moyen intelligent, dit-elle, pour des gens qui n'ont pas de magie, de laver ses vêtements sans effort. Slughorn est aux anges, les quelques fayots qui se sont attroupés autour d'elle aussi et Regulus boude dans son coin.
Il la déteste, mais s'en veut plus encore de l'écouter parler à chaque fois. Il ne comprend toujours pas pourquoi il le fait, mais il ne peut s'en empêcher. Il a beau connaître par cœur ses histoires, il finit toujours par s'approcher assez prêt pour l'écouter parler.

C'est peut-être pour mieux les connaître, mieux apprendre à se méfier d'eux.

Non, tu le sais, au fond de toi. Tu sais pourquoi.

Il préfère ne jamais répondre directement à cette question. Pourquoi ? Il sait, mais il vaut mieux émettre toutes les hypothèses possibles et imaginables que de se retrouver face à la dure vérité.

Il voudrait la détruire pour ça – il devrait l'anéantir, rien que parce qu'elle existe et que c'est ce qu'il est censé faire – mais plus encore il devrait anéantir toute cette curiosité malsaine qu'il a pour ses histoires.

Il se retourne, tente de s'éclipser quand il voit qu'elle parvient à échapper à Slughorn et qu'elle s'avance vers lui.

– Je te dérange ? demande-t-elle.

Toujours, pense-t-il.

Mais il est poli et le garde pour lui – et surtout, surtout il sait qu'il se ment à lui-même une fois encore.

– Non, il répond. Tu ne me déranges pas.
– Tu es venu seul ?

Il vient toujours seul aux soirées de Slug, soit parce qu'il n'a pas envie de les faire subir à qui que ce soit dans son entourage, soit parce que la majorité des sorciers qui composent son entourage y sont déjà présents.

Il hoche donc la tête.

– Tu es venu sans Rogue, constate-t-il.

Mais il se mord la lèvre de lui faire la conversation. Ils ne devraient rien avoir à se dire.

– Lui et moi avons eu quelques différents.

Regulus sait. Il sait exactement ce qui s'est passé et c'est sans doute ce qui le décontenance le plus. Pourquoi donc Evans vient-elle lui faire la conversation si elle s'est débarrassé de Severus Rogue ? Rogue et lui partagent au moins la même idéologie – les mêmes ambitions.

– C'est mieux ainsi, ajoute-t-elle.

Et Regulus hoche la tête, pour lui montrer qu'il comprend et qu'elle a eu raison.

– Tu n'es toujours pas décidée à raconter des bobards à Slughorn ? demande-t-il.

Il change de sujet et remercie Evans de le suivre. Il ne veut pas s'aventurer plus loin dans ce chemin sinueux.

– Non, j'ai l'impression qu'il s'intéresse vraiment à ce que je dis.
– Mais tu lui répètes tout le temps la même chose, je suis certain que si tu lui montais une histoire il n'y verrait que du feu.

Elle sourit et il sait qu'elle est tentée par l'idée.

Regulus se déteste à l'idée de prendre du plaisir à voir un sorcier être mené en bateau pour une née-moldue.

Mais il n'en dit rien, surtout pas à Evans.

Il ne peut risquer de détruire ce qu'ils partagent, ces quelques phrases, ces quelques souries échangés au milieu du brouillard.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 20 mai 2018 - 01:35

Titre : Madeleines salées
Thème (écrit, image ou citation) : Madeleine
Fandom : Hannibal
Nombre de mots : 632
Personnages : Hannibal, Will
Rating : - 16 ?
Il savoure sur sa langue la douceur de la gourmandise. Ses dents plongent délicatement dans le moelleux de la madeleine, les saveurs éclatent dans sa bouche. C’est un plaisir certain de pouvoir déguster quelque chose d’aussi doux en bouche. Jetant un regard autour de lui pour vérifier qu’il est seul, Will replonge la main dans le plat, récupérant une nouvelle œuvre culinaire d’Hannibal. Qu’il est bon de s’extasier sur un gâteau sans avoir à en redouter la provenance. Pas de médecin trop curieux, de postier impoli ou de voisin excessif. Non, il n’y a pas un gramme d’humain dans les bouchées qu’il vénère avec délices.

Soudain, il doute. On parle bien d’Hannibal Lecter ? Le psychiatre cannibale qui n’hésite jamais à insérer un peu de mortalité à ses plats, même dans les végétariens ? Ce même Hannibal qui, la semaine passée, lui a fait goûter des lasagnes vegan à base de morceaux de vegan ? Avec une moue perplexe, Will observe scrupuleusement la madeleine entamée qu’il tient entre son pouce et son index. Comment peut-il imaginer une seule seconde qu’une telle douceur recèle un peu d’humain émincé et bien cuit ? Hannibal aime aussi les bonnes choses mais pas au point de sacrifier une telle recette au profit d’un peu d’être vivant, n’est-ce pas ?

Dans un très gros doute, Will termine sa madeleine sans attaquer les autres. La découverte de cette saveur lui fait plaisir, il ne pensait pas qu’il se sentirait aussi bien en France à découvrir des merveilles culinaires. Madeleines, baba au rhum, bretzel, quiches, … Des plats déjà préparés par Hannibal mais qu’il sublime plus encore sur le territoire français. C’est entre deux macarons qu’ils ont échangé leurs premiers baisers. C’est suite à une magnifique tarte aux mirabelles que l’ancien consultant a cédé aux mains délicates de son psychiatre.

- Will, je suis rentré. Avec des courses.

Quelques mots, rien de plus. Il ne faut pas longtemps à Will pour deviner que l’une des courses est sans doute bavarde, bien humaine, et presque prête à être transformée en un délicat jambon braisé.

- Dis-moi, Hannibal, qu’as-tu mis dans tes madeleines ?
- La recette est secrète.

Voyant que sa réponse ne satisfait pas son compagnon, le cannibale se fait pardonner par un long baiser prometteur. Oubliant les courses et ses interrogations sur les ingrédients, Will embrasse fiévreusement Hannibal, laissant ses mains glisser sur ses flancs avant de venir ouvrir sa ceinture puis son pantalon. Délaissant lui-aussi la nourriture, le psychiatre accueille la nouvelle prise de décisions de son vis-à-vis, gémissant en sentant sa main contre son membre. Ses hanches vont d’elles-mêmes à la rencontre de la main de Will mais, rapidement, il échange leurs positions. Il abaisse le pantalon puis le caleçon du profiler, l’embrassant tout en le préparant. L’instant d’après, leurs corps sont unis contre la table et un concert de gémissements retentit dans la cuisine, uniquement interrompu par un importun.

- Excusez-moi mais j’aimerais sortir d’ici.

La voix semble réveiller Hannibal alors qu’il atteint l’orgasme. Il se détache de son compagnon, remonte vaguement son pantalon et attrape un couteau sur le plan de travail. Sa prise humaine ne peut pas s’enfuir, car attachée, mais elle crie fortement. Le cannibale tranche la gorge d’un geste sec et essuie son arme improvisée sur la veste du nouveau cadavre.

- Des madeleines salées enrobées de viande, ça te dirait Will ?

Un grognement lui répond et Hannibal se souvient alors de la situation qui a précédé le meurtre. Il retourne auprès de son Will et achève son travail d’une main de maître.

oOoOoOo


- Des madeleines salées ? Elles sont très bonnes, vous devriez investir dans ce produit.

Les deux amants tueurs échangent un regard intense. Leurs madeleines aux lardons fumés ont un succès fou auprès du grand public.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 20 mai 2018 - 02:00

Titre : L'abandon des cœurs
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 1320
Personnages : Lucy Weasley et Scorpius Malefoy
Rating : Tout public

« Scorpius ! Attends-moi, s’il te plait… »

Il slalomait entre les sorciers perdus qui, sans magie, s’entassaient dans le hall de Sainte-Mangouste. Lucy courrait derrière lui, le cœur battant mais en miette, et avec la désagréable impression de l’avoir perdu pour de bon.

« Scorp ! Je t’en supplie… SCORP ! »

Il se figea au milieu de la foule. Se retourna avec lenteur. Et Lucy sursauta alors que son visage était marqué par la haine. Jamais elle ne l’avait vu ainsi. Jamais il ne l’avait regardé ainsi.

« Je ne veux pas te parler, Lucy. Je ne veux PLUS te parler.
- Il faut que tu me laisses t’expliquer…
- Tu m’as trompé ? Avec Ed ? »

Sa salive se bloqua dans sa gorge.

« Je… Scorpius, je ne voulais pas…
- Tu ne voulais pas quoi ? Me tromper avec mon meilleur ami ? Au bout de douze ans ? Après tout ce que nous avons traversé ? »

Elle serra les bras autour de sa poitrine, consciente des regards que l’on portait sur eux, de l’humiliation dont elle était victime. Elle était désespérée, mais en colère aussi.

« REPONDS PUTAIN ! »

Elle sursauta, encore. Il avait crié comme jamais elle ne l’avait vu crier. Scorpius, c’était le calme, la retenue, la maturité. Ce jour-là, il cédait à la pulsion. Et il lui faisait peur.

Mais ne l’avait-elle pas mérité ?

Il se passa une main sur le visage, dans les cheveux, pâle sous la colère, agité dans la détresse. Et puis soudain, il lui saisit le bras, la tirant vers les couloirs où la population se raréfiait.

Au bout de quelques pas, il la lâcha et tétanisée, Lucy n’était plus capable de parler.

« J’ai besoin de savoir, Lucy. Je veux savoir quand.
- Scorpius…
- Quand. »

Son secret brûlait en elle, sur le point de surgir dans un ouragan dévastateur. Ils seraient tous les deux emportés et jamais ils ne s’en remettraient. Le flot de ses émotions explosa en elle et les larmes jaillirent en flot sur ses joues.
Oui. Elle, Lucy Weasley, pleurait.

« Le jour de nos fiançailles… »

Sa voix se brisa et elle ferma les yeux, incapable d’affronter, juste avant qu’il ne l’éveille en la saisissant par les bras. Ferme, comme l’expression de son visage. Grave, comme le son de sa voix.

« Quand.
- Lorsque… pendant l’orage.
- Pourquoi ?
- Je n’en sais rien, Scorpius. Je n’en sais rien, j’ai rien prévu… C’est arrivé comme ça… »

Le rire qui surgit de sa gorge la figea d’horreur. Il avait l’air fou, bouffé par la jalousie et la haine.

« C’est arrivé comme ça, hein ?! Vous vous êtes vu et vous vous êtes sauter dessus. Le jour de nos fiançailles.
- Non, je… il…
- Il quoi, Lucy ? Il quoi ?!
- Il m’a… Il m’a dit qu’il m’aimait et…
- Et toi, tu l’aimes ?
- Non ! Bien sûr que non ! »

D’un coup d’épaule, elle se dégagea de sa prise et essuya à la hâte les sillons de larmes marquant ses joues, alors qu’il se mettait à arpenter le couloir, les poings serrés.

« Et moi, tu m’aimais ? Pour faire ça, je ne devais pas beaucoup compter pour toi. »

Lucy se laissa tomber contre le mur, incapable de l’observer. Elle ne pouvait pas lui répondre. Elle lui avait déjà fait suffisamment de mal.

« Et qu’est-ce qu’il t’a fait ? Je dois savoir. Que t’a-t-il fait, Lucy ?
- Scorp ?
- Réponds-moi.
- Il m’a… On s’est embrassé.
- Et ensuite ?
- On s’est embrassé, c’est tout. »

Elle plaqua les mains sur son visage, honteuse, dévastée. Mais moins que Scorpius puisqu’il avait arrêté de marcher. Lucy risqua un regard vers lui et voulut s’enterrer six pieds sous terre pour lui échapper. Scorpius, cet homme qu’elle avait tant aimé, tant chéri, la regardait avec un air indéchiffrable et une pointe de… pitié ?

« Par Merlin, Lucy… Qu’ai-je fait pour que tu ais une si mauvaise opinion de moi ?
- Qu… Quoi ?
- Tu m’as très bien entendu…
- Je… Je ne comprends pas. »

Il s’approcha d’un pas, se pencha vers elle. Pris cette voix si masculine, si mure, si…

« Nous avons été ensemble douze ans, Lucy. Je savais que tu allais mal, que tu étais perdue… Et tu n’as pas pensé un seul instant que je t’aimais assez pour essayer de te pardonner ? Tu as préféré me mentir ? »

Elle en resta bouche-bée alors que son regard gris la sondait. Bien sûr que si, elle y avait songé. Mais elle n’avait pas souhaité le blesser…

« C’est pour ça que tu m’as quitté, n’est-ce pas ? Tu ne supportais plus de vivre ainsi. Tu n’arrivais plus à me parler, à me faire confiance. »

Que pouvait-elle répondre ? Il tapait juste, comme toujours. Il la connaissait si bien.

« Mais je t’aurais pardonné, Lucy. Ça aurait prit du temps, c’est certain, mais je t’aurais pardonné un malheureux baiser. Et plutôt que d’être honnête, tu as préféré me blesser plus encore. Tu as préféré me plaquer comme une grosse merde.
- Je ne t’ai pas…
- Bien sûr que si ! Tu as commencé par ne plus me parler, puis tu m’as annoncé ton départ et tu es partie. Tu n’as même pas cherché à récupérer tes affaires chez nous ! Tu ne m’as même pas aidé avec la maison, les meubles… Tu m’as trompé, tu m’as menti, et tu es parti. Tu ne m’avais pas assez humilié et blessé comme ça… Il fallait que tu en rajoutes une couche.
- Tu te trompes !
- Je ne crois pas.
- Tu te trompes, explosa-t-elle. Tu te trompes ! J’ai fait tout ça parce que je t’aime ! J’ai fait tout ça parce que je savais que savoir te tuerait ! Je t’ai déjà enlevé ta fille, je ne pouvais pas t’enlever ton meilleur ami aussi ! C’était moi le problème de ta vie, Scorpius ! Je suis partie parce que je t’aime et que je te fais souffrir ! Je suis partie parce que- Humpf ! »

Il venait de plaquer une main sur sa bouche, l’empêchant de continuer à parler.

« Tais-toi, murmura-t-il. J’en ai assez entendu. Je ne veux pas entendre plus. »

Scorpius resta ainsi à l’observer alors que le sang battait dans les oreilles de Lucy. Cette proximité la brulait. Cette main sur sa bouche la… Il la retira et aussitôt, elle prit son courage à demain. Elle devait lui dire ce qu’elle avait sur le cœur. Il devait la comprendre.

« Je suis partie parce que- Humpf ! »

Ce n’était plus sa main. Il l’empêchait de parler oui, de la manière la plus agréable qui soit. Ses pensées s’envolèrent alors que son univers ne se résumait qu’à ses mains sur ses joues, le bout de ses doigts chatouillant sa nuque… à ses lèvres sur les siennes. Douces. Enivrantes. Délivrantes.

« Tu vas te taire maintenant ? souffla-t-il en s’éloignant, les joues roses et les bras ballants. Je t’ai dit que j’en avais assez entendu. »

Absente, Lucy le fixa un battement de secondes. Juste avant de se jeter à son cou, de plonger une main dans se cheveux, une autre dans son dos, terrassée par l’océan balayant son cœur. Il referma les bras sur elle avec une telle ferveur qu’elle sentit ses pieds décollés du sol. Ivre de ces sentiments qu’elle n’avait plus ressentis depuis des mois, elle s’accrocha à lui, incapable de le lâcher, incapable de penser.

Pourquoi l’avait-elle quitté ? Comment avait-elle pu penser un seul instant être capable de vivre sans lui. Sans ses baisers, sans ses caresses… Son cœur n’en finissait plus de s’emballer, ses jambes de flageller…

Et Lucy et Scorpius s’abandonnèrent dans un baiser, incapable de lâcher prise.
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Dreamer
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Dreamer » 20 mai 2018 - 02:01

Titre :
Thème : image
Fandom : hp
Personnages : Luna Lovegood, Dean Thomas
Nombre de mots : 861
Rating: tout public

Les yeux fixés sur l’océan, Luna se balançait lentement sur le rocher sur lequel elle s’était installée deux heures plus tôt. Elle ne se lassait jamais du spectacle. La mer qui lui faisait face alternait entre moments d’accalmie et de déchaînement. Fortes ou non, les vagues venaient se briser le plus souvent contre les pierres du rivage. Seules quelques unes mouraient en chemin, aplatissant le niveau de l’eau aussi discrètement qu’elles s’étaient créées. A cet instant, dans le crépuscule, on peinait à observer la beauté du mouvement des vagues tant cela semblait chaotique.

Une larme perla au coin des yeux de la jeune fille. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à cet elfe de maison qui avait perdu la vie en les sauvant tous. Cette petite créature qu’elle ne connaissait pas avant qu’elle ne l’aide à s’échapper du manoir Malefoy. Dobby. Jamais elle n’oublierait ce nom, ni ces grands yeux emplis de douceur, ou cette voix aiguë mais déterminée.

Puis ses pensées voguèrent jusqu’à son père et son coeur s’emballa férocement. Comme si un ouragan cherchait à sortir de sa poitrine. C’était un tourbillon d’émotions qui l’agitaient. De la peine, de ne pas l’avoir près d’elle. De la peur, de savoir qu’il avait été envoyé à Azkaban. De la colère, d’apprendre qu’il avait trahi ses amis et cédé aux Mangemorts. Et de l’amour aussi, parce que la rancoeur qu’elle éprouvait ne suffirait jamais à étouffer l’affection qu’elle avait pour son géniteur.

« Tu vas bien ? »

La voix rauque de Dean la sortit à peine de ses pensées, et elle se contenta de hocher la tête. Alors il s’accroupit à côté d’elle, avant de saisir maladroitement sa main.

Un frisson parcourut le bras droit de la jeune fille, tandis que les vagues de son coeur se brisaient sur une nouvelle personne. Dean. Ce garçon qu’elle ne connaissait pas. Il avait atterri lui aussi dans la cave des Malefoy, quelques temps après elle. Avant cela, ils ne s’étaient jamais adressés la parole. Luna s’en serait rappelée. Que ce soit dans les couloirs ou même à l’AD, il n’avait jamais cherché à lui parler. Elle s’en était accommodée et n’avait jamais cherché à créer de contact non plus.

Pourtant, dans l’obscurité de cette sordide cave, les deux adolescents s’étaient tenus la main. Elle avait essayé tant bien que mal de soigner ses plaies, et il avait tenté de la réconforter quand elle perdait espoir. Mus d’une incompréhensible attraction, ils s’étaient mis à discuter. De sujets légers seulement. Pour oublier où ils étaient. Pour éviter de laisser leur pensées vagabonder vers le monde extérieur, empli d’incertitudes et d’angoisses.


Puis ils étaient sortis de ce calvaire. Et au grand jour, tout était différent. L’aisance avec laquelle ils interagissaient dans le noir absolu s’était dissipée et la moindre de leurs discussions était devenue un calvaire. Toute cette tension, ça rendait Luna folle.

La seule chose qui restait naturelle entre eux, c’était le contact physique. Comme si une force quelconque s’efforçait de les rapprocher. Le poussant à toujours venir saisir sa main, et à la serrer fortement. Pour lui rappeler qu’elle était en vie. Que ce n’était pas un rêve.

« Tu sais, j’ai beaucoup réfléchi. » lança finalement le jeune homme à ses côtés, sans quitter l’océan des yeux.

A ces mots, de nouvelles secousses mirent à l’épreuve le coeur de Luna. A quoi pouvait-il avoir bien réfléchi ? Avait-il réellement envie de partager ses pensées avec elle ? Et elle, avait-elle envie de l’écouter ?

« Je crois qu’il faut qu’on mette des mots sur ce qu’on vit, tous les deux. »

« Pourquoi ? » demanda-t-elle du tac-au-tac.

C’est vrai, ne pouvaient-ils pas simplement se contenter d’apprécier la sensation d’avoir leurs doigts enlacés ? De se laisser engloutir par la banalité de la situation ? Après tout, ils vivaient dans une Chaumière près de la plage avec un couple de jeunes adultes. Ils étaient loin de tout. Loin de la Guerre. Et contrairement à la période où ils étaient prisonniers, plus aucune menace ne pesait sur leur tête. Ils étaient juste deux adolescents un peu paumés.

« Parce que je ne peux simplement plus te tenir la main. » avoua finalement le Gryffondor après quelques secondes de silence.

A peine eût-il prononcé cette phrase que Luna avait retiré sa main et l’avait porté à sa poitrine. Son coeur venait de rater un battement. Dean tourna la tête vers elle, surpris, avant de s’exclamer :

« Non, je ne veux pas dire que ça ne me plaît pas de tenir la main. Mais j’ai besoin de plus, Luna. »

Un cyclone venait de dévaster le coeur de la jeune fille. Il l’avait appelée par son prénom. Et ça n’était pas arrivé depuis leur évasion du manoir Malefoy.

« Et je pense que toi aussi. » tenta-t-il en la sondant.

Sans hésiter, Luna lui attrapa la main et la serra résolument. Elle ne lui disait pas oui explicitement, ne hochait même pas de la tête, tant son esprit était chamboulé, mais elle était sûre qu’il le comprit.

Oui, si étrange que cela puisse paraître, Luna avait besoin de lui, tout comme lui avait besoin d’elle.
It ain't easy to keep going when it's hard, Keep shining in the dark, When you wanna fall apart, But I'm a dreamer ♥

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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eanna » 21 mai 2018 - 17:34

Titre : Reste
Thème : « Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. » – Simone de Beauvoir
Fandom : Les enquêtes de Cormoran Strike
Personnages : Robin Ellacott, Matthew Cunliffe
Nombre de mots : 916
Rating: -12

/!\ Attention, spoilers pour ceux qui n'ont pas lu le dernier tome, je mets en tout petit !
— Robin…

Elle sentit son cœur se briser à la vue de Matthew et de son regard suppliant, de ses joues baignées de larmes. Neuf ans de relation… Neuf ans qu’ils se connaissaient, cinq qu’ils vivaient ensemble. Et il l’avait trompée. Pas récemment, bien sûr, c’était ancien, mais il avait gardé le secret toutes ces années, et il voyait toujours Sarah. Elle ressentait une intense bouffée de haine à l’égard de cette prétendue amie qui avait profité du chagrin de Matthew pour se mettre dans son lit.

Il n’était pas innocent, loin de là. A vrai dire, il était tout aussi coupable que Sarah. Et elle ignorait honnêtement si elle serait un jour capable de lui pardonner. Tant de confiance, balayée en un instant par un regard trop éloquent. Il l’avait soupçonnée de coucher avec Strike, alors que jamais quoique ce soit ne s’était passé entre eux. Jamais elle ne lui avait donné de raisons de douter de sa fidélité, c’était lui qui s’était fait tout un film sur leur relation, qui s’était monté la tête sur les soirées qu’elle passait à bosser, les week-ends qu’elle passait au boulot, à plancher sur des affaires morbides.

On lui avait envoyé une jambe coupée, bordel. Une jambe coupée. Et lui s’étonnait qu’elle cherche à savoir qui était le coupable ?! Oh il n’avait pas attendu cette affaire pour lui servir son discours de fiancé délaissé. Elle y était habituée depuis qu’elle travaillait avec Strike, ce n’était pas la première fois. Matthew n’avait jamais aimé le détective. Jaloux du temps qu’elle passait avec lui, sûrement jaloux de sa notoriété. Inquiet du fait qu’il payait Robin avec un lance-pierre, mais indifférent au fait qu’elle adorait ce métier, que c’était ce qu’elle rêvait de faire depuis toujours.

Elle y serait probablement arrivée depuis longtemps si elle n’avait pas arrêté la fac. Si elle n’avait pas été violée, par un inconnu, qui avait pu être arrêté sur les indications qu’elle avait par la suite données. Parce qu’elle avait un sens de l’observation hors du commun, elle le savait. Elle était faite pour ce métier, elle le savait, c’était son rêve depuis toute petite. Matthew le savait. Il le savait mais il ne cessait de lui faire comprendre qu’il ne voulait pas qu’elle poursuive dans cette voie. A vrai dire, elle était convaincue qu’il rêvait qu’elle arrête de travailler après le mariage, et tombe enceinte très rapidement, pour rester à la maison et élever leurs enfants.
— Robin, je t’en prie…

— On en a déjà parlé.

— Robin, j’ai fait une connerie, je suis tellement désolé, combien de fois faudra-t-il que je m’excuse ? Qu’est-ce que tu veux de moi ? Je me mettrai à genoux si tu me le demandes, je ferai ce que tu voudras, mais pitié Robin, pitié, je t’aime…

Elle détourna les yeux. Elle ignorait ce qui se passait en elle. Elle sentait son ressentiment faiblir, sa colère s’effacer face à ce regard désespéré. C’était réellement le mot qui illustrait le mieux ce qu’elle lisait dans les yeux de Matthew. Le désespoir. Elle comprenait que si elle partait réellement, il ne s’en remettrait jamais.

Robin était terrorisée. Elle ignorait complètement ce qu’elle ressentait à cet instant. De la compassion ? De la pitié ? Accorderait-elle son pardon à Matthew par peur qu’il ne se remette jamais de la rupture ? Par peur de culpabiliser s’il se foutait en l’air de chagrin ? Elle avait pleinement conscience que cela pouvait se produire. Et elle ne pourrait jamais le supporter.

Robin releva les yeux vers Matthew. Il n’avait pas bougé, il continuait à la contempler avec tout le chagrin du monde, et une adoration qu’elle n’aurait jamais imaginée. Elle savait qu’il l’aimait. Il l’avait trompée, il y a longtemps, mais depuis il n’avait plus jamais fait d’écart – du moins l’espérait-elle. Elle essayait de ne pas y penser.

— Tu as couché avec elle depuis ? demanda-t-elle d’une voix atone.

— Non ! s’exclama Matthew en lui prenant brusquement les mains. Robin non, je te le jure, il ne s’est plus rien passé depuis cette période ! Je n’ai jamais aimé que toi, tu es la seule, je te le jure !

Elle le croyait. Il était évident qu’il lui disait la vérité, c’était impossible d’en douter. Probablement que si elle lui demandait de ne plus jamais voir Sarah, il lui obéirait sans discuter. Mais malgré la haine qu’elle ressentait envers cette fille, elle refusait de devenir comme ces filles qui régentaient les fréquentations de leur copain, par jalousie, par insécurité. Elle voulait avoir confiance en Matthew, et pas s’assurer de sa confiance en faisant un ménage drastique parmi ses amies filles.

Elle valait mieux que ça.

— Robin, si tu veux annuler le mariage, je le ferai. Je te promets que si tu veux partir, si tu ne veux plus jamais me voir, je disparaîtrai. J’ai… j’ai le cœur brisé Robin. Je t’ai fait tellement de mal… Et je ne me le pardonnerai jamais, je m’en voudrai chaque minute de ma vie si tu souffres par ma faute.

Elle souffrait, mais moins que lui. Elle surmonterait cette rupture, pas lui.

Alors Robin fit ce qu’elle avait à faire. Parce qu’elle n’avait jamais su faire autre chose que se dévouer pour les autres, parce que c’était une seconde nature chez elle.

Elle serra les mains de Matthew dans les siennes et plongea son regard dans le sien.

— Je t’aime. Et je te pardonne, murmura-t-elle avant de le prendre dans ses bras au moment où il fondait en larmes.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eanna » 21 mai 2018 - 17:38

Titre : Égarement
Thème : « Du chaos naissent les étoiles. » – Charlie Chaplin
Fandom : Thor
Personnages : Darcy, Loki
Nombre de mots : 1524
Rating: Tout public

— Arrête de me mentir.

Les bras croisés, les dents serrées, elle le défiait du regard sans une once de crainte. S’il avait dû l’effrayer, cela faisait longtemps qu’elle aurait coupé toute relation avec lui. Peut-être était-elle folle après tout. Comment un humain normalement constitué ne pouvait-il pas craindre un dieu ? A plus forte raison quand le dieu en question était celui du Chaos, et pouvait la réduire en poussière d’un claquement de doigts.

Peut-être n’était-elle pas saine d’esprit après tout. Cela expliquerait finalement beaucoup de choses…

— Je ne te mens pas.

— Oh pitié ! s’écria Darcy. Depuis le temps, tu t’imagines que je vais encore te croire ? C’est une seconde nature chez toi, de mentir ! Manipuler les gens, les détruire, c’est tout ce que tu sais faire !

Elle vit les poings de Loki se crisper, ses phalanges blanchir, mais elle ne broncha pas. Loki était un loup. Si on détournait le regard, il prenait aussitôt le dessus et ne le perdait plus jamais. Il lui fallait soutenir son regard jusqu’à ce qu’il s’incline de lui-même – ce qu’il avait fait systématiquement jusqu’ici. Elle n’arrivait pas à réellement s’en féliciter cependant. A quel moment une relation épanouie reposait-elle sur les rapports de domination que l’un des partis exerçait sur l’autre ?

— On ne se connaît pas depuis si longtemps que ça… tenta Loki sans ciller, mais le timbre moins assuré qu’auparavant. Et puis j’ai 1 400 ans je te rappelle, j’ai vécu un certain nombre de choses, et je n’aurai peut-être pas assez d’une vie humaine pour te les raconter…

Darcy sentit monter en elle une violente envie de lui envoyer son poing dans la mâchoire. Mais elle se ferait probablement plus mal qu’autre chose, et lui ne sentirait rien. Il lui aurait fallu faire appel à Bruce Banner, lui au moins il savait comment faire descendre Loki de son piédestal. Mais elle n’avait pas son numéro, d’ailleurs elle ne l’avait jamais vu en vrai. Par Jane, elle aurait pu avoir le numéro de Thor, et puis celui de Tony Stark, et il lui aurait sûrement donné celui de Banner.

Le fait est qu’elle ne l’avait pas. Et qu’elle devait donc compter sur sa seule force morale pour tenir tête à l’imbécile fini qui lui faisait face. Il la dominait d’une bonne tête et demie, mais elle ne se sentait jamais si grande que dans ces situations, où elle le confrontait à ses conneries et le voyait petit à petit céder face à elle. Quelque part, elle redoutait le jour où il perdrait patience et lui ferait regretter sa ténacité. Mais pour l’instant, elle gardait l’avantage.

— Je le sais que tu as 1 400 ans, curieusement ce n’est pas le genre de détail qui s’oublie, ironisa-t-elle. J’imagine que tu es en train de me dire que je ne suis pas la première humaine avec laquelle tu t’amuses un peu ? Qu’est-ce qui est arrivé aux précédentes ? Pendues dans une chambre froide de boucher ? Façon Barbe Bleue ?

Loki pâlit brusquement, ce qui la surprit. Elle ne sut si elle avait visé juste, ou si ses insinuations l’indignaient au plus haut point.

— Alors ? insista-t-elle. Tu comptes me dire la vérité, à un moment ? Concrètement, je ne sais pas ce que je préfèrerais. Que tes absences soient dues à des meurtres de masses sur différentes planètes, ou apprendre que tu passes ton temps libre avec d’autres filles et que je ne suis qu’un divertissement de passage.

Et il céda. Loki cilla et dévia le regard. Ses poings ne desserraient pas, mais elle avait gagné. Elle n’en tirait aucune satisfaction pour une fois. Elle n’aimait pas la tournure que prenaient les événements, elle attendait qu’il lui annonce sous peu qu’elle n’était qu’une mortelle parmi d’autres, et qu’il avait effectivement trouvé mieux ailleurs.

Son cœur se serra. Elle ne se souvenait pas avoir déjà eu une relation parfaitement stable et saine avec un garçon. A vrai dire, son premier petit copain s’était principalement intéressé à sa poitrine, tout comme les suivants d’ailleurs. Ses relations n’avaient jamais duré bien longtemps, et à chaque fois elle s’était mordu les doigts d’avoir seulement donné une chance à ces abrutis. A chaque fois, elle s’était juré de ne plus jamais refaire la même erreur. De ne plus accorder sa confiance à un homme qui ne lui paraissait pas digne de confiance.
Serment d’ivrogne.

Évidemment, elle avait vite replongé. Et à côté de Loki, les précédents imbéciles étaient des enfants de chœur. Ils avaient l’avantage d’être taillé comme des bâtons de sucette, et de ne pas présenter un grand danger pour elle s’ils se montraient un peu agressifs – l’un d’eux avait essayé, elle était honnêtement persuadée que sa voix avait grimpé d’une octave depuis.

— J’en ai marre ! s’écria-t-elle. Je sature Loki, je n’en peux plus ! Je ne sais déjà pas ce que tu fais sur ta planète, quand tu joues les rois par intérim…

— Je suis le roi légitime, l’interrompit-il avait toute la mauvaise foi du monde.

— Oh la ferme ! Je me fiche complètement des histoires politiques de ton pays…
— Mon monde…

— … et ce que tu y fais, sur qui tu règnes, quel jour a lieu la fête nationale, je n’en sais rien et je m’en contrefous, si tu savais !

Il ne répondit rien, pour une fois. Pour un peu, elle lui aurait trouvé l’air penaud. Mais Loki n’était jamais penaud. S’il avait l’air vulnérable par instants, ce n’était qu’une très brève passade jusqu’à ce qu’il rumine sa vengeance, ou close la discussion d’une réplique cinglante et blessante comme lui seul savait le faire.

Dieu du Chaos. Ça l’avait fait rire au début, en fait. Elle l’imaginait vaguement foutre le bordel chez ses différents ennemis, les désorienter avec quelques boules de flammes et venir à bout de leurs armées par la ruse et la manipulation.

Mais elle se rendait désormais compte qu’il semait le chaos partout où il passait. Et pas seulement chez ses ennemis. Depuis qu’elle le connaissait, elle vivait au bord d’un précipice. Et il faudrait très peu de choses pour qu’elle sombre tout au fond. Elle se demandait honnêtement si elle n’était pas complètement maso. Pour réitérer ce schéma systématiquement, il fallait tout de même aimer se faire déchiqueter le cœur petit bout par petit bout. Elle aimait le drame, c’était un fait. À vrai dire, elle regardait beaucoup trop de comédies romantiques et de films dramatiques pour prétendre ne pas apprécier cela. Alors quelque part, probablement qu’elle reproduisait inconsciemment ce schéma dans sa propre vie amoureuse.
Il ne répondait rien. Elle sentait malgré elle les larmes monter, et elle se mordit les joues pour les refouler le plus longtemps possible.

Et soudain, sous le regard ébahi de Darcy, Loki mit un genou en terre, le regard rivé au sol, comme s’il attendait de se faire adouber. L’image aurait fait rire Darcy en d’autres circonstances, mais à cet instant, elle était comme paralysée, le cœur battant la chamade.

Il releva les yeux vers elle, aussi lentement que s’il se trouvait face à une lumière trop éblouissante. Ou comme s’il craignait qu’elle ne lui décoche un coup de pied. Honnêtement, elle ne savait pas bien laquelle des deux suppositions elle préférait.

— Tu es la seule. Darcy, tu es la seule. Tu as raison : je mens, je manipule, je détruis, c’est ce que je suis. C’est comme ça que je suis fait, je ne peux pas lutter contre ma nature.

Il riva ses yeux dans les siens, le visage grave, et d’une voix légèrement plus basse, il ajouta :

— Mais tu es la seule. Pour une fois, je suis honnête. Je sais que tu doutes de moi, et tu as toutes les raisons de ne pas me faire confiance. Mais il n’y en a pas d’autre que toi.

— Relève-toi, s’il te plaît, souffla Darcy en refoulant un sanglot.
Il obéit – probablement soulagé.

— Tu peux me croire. Sur ce point, tu dois me croire. Il y en a eu d’autres, mais depuis que je te connais, depuis que je t’ai rencontrée, tu es la seule Darcy Lewis.

Comme s’il avait lu dans ses pensées, il ajouta :

— Je suis le dieu du Chaos, mais je n’en ai jamais éprouvé de plus fort que celui que tu sèmes dans mon cœur. Je serai honnête aussi en te disant que je n’aime pas ça, parce que je ne peux pas le contrôler. Mais c’est un fait, et il va falloir que je me fasse à ça. Que j’arrête de lutter.
Il s’approcha d’elle, et posa une main sur la joue de Darcy.

— Je n’ai plus envie de lutter, murmura-t-il d’une voix rauque.

Mais elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase. Son cœur était sur le point d’exploser. Elle se laissa porter par la seule chose qui lui venait à l’esprit en cet instant.

Avec l’étrange sentiment que des milliers d’étoiles venaient de naître en elle, elle l’embrassa, espérant faire passer dans ce baiser tout le trouble qu’il lui inspirait. Toutes ces émotions qu’il suscitait chez elle, ces sentiments qui l’effrayaient. Ceux qu’il venait de renoncer à combattre, pour elle.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eanna » 21 mai 2018 - 17:43

Titre : La dernière lueur
Thème : Image de la maison hantée
Fandom : Original
Personnages : /
Nombre de mots : 527
Rating: Tout public

C’est comme habiter une grande maison vide. Une bâtisse délabrée, sans plus de fenêtres, une toiture en lambeaux.

Elle se sent vide. Aussi vide que cette maison qu’elle imagine. Ce manoir qui fut si beau autrefois, cette demeure que tout le voisinage enviait probablement, qui faisait la fierté de ses propriétaires. La pierre claire, le toit en tuiles vernissées, formant par endroits de jolis motifs aux couleurs vives. Aujourd’hui, ces couleurs sont passées. Il ne reste plus qu’une terne teinte ocre. Et encore faut-il qu’il reste des tuiles.

La charpente est à nu par bien des endroits. Des pièces entières sans plafond aucun. Le vent s’engouffre, glacial rappel de cette lente déchéance. Lente mais certaine. Bientôt, les murs si fragiles ne soutiendront plus rien. Ils s’écrouleront comme la frêle toiture, ils imploseront comme les vitres fines qui depuis les années ont laissé place à de grands cavités dans la façade. On ne distingue rien à l’intérieur. Ces fenêtres détruites semblent des trous noirs sans âme.

Elle contemple le miroir. C’est ce qu’elle voit. C’est ce qu’elle sent. Elle tombe en ruines. Elle ne se relèvera pas, comme cette maison dont les murs ne tiennent plus que par une force inexplicable. Un jour, le vent prendra le dessus. Il passera par une des fenêtres, par un des pans de la toiture en charpie. Il viendra ébranler une paroi plus fragile que les autres. Et dans sa chute, elle entraînera toutes les autres. Le frêle équilibre sera rompu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Elle a le sentiment de marcher sur un fil. Qu’un infime mouvement vers la droite ou la gauche, même imperceptible, pourrait la précipiter dans le vide.

Elle pourrait aussi arriver de l’autre côté du précipice indemne. C’est une possibilité qu’elle ne parvient pas à envisager, étrangement. Il lui paraît évident qu’elle basculera avant l’arrivée. Qu’elle ne tiendra pas la distance. C’est trop dur pour elle. Elle n’est pas assez forte, quoiqu’on lui répète.

Et puis un détail attire son regard. Son reflet dans le miroir a quelque chose de singulier. Elle ne l’avait jamais remarqué auparavant. Ou le refusait-elle, ce qui est plus probable.

Son regard n’est pas éteint. Elle perçoit cette lueur. Si faible, si vacillante. On croirait la flamme d’une bougie sur le point de se noyer dans la cire liquide. Elle se raccroche aux derniers centimètres de la mèche encore émergés. Dans quelques instants, elle sera engloutie, et s’éteindra pour toujours.

Mais elle flambe toujours. C’est la dernière lueur. Le dernier habitant de cette demeure en perdition. Cette pièce au dernier étage, où vit une jeune femme qui n’a plus vu la lumière du jour depuis des années. Chaque soir, elle allume une bougie qu’elle pose sur le rebord de sa fenêtre. Fut un temps, elle en mettait à toutes les fenêtres. Et puis, les jours, les mois passants, elle a déserté ces pièces. Elle s’est repliée sur l’alcôve au grenier.

Le dernier refuge. Le dernier bastion. Quiconque la regarde attentivement verra cette lueur. Et ils sauront qu’elle n’a pas encore perdu. Elle n’a pas encore abandonné.

La chandelle flamboie. Elle s’éteindra peut-être un jour.

Mais pas aujourd’hui.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par popobo » 22 mai 2018 - 18:10

Titre : insomnie
Thème (écrit, image ou citation) : insomnie
Fandom : HP
Nombre de mots : 225
Personnages : Hannah Abott
Rating : aucun
1h du matin

D’un coup de baguette magique, Hannah vient de fermer la porte du Chaudron Baveur. Les derniers clients sont partis. Le réseau de cheminette est également clos. Les verres se lavent eux-mêmes dans la bassine. Une éponge enchantée frotte les tables les unes après les autres. Hannah a terminé sa journée. Elle peut enfin aller dormir.

Ce soir, trois chambres sont occupées par des vacanciers de passage et des sorciers d’affaires. C’est une soirée calme. En ce début d'automne, la forte saison se termine. La jeune tenancière apprécie de pouvoir se coucher relativement tôt.

Arrivée dans sa chambre personnelle, elle s’empresse de se glisser sous les draps.

Emmitouflée dans son lit, elle se tourne et se retourne dans tous les sens. Alors que l’établissement est entièrement calme, l’esprit d’Hannah s’agite autant que son corps. Malgré la fatigue, les idées s’emmêlent : frotter les cuillères, racheter des nouvelles carafes, recoudre les nappes bleues, envoyer les bons de commande, refixer le volet de la chambre 10…

La liste des choses à faire augmente toujours. Hannah s’en agace en se retournant une énième fois seule, dans son lit.

S’occuper de la déco, lancer un nouveau sortilège de protection sur les vitres de la réserve, contacter la guilde des commerçants…

Allongée sur le dos, les yeux grands ouverts, rivés vers le plafond, Hannah se lamente. L’insomnie a commencé.
Dernière modification par popobo le 22 mai 2018 - 18:15, modifié 1 fois.
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par popobo » 22 mai 2018 - 18:12

Titre : le sablier magique
Thème (écrit, image ou citation) : sablier
Fandom : HP
Nombre de mots : 200
Personnages : Hannah
Rating : aucun
Hannah se leva de bonne heure ce matin-là. Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Elle connaissait l’adage et se réjouissait déjà d’enchaîner une nouvelle journée au Chaudron Baveur.
Mais avant d’ouvrir la porte de l’établissement et d’accorder l’accès par le réseau de cheminette à son bar sorcier, elle se devait d’accomplir toute une liste de tâches importantes. Elle avait une petite heure devant elle.

Vêtue de sa robe de service, qu’elle utilisait pour les corvées ménagères, elle tendit sa baguette ; Mais avant de lancer son premier sortilège de nettoyage de la journée, elle fit apparaître l’objet indispensable à sa motivation. Sans lui, faire le ménage n’aurait aucune saveur.

Le sablier en bois et en verre de sa mère trônait désormais sur le comptoir. Le sablier magique était rempli de perles colorées. Il en possédait trente. Un perle pour chaque minute. Pendant que les perles s’écoulaient, Hannah avait donc trente minutes pour s’atteler à l’entretien – et donc d’une certaine manière, la réputation – de son bar.

Hannah adorait ce sablier. Car à chaque nouvelle perle qui tombait, une musique différente résonnait pendant une minute. Et Hannah adorait se laisser surprendre par l’ordre aléatoire des mélodies de son sablier magique qu’elle connaissait pourtant par coeur.
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popobo
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par popobo » 22 mai 2018 - 18:15

Titre : boisson moldue
Thème (écrit, image ou citation) : coupe
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Hannah
Rating : aucun
Hannah était occupée derrière son bar depuis plus de quatre heures. Pendant cette semaine qui précédait la rentrée scolaire, le Chaudron Baveur faisait son plus gros chiffre d’affaires. Le bar accueillait de nombreux parents dont les enfants allaient bientôt faire leur rentrée à Poudlard. Hannah s’enthousiasmait toujours de rencontrer de nouveaux clients, surtout les moldus ébahis par son établissement.

Ce jour là, un homme en costume noir s’approcha courageusement de son comptoir et d’une voix assurée, passa sa commande. Celle-ci laissa Hannah perplexe, se demandant bien ce que désirait le père :

- Une coupe de champagne, s’il vous plaît.
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Ocee
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Ocee » 22 mai 2018 - 19:26

Titre : Du chaos naissent les étoiles
Thème : Du chaos naissent les étoiles (22 h-23h)
Fandom : Thor (/!\ spoilers Thor Ragnarok et Avengers Infinity War)
Nombre de mots : 644
Personnages : Loki & Darcy
Rating : tout public
Il se réveilla en sursaut, aspirant difficilement cet air qui lui manquait. Les yeux écarquillés, fébrile, il porta les mains à son cou et essaya de se souvenir, de réaliser.

Où était-il ? La dernière chose dont il se souvenait, c’était… c’était Thanos. Asgard en lambeaux par la faute de leur sœur. Leur vaisseau attaqué. Leur peuple massacré. Heimdall crucifié. Hulk expulsé du vaisseau. Son frère entravé. Et lui… lui tentant sans succès de berner l’être le plus puissant de la galaxie. La main de Thanos autour de son cou. Sa propre gorge en feu. Ses yeux révulsés. Le manque d’air et… le manque d’air et… le craquement sinistre.

Il déglutit avec difficulté, le souvenir encore ancré en lui, douloureux. Avait-il rêvé ? Asgard pouvait-elle vraiment être réduite à néant ? Un tel chaos était-il possible ? Et Thor ? Qu’était-il advenu de Thor dans tout ça ?


Il regarda autour de lui, à l’affût, ses yeux s’acclimatant peu à peu à l’obscurité alentour. Une chambre ? Une chambre… féminine ? Sur… Midgard ? se demanda-t-il en plissant les yeux pour mieux distinguer les photographies affichées au mur. Par tous les Dieux, que… Une porte s’ouvrit brusquement sur sa droite, laissant entrer une lumière aveuglante.

— Holly crap ! s’exclama une voix stridente. Qu’est-ce que… vous… vous êtes… ?

Après quelques secondes d’éblouissement, il distingua enfin la silhouette d’une jeune femme brune, la main sur le cœur, clairement sous le choc.

— Vous êtes le psychopathe de frère de Thor ! Qu’est-ce que vous fichez chez moi ?

— Vous connaissez mon frère ? articula difficilement Loki, un sourcil haussé d’étonnement.

— Bien sûr que je le connais ! C’est moi qui l’ai trouvé quand il a atterri sur Terre.

— Quand ? demanda-t-il en s’avançant vivement sur elle, la surplombant à présent de toute sa taille, menaçant.

— Hola ! Tout doux mon gars, c’est mon espace vital, là. Si tu ne veux pas tester de mon taser, tu te calmes tout de suite, lui intima-t-elle en pointant un doigt dans sa poitrine pour le faire reculer d’un pas.

— Un taser ?

— Tu demanderas à ton frère, il s’en souvient encore ! Où est-il d’ailleurs ? Jane n’a pas eu de nouvelles depuis des lustres.

— Jane ? L’humaine dont il s’est entiché ? Je croyais qu’elle l’avait quitté.

— Quuuoi ? Depuis quand elle ferait ça ? Elle est dingue de lui – même si elle lui en veut un max de ne pas avoir donné signe de vie. Il va en entendre parler quand il va enfin pointer le bout de son marteau par ici.

Loki sentit une migraine poindre et se massa les tempes d’une main, tout en essayant de faire le tri dans ces nouvelles informations. Son frère lui avait pourtant bien confirmé que c’était fini entre eux la dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés sur terre tous les deux. Et c’était juste avant de rencontrer leur chère sœur, juste avant la destruction de leur planète et… Se pourrait-il qu’il ait rêvé tout cela ? Une prémonition ? Il n’en avait pourtant jamais eue jusque-là…


— Euh… vous avez perdu votre langue ?

— Jamais ! réagit-il aussitôt en tournant un regard dur, méprisant, vers elle. Quand avez-vous vu mon frère pour la dernière fois ?

— Euh, à la télé ? Quand vous avez démoli New York il y a quelques mois ?

— Quelques mois ? murmura-t-il en plissant les yeux comme pour mieux sonder son visage, à la recherche d’un quelconque mensonge. Je dois voir ce Magicien ! Conduisez-moi !

— Pardon ? Un magicien ? Vous êtes sûr que vous allez bien ? Et d’abord, qu’est-ce que ça peut me faire, à moi ? Pourquoi vous êtes là exactement ? Il est arrivé quelque chose à Thor ? Parce qu’on doit prévenir Jane si…

— Argh ! Silence ! Vous parlez trop, soupira Loki en se massant à nouveau les tempes.

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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Ocee » 22 mai 2018 - 19:27

Titre : Du chaos naissent les étoiles (suite)
Thème : Coupe (23 h-24h)
Fandom : Thor (/!\ spoilers Thor Ragnarok et Avengers Infinity War)
Nombre de mots : 607 mots
Personnages : Loki & Darcy
Rating : tout public
— Silence ?! On est chez moi, je vous signale. Je n’ai aucun ordre à recevoir d’un… d’un demi-dieu taré comme vous ! Vous êtes peut-être grands et charismatiques sur Asgard, mais vous ne m’impressionnez pas ! Et c’est quoi cette manie des cheveux longs ? Vous n’avez pas de coiffeur sur votre planète ?

— Qu… vous êtes qui, déjà ? lui demanda Loki avec un regard tellement perplexe et suspicieux qu’il avait l’air de s’inquiéter pour sa santé mentale. Et pour votre gouverne, mon frère s’est récemment coupé les cheveux. Enfin, peut-être pas encore. Mais peu importe, vous m’épuisez.

— Bien, la porte est par là ! lui indiqua-t-elle alors sans se démonter, une main sur la hanche et l’autre montrant la sortie. Allez, ouste ! Allez chercher votre magicien ou je-ne-sais-quoi, et laissez-moi tranquille, je n’ai rien demandé.

— Je…

Pour l’une des rares fois dans sa vie, Loki se retrouva sans voix. Elle… elle n’avait pas tort. Il pouvait parfaitement se débrouiller tout seul sans cette humaine nuisible dans les pattes. Il ne savait pas pourquoi il avait atterri chez elle, encore moins dans sa chambre, mais il n’avait pas à la supporter une seconde de plus.

Il lui lança un regard glacial et s’apprêta à disparaître mais… il réalisa que ses pouvoirs étaient bloqués. Il n’avait pas bougé d’un centimètre et la Midgardienne le regardait toujours dans l’attente qu’il réagisse, levant un sourcil interrogateur devant son propre regard froncé face à la situation qui s’éternisait.

— Alors ? le poussa-t-elle.

— Mes pouvoirs semblent avoir disparu.

— Vos pouvoirs ? Mais je vous parle de vos jambes, moi ! La sortie est par là, alors faites fonctionner vos gambettes géantes de Dieu et fichez-moi le camp.

Loki réfléchit rapidement. Il n’avait aucune envie de se retrouver dans les rues midgardiennes sans ses pouvoirs juste après avoir anéanti l’une de leurs villes principales. Les Avengers risqueraient de rappliquer immédiatement et ils ne seraient probablement pas enclins à le croire s’il leur racontait qu’il pensait venir du futur. Il devait rejoindre ce Dr Strange qui avait la mainmise sur la pierre du temps. Lui seul devait savoir ce qu’il s’était passé. Ou se passerait. Et il avait besoin d’un moyen de locomotion.

Contrairement à ce qu’il avait pensé quelques secondes auparavant, il avait donc besoin de cette…comment s’appelait-elle déjà ? Elle était tellement exaspérante à parler sans se soucier de son statut, comme si… comme si elle n’avait pas à lui obéir. Elle lui rappelait cette Jane Foster ! Les femmes de Midgard étaient-elles toutes aussi farouches à présent ? Comment allait-il réussir à la manipuler pour qu’elle l’amène chez le magicien sans trop lui casser les oreilles au passage ?

— Je vous propose un marché, finit-il par lui dire d’une voix suave. Vous me conduisez chez ce Dr Strange afin que je comprenne la situation et je vous promets que je vous envoie Thor dans la minute, dès mon retour sur Asgard.

— Parce qu’il vous obéit au doigt et à l’œil peut-être ?

— Pas toujours, mais s’il sait que sa chère Jane s’inquiète, je suis sûr qu’il fera un effort.

— Mouais… Moi je crois que vous êtes en train de vous payer ma tête mais, vous savez quoi ? Je veux juste me débarrasser de vous donc si vous me promettez de ne pas mettre à feu et à sang notre planète, encore une fois, je vous dépose où vous voulez et vous m’oubliez, ok ?

— C’est un marché honnête, je l’accepte.

— Et un merci, ça vous écorcherait la bouche, peut-être ? demanda Darcy en levant les yeux au ciel alors qu’il faisait de même en lui emboîtant le pas.

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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Verowyn » 23 mai 2018 - 14:36

Titre : Fumées
Thème : Du chaos naissent les étoiles
Fandom : Original
Nombre de mots : 163 mots
Personnages : 2 OC
Rating : tout public
Ces soirées-là, un rien suffisait à ce qu’elle décolle. Une parole en l’air, deux mots sans réfléchir et c’était parti. Une profusion, un dédale de pensées qui explosaient, un charmant court-circuit. Elle s’allongeait alors, les yeux au plafond, le cœur dans le vague. Elle essayait de ne penser à rien, et c’était comme la fission nucléaire des neurones, ça s’emballait, et elle se retrouvait à palpiter, chahutante de l’intérieur, au bord de la panique, et pourtant ça restait un délice. Le joint se consumait doucement, Yann se levait pour le récupérer, car elle ne pensait même plus à le lui passer. L’odeur piquante envahissait la chambre, et au-delà de la brume de ses monologues intérieurs, elle sentait son regard sur elle. Il aspirait une grande bouffée, renversait la tête en arrière et son rire montait au ciel. C’est ce qui calmait enfin la machine : doucement, elle se redressait, voyait les étoiles de son sourire et redescendait sur la terre ferme, avec lui.
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