[Textes] Nuit du 19 Mai

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

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Seonne
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[Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Seonne » 19 mai 2018 - 20:02

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre :
Thème (écrit, image ou citation) :
Fandom :
Nombre de mots :
Personnages :
Rating :
(Le nombre de mots est important pour nos statistiques et cela nous fait gagner énormément de temps si vous l'indiquez ! Merci d'avance :hug: )

Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
- Sur le Héron
- Et sur HPF !
Image
Qui flatte le crocodile
Peut se baigner tranquille

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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par The Night Circus » 19 mai 2018 - 20:38

Titre : La nuit n'existe plus
Thème (écrit, image ou citation) : Insomnie
Fandom : /
Nombre de mots : c est dur de compter sur le portable
Personnages : /
Rating : /

"Le soleil rêvait tout éveillé à la lune, tant et si bien qu'il en oubliait de se coucher.
Il se roulait dans le ciel, si ardent et si amorphe qu'il en était presque blanc, presque gris, mais ne laissait pas à la nuit le loisir de tomber et la Lune demeurait invisible.
Il soupirait après la langue fraîche de la reine des étoiles sur son corps bouillant de fièvre, après les doigts fuselés et argentés jouant dans la toison bouclée de ses flammes d'or, languissait d'entendre les gémissements adorés qui faisaient naître des voies lactés, et refusait obstinément de quitter les plis du ciel, persuadé qu'elle lui reviendrait.
Le soleil était si ennivré par le feu d'artifice que provoquaient leurs corps qu'il en oubliait que la Lune, à la manière des chats, n'en faisait et n'en ferait jamais qu'à sa tête et ne viendrait à lui que lorsqu'il lâcherait prise, et sous sa chape de plomb, les hommes, les bêtes et les arbres s'étiolaient, s'usaient, disparaissaient."
La nuit n'existe plus voyez-vous; il faut bien qu'on se l'explique.
Image
WHAT ARE YOU DOING ???

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 19 mai 2018 - 20:49

Titre : L'éclat de la nuit
Thème (écrit, image ou citation) : Citation (m'enfin, ça peut être l'insomnie aussi :mrgreen: )
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 794
Personnages : James S. Potter, Emilie Seeley
Rating : Tout public

Les pleurs éclatèrent dans la nuit.
Pleurs. Etait-ce des pleurs ?

Avachi dans son lit, James fixa les moulures s’étendant autour du lustre en se demandant si il était vivant. La première fois qu’il avait entendu son fils pleurer, il avait accouru auprès du personnel de Sainte mangouste, au bord de l’évanouissement. Ce n’était pas des pleurs, c’était… Une série de cri plaintifs. Douloureux.

Ceux d’un petit être bouleversé par son arrivée dans la vie.
Dans une vie de mort.

A partir de cette instant où, dans une pulsion de nouveau père, James avait arraché son fils des bras de la sagefemme, lui hurlant de cesser de l’apeurer ainsi ; l’avait serré contre son pull tricoté main, lui murmurant qu’il serait là pour lui, que la vie était dure mais qu’à deux, ils seraient plus puissants que le monde et la mort… Il avait fallu un battement de cœur pour que James tombe en adoration devant ces grands yeux d’un bleu profond qu’ont les nourrissons. Il avait fallu un battement de cœur pour qu’il déteste ces pleurs, cette série de cris d’agonie.
Depuis cet instant, James avait pris l’habitude d’accourir pour calmer les pleurs, briser comme le silence en un claquement de gorge.

James avait pris cette habitude… ou était devenu obsessionnel. Entendre crier son fils, c’était voir le visage d’Emilie contracter de douleur, sa tête malade électrisant son corps aussi douloureux qu’un doloris.

Pourtant, lorsque les pleurs éclatèrent dans la nuit, James fut incapable de se lever. Encore moins d’en trouver l’envie.
Parce que bouger, c’était quitter du regard les moulures du plafond de sa chambre et les poser sur Emilie.
Bouger, c’était une preuve d’humanité. Et humanité il n’avait plus.

Les cris cessèrent. Juste avant d’éclater de nouveau. Le souffle de l’explosion remua les murs, balaya l’appartement de vie et de douleur. De vie… Qu’était-ce la vie ? Qu’était-ce la mort ?

James avait la réponse. La vie, c’était son fils. La mort…

La mort avait imprégné les traits d’Emilie.

Il se redressa dans un spasme de sanglot. Ses dents se refermèrent sur son genoux, il hurla à la mort. La mort qui avait raflé sa vie.

Sa main trouva comme un reflexe celle de sa femme. Il plongea dans son cou, saisit sa joue. S’étonna à nouveau de la trouver si paisible.

« J’ai besoin de toi… J’ai… Il faut que tu ailles chercher notre fils Emilie. Tu dois te lever. Tu dois te réchauffer. Tu dois l’aimer. Tu dois l’aimer ! »

Mais son corps resta immobile, à jamais prisonnier du temps et de la nuit. Encore chaud, mais vide.
Son beau visage, cette beauté à la peau pâle, aux doux cheveux d’ébènes, aux grands yeux sombres. Cette bouche pulpeuse contre sa tempe, capable de sourire du sourire de la lune et des étoiles. Ses mains… Oh ses mains.
James les saisit entre les siennes, les pressant contre ses lèvres dans un baiser.

« Je vais mourir, James.
- Peut-être pas.
- Tu sais très bien que si, James. Tu sais très bien que…
- Emilie, tu ne peux pas mourir, tu as deux vie. »

Devant son regard d’éternelle agacée, il avait plaqué ses mains sur le ventre d’Emilie. A cette époque il savait. Mais à cette époque, il ne perdait pas de temps en lamentation, elle non plus. Ils avaient été au bout de sa grossesse, unis contre tous. Unis contre le monde. Unis face à l’inéluctable.

Deux vies. L’une était perdue mais…

D’un pas chancelant, il se jeta sur la porte, ouvrant celle-ci à la volée.
Le monde valsait, les bris de silence et de nuits sur le sol lui entaillèrent les pieds et pris de nausée, James chuta dans le couloir. Et dans le moelleux de la moquette, il comprit que c’était fini. Qu’Emilie partie, il ne pouvait plus vivre. Elle était son appui, son bonheur, sa force, son…

Les cris déchirèrent la réalité. La sienne. Celle dans laquelle l’espoir s’était éteint avec les battements de son cœur. Mû d’une force extérieure, sa main clencha la poignée, ses pieds et ses bras le tirèrent jusqu’au berceau où…

« Célestin… »

Sa voix se brisa. Avec la précaution que nécessite un nourrisson, James le souleva des langes, le posa sur le sol, incapable de le maintenir contre lui tant il tremblait. Le bébé s’agitait, terrassé par la panique, la fin, la colère et sans doute la détresse aussi. Le bébé pleurait, et le père sanglotait.

Deux vies. Emilie était partie et…

James plongea son visage humide contre le minuscule ventre de son fils, sentant les petits points se refermer sur ses cheveux, en arracher quelques-uns. Il huma l’odeur de sa peau, frissonna. S’écroula à ses côtés.

« Célestin. »

Deux vies. Une partie, la deuxième contre lui.
Image

Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

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Anwa
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Anwa » 19 mai 2018 - 20:51

Titre : Insomnie
Thème (écrit, image ou citation) : Insomnie
Fandom : SW
Nombre de mots 188
Personnages : OC
Rating : aucun
Incapable de dormir, Ellara déambulait sans but sur la passerelle secondaire, dans le silence de la nuit artificielle imposée à bord.

Les changements de quarts s'effectuaient sans bruit, les informations étaient données à mi-mot. Dans l'éternelle obscurité de l'espace visible par les hublots, et l'éclairage immuable des néons, la nuit n'était qu'une convention. Malgré tout, chacun passait durant ces heures dans une sorte de mode "veille", où l'on prenait garde de ne pas troubler la quiétude régnante par un éclat de rire trop sonore, par une conversation trop passionnée.

Ellara, elle, fuyait le sommeil avec application. Incapable d'atteindre la sérénité qu'auraient dû lui apporter sa formation Jedi et les longues années de discipline qu'avaient été sa vie au sein de l'Ordre, elle demeurait à présent comme une enfant terrifiée à l'idée de fermer les yeux.

Sauf que mon monstre sous le lit à moi est bien réel.

Elle tenta de puiser quelque réconfort dans le flot de Force qui l'entourait, sans succès. Sa vieille amie se dérobait à elle.

Abattue, elle s'adossa à la barrière métallique qui bordait le chemin de ronde du hangar, et perdit son regard dans le vide de l'espace.
Now these points of data make a beautiful line, and we're out of beta ; we're releasing on time

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par AlwaysLS » 19 mai 2018 - 20:53

Titre : Discussion nocturne
Thème (écrit, image ou citation) : Insomnie
Fandom : HP
Nombre de mots : 621
Personnages : Rémus Lupin/James Potter/ Emma Hurd (OC)
Rating : tout public
Des ronflements retentissaient dans le dortoir depuis au moins deux heures. Un bruit de froissement de drap se fit entendre à nouveau. James commençait à peine à somnoler. Le jeune homme soupira d’aise, il était bien, au chaud, sous sa couette. Il reposait enfin son corps, ses muscles durement éprouvés par les deux dernières séances intensives de Quidditch. Fatigué de sa journée, de sa soirée passée avec Lily. Soirée forte agréable cependant. Mais il sentait que Morphée l’appelait à le rejoindre dans ses bras acccueillants. Des sons de draps qui bougeaient retentirent. Un bruit de corps qui se retourne. James comprit qu’il aurait dû mal à dormir.
- Pour l’amour de Merlin, chuchota James, tout en se redressant.
Il saisit à tâton ses lunettes, qu’il chaussa, repoussa les rideaux de son lit à baldaquin, et reprit :
- Sérieusement, Lunard, tu ne veux pas arrêter de remuer dans tous les sens ?
- Désolé James, répondit ce dernier en se redressant également pour voir son ami dans la pénombre de la pièce. Rendors-toi.
- Pourquoi es-tu si agité ? Ce n’est pas dans ton habitude, pourtant. Il y a quelque chose qui te préoccuppe ?
- Rien qui ne t’intéresse, murmura Rémus, avant de se rallonger.
James secoua la tête, il connaissait trop bien son ami pour savoir que ce qui le tracassait était important. Il quitta son lit et grimpa sur celui du Préfet.
- Si ça te tient éveillé jusqu’à une heure du matin, c’est que c’est important. Alors dis-moi.
Puis voyant que son ami ne voulait répondre, James réfléchit à haute voix.
- C’est forcément quelque chose avec laquelle tu n’es pas à l’aise, donc, ce n’est pas scolaire….
- James, je n’ai pas besoin de connaitre le fil des tes pensées.
- Je ne vois qu’une seule chose ! sourit James.
- Ah oui ? demanda le loup-garou en arquant un sourcil.
- Oui ! C’est Emma Hurd !
- QUOI ?
- Chuttt, murmura James, moins fort, tu vas réveiller les autres. Tu es amoureux, reprit-il un large sourire dans la voix, en tapant dans ses mains.
Devant le manque de réaction de son ami, James renchérit, fier de sa trouvaille :
- Et tu ne le nies même pas !
- Ah quoi bon ? Tu ne lâcheras pas l’affaire de toute façon.
- Bien, alors qu’est ce qui te tracasse à ce point ? A ce que je sais, elle n’a pas de copain, donc tu peux y aller…
- Tu ne comprends pas Cornedrue, ce n’est pas ça le souci.
- Alors qu’est ce que c’est ? Explique-moi.
Rémus soupira, il voyait une montagne d’obstacles entre lui et Emma :
- Je ne sais pas moi, on a trois ans d’écart… on ne se connait pas… elle doit pas connaître mon nom… elle ne doit pas s’intéresser à des gens comme moi. Sans parler de ma condition de… tu sais quoi… Et puis…
- Je t’arrête tout de suite Rémus, intervint James qui sentait la conversation dévier. C’est toi qui vois des obstacles là où il n’y en a pas. Vraiment. Je t’assure. Si ça se trouve elle n’attend qu’une seule chose : que tu lui parles.
- Tu crois vraiment ?
- Je ne sais pas, mais personne ne le sait. Mais il faut que tu te lances. En délicatesse et en douceur. Tout toi, quoi !
Ragaillardi, Rémus reprit :
- Tu la verrais James. Elle est intelligente, drôle, senisble. Elle est jolie, souriante. Elle rayonne, je t’assure. Elle dégage un truc…
Le préfet-en-chef réprima un sourire, vu comment Rémus se confiait – il pouvait deviner les étoiles dans ses yeux- la nuit allait être longue. Tant pis pour le sommeil !
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 19 mai 2018 - 20:57

Titre : Insomnie
Thème (écrit ou image) : Dans toutes les larmes s’attarde un espoir / Insomnie
Fandom : Les animaux fantastiques
Nombre de mots : 1450
Personnages : Cathy (OC), Percival Graves (évoqué), Grindelwald (évoqué)
Rating : Tout public
Percival. Percival. Percival.

C’est une litanie sans fin, qui agite ses pensées et l’empêche de dormir. La chaleur de l’été n’aide en rien, les draps deviennent insupportables et Cathy ne cesse de se retourner.

Un coup à gauche. Un coup à droite. Sur le ventre. Sur le dos. Assise. En pleurs.

Depuis plusieurs semaines, ses joues ne connaissent que la morsure des larmes. Dès qu’un instant de répit lui est offert, dès que son esprit se met au repos, la douleur revient en force. Le travail lui permet de s’en éloigner, de ne songer à rien, de ne surtout pas replonger dans ses souvenirs. Mais même son boulot d’Auror ne peut pas durer vingt-quatre heures et, quand elle franchit la porte de la maison vide, son cœur se serre.

À chaque jour, elle pleure. Et chaque nuit, elle garde contre elle son oreiller, l’étouffant presque à s’en faire mal aux bras. Les sanglots finissent souvent par l’endormir, à cause du poids de la fatigue, mais cette nuit paraît être différente, plus longue. Les heures passent sous son regard noyé par les larmes, les aiguilles se hâtent lentement, la rendant malade face à une attente désespérée.

Percival. Percival. Percival.

Sa gorge est nouée par le chagrin, son souffle est trop court pour l’aider à respirer correctement. D’un geste brusque, Cathy repousse le peu de tissu qui recouvre son corps, s’emmêlant dans les draps, essayant de ne pas tomber sur le sol parqueté. Ses pieds effleurent à peine le sol alors qu’elle se précipite dans la salle de bain, tournant le robinet pour s’asperger d’eau.

Au début, elle ne s’occupe que de son visage mais la chaleur qui se dégage de sa peau est trop moite. Elle se dévêt tout en remplissant l’antique baignoire d’eau fraîche. Elle sait bien qu’elle doit faire attention, pour éviter un choc thermique, mais son corps réclame du froid, plus de froid. Du bout des doigts, elle vérifie la température puis se glisse dans le liquide clair, fermant ensuite les yeux.

Percival. Percival. Percival.

Séraphine est venue la voir au bureau, ce matin, pour tenter de lui parler. Mais que peut-elle dire ? Bien sûr qu’elle souffre de l’absence de Percival, il représente tout pour elle. Ils se sont fiancés ! Et voilà qu’il n’est plus à ses côtés pour la faire sourire, qu’il n’arrive plus le matin en lui souhaitant une bonne journée avec cette si grande douceur dans le regard. Il a su lui montrer la joie dans une période de ténèbres et sa mort emporte tout le bonheur d’autrefois.

Ses collègues ont aussi voulu lui poser des questions sur son humeur mais elle les a toutes balayées d’un geste de la main. À quoi bon répondre à des gens qui n’ont jamais pris le temps d’échanger quelques mots avec elle ? Ce ne sont que des hypocrites qui profitent de sa douleur pour obtenir des informations, rien de plus. Il n’y a que Newt pour réellement l’épaule, pour la soutenir dans cette situation imprévisible.

Il est heureux.

Voilà ce qu’elle se répète jour après jour. Percival est peut-être mieux dans l’ailleurs, dans ce monde que les vivants ne connaissent pas. Après tout, si Grindelwald l’a torturé et a fait de lui sa marionnette, sa mort est une délivrance. Pourtant, Cathy est touchée par cette disparition soudaine, par ce malheur qui s’abat sur elle alors qu’elle était si comblée dans les bras de son amant. De son fiancé !

Portant une main à ses yeux, elle sent le liquide qui ruisselle. La rouquine ouvre les paupières, voyant trouble. Elle maudit les larmes et sa faiblesse, les sanglots perpétuels et ses sautes d’humeur. On lui parle de déni, de deuil, de résignation, tant de mots qu’elle ne veut pas entendre, qu’elle refuse de comprendre. Accepter définitivement la mort de Percival reviendrait à effacer toute chance de le retrouver, ce qu’elle s’obstine à repousser.

Personne n’a mis la main sur son corps, il est seulement porté disparu. Le bureau des Aurors du MACUSA a conclu à un décès, à cause des souvenirs volés à Grindelwald, mais au fond d’elle Cathy est persuadée que ce n’est pas le cas. Comment peut-on déclarer qu’un homme est mort si son corps n’est pas présent ? Il y a bien eu une cérémonie funèbre, avec des discours sur le courage de Percival Graves, mais sans preuve, la jeune femme garde un espoir.

Que crois-tu Cat ? Que Percival est vivant ? Ne serait-il pas revenu vers toi ?

Cathy prend une grande inspiration, pour ne pas céder à la folie. Cette voix dans sa tête est apparue lors de l’annonce de la mort de Percival, et elle ne s’exprime que quand ses suppositions pleines d’espoir refont surface. Non, non et non. Même s’il est vivant, rien ne leur garantit qu’il soit encore capable de se déplacer seul. Il est peut-être blessé, ou mourant, perdu dans un lieu lugubre où personne ne le retrouvera.

Il est comme mort, Cat. Percival Graves n’est plus qu’une ombre.

La rousse se redresse, trempée de la tête aux pieds. Elle sort de la baignoire avant d’attraper une longue serviette qu’elle enroule autour de son corps. Le contraste entre le chaud et le froid la fait frissonner mais elle n’en tient pas compte, avançant vers le miroir. Elle frotte longuement sa peau, séchant tout ce qui est à portée de main, rougissant son épiderme.

Lorsque les gouttes d’eau se font rares, Cathy laisse choir sa serviette et détaille sa silhouette. Ses cheveux ont encore poussé, il lui faudra les couper au plus court, pour ne plus songer aux doigts de Percival qui se glissaient dedans quand il l’embrassait. Son visage est marqué par les larmes, ses yeux sont délavés, comme porteurs d’une fatigue psychique qu’elle ressent peu à peu. Son insomnie n’arrange rien, elle l’entraîne dans une spirale infernale dont elle ne ressortira pas seule.

Son regard dévie vers le reste de son corps, vers ses bras tremblants et ses jambes qui chancèlent. Ses pupilles se posent sur son ventre, là où une petite bosse pointe, là où le signe ultime de sa malchance est visible.

Un enfant ! Quelle ironie !

Oui, quelle ironie. Son amant n’est plus là, mort ou disparu, mais elle porte en elle une vie étrangère. Certains matins, elle rêve qu’elle déchire ses entrailles, pour s’en débarrasser, pour extraire de son utérus cet être infâme et non désiré. Elle aurait aimé offrir une famille à Percival, lui donner la chance d’élever des enfants qu’ils auraient choyés de tout leur être. Mais depuis que la vérité sur Grindelwald a fait le tour du Ministère, depuis qu’ils ont découvert que le terrible mage noir a revêtu l’apparence de l’Auror, elle est effrayée.

Et si ?

Et si, en effet. Et si cet enfant qui croît doucement dans son corps est celui d’un homme haï par tous ? Et si la petite chose qui se développe en elle est le fruit d’une union qu’elle pensait être passionnelle ? Cathy a voué son amour à Percival, elle aurait fait le tour du monde pour lui, elle aurait pu voler jusqu’au ciel sur le dos d’un hippogriffe.

Mais il n’est peut-être pas le père, chère Cat. Cet enfant aura les yeux de Gellert.

La rousse frappe le miroir de son poing fermé et pousse un gémissement de douleur lorsque le verre entre dans sa chair. Mais quelle importance ! La souffrance physique sera toujours bienvenue, bien plus que la souffrance psychique.

Elle tombe à genoux, les mains serrées l’une contre l’autre, se reprochant ses propres gestes. La chaleur ambiante empire, elle souhaiterait replonger sa tête dans l’eau fraîche. Mais l’eau froide risquerait d’approfondir son insomnie, d’éclaircir ses idées et de l’empêcher de ressentir un peu d’espoir.

- Percival, sanglote-t-elle, Percival !

Oh douloureuse nuit ! Morphée n’a pas posé son regard sur elle, il ignore ses suppliques afin de la tenir éloignée du sommeil, encore et encore. Même les rêves n’ont aucune compassion pour elle et passent si près sans la toucher.

Très chère Cat, si faible Cat. Percival n’est plus rien qu’un cadavre abandonné. Pourquoi ne pas le rejoindre comme il le faudrait ?

Rejoindre Percival. Et délaisser ce monde froid où la magie ne réconforte pas les cœurs et brise les familles. Un monde où le mal semble être plus facile à accepter que la lumière et ce qu’elle apporte avec elle. Mais elle n’a pas le droit de décider d’être si faible une nouvelle fois, elle doit se battre.

Pour cet enfant ? Pour l’héritier d’un meurtrier ?

Non. Ce sera l’enfant de Percival. Parce qu’il n’est pas encore né et qu’elle peut espérer voir son regard dans celui du petit être qu’elle porte.
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Vialane
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Vialane » 19 mai 2018 - 21:06

Titre : Ivresse du cauchemar
Thème (écrit, image ou citation) : Insomnie
Fandom : HP
Nombre de mots : 119
Personnages : OC, Drago Malefoy (mention)
Rating : Tout public
Il est 5h et le monde tourne. Il tourne, tourne, tourne et refuse de ralentir. Elle ferme les yeux mais c’est encore pire. Sa chambre disparaît, remplacée par des mots inscrits en lettres de sang sous ses paupières.
« Pourquoi tu t’acharnes ? Elle est morte. Elle ne peut qu’être morte. »
Ils résonnent à l’intérieur de son crâne, tout aussi froids et nonchalants que lorsque Drago les lui a lâchés. Morte. Une évidence, à ses yeux. Comment pourrait-il en être autrement ?
Non.
Et si…
L’alcool dans son sang l’empêche d’y réfléchir, l’empêche d’y penser logiquement. Elle est bloquée entre sommeil et éveil, dans un état où la réalité est cauchemar.
Et si elle était vraiment morte ?
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irenea
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par irenea » 19 mai 2018 - 21:08

Titre : Insomnie
Thème (écrit, image ou citation) : Insomnie
Fandom : HP
Nombre de mots : 1391
Personnages : Sirius Black, James Potter, Peter Pettigrew
Rating : K
Une vive douleur traverse toute sa jambe et le réveille. Un hurlement meurt au bord de ses lèvres lorsque ses yeux entraperçoivent la faible lueur au bout de la baguette de James. Il se souvient alors, où il est, pourquoi il doit lutter contre le sommeil et pourquoi il voit James et Peter la tête plongée dans de vieux manuscrits. Il a vu des choses étranges à Poudlard, mais ce n'est rien comparé à l'image d'élèves assidus que lui renvoient ses amis.

Oh, ce n'est pas pour les cours qu'ils se rendent à la bibliothèque, ça n'aurait aucun sens. C'est pour Remus.

– Mais je suis fatigué, chouine Sirius, les bras ballants, affalé sur sa chaise.

Cela fait des jours – des nuits, il se corrige, c'est pour ça qu'il est si épuisé, cela fait des nuits qu'ils s'échappent en douce de leur dortoir, cachés sous la cape d'invisibilité de James et se rendent à la bibliothèque pour fouiller dans la réserve.

Cela fait des nuits qu'ils rentrent bredouille de leurs recherches et Sirius commence sérieusement à croire qu'ils ne trouveront rien à Poudlard. Pourquoi l'école garderait-elle un livre pareil si près d'autant d'élèves mal intentionnés ?

De toute façon, même si le bouquin se trouvait devant son nez, il ne le verrait pas. Son cerveau n'a pas été conçu pour tenir si longtemps sans une bonne nuit de sommeil – aucun cerveau n'est censé tenir si longtemps sans sommeil !

Sa tête tombe à plat sur la table et il remercie les vieilles pages qui amortissent sa chute.

– Arrête de te plaindre et aide nous à chercher. Plus vite on aura trouvé, plus vite on pourra dormir, lui assène James.
Sirius râle. Il veut retrouver le James qui connaît, pas le rabat-joie qui passe toutes ses nuits à la bibliothèque.
– Peter, supplie Sirius.

Il fait un effort surhumain pour relever sa tête et fixer du regard son ami qui le regarde avec une certaine pitié dans les yeux. Il en rajoute beaucoup, espère que son air de chien battu convaincra – c'est son arme secrète, elle convainc presque tout le monde, même McGonagall y a déjà succombé.

– C'est pour Remus, lui répond Peter, désolé.
– T'as entendu ? C'est pour Remus, renchérit James.
Sirius râle de nouveau.
– Mais si j'étais moins fatigué, je pourrais mieux l'aider !
– T'as qu'à dormir en classe, lui balance James.

Cette fois-ci il a totalement disparu derrière une pile de manuscrits – quand est-elle apparue ?

– J'essaye ! Mais avec McGonagall c'est mission impossible et quand Flitwick s'y met …
– Et il a failli faire exploser notre chaudron, ajoute Peter.
– Et j'ai failli faire exploser notre chaudron ! Slug a tiré une de ces têtes !
– Peut-être qu'il a raison, James. Moi aussi je suis fatigué et rien qu'une nuit, ça ne va pas changer grand-chose …
– Rends-toi à l'évidence, on n'est plus bon à rien.

James reparaît de derrière sa pile de livres. Il a l'air furieux et Sirius ne se souvient pas de l'avoir déjà vu comme ça – peut-être une fois, l'année dernière lorsqu'il a entendu un Serpentard insulter un né-moldu.

Il ne comprend pas pourquoi c'est si grave. Ils ne peuvent rien faire pour changer l'état de Remus, mais s'ils veulent l'aider, ils devront être au meilleur de leur forme et ce n'est certainement pas en passant toutes leurs nuits dans la bibliothèque, leur journée à comater en classe qu'ils pourront lui apporter du soutien.

Ils doivent dormir, rien qu'une nuit – une toute petite nuit, pelotonnée dans un lit douillé et chaud, des rêves pleins la tête.
– James, s'il te plaît.

Il tente à nouveau le regard de chien battu, en désespoir de cause, et après quelques secondes à le fixer dans le blanc des yeux, James se met à soupirer, vaincu.

– Bon, d'accord. Pas de nuit blanche pour cette fois.

Ils rangent les manuscrits qu'ils ont emprunté. James note quelques références – Sirius ne le reconnaît vraiment plus – et ils quittent finalement la bibliothèque, blottis sous la cape.

La carte sous leurs yeux leur permet d'éviter Rusard, deux élèves de Poufsouffle et de parvenir à la tour de Gryffondor sans encombre. Ils trouvent la salle commune vide, à leur grand étonnement, mais aussi à leur plus grand soulagement et à peine la cape retirée que Peter et Sirius se précipitent vers les escaliers qui mènent à leur dortoir.

Sirius s'arrête à mi-chemin et se retourne.

James ne les a pas suivis. Il se tient au milieu de la salle, sa cape entre les bras.

Sirius redescend au bas des marches et lui demande :

– Tu ne viens pas te coucher ?

James sursaute, visiblement surpris que son ami soit toujours là.

– Non, répondit-il avec un petit sourire. Je vais encore chercher. J'ai … j'ai emprunté un livre il y a deux jours qui parle de métamorphose et je me dis que je vais peut-être trouver quelque chose.

James s'assoit et sort un manuscrit de son sac.

Il a toujours été un bon menteur, un excellent menteur même, mais s'il y a bien un domaine dans lequel Sirius le surpasse c'est celui-ci – pour avoir grandi dans une maison où les mensonges se tissent comme des toiles.

Il s'approche et hésite à s'asseoir sur le canapé avec James qui continue à lire comme s'il n'était pas là. Mais lit-il seulement ?

– Est-ce que tout va bien ?
– Oui, répond James.

Mais sa voix tremble et il ne tiendra pas longtemps avant de craquer.

– Tu ne penses pas que tu devrais dormir un peu ? Quelques heures au moins ? Ton livre t'attendra.
– Je n'ai pas besoin de dormir, je ne suis pas fatigué.

Mais il ne cesse de bailler, s'agace pour un rien et ses paupières semblent lourdes. Il semble être fatigué alors pourquoi ne dort-il pas ?
Et la réponse frappe brusquement Sirius.

– Est-ce que tu nous feras pas des insomnies par hasard ? demande-t-il.
– Qu'est-ce que tu racontes ? répond nerveusement James.

Son rire sonne si faux.

– Tu sais que si quelque chose te tracasse, tu peux en parler. Je suis là, Peter et Remus sont là eux aussi. On se moquera pas, on t'écoutera.
Sirius s'assoit pour de bon et fixe toujours James qui baille à nouveau. Il n'y a pas que de la fatigue dans son regard, aussi de la tristesse et de la peur.
– Tu vas pas te moquer ? demande James.

Il paraît presque soulagé.

Mais pourquoi est-ce que Sirius se serait moqué ? Ils sont amis.

Il secoue la tête et James crache le morceau.

– J'arrête pas de penser à ce qui s'est passé la dernière fois … avec Remus. J'en dors plus. Je revois la scène en boucle dans ma tête et j'entends ses cris et après j'imagine ce qui a dû lui arriver et ça me fait peur. J'ai juste peur et je veux pas en parler à Remus parce que j'ai pas envie qu'il pense que j'ai peur de lui ou qu'il soit triste à cause de ça parce que c'est pas ça et qu'il a pas besoin de savoir et … je sais pas comment faire pour ne pas y penser. T'y penses, toi ?

Sirius secoue la tête. Il y pense parfois, mais il parvient et mettre ces images dans un coin de sa tête et se focaliser sur leur objectif.

Il ne sait pas bien ce qu'il peut dire à James pour le réconforter ou le rassurer, alors il se contente de passer un bras autour de ses épaules et bredouille quelques paroles :

– C'est normal d'avoir peur, on a tous eu peur. Mais il faut que tu dormes et peut-être que tu pourrais le dire à Madame Pomfresh, pas tout lui expliquer, mais lui dire que tu fais des cauchemars ou que tu as du mal à dormir et elle peut peut-être t'aider ?

James reste silencieux.

– Dans tous les cas je suis là, si tu veux parler pour essayer de ne plus y penser, tu peux me réveiller ou me pincer le bras ou me faire des blagues. Ça me dérangera pas.

Cette fois-ci James sourit et peut-être que finalement Sirius n'est pas si mauvais pour réconforter les gens.
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"Dead history is writ in ink, the living sort in blood."

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par AliceJeanne » 19 mai 2018 - 21:16

Titre : /
Thème : Insomnie et un peu la citation
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1221
Personnages : Rym (OC)
Rating : /
Les gouttes d’eau tombaient en un rythme régulier, faisant chanter les dalles tapissant le sol de la chambre dans laquelle l’adolescente luttait en vain pour trouver le sommeil. Elle se retourna une nouvelle fois, chassant ses lourds songes et ses idées noires, écrasant parfois une larme amère sur son oreiller. Les paroles de Vidar résonnaient encore dans ses oreilles, tranchantes et pourtant énoncées sur un ton baignant de bienveillance.

« Le lycan ne peut rester. »

Rym étouffa un sanglot, Amir n’était pas un lycan à ses yeux, mais un ami. Le seul qu’elle n’ait jamais eu, presque un frère. Le concept même de race lui échappait tant le fait qu’elle soit traitée de la même façon que lui alors qu’ils appartenaient pourtant à deux espèces différentes avait marqué son enfance. D’un geste devenu mécanique elle passa ses doigts sur la marque autour de son nombril, effleurant avec prudence sa peau marquée à jamais par le fer de ses bourreaux. Amir était comme elle, exactement comme elle. Les vampires qui s’évertuaient à lui faire comprendre que sa place était parmi eux n’avaient pourtant pas empêché leurs congénères de la marquer comme du bétail, de la ruer de coups et de lui arracher les siens avec violence et cruauté. Amir avait vécu tout cela. Il comprenait. Il savait. Les vampires n’étaient que des ignorants. Ceux vivant dans le Nord loin des pratiques orientales l’étaient encore plus. Des lâches passifs tandis que le monde souffrait et baignait dans l’injustice la plus totale. Sonja lui avait dit qu’ils étaient différents et elle l’avait crue. Sottement. Comme la petite fille idiote et pleine d’espoir qu’elle était, Rym avait bu les paroles de la guerrière et avait rejoins sa petite-sœur dans la demeure de Vidar. Elle détestait cet endroit lugubre et glacé alors qu’elle n’avait connu que la chaleur étouffante et sèche du désert. Le ciel noir constellé d’étoiles lui manquait, constamment entaché par de longues écharpes de lumière qui, après l’avoir enchantée des heures durant avec leur beauté mystique, lui avaient parues bien oppressantes.

« N’oublie jamais Rym, n’oublie jamais. »

Les dernières paroles de Malik restaient gravées dans sa mémoire, hantant ses songes autant que ses cris de douleurs lorsqu’il avait été exécuté aux premières lueurs de l’aube. Pourquoi rejoindrait-elle un monde où les pères sont prêts à tuer leurs propres enfants lorsque ceux-ci ne correspondent pas à leurs exigences ? Un goût de sel envahit sa bouche alors qu’elle se mordillait la lèvre supérieure en s’agitant. Malik était innocent, il n’était pas responsable du meurtre dont on l’accusait. Il était mort parce qu’il fallait un coupable et qu’il en demeurait un idéal. Sonja n’avait pas cillé, pourtant elle savait, elle avait entendu tout comme elle la conversation des lycans. Elle aurait pu les dénoncer mais elle n’en avait rien fait. Elle l’avait même empêché de le faire en la retenant alors qu’ils emmenaient Malik, ne cédant à aucune de ses supplications, ignorant ses cris et ses larmes. Rym n’avait compris que bien plus tard pourquoi elle avait agi ainsi. Il le lui avait demandé. Il voulait qu’elle vive.

« Viens avec moi. »

La jeune-fille avait accepté de suivre la guerrière à contre cœur, elle devait servir de témoin pour le Grand Conseil des Assemblées, un évènement se produisant régulièrement au sein du monde vampirique. Une entité internationale où tous les immortels d’une même espèce se réunissaient afin de résoudre les grandes problématiques de leur temps. Rym était un témoin, le seul témoin valide en raison de son appartenance à la race vampire alors que tous ceux qui étaient en mesure de parler étaient affiliés aux loups-garous. Elle avait accepté sans broncher, sous le coup du chagrin, pour Malik et pour Amir. Si elle était convaincante et que Sonja réussissait à obtenir le droit de gérer cette affaire en tant que fille d’Aîné, son ami et les siens seraient affranchis. Ils le furent.

Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis, et avec eux les évidences avaient fait surface. La main de Malik sur sa joue alors qu’il lui disait adieu, ses propres larmes lorsqu’il l’avait embrassée sur le front avant que des gardes ne l’emmènent. Un baiser, une excuse, une caresse, une larme, de la fierté et bien plus encore. Tous les espoirs qui s’étaient posés sur ses épaules, chape de plomb sur une petite plume, l’avaient violemment rattrapée, lui faisant prendre conscience de la réalité. Elle avait tué pour les vampires, pour un conseil qu’elle ne connaissait même pas, sous les ordres d’une amie qui s’était servie de sa naïveté. Malik l’avait protégée tant bien que mal, comprenant un peu trop tard ce qui se tramait, endossant toutes les responsabilités à sa place. Il n’avait pas épargné une enfant comme elle avait voulu le croire, mais bien une femme qu’il aurait pu aimer. Sa jeunesse avait trompé tout le monde et personne n’avait vu l’amour qui brillait dans ses yeux de condamné, personne sauf Sonja qui le lui avait expliqué.

Rym repoussa les couvertures, cela faisait des heures qu’elle ressassait sans cesse les derniers mois sans parvenir à fermer l’œil, rester une minute de plus dans ce lit froid, trop grand pour elle et dans lequel Amir ne se trouvait pas devenait insoutenable. Lorsqu’elle franchit la porte de la pièce la nuit était déjà tombée et l’activité battait déjà son plein dans la citadelle. Sans se préoccuper des saluts polis ou des regards curieux en raison de sa couleur de peau, dénotant particulièrement avec le thème immaculé des lieux, elle se faufila dans les longs couloirs ventés pour atteindre une petite esplanade depuis laquelle elle pouvait parfaitement apercevoir Amir, occupant une simple tente, à la merci des éléments. Son cœur se serra. Sa nature ne l’autorisait pas à rentrer avec elle dans la cité du Nord. D’après les dires de certains il était même heureux qu’il soit encore en vie si près d’un clan vampire. Rym chercha le garçon des yeux, s’étonnant de ne pas le trouver à côté du feu qui brulait encore, à se réchauffer. Un petit point, loin, perdu dans les bourrasques de neige attira son attention.

« Amir ! » Hurla-t-elle en sa direction tout en se hissant sur la rambarde.

Son ami se retourna et Rym sauta. Le sol gelé glissa sous ses pieds lors de sa réception et elle dérapa tout en courant dans sa direction, insensible au froid qui mordait ses pieds nus et au givre qui perlait dans ses cheveux.

« Amir attend-moi ! »

Le petit point devint un adolescent en quelques secondes et le visage de son ami se fit clair devant elle. L’expression qu’il affichait était semblable à celle de Malik lors de son exécution. Du chagrin, de l’amour et une chose que la jeune-fille pensait vain depuis des années. De l’espoir.

« Non, Rym. Répondit-il. Pas cette fois, tu restes ici. »

Son ton ferme était sans appel mais elle le refusait, des larmes envahirent ses yeux alors qu’il mutait sous ses yeux, se soustrayant à son monde, disparaissant à l’horizon. Elle s’arrêta, tomba à genoux, cria. Le même cri qu’elle avait poussé à la mort de Malik, la même colère, rage qui emprisonnait son cœur. Elle aurait voulu voir l’espoir comme eux, car au milieu de ses larmes elle ne voyait que des rêves, inatteignables, brisés avant même d’avoir pu exister.
Dernière modification par AliceJeanne le 19 mai 2018 - 23:02, modifié 2 fois.
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par AlwaysLS » 19 mai 2018 - 21:40

Titre : /
Thème (écrit, image ou citation) : « Du chaos naissent les étoiles »
Fandom : HP
Nombre de mots : 190
Personnages : Lily P. /James P. / Rémus L. / Sirius B.
Rating : tout public
Lily Potter se remettait tranquillement. Son ventre la tiraillait encore, mais ce n’était rien comparé à la félicité qui l’avait envahie depuis deux heures. James était à ses côtés, lui souriant béatement, et lui caressant les cheveux avec tendresse. Elle voyait qu’il tentait de retenir quelques larmes de joie, ce qui la fit sourire encore plus. Ça lui confirmait qu’ils avaient fait le bon choix malgré tout, malgré les temps sombres, malgré le chaos qui s’abattait sur le monde magique. Trois magnifiques bouquets de fleurs trônaient sur une petite table, à côté du lit. Parce qu’évidemment, James n’avait pas résisté à l’envie de répendre la nouvelle partout, et de prévenir ses meilleurs amis. Evidemment.
On frappa à la porte. Deux têtes apparurent dans l’entrebaillement de la porte, celles de Sirius et Rémus.
- Coucou, les salua Rému, tandis que Lily remontait le drap sur elle.
- Félicitations à vous deux ! déclara Sirius, en sortant de nulle part une bouteille de champagne. Alors, montrez le nous.
Les deux compères s’approchèrent de Lily, ils penchèrent un peu, et là, ils découvrirent avec émerveillement, un nourrisson, blotti contre la poitrine de Lily.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Anwa » 19 mai 2018 - 21:41

Titre : Pour la République !
Thème (écrit, image ou citation) : "Du chaos naissent les étoiles"
Fandom : SW
Nombre de mots : 220
Personnages : Obi-Wan, Ahsoka, Rex, OC (mentionné)
Rating : aucun
Obi-Wan repoussait à grand-peine la cohorte qui lui faisait face, tandis qu'il sentait Ellara peiner sur son flanc gauche. Il pouvait ressentir l'abattement qui commençait à étreindre le cœur de ses troupes, pourtant la plus vaillante légion de la Grande Armée de la République.

— Commandant ! L'avant-garde commence à être enfoncée, la situation devient critique !

Rex avait l'air à bout de souffle. Repoussés sur le flanc au début du combat, Ellara et lui n'avaient pu rejoindre le 501 qui tenaient les premières lignes. Inquiet pour Ahsoka, Obi-Wan se fraya un chemin avec le clone et rejoignit la jeune femme.


Elle était là. Virevoltant comme un feu follet au milieu du chaos. Ses deux sabres fendant ses ennemis avec une telle célérité qu'elle paraissait entourée d'un halo vert.

Une férocité si pure l'animait que quiconque posait les yeux sur elle ne pouvait qu'être gagné par la ferveur du combat. De petite fille mal assurée, elle était devenue une femme. Une guerrière.

Un clone hurla, quelque part.

— Avec le Commandant !

Surpris, Obi-Wan se retourna. Mais force était de constater que cette injonction ne se référait pas à lui. Le 501ème s'était regroupé derrière Ahsoka, et cette dernière mena la charge au son du : "Pour la République !"

Du chaos naissent parfois les étoiles, pensa-t-il.

Et cela lui fit mal.
Now these points of data make a beautiful line, and we're out of beta ; we're releasing on time

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 19 mai 2018 - 21:48

Titre : A Day in the Life (Des Beatles oui. Oui je suis une copieuse :roll: )
Thème (écrit, image ou citation) : citation (c'est léger hein :sifflote: )
Fandom : HP
Nombre de mots : 1013
Personnages : Charlie Weasley et OC
Rating : Tout Public
« Que vois-tu lorsque tu entends de la musique ?
- Je n’écoute pas de musique.
- Pourtant tout à l’heure… Tu as entendu ma musique et tu t’es arrêté…
- Entendre et écouter c’est… différent. Je ne me suis pas arrêté par rapport à la musique.
- Pourquoi alors ? »

Charlie ouvrit la bouche, la referma. Et Ali laissa un sourire s’épanouir sur ses lèvres. Satisfaite, elle regarda cette homme qui avait au moins le double de son âge, plus d’expérience qu’elle n’en aurait jamais face à des créatures mythiques et sauvagement dangereuses, perdre tout moyen devant une simple question.

« N’as-t-elle vraiment fait que parler ou t’a-t-elle parler en silence ?
- Parler en silence… Tu parles bizarrement toi. Qui t’as appris que la musique pouvait parler en silence ?
- Hum… Mon grand père je pense. Il m’a appris à… Lire la musique, la comprendre. Et ma mère aussi. Ma mère m’a appris la beauté, l’esthétique. Peut être même le partage. Et puis mon père aussi.
- Ton père ? Tu m’as dit que tu ne connaissais pas ton père.
- Mon père m’a appris à apprécier ce que je ne vois pas, ce que je ne connais pas. Il m’a appris à me fondre dans l’inconnu. A trier le bazar qu’il a laissé dans ma vie et celle de ma mère.

Un air ahuri et paumé sur le visage, Charlie sembla douter de ses capacités à parler et penser normalement. Ali pouffa, une main sur la bouche. Elle ne connaissait cet homme -connaitre était encore un grand mot- depuis une poignée de minutes et elle le perdait déjà. Quelques années plus tôt, elle serait partie pleurer dans les toilettes du deuxième étage avec Mimi Geignarde, terrassée par le fait d’être une éternelle incomprise. Ce jour-là, cet homme l’avait compris un instant, suffisamment pour l’inviter boire une bièraubeurre. Lui parler de ce qu’elle était, ce qu’elle ressentait, expliquer d’où son art sortait, ça l’amusait. Peut être partirait il sans se retourner au soleil couchant mais au moins, elle n’aurait aucun regret.

D’un mouvement fluide de la baguette, Ali les plongea dans une bulle et alluma sa Boombox et changea les musiques jusqu’à celle qui, pour elle, était la plus incroyable.

« Qu’est ce que c’est que cette merde ? On dirait une mauvaise reprise des Bizarr’ Sisters !
- C’est peut-être parce que c’est aussi vieux ? » Charlie la fusilla du regard -c’était un groupe de son adolescence- et Ali lui renvoya un sourire provocateur. « C’est un groupe moldu. C’était un boys band à l’époque, le premier… Les Beatles.
- Super.
- Ecoute comme c’est calme, mélodieux… Tu sens ? Cet apaisement ? Et là ! Là écoute ! »
La musique s’emballa, chaos de grincement et de cris perçants et puis tout d’un coup, tout cessa.
« Alors ! Tu as entendu ? Tu comprends ?
- Oui. C’est horrible.
- Mais non ! La musique s’emballe et tu tombe dans un autre monde ! La mélodie est plus riche, plus rythmée plus mélodieuse ! C’est comme une fusée qui décolle, qui brule tout sur son passage, qui remue dans tous les sens et puis qui… Qui se retrouve dans les étoiles !
- Une quoi ?
- Une fusée ! une sorte de balais qui sert aux moldus pour aller dans l’espace, tu ne vois pas ?
- Pourquoi veulent-ils aller dans l’Espace ?
- Je ne sais pas… Pour l’aventure !
- Il n’y a pas assez d’aventures sur Terre ?
- Tout le monde n’a pas la chance de travailler avec des Dragons. »

Alors que la musique prenait fin, Charlie se balança sur sa chaise, les bras derrière la tête, une expression de fierté sur le visage. Et Ali sentit son cœur s’emballer.

« Tu n’arrives pas à… A comprendre ce chaos, ce fouillis qui ne sert qu’à rendre plus beau le reste de la mélodie ?
- Et bien non. Désolé.
- Mais enfin ! Tu t’es arrêté tout à l’heure ! Je pensais que tu… Que tu comprenais… »

Les larmes brisèrent sa voix et encore sensible de son échec cuisant de l’après-midi, Ali se ratatina sur sa chaise.

Charlie se pencha par-dessus la table, soudain sérieux.

« Pourquoi fais-tu ça ? Peindre. Avec de la musique d’autant plus forte. Je veux dire… Tu fais ça chez toi, ok. Mais pourquoi le faire en public, sur le Chemin de Traverse ? Les gens ne sont pas là pour te voir, pour apprécier l’instant… Ils sont justes pressés de finir leur courses. Pourquoi fais-tu ça ? »

Gardant les yeux sur la petite table de fer qui étincelait sous le soleil, Ali tritura son verre de bièraubeurre. Elle inspira et…

« Lorsque je peins la musique que j’écoute, je perds toute humanité, toute individualité. Je deviens un moyen pour le monde, la beauté, le hasard de s’exprimer. La musique me parle et je transmets, je partage à travers mon pinceau, tu comprends ? Tout ça, je le fais pour moi, c’est vrai, parce que je suis une droguée de l’art mais je pourrais très bien le faire chez moi, le garder cacher. Mais non je le partage. Je suis intimement convaincue que ma sensibilité et mes blessures sont les mêmes que les autres et que le fait de les partager, les sublimer, leur donner un sens peut aider. Voire même, j’ose y croire, sauver. »

Le silence accueillit ses mots et Ali ferma les yeux, le cœur battant.

Lorsqu’elle les releva, elle s’attendait à trouver la chaise de Charlie vide et sursauta en rencontrant son regard brulant. Ou son regard brulé. Grave, il saisit sa main par-dessus la table, la serra.
Peut être l’avait elle touché plus qu’il ne pouvait l’admettre. Peut-être que le chaos de sa vie, ces mois de représentations, de travail, d’efforts non récompensés, ne l’avait mené qu’à cet instant où Ali allumait des étoiles dans les yeux de Charlie.

Dans un battement de cœur et d’espoir, un sourire naquit sur ses lèvres.
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Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par The Night Circus » 19 mai 2018 - 21:48

Titre : Chiquitita
Thème (écrit, image ou citation) : Du chaos naissent les étoiles
Fandom : /
Nombre de mots : jesaispasdesoleebisous
Personnages :
Rating :

Dans les sous-sols de ton pays coulent des rivières de diamants; dans ses forêts des rivières de sang. Les famines et les épidémies creusent les joues des hommes et dentellent les côtes des enfants pendant que des monstres d'acier voraces se nourrissent de pierres précieuses sur lesquelles ils n'ont aucun droit.
C'est dans le chaos d'une guerre civile que tu es venue au monde, Chiquitita; le feu d'artifice qui a salué ta naissance était celui d'un obus.
Tu as chanté avant de savoir parler, pour voir ta mère sourire; tu as chanté comme d'autres priaient, par ce que tu n'avais plus foi en rien; tu as chanté jusqu à ne plus entendre ta propre voix. Et pourtant, elle a enveloppé les malades, puis leurs infirmières et leurs médecins. Elle s est glissé hors des frontières, dans des coeurs étrangers, inconnus, qui ont voulu te connaître et t'aimer.
Lorsque le monde a fini par savoir ton nom et tes chansons, Chiquitita, tu as voulu parler.
Ils ont mit un canon au fond de ta gorge et ils ont tiré.
Rien n'a changé.
Le chaos qui t'as vu naître t'as avalée, parce qu'il est trop profitable au monstre d'acier.
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WHAT ARE YOU DOING ???

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Westyversionfrench » 19 mai 2018 - 21:53

Titre : Roscoe le Spectre
Thème (écrit, image ou citation) : Sablier (Mot)
Fandom : Bandoleros
Nombre de mots : 510
Personnages : Roscoe
Rating : T (un peu de morbide)
Le jeune Roscoe était le plus vieux des fantômes. Il sillonnait la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis depuis plus de deux cent ans. Aucun fantôme ne subsistait aussi longtemps dans ces contrées désertiques où la vie est déjà dure, alors la mort... Les plus mystiques le craignaient, les plus pragmatiques le moquaient. Et pourtant, à l'heure de leur mort, tous, le suppliaient. Son visage long, les deux petits creux de ses yeux, celui, béant, qui traversait son flanc, il avait tout du dommage collatéral. Ni grandiose ni ignoble, il avait été de son vivant, l'assistant du shériff July, homme froid que l'amour avait mené à sa perte. On ne savait de son vivant que cela. De sa mort pourtant, on aurait pu faire des romans par dizaine.

Il y avait peu de morts qui choisissaient d'apparaître aux yeux des vivants, la majorité par paresse, certains par dégoût de la vie,et d'autres, par superstitions. Roscoe, qui avait somme toute était un brave petit, était gorgé de rancœur, sentiment qui vous ronge, et vous fait voir votre passé à travers un filtre biaisé. Alors, celui qui avait pris une balle perdue voulut la voir ricocher davantage et surtout, il voulait voir le visage de ceux qui mourraient. Étudier leurs traits, les sentiments qui ornaient leurs paupières, et peut être leur inspirer une terreur religieuse. Cette exclusivité du dernier souffle, il en faisait son impôt. Il apparaissait toujours, au crépuscule du jour, lorsqu'un malheureux était abandonné dans ce désert par des bandits, et patiemment, il s'avançait vers le corps étendu, secoué des spasmes de la survie.

Il était plutôt grand, fin, mais il marchait en claudiquant, une main appuyée sur la béance qui lui avait arraché son propre souffle. Il avait l'autre sur son revolver, mais ne le dégainait jamais, se contentant d'en assurer la prise. Lorsqu'il était assez près pour qu'on distingue son visage, il souriait, content de sa trouvaille, ce futur cadavre. Puis, se penchant, il humait la vie qui s'effaçait, dévorait des yeux les veines qui se vidaient de leur sang. Au bout d'un moment, ses doigts froids, bizarrement palpables, tâtaient le pouls, ce qui effrayait en général davantage la victime. Puis, quand les battements de celle-ci étaient assez faibles, il sortait de sa poche un petit objet et le mourrant papillonnait des yeux en découvrant un sablier. Le minuscule artefact posé sur le front du malheureux, Roscoe attendait et comptait les grains de sable jusqu'à l'avant-dernier, qui s'accrochait à une courbe du verre, refusant de glisser. Roscoe souriait alors, et approchait son visage éclairé de joie de l'oreille de son futur compagnon et soufflait :
« Viens me rejoindre et te repaître avec moi des froids à venir. » Puis, le dernier cri poussé, Roscoe traînait le corps inerte jusqu'à une tombe qu'il creusait et laissait sans nom. Et toute la nuit, il attendait que l'âme du nouveau mort se libère de son enveloppe. Parfois, les âmes s'insurgeaient, mais la plupart du temps, elles le toisaient et comprenaient soudain, sa nécessité à les accompagner de l'autre côté.
Serpentard de cœur, Serdaigle de répartition Pottermore, et sadiquement envoyé chez les Gryffys pour la Coupe des Quatre Maisons :lol:

Joignez-vous au nouveau projet sur Ginny : Paper Gin ! et écrivez un article pour le Numéro Spécial de la Gazette !

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irenea
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Messages : 170
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par irenea » 19 mai 2018 - 21:54

Titre : Les Sabliers
Thème (écrit, image ou citation) : Sablier
Fandom : HP
Nombre de mots : 749
Personnages : Sirius Black, James Potter, Minerva McGonagall ( un tout petit peu )
Rating : K
Ça doit bien faire dix minutes que James est planté devant les sabliers. Dix minutes, vraiment ? Onze minutes et quarante-cinq secondes exactement. Remus l'a chronométré.

Ils sont tous les trois assis à la table des Gryffondor, Remus, Peter et lui, et fixent incompris leur ami qui se tient droit comme un piquet.
– Mais qu'est-ce qu'il fabrique ? finit par lâcher Sirius.

Ils n'en ont pas la moindre idée.

– Tu devrais aller lui demander, propose Peter.

Remus acquiesce et Sirius se lance.

Il s'approche, se poste à côté de son meilleur ami et l'imite. Les sabliers, Sirius les connaît bien, pour avoir tant de fois fait perdre des points à sa maison. Mais ils n'ont rien de bien intéressants. Ils ne se remplissent que lorsqu'un élève a fait gagné des points – et inversement. Rien ne se produit. Durant les quelques secondes où il les a fixés, personne n'a gagné de points, personne n'a perdu de points.

Mais alors pourquoi James reste à les observer ?

Il lui répond alors, comme s'il avait lu dans ses pensées :

– Est-ce que tu crois qu'on peut les ensorceler ?

Sirius écarquille de grands yeux. Il n'y a jamais pensé, pas une seule fois – enfin, rien qu'une toute petite fois, mais comme il n'est pas stupide ou complètement fou ou les deux à la fois et qu'il n'a pas envie que tous le corps enseignant de Poudlard lui tombe dessus, il a oublié.
James se met soudain à sourire.

Oh non, oh non, oh non, oh non.

Sirius sait exactement à quoi il pense.



Ils sont tous les deux coincés sous la cape de James – qui est devient petite pour eux deux – devant les sabliers. James a sa baguette levé, déterminé.

Remus et Peter ont eu la présence d'esprit de ne pas accompagner James.

Sirius, lui, ne peut rien lui refuser.

Et puis il y a une petite part de curiosité en lui qui fait qu'il veut voir ce qui va se passer quand James aura lancer son sort.

– Je suis sûr que ça va marcher, déclare fièrement James.
– Tu penses vraiment que les professeurs ne tiennent pas un compte des points qu'ils retirent et donnent à leurs étudiants ?
– Pourquoi est-ce qu'il tiendra un compte de tous ces points quand les sabliers le font pour eux ? C'est une perte de temps et vu tous les points qu'ils retirent et octroient dans une seule journée, ça prendrait un temps fou.
– Hm, hm, et tu penses qu'ils sont assez stupides penser qu'aucun petit malin ne viendra essayer d'ensorceler les sabliers ?
– Je ne pense pas qu'ils sont stupides, mais qu'ils ont suffisamment confiance en leur autorité. Ca, les sabliers, c'est le symbole de leur autorité. Les toucher, c'est remettre en cause tout le système éducatif. S'ils s'en rendent compte, ça vaudra l'expulsion …
– Et tu es prêt à risquer ça juste pour voir ? Combien tu comptes nous mettre de points en plus d'ailleurs ?
– Juste un seul, déclare James.

Et il bredouille un sort, la baguette pointée vers le sablier rouge des Gryffondor.



– AAAAAAAAH ! J'ai mal à la tête, couine James.

Sirius soupire et lance un coussin à travers le dortoir.

– Le réveil a pas sonné, laisse-moi dormir.
– Mais j'ai mal, Sirius, tu ne comprends pas ?

Il se redresse, les yeux plissés, un autre oreiller près à l'envoi, mais s'arrête brusquement.

James est assis dans son lit lui aussi, comme tous les matins au réveil, à un détail près : d'ordinaire James n'a pas une tête en forme de sablier.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demande-t-il.

Il ne s'est pas rendu compte que quelque chose avait changé.

Entre le rire et l'angoisse, Sirius pointe du doigt un miroir à son ami qui se lève.

Un second cri déchire l'air et réveille sans doute tout le château.



Lorsqu'ils s'installent dans le grand hall pour le petit-déjeuner ce matin-là, après être passés devant des élèves hilares, le professeur McGonagall s'arrête derrière eux.

– Tout va bien, monsieur Potter ? demande-t-elle.

James sursaute, secoue la tête – ou le sablier ou les deux – et bredouille une réponse. Ses grains de sable rougissent, mais avant même qu'il n'ait pu se retourner, elle a déjà rejoint la table des professeurs.

James retourne à son bol de gruau, penaud, mais Sirius jurerait avoir vu un petit sourire naître au coin des lèvres de leur professeur de Métamorphose.
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"Dead history is writ in ink, the living sort in blood."

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eejil9 » 19 mai 2018 - 21:56

Titre : Des enfers en orbite
Thème (écrit, image ou citation) : Du chaos naissent les étoiles
Fandom : Original
Nombre de mots : 575
Personnages : Aléa
Rating : /
Elle était enfant. Enfant perdue, enfant unique, enfant comme tant d’autres égarée au milieu d’un monde sans jeunesse. Les individus ne mourraient plus. Les individus ne naissaient plus. Elle n’était pas un individu. Elle était une erreur. Elle n’était qu’un numéro de matricule, elle n’était personne. Elle était un être en attente de croissance, une future force de travail, de la main d’œuvre en puissance. Elle ne serait jamais rien, elle était vouée à n’être qu’une machine un peu plus performante, un peu plus organique, au sein d’une immense chaîne de production dont le début et la fin se perdaient dans le lointain.
Elle était née alors qu’elle n’aurait pas dû. Elle était définitivement indésirable. Puisque les Humains ne mourraient plus, personne ne devait plus naître. Ceux qui avaient épuisé les ressources jusqu’à la dernière accusaient ceux qui n’avaient encore rien fait de tous leurs maux, en offrant à leur existence le nom d’un péril : la surpopulation. Les enfants nés par inadvertance étaient isolés, à des centaines de millions de kilomètres de ceux qui ne connaissaient plus l’angoisse de la mort. Les enfants non plus ne connaissaient pas l’angoisse de la mort. On n’a pas peur de mourir quand on est personne.
Sauf pour elle. Dans le chaos maîtrisé où elle vivait, un engrenage était ripé.

Autour d’elle, en effet, la vie était bien trop ordonnée pour être chose qu’un chaos d’idées. Trop d’ordre tend au désordre, et les chaînes de production d’êtres humains, la mécanique dont elle n’était rien d’autre qu’un déchet à rendre rentable, la société dont on la maintenait définitivement en marge, tout cela n’était en réalité qu’un immense chaos.
Le monde n’était désormais plus ordonné par les saisons de la vie. Plus personne ne mourrait, plus rien ne se régénérait. La planète épuisée n’avait presque plus rien à faire grandir et décroître. Au beau milieu de ce royaume mathématique, de cette ère de l’artifice, le néant régnait : il n’y a plus de vie lorsque la mort n’existe plus.

Elle était enfant là où les enfants n’existaient plus, là où les jeunes êtres ne substistaient qu’à l’état d’erreurs potentiellement rattrapées par une vie de dur labeur et une mort rapide. Ils étaient élevés ainsi, conditionnés à ne pas penser.
Un jour, elle avait commencé à développer quelque chose que ni ses compagnons d’infortunes, ni les Immortels qui les reléguaient au néant ne possédaient plus depuis des siècles : de l’esprit critique. Pourquoi elle ? Tous l’ignoraient, elle surtout.
Au milieu du chaos, au milieu du pire désordre, le hasard avait fait qu’elle s’était mise à penser. Au milieu du chaos, au milieu de l’injustice, elle s’était offert un nom, elle avait décidé de se faire individu puisque personne n’était là pour le faire à sa place.
Aléa était devenue quelqu’un, contre toute attente. Peut-être était-il surprenant qu’une telle étincelle naisse de l’obscurité la plus noire. Noir, le monde l’était, surtout lorsque la marge prenait la réalité la plus concrète : les enfants déchus ne vivaient pas sur Terre, ils étaient invisibles aux yeux des Immortels. Ils travaillaient à en perdre le peu de raison qui leur restait dans des planètes satellites qui ne connaissaient pas la douceur du vent.
C’est là, dans des enfers en orbite pour un chaos dirigé d’outre-espace, qu’était née Aléa, celle par qui rien n’allait changer, celle pour qui tout était devenu autre.

Car du chaos naissent les étoiles.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 19 mai 2018 - 22:00

Titre : Moins de vingt-quatre heures
Thème (écrit ou image) : Du chaos naissent les étoiles. / Sablier
Fandom : Agents du Shield
Nombre de mots : 1307
Personnages : John Garrett, Grant Ward, Amélia (OC)
Rating : Tout public
Allongée sur l’herbe, les bras derrière la tête, Amélia observe les étoiles. Le silence a pris place depuis quelques minutes, suite à l’endormissement de Grant. Ils ont longuement parlé des astres, de leur formation, de ce qu’en disent les scientifiques ou les mythologies. Il y a eu des rires étouffés, des échanges de suppositions complètement folles ou des commentaires sur les capacités du Shield à créer ou non de la matière. Cette ambiance calme et détendue lui a permis de retrouver le vrai sens de l’amitié et de la franche camaraderie, ce qu’elle a oublié depuis l’Accident. À force de s’éloigner de ses coéquipiers, elle en a perdu le sens de l’esprit d’équipe mais elle replonge enfin dans ce sentiment qu’elle adorait tant autrefois.

Sans réveiller Grant, la jeune femme se relève doucement. Ses mains sont un peu moites, à cause de la pluie tombée dans la journée, mais elle s’en moque. Elle se ressuie les mains sur son jean, dans un geste presque inconscient, puis elle jette un coup d’œil à la maison qui se découpe un peu plus loin dans le paysage. Une lampe est allumée, elle la perçoit de sa place, et elle devine que leur coéquipier n’a toujours pas cédé à l’appel de la nuit. Après un étirement rapide, Amélia traverse le jardin impeccable et la terrasse, poussant la baie vitrée avant de pénétrer dans la cuisine de leur repaire. Tout est en ordre dans ce lieu peu usité, c’en est presque effrayant, mais elle a fini par s’y habituer au fil des jours.

Sans bruit, la jeune femme retire ses chaussures et se dirige vers le coin qui leur sert de salon. La lampe placée au-dessus d’un des fauteuils diffuse une chaude lumière, un peu faible pour tout éclairer, mais suffisante pour l’agent Garrett qui lit tranquillement. Un coup d’œil à l’ouvrage lui tire un sourire amusé et elle se racle la gorge pour signaler sa présence, remarquant que son coéquipier ne semble pas étonné de la voir en face de lui. Prenant tout son temps, il place son marque-page puis referme le livre avant de lui accorder enfin toute son attention.

- Grant n’est pas avec vous ?
- Je l’ai laissé dehors, répond Amélia, il dort comme un bébé.

John esquisse un sourire à son tour en imaginant Ward à l’extérieur, couché sur l’herbe. Mais son expression joyeuse s’évanouit vite quand il remarque l’air songeur de sa coéquipière. Il y a une telle inquiétude dans ses yeux qu’il devine que la discussion qui va suivre ne sera pas anodine. Il lui fait signe de s’installer, posant son livre sur la table basse, mais la jeune femme secoue la tête négativement en croisant les bras. Si elle s’assoit, il y a de fortes chances qu’elle soit submergée par ses émotions et ce ne serait pas vraiment le bon moment.

- Ils vont venir, n’est-ce pas ? murmure-t-elle.
- Je le crains, oui, répond John sans une hésitation.

Ils s’observent en silence, chacun cherchant à savoir ce que l’autre peut penser. Il sait que sa coéquipière est perturbée depuis qu’elle a découvert qu’elle possède des capacités glaçantes. Et il a également conscience de sa peur nouvelle d’être intégrée à la liste du Shield, une liste qui regroupe tous ceux qui montrent des signes de magie et qui surveillent les personnes concernées. Elle-même a déjà eu accès à cette fameuse liste, pour poursuivre des cibles potentielles, et se retrouver proie après avoir été prédateur ne l’enchante guère. Il a tenté de cacher ce secret, aussi bien pour elle que pour l’efficacité de leur trio, mais le Shield a fini par l’apprendre sans qu’il sache exactement de quelle manière.

Portant la main à son pantalon, il en sort son téléphone portable. Le temps d’entre le code de déverrouillage, il lui explique qu’il a reçu une sorte de message d’information de la part du Shield, comme une énigme pourtant très explicite. Amélia se crispe encore plus, guettant le moindre de ses mouvements. Il lui tend l’appareil sur lequel brille une image stylisée d’un sablier. Ce n’est pas uniquement une animation, la jeune femme voit bien que c’est une programmation faite par le Shield. Et en déchiffrant l’écriture minuscule qui défile en-dessous du sablier, elle sent sa gorge se nouer d’une appréhension nouvelle.

- J’ai moins de vingt-quatre pour partir d’ici, souffle-t-elle.
- Vous ne partirez pas, déclare l’agent Garrett en éteignant l’écran. Nous pouvons faire passer ce petit problème pour un mensonge de la part de leur contact.
- Un mensonge ? Et qu’arrivera-t-il quand ils apprendront que c’était la vérité ?
- Amélia, je ne tiens pas à briser vos espoirs mais le Shield n’est pas omniscient.
- Merci, je le savais déjà, rétorque sèchement la concernée. Je dis juste que nous risquons gros si jamais tout venait à être révélé.
- Croyez-moi, je suis bien placé pour savoir que certaines choses restent secrètes au sein du Shield.

L’ombre dans le regard de son coéquipier rappelle à la jeune femme ce qu’il a subi et elle s’adoucit. Tout ce qu’il lui a dit sur Sarajevo est encore bien présent dans son esprit et elle ne peut qu’imaginer ce qu’il a dû ressentir suite à l’explosion. Une explosion dont personne ne parle à haute voix, pour laquelle il est écrit dans les dossiers qu’il y a eu peu de blessés et qu’ils ont tous été rapatriés rapidement dans les unités de soin du Shield.

- Je comprends votre point de vue, reprend doucement Amélia, mais je refuse d’avoir des ennuis parce que je n’ai pas joué la carte de la franchise. Je … je ne travaille que pour le Shield, c’est tout ce qu’il me reste. Je n’ai plus de famille qui m’attend le soir, il n’y a plus personne pour m’accueillir lorsque je reviens. Le Shield est ma seule raison de vivre.
- C’est ce qu’ils veulent, marmonne John avec amertume. Ils tiennent à devenir indispensables, le centre de gravité de votre univers, mais ils ne sont pas que lumière.

Il se lève de son fauteuil et s’approche d’elle pour poser une main sur son épaule, plongeant son regard dans le sien.

- Nous sommes là pour vous Amélia. Quand ils viendront demain, nous aurons une autre version des faits à leur proposer.

Elle hésite et veut protester mais une part d’elle, la part d’obscurité qui se développe depuis la découverte de ses pouvoirs, est tentée de l’écouter. Grant revient au même moment, un peu ensommeillé, et il analyse la situation sans aucun problème, si facilement qu’Amélia le soupçonne d’être là depuis plus longtemps. Il annonce son propre point de vue et, sans surprise, il est d’accord avec son OS. La jeune femme n’est pourtant pas entièrement rassurée, elle a l’habitude de certaines méthodes du Shield depuis qu’elle fait équipe avec les agents Ward et Garrett, suffisamment pour deviner qu’un mensonge n’est pas une chose à prendre à la légère.

Grant déclare qu’il va se coucher et leur souhaite une bonne nuit. Amélia ne suit pas le même chemin, elle s’empare du livre qui traîne sur la table basse et le feuillette un peu, s’attardant sur certains poèmes alors que John la regarde faire.

- Encore la Divine Comédie, s’amuse-t-elle. Quand comptez-vous terminer cet ouvrage ?
- Il ne faut pas le lire en une seule fois, répond son coéquipier. Il mérite de prendre son temps pour découvrir le cheminement des pensées de l’auteur.
- Et pour sombrer dans l’Enfer ? Je ne sais pas comment vous faites pour aimer toutes ces ténèbres.
- Du chaos naissent les étoiles, c’est bien connu.
- Dante aussi ?
- Non, Charlie Chaplin.

Une complicité se tisse entre eux, ce qui n’échappe pas à Amélia elle-même. L’amitié est réellement un pilier qu’elle avait besoin de reconstruire, pour se sentir mieux dans sa peau et aller de l’avant.
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Vialane
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Vialane » 19 mai 2018 - 22:03

Titre : Fin
Thème (écrit, image ou citation) : "Du chaos naissent les étoiles"
Fandom : HP
Nombre de mots : 328
Personnages : Sirius/Hermione
Rating : TP
Son poing contre le battant de la porte, il cogne, encore et encore.
« OUVREZ ! »
Toujours rien, aucune réponse. Mais il sait. Oh, il sait… Il lui aura fallu six mois pour comprendre, pour prendre conscience de l’énormité de ce qui se passait autour de lui. De la mascarade dont il s’était fait victime, de la machinerie de guerre qu’il avait rejointe malgré lui.
Six mois pour tomber amoureux.
Du sang coule le long de ses doigts, mais Sirius frappe encore.
La porte ne bouge pas.
*
De l’autre côté, sourde à ces suppliques, Hermione s’apprêtait à repousser les frontières de la magie.
« Tempus delendum est. »
Jamais un silence n’avait été si bruyant, alourdi par la présence d’un autre chose, d’un autre monde invisible au-delà du nôtre. Plongée dans un état second, Hermione sentait les barrières immatérielles s’effondrer devant elle, les unes après les autres.
Le bureau du directeur était traversé par une tempête magique telle qu’il n’en avait jamais connu, et n’en connaîtrait jamais. Il était immaculé. Il était dévasté. Un clignement de paupières plus tard et il était vide. Un autre et il débordait des trésors de l’humanité.
Hermione ferma les yeux pour se concentrer. Elle n’avait pas droit à l’erreur. Depuis des mois, des années elle se préparait pour ce moment. Voyager dans le passé avait été fou, incroyablement complexe, et d’un danger sans précédent. Défaire le passé, en revanche, était tout simplement impossible.
Autour de son cou, le retourneur de sang s’enflamma, dans une ultime tentative de résistance.
Puis il céda.
L’obscurité était totale. Poudlard avait disparu. Hermione ferma les yeux à nouveau, mais rien ne changea.
Il n’y avait plus de porte.
Dans ses mains, le retourneur de sang était devenu sable. Les grains coulaient vers son visage, embuant ses joues, déchirant ses yeux. Plus haut, encore plus haut.
Hermione resserra les bras autour d’elle, et baissa les yeux. Loin des étoiles.
Dernière modification par Vialane le 19 mai 2018 - 22:06, modifié 1 fois.
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Zandry
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Zandry » 19 mai 2018 - 22:04

Titre :
Thème (écrit, image ou citation) : Citation: "Du chaos naissent les étoiles"
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 594
Personnages : Ted Tonks
Rating : Tout public

Andromeda s'était levée de sa table et ondulai posément entre les tables avant d'atteindre l'allée principale.
Ted, manquant de s'étrangler avec son radis, s'empressa de cacher son visage derrière ses cheveux trop longs et trop ternes.
-Ted, t'es pitoyable. Avait froidement lâché Lou. Lou comme Louise qui recouvrait toujours d'un voile de sarcasme et de cruauté, sa phobie des filles qui brillent.
Des filles qui brillent comme Andromeda. Qui éclairent une Grande Salle d'un sourire et qui persuadent tous et n'importe qui de la suivre n'importe où et dans n'importe quoi.
Ted ne répond pas. Il ne sait pas vraiment pourquoi Louise les hait, ces filles qui brillent. Il est presque sûr que ce n'est pas de la jalousie. Presque.
-Tu te fais du mal Ted, disait-elle en mâchant, bouche grande ouverte, une sorte de bouillie verte. Cette fixette stupide ne t'apporte que de la frustration, et si tu veux mon avis, bien qu'elle se fiche que Ted n'en voulais pas, de son avis plein de haine, la vie est assez emplie de frustrations pour que tu puisses t 'épargner cette perte de temps.
Ted n'aimait pas Louise en général. Il l'aimait bien parfois, c'est vrai, mais seulement quand elle arrêtait de se couvrir de mensonges.
-Je ne fait pas de fixette, c'est juste qu'elle est belle.
-Et tu crois que ça change quelque chose au fait qu'elle s'appelle Black, qu'elle hait tous les espèces de petits merdeux dans ton genre pour la simple raison qu'ils ne sont pas consanguins et que son hobby c'est de noyer les scroutes à pétards du garde chasse ? Avait-elle demandé, un fin et sournois sourire plaqué sur sa grande bouche.
-Elle n'est pas comme ça, et Ted en était sûre parce que depuis qu'il avait 12 ans il passait toutes ses soirées, un œil plaqué à l'entrebâilleur de la porte d'une salle désaffectée, épiant la brillante Andromeda. Et il préférait oublier son nom, parce que son hobby s'était la peinture et que des fois, quand elle pleurait, elle griffait ses bras, ses jambes, son visage, ses épaules et sont ventre avec tant de rage qu'il aurait fallut être encore plus idiot que Ted pour ne pas comprendre que, Andromeda,elle ne s'aimait pas.

-Hoo enfin Ted, Louise et ses sourcils froncés faisait de nouveau éruption dans sa réalité. Hier je l'ai vu tabasser Ellie johensson, Ted ne s'offusqua pas que Louise ne pas soit intervenu, lui non plus il ne l'aurait pas fait, Tu sais bien d'où elle sort ! Cette fille ne vaut pas mieux que sa famille !

Ted songea à un livre qu'il avait un jour lu. Un livre moldu qui expliquait que les étoiles étaient des enfants de trous noirs.
-Parfois les étoiles naissent du chaos.
Louise avait grimacé.
-Ouai et rappelle toi aussi que quand elles meurent c'est elles le chaos.
Et Ted se rappela avoir prêté le livre à Lou.
Et Puis Lou avait souvent raison. Alors Ted se jura de ne jamais laisser Andromeda mourir, puisqu'elle y ressemblait tant à ces étoiles.
Mais Ted, cet idiot, ne savait pas qu'on arrête pas le temps, bien que ce ne fut exacte car Andromeda finirait un jour par implosée et se transformerait en trou noir, et si quelqu'un s'en approchait trop, quelqu'un comme Ted, il serait aspiré dans un nuage où le temps n'existe pas, annulant toute existence et d détruisant tout être au profit d'une future boule de feue.
Dernière modification par Zandry le 19 mai 2018 - 22:36, modifié 2 fois.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par AliceJeanne » 19 mai 2018 - 22:19

Titre : /
Thème (écrit, image ou citation) : Citation
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1147
Personnages : Manuel (OC), Viktor
Rating : /
Un coup de feu suivi d’une détonation força Manuel à se mettre à couvert. A ses côtés, Viktor se tordait les doigts, ils n’auraient jamais du sortir de leur refuge, c’était bien trop risqué. Les instruments et les armes pouvaient bien attendre quelques jours le temps que les humains oublient un peu que des immortels vivaient juste sous leurs pieds. Il avait été stupide, trop négligeant vis-à-vis de l’intelligence des humains et de leur capacité à les traquer. Il n’était pas comme le fils de William, il ne passerait jamais les tests si un groupe de traqueurs leur tombait dessus. Sa seule consolation résidait dans le fait que Manuel pourrait, lui, passer sans encombre et rejoindre Alicia, sur le point de donner naissance à leur deuxième enfant. Viktor regrettait d’avoir était si dur avec elle lorsqu’elle le leur avait annoncé, tremblante. Cela ne faisait pas partie du programme, c’était une erreur, elle les encombrait alors qu’ils devaient fuir vite, tout comme Wilhelm qui, de par son handicap n’en demeurait que plus difficile à contrôler. Il était rapidement effrayé par la nouveauté, repoussait les contacts physiques comme s’ils avaient été un vague de lave en fusion se déversant sur lui, ses crises de panique le rendaient vulnérable et parfois, lui expliquer une chose simple se révélait être un véritable challenge. Ses parents savaient comment lui parler et la plupart du temps, lorsqu’il demeurait silencieux, il avait presque l’air d’un enfant comme les autres. Son seul regard fuyant attestait de sa différence. Ils l’avaient laissé seul avec sa mère, Manuel ayant été contraint d’accompagner Viktor afin qu’il ne se fasse pas tuer. Car oui, l’Aîné était contraint et forcé de le reconnaître, sans le fils de son pire ennemi, il ne serait déjà plus qu’un tas de cendres.

« Merveilleuse idée que vous avez eu là Viktor ! Cingla le jeune-homme en grimaçant lorsqu’une grenade à nitrate d’argent tomba à trois mètres de leur position. »

Le vampire ne releva pas, bien trop blessé dans sa fierté pour parvenir à formuler une phrase intelligible. Ils reprirent leur course, toutes les planques qu’ils avaient visité s’étaient révélées avoir été pillées. Leur quête était vaine et plus dangereuse que nécessaire. Seul le regard implorant d’Alicia avait convaincu Manuel de partir avec Viktor, son enfant à venir le préoccupant bien plus en raison de la durée de l’accouchement qui s’éternisait, que les expéditions suicidaires de son beau-père. Janelle et Liam étaient partis de leur côté afin de trouver des provisions de sang et de nourriture, ils étaient à six heures du lieu de rendez-vous lorsque les deux immortels avaient laissé Wilhelm et Alicia. Manuel espérait que ses cousins pourraient arriver à temps pour aider sa compagne si des complications survenaient.

Un sifflement menaçant mit fin à ses tergiversations et dans un réflexe bienheureux il se jeta sur Viktor pour le plaquer au sol. Le vampire ne dut sa survie qu’à ce réflexe, le plafond s’écroulant, faisant s’effondrer le sol de l’immeuble dans lequel ils se trouvaient. Le vide s’arrêta à un centimètre de leurs pieds. Manuel jura, se releva et tira le vampire par le bras, repérant un escalier. Dans quelques minutes il serait aux côtés d’Alicia, dans quelques minutes tout irait bien parce qu’ils seraient ensemble. Les catastrophes ne survenaient que lorsqu’ils étaient séparés, c’était une certitude qu’il avait pu vérifier au fil des siècles.

« Je regrette ! Hurla Viktor, es-tu satisfait ?!
- Je le serai lorsque je serrerai Alicia et notre fils dans mes bras, grommela-t-il. Pressez-vous Viktor, je ne voudrais pas lui ramener un tas de cendres, elle en a suffisamment vu. »

Viktor ne releva pas le reproche, l’estimant, pour une rare fois, légitime. Il comprenait les sentiments du demi-loup-garou, ayant été père lui-aussi.
Manuel muta pour enfoncer la porte, barrée partiellement par des débris du bombardement récent de la zone. Les humains n’avaient pas pris de pincette, raflant les immortels par dizaines, réduisant en poussière les bâtiments qu’ils suspectaient abriter des vampires ou des lycans, tuant parfois les leurs dans leur folie sanguinaire. Ils dévalèrent une volée d’escaliers en priant pour que personne ne les suive, prirent plusieurs embranchements et escaladèrent de nombreux monticules de gravas avant de parvenir à leur destination.

Le cœur battant Manuel poussa la porte du repère et la referma brusquement devant le trou béant, exposant la pièce au grand jour et condamnant Viktor s’il y entrait. Une vive frayeur s’empara du jeune-homme, Alicia avait-elle eu le temps de fuir avec leur fils avant que tout ne s’écroule ? Viktor chassa rapidement ses doutes en le tirant derrière lui dans un des couloirs encore dégagé, affirmant que sa fille était parfaitement capable de faire face à un simple éboulement, y compris lorsque se déplacer était rendu presque impossible par la proéminence de son ventre.

Se glissant tant bien que mal entre les poutres effondrées et les murs avachis, les deux immortels parvinrent à regagner l’entrée sud du repère, sans trop d’encombres. Le silence pesant régnant dans les lieux entacha pourtant leur bonheur d’être parvenu jusque là. Manuel s’affola, tournant sur lui-même à la recherche d’un indice, fouillant les coins et recoins. Viktor ne prit pas la peine d’essayer de le rassurer, éprouvant les mêmes doutes à cet instant. Soudain, un mouvement furtif attira leur attention. Manuel se préparait à se transformer à nouveau alors que Viktor dégainait son épée lorsqu’un tout jeune adolescent apparut dans l’embrasure d’une porte dissimulée par une épaisse couche de poussière. Le fils de William se rua sur son fils et le serra contre lui en pleurant. L’enfant, fort incommodé par cette brusque proximité demeura un instant hagard avant son grand-père ne lui indique d’un simple regard qu’il n’avait pas à s’affoler de la réaction de l’adulte. Sans un mot il prit la main de son père et les guida dans le minuscule couloir, débouchant sur une salle d’autant plus exigüe qu’elle était occupée par non pas trois, mais bien quatre personnes.

Janelle et Liam encadraient Alicia, un air fatigué ternissant leurs visages tandis que celui de la jeune-femme, au contraire, rayonnait de bonheur. Le long t-shirt blanc qu’elle portait était maculé de sang et peinait à cacher le bas de son ventre, plat. Un petit paquet vagissant s’agitait dans ses bras tandis qu’elle murmurait des mots chantant l’enfant. Manuel se figea. Il pensait que cette seconde naissance serait moins impressionnante mais il n’en était rien. Au milieu de tout ce chaos il volait, virevoltait enveloppé d’un nuage de joie. Avec prudence il s’approcha d’Alicia, gravant chaque détail de son visage dans sa mémoire, savourant sans retenue la douceur de ses lèvres lorsqu’il l’embrassa en la rejoignant. Lorsque la fille de Viktor lui glissa la fillette dans les bras, le temps s’arrêta, la guerre disparut, les bruits de fracas s’évaporèrent. Seul existait le regard aussi brillant que les plus proches étoiles et rempli de questions de Sofia.
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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 19 mai 2018 - 22:52

Titre : Je vais encore y réfléchir :mrgreen:
Thème (écrit, image ou citation) : citation
Fandom : HP
Nombre de mots : 1165 mots
Personnages : OC
Rating : Déconseillé au moins de 16 je dirais (franchement je sais jamais :mrgreen: )
Junie ne les écoutait plus. Elle sentait sa respiration s’accélérer et le sol céder sous ses pieds. Elle regardait son père et le Roi élever la voix. Ils parlaient d’elle et de Tristan, de leur avenir, comme si leur mariage ne comptait pas. Comme s’il n’y avait pas d’amour, juste de la manipulation.
Elle avait besoin de sortir.

En un instant, elle poussait les grandes portes du salon pour se retrouver dans le couloir, la respiration sifflante. Elle choisit la droite, mais rapidement, la voix de Tristan résonna dans son dos. Comme survolant la scène, elle sentit ses mains se poser sur ses épaules et se laissa conduire dans une pièce adjacente. Une énorme bibliothèque. Tristan ouvrit l’énorme fenêtre et la coinça entre lui et la rambarde pour éviter qu’elle ne s’écroule, face aux jardins. « Respire mon amour » lui soufflait-il à l’oreille. « Tout va bien, je suis là. Calme-toi. »

Comme toujours quand il utilisait cette voix, il l’apaisa rapidement. Elle attrapa ses deux mains, les noua autour de sa taille et elle lui demanda de la serrer fort contre lui. Elle avait besoin de lui et qu’il lui montre qu’il ne l’avait pas demandé en mariage pour une stupide histoire de manipulation mais bien parce qu’il en avait envie. Il la força à se retourner, planta ses deux yeux presque noirs dans les siens si clairs.

« Je te promets que je n’étais pas au courant de tout ça. Tu dois me croire. » murmura-t-il en devinant ses pensées.
- Alors on est toujours d’accord pour un petit mariage à l’abri des regards ? Juste nous deux et nos proches ? »

Son regard s’assombrit et Junie le repoussa avec un rire sans joie.

« Je refuse d’afficher les moindres détails de notre vie comme si nous n’étions que des pions. Si tu veux prendre part à toute cette mascarade, vas-y, mais ce sera sans moi !
- Mon amour, on avait parlé des concessions qu’on devrait faire ! on avait dit qu’on prendrait toutes les décisions ensemble !
- Je ne peux pas accepter ça, Tristan ! Je t’aime toi, pas ton titre, pas cette vie ! J’ai besoin de conserver un minimum de vie privée !
- Mais mon père a raison ! C’est ce sur quoi est basé la Monarchie : une diversion. Le but est que la population s’identifie à nous, nous envie, et oublie leurs tracas du quotidien, pendant que nous on règle les problèmes dans le calme ! Imagine le bien qu’on pourrait faire ! Les vies qu’on pourrait sauver !
- Mon père aussi a raison ! On pourrait devenir des cibles ! » s’écria Junie. « On pourrait mourir pour une émission stupide !
- Je suis prêt à prendre le risque. » souffla-t-il. « On sera bien protégé. On vivra nos vies comme avant, sauf qu’on sera médiatisé. Mais de toute manière on l’aurait été ! Si ça peut me permettre, nous permettre d’aider l’effort des forces de l’ordre pour mettre fin à tous ces massacres et donner à tous ces gens comme divertissement ce qui fait de moi l’homme le plus heureux au monde, je suis d’accord.
- Tu te moques de moi.
- Absolument pas.
- Tu veux que je te dise Tristan, j’ai tout accepté pour être avec toi ! J’ai accepté ton titre, ton palais pourri, tes convenances à la noix ! J’ai accepté tout ça parce que je t’aime ! Mais j’ai rien demandé ! Je t’aimais avant de savoir que si je te voulais, c’était avec un putain de cadeau empoisonné !
- On en est encore là ? Tu vas remettre ça sur la table à chaque fois que ça te chante ?
- Oui, on en est encore là ! » hurla-t-elle. « Tout ça, c’est de la merde. J’en veux pas ! C’est toi que je veux, c’est tout ce que je veux.
- Mais de toute manière, on va vivre tout ça ! Le choix de ta robe de mariée, du nombre d’invités, de la décoration, des fleurs… La seule différence, ce sera la caméra !
- OUI ! UNE PUTAIN DE CAMERA !
- Arrête de crier !
- Je crie si je veux ok ! On ne me prendra pas ma vie privée ! Ce mariage, ça ne concerne que nous deux !
- Par Merlin Junie, arrête ! Arrête de défendre ta pseudo retenue alors que tout ce qui te pousse à refuser, c’est de l’égoïsme ! »

Elle le poussa en arrière de toutes ses forces et en prenant conscience de son inefficacité, sa main s’éleva jusqu’à lui. Il saisit son poignet avant qu’elle ne puisse arriver à ses fins. Ils restèrent de longues secondes à se fusiller du regard, la respiration saccadée par la colère. Et puis Tristan franchit la distance les séparant et écrasa ses lèvres sur les siennes.

C’était toujours comme ça. Lorsqu’ils ils se disputaient, il la poussait à bout et ils finissaient par faire l’amour. Et ils firent l’amour, dans cette bibliothèque, la fenêtre ouverte, alors que quelqu’un pouvait rentrer à tout moment. Elle fourra ses mains dans ses cheveux comme pour casser cette coiffure trop formelle qu’elle détestait. Il ne la quitta pas du regard un instant, prêt à éteindre la colère dans ses yeux. Et Junie se laissa aller. Elle l’embrassa sauvagement comme elle aimait le faire et il lui répondit avec la même avidité.

Ils se disputaient sans cesse. Derrière son masque de petite fille sage et mignonne, il avait trouvé une boule de nerf qu’il avait toujours eu du mal à dompter. Mais c’est ce qui avait fait qu’il était tombé amoureux. C’était pour sa personnalité si bipolaire, si volontaire qu’il l’avait choisi elle. Il avait besoin d’elle, de son honnêteté pour le garder sur le droit chemin.

Mais au plus profond de lui, Tristan savait. Faire l’amour apaisait les tensions, renforçait le désir mais n’avait pas le pouvoir de régler les conflits. Ceux-ci s’amoncelaient. Il leur tournait le dos, préférant le sourire de Junie, leurs plaisanteries, leur vie paisible et anonyme. Ceux-ci s’amoncelaient et un jour, bientôt peut être, les fondations de leur couple s’écrouleraient, bouffées par l’acide des blessures ouvertes et infectées.

Il aurait dû arrêter de l’embrasser, l’empêcher de lui dévorer l’épaule. Il aurait dû éteindre ce désir qui pulsait en lui, en elle, et lui dire « Non. Non, Junie. Aujourd’hui, on en parle. Aujourd’hui, on se conduit en adulte. » mais il avait grandit dans une cage dorée. On lui avait répété toute sa vie qu’il était un homme puissant. Il avait toujours eu ce qu’il voulait en un claquement de doigt.

A quoi bon soulever des montagnes quand il était si simple de passer au-dessus ?

Balayant ses pensées, Tristan raffermit sa prise sur les fesses de Junie, frissonna en l’entendant gémir, jubila alors que la colère dans ses yeux s’éteignait, endormie par le plaisir. *

Endormie oui. Mais pour combien de temps ?
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Catie » 19 mai 2018 - 22:54

Titre : Tell me a story
Thème (écrit, image ou citation) : Image maison hantée
Fandom : The 100
Nombre de mots : 1050
Personnages : Raven, Murphy
Warning : spoilers saison 5
— Come on.
— Shut up, Murphy. I’m working.
— Well, stop working. And tell me a story.
— God, you can be such a pain in the ass sometimes. Why don’t you just take a walk and leave me alone?
— Because we’re on a ship full of murderers and I’m bored. I can’t really play football alone.
— Take a nap, then.
— I’m not tired.
— Why are you not taking this seriously?
— Bellamy will let you know if there’s something wrong on the ground. Why don’t you take a break?
— There’s no time for…

She can’t even finish her sentence. Murphy stood up and rolled her chair, pulling her away from the keyboards. He looks at her sternly, more serious he has ever been.

— You’re certainly the most stubborn person I’ve ever met. You have to rest sometimes Raven, you know that? You’ll be no use if you just collapse when we need you the most.

Raven sigh and agrees reluctantly. She has done more than she could today, and there’s no point trying to find a loophole to get to the ground. There’s no way to escape this ship, she knew it when the others left them behind.

— Fine. What do you want to do? I suck at football.
— I want you to tell me a story.
— Jesus, you were serious.
— I’m always serious.

She throws him a quizzical look but chooses to ignore this. She’s not a really a storyteller. It was always Finn who had enough imagination to tell her tales when she needed help to sleep. And because Murphy doesn’t know that, she picks up one Finn often told her, one of her favourites. It always finished with him cuddling her like a child. She felt so safe in his arms.

— Okay. So, this is the story of a silly girl, who walks straight into troubles.
— That doesn’t start well, comments Murphy.
— You want me to tell a story or not?
— Yes, yes, sorry. Keep going.
— So, the silly girl’s named Petra. She lives on Earth, she’s healthy and happy. She has a loving family and a big beautiful house. She loves singing with birds, lying under the sun and swimming into the small pool at the back of her garden.
— A boring girl, with a boring life.

Raven throws him a dirty look and he smiles back, almost innocently.

— Sorry. You were saying?
— Of course, there was a catch. There’s always one. Next to Petra’s house was a forest. A big, green, dark forest. Almost silent. She was fascinated with it. Her parents always told her she couldn’t go near it, but she was drawn to it by an invisible force – her insatiable curiosity. You see, Petra was silly because she didn’t know evil. She has always lived happily and for her, there were nothing such as darkness in the world.
— Let me guess: she went into the forest?
— Of course. One day, she was alone at home, she was bored and she decided to go on an adventure. She thought she would be back in an hour or so – she couldn’t have been more wrong.

Raven straightens herself in her seat. Despite her, she was letting herself in the story. It remembered her old times, when they were still on the Ark, all alive but so miserable, when she didn’t even pictured in her head what woods were. When she didn’t even know the guy who was sitting in front of her, eager to hear the next part, hanging to her lips.

— She walked and walked for hours, without seeing anything new. She was pretty disappointed. So she went on and on, until she arrived on the other side of the woods. And there was this house, in a middle of a swamp. There were dark birds floating around it, it smelt bad and the place was enough to give you the creeps. Yet, she stayed. She was intrigued by this abandoned house. It was all rusty and broken, no windows, no doors, but a sparkle of light in the attic.
— Don’t tell me the idiot got in?
— She did. Not because she was brave, but because she was foolish. She crossed the swamp, dampening her sweet little flowery dress, and she walked into the house. There was dust everywhere, a thick layer of dust, untouched for years. She climbed up the stairs, fascinated by this old house. She was wondering who had lived within it. Without asking herself who was still there.
— Ghosts? whispers Murphy, fully taken into the story now.
— Nah. A serial killer who tortured her until night fall and slit her throat open. Her parents never found her body.

As soon as she finishes the sentence, Raven turns back to her keyboards. She fumbles around a bit, pretending to be busy but she’s not. She didn’t say the whole story, because it frightens her and the only person who could reassure her was Finn, and he’s not there. Maybe a horror story was not the best idea considering they were alone on a ship with hundreds of frozen murderers.

— That’s all? says Murphy, outraged. You totally sped up the end.
— I did. Because I need to work. You got your story, happy now?
— Not entirely. But I’ll let you go for this one, Reyes.

She can’t help but smiling. As surprising as it is, Murphy is the closest thing of a friend she has. He’s maybe not perfect, but she likes him. And she’s thankful for the company. She doesn’t know if she could have done this alone.

— It was a good story though. Where did you hear it?
— Someone told me.

He must hear the stiffness in her voice, because he doesn’t insist. Instead, he sits next to her and looks at the keyboard, the numbers and all the stuff he doesn’t understand.

— You’ll get us out of here, right?

There’s a silence. She hesitates, because she hates lying, but it the meantime, they both need hope. They can’t die here alone, without seeing Earth one more time.

— Of course I will.

He knows she’s not being entirely honest, but he takes it.

— Good. Do you need help for anything?
— Yeah. Your turn to tell a story while I’m working.

She doesn’t turn, but she knows he’s smiling.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 19 mai 2018 - 22:58

Titre : Aller de l’avant
Thème (écrit ou image) : À quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par-dessus / Coupe
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1202
Personnages : Elvira (OC), Raze, Lucian
Rating : Tout public
- Et que vas-tu faire ? Monter une armée pour les détruire ?

La pique acerbe d’Elvira transperce Lucian. Le Lycan tourne vers elle un regard agacé dans lequel luit un éclat de colère contenue. Il sait qu’elle pèse ses mots malgré tout, qu’elle essaye de ne pas déclencher d’hostilités en prononçant des phrases qui mettraient le feu au poudre mais elle manque encore de subtilité. Rares sont les Vampires encore présents dans le château, elle est la seule à réellement s’adapter aux Lycans alors que les autres ont fui. La belle-sœur de Viktor soutient sans ciller son expression haineuse, haussant les sourcils en lui lançant un défi silencieux alors que Raze soupire dans son coin, commençant à regretter qu’Elvira soit restée avec eux au lieu de partir avec les quelques rescapés de son espèce.

- Mes Lycans sont capables de tuer les Aînés, ils ont assez de puissance et se maîtrisent de mieux en mieux.
- Il est vrai que face à des Vampires âgés de plusieurs siècles, ils ont toutes leurs chances. Arrête de croire que tu peux franchir tous les sommets, Lucian. Tu choisis la facilité.
- La facilité ? Parce que tu penses peut-être que Viktor n’a pas suivi la même voie quand il a condamné sa propre fille ?

La gifle retentit dans la pièce dès la fin de la phrase du Lycan. Un éclair de rage brille dans ses yeux et son corps mute dangereusement. D’un signe de tête, Raze conseille à la Vampire de quitter les lieux alors qu’il tente de calmer son chef qui se transforme petit à petit. Mais Elvira ne bouge pas, elle assume son geste, même si elle ne comprend pas elle-même comment elle a pu se laisser dominer par ses émotions aussi facilement. Elle inspire longuement, attendant le déferlement de colère de Lucian, mais ce dernier recule et renverse la seule table de la pièce d’un mouvement de bras. Contrairement à elle, il a préféré s’en prendre au mobilier mais ce n’est pas suffisant pour lui. Il se tourne de nouveau vers la femme, la toisant avec hargne, oubliant leur amitié naissante, mettant de côté tous ces jours pendant lesquels elle s’est comportée comme une mère envers lui et Sonja.

- Ainsi donc, tu n’es pas si indifférente au sort de Viktor. De quel côté es-tu, Elvira ?
- Je ne cautionne pas les décisions de mon beau-frère, Lucian. Mais je n’accorde pas plus mon assentiment à tes plans ridicules. À quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par-dessus ? Tu raisonnes ainsi, ne le nie pas. Mais tu entraînes tous tes hommes vers la mort, il faut que tu en aies conscience.

Le Lycan serre les poings, pesant le pour et le contre des paroles de la Vampire. Bien sûr, Elvira n’a pas entièrement tort dans ses propos, particulièrement parce qu’elle connaît toutes les qualités et les défauts des quelques Vampires survivants. Les Aînés sont les plus forts au combat, Markus et Viktor risqueraient de tuer les Lycans en un rien de temps. Mais il n’aime pas se terrer dans le château où il a vu le jour et où il a connu l’esclavage. Il a assez subi le poids des fers, la morsure des chaînes sur sa peau, les coups de fouet et l’humiliation publique. Plus que tout, il ne pardonne pas la mort de Sonja, c’est l’acte de trop, celui qui a précipité son soulèvement total contre l’espèce vampirique. Il serait peut-être parti sans un regard en arrière s’il n’y avait pas eu la condamnation de sa bien-aimée.

Elvira patiente, consciente des émotions qui agitent le Lycan. Elle-aussi a assisté à ce jugement funeste et elle n’est pas heureuse du dénouement de l’histoire. Mais envoyer une armée de Lycans contre des Vampires plusieurs fois centenaires n’est pas une solution durable. Les pertes seront trop importantes chez les hommes de Lucian et elle tient à le lui montrer avant qu’il ne mette en pratique ses idées folles. Il ne réfléchit plus assez à ses yeux, il ne voit pas que l’objectif final, ce besoin de transpercer Viktor sans lui laisser la chance de survivre cette fois-ci. Il est poussé par son chagrin et par sa haine, par sa colère et sa douleur, ce qui est dangereux pour eux-tous.

Effleurant le bras de Lucian dans un geste de réconfort, Elvira s’excuse auprès de lui. Elle franchit la porte de la pièce après avoir salué Raze et elle s’aventure dans les couloirs du château. Depuis plusieurs mois, elle fouille chaque salle, à la recherche d’objets importants ou de souvenirs à conserver. Elle a déjà récupéré les quelques lettres d’Ilona encore présentes dans sa chambre, ainsi que l’une des broches en argent d’Erina. Ce sont des choses concrètes qui lui font garder pied dans le monde réel, qui sont là pour qu’elle se souvienne du passé, pour éviter de croire qu’il n’y a rien eu. Il y a tellement de versions des faits qu’elle s’emmêle parfois et qu’il lui faut du temps pour tout remettre en ordre. En ce sens, elle aimerait que Tanis soit là pour consigner la vérité et en garder une trace écrite.

Prenant son courage à deux mains, Elvira passe le seuil d’une pièce qu’elle n’a pas osé ouvrir depuis la rébellion de Lucian. La chambre de son beau-frère ne porte pas la marque des combats, aucun Lycan ne s’y aventuré pour retourner les meubles, ce qui l’étonne un peu. Tout y est en ordre, comme si Viktor y était encore la veille, ce qui la rend mal à l’aise. Elle avance vers l’armoire entrouverte et repère un récipient qu’elle reconnaît sans mal. C’est une coupe en bois, si simple dans sa forme, mais qui symbolise tant de choses pour les Vampires. Elle a contenu le sang que sa sœur et l’Aîné se sont échangés le jour de leur union, sous l’œil approbateur des autres membres de leur espèce. Émue par cette découverte insolite, Elvira recule jusqu’au lit, sur lequel elle s’assoit en retenant les quelques larmes qui lui montent aux yeux.

Tout lui semble si lointain, perdu dans un passé qui n’a plus aucun intérêt. Ilona est morte depuis si longtemps, désormais, et sa famille n’a pas survécu à son décès. Erina a fui en comprenant que la tension ne faisait que croître, Estván a purement disparu, Konor est en patrouille dans le sud du pays, leur mère est retournée auprès d’Alexander pour les mêmes raisons que sa fille et leur père est mort après avoir fait une révolte. Il n’y a plus qu’elle, Elvira, perdue en compagnie de Lycans alors que les autres Vampires sont morts ou ont réussi à s’échapper. Ce n’est plus la même ambiance qu’autrefois, lorsque le respect envers les Aînés existait encore un peu, lorsque Viktor n’était pas qu’un homme ambitieux sans cœur, lorsqu’il n’y avait pas les Lycans pour entraîner une lutte sanglante.

Retournant la coupe entre ses mains, Elvira découvre les fissures tout le long du bois. Elle serre l’objet jusqu’à l’éclater, frottant ensuite ses paumes l’une contre l’autre pour se débarrasser des débris qui parsèment sa peau. Conserver un souvenir supplémentaire aurait été trop douloureux, elle ne peut plus continuer à se morfondre.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eejil9 » 19 mai 2018 - 23:01

Titre : Franchir les montagnes
Thème (citation) : À quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par-dessus ?
Fandom : /
Nombre de mots : 609
Personnages : /
Rating : Tout public
Un jour, au pied d’une montagne lointaine, s’étaient rencontrées deux bêtes. L’une d’elle fouissait le sol, et décorait la terre d’une dentelle de galeries. L’autre glissait entre les masses atmosphériques et s’élevait en arabesques élégantes au-delà des nuages les plus distants.
Les deux bêtes souhaitaient franchir la montagne, car un grand mage, maître incontesté du pays des collines où elles vivaient, leur avait un jour promis qu’au pied opposé, elles trouveraient le bout du monde. Qu’il vive de terre ou qu’il s’élève dans l’air, chaque animal souhaitait pouvoir admirer ce prodige. Mais qui dit miracle dit obstacle, et la montagne, dans son immensité et la blancheur de son sommet, leur semblait bien infranchissable.
- Mes griffes me permettent de creuser la terre, aucune montagne ne peut m’arrêter, arguait la première bête.
- Il te faudra mille ans pour soulever ta montagne, raillait l’autre. Un courant d’air me suffira à franchir ce que tu prends pour un obstacle.
Les deux bêtes convinrent alors de s’attendre au bout du monde. Chacune d’elle était intimement persuadée de la supériorité de ses capacités.
- Quelle idée de quitter la rassurante chaleur de l’humus ? demandait la bête qui hantait la terre.
- Je n’ai que faire de la terre, je n’y pose presque pas mes serres, répondait celle qui traversait les airs. Elle n’a d’autre intérêt que d’abriter les animaux que je mange. Mais toi, pourquoi abandonner ainsi volontairement la lumière ?
- Mes yeux sont presque aveugles, je me moque bien du jour.
Sur ce désaccord sans compromis possible, elles se quittèrent. Mais, alors qu’elles croyaient toute deux triompher sans effort de la muraille minérale qui leur faisait face, l’épreuve s’avéra plus difficile que prévu.
Sous la surface, la pierre prit la place du tendre humus. Pendant des jours et des jours, il fallut creuser, toujours plus profond, et contourner toutes les concrétions. Des nuits et des nuits, sans manger, à fouir toujours plus bas, si bas que la terre rejetée au haut de la galerie faisait grandir la montagne, encore et encore, la bête crut qu’elle ne verrait plus jamais la lumière du soleil dont elle avait prétendu se moquer.
Dans les airs, les flancs de la montagne captaient les vents, et les rendaient au centuple. Pendant des jours et des jours, la bête volante crut à chaque rafale s’écraser contre les parois rocheuses, ou être entraînée vers les abîmes. Vers le sommet, il n’y eut plus de rongeurs à dévorer, et les nuées se faisaient si épaisses qu’il devenait presque impossible de discerner le sol du ciel. Pendant des nuits et des nuits, il ne put même pas se poser. L’animal des airs crut bien qu’il avait à jamais perdu la terre qu’il avait tant aimé railler.

Et puis, l’aigle franchit le sommet. Enfin, la taupe retrouva la surface.
- À quoi bon conquérir le soleil quand la terre offre un chemin sûr ? demanda la taupe, avec beaucoup de mauvaise foi.
- À quoi bon soulever des montagnes, quand il est si facile de passer par-dessus ? s’enquit l’aigle, avec une honnêteté non moins feinte.
Chacun avait cru être vainqueur de l’autre. Et pourtant, ils réalisèrent bien vite qu’ils avaient atteint le point de rendez-vous au même instant. Ils remarquèrent ensuite qu’ils avaient atteint le bout d’un monde, et non le bout du monde. Une étendue d’eau bleue qui se mouvait d’elle-même s’étendait devant eux. Elle était si différente des collines qu’ils avaient quittées qu’ils avaient bien l’impression d’avoir gagné un autre monde.
Ils se retournèrent tous deux pour regarder la montagne, et conclurent d’une même voix :
- Qu’importe le chemin, l’essentiel reste encore de franchir les montagnes.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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Charliz
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 19 mai 2018 - 23:38

Titre : Des mots et des faits.
Thème (écrit, image ou citation) : Combat
Fandom : Original (en vrai, je les développe dans une de mes fanfic HP mais comme c'est des moldus... :sifflote: )
Nombre de mots : 580
Personnages : OC
Rating : Tout Public
Le dossier claqua sur le bureau et Alix sursauta, retenant dans un réflexe sa tasse de café qui valsait sur le coin.

« Qu’est ce que c’est que cette merde, Mademoiselle Simon ? »

Ses mains se mirent à trembler et elle les serra entre ses cuisses pour masquer son trouble alors que le vieux Xav’ se penchait vers elle, un air mauvais dans la prunelle.

« Je vous ai demandé hier soir un bilan complet sur la Loi Carraud et vous, vous me sortez un brouillon. Vous travaillez à Matignon, Mademoiselle Simon. Vous n’êtes pas au Lycée. Je devrais virer pour ce travail minable. Le premier Ministre me demande un rapport dans deux heures et je n’ai que votre torchon à présenter ! Vous souhaitez me mettre dans l’embarras ?
- N… Non… »

Elle sentait son cœur s’emballer alors qu’autour d’eux, le murmure des conversations s’était apaisé. Comme si ses collègues étaient avides d’entendre le moindre détail de l’humiliation dont elle était victime. Et elle qui avait toujours été si charismatique, sociable, déterminée se retrouvait petite souris devant le chat qu’était son patron.

Alix retint un frisson alors que le vieux Xav’ posait ses deux mains de chaque côté du dossier, penchant un peu plus son visage empli de colère vers elle. Parlant à voix basse pour que seule elle puisse l’entendre.

« Avoir un papa blanc et député ne fait pas tout, Mademoiselle Simon. On vous a offert ce travail sur un plateau doré pour service rendu mais depuis, vous ne cessez de prouver que vous êtes la honte du service. Quand allez-vous cesser de faire la belle et de nous imposer votre présence. »

Sur ces mots, le vieux Xav’ reprit son dossier et s’éloigna vers son bureau, claquant la porte derrière lui. Et Alix souffla. Longuement. Alors que le murmure des conversations reprenaient.
Non, pas conversations. Ragots.
Dont elle était la victime.

Toujours tremblante, elle se leva, et les pieds fixés sur le sol, fila vers les toilettes.

Elles étaient vides et alors, Alix laissa échapper un sanglot. Un seul. Sec.
Juste avant de relever le regard vers son reflet. Dur.

Elle fixa sa peau foncée contrastant avec le blanc du carrelage mural, ses cheveux lisses et brulés par les défrisages excessifs, ses yeux clairs que sa condition rare de métisse lui offrait. Elle était belle, peut être un peu trop. Un peu trop afro aussi. Mais que pouvait-elle y faire ? Ses efforts pour masquer ses origines et se fondre dans la foule ne suffisait plus. Son incroyable intelligence qui l’avait menée, à seulement vingt quatre ans, aussi proche du bureau du Premier Ministre français était négligée ; ses heures de travail nocturne et non rémunérées jetées à la poubelle sans même avoir été lu.

« Quand vas-tu dénoncer le vieux Xav’, Alix ? » ne cessait de lui répéter sa sœur.

Jamais. Dénoncer le vieux Xav’, c’était abdiquer. C'était le laisser gagner la bataille.
Il se battait à coup d’insultes, de critiques, de moqueries.
Elle se relevait et prouvait sa force.
Elle n’avait pas le droit à l’erreur, mais engagée dans le combat, Alix ne serait pas celle qui choisirait la facilité.
Un jour, elle lui ferait ravaler ses paroles rabaissantes.
Un jour…

En attendant, la perfection était de mise. Faire l’impasse lui était impossible. Un seul travers signerait son arrêt de mort.

Alix sortit des toilettes avec grâce, le visage fermés, les sourcils froncés. Elle avait une heure pour améliorer son rapport.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par BellaCarlisle » 19 mai 2018 - 23:43

Titre : Entre deux clans
Thème (écrit ou image) : Combat
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 1107
Personnages : Eden (OC), Xristo, Marius
Rating : Tout public
- Marius ! Marius ! Marius !

Je grimace en entendant les exclamations des Lycans qui encouragent leur chef. Marius m’adresse un sourire ironique en faisant tomber son manteau et en retirant son tee-shirt en lambeaux. Dans quelques instants, il sera transformé, ce qui ne me laisse que peu de temps pour accepter ou refuser son défi. Xristo me murmure de ne pas céder, de rester au calme de mon côté, mais je n’ai pas envie que notre petite meute soit dirigée par ce Lycan orgueilleux et franchement inutile. Son seul but réside en une extermination pure et dure des Vampires, ce qui n’est pas mon cas. Si des Vampires croisent mon chemin, je n’hésiterai pas à me débarrasser d’eux, mais je ne compte pas aller sonner à leur porte pour les tuer alors que nous devons tout d’abord songer à notre propre survie. Offrir le commandement d’autant d’hommes à un seul qui ne me paraît pas être à la hauteur irait contre mes propres lois.

Je me débarrasse à mon tour de mon manteau, frissonnant en sentant l’air frais qui caresse mes bras nus. Je ne suis pas entièrement l’exemple de Marius, je suis encore assez pudique pour ne pas me déshabiller complètement devant autant de personnes. Je me contente de fixer le Lycan qui me fait face, grognant légèrement pour lui révéler que je ne vais pas fuir. Il hoche la tête avec satisfaction et mute aussitôt, à une vitesse impressionnante, apparaissant bien trop grand pour n’être qu’un simple Lycan. Je déglutis en comprenant que je risque de me frotter à plus fort que moi mais je ne rends pas les armes, puisant dans ma nature lupine pour me métamorphoser. Les sensations habituelles m’envahissent tandis que le monde change autour de moi, que les couleurs varient et que ma vision s’aiguise pour se focaliser sur mon adversaire. Un adversaire qui doit avoir oublié les règles de bonne conduite puisqu’il se jette sur moi très vite.

Son poids me fait tomber à terre dans la seconde et je cherche une prise où mordre. Je trouve son bras à portée de dents et je le marque de mes dents, recrachant le sang âcre qui envahit ma bouche. Marius pousse un cri de surprise et me plaque encore plus contre le sol, sa main intacte écrasant ma trachée avec une force herculéenne. Son regard plonge dans le mien alors qu’il resserre sa prise et il m’ordonne tout bas d’abandonner la lutte. Je détourne mon attention vers les autres Lycans et vois Xristo, au milieu des autres, ainsi que son expression de franche inquiétude. Je griffe le bras qui me maintient en songeant au fait que je ne vais pas m’aplatir devant ce Lycan, pas alors que j’ai survécu à plusieurs attaques de Vampires. Je suis une rescapée, une des dernières avec mon ami, et il est hors de question d’avoir passé autant de temps à faire en sorte de ne pas être traquée pour m’incliner devant cet ennemi provisoire.

Il finit par me libérer de son emprise et je le repousse violemment, comptant sur sa masse corporelle pour le déstabiliser. Je ne lui permets pas de se relever, m’appuyant sur son torse pour l’obliger à rester au sol. Cette humiliation n’est pas à son goût et il me projette plus long, contre un wagon vide mais bien solide. J’entends ma colonne vertébrale craquer et, sans signe avant-coureur, je reprends forme humaine en gémissant de douleur. La silhouette de Xristo apparaît devant moi et il s’agenouille à mes côtés en posant une main dans mon dos. Ses yeux expriment toute sa crainte et il me murmure de ne pas bouger, me rappelant malgré moi une autre situation, en un autre temps qui me semble si lointain. Je remue mes bras et mes jambes mais ces mouvements ne font qu’empirer la douleur.

- Alors, petite louve, tu abandonnes ?

La voix de Marius est cinglante, teintée d’un amusement qui m’agace franchement. J’ai l’impression d’avoir perdu du temps en combattant contre lui et je regrette de ne pas avoir su être la plus forte. J’évite le regard de Xristo et me roule sur le côté avant de m’appuyer sur mes avant-bras pour me relever. Ma colonne émet des bruits inquiétants mais je les ignore, me redressant en m’aidant de la main tendue de mon ami. Mon adversaire n’est qu’à quelques mètres et il hausse les sourcils en remarquant que je ne déclare pas encore forfait. Il arbore un rictus irrité avant de se changer de nouveau en Lycan, avançant vers moi d’une démarche lourde et dangereuse. Xristo se place devant moi sans écouter mes protestations, prêt à recevoir les coups à ma place. Je sens que mes os sont déjà en train de se remettre les uns contre les autres, correctement, et je prie mon ami de rejoindre les spectateurs. Il m’obéit à contrecœur et me laisse face à Marius qui tend une main griffue vers moi. Je m’apprête à riposter lorsqu’une chose improbable se produit : je ne parviens pas à me transformer.

Des ricanements retentissent, de la part des hommes de mon adversaire, et je baisse les yeux en signe de soumission, peu heureuse. Sans ma forme de Lycan, je n’aurai aucun moyen de me battre contre Marius et je préfère reconnaître ma faiblesse plutôt que de mourir sous ses coups. Il grogne de satisfaction avant de redevenir humain, sans se soucier de sa nudité. Si des mortels venaient à passer par ici, ils se demanderaient ce qu’il y a pour qu’un homme et une femme s’affrontent du regard en étant aussi peu vêtus qu’Adam et Eve.

- Je te l’ai déjà dit, petite louve, ce territoire est le mien. Soit tu te plies à mes règles, soit tu meurs. Tu peux fuir aussi mais je doute que tu sois capable d’aller loin.
- Tu ne sais pas à qui tu parles, Marius. Je ne serai jamais sous tes ordres et il va falloir que tu le comprennes vite.
- Je ne suis pas contre l’idée de combattre contre toi, Eden, mais tu remarqueras que j’ai l’avantage.

Je suis sur le point de répliquer quelque chose de bien senti lorsque Xristo s’interpose à nouveau entre nous, me tendant mon long manteau. Enfin consciente des quelques regards lubriques posés sur moi, je l’enfile et le ferme avant de prendre une grande inspiration. Dans un geste presque prémédité, je balance mon poing vers le visage de Marius mais ce dernier l’arrête sans sourciller, appuyant sur mes doigts avec une force impressionnante étant donné qu’il est sous sa forme humaine. Je crois bien avoir trouvé un adversaire qui risque de tout compliquer.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Eejil9 » 19 mai 2018 - 23:53

Titre : Au-delà de la cécité
Thème (écrit ou image) : Personne ne sait à quoi ressemblent exactement les choses quand on ne les regarde pas.
Fandom : /
Nombre de mots : 827
Personnages : /
Rating : Tout public
Personne ne sait à quoi ressemblent exactement les choses quand on ne les regarde pas. C’est souvent pour cela qu’on préfère ne pas regarder les choses. Fermer les yeux est souvent plus facile que d’affronter la réalité.
Et plus longtemps on ferme les yeux, plus le réveil est difficile.
Victoire était restée aveugle pendant dix-sept ans. Elle ne parlait à personne, mais si elle l’avait fait, elle aurait affirmé avec beaucoup de bonne foi qu’elle n’avait pas vu parce qu’on lui avait bandé les yeux. Que ce n’était pas de sa faute. Que son père et les autres personnes qui l’avaient élevée l’avaient maintenue dans une ignorance confortable de princesse, pour qu’elle ne vît pas à quel point la société dans laquelle elle avait grandi – seule enfant au milieu d’adultes qui ne mourraient plus – était ordonnée dans un chaos sans désordre.
Ce qu’elle ignorait très sincèrement, c’est surtout qu’elle n’avait pas vu parce qu’elle n’avait pas voulu voir.
Elle était restée aveugle pendant dix-sept ans. D’aucuns diraient que dix-sept ans, c’est jeune pour une prise de conscience. Pour Victoire, c’était sans doute trop tard pour qu’elle en sortît indemne.
La vérité l’avait frappée de plein fouet. Elle n’était pas la seule enfant du monde. Il existait des milliers d’enfants, exclus, exploités, élevés comme des animaux en batterie – animaux qui n’existaient plus, puisque la seule viande qui se consommait alors était fabriquée en laboratoire – pour travailler jusqu’à leur mort et éviter la surpopulation tant crainte.
Elle avait dix-sept ans quand elle avait pris la pleine mesure de l’injustice à laquelle elle avait échappé parce que son père avait suffisamment de pouvoir pour échapper aux lois qu’il cherchait à instaurer.

Personne ne sait à quoi ressemblent exactement les choses quand on ne les regarde pas. Elle avait enfin voulu voir, elle avait vu. Elle avait contrefait la signature de son père et était partie en visite sur l’un de ces satellites où les autres jeunes finissaient leur éducation et commençaient à travailler, quatorze heures par jour, sept jours par semaine. De toute manière, mesurer les jours est bien artificiel lorsqu’on ne compte que les orbites d’une minuscule planète de métal.
Elle avait observé les chaînes de production, elle avait observé aussi l’éducation à la chaîne qui permettait aux jeunes gens de connaître le nombre d’informations minimales pour travailler efficacement sans jamais apprendre à penser par soi-même. L’inconfort avait été insupportable.
Le malaise était d’autant plus fort dans le cœur de Victoire que cela lui évoquait bien trop nettement la vie des Immortels eux-mêmes. Ils n’avaient pas cette vie et cette jeunesse, mais ils ne pensaient pas plus. Ils étaient conditionnés autrement, mais ils restaient mornes et éteints.
Elle avait l’impression que toute lumière avait quitté l’univers. Et cette prise de conscience avait soufflé la lumière qu’elle croyait briller en elle.

L’horreur avait atteint son comble lorsqu’elle avait tenté de parler à un adolescent d’à peu près son âge. C’était la première fois qu’elle en rencontrait un. C’était étonnant, pour le moins, car, d’après les surveillants – des condamnés à perpétuité, dans le meilleur des cas – les enfants vivaient rarement aussi vieux à ce rythme. Il était usé, il ressemblait bien plus à un vieil homme que les centaines de centenaires qu’elle croisait à longueur de temps.
Ses épaules voûtées semblaient porter le poids de ce monde qui l’avait rejeté au moment même de sa naissance.
- Comment te nommes-tu ? avait hasardé Victoire.
Il avait prononcé son numéro de matricule d’une voix éteinte. Le gardien avait expliqué que les enfants n’avaient pas de nom. Qu’ils ne devaient pas être considérés comme des personnes. Qu’ils étaient comme des machines biologiques, des accidents dont on rentabilisait la survenue.
Victoire avait eu envie de vomir. Ils étaient comme elle. Ils avaient tous les droits d’être là, n’avaient aucune place. Ils étaient jeunes dans un monde vieux. Mais ils n’avaient pas eu sa chance.
Elle s’était haïe ce jour-là, profondément, définitivement. Elle avait haï son père, elle avait haï son monde et sa société, mais c’était surtout sa propre personne qui avait attiré sa propre inimitié.

Personne ne sait à quoi ressemblent exactement les choses quand on ne les regarde pas. Si elle n’avait pas su, c’était uniquement parce qu’elle n’avait pas voulu voir. Et si elle n’avait pas voulu voir, c’est parce qu’elle participait pleinement à ce système haïssable. Sur chaque objet offert par son père pesait le poids de ces forces de travail vivantes et assassinées. Dans ses vêtements – puisque le satellite qu’elle avait visité était une usine textile – elle sentait désormais le regard vide du garçon de dix-sept ans qui n’avait rien su dire d’autre que son numéro de matricule.
Elle avait eu envie de vomir. Elle avait eu envie de se vomir, d’expulser d’elle son propre être, sa propre obscurité, sa cécité insupportable.
Personne ne sait à quoi ressemblent exactement les choses quand on ne les regarde pas, mais nul ne peut les ignorer une fois qu’il les a regardées.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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dreamer
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Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par dreamer » 20 mai 2018 - 00:09

Titre :
Thème : Combat et citation
Fandom : hp
Nombre de mots : 1040
Personnage : Luna Lovegood, Amycus Carrow
Rating: -12
« Tenez, voici des exemplaires du Chicaneur, c’est gratuit ! » fit mine de s’enthousiasmer Luna en fourrant les magazines dans les bras d’adolescents qu’elle croisait dans le couloir. La plupart d’entre eux lui jetaient des regards de connivence avant d’adopter à nouveau l’habituel masque d’indifférence qu’ils lui adressaient depuis toujours.

« Eh, attends toi! N’oublie pas de lire avec ces lunettes, tu y verras des choses inattendues, je t’assure ! » dit-elle en tendant sa dernière paire à une petite rousse de Cinquième Année à Poufsouffle qui se dépêcha de glisser les verres dans sa poche avant de filer.

Une main ferme s’accrocha alors à l’épaule de l’adolescente, la faisant presque tomber. Se retournant, elle eut le déplaisir de croiser les yeux froids et calculateurs d’un des chargés de la discipline. Amycus Carrow.

« Qu’est-ce que c’est que ces torchons ?! » s’exclama-t-il en se saisissant des revues avant d’en examiner un exemplaire.

Ne se départant pas de son visage souriant, Luna planta ses yeux dans ceux de son oppresseur, avant de répondre :

« Les nouvelles du Chicaneur, bien sûr ! C’est mon père qui tient ce magazine, et il faut bien que je l’aide à élargir son public comme je peux. Après tout, comment pourrait-on correctement informer les gens sans cela ? On ne peut pas les maintenir dans l’ignorance sur ce qui se passe autour d’eux.»

Les traits du Mangemort se crispèrent, et la jeune Serdaigle sut qu’elle avait touché un point sensible. La Gazette était complètement corrompue, et ce, depuis des lustres. Personne à l’intérieur de Poudlard ne savait ce qu’il se passait à l’extérieur du château. Et il en allait de même pour tous les sorciers d’Angleterre, en fait. Tout le monde était maintenu dans une sorte de brouillard opaque dont on ne parvenait jamais à voir la fin.

Alors que la respiration de Carrow s’accélérait, signe manifeste d’une explosion de colère imminente, Luna se dit qu’il était temps d’endormir ses soupçons. Surtout ne pas se laisser intimider, et garder un ton assuré, se répéta-t-elle, avant de poursuivre :

« Vous pensez que les gens pensent à tous ces Joncheruines qui pullulent autour d’eux ?! C’est très dangereux, pourtant, et plus la population sera informée sur ce danger, mieux elle pourra se défendre. »

« Tu te moques de moi, gamine ?! » s’exclama l’homme en la plaquant contre le mur, cognant violemment sa tête blonde contre les pierres froides, avant d’enfoncer sa baguette dans son cou.

Luna avait peur. Et s’il découvrait tout ? Ses jambes commencèrent à flageoler et son coeur à s’emballer. Elle pesta mentalement contre son manque de courage. Il ne fallait pas qu’elle cède. Elle devait maintenir sa couverture. Pour que la Résistance continue.

Et étrangement, les pensées de la jeune fille se dirigèrent vers les Ronflaks Cornus. Ces créatures existaient, Luna le savait, elle en avait vu lors de son expédition en Suède avec son père lors de l’été après sa Quatrième Année. Mais comme personne ne s’intéressait à eux, c’était comme si les Ronflaks n’existaient pas.
Il fallait qu’elle se rende aussi extravagante et inintéressante qu’un Ronflak Cornu. Qu’elle pousse la comédie jusqu’au bout.

« Je n’oserai pas me moquer de vous, surtout pas sur un sujet aussi important ! » s’exclama-t-elle alors, en secouant la tête pour appuyer ses dires.

Elle ne chercha pas à se débattre contre l’étreinte dont elle était prisonnière, mais agita tranquillement sa main vers les magazines qui s’étalaient désormais par terre.

« Si vous y tenez, je vous offre un exemplaire du Chicaneur de ce mois-ci. Il y a un reportage à partir de la page trois sur les Joncheruines, on explique d’abord la façon dont ils pénètrent votre tête, et à la page six il est même raconté comment les chasser de chez soi. C’est tellement dur de s’en débarrasser quand on n’a pas les bonnes techniques, vous savez, et puis ensuite ça infeste votre cerveau et vous empêche de réfléchir correctement. Vous ne... »

Luna continua ce qu’elle espérait être un babillage qui fatiguerait son interlocuteur jusqu’à ce que celui-ci ne consente enfin à la lâcher. La Serdaigle frotta négligemment la marque rouge qu’il avait laissé dans son cou en appuyant de sa baguette.

Il se recula ensuite d’un pas, et la jeune fille sut qu’elle avait réussi à le rendre confus à son sujet en percevant ses yeux se plisser.

Après tout, elle portait encore ses jolies boucles d’oreille en radis, son collier fait en fleurs exotiques et à son poignet sa montre porte-bonheur clinquante. Oui, Luna passait pour une excentrique, une originale aux yeux de tous.

« Alors, vous voulez un exemplaire ? » proposa-t-elle en lui en tendant un, après les avoir ramassés au sol.

Il avait toujours les yeux fixés sur elle, comme s’il cherchait à savoir à quel point elle était sérieuse. Sous ses airs absurdes, se pouvait-il que cette gosse cache quelque chose de menaçant ? Il toisa ces yeux qui brillaient d’un éclat innocent, puis ces boucles blondes qui donnaient une touche enfantine au visage lunaire de la jeune fille.

Puis il secoua la tête, marmonna des insultes, sans doute à son intention, et tourna les talons.

Luna s’autorisa un soupir de soulagement. Elle avait réussi à duper Carrow. Il n’avait même pas feuilleté en détail le magazine. Pas que ce soit important, de toute façon, puisqu’il n’aurait rien vu de compromettant en lisant la revue de cette façon.

Il n’y avait que les lunettes magiques distribuées par Luna qui permettaient de déceler les informations importantes du Chicaneur. Sur la Guerre. Sur Voldemort. Sur l’infiltration et la corruption du Ministère. Sur les Nés-Moldus qui sont envoyés à Azkaban ou voient leur baguette détruite suite à leur entretien au Ministère.

Mais ça, Amycus Carrow ne le découvrirait pas de si tôt. Parce que lorsqu’il avait regardé Luna, il n’avait vu qu’une fille simple et farfelue, dans la lune. Une gamine. Il n’avait pas lu la rage dans ses yeux, ni son envie de combattre l’oppression par tous les moyens.

Il n’avait vu dans le journal qu’elle lui tendait qu’une manifestation d’idioties inoffensives, alors qu’il s’agissait d’une arme. Car ces informations allaient permettre aux sorciers opprimés de se défendre et de contre-attaquer. De résister.
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Hérodote ne ment jamais, c’est la vérité qui se trompe.

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Charliz
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Inscription : 14 avr. 2018 - 00:38

Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Charliz » 20 mai 2018 - 00:45

Titre : Two.
Thème (écrit, image ou citation) : Détruire
Fandom : HP
Nombre de mots : 509 mots
Personnages : Audrey Weasley, Percy Weasley
Rating : Tout Public
Lorsque je me remémore nos premières années Percy, mon cœur s’emballe encore.

Je vivais à Paris, toi à Londres… Tu aurais pu me rejoindre tous les soirs si tu l’avais voulu, mais tu ne l’as jamais fait. Et c’était parfait ainsi, Percy.
Je me souviens des semaines qui filait à tout allure. Je me souviens des cours interminables, des après-midi passés en sous-vêtement devant les photographes, des castings à la chaine au milieu de ces femmes qui semblaient toutes plus talentueuses et parfaites, des soirées avec Gabrielle dont on oubliait le dénouement.

Je me souviens Percy de ses week end où ta présence arrêtait le temps… Je me souviens déambuler au milieu des touristes avec la sensation de voler au-dessus des pavés alors que tu me regardais avec ces yeux émerveillés que tu avais. Je me souviens de tes baisers, toujours plus mémorables, de tes « Enfin, Audrey… Ce n’est pas raisonnable ! » et de ton air hagard lorsque nous sortions tous les deux des toilettes d’un pub désert.
Je me souviens du bonheur des retrouvailles, des promesses des adieux, de la passion de nos lettres.
Je me souviens de l’équilibre qui nous portaient si haut à l’époque, Percy.

Quand l’avons-nous détruit ? Comment ? Pourquoi ?

Parce que cette distance, nous l’avons toujours entretenue, conscient qu’elle nous maintenait uni. Mais alors où a-t-on merdé ?

Lorsque je me remémore nos premières années Percy, mon cœur s’emballe encore. Bien plus que l’instant où je rentre à la maison après une semaine ou deux de séparation, où tes lèvres se posent sur les miennes en coup de vent pour me dire au revoir.

Avec toi, je me raccroche au souvenir parce que de nous, c’est tout ce qu’il reste. Tu as oublié de m’aimer et de me chérir, Percy. Tu as oublié de rougir face à mes sourires, de me gâter de ta présence lorsque je m’attarde au lit, de me dévorer du regard et de me sentir importante.
Ai-je un jour été importante à tes yeux ou était-ce uniquement la fièvre des premiers temps d’amour ?

Il fut un temps où j’aurais aimé remonter le temps. Un temps où mon cœur s’emballait à la pensée de ton souffle, de ton regard, de ton toucher. Un temps où l’équilibre régnait et l’amour aussi.

A présent, tu remarques à peine lorsque je m’absente plus longtemps. Tu continues ta vie et moi la mienne, le fossé entre nos deux mondes à chaque secondes plus profond. Deux villes, deux univers, deux personnes. Un homme et une femme. Des inconnus.
C’est ce que nous sommes devenus.

En tout cas, c’est ce que je ressens alors que son souffle se mêle au mien, que ses baisers honorent cette peau qui, pour toi, n’est plus, que ses mains m’arrachent gémissements, plaisir et jouissance. Je ne connais même pas son nom mais Percy… J’ai l’impression de connaitre son corps mieux que le tien.

Nous avons construit notre vie et notre équilibre loin de l’autre, Percy.
Et c’est cette distance, cette délicieuse distance, qui nous a détruit.
Image

Franklin, Haribo, préparez votre sarcophage.

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Catie
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Messages : 4054
Inscription : 14 févr. 2012 - 21:46

Re: [Textes] Nuit du 19 Mai

Message par Catie » 20 mai 2018 - 00:50

Titre : /
Thème (écrit, image ou citation) : Détruire
Fandom : Hunger Games
Nombre de mots : 416
Personnages : Katniss
Rating : /
She destroys everything she touches. Rue. Peeta. Gale. Even Prim. Her sweet little Prim she desperately tried to protect from the brutal world she lived in, and failed. She exposed her the moment she took out the berries and openly defied the Capitol.

Maybe little Rue would have survived all of them if she didn’t offer that alliance.

Maybe Peeta would have had a nice and pretty girlfriend who would love him back if he didn’t confess his undying love for her in front of the whole country.

Maybe Gale would still be her best friend if she hadn’t volunteered.

Except that if she hadn’t volunteered, Prim would be dead. She can’t even bear the thought. Her little sister is not safe, but she’s alive, and that’s the best option on the table.

The air is freezing outside. Snow is covering the ground and the Village of Victors is full of silence. Peeta must be asleep. And Haymitch is surely black out drunk on his kitchen table. And her… She’s lying awake in her bed, unable to sleep because of her nightmares. It would be so easy, to just stay here and not be confronted to the outside world. Forget the Games, the Capitol and what they’re waiting from her. Being in love with Peeta. Marrying him. Having kids, probably. This only thought makes her sick.

She kicks off her blanket and get up, feeling slightly nauseous. President Snow wouldn’t force her to get pregnant, wouldn’t he? She feels dizzy. She needs to get out.

When she climbs down the stairs, she hears her mother’s voice on the phone. She must be talking to Peeta. He’s the only one they know who has a phone, except for Cinna. She chooses to run away. She doesn’t want to talk to him, not yet. She has to process the whole thing. And she will have to do it fast, as her dressing gowns arrive the next day.

When she leaves for the wood, she senses Prim’s eyes on her back. She doesn’t turn though, because she doesn’t know if she will be able to keep a straight face with her eyes into hers.

She destroys everything she touches. Because of her, all of her loved ones are risking their lives. The Districts are in a middle of an uprising. The Capital could kill them all in a second. And that’s all her fault. She’s the spark who lit everything up.

She’s the girl on fire.
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Verrouillé

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