[Textes] Nuit du 14 avril

Les Nuits d'HPF : un thème par heure, une nuit par mois, de l'écriture à volonté !

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Catie
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[Textes] Nuit du 14 avril

Message par Catie » 14 avr. 2018 - 18:48

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre :
Thème (écrit ou image) :
Fandom :
Nombre de mots :
Personnages :
Rating :
(Le nombre de mots est important pour nos statistiques et cela nous fait gagner énormément de temps si vous l'indiquez !)

Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
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Au printemps, les fleurs se multiplient... et les reviews aussi !
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Westyversionfrench » 14 avr. 2018 - 19:23

Titre : Sixty-Six
Thème (écrit ou image ou musique) : « Souvenir »
Fandom : Original
Nombre de mots : 453
Personnages : Lucie Etchebarne, Désiré de Koadruz.
Rating : Tous Publics
Lucie respectait le silence du deuil. Désiré, plus taciturne que jamais, triait les cartons de photographies laissées par sa tante. Le départ soudain de cette vieille dame en apparence éclatante de jeunesse, l’avait fondamentalement secoué. De ce que la jeune femme avait compris, Keryann avait été comme une grande sœur pour son colocataire, une figure maternelle, une meilleure amie. A chaque nouveau cliché, son visage pâle se creusait d’une nouvelle ride. Il les étalait sur le lit, contemplait le lot pendant de longues minutes, puis, le rangeait dans l’ordre exact dans lequel il l’avait trouvé. Il garderait tout. Ils parcouraient un ensemble pris en 1966. Quand il avait découvert l’inscription sur l’enveloppe, Désiré s’était brusquement arrêté et avait précisé, pour Lucie :
« J’avais seize ans. »

Sans surprise, et dès les premières images, on découvrait Dez, ce Désiré adolescent que Lucie n’entrevoyait jamais dans la mine grave de son hôte, et qui semblait si familier à Renaud. Celui-ci était présent, bien entendu, et nombre de photos retraçaient la construction de leur noble navire, La Groac’h. Il y avait, par intermittence, des personnages évoqués plusieurs fois que Lucie découvrait pour la première fois : Bertrand et Lucien, les aînés des Renard, ou encore le sinistre Logan, sire de Koadruz. Hubert et Léontine Renard étaient aussi présents, souvent souriants et fiers de participer à l’ouvrage. Sur un cliché mal cadré, Keryann surgissait, serrant Désiré contre elle, leurs joues collées, tentant sans doute de se photographier elle-même. L’arrière plan était flou et il manquait le haut du front de Désiré et la moitié du visage de Keryann, mais le rendu était touchant.

Désiré caressa l’image, vraisemblablement ému. Il ne la rangea pas dans l’enveloppe et la glissa dans la poche arrière de son pantalon de toile claire. Sans doute irait-il dans son portefeuille, aux côtés de la photo retrouvée de Frik, et celle, un peu intime, de Renaud l’embrassant derrière un fourré. Lucie avait senti sa gorge se serrer en y apercevant un jour une petite image d’elle et Esmerald sur la Groac’h, plutôt récente. C’était la manière de Désiré de garder avec lui ceux qui comptaient, et à qui il n’exprimerait jamais ses sentiments. L’année 1966 défila avec quatre autres lots, on y voyait toujours le brave bateau, les adolescents, mais aussi des visages et des lieux inconnus, et ces souvenirs obscurs laissèrent Désiré songeur. Sa tante avait effectivement rejoint des amis lors d’un voyage automnal, mais il n’avait jamais vraiment su ce qu’elle avait vécu pendant ce long mois d’octobre pluvieux. Il ne savait que penser face à ces bribes de vie auxquelles il n’était pas associé, et une part de lui était frustrée de ne jamais connaître le fin mot de l’histoire.
Serpentard de cœur, Serdaigle de répartition Pottermore, et sadiquement envoyé chez les Gryffys pour la Coupe des Quatre Maisons :lol:

Joignez-vous au nouveau projet sur Ginny : Paper Gin ! et écrivez un article pour le Numéro Spécial de la Gazette !

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par AlwaysLS » 14 avr. 2018 - 19:31

Titre : Cassandre
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : HP
Nombre de mots : 308
Personnages : Narcissa Malefoy/Lucius Malefoy
Rating : - 12
Narcissa Malefoy se regardait dans le miroir de sa coiffeuse. Elle défit le haut de son peignoir : des ecchymoses parsemaient ses épaules, le haut de son buste, des traces de doigts constellaient son cou. Comment en était-elle arrivée là? Comment avait-elle fait pour ne se douter de rien, pour ne rien envisager ? Elle soupira presque imperceptiblement. Elle attrapa une brosse à cheveux, au manche en argent finement ciselé. En fait, elle aurait dû s'en douter. Lorsque ses fiançailles avec le puissant héritier des Malefoy avaient été annoncées, la seule personne qui l'aimait et qui ne l'avait pas abandonné égoïstement, comme son aînée, avait tenté de la mettre en garde. Le jour de ses fiançailles, Sirius avait demandé à lui parler seul à seule. Elle se remémorait son air paniqué, puis furieux.
" Tu ne peux pas faire ça, Cissy ! Malefoy ! Vraiment !" Lui avait-il dit. "C'est quelqu'un de de dangereux. Tu connais sa famille..."
Elle l'avait regardé froidement, déçue que son cousin préféré ne partage pas sa joie. Il avait repris, avec fougue :
"Enfin, regarde tes parents ! Ton père et ta mère. Ce n'est pas une relation saine !"
" Ne parle pas comme ça de mes parents ! Tu ne sais pas de quoi tu parles."
" Au contraire Cissy, au contraire..."
La jeune femme ne souvenait plus exactement de leur discussion animée mais elle se souvenait d'avoir été froide, distance, hermétique aux propos de Sirius. Elle caressa le manche de la brosse, cadeau de son rebelle de cousin. Avant de partir, il lui avait offert cette magnifique brosse et lui avait murmuré : "Il va te détruire Cissy. Il va te détruire."
Narcissa repensa à cette malheureuse prédiction. Pourquoi ne l'avait-elle pas écouté ?
La jeune femme sursauta violemment, l'ombre de son époux était apparue derrière son reflet du miroir.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par ninipraline » 14 avr. 2018 - 19:40

Titre : Memento
Thème (écrit ou image) : MOT : souvenir + IMAGE : le gondolier du ciel
Fandom : Original
Nombre de mots : 111 mots
Personnages : Narrateur
Rating : Tous publics
C’était moins qu’un rêve. un souvenir. Même pas, à peine la trace d’un mirage.
C’était le soir, ou peut-être le matin. Il avait venté la veille. Mais les nuages étaient toujours là. Opaque, dense, un voile de coton. Des marbrures dorées annonçaient la bataille du soleil pour percer. Une déchirure dans un cumulus, ou un nimbus. Etait-ce important ? Et dans l’étroit couloir l’île flottante, si haute dans le ciel.
« Fata Morgana. » décrétèrent en cœur les spécialistes.
Aucun ne fut pressés d’expliquer les lanternes de papiers vues et la musique entendues autour de l’île merveilleuse.
Dans mes mains, des restes de papiers crépon. La trace d’un mirage. Un souvenir. Juste un rêve.
ImageImageImage

Crédits : CRG-Free sur DA // Crédits : kwusherARTS sur DA//Crédit: Kara-a sur DA

Lost Greenie
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Inscription : 15 déc. 2017 - 22:56

Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Lost Greenie » 14 avr. 2018 - 19:50

Titre : Pensineception
Thème (écrit) : Souvenir
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 407 mots
Personnages : Ron, Harry, Hermione
Rating : Tous public
Lorsque Harry revint du bureau du professeur Dumbledore ce jour là, il était troublé. Ce qu'il venait de vivre était plus que perturbant et il n'avait enfin pu comprendre ce qui lui était arrivé que lorsque le professeur Dumbledore lui avait expliqué le fonctionnement d'une pensine. Tout de même, assister au procès du fils de Barty Croupton au travers des souvenirs d'une autre personne était une expérience des plus particulières, et elle resterait gravée encore longtemps dans sa mémoire.

En arrivant devant le tableau de la Grosse Dame, il lança distraitement le mot de passe avant de filer rejoindre ses amis, brûlant de leur raconter ce qu'il venait de vivre alors. Lorsqu'il eut terminé, Hermione le regardait, quelque peu anxieuse, et Ron fixait le plafond d'un air songeur.

- Dites, imaginez...

Ses deux amis se tournèrent vers lui, sentant venir une des réflexions foireuses du rouquin.

- Un type voit un souvenir dans une pensine, puis il prend le souvenir de ce moment là et le met à son tour dans une pensine pour le regarder. Après il prend le souvenir du souvenir du souvenir et le regarde. Ça fait le souvenir du souvenir du souvenir du sou...

- C'est bon Ron, je crois qu'on a compris, le coupa Hermione, hésitant entre l'agacement et le dépit.

- Mais c'est une idée de génie non ? Tu crois que ça déclencherait un phénomène magique encore inconnu ?

- Moi je pense surtout que c'est dangereux. J'ai lu à la bibliothèque un livre sur les répétitions temporelles et les motifs de boucles magiques. Les rares personnes à en avoir fait l'expérience ont fini complètement fous ! Et de toute façon c'est une idée stupide.

- Rho ce que t'es rabat joie !

- Si tu le dis. En tout cas il se fait tard et je voudrais être en forme pour les cours de demain. Bonne nuit les garçons.

Ce n'est que lorsque le dernier pan de robe de chambre de Hermione eut disparu que Ron lança à Harry, un soupçon d'espoir dans la voix :

- Pourtant c'était pas si bête, non ?

Le jeune sorcier à lunettes n'eut pas le courage de lui répondre que si, c'était très bête. Vraiment très bête. Mais au moins son envie de rire face à cette question des plus farfelues lui avait ôté toute trace du mauvais pressentiment qui le rongeait en montant à la salle commune quelques heures plus tôt.

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Eejil9
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Messages : 2488
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Eejil9 » 14 avr. 2018 - 19:58

Titre : Te souviens-tu ?
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : /
Nombre de mots : 849
Personnages : Margot et Aristide
Rating : Tout public
- Mais te souviens-tu ?

La voix parcheminée de Margot avait traversé l’air. Avait-elle gagné les vieilles oreilles d’Aristide ? le silence était éloquent. Plus éloquent que lui en tout cas.

- Te souviens-tu, Aristide, comme j’étais jeune en ce temps-là ? Je faussais compagnie à maman, pour courir à travers champ. Sur la bordure de la propriété de ton père, je m’arrêtais, je me dissimulais derrière le bouquet de noisetiers. Tu m’avais remarquée depuis longtemps, tu me l’as déjà dit. Mon petit manège n’était un secret pour personne. Pendant des heures entières, je te regardais travailler, jusqu’au jour où tu vins me chercher dans mon bosquet. Ton sourire, te souviens-tu…

Une nouvelle fois, dans la nuit de la chambre, seul le silence répondit à Margot. Elle ne savait pas pourquoi elle parlait ainsi. Certes, elle ne percevait pas le ronflement caractéristique du sommeil d’Aristide, mais tout de même… La nuit était bien avancée, et il ne montrait aucun engouement pour ces remémorations nostalgiques.
Ils étaient vieux. Ils n’avaient plus rien à goûter de la vie, si ce n’étaient les souvenirs justement. Il n’y avait plus rien à attendre, plus rien à apprécier que la tendresse qui les liait.

- Te souviens-tu, Aristide, ma robe de mariée s’était prise dans la portière de la voiture. Elle s’était déchirée, j’en aurais pleuré. Et puis, tu as pris mon visage dans tes mains, tu as posé ta bouche sur la mienne… Ma mère m’a disputée, après. Embrasser le futur marié avant l’autorisation du curé… Mais sous tes lèvres, j’ai oublié les basses préoccupations matérielles.

C’était vrai, ça l’avait toujours été. Leur vie avait été bien longue. Leur affection avait été exclusive. Pas d’enfants, pas d’attaches, rien que l’amour qu’ils s’étaient portés depuis le premier jour. Ils avaient quitté leur campagne pour la ville, ils avaient travaillé chaque jour, s’étaient abandonnés pour mieux se retrouver chaque soir. Ils avaient vécu l’un pour l’autre comme si le monde autour d’eux avait cessé de tourner.

- Te souviens-tu, Aristide, ce voyage à la montagne ? Nous avions dormi à la belle étoile, sous le regard de la Voie lactée, et lorsque le soleil s’était levé sur les sommets, le monde nous avait paru neuf tant il était beau. Tu avais dormi comme un loir, mais moi, j’avais profité des lueurs de la nuit et du jour, pour t’observer, encore et encore…

L’observer, elle aurait bien voulu le faire, à cet instant précis. Une angoisse sourde la prenait aux tripes, c’était pour cela qu’elle parlait autant, pour cela qu’une nouvelle fois, elle ne dormait pas. Mais l’obscurité était si dense qu’elle en paraissait solide. Elle n’osait pas allumer la lumière. Elle se contentait de parler, continuellement, à en avoir la gorge sèche, pour ne pas laisser le silence devenir aussi épais que la nuit, pour ne pas perdre le fil, pour garder par le son le contact que l’œil avait perdu.

- Te souviens-tu, Aristide, le jour où mes cheveux ont commencé à blanchir ? Te souviens-tu des mots que tu avais prononcé pour me rassurer ? Que nous serions toujours jeunes parce que nous nous aimions comme des enfants ? C’est vrai, cela. Nous n’en avons jamais eu, d’enfants. Comment des enfants comme nous auraient-ils pu en élever d’autres ? Je regrette, parfois. Je me dis que nous sommes vieux et que tout prendra bientôt fin, sans qu’il n’y ait de double de toi et de moi mêlés pour perpétuer notre existence dans ce monde…

L’angoisse serrait la gorge de Margot et lui tordait le ventre. Elle commençait doucement à mettre les mots sur ce qui l’angoissait le plus. Dans le silence d’Aristide, il y avait une drôle de solitude, une solitude comme elle n’en avait jamais connue. Elle se sentait désespérément seule, et c’est pour cela qu’elle parlait, comme si l’écho de ses mots pouvaient lui renvoyer l’ombre d’une présence.

- Aristide…

Dans la chambre obscure, la lumière naissait. Aristide était toujours silencieux, il ne ronflait toujours pas.

- Te souviens-tu, Aristide, lorsque tu m’as dit que rien ne pourrait nous séparer ? Te souviens-tu de cette promesse, chaque jour réaffirmée ? On dit que les mots trop prononcés perdent leur sens, mais c’est faux. Chaque jour nous nous répétions nos vœux, et ils ne sont jamais vidés de leur substance. Nous avions besoin de nous dire « je t’aime » parce que la force qui nous entraînais était trop forte pour rester silencieux. Le jour se lève à nouveau, et je t’aime, Aristide, et rien ne pourra nous séparer.

Margot prononça ces mots parce qu’elle était écrasée par l’angoisse. Rien ne pourrait la séparer d’Aristide et pourtant, elle ne s’était jamais sentie aussi seule. Elle avait l’impression que l’univers s’était vidé, à un moment, durant la nuit.

- Aristide…

Le jour entra finalement par la fenêtre de la chambre conjugale. Aristide ne ronflait pas. Il ne dormait pas. Ses yeux ouverts, sur le plafond, avaient l’éclat fixe d’une mauvaise photographie.

Il ne dormait pas. Il n’était pas réveillé non plus. Sa poitrine ne se soulevait plus.
Margot était seule, et le resterait.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par BellaCarlisle » 14 avr. 2018 - 20:00

Titre : Au fil des souvenirs
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 820
Personnages : Sonja, Viktor, Lucian
Rating : Tout public
Sonja croise les bras en s’adossant à la seule table de la pièce, suivant du regard son père qui fait les cent pas devant elle. L’ancien Aîné est troublé depuis qu’il a vu l’expression distante d’Elvira, il ne pensait pas que l’humanité de sa belle-sœur le toucherait à ce point. Il a remarqué la légère curiosité dans les yeux de la sœur d’Ilona, cet intérêt soudain à l’entente de son prénom, mais ils n’ont pas échangé beaucoup de paroles. Sa fille a tenté de le rassurer, en lui disant que ce cas est très courant, qu’ils sont tous passés par cette amnésie avant de redevenir ce qu’ils sont, lui compris. Mais même en étant certain que tout est normal, il ne parvient pas à accepter la situation, il n’est pas habitué à autant d’incertitude.

- Combien de temps sera-t-elle ainsi ? demande-t-il à sa fille.
- Si elle ne redevient pas Vampire, elle ne retrouvera jamais ses souvenirs, lui répond doucement Sonja. Je n’ai eu que de brefs aperçus de mon ancienne vie avant l’intervention d’Elvira, je ne me souvenais de rien.
- Nous ne pouvons pas la laisser ainsi.

Le regard de la plus jeune s’assombrit, elle comprend que son père n’a pas perdu les sentiments confus qui l’animaient déjà autrefois. Si elle a fait la paix avec lui et avec elle-même, elle n’est pas encore sûre de supporter de nouveaux conflits parce que sa tante et son père sont incapables d’exprimer clairement l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre.

- Au risque de ne pas vous plaire, intervient Lucian, nous n’avons aucun droit sur elle. Si Elvira refuse une transformation, nous ne la lui imposerons pas.

Sonja jette un coup d’œil à son amant, le remerciant d’un hochement de tête. Quittant la fenêtre à laquelle il est accoudé, le Lycan rejoint la fille de l’Aîné et serre sa main dans la sienne, comme un encouragement. Viktor ne rétorque rien même si l’indignation brille dans ses pupilles. Il a pu survivre grâce à Elvira, il lui doit beaucoup désormais et n’est pas heureux d’attendre sans intervenir. Passant une main sur son visage, il s’excuse auprès du couple, claquant la porte en sortant de la salle-à-manger. Il sait que s’il reste une seconde de plus, il risque d’aller trop loin et il ne veut pas perdre sa fille alors qu’ils viennent seulement de se réconcilier.

Il s’éloigne à grands pas, le cœur lourd, plongé dans ses pensées. Quelques jours plus tôt, il n’était qu’un humain, la tête pleine de souvenirs incompréhensibles, de discussions enflammées et passionnées, sans savoir pourquoi il voyait autant de choses. Elvira est apparue au détour d’un bar, éméchée, et elle a compris sa détresse. Au lieu de le forcer à replonger dans les ténèbres de leur passé commun, elle a pris le temps de lui parler, de lui expliquer le sens de tous ces souvenirs étranges qui le hantaient. Et même si elle a été gênée à plusieurs reprises, parce qu’ils ont connu des moments difficiles liés à leurs décisions opposées, il a apprécié ces instants auprès d’elle. Mais désormais, c’est à elle de se relever, de peser le pour ou le contre, de ne pas sombrer dans la facilité en choisissant une vie de mortelle alors qu’ils ont une guerre à mener. Il ne lui mettra pas un couteau sous la gorge, il n’est plus ainsi, mais il espère qu’elle saura se décider pour le bien de tous.

Alors qu’il passe devant la porte qui lui sert de chambre, il hésite, une main sur la poignée. La nuit est tombée il y a peu, le jour ne poindra pas avant quelques heures. Il est libre de sortir et de rejoindre Elvira, pour avoir avec elle cette discussion importante qui pourrait tout changer. C’est à son tour de lui ouvrir les yeux sur les souvenirs qui agitent ses nuits, il n’ignore pas qu’elle est sûrement assaillie par de brefs paroles, de brefs images du passé. Il craint sa colère ainsi que toutes les émotions qu’elle ressentira en apprenant ce qu’il a fait. Lui-même a longuement haï son propre comportement lorsque le jugement de Sonja est revenu dans ses pensées pour mieux le briser. Il s’est détesté assez longtemps, il n’a jamais su aller au-delà du châtiment imposé à sa fille, se reprochant ses décisions, son incapacité à se soulever face à ce Conseil trop nombreux. Quand elle s’en rappellera, Elvira reprendra ses distances, une fois encore.

- Je sais que ce que tu veux faire, souffle Sonja derrière lui. N’oublie pas qu’Elvira est encore fragile, elle …

La fille de l’Aîné prend une grande inspiration, prête à révéler enfin ce qu’elle a sur le cœur depuis le réveil de sa tante.

- Quand elle a ouvert les yeux, à l’hôpital, elle a prononcé ton nom. Les médecins l’ont dit à Lucian, c’est le seul nom qu’elle avait en tête. Au fond d’elle, elle se souvient de toi.
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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par The Night Circus » 14 avr. 2018 - 20:01

Titre : Less we forget
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : HP
Nombre de mots : Jépacompté
Personnages : Percy
A lot of speeches were made for the 125th birthday of the end of the war against Voldemort.
Empty words discribing sacrifices and a bravery belonging to people long dead ; endless cautionary tales using cherished names of legendary heroes to fit in the politics of the days ; some truthfull to the fighters's ideals, others not quite so.

That date had become a burden, one Harry Potter and company would probably have resented, as what they lived was far from the righteouss romance their fight had become.

Among all those who attended the celebration, only one had lived through the war, and the moment he would talk was as feared by the men in power as it was highly anticipated amongst the younger generations : over the decades, Percy Weasley had become more aloof, more outspoken, and, some would say, more weak in the brain than any Weasley before him.

Percy couldn't walk anymore, his back was so bent he looked like a weird hook. A heavey red and gold blanket, with passed away colours, was led on his lap ; his skin was as thin and yellow as cigarette paper; his hair looked like puffs of white cloud gently stroking his old head.

“Less we forget, my holly merlin's ass” were his first words; they were followed by a roar of applause amongst the younger generation and a concerned, afraid silence in the official tribune.

-I can't remember Hogwart's battle, and I was there. I can't remember the moment Fred died under my own eyes, and he was my baby brother. I can't remember who else died, I can't remember who lived. I don't remember most of the names you have learned so well to recitate in your history lessons like blasted Parrots !
I rememer the shame, that I remember all too well. I remember I turned a blind eye on what was happening, and I remember most of the country did the same. They don't tell you that in your bloody history books. They speak only of the resistance; they don't tell you about the thousands who just wanted to live a decent life, and because they wanted that, which is simple and natural, they acted as if nothing was happening. Everytime the Ministry was lying, we were not protesting, we were accepting it, because it was easier that way, simpler. More than half of the people who are here tonight would do the same thing if it happended again. Hell it HAS happened again, 70 years ago, and the same thing happened.
What I remember from the day of that fatefull battle you are all so full of without knowing the first thing about it, is the relief. The relief of accepting my mistakes, and the huge, immense relief of stopping to lie to myself n order to protect my own small comfort.
Since then, nothing has happened but pain, grief, and blissfull forgetfulness. It was too much to endure, and I have wiped most of it from my memory; so would you if were me.
I am not here to tell you to stop talking about it, on the contrary, this things have to be talked about : but not to praise the duals, the battles, the fighting skill; not to turn it into something bloody darkly romantic.
Remember it as it was.
Absolute filth, where good people didn't give their lives : it was taken from them.
Absolute filth, brought upon us by other human beings.
Absolute filth.
Dernière édition par The Night Circus le 14 avr. 2018 - 20:04, édité 1 fois.
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WHAT ARE YOU DOING ???

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Ocee
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Ocee » 14 avr. 2018 - 20:03

Titre : Qui êtes-vous ? (suite de Qui es-tu ? légèrement renommé pour l’occasion ^^’)
Thème : Souvenir (20h-21h)
Fandom : Thor
Nombre de mots : 334
Personnages : Loki & Darcy
Rating : tout public
Alors que sa main glissa d’elle-même de sa joue vers leur lit, elle le vit incliner légèrement la tête tout en plissant les yeux pour mieux la fixer, pour chercher à comprendre, à analyser la situation et ses réactions. Cela faisait des mois qu’elle ne l’avait pas vu aussi distant et sur la défensive, avec ce regard froid, calculateur, qu’il arborait lorsqu’elle l’avait connu. Il était alors comme un animal égaré, essayant de trouver ses marques dans un nouveau monde mais ne faisant confiance à personne, se souvint-elle.

Elle déglutit avec difficulté, encaissant encore cette question qu’elle n’aurait jamais cru entendre à nouveau de sa bouche à son égard. Qui êtes-vous ? Un frisson la parcourut et, d’instinct, elle remonta le drap sur sa poitrine, vaine tentative de protection. Le mal était déjà fait. Qui êtes-vous ? Qui était-elle ? Apparemment, elle était redevenue une étrangère pour lui…

— Je… Darcy. Je suis Darcy, souffla-t-elle.

Il plissa un peu plus les yeux encore alors qu’elle sentait des larmes affluer bien malgré elle dans les siens. Comme elle détestait se montrer vulnérable, elle se força à prendre une grande inspiration, détourna son visage et se racla la gorge tout en se mettant à la recherche d’un tee-shirt.

— Darcy ?

Le ton de sa question lui apprit qu’elle ne lui était pas destinée. Il avait prononcé son prénom de cette voix suave qu’elle aimait tant pour lui-même, comme pour interroger sa mémoire, faire ressurgir un souvenir, peut-être. Mais son froncement de sourcils fut sans appel. Elle ne lui évoquait plus rien, constata-t-elle avant de lui tourner à nouveau le dos pour accuser le coup.

Elle pinça les lèvres pour retenir toute émotion, enfila finalement le large pull qu’il portait la veille à défaut d’un tee-shirt introuvable puis lui fit face en croisant les bras sous sa poitrine.

— Et toi ? Tu te souviens de qui tu es, cette fois ? lui demanda-t-elle d’un ton un peu bravache pour dissimuler son trouble, comme si elle y était habituée…
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irenea
Elève de sixième année
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par irenea » 14 avr. 2018 - 20:03

Titre : Esprit
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : HP
Nombre de mots : 932
Personnages : Gilderoy Lockhart
Rating : Tout public
Promenade avec les loups-garous.

N'est-ce pas là un nom parfait ? se dit-il en reposant sa plume.

Il jette un coup d’œil à la liste qu'il vient de poser sur le parchemin et définitivement, ce dernier titre lui semble le plus adéquat au contenu du livre qu'il a rédigé.

C'est la deuxième fois que Gilderoy vole l'aventure d'un autre sorcier – et qu'il monte toute un stratagème, toujours plus élaboré, pour brouiller les pistes derrière lui. Il ne compte pas s'arrêter là, non. Son dernier manuscrit s'est vendu comme des petits pains, si bien qu'il est devenu best-seller. Les lettres de fans affluent de toute l'Angleterre, parfois même d'outre-Atlantique et il se félicite d'avoir réussi à maîtriser ce que peu de sorciers peuvent se vanter de seulement parvenir à réaliser, le Sortilège d'Amnésie.

Lorsqu'il était encore étudiant à Poudlard son professeur de sortilège – Flitwick, un sorcier qui n'avait jamais eu aucun sens du style – ne comprenait pas son acharnement à vouloir maîtriser un tel sort, ses camarades non plus. Susan Davis s'était même moqué de lui. Qu'avait-elle dit, déjà ?

Ça te permettra au moins d'effacer la mémoire des témoins qui t'auront vu oublier d'assortir la couleur de tes chaussettes et de ta cravate !

Il entend encore sa petite voix fluette résonner à ses oreilles. Il n'espère qu'une chose, pouvoir les croiser dans Londres, elle et son expression déconfite lorsqu'il lui aura refusé un rencard – parce qu'il sait que lorsqu'elle le verra, elle ne pourra que regretter de n'avoir été plus aimable avec lui.

Et ce professeur qui doutait de lui ! Que dit-il, maintenant, ce Flitwick ? Qu'a-t-il accompli d'ailleurs ?

Lui est devenu le sorcier le plus populaire de toute la Grande-Bretagne – bientôt, du monde.

Son deuxième livre – il imagine déjà la couverture du suivant, violette, la tranche dorée et sa photographie en quatrième de couverture juste au-dessus de la biographie qu'il aurait lui-même rédigée – sortira bientôt en librairie et il est déjà prévu qu'il le vende à l'étranger. Un éditeur français attend déjà son manuscrit, au Brésil pas moins de trois maisons d'édition le réclame et son contact avec un éditeur indien semble plutôt bien parti – sa porte ouverte vers le marché asiatique. Il se voit déjà arriver en Inde, à dos d'éléphant, légèrement retardé par sa dernière aventure – une rencontre avec un sombre mage noir devrait suffire à impressionner ses nouveaux fans. Ses fans se jetteraient alors sur lui, inquiets, et il pourrait leur raconter toute cette histoire.

Voilà une anecdote qu'il pourrait poser sur le papier dans l'introduction de son troisième manuscrit.

Il se lève de son bureau, le sourire aux lèvres, et contemple la maquette de la couverture du livre que son éditeur vient de lui envoyer. Elle est bleue, accordée à ses yeux, et une image le dépeint en train d'affronter un immense loup-garou dans l'obscurité de la pleine lune.

Les lecteurs allaient adorer.

Il en a presque froid dans le dos à regarder cette image – comme lorsqu'il a rencontré ce vieux sorcier en Arménie.

Le souvenir de sa rencontre avec le sorcier qui lui a raconté cette est encore vif dans son esprit. Exténué par son voyage et déçu de n'avoir rien entendu qui retienne son attention, il s'apprêtait à rentrer bredouille en Angleterre après une dernière nuit de sommeil. Il s'était arrêté dans une taverne en désespoir de cause. Toute cagneuse, légèrement en retrait de la ville, cachée derrière des arbres, l'intérieur lui paraissait plus minable encore que la devanture en bois. Il avait souri en voyant la vieille sorcière qui tenait le bar – bossue, un œil qui louchait et le crâne presque chauve. Il détestait ce genre d'endroit, mais savait que c'était là que l'on trouvait les meilleures histoires. Il avait commandé – malgré lui – un thé qu'il ne comptait pas boire et avait attendu.

Un attroupement avait fini par attirer son attention – sans doute parce qu'il se sentait contrarier de n'être pas pour une fois le centre vers qui convergeait tous les regards. Un vieil homme, particulièrement laid – mais Gilderoy ne savait dire si c'était à cause de son gros nez, de son menton crochu ou de ses joues creusées et ridées – racontait une histoire, celle de ses aventures. Ce vieux sorcier qui ne payait pas de mine – et qui paraissait pourtant avoir même du mal à tenir sa tasse de café – disait avoir sauver tout un village des loups-garous.

Tout le monde y croyait, mieux tout le monde savait qu'il avait réellement accompli cet exploit.
Gilderoy n'avait alors pas hésité.

Il avait revêtu son plus beau sourire et avait vanté les mérites de l'Arménie à ce vieil homme avant de lui demander de lui raconter toute son histoire en détails – parce qu'il mourrait d'envie de tout connaître.

Celui-ci ne s'était pas fait prier. Il l'avait narrée comme un vieux conte populaire – et peut-être que c'était lui, le vieux conte populaire, dans son village.

Mais le vieux homme ne s'était douté de rien et il n'avait pu voir dans le sac de Gilderoy la plume qui ne cessait de gratter les parchemins. Il n'avait pas non plus vu venir la baguette pointée sur son front et le sortilège d'Amnésie – trop stupide qu'il était.

Parce qu'il faut avoir l'esprit de Gilderoy Lockhart pour s'imaginer pouvoir construire sa propre célébrité sur les exploits des autres.

Alors il soupire en se disant que personne n'en saura jamais rien et qu'il pourra bientôt raconter cette histoire lors de ces séances de dédicace qu'il aime tant.
Dernière édition par irenea le 14 avr. 2018 - 20:08, édité 1 fois.
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"Dead history is writ in ink, the living sort in blood."

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par AliceJeanne » 14 avr. 2018 - 20:05

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 983
Personnages : Alicia (OC), Lucian
Rating : /
Le printemps réveillait peu-à-peu la terre, le soleil levant enivrant la végétation et la parant de couleurs pastelles, vision idyllique d’un monde pourtant dévasté. Une jeune-femme courrait, fuyant un ennemi qu’elle était la seule à voir et que seul le temps pouvait défaire. Un souvenir. L’amère représentation mentale d’un des pires moments de son existence, quelques minutes paraissant durer des siècles et la malmenant chaque nuit depuis cinq ans. Alicia écrasa les perce-neiges naissant sous ses pieds alors qu’une larme mourrait sur sa joue. Un sanglot monta progressivement du fond de sa poitrine, la prenant à la gorge et la forçant à s’arrêter, l’air lui manquant. A bout de souffle elle se laissa tomber à genoux, ses mains s’enfonçant dans les derniers centimètres de neige couvrant le sol de la clairière dans laquelle elle se trouvait. En face d’elle, une immense bâtisse, fumante de vie se dressait, grisâtre sous les rayons matinaux. La jeune-femme se força à respirer calmement, puisant au plus profond de son être la force de se relever malgré les pleurs qui la faisaient suffoquer.

Elle pensait réussir à enfin oublier cet instant, ce jour terrible où tout ce qu’elle pensait être vrai et beau dans le monde dans lequel elle vivait avait été anéanti par quelques paroles prononcées à l’aveugle dans une salle sombre, froidement occupée. Et pourtant elle se souvenait de chaque détail, chaque petite seconde de la condamnation de sa sœur. Le sol glacé sur lequel elle reposait, à peine consciente, presque sourde aux discours des vampires et aux supplications de Lucian, la rudesse des coups qu’on lui avait porté, la morsure des chaînes sur ses poignets, le désespoir, la douleur puis la rage immense qui l’avait envahit. Elle avait tué par vengeance, par plaisir, quelque chose s’était brisé en elle, irrémédiablement, une frêle enfance explosée et disséminée aux quatre vents. Elle sentait encore l’horrible odeur acre du corps calciné de la femme qui l’avait élevée, entendait toujours les cris inhumains du lycan à ses pieds, sentait, dès qu’elle prenait une épée, le sang ruisseler sur ses bras. Parfois, alors qu’elle se réveillait en pleine journée, haletante et désorientée, elle essayait de retirer toute cette souillure qui ne la quittait jamais, elle frottait ses avant-bras jusqu’à ce que son propre sang les macule, la douleur l’aidait à tenir, à ne pas sombrer dans la folie. Elle parvenait à lui faire prendre conscience que ce qu’elle vivait n’était qu’une réminiscence terrible et non un fait réel survenant alors qu’elle contemplait les sillons rougeâtres disparaître dans le siphon de la cuvette nacrée devant laquelle elle se trouvait.

La forteresse qui l’avait vue grandir n’était plus qu’à quelques mètres. Quelques mètres terribles et infranchissables, elle ne devait pas y entrer ou alors ce serait pour ne plus jamais en ressortir. Un jeune-homme, du haut des remparts, ses yeux gris balayant l’horizon à la recherche d’un espoir chimérique posa son regard sur elle. Alors qu’il esquissait le geste de la rejoindre une main se referma sur son bras, ferme et pourtant douce, protectrice.

« Non, murmura simplement Lucian en relâchant Manuel. Tu ne peux rien pour elle, pas cette fois. »

Il acquiesça à contre cœur, acceptant cependant de laisser le lycan agir. Une sensation désagréable lui revint en mémoire ainsi que des mots tranchants, brisés, désespérés qui résonnaient en lui comme une douce litanie le plongeant jour après jour dans les ténèbres de la culpabilité. Tu n’es même pas là. Le reproche n’était pas voilé, cassant et cruel. Manuel ne se l’était jamais pardonné, il n’avait assisté à la scène qu’aux travers des images floues qu’il percevait de son amie, impuissant face à sa détresse, incapable de l’aider comme il aurait voulu le faire. Un fossé avait commencé à se creuser entre eux à cet instant, elle avait vécu quelque chose qu’il ne pouvait imaginer, ce souvenir lui appartenait à elle-seule et jamais elle ne lui avait partagé cet aspect de ses cauchemars, refusant avec avarice de s’étendre sur le sujet.

Lorsque Lucian rejoignit Alicia, la jeune hybride déposait délicatement un bouquet immaculé sur la pierre grisâtre que le temps avait déjà ternie. A genoux devant la tombe de sa sœur, la fille de Viktor demeurait silencieuse, ses épaules tremblantes indiquaient seules qu’elle pleurait. Le lycan ne posa aucune question, ne cherchant pas de justification à son état, il savait qu’un rien pouvait la faire replonger, comme lui, dans les ténèbres de ses souvenirs. Il s’assit à côté d’elle, étreignit doucement sa main sans la brusquer, ce simple contact lui rappelant avec horreur ce qu’il avait pu lui faire subir suite au décès de Sonja, aveuglé par la haine et dévoré par le chagrin. Il s’était servi de la jeune-fille qu’elle était, négligeant jusqu’à sa propre sensibilité et s’abaissant bien plus bas qu’il n’aurait jamais frémit de le faire. Un sanglot le secoua à son tour, Alicia se rapprocha de lui, collant leurs épaules, laissant sa tête tomber sur celle du lycan. Elle lui avait pardonné depuis des années, comprenait jour après jour les sentiments complexes qui l’assaillaient de toute part, endormait petit-à-petit les images, les enfouissant toujours plus loin dans les limbes de l’oubli. Elles résistaient, mais parfois elle parvenait à chasser le passé suffisamment pour rêver à un avenir que la guerre n’entacherait pas.

« Ce n’est pas de ta faute Lucian, murmura-t-elle en caressant délicatement sa main dans la sienne. »

Il hocha la tête, laissa les tremblements reprendre le contrôle, Alicia ne le jugerait jamais, il le savait. Maintenir le calme apparent devant ses subordonnés devenait de plus en plus compliqué, les souvenirs muselés cherchant à recouvrer leur liberté à chaque instant. Personne ne pouvait comprendre toute la complexité de la situation, elle était la seule à avoir assisté aux mêmes horreurs que lui, la seule à vraiment sentir le poids des songes perpétuels sur ses épaules, dans un sens cela les avait rapproché. Qu’il regrettait.
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**RingoStarr73**
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par **RingoStarr73** » 14 avr. 2018 - 20:07

Titre : Souvenir
Thème (écrit ou image) : Souvenir
Fandom : HP
Nombre de mots : 448
Personnages :
Rating : tous publics
- Si je me souviens ? Ah ! Bien sur que je me souviens ! Comment j’aurais pu oublier ça ? 

Quelques visages dans le vieux pub se retournèrent en entendant l’exclamation, teintée d’un fort accent étranger, que l’homme au grand manteau de fourrure venait de lancer, tout en renversant à moitié sa pinte de bière sur la table. Les habitués reprirent cependant bien vite leurs activités, que ce soit des parties de bridge, de dominos, ou tout simplement de fixer la vieille télévision accrochée au dessus du bar qui diffusait un match de football de seconde zone.
Seule Molly, la patronne, jeta un regard soupçonneux vers la table du fond, tout en essuyant les verres derrière le comptoir. Ces deux la attisaient définitivement sa curiosité, surtout qu’il s’agissait de toute vraisemblance d’une interview qui était en train de se dérouler dans son bar. Mais elle qui suivait assidûment la presse people, elle ne reconnaissait pourtant aucune des deux personnes qui discutaient maintenant depuis presque une heure… Le grand barbu, avec sa natte et son accent a couper au couteau était peut être une star russe, après tout, il avait bien demandé de la vodka avant de devoir se rabattre sur la bière. L’autre était a l’inverse tout a fait raffiné, son costume bleu, son grand sourire et son regard facétieux juraient avec l’air bourru et les habits de son comparse, qui semblaient être composés de peaux d’animaux cousues grossièrement les unes sur les autres.

Lorsqu’elle vit l’homme barbu se lever pour se diriger vers les toilettes, en gênant la moitié des clients du bar pour passer, Molly prit son courage a deux mains et s’approcha de l’homme, décidément charmant, qui était resté a la table en sirotant son verre de vin et en relisant ses notes.

Elle se surprit a rougir lorsqu’il lui adressa un sourire, et lui dit en bégayant :
-Euh, je me demandais… vous êtes du Sun ou quelque chose du genre ? Je veux dire c’est quelqu’un de connu ?
L’homme semblait d’excellente humeur, il lui répondit avec un large sourire sur le visage :
- Non, pas ici en tout cas… Pourtant quand j’aurais terminé d’écrire mon livre, ses exploits seront connus de tous, dit il en montrant négligemment ses notes de la main.
-  Ah vous êtes écrivain alors. Je… peux vous demander votre nom ?  Demanda t’elle alors que ses joues n’avaient jamais été aussi rouges, elle se serait crue revenue au lycée.
-  Oui bien sur, ça n’a d’ailleurs aucune espèce d’importance, a vrai dire.  Son sourire s’élargissait encore et il lui fit un léger clin d’oeil. Je m’appelle Gilderoy Lockhart 
Dernière édition par **RingoStarr73** le 14 avr. 2018 - 20:29, édité 2 fois.

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Westyversionfrench » 14 avr. 2018 - 20:23

Titre : La Résolution
Thème (écrit ou image ou musique) : Image + « Tremblement »
Fandom : Original
Nombre de mots : 440
Personnages : Mycroft
Rating : Tous Publics
Mycroft étala ses carnets tout autour de lui, et les fixa un à un, tournant les pages avec vivacité, presque dans la hargne. C’étaient des croquis approximatifs qu’il avait griffonnés en faisant prendre la pose à Eddy. Quelque chose le gênait. Il tenta d’imaginer son faune prenant les inclinaisons de ce corps, tantôt raide, tantôt courbé, de dos, de face, de côté. Il ne parvenait pas à se figurer le mythique satyre traquant la nymphe. Eddy s’il était singulier et au physique saisissant, manquait de violence. Son regard n’était pas fou mais fort, ses doigts habiles manquaient de fièvre quand ils jouaient sur le bois troué. Encore une fois, l’ambivalence du faune lui posait problème. Il se mordit les lèvres et rageusement, déchira l’un des carnets. Il n’était pas de ces artistes capricieux, aussi ce mouvement d’humeur l’inquiéta. Il prit sa tête entre ses mains tremblantes. Il resta ainsi prostré, tentant de se calmer, de faire le vide dans son esprit.

Soudain, son propre égarement le frappa. Son modèle était trop mesuré, trop domestiqué, il se pliait à ses contraintes, un peu timide, mais plein de bonne volonté. Il imagina un instant un étalon sauvage qu’on avait bridé avec succès. Il fallait insuffler en son doux musicien une quantité de trouble conséquente. Il devait le bousculer, le provoquer, le plonger dans certains tourments pour en retour, capturer la naissance d’émotions inédites et brutales. Si Eddy serait sans doute conciliant face aux premières déconvenues, nul doute, du moins Mycroft l’espérait-il, qu’il se tendrait puis se hérisserait face à ses lubies. Il avait déjà constaté son étonnement et son mécontentement poindre face à certaine requêtes. Il voulait arracher la civilisation à cet être pour lui rendre sa sauvagerie préhistorique. Si les monstres physiques ont quitté le monde depuis des lustres, les torturés, les troublés, les enragés et les passionnés courent encore les cinq continents.

Ne souhaitant plus retarder son ouvrage, Mycroft se saisit de son téléphone et envoya à son modèle un court message :
RV Rue Moulin aux Couleurs 22h.
Le musicien se couchait habituellement tôt pour assurer les longues journées de répétition. Un léger manque de sommeil pouvait le rendre irritable pour leur séance du lendemain, en plus du désagrément pour ce soir même. Ce serait la première étude pour son monstricide progressif. Le sculpteur s’en frottait déjà les doigts. Il pourrait, peut être un jour, figer les tressaillements des muscles sollicités sans concertation de leur possesseur. Et plus jamais, il n’aurait affaire à une expression neutre de la part du jeune anglais. Cette angoisse résolue, il se contenta de sculpter de petits modèles dans un bois clair et tendre.
Serpentard de cœur, Serdaigle de répartition Pottermore, et sadiquement envoyé chez les Gryffys pour la Coupe des Quatre Maisons :lol:

Joignez-vous au nouveau projet sur Ginny : Paper Gin ! et écrivez un article pour le Numéro Spécial de la Gazette !

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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par ninipraline » 14 avr. 2018 - 20:25

Titre : Ricochet
Thème (écrit ou image) : MOT : tremblement & IMAGE : une jeune femme à travers une vitre perlée de gouttelettes
Fandom : Original
Nombre de mots : 111 mots
Personnages : Narratrice
Rating : Tous publics
Elle avait pris sa douche. En était sortie, pour découvrir le chaos. Livres et bibelots étaient tombés des étagères. Cadres et photos s’étaient détachés du mur. Et sous ses pieds nus, le sol vibrait. Les secousses remontaient le long de ses cuisses, envahissaient son corps qui pulsait au rythme de ces percussions. Sa radio était éteinte. Le son ne provenait pas de chez son voisin. Elle ouvrit la fenêtre. Et la fanfare résonna dans son salon. Mais dans la rue, nul groupe musical, juste des voisins le nez levé. Dans le ciel, une cité, portée par une voie stellaires colorés ; et cette air joyeux qui se déversait sur la banlieue.
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Crédits : CRG-Free sur DA // Crédits : kwusherARTS sur DA//Crédit: Kara-a sur DA

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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par LilTangerine » 14 avr. 2018 - 20:44

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Tremblement
Fandom : /
Nombre de mots : 230
Personnages : /
Rating : /
Il leva le bras, nerveux. C'était donc là qu'aboutissaient ses rêves, ses combats, ses espoirs ? Dans ce bout de métal froid qui tremblait au bout de sa main ? Ce travail lui avait pris des mois. Il avait tout planifié de bout en bout, la moindre seconde, le moindre geste. Il avait acheté tout le matériel, pièce après pièce, toujours dans des lieux différents pour que l'on ne suspecte rien. Ce qui avait été galère, c'était le flingue. Son premier vendeur lui avait posé un lapin au détour d'une allée sombre, et le bruit des flics l'avait poussé à déguerpir à toute vitesse. Le second avait tenté de l'arnaquer au dernier moment, mais il avait tenu bon de toute la force de son corps frêle et l'avait persuadé de revenir au prix initial. Les moyens importaient peu : l'arme se trouvait enfin dans sa main droite, et il enleva difficilement la sécurité d'un doigt fébrile.
Un instant, il se sentit prêt à flancher, ses jambes à deux doigts de s'effondrer comme un château de cartes dans un ouragan. Il repensa à la lettre, sur le bureau. Sa femme comprendrait-elle ? Sans doute pas. Elle lui en voudrait, c'était certain. Elle le maudirait de les abandonner, elle et la gamine. Bordel, elles allaient lui manquer. L'image d'un chapeau de paille dansa devant ses yeux, mais sa résolution reprit le dessus.
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A force de répéter comment réparer les failles ma voix s'casse

Lost Greenie
Elève de première année
Messages : 24
Inscription : 15 déc. 2017 - 22:56

Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Lost Greenie » 14 avr. 2018 - 20:59

Titre : Aquarelle
Thème (écrit) : Tremblement
Fandom : /
Nombre de mots : 264
Personnages : Camille
Rating : Tous public
Elle avait abandonné le dessin il y avait fort longtemps. Depuis le départ de sa soeur, en fait. C'était elle qui l'avait entrainé dans ce monde créatif et merveilleux, mais une fois seule, Camille n'avait pu se résoudre à continuer.

Pourtant, ce jour là, une envie qu'elle ne parvenait à expliquer la poussa à ressortir fusains et pinceaux. Les aquarelles poussiéreuses se retrouvèrent alors entassées sur le bureau, une feuille blanche à leur côtés.

Elle se saisit d'une brosse fine et en trempa le bout dans un bleu vif. Elle approcha sa main tremblante de la feuille et esquissa un trait. Étonnement, le tracé était droit. Camille prit une inspiration puis, lentement, elle plaça un deuxième trait, plus affirmé à ses côtés.

Sa main au début hésitante, peinant à retrouver ses marques, se fit au fil des minutes de plus en plus plus sûre, jusqu'à ce que, prise d'une ivresse qu'elle n'avait pas ressentie depuis de nombreuses années, les courbes et les dégradés de bleus se dessinent d'eux même. Un visage prit alors forme sous ses doigts pâles. Elle était comme hypnotisée par les volutes bleutées, incapable de se détacher de l'image qu'elle était en train de créer. Elle ne parvenait plus à s'arrêter.

Ce n'est qu'une fois le portrait achevé que la jeune femme réalisa qu'elle avait dessiné sa soeur. Une larme coula. Puis deux. Puis trois. Enfin, elle comprit pourquoi aujourd'hui en particulier et elle s'effondra, la vieille douleur revenant comme autrefois, comme ce jour là, quand elle avait appris la nouvelle, il y avait de cela cinq ans très exactement.

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Eejil9
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Messages : 2488
Inscription : 13 mai 2016 - 17:45

Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Eejil9 » 14 avr. 2018 - 21:00

Titre : Extrême onction
Thème (écrit ou image) : Tremblement
Fandom : Original
Nombre de mots : 599
Personnages : Athénaïs
Rating : -16
- Tu trembles ?
Athénaïs frissonna de plus belle en sentant le souffle lui chatouiller le cou. C’était le tutoiement, aussi, qui l’avait fait tiquer. Elle pensait bien que dans l’intimité… Mais elle connaissait à peine cet homme.
Elle avait peur, Dieu qu’elle avait peur. La voix grave de son mari – il fallait qu’elle s’accoutume à l’appeler son mari, c’était ce qu’il était depuis quelques heures, après tout – était si proche qu’il lui semblait qu’elle résonnait à l’intérieur de sa cage thoracique à elle. Elle n’était pas habituée à de tels contacts. Elle avait envie de se lever et de partir en courant. Elle savait qu’elle n’en avait pas le droit. Qu’au rez-de-chaussée du manoir, les convives finissaient la fête. Comment pouvaient-ils se réjouir alors qu’elle était soumise, elle, à de telles angoisses ? Comment peut-on considérer ça comme un moment de joie ? Elle trembla plus fort encore. Les larmes lui montaient aux yeux, sa gorge était serrée. Elle avait l’impression que l’intégralité de ses muscles étaient noués, durs comme du plomb.

En quittant le festin, son mari l’avait soulevée pour que ses pieds ne touchassent pas le seuil. Ses bras étaient si larges que la jeune fille craignait qu’il ne la brisât en l’embrassant. Elle craignait que sa peau ne garde les marques de leur étreinte. Il l’avait déposée sur le lit, et s’était allongé à ses côtés. Les draps étaient doux et frais, l’air sentait la lavande. Il avait passé la main dans ses cheveux et lui avait délicatement délacé sa robe de mariée.
Il n’était pas méchant. Pas vraiment effrayant non plus. Pendant le repas, un grand sourire débonnaire était resté plaqué sur son visage. Il avait plaisanté, il semblait heureux. Athénaïs, elle, était tétanisée. Il avait bien trois fois son âge, et sans doute deux fois son poids. Peut-être plus.
Il lui demandait si elle tremblait, mais ce qu’il ignorait, c’était qu’elle était prise de frissons de panique depuis qu’elle l’avait aperçu, sur le chemin de l’autel, ce jour-là. Comment aurait-elle pu faire autrement ?
- Tu trembles ? répéta-t-il face à son absence de réaction.
Athénaïs hocha la tête. Elle n’osait pas répondre de peur d’éclater en sanglots. Sa gouvernante lui avait dit qu’elle devait au moins s’efforcer d’avoir l’air heureuse. « C’est un mariage, pas un enterrement ! », s’était-elle exclamée. La jeune fille, cependant, avait bien l’impression qu’une partie d’elle était à l’agonie, et que ce lit aux draps doux et frais lui servirait de tombe.
Comment aurait-elle pu se réjouir d’épouser cet homme ? Elle ne l’avait jamais rencontré auparavant. C’était un bon parti, avait dit son père. Il était bel homme, avait dit sa mère. On ne lui avait rien demandé, à elle. Elle avait seize ans et elle était désormais mariée. Une histoire de terres et de fermages. On n’avait pas vraiment pris le temps de lui expliquer. Elle n’était qu’une monnaie d’échange, après tout.
- N’aie pas peur, je ne vais pas te faire de mal, grogna-t-il en se hissant sur un coude.
Il utilisa sa main libre pour remonter ses jupons, et Athénaïs fut prise de tremblements incoercibles. Ses mains, grandes comme des battoirs, étaient entrées en contact avec la peau de ses jambes. Elle se crispa spontanément. Les larmes qu’elle retenait depuis le matin s’échappèrent de ses yeux et roulèrent le long de ses joues pour se perdre derrière ses oreilles.
- Je ne veux pas, souffla-t-elle finalement.
Il fronça les sourcils.
- Mais tu n’as pas le choix…
Les tremblements cessèrent. Athénaïs avait raison : une partie d’elle était morte.
Au mariage succédait l’enterrement.
"Dire. Dire ce qu'on meurt d'envie de dire. Dire ce qu'on a besoin de dire. Besoin vital. Terrifiant. Dire ce qu'on ignore avoir envie ou besoin de dire. Dire pour comprendre, nettoyer, guérir, avancer. Mais est ce que dire suffit ? Tout à l'heure je l'ai cru."

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BellaCarlisle
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Messages : 1396
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par BellaCarlisle » 14 avr. 2018 - 21:01

Titre : Une nouvelle amitié
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 713
Personnages : Esely, Alice
Rating : Tout public
Le bruit de la pluie sur le toit tire Esely de son sommeil. Repoussant les couvertures, elle se dirige vers la fenêtre de sa chambre, posant les mains sur la froide surface vitrée. Les gouttes d’eau assombrissent le paysage et un sourire éclaire alors ses lèvres. Ce temps est celui qu’elle préfère, loin de la lumière aveuglante du soleil qui l’oblige souvent à rester enfermé, et elle compte bien en profiter, malgré les conseils de sa mère. Elvira lui a demandé de ne pas sortir, à cause de la menace qui pèse sur elle depuis que tout le monde sait que Viktor est son père, mais la jeune femme est décidée à ne pas obéir. On lui a assez menti pendant son enfance, ce ne sont pas les quelques paroles en l’air de certains Vampires ou Lycans qui vont lui faire peur et la forcer à être cloitrée dans un repaire inhospitalier. D’autant plus qu’il n’y a personne pour lui tenir compagnie et cette solitude commence à lui peser de trop.

Attrapant son manteau en passant près de l’entrée, elle quitte la chaleur des lieux pour s’aventurer sous la pluie. Le visage levé vers le ciel, elle savoure l’eau qui coule sur son visage et le long de ses cheveux noirs, une sensation qu’elle aime énormément. Son sourire s’agrandit alors qu’elle observe les humains qui s’agitent autour d’elle. Les parapluies forment une palette de couleurs, les gens se pressent en bougonnant, des mères de famille se hâtent en tenant la main de leur enfant tandis que certains essayent de tenir leurs téléphones tout en cherchant des papiers. Au milieu de ce monde en mouvement, Esely est immobile, elle inspire longuement l’air frais. Le sentiment de liberté qui lui vient est une nouvelle naissance, elle est prête à se fondre dans la masse ambulante, à disparaître de ces ténèbres peuplées de créatures violentes et hypocrites. Il lui suffirait d’un pas pour suivre n’importe quel inconnu, un simple pas pour s’écarter du chemin tracé par sa mère et par Markus.

Étrangement, songer au premier des Vampires la paralyse. Il n’a jamais fait preuve de dédain ou de haine envers elle, il s’est comporté comme un vrai père depuis le début, sans la renier. Tirer un trait sur sa véritable nature et sur ceux qui ont toujours été là pour elle ne serait pas une belle façon de les remercier. Markus lui a offert tout ce qu’un père pour offrir à son enfant, il a été présent pour ses premiers pas, ses premiers mots et ses premières larmes. Combien de fois a-t-il pris du temps pour la consoler ? Pour la prendre dans ses bras et la protéger de l’injustice du monde ? Il n’est peut-être parfait et n’a pas osé lui dire la vérité sur le nom de son père mais c’est lui qui a joué ce rôle, avec tout l’amour qu’il portait en lui. Elle n’a pas le droit de lui faire du mal en abandonnant tout derrière elle, ce serait lui imposer une souffrance supplémentaire alors qu’il lui a prouvé qu’il se fait du souci pour elle.

- Hey, tu vas attraper froid en restant sous la pluie !

La voix provient d’une humaine, à quelques mètres d’elle. L’inconnue agite la main, pour attirer son attention, à l’abri sous un porche. Sans même réfléchir à ses gestes, Esely avance vers elle, adoptant un pas calme pour ne pas trahir sa nature. La mortelle la dévisage avec curiosité, lui souriant timidement, plantant son regard dans le sien. La fille d’Elvira voit tout de suite la joie qui brille dans les pupilles de l’autre jeune femme, cette étincelle qui semble prouver qu’elle est souvent de bonne humeur et qu’elle connaît bien le rire.

- Tu tiens vraiment à tomber malade ? lui demande l’inconnue.
- Ce ne sont pas des petites gouttes de pluie qui auront raison de moi, rit Esely.
- On en reparlera plus tard, s’amuse l’humaine. Au fait, pour éviter de passer pour une impolie, je m’appelle Alice.
- Esely.

Elles échangent un sourire presque amical. Alice fait alors remarquer que le temps vient de s’éclaircir, ce que la fille de Viktor constate à son tour. Les nuages pourtant présents quelques secondes auparavant ont cédé la place au soleil qui rayonne doucement.
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Ocee
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Ocee » 14 avr. 2018 - 21:01

Titre : Qui êtes-vous ? (suite)
Thème : Tremblement (21h-22h)
Fandom : Thor
Nombre de mots : 390
Personnages : Loki & Darcy
Rating : tout public
Il haussa un sourcil, interloqué par sa question mais il n’eut pas le temps de répliquer. Tous les meubles autour d’eux se mirent à trembler, les murs eux-mêmes semblèrent tanguer alors que des bruits d’alarme et des cris leur parvinrent de la rue par la fenêtre ouverte, se mêlant au fracas des objets qui se brisaient en tombant dans l’appartement.

Surprise par l’intensité de la secousse, Darcy perdit l’équilibre et se retrouva sur les genoux. Elle voulait bouger, elle savait quoi faire – les consignes de sécurité de base en cas de tremblement de terre étaient acquises avant même l’alphabet là où elle avait grandi – mais elle était comme tétanisée. D’abord Loki qui perdait la mémoire et maintenant… ça ? Qu’est-ce qui ne tournait pas rond ce soir ? Elle ferma les yeux pour essayer de se concentrer sur sa respiration tout en priant pour que ce soit juste un cauchemar. Un cauchemar détestable.

Le calme revint après quelques minutes mais c’est à peine si elle s’en rendit compte. Elle était encore à genoux sur le sol, les mains écartées et crispées comme pour mieux s’y agripper. Et tout son corps tremblait tandis que résonnaient encore dans sa tête les fantômes des bruits du chaos alentour.

Intrigué par l’événement, Loki s’était à demi levé mais il avait vite réalisé qu’il subissait lui aussi les effets de la secousse. Or, son corps aurait dû être en capacité de résister davantage. Pour se rassurer, il avait tenté de lancer le premier sort minime qui lui était venu à l’esprit mais avait lamentablement échoué. Cela ne pouvait signifier qu’une chose. Il était bel et bien piégé sur terre sans ses pouvoirs, comme il l’avait redouté. Depuis combien de temps ? Il devait interroger cette Darcy pour en apprendre davantage.

Il la découvrit toujours prostrée par terre et s’en étonna quelque peu. Les Midgardiens étaient tellement fragiles. Il l’appela d’un « vous » qui resta sans réponse et il leva les yeux au ciel. Etait-elle devenue sourde ? Il n’avait pas de temps à perdre ! En soupirant, il s’approcha d’elle puis posa un genou à terre et une main sur son épaule pour la faire sortir de sa léthargie. À ce contact, une petite décharge électrique circula alors entre leurs deux corps et cela sembla réveiller Darcy qui tourna vivement la tête vers lui…
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par AliceJeanne » 14 avr. 2018 - 21:04

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Tremblement
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 744
Personnages : Sonja, Rym (OC), Farkas (OC)
Rating : /
« Froussard ! »

Farkas releva un menton tremblant vers l’adolescente qui se tenait devant lui, les mains sur les hanches, un air de défi séduisant sur le visage. En d’autres circonstances il lui aurait envoyé une boutade, mais à quelques minutes de sa transformation en vampire, le jeune garçon voyait sa répartie se restreindre à quelques tremblements et bégaiements hasardeux.

« Ressaisis-toi un peu, on dirait un agneau que l’on s’apprête à saigner ! Ça en est presque charmant.
- Je te remercie pour la comparaison Rym, cela aide beaucoup, intervint Sonja en entrant dans la pièce. »

La fille de Viktor cachait mal son appréhension, elle n’avait jamais transformé d’humain avant Farkas, aussi ne savait-elle pas exactement comment procéder et douter de sa capacité à se contenir, d’où la présence de la jeune-fille à ses côtés. La guerrière se sentait bien plus rassurée d’être accompagnée durant le processus bien que Rym ne soit pas en mesure d’elle-même transformer quiconque.

« Tu es prêt ? Demanda-t-elle à l’adolescent blanc comme un linge.
- Oui, articula-t-il difficilement tout en jetant un regard désespéré à l’hybride qui s’était reculée.
- Menteur ! Scanda-t-elle, tu es à deux doigts de te faire dessus. »

Sonja soupira, ne comprenant pas où Rym voulait en venir. Elle était censée aider Farkas et non le moquer à tout va. Cependant les piques de la jeune-fille ne semblaient pas avoir un effet si négatif sur l’humain allongé sur la table en granit de la plus petite pièce de l’infirmerie dédiée aux transformations. Les aspirants vampires étaient ensuite transférés dans les lits de la pièce adjacente, confiés aux bons soins de plusieurs guérisseurs jusqu’à temps que le venin fasse son œuvre.

« Dans tes rêves Rym, je n’ai jamais peur, protesta-t-il avec force.
- Alors pourquoi tu trembles ? On dirait une feuille morte. Et ne me dis pas que tu es brutalement devenu frileux ! C’est moi qui ai grandi dans un désert.
- Je t’y verrais ! La table est très froide, ils auraient au moins pu prévoir une couverture. Et puis, dit-il en se tortillant maladroitement, c’est très inconfortable ! »

Sonja esquissa un sourire, tandis que l’adolescente pouffait en continuant ses tirades, Farkas ne tremblait plus, la sérénité que requérait l’acte semblait être acquise. De son côté tout du moins, car les mains de la jeune-femme demeuraient incontrôlables, elle aurait donné beaucoup pour que son père soit avec elle pour lui expliquer comme procéder. Viktor avait bien des défauts et elle le connaissait peu, mais elle était certaine qu’il aurait trouvé les bons mots pour la rassurer en cet instant.

« Tout va bien se passer, murmura Rym en glissant furtivement sa main dans celle de son mentor, et puis… dans le pire des cas, ce ne sera pas une grosse perte ! Argua-t-elle.
- Je t’entends ! Cria Farkas. »

Sonja regarda la jeune-fille d’un air songeur, dès l’instant où elle avait posé les yeux sur elle un lien indéfectible s’était créé entre elles. Rym était particulière, presque unique de par ses origines, si forte et si frêle à la fois. Elle avait traversé tout un continent pour parvenir jusqu’ici, gagner sa liberté à force de combats. Dans un sens elle admirait cette jeune personne en devenir et son profond optimisme. Son sourire acheva de la rassurer, elle était parfaitement capable de réussir à transformer Farkas. Les tremblements cessèrent et elle lâcha la main de son élève avant de s’avancer vers le garçon.

« Prêt ? »

Farkas hocha vivement la tête et Sonja dégagea doucement son cou, dévoilant sa peau blanche s’agitant sous les palpitations des vaisseaux de l’humain. Alors qu’elle allait le mordre, il cria.

« Attends ! »

Interdite, Sonja recula. Elle comprenait qu’il soit anxieux, même terrifié, mais plus ils attendraient plus la peur serait présente, gagnant seconde après seconde du terrain. Ses yeux larmoyants se tournèrent vers Rym.

« Tu restes avec moi ? »

Visiblement sur le point de répliquer quelque chose, l’hybride ouvrit la bouche avant de brusquement la refermer, captant la détresse véritable dans les yeux de celui qu’elle pourrait bien considérer comme un ami. Sans un bruit elle se rapprocha, faisant signe à la guerrière de procéder et alors que les canines de la vampire s’allongeaient et entraient en contact avec la peau gracile de l’adolescent, elle lui prit la main, presque tendrement.

« Toujours Farkas, toujours… chuchota-t-elle, peinant à masquer les tremblements de sa voix. »
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ExtraaTerrestre
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par ExtraaTerrestre » 14 avr. 2018 - 21:06

Titre : -
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : Original
Nombre de mots : 476
Personnages : Alice
Rating : -16
A travers la pluie qui battait sur les vitres de la voiture, Alice pouvait voir les silhouettes des passants. Des hommes, des femmes qui se pressaient de se mettre à l’abris. Plusieurs s’étaient déjà abrités sous le store d’un magasin, serrés les uns aux autres, le bas de leurs pantalons trempés. Un parapluie s’envola et en quelques secondes seulement, l’homme qui courut après fut trempé jusqu’à l’os.
Dehors, c’était la tempête, une tempête qui faisait contraste avec le calme que ressentait Alice. C’était peut-être la voix de Mavin Gaye qui raisonnait doucement dans la voiture, ou bien les effluves d’alcool émanant des bouteilles vides à l’arrière.
En réalité, si la jeune femme se sentait aussi euphorique, si légère, calme, c’était à cause de la drogue que l’homme avait glissé dans son verre. Mais Alice l’ignorait. Elle ne voyait que les ombres autour de la voiture, les gouttes qui glissaient sur la vitre, dans des trajectoires chaotiques. Elle les fixait, une à une, les plus grosses d’abord, le petites ensuite. Parfois, elle se retrouvaient, se mélangeaient et finissaient leur route ensemble.
La portière conducteur claqua et la voiture s’affaissa légèrement sous le poids de l’homme. Trempé, il passa les doigts dans ses cheveux, avant de les essuyer distraitement sur son t-shirt. Affichant un grand sourire, il posa sa main droite sur la cuisse d’Alice, relevant légèrement sa jupe.
— Prête pour l’aventure ? demanda l’homme en démarrant la voiture.
La tête toujours appuyée contre la vitre, le regard figé sur les passants qui courraient s’abriter, Alice acquiesça.
— Où est-ce qu’on va ?
— Dans le terrier du lapin blanc, Alice.
— Et c’est loin ?
Il eut un rictus qui échappa à la jeune femme, son esprit entièrement occupé par l’idée d’aller danser sous la pluie. Elle pourrait rentrer à pieds, la voix de Marvin Gaye en boucle dans les oreilles. Elle sentirait les odeurs de la ville, la pluie dans les arbres, la pluie sur le béton. Elle aurait mal aux pieds peut-être, alors elle enlèverait ses chaussures et subirait les regards intrigués des personnes dans la rue.
— Non, ce n’est pas loin, pas loin du tout. Mais je dois passer récupérer un ami, ajouta-t-il, lui jetant un coup d’œil discret. Ça ne te gêne pas j’espère ?
Alice secoua la tête négativement.
— Parfait, je suis sûr qu’il sera ravi de faire ta connaissance…
Et elle se laissa porter par les secousses de la voiture et par les lumières qui défilaient devant ses yeux.
Bientôt, elle se réveillerait de cet état de calme, de cette transe. Elle se réveillerait dans une ruelle humide et sale, ses sous-vêtements arrachés et sa peau meurtrie.
Des jours, des années même après, elle se demanderait encore pourquoi elle n’était pas sortie sous la pluie, sentir l’eau couler au creux de son cou. Alice se demanderait pourquoi elle, pourquoi la douleur, pourquoi l’horreur. Et jamais elle ne trouverait la réponse.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par ninipraline » 14 avr. 2018 - 21:32

Titre : L'Egaré
Thème (écrit ou image) : MOT : détaché & IMAGE : le banc avec son livre et son rayon de soleil
Fandom : Original
Nombre de mots : 333 mots
Personnages : Narrateur Inconnu et un vieux
Rating : Tous publics
Où était-il passé ? Il était là sur le banc. Il était rasé, avait changé de costume, portait une petite valise, comme s’il partait en voyage. Il s’était installé sur le banc. Le même. Chaque jour. Depuis des années. Il venait là, passait quelques heures. Le lever et le coucher du soleil. Au début, je pensais qu’il attendait quelqu’un. Et puis, il y avait eu ce trou dans les nuages et ce boucan. Une fanfare. Des cuivres. Des tambours. Et des lumières colorées. Et les nuages s’étaient refermés comme le rideau au théâtre. Et sur le banc, il ne restait qu’un livre ouvert. Il n’avait pas eu le temps de le finir.
J’aimais bien ce vieux. Il discutait facilement. De tout. Presque tout. Il découvrait toujours ce qui se passait dans le monde. Je m’étonnais toujours. Lui qui avait toujours un livre à la main. Il ne lisait donc pas la presse. Lui, il riait, s’étonnait de mon étonnement. Les journaux disaient-ils, ils les avaient lu au début. Et puis, il y avait toujours la même histoire dedans. Alors il s’était réfugié dans les romans. L’histoire se répète. Inventons plutôt nos propres histoires. Et il s’en retournait. Il traversait la rue, disparaissait avant d’avoir passer le coin, emporté par le premier éclat ou le dernier rayon du soleil. Rien ne le touchait.
Sa seule attache : ce banc. « C’est l’endroit, me disait-il. D’un côté, le soleil se lève, de l’autre il se couche. » Curieux bonhomme, que rien ne touchait, rien n’intéressait. Il me disait toujours, de ne jamais m’attacher. « Les gens passent. Ils ne vivent que pour passer. Nous sommes des passants. Faisons le avec grâce sans peur et avec légèreté. Aujourd’hui je suis là. Demain je serais sans doute ailleurs. » Il était passé. Il n’avait laissé derrière lui que son livre. Je cherchais des jours entiers, sillonnais la ville, les villages. Personne n’avait jamais vu le vieux. Le livre sous la main, je cherchais à me convaincre. Il avait existé.
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Crédits : CRG-Free sur DA // Crédits : kwusherARTS sur DA//Crédit: Kara-a sur DA

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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par AlwaysLS » 14 avr. 2018 - 21:33

Titre :/
Thème (écrit ou image) : Image https://orig00.deviantart.net/f545/f/20 ... alwind.jpg
Fandom : HP
Nombre de mots : 366
Rating : tout public
Emma quitta la tour de Gryffondor après avoir fini la rédaction de son devoir pour Flitwick. Elle avait rangé prestement ses affaires et déclaré à ses amies qu'elle allait faire un tour, histoire de s'aérer. Il fallait qu'elle fasse une pause, qu'elle pense à autre chose. Dehors, il faisait beau, l'automne enveloppait peu à peu Poudlard. Les températures étaient encore clémentes en cette fin d'après-midi mais Emma avait préféré emmener son écharpe aux couleurs de sa maison. Elle passa par le Grand Hall, croisant une poignée d'élèves, et se dirigea vers le Parc. Elle prit la direction du lac Noir. Elle aimait bien cette atmosphère de fin de journée automnale, les couleurs chaudes, entre jaune et oranger. Elle alla vers son banc, son repère, son refuge. Elle voulait se retrouver seule.
Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait d'un banc en bois, face au Lac Noir encadré par deux vallées écossaises, elle vit une tignasse couleur miel. Elle arriva à la hauteur de la personne qui avait eu manifestement la même idée qu'elle. Rémus Lupin. Plongé dans un livre.
Le vent s'était levé, et une effluve de parfum, d'orange parvint aux narines du Préfet. Son estomac se contracta. Elle était là. Il leva la tête et croisa son regard.
- Tu peux t'asseoir si tu veux. Il y a assez de place sur ce banc pour nous deux, sourit-il.
Elle accepta et pris place à côté de lui. Il allait se replonger dans sa lecture ne sachant pas quoi dire. Elle inspira profondément en se calant contre le dossier en bois. Il tourna la tête discrètement vers elle. Emma avait fermé les yeux, les rayons du soleil caressaient son visage et ses cheveux blonds créant des reflets dorés, et couleur miel, un léger sourire se dessinait sur ses lèvres rouges. Elle était si calme, si pure, si innocente. Elle était belle. Tout simplement. Elle dégageait une sorte d'aura, qui l'apaisait. Il ne pouvait pas rester là, à ne rien dire, à ne rien faire. Il devait s'ouvrir. Faire connaissance, développer un contact, une amitié. Il fallait qu'il prenne son courage à deux mains. Alors il posa son livre à côté de lui.
- Dure journée ?
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7

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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Owl2000 » 14 avr. 2018 - 21:41

Titre : Luna, luna, luna…
Thème (écrit ou image) : Détaché
Fandom : /
Nombre de mots : 78 mots
Personnages : Luna Lovegood
Rating :Tout public
Elle a toujours cet air sur le visage, elle a toujours la tête dans les nuages, elle est toujours comme ça Luna. En cour les yeux dans le vide, dans les couloirs le regard dans les plafonds ou bien encore dans le parc allongé dans l'herbe complètement les nuages. Entrain de penser à ses nargole, sombral ou autres créatures surprenantes. Alors même que les échos de la guerre raisonne. Elle est comme ça Luna, détachée de tout cela.

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Westyversionfrench » 14 avr. 2018 - 21:47

Titre : The Bench
Thème (écrit ou image ou musique) : Image
Fandom : Original
Nombre de mots : 680
Personnages : Narrateur
Rating : Tous Publics
« Et toi, tu veux te faire enterrer ou incinérer ?
-Donnez seulement mon nom à un banc. »
En plein repas de famille, entre le pastis landais et les cafés, on pouvait dire que ma phrase avait fait mouche. Détrompez-vous, je ne suis pas si déconnecté de la réalité. Ma réponse était sincère et tout à fait à-propos. Mais lorsque je réalisais les mines outrées et les yeux levés au ciel, je souriais et, haussant les épaules, concluais :
« Incinérer. » On sembla considérer que m’interroger à nouveau serait une mauvaise idée et je fus laissé en paix pour le reste de l’après-midi. Toutefois, ce singulier dialogue mérite sans doute, pour vous, quelques explications.

Quelques semaines avant ce repas, j’étais de l’autre côté de la Manche, à Plymouth, petite cité maritime du Devon. A l’aube de mon quart de siècle, j’avais été pris d’une fièvre d’aventure et de voyage qui avait mené à deux périples plutôt modestes : une grosse semaine de déambulations dans le sud de l’Irlande et cette escapade de quatre jours dans le sud-ouest anglais. L’Irlande avait apaisé l’enfant en moi et la Grande-Bretagne, ma foi, parlait à l’adulte naissant que j’étais. De tout ce que j’ai vu ces quelques jours, une chose a marqué profondément mon âme. En tant que badaud avéré, flâneur pensif, promeneur serein, je passais beaucoup de temps le long des côtes, dans les parcs, sur les collines, là où on marche sans autre but que de ravir nos sens. Ma première rencontre avec l’un de ces bancs, s’est déroulée dès le premier midi de ce séjour, où après avoir goûté une cornish pasty avec vue sur le quartier du Barbican, je décidai de prendre le petit bateau-bus menant à Mount Batten, comme une presqu’île sur le Sound.

A peine descendu de cette à peine barque, cette presque vedette, j’arpentais la côte vers l’issue de la baie, contournant la colline surplombée de sa tour. Charmé par l’eau, engourdi par le souffle marin, et distrait par les passants et leur accent exotique, je ne fis avant tout pas attention à ces petites plaques, placardées sur les bancs publics. J’en aperçus une, peut être au onze ou douzième banc, et pensai naïvement à un quelconque avertissement visant à prévenir tout comportement dégradant le mobilier. Puis, en avançant, suivant l’angle menant à la digue, je réalisais que les inscriptions n’étaient pas toutes identiques. Il n’y avait pas un même « No smoking » d’appliqué sur chaque siège.

Curieux, je m’approchais et lisais un nom, qui aujourd’hui m’a échappé, accompagné d’une date de naissance et d’une de décès. Surpris, je retournais un peu en arrière, délaissant la tentation d’arpenter la digue pour m’assurer de ce que je supposais déjà. En effet, sur toutes ces banquettes, on avait toujours quelqu’un, ou du moins, le souvenir d’une personne. Parfois, quelques mots justifiaient cet emplacement : « she loved the view » ou encore «he was a sailor and the Sound was his home ». Souvent, le commanditaire était mentionné, c’étaient des parents, des amis, des collègues. Et soudain, il me sembla évident, que si je devais disparaître sans rien accomplir de notable, il devait y avoir un banc portant mon nom. Quel plus beau réceptacle de soi qu’un lieu qu’on a chéri, arpenté et couvé du regard et du cœur ?

En quelques minutes, il me semblait qu’on me donnait la solution, l’ultime recours, celui de conclure mon existence par un point final géographique. Aussitôt, mon esprit se démena. Tandis que je pénétrai sur le Breakwater, les bancs se superposaient dans ma tête aux rocs dans la baie et aux contreforts des côtes de Cornouailles sur l’horizon. Où devrais-je subsister après mort ? En Bretagne ? À l’étranger ? Je n’avais pas la réponse, et cela hanterait sans doute le restant de mes jours mais j’avais désormais un but. Dans cent, deux-cent ans ou plus, il y aurait peut être un passant, qui s’arrêtant, lirait mon nom et se souviendrait qu’une autre créature avait ressenti face à ce lieu, la même intensité, la même communion que lui.
Serpentard de cœur, Serdaigle de répartition Pottermore, et sadiquement envoyé chez les Gryffys pour la Coupe des Quatre Maisons :lol:

Joignez-vous au nouveau projet sur Ginny : Paper Gin ! et écrivez un article pour le Numéro Spécial de la Gazette !

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irenea
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par irenea » 14 avr. 2018 - 21:54

Titre : Ambition
Thème (écrit ou image) : Détaché
Fandom : HP
Nombre de mots : 1253
Personnages : Regulus Black
Rating : Tout public
Il s'était imaginé ce jour des dizaines de fois lorsqu'il était plus jeune. A l'époque il avait rapidement redécoré les murs de sa chambre avec les couleurs de sa maison et des articles de journaux toujours plus nombreux qui peu à peu avaient remplacé sa tapisserie. Il en avait été fière, de cette chambre, et n'hésitait pas à inviter ses amis à y entrer, à montrer déjà comme il souhaitait le Seigneur des Ténèbres.

Comme il l'admirait.

Jeune déjà, il admirait cet homme qui les défendait envers et contre tout eux qui étaient supérieurs et qui pourtant devenaient une minorité, eux à qui l'on prenait tout - l'argent, la gloire, le travail, la magie même.

Ses parents l'avaient connu, dans leurs jeunes années et avaient imprimé son image dans leur esprit. Tom Jedusor était à l'époque un étudiant particulièrement charismatique qui s'exprimait avec une grande sagesse et dont l'air auguste avait convaincu ses camarades.

Ses petits discours d'étudiant plein d'idéaux avaient marqué l'esprit de ses parents et ils lui avaient transmis très jeune leur admiration pour celui qui était devenu Voldemort - Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Pourtant tard dans la nuit Regulus avait aimé à se le répéter sous ses draps. Il se sentait puissant lorsque d'entre ses lèvres sortaient les quelques lettres qui formaient ce nom maudit. C'était comme si la force du sorcier lui était transmise rien qu'à travers son nom. Alors Regulus tout bas le murmurait encore et encore.

Par la suite, quoi qu'il en dise maintenant, il avait appris à adorer Lord Voldemort. Il s'en était fait une obsession, traquant le moindre article de journal, le moindre manuscrit, qui pouvait parler de lui.

Quand il y repensait maintenant ça avait quelque chose de particulièrement morbide - mais c'était ce que rechercher Voldemort, à attirer les jeunes foules dans ses grandes toiles pour les faire siennes.

Regulus était l'un d'eux et alors qu'il se tenait droit comme un piquet dans le salon de ses parents qui le regardaient, si fiers, il ne savait plus bien quoi en penser.

Devait-il se réjouir d'être l'une des proies de Voldemort ? Puisque c'est bien ce qu'il était. Lord Voldemort l'avait choisi. C'étaient les mots exacts qui étaient sortis de sa bouche - et de celles de ses parents qui avaient en coeur répété ses paroles.

A les entendre, Regulus avait finalement la confirmation que c'était l'un des plus beaux jours de leur vie. Ils avaient accompli quelque chose. Ils n'étaient pas devenus Mangemort, non, ils avaient confié cette dure tâche, cette importante tâche, à leur propre fils, celui qui représenterait les Black dans les rangs de Voldemort - et dans l'Empire qu'il construirait par la suite. Il ne pouvait y avoir de plus grand honneur que celui d'accueillir le Seigneur des Ténèbres qui réclamait personnellement à rencontrer leur fils.

Regulus comprenait leur réaction car après tout, il ne pouvait même plus compter le nombre de fois où il avait espéré pouvoir enfin se tenir aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Devenir Mangemort – devenir l'un de ses lieutenants, permettre la construction de ses grands dessins, même se contenter d'exécuter ses basses-besognes – n'était que l'accomplissement de son rêve le plus cher.

Ils n'étaient pas si nombreux à êtres choisis par le Seigneur des Ténèbres. Beaucoup devait prouver leur loyauté, accomplissait une de ses missions pour accéder à sa reconnaissance, mais Regulus n'avait pas eu besoin de tout cela. Il avait suffi qu'il fasse connaître son admiration pour le Seigneur des Ténèbres et son envie de devenir un Mangemort pour que celui-ci cherche à le rencontrer.

Nombre de ses camarades, lorsqu'ils l'apprendraient, en crèveraient de jalousie.

Regulus devenait le plus jeune sorcier à devenir Mangemort.

Ca avait sans doute rajouté quelque chose à la fierté de ses parents qui ne pouvaient se défaire de leur sourire - mais Regulus priait pour que quelque chose, n'importe quoi, Sirius même, vienne leur décoller ces stupides sourires qui devenaient de plus en plus effrayants.

Il tressaillit.

Sirius était la dernière personne à qui il avait envie de penser à cet instant - il n'avait pas besoin de cela.

Il aurait préféré se dire que Sirius aurait ri en voyant leurs parents. Il se serait tenu, l'air nonchalant, accoudé au mur, ses longs cheveux tombants à moitié devant ses yeux, un peu en retrait. Son fameux rictus moqueur aurait étiré ses lèvres et leur mère aurait dû le reprendre pour qu'il cesse de se moquer de lui. Elle aurait même très certainement dû le chasser de la pièce.

Mais au moins il aurait réussi à décoller cet affreux sourire de la tête de sa mère.

Il pouvait l'imaginer tant qu'il voulait, y croire le plus fort possible, il savait que Sirius ne ce serait pas contenté de rire devant Lord Voldemort - celui qu'il serait amené à combattre.

Regulus avait compris très jeune que les paroles de Sirius n'étaient pas des mots jetés en l'air, quoi que sa mère puisse en dire. Sans doute le connaissait-il mieux que ses parents qui ne s'étaient jamais vraiment intéressé à lui - et à ses idioties qui le conduiraient à trahir son sang.

Sirius les avait tous trahis finalement. Il était parti pour ne plus jamais revenir.

Regulus devait se le répéter et surtout ne plus penser à lui, ne plus se dire qu'il finirait par refaire surface.

Il n'y avait plus que lui désormais, lui et ses deux parents au sourire forcé.

Il n'était finalement pas aussi impressionné que ce qu'il avait craint. Ses rêves de jeune adolescent avaient sans doute aidé. Voilà des années qu'il préparait cette rencontre.

Il n'avait jamais doué de sa réussite, mais n'avait pas tant espéré.

Pourtant.

Il aurait aimé lâcher un soupir, pouvoir faire redescendre la pression - et disparaître toutes ces responsabilités qui pesaient bien trop lourds pour lui tout seul.

Il n'avait pas droit à l'erreur. Il n'était pas encore un Mangemort - la marque ne dévorait pas encore son avant-bras. Le Seigneur des Ténèbres avait encore le choix de se rétracter - et ses parents de le renier à tout jamais.

C'était peut-être une solution à envisager. Il entendrait à nouveau le rire moqueur de Sirius - et pas à Poudlard, entouré de ses amis. Il entendrait le rire moqueur de Sirius qui lui rappelerait qu'il n'avait pas toujours été fils unique.

Il resta mué et avança vers le Seigneur des Ténèbres qui lui tendait la main. Ses parents avaient fait un portrait d'un Tom Jedusor particulièrement séduisant.

Il avait devant lui le visage le plus difforme qu'il n'ait jamais rencontré.

Il avait devant lui la preuve de la puissance de son - furtur, bientôt, à tout jamais - Maître.

Il avança les épaules lourdes, un soupir coincé dans la gorge et le rire de Sirius résonnant dans ses oreilles.

Quelque chose n'allait pas.

Il n'y avait ni joie, ni félicité, rien qui ne ressemble à ce qu'il avait imaginé lorsque dans son lit avant de s'endormir il avait joué et rejoué cette scène dans sa tête. Il n'y avait absolument rien alors que le Seigneur des Ténèbres prenait son bras entre ses doigts et pointait sa baguette fort, si fort dans sa chair - la peau allait rompre, elle allait craquer et la baguette du Seigneur des Ténèbres resterait coincer dans son bras.

Il ne ressentait pourtant absolument rien, totalement détaché de la situation, de ses sentiments et même des conséquences de cette acte.

Il n'y eut rien, alors même qu'une affreuse ombre noire se mit à manger son bras comme une gangrène.
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"Dead history is writ in ink, the living sort in blood."

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Ocee
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Ocee » 14 avr. 2018 - 21:59

Titre : Qui êtes-vous ? (suite)
Thème : Détaché (22h-23h)
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Personnages : Loki & Darcy
Rating : tout public
Avant qu’il ait pu prononcer un mot ou même se relever, elle se jeta sur lui, le prenant par surprise. Il faillit perdre son équilibre mais parvint à se stabiliser et ce qu’il avait pris tout d’abord pour une attaque contre laquelle il était prêt à répliquer le laissa finalement complètement interdit quand il réalisa qu’elle était en fait en train de l’enlacer !

La tête calée contre son torse, les bras enroulés autour de son corps, l’enserrant de toutes ses forces pour mieux le rapprocher d’elle. Comme si elle avait besoin de lui… Il avait du mal à concevoir comment une terrienne pouvait être aussi à l’aise avec lui. Aussi familière. Et pourquoi… pourquoi cela ne lui hérissait-il pas le poil ? Ça aurait dû ! Mais aussi étrange que cela puisse paraître, au lieu de le répugner ou de l’agacer, la détresse de cette… Darcy… ne le laissait pas indifférent. Et c’était tellement insolite pour lui de la regarder le serrer dans ses bras, pleurer de soulagement contre lui… et ressentir une onde de chaleur le parcourir à cette vision. Et alors qu’il était resté jusqu’à présent les bras écartés, trop interloqué par la tournure des événements pour réagir, il avait… il avait même envie maintenant de poser ses mains dans son dos pour finir le tableau, pour la… consoler ?

Par tous les dieux d’Asgard, que lui était-il arrivé ? Et qui était cette fille ?

Il lutta contre cette impulsion et choisit plutôt de poser ses deux mains sur ses épaules pour l’écarter de lui. Il devait vraiment comprendre ce qui s’était passé, savoir depuis combien de temps il était ici, privé de ses pouvoirs. Il s’efforça donc d’ignorer le drôle de pincement dans sa poitrine quand il vit ses grands yeux bleus blessés lorsqu’il l’éloigna de lui, et lui déclara, du ton le plus détaché possible tout en se levant :

— Il faut qu’on parle.
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Lost Greenie
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par Lost Greenie » 14 avr. 2018 - 22:02

Titre : Le banc de Sven et Zeljka
Thème (image) : Livre sur un banc
Fandom : One Piece
Nombre de mots : 323
Personnages : Sanji, Usopp
Rating : Tous public
Le vieux banc se tenait devant lui. Toujours cette même peinture effritée et ce même cadre en métal qui formait les froids accoudoirs de l'objet. Et toujours cette même inscription, dessinée par deux inconnus il y avait surement bien longtemps. Sven et Zeljka. Il se demandait où ils étaient à présent, les deux amoureux du banc.

Comme à son habitude, le jeune cuisinier s'assit du côté droit, ne voulant pas cacher la si jolie gravure. Pour d'autres, ce n'était qu'un simple dessin d'adolescents, un vulgaire tag. Mais pas pour lui, grand romantique fleur bleue qu'il était. Un de ses amis l'aurait certainement traité de crétin, mais il n'en avait que faire. Ce banc, c'était la représentation même de l'amour. Et c'était beau. Les gens pouvaient se moquer autant qu'ils le voudraient, lui continuerait de rêver comme un enfant.

Il ouvrit son livre et reprit l'histoire où il l'avait laissée. Il se laissa happer dans son univers féérique, tant et si bien qu'il ne vit pas arriver l'heure de son service. Lorsque le téléphone sonna et que la voix de son père adoptif et patron lui hurla avec mécontentement de se pointer en cuisine, il se leva avec hâte du banc et se mit à courir, oubliant de ce fait son livre encore ouvert. Un vent léger vint tourner les pages jusqu'à tomber sur l'illustration colorée d'une mer fictive, emplie de poissons imaginaires. Sans s'en apercevoir, le jeune homme avait laissé derrière lui un scénario digne d'une photographie.

Ce fut un autre jeune homme qui, l'air rêveur et armé d'un appareil numérique, immortalisa quelques moments plus tard l'image avant de ramasser le livre. Peut être son propriétaire reviendrait-il demain pour chercher son bien ? Le prénommé Usopp rangea alors l'ouvrage dans son sac de cours et nota l'heure. Lui aussi reviendrait demain, devant le banc de Sven et Zeljka. Il ne le savait pas encore, mais cela allait être le début d'une longue amitié.
Dernière édition par Lost Greenie le 14 avr. 2018 - 22:03, édité 1 fois.

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par BellaCarlisle » 14 avr. 2018 - 22:02

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Image
Fandom : X-Men
Nombre de mots : 903
Personnages : Charles, Erik
Rating : Tout public
Le banc était leur refuge depuis maintenant plusieurs années. Ils s’y donnaient rendez-vous sans arrière-pensée, par un besoin de se voir et de partager leur si grande amitié. Ils avaient un rituel, Erik arrivait le premier, passait un moment à lire tranquillement, puis Charles le rejoignait. Aucun ne dérangeait à cette règle depuis qu’elle s’était imposée à eux, tout doucement. Ils étaient connus des coureurs qui les saluaient, à force de les croiser près de ce banc, mais personne ne savait qu’ils étaient les deux mutants les plus crains de l’Amérique.

Il y avait eu beaucoup trop de malheurs les dernières années, malgré leurs efforts conjugués pour garder ce monde en paix. Le manoir n’était plus qu’un lointain souvenir, les autorités avaient fini par intervenir, par détruire tout ce à quoi ils tenaient. Tant des leurs étaient morts au nom d’une justice vaine, au nom d’un renouveau, pour un avenir d’union entre mutants et non-mutants. Même Logan avait lutté à leurs côtés en voyant tomber autant des leurs, ne supportant pas d’assister à leur lente agonie. Le passé qu’il avait modifié n’avait mené à rien, la haine des humains était restée là, cachée dans l’ombre, pour mieux ressurgir et les abattre.

Malicia. Pyro. Iceberg. Cyclope. Jean. Diablo. Tornade. Tant de noms qui allaient être oubliés au fil des ans. Tant de corps ensevelis sous la pierre et la poussière, sans funérailles dignes de leur courage. Raven avait tenu jusqu’au bout, les poussant à fuir loin de l’Amérique pour se réfugier dans un pays plus calme. Les deux vieux amis avaient choisi la Norvège, s’adaptant au changement climatique, chacun de leur côté. C’était Charles qui avait insisté pour mettre de la distance entre eux, trop préoccupé par ce sentiment de culpabilité qui ne cessait de le ronger. Mais avec toute l’amitié qu’il éprouvait pour le professeur, Magnéto lui avait envoyé une lettre, avec l’adresse du parc comme point de rendez-vous.

Au début, ils ne faisaient que se voir, n’échangeant que quelques banalités, l’esprit ailleurs. Ils n’avaient eu aucune nouvelle de la part de Raven et quand Charles avait utilisé sa télépathie pour la retrouver, il n’avait fait face qu’au néant. Tous deux avaient compris que leur passé venait d’être rayé de la carte, par des humains trop peureux pour accepter de côtoyer des personnes beaucoup trop différentes. Sans aucune honte, Charles avait pleuré la disparition de sa sœur adoptive, dévoilant sa faiblesse à son plus vieil ami, le touchant au plus profond de lui-même.

Erik détestait de plus en plus ce monde dans lequel ils vivaient. Son enfance sous la conduite d’un nazi trop mégalomane avait été marquante et il s’était toujours refusé à laisser la même chose se produire. Et voilà que les gouvernements leur imposaient une fin qui ressemblait fortement à ce qu’il avait vécu. Il se souvenait du projet Sentinelle, de la catastrophe évitée par l’intervention de Wolverine, de tout ce qui avait suivi, de ce nouveau futur où ils avaient tous occulté l’ancien. Charles le soutenait à sa façon, par des paroles bien placées, par des évocations de quelques instants passés au sein du manoir. Parfois, un sourire triste étirait les lèvres du professeur et Magnéto posait alors une main sur son épaule, en un geste familier.

Sur ce banc, ils parlaient de plus en plus, regardant les humains qui venaient courir et qui ignoraient tout d’eux. Ici, ils étaient de parfaits inconnus, deux amis qui discutaient tranquillement en évoquant des souvenirs communs. Erik avait quelque fois envie d’interpeller ces gens, de leur demander s’ils les dérangeaient, s’ils arrivaient à percevoir en eux cette différence qui gênait tant. Mais Charles anticipait ses pensées – ou les lisait tout simplement – et il lui prenait la main en lui recommandant de garder le silence. Ils ne profiteraient pas si longtemps de cette sécurité, ils n’étaient pas assez idiots pour croire qu’on ne les retrouverait jamais alors ils savouraient chaque seconde.

En de rares occasions, alors qu’ils se quittaient pour reprendre le chemin de la solitude, éloignant leurs pouvoirs, Erik embrassaient avec légèreté son ami. Il prétendait que ce n’était qu’un geste sans réelle signification, juste une façon de lui montrer qu’il avait peur de le perdre. Ils n’étaient pas dupes, il y avait bien plus que de l’amitié entre eux et cela depuis des décennies. Charles avait rejeté ses propres sentiments pour se concentrer sur ses élèves, sur l’institut Xavier, en repoussant l’amour qui l’animait à chaque fois qu’il croisait le regard acier de son vieil ami. Erik n’était pas à l’aise non plus avec ce sentiment, parce qu’il avait vu des hommes se faire emmener pour un amour homosexuel. Ce n’était d’ailleurs pas pour rien s’il avait épousé Magda, afin d’oublier cette passion dévorante, mais la vérité revenait toujours prendre le dessus.

Ces quelques baisers volés étaient souvent mêlés de larmes, de l’un ou de l’autre. Le professeur sentait approcher les monstres d’acier des gouvernements mais il gardait l’espoir de ne pas les apercevoir dans le beau ciel de la Norvège. C’était une illusion, il en avait malgré tout conscience, et son pire cauchemar finit par se réaliser.

Alors qu’il courait tranquillement, prêt à saluer les deux vieux hommes assis habituellement sur le banc devant lequel il passait, le non-mutant s’arrêta. Il n’y avait personne, juste un livre abandonné à la fraicheur du matin, et deux noms gravés dans le bois.

Charles et Erik n’étaient plus, la haine avait brisé leurs vies.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 14 avril

Message par AliceJeanne » 14 avr. 2018 - 22:03

Titre : /
Thème : Détaché + image
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 838
Personnages : Lucian, Liam (OC), Nadzieja (OC)
Rating : /
La jeune-femme replaça délicatement une mèche de cheveux blonds lui masquant la vue. Sans se défaire de sa concentration elle se replongea dans son livre dès cette tâche achevée. Le soleil crépusculaire illuminait ses traits d’une douce lueur orangée, parant sa chevelure de doux reflets caramel. Assise sur un banc, elle profitait des dernières minutes de clarté pour s’échapper un peu de la grande demeure des vampires dans laquelle elle séjournait pour quelques temps. Elle aurait tout aussi bien pu loger chez ses parents mais elle appréciait de pouvoir passer un peu de temps avec Erika, certainement sa seule amie parmi ceux qui composant pourtant l’une des deux espèces auxquelles elle appartenait. Nadzieja s’était toujours sue différente, alors même qu’elle n’était qu’une simple et banale hybride, lorsqu’elle était devenue plus que cela elle avait d’abord accepté le fait ayant d’autres préoccupations avant de brutalement se heurter aux regards de ses pairs et de saisir l’illégalité de son statut. L’enfant de l’époque n’avait pas compris qu’elle avait failli être tuée pour ce qu’elle était, sa mère ne le lui avait expliqué que bien plus tard. Elle avait eu de la chance dans son malheur. Si sa mère ne l’avait pas adoptée elle ne serait certainement pas ici à lire un roman médiocre sur un banc public, ne prêtant aucune attention au regard de l’homme qui l’observait à la dérobée quelques mètres plus loin. Il ne l’ennuyait pas, bien au contraire, elle-même cherchait un moyen de lui adresser la parole, mais sa timidité et son désir de passer inaperçue l’entravaient.

« Qu’est-ce que tu attends pour aller l’aborder ? Grommela Lucian qui n’avait accepté la balade qu’à contre cœur, agacé par le comportement puéril de son cousin. »

Liam ne répondit pas, perdu dans son observation, détaché du monde réel, perdu dans sa petite bulle de calme qui surgissait et l’entourait dès qu’il croisait la jeune-femme dans un couloir. Le fils d’Amelia ne pensait pas pouvoir un jour véritablement tomber amoureux d’une autre femme. Et pourtant les émotions contradictoires qu’il éprouvait à cet instant étaient bien le témoin de son état.

« La nuit tombe, bougonna le lycan, les vampires vont bientôt sortir de leurs repaires, je n’ai aucune envie d’être dans le coin à ce moment là. Alors sois gentil, prend ton courage à deux mains et demande-lui son numéro, j’en ai assez de te voir agir comme un adolescent transis, tu es ridicule. »

Liam faillit lâcher quelques propos désobligeants mais se ressaisit, il ne voulait pas prendre le risque de blesser son ami, même si celui-ci dépassait les bornes. Il était pourtant bien placé pour comprendre qu’aborder une jeune-femme à sept-cent ans passés était un tout autre challenge qu’à vingt ans. Il détourna le regard à contre cœur pour fixer Lucian, résolu.

« Bien, rentrons. »

Le lycan soupira, rageant contre les précieuses minutes perdues à observer une femme alors qu’il aurait pu travailler sur ses recherches d’hybridation. Bien entendu Nadzieja pourrait certainement l’y aider, de par le simple fait de ses origines, mais ses parents adoptifs s’y étaient fermement opposés, allant jusqu’à menacer Lucian qu’ils considéraient pourtant comme leur frère. On ne plaisantait pas avec les progénitures de Viktor et William.

Liam jeta un dernier regard au banc, la jeune-femme avait disparu, seul demeurait le livre, ouvert, les pages s’agitant doucement au fil de la brise légère qui soufflait sur le parc. Un éclat blond s’éloignait, le fils de Markus bondit, pris le livre rapidement et courut à vitesse humaine après Nadzieja sous les yeux désespérés de Lucian. Au bout de quelques mètres il s’arrêta.

« Attends ! Cria-t-il»

Mais elle ne se retourna pas, disparaissant dans l’ombre du portail et se faufilant dans la pénombre comme si elle n’avait été qu’un doux songe. Liam tenait toujours le livre dans sa main et fixé l’entrée du parc, hagard. Lucian le rejoignit en quelques foulées, troublant à nouveau son observation perdue d’une boutade.

« Pas de chance. Rentrons si tu veux bien. Je pense que tu t’es suffisamment ridiculisé pour aujourd’hui. »

Liam ne releva pas, et le suivit sans un mot. Alors qu’ils passaient à leur tour le grand portail en fer forgé et que la lune illuminait de son teint blafard le chemin de terre, une feuille glissa du livre. Stupéfait le jeune-homme se pencha pour la ramasser avant qu’elle ne touche le sol, craignant d’avoir abimé l’ouvrage par inadvertance. C’est incrédule qu’il déchiffra quelques mots écris en lettres rondes.

Demain, café du parc, 17h, tu auras tout le loisir de m’observer,
Nadzieja C.


Sans prendre garde à Lucian, penché par-dessus son épaule pour lire la note de la jeune-femme, Liam poussa un cri de joie. Le lycan sursauta puis, la surprise passée, il esquissa un sourire. Il avait rarement vu son cousin aussi heureux et il espérait depuis déjà un certain temps qu’il prenne son courage à deux mains pour aborder l’hybride. Cette dernière avait certainement du entendre ses supplications silencieuses.

« Allez viens Roméo, tu vas vraiment finir par nous faire remarquer. »
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