[Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

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Seonne
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[Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Seonne » 07 avr. 2018 - 19:05

Voici le Topic destiné à la publication de vos textes de la Nuit !

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

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Si vous publiez ensuite vos textes, sachez qu'il existe une série dédiée aux Nuits :
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AlwaysLS » 07 avr. 2018 - 19:47

Titre : /
Thème (écrit ou image) : Défi Scénaristique : un de vos personnages est malade.
Fandom : HP
Nombre de mots : 375
Personnages : Lucius Malfoy/Narcissa Malfoy
Rating : -12
La porte d’entrée s’ouvrit devant lui. Sa cape noire voletait derrière lui et il n’attendit pas que les elfes apparussent pour jeter sa canne et son long manteau de côté. Il marcha d’un pas vif, gravit quatre à quatre les marches, manquant de tomber à plusieurs reprises, longea les couloirs précipitamment et atteint enfin le second étage. Il ouvrit violement les portes en chêne. Il vit son fils dans son petit lit. Ses cheveux blonds étaient en bataille. Il s’approcha du petit corps et souffla de soulagement en constatant que sa poitrine se soulevait régulièrement. Il s’assit au bord du lit, le garçon, âgé de cinq ans, avait un sommeil agité dû à la fièvre. Son père posa sa main sur le front brûlant pour le rafraîchir et manifester sa présence, comme pour le rassurer.
- Chut, chuchota-t-il. Chut.
Au moment où il déposa un baiser sur le front baigné de sueur, la porte de la chambre s’ouvrit à nouveau.
- Lucius, je suis surprise que tu aies trouvé la chambre de ton fils aussi facilement, déclara la femme sèchement.
Il soupira, mais ne détourna pas la tête de son fils.
- Narcissa, j’ai reçu ton patronus, et je suis venu aussi vite que possible.
- Je vois. Je ne pensais pas que tu t’en soucierais. Mais tu peux repartir à présent. Le Médicomage a dit que c’était une petite grippe. Rien d’inquiétant. Je n’ai pas besoin de toi ici.
Lucius serra la mâchoire, n’appréciant pas le ton employé par son épouse. Il se leva finalement et se tourna vers Narcissa. Son regard s’attarda sur les yeux rougis de sa femme, signe qu’elle avait pleuré, et l’hématome qui ornait sa joue. Elle n’avait même pas pris le soin de le camoufler.
Il s’avança jusqu’à elle, tel un prédateur, la faisant reculer de plus en plus. Il la surplombait à présent. Il la dominait et elle le reconnut en fuyant son regard. Lucius posa ses mains glacées sur les joues de son épouse, tout en prenant soin d’appuyer sur le bleu. Narcissa grimaça de douleur et se résolut à affronter la colère de son mari.
- Insinuerais-tu que je ne me soucie pas de la santé de mon héritier ?
- Pas de la mienne en tout cas...
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Westyversionfrench » 07 avr. 2018 - 19:53

Titre : Vicks
Thème : Un de vos personnages est malade (scénaristique)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1443
Personnages : Ronald Weasley / Draco Malfoy / Eddy (OC)
Rating : Tous Publics
Ron ouvrit un œil en entendant la porte s’ouvrir avec lenteur. Ce n’était décidément pas dans les habitudes de Draco de venir se coucher aussi tard. Pour sa plus grande surprise toutefois, il découvrit une petite forme rabougrie, qui se faufila jusqu’au grand placard contenant leurs vêtements à tous deux. L’elfe de maison, celui qui répondait aux ordres de son mari, sortit de l’étagère un pyjama et une robe de chambre propres et gagna la porte à petits pas pressés. Ron se redressa, déconcerté :
« Eddy ? Aurais-tu vu maître Draco ?
-Oui Monsieur Ronald. Maître Draco a fait aménager son bureau pour y dormir ce soir. » Ron ne put masquer sa surprise :
« Maître Draco serait-il fâché avec moi ?
-Oh non Monsieur. Le Maître veut seulement vous protéger de sa vilaine maladie moldue. » Ron se remémora l’air pâle de Draco au repas, son manque de concentration et la sueur sur ses temps. Nul doute qu’il avait un peu de fièvre et un rhume. Il se leva et intima au petit domestique :
« Laisse tout ceci à sa place. Je vais raisonner le maître. » A part, il marmonna :
« Qu’est-ce que c’est que ce bon sentiment ? Cet elfe se moque de moi. »

Il parcourut le long couloir qui menait à l’escalier désservissant les étages, et une fois au niveau inférieur, il toqua à la jolie porte d’un vert pâle.
« Draco, t’es là dedans ? » Une faible voix lui demanda d’aller se faire foutre, un peu trop sèchement, suivie par une crise de toux inquiétante. Ron entra, craignant un instant de recevoir un sort, et découvrit son époux de convenance, allongé sur le canapé inconfortable dans un angle de la pièce. Il était enroulé dans une couverture bien maigre et son nez, écarlate, luisait comme un phare dans la nuit. Ron s’approcha à grands pas, le petit elfe se confondant en excuses dans son dos. Apeuré, Draco cria :
« Ne m’approche pas ! Je suis contagieux !
-C’est sûrement un gros rhume. Rien que mon système humanitaire ne puisse supporter.
-Ton sys-quoi ?
-C’est moldu. Hermione m’a expliqué. On a tous comme des petits aurors dans notre corps qui combattent les maladies à coups de sortilèges. Plus ils combattent, plus ils sont efficaces contre la maladie. Les miens sont rompus aux rhumes. Papa nous a souvent emmené chez les moldus pour les vacances et Fred et George ramenaient souvent des micropes.
-Je dois perdre la raison, rien de ce que tu dis n’a de sens. » Ron éclata de rire.
« Mais non. Toujours à exagérer. Les mircopes, c’est un peu comme des mages noirs, ils essaient de t’imposer la maladie, c’est leur idéal. » Il se rendit compte en parlant qu’il n’avait peut être pas bien choisi son exemple, quand, inconsciemment, Draco accorda un regard à son bras, caché par un pull, sur laquelle était toujours la Marque des Ténèbres.

Renouvelant son entrain, Ron lui tapa sur l’épaule, s’octroyant un regard noir :
« La bonne nouvelle pour toi, c’est que je sais comment te soigner.
-Il existe des potions pour les maladies moldues ? » s’informa l’ancien serpentard avec espoir. Ron secoua négativement la tête.
« Non. Mais ma mère m’a souvent soigné. D’abord, tu vas cesser d’être irrationnel et me suivre jusque dans notre chambre. Ensuite, tu vas grimper dans le lit, et Eddy apportera des coussins et des couvertures supplémentaires. Le reste, je me débrouille. » Il dut presque le pousser pour le faire regagner leurs quartiers, mais mollement, Draco se laissa faire, bien qu’en marmonnant tout le long du trajet. Une fois installé contre trois gros oreillers moelleux, recouvert d’un gros édredon et deux trois fourrures épaisses, il fixa son consort avec un air furieux. Celui-ci ne se démonta pas et s’approcha de la cheminée, l’air déterminé. Il jeta la poudre dans l’âtre et chuchota :
« Le Terrier. »

Quelques instants plus tard, le visage sommeillant de Molly Weasley apparut dans l’âtre.
« Ron, mon chéri ? Il s’est passé quelque chose ? » Depuis qu’il vivait au Manoir, ses parents s’inquiétaient dès qu’il entrait en contact avec eux.
« Tout va pour le mieux. Dis-moi, est-ce qu’il te reste du thym, du miel et des tisanes pour le rhume. Draco a pris un coup de froid hier. » Le soulagement se peignit sur les traits de la matriarche et elle sourit :
« Je te prépare un panier et je te l’envoie dans quelques minutes. Je t’écrirai tout sur un papier, ce sera plus clair.
-Je t’aime maman. » Draco, dans le lit, sursauta. Il ne se serait jamais autorisé une telle familiarité avec sa propre mère. Les témoignages d’affection chez les Weasley, l’intriguaient autant qu’ils l’inquiétaient. Est-ce que Ron se montrait sympathique seulement parce que malgré eux, ils devenaient une famille ? Cette idée, pour une raison obscure, l’effrayait. Alors que Ron rajoutait du bois dans la cheminée pour faire monter la température de la pièce, Molly Weasley leur fit parvenir un petit paquet garni, et une lettre longue comme un essai de Potions. Son fils la remercia à nouveau et leur conversation prit fin.

Ron s’approcha du lit, lut à voix basse les instructions transmises et piocha un petit sachet d’herbes. Il conjura une bouilloire qui prit place dans l’âtre et commença à siffler après quelques instants. Puis, en attendant que l’eau soit prête, il tendit une orange à Draco.
« Mange ça. Il y a des mitavines dans les agrumes d’après ma mère. C’est comme si tu donnais aux anti-ports de ton corps des armes pour lutter plus efficacement contre la maladie. » Draco regarda le fruit et grimaça. Ron fronça les sourcils quand Eddy, qui restait à disposition, proposa :
« Peut être qu’Eddy pourrait éplucher l’orange pour le maître ». Ron posa ses mains sur ses hanches en souriant.
« J’aurais dû me douter que tu ne savais pas à quoi ressemblait une orange tombée de l’arbre. » Draco accepta le fruit une fois qu’il fut épluché et le grignota faiblement, se plaignant de l’acidité et du jus qui coulait sur ses mains. Quand il eut fini, Ron lui tendit la tasse.
« J’ai mis du miel en plus des herbes. Ça va te réchauffer et apaiser ta gorge. Tu peux attendre qu’elle refroidisse un peu, mais je te conseille de boire le plus chaud possible si tu veux des résultats. »

Tandis que Draco soufflait sur son breuvage et l’avalait à petites goulées, Ron faisait le tour du lit pour prendre place à ses côtés. Considérant qu’il avait trop chaud à cause des couvertures, il ôta son pyjama, ne restant qu’en sous-vêtements. Draco, d’une voix blanche, demanda :
« Qu’est-ce que tu fais ?
-T’es gentil mais je ne suis pas fiévreux. Alors si je ne veux pas mourir étouffé, je dois me mettre à l’aise. » Draco resta muet, perturbé. Il refusa de regarder le corps dénudé, qui sous les menaces de l’âtre, se teintait d’arabesques. La tisane lui avait un peu éclairci les idées et, face à cette proximité, il aurait préféré rester vaseux. Ron constata qu’il avait fini de boire et lui tendit un petit pot.
« C’est un baume, tu dois l’étaler sur ton torse.
-Pardon ?! » Ron sourit.
« C’est pour t’aider à mieux respirer. Tu peux t’en passer mais tu risques de mourir dans ton sommeil. » ça avait l’air faux, mais Draco ne voulait pas tenter sa chance. Il regarda l’elfe de maison, ses longs doigts tortueux et pâles et se résigna. Il ne voulait pas que la créature le touche. Il voulut ouvrir la chemise de pyjama, mais ses forces lui manquaient. Après dix minutes, il n’était qu’à la moitié du vêtement et, totalement essoufflé. Ron, qui somnolait déjà, se força à se redresser. Il soupira longuement et, un sourire endormi au coin des lèvres, approcha ses mains de lui. Il déboutonna le vêtement et amusé, remarqua :
« Y’a pas à dire, tout seul, là dehors, tu tiendrais pas deux jours. » Il écarta les pans du vêtement, ouvrit le pot, plongea deux doigts à l’intérieur et posa une noisette sur le torse pâle. Draco frissonna à son contact et le rouquin ne sembla pas le remarquer. En de lentes pressions circulaires il fit pénétrer l’onguent dont l’odeur piquait le nez du malade.

Le massage doux, le crépitement de la cheminée, et l’entêtant parfum eurent raison des dernières forces de Draco qui s’assoupit. Aux prises avec Morphée et une gratitude nouvelle, il ne réalisa pas qu’il murmurait un maigre merci en posant sa main sur celle de Weasley.
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Carminny
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Carminny » 07 avr. 2018 - 19:56

Titre : Antoine et Pia
Thème : Défi scénaristique: un des personnages est malade.
Fandom : /
Nombre de mots : 208
Personnages : Pia, Antoine
Rating : /
Pia faisait les cent pas dans le couloir. Cinquante vers la gauche puis cinquante vers la droite. A ce moment elle était revenue devant la porte désespérément fermée. Elle voulait que cette porte s’ouvre enfin. Elle ne supportait pas de savoir qu’Antoine était de l’autre côté et qu’elle ne pouvait pas être avec lui.
Qu’avaient dit les médecins ? « Il a besoin de beaucoup de calme. » Elle lui en donnerait du calme, elle. Bien mieux que le reste de sa famille qui s’était précipité à son chevet comme des vautours. Des vautours, voilà ce qu’ils étaient. Bon à rien, si ce n’était de ramasser des déchets. Son Antoine n’était pas un déchet ! Pia se mit à grogner rien qu’en pensant à ce qu’ils lui faisaient peut-être subir.
Enfin la porte s’ouvrit de quelques centimètres, juste assez pour que Pia puisse l’ouvrir davantage. Elle se précipita dans la chambre. Ignorant les regards mauvais des autres, elle rejoignit Antoine. Elle lui donna un petit coup dans le bras puis s’installa sur son lit. Tant pis si ça ne plaisait pas à sa famille. Lui en tout cas la caressait d’un air apaisé et lui souffla quelques mots :
- Tu es la meilleure de tous les chiens.
Titre : Silence, le petit poney rose
Thème : Défi scénaristique (un personnage est malade) et stylistique (trois phrases qui se suivent en anadiplose)
Fandom : /
Nombre de mots : 158
Personnages : Silence, son propriétaire et le vétérinaire
Rating : /
Il était une fois un petit poney. Un petit poney rose comme le ciel lors d’un levé de soleil un matin d’hiver. Un matin d’hiver froid et dégagé où notre souffle formait des nuages devant la bouche et où même les rayons de soleil ne parvenait pas à réchauffer notre peau. Notre peau n’était en effet pas protégée par une épaisse couche de poils. Poils qui justement étaient roses dans le cas de ce poney. Ce poney broutait tranquillement sur son pré lorsqu’une porte de voiture claqua et que des voix fortes interrompirent le bienfaisant silence.
- Silence, viens, appela l’un des êtres sur deux jambes en pénétrant sur le pré. Le pré ne l’aide pas à retrouver sa forme, expliqua-t-il à son compagnon.
Compagnon que le petit poney rose reconnu comme étant le vétérinaire. Vétérinaire qui était venu nombre de fois pour le soigner sans succès. Succès pourtant tellement nécessaire pour le petit poney rose nommé Silence.
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selket
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par selket » 07 avr. 2018 - 19:57

Titre : Un trou dans le coeur
Thème (écrit ou image) : défi stylistique
Fandom : HP
Nombre de mots : 127
Personnages : Albus Dumbledore
Rating : -12 ans
Il était estropié. Estropié dans son âme estropié dans son corps. Corps qu’il ne reconnaissait plus depuis l’accident.
Combien de fois c’est t’il répété ce mantra ? C’est un peu comme si il essayait de conjurer la douleur à répéter sans cesse cette litanie.
Mais lui ce qu’il voulait c’est que les autres acceptent enfin son infirmité. Il en avait marre du tabou qui planait autour de l’accident.
Comment sa mère qui en avait voulu à sa famille à la mort de Fred car ils faisaient l’autruche pouvait en faire de même au regard de son infirmité ? Il faut croire que personne n’apprenait de ses erreurs.
Oui il était estropié, oui il lui manquait un bout de bras calciné. Mais c’était mieux qu’une déchirure dans le coeur non ?
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Eejil9 » 07 avr. 2018 - 19:59

Titre : Night 13
Thème : défi stylistique et défi scénaristique (concaténation + héros malade)
Fandom : HP. Crédits paroles = Night 13, Auri
Nombre de mots : 886
Personnages : Luna Lovegood
Rating : /
I walk to the echo of stars
All around me, under me
A bed made of curious cloth



Luna ouvrit les yeux. Elle papillonna un peu de ses paupières ridées, plissées comme du vieux papier jauni. Au début, elle crut qu’elle avait perdu la vue. Cela ne l’aurait pas surprise outre mesure. Autour d’elle, c’était le noir. Un noir d’encre traversé comme un liquide obscur par un essaim d’étoiles. Les étoiles, il n’y avait que les étoiles. Les étoiles, et un ciel de velours s’étendant à n’en plus finir.
La première chose qu’elle remarqua fut que la douleur l’avait quittée. Les sensations s’étaient toutes envolées, sauf la vue. Elle nageait dans un silence sans fin, elle ne sentait rien. Elle s’abîmait dans la contemplation d’une immensité feutrée.

A pillow from a crib
The skies are dark, all of them
Still comforting starlight
Pouring all over this new home
High above


C’était un peu comme si elle n’avait plus de corps pour la retenir sur terre. Un peu comme si elle avait fini par s’envoler, comme si elle avait été un ballon gonflé à l’hélium dont on avait brutalement coupé le fil pour la laisser graviter au-delà de stratosphère.
Le ciel était une couverture de ténèbres, obscure et lumineuse, chaude et accueillante. C’était un nouveau berceau pour son âme, un nid capitonné pour un esprit privé de son corps. Ce corps, elle ne regrettait pas de l’avoir abandonné, loin en dessous, dans cette ancienne demeure dont elle oubliait peu à peu les douleurs pour n’en garder que les douceurs. La douceur de ce ciel unique, noir, multiple dans sa monotonie, était infiniment plus vaste et réconfortait son vieux cœur fatigué.
Elle sentait confusément que c’était là qu’elle vivrait maintenant, étoile parmi les étoiles, silhouette perdue dans un océan d’encre.


Younger than yesterday
I feel no pain, no memory lost
Alone yet with everything
What is this space?


Elle avait été vieille. Elle avait connu l’angoisse d’un esprit ralenti, mais pas assez pour ne pas souffrir de l’apathie d’un corps immobilisé dans une gangue de douleur.
Elle avait toujours cru qu’elle aborderait le grand âge avec philosophie. Même quand elle avait perdu Rolph, elle avait prétendu accepter le cours des choses, ne faire qu’un avec la nature. C’était quand elle était juste un peu plus jeune. À quatre-vingts ans, bon pied, bon œil, elle prétendait aimer la sagesse qui était venue avec la vieillesse. Elle n’avait pas cessé d’être celle qu’elle avait été, femme-enfant, sage-rêveuse, elle n’avait pas cessé d’être étrange. Étrange, sa vie, elle, l’était vraiment devenue quand l’âge avait finalement pris le pas sur son vieux corps. Ce corps était devenu un foyer de douleurs. Ces douleurs, les médicomages leur avaient donné des noms, mais cela ne changeait rien. Luna ne pouvait plus courir les routes à la recherche de l’Enormus à Babille ou du Ronflak Cornu. Elle n’avait plus la force de franchir seule la distance qui séparait la salle de bain de sa chambre à coucher.
Ses fils avaient déplacé son lit dans le salon, devant la fenêtre. Comme ça, elle pouvait regarder le ciel. En été, ils ouvraient les fenêtres pour qu’elle ait l’impression de converser encore avec la lune.
Luna n’avait pas été pas dupe. Elle était vieille, brisée par les ans.

Elle ne l’était plus maintenant qu’elle traversait, toujours aussi immobile, l’espace bourré d’étoiles. Ni vieille, ni brisée, elle avait l’impression qu’elle n’avait jamais été aussi jeune. Son corps ne la faisait plus souffrir, puisqu’il n’existait plus.
Il n’y avait plus personne autour d’elle, elle ne conservait que les souvenirs. Rolph. Lysander. Lorcan. Elle était seule, mais sa mémoire les rendait plus présents que jamais, plus présents que la veille encore. La veille, elle avait trop mal pour se souvenir.

Elle ignorait où elle était, mais elle se sentait vivante, enfin. Vivante, libre et légère, prête à voyager d’un bout à l’autre de l’univers. Comme avant.


Goodnight to an old soul
Goodbye to life once lived
This is my island now
To live it once more
Not long now
This time, this weightless fall
The calming mothers call
Back in time; I'm cleansed and bare
And I see the light
Now I know



Luna saluait sans l’ombre d’un remord son ancienne vie, si tant est qu’on puisse encore nommer vie l’attente douloureuse qu’avaient été ses dernières années. Il n’y avait rien à regretter. Elle avait été heureuse, elle avait voyagé, elle avait aimé, elle s’était battue pour ce en quoi elle croyait. Peut-être n’avait-elle finalement pas accueilli le grand âge avec philosophie, mais ce dernier voyage, elle s’y offrait, absolument.
Son esprit vivait dans les étoiles, îlot de conscience au milieu de l’indicible. Elle avait à la fois l’impression de ne plus avoir de corps, d’être absolument légère, et immobile, et d’accomplir une chute gracieuse et vertigineuse.
Lorsqu’elle fermait les yeux, elle revoyait sa vie en une sommes ininterrompue d’instants heureux. Elle se revoyait enfant, courant autour de ses parents assis dans l’herbe sèche. Elle se revoyait adolescente, à Poudlard, rire avec Ginny. Elle se revoyait avec Dean, à la chaumière aux coquillages. Elle se revoyait, rencontrant Rolph. Elle se revoyait, en train de traverser le monde, de découvrir des créatures incroyables, mystérieuses, fascinantes.
Elle revoyait jusqu’au sourire épuisé de sa mère le jour de sa naissance.

Était-ce cela, mourir ?
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Lyssa7 » 07 avr. 2018 - 19:59

Titre : Lente agonie
Thème (écrit ou image) : Stylistique et scénaristique
Fandom : HP
Nombre de mots : 452 mots
Personnages : Drago Malefoy, Narcissa Malefoy
Rating : Tout public
Il ouvrit les yeux, se brûlant les rétines sur ces lieux familiers qui l’avaient vu grandir. Il avait vécu toute son enfance ici, ainsi qu’une bonne partie de son adolescence. Ses rêves s’étaient vus créés comme brisés entre ses murs, ils étaient nés pour s’éteindre presque aussitôt. Ses espoirs et ses croyances, papillons de nuit devant la flamme d’une bougie, s’étaient consumés. La chaleur, le confort et le luxe dans lequel il vivait n’avaient été que de belles illusions. Belles illusions d’optiques, chimères qu’il pensait impérissables. Impérissables comme l’étaient autrefois la stature imposante de son père, la douce étreinte maternelle. Tout s’était envolé, et il ne restait que des cendres. Cendres de leurs désirs atrophiés qu’ils avaient chèrement payés. Payés par la lente agonie de leur demeure et de ses habitants. Son existence en tant qu’héritier richissime, fils unique choyé, n’était rien d’autre qu’une parenthèse, une apostrophe sans consistance.

– Drago, est-ce que c’est toi ?

Le jeune homme stoppa sa progression, son pied restant en suspension dans les airs. Il était presque deux heures du matin, il avait veillé à ne sortir de sa chambre qu’en étant presque assuré que sa mère dormait. Ce qui n’était vraisemblablement pas le cas. Peut-être songeait-elle à la même chose en descendant dans le salon à cette heure avancée, peut-être ne voulait-elle pas qu’il voie les larmes sur son visage strié de rides trop vite acquises, peut-être préférait-elle se trouvait seule maintenant qu’elle était la seule détentrice d’un futur brumeux. Drago hésita à répondre. Une réponse entraînerait forcément une discussion, et la discussion pouvait laisser échapper quelques confidences malencontreuses. Il n’était pas encore prêt à laisser s’échapper les doutes, les songes mutilés par la pointe funeste d’un destin cruel. Il tenta de rebrousser chemin mais les marches, traîtresses, geignirent faiblement.

– Drago ? J’ai fait du thé.
– J’arrive, Mère, répondit-il dans un soupir las.

Il était las de tout. Las des jours qui se suivaient. Las de cette chambre dont il ne sortait pratiquement jamais. Las des larmes qu’il apercevait dans les prunelles bleues de sa mère. Las d’attendre cette lettre qui leur donnerait l’heure et le lieu de rendez-vous pour se rendre sur l’île d’Azkaban. Il en était malade. Malade rien que de penser à cette visite. Visite qui ne durerait que très peu de temps et qui ne ferait rien d’autre que de les enfoncer tous les trois un peu plus. Ils étaient là-bas eux-aussi. A chaque minute, à chaque seconde. Sans cesse.

– Tu ne dormais pas ? l’interrogea Narcissa alors qu’il prenait place sur l’un des fauteuils en peau de dragon.
– Il me fallait un verre d’eau, mentit-il tandis qu’elle hochait vaguement la tête en tapotant légèrement ses yeux de son mouchoir en lin.
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par BellaCarlisle » 07 avr. 2018 - 20:00

Titre : Avancer
Défi scénaristique ou stylistique : Stylistique
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 457
Personnages : Eden
Rating : Tout public
Je ne sais plus quoi penser. Penser devrait pourtant être si simple. Simple comme un bonjour, simple comme un sourire. Mais même sourire est devenu pour moi une épreuve insurmontable. À quoi bon exprimer une joie que je ne ressens pas, ce serait trop hypocrite, trop stupide. Je me demande si le monde tourne vraiment, si au final le temps ne s'est pas arrêté quand la lumière dans les yeux de Lucian s'est éteinte. Lui, au moins, avait la tête sur les épaules, il ne s'embarrassait pas de belles paroles quand il pouvait dire clairement ce qu'il voulait. Mais c'est désormais un souvenir, comme tout le reste, quelque chose à mettre de côté pour avancer. Sauf que je ne veux plus du tout voir les heures passer, voir ces gens heureux qui se tiennent par la main, voir ces hommes et ces femmes évoquer un lendemain. Tant de fois j'ai réussi à me battre, pour ce que je croyais être bon, mais ce temps est révolu, il n'y a plus de plan de survie, plus de discussions dans le froid d'un sous-sol. Je garde sur mes lèvres la douceur des siennes, je songe encore à ces instants volés, si peu nombreux, avec l'espoir d'un avenir moins sombre que le présent.

Le pire est à venir, je le sens au plus profond de moi. Deux des Aînés Vampires sont morts, le troisième va chercher à comprendre, à trouver les assassins. Je n'ai pas à m'en faire, je suis innocente dans toute cette histoire. Je n'ai pourtant pas la garantie d'une sécurité sereine, chaque coin de rue paraît dangereux, comme un ennemi entier qui agit sur tous les fronts. Je n'ai jamais cru que ce monde m'apporterait un sentiment de sûreté, je n'étais pas folle à ce point, mais avec la situation actuelle, je crains que nous soyons vite débordés par les événements. Je ne connais pas grand-chose de Markus mais le peu que j’ai entendu à son sujet est suffisant pour me faire prendre conscience de l’importance de fuir. Non pas fuir hors des repaires habituels des Lycans, ça ne suffirait pas du tout, mais plutôt quitter ce pays. Voire même le continent si jamais il le faut. Pour l’instant, Xristo refuse d’envisager cette possibilité, prétextant que nous n’avons pas besoin d’aller si loin. Il ne se remet pas des dernières semaines, il n’a jamais envisagé une catastrophe comme celle qui est arrivée.

Je dois avouer que je suis dans le même état que lui, persuadée que je vais finir par me réveiller. J’ai pensé à tellement de choses depuis que j’ai été transformée en Lycan mais pas à la perte de tant de monde. Après Jordan et Meg, ça aurait dû être terminé, sans aucune autre victime.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AliceJeanne » 07 avr. 2018 - 20:10

Titre : /
Défi scénaristique ou stylistique : scénaristique
Fandom : /
Nombre de mots : 680
Personnages : Léna, Lucie
Rating : -12
Le gâteau au chocolat l’observait d’un air menaçant, dardant sur elle un regard empli de pépites envoûtantes l’invitant à la dégustation. Léna cria, repoussant la montagne crémeuse qui se dirigeait vers elle de ses bras tendus. De panique elle ne perçut pas immédiatement la surface dure et froide qu’elle heurta et ce fut uniquement lorsque deux bras luisant d’huile la ceinturèrent qu’elle compris qu’elle était piégée. La pâtisserie laissa soudainement la place à une figure toute de blanche vêtue, chantilly au goût écœurant montée sur une génoise humanoïde. Deux grands bras de pâte de sucre se dirigèrent vers elle, les mains remplies de guimauve s’approchant dangereusement de sa bouche, susurrant à son oreille des incitations à la consommation. L’adolescente hurla.

« Léna ! Léna ! La sauva une voix paniquée tout en la secouant énergiquement.

- Je vais bien Lucie, je vais bien, maugréa-t-elle en se relevant péniblement sur sa table. »

Le visage terrifié de son amie et voisine de cours de mathématiques la fixait fébrilement, sa main toujours sur la sienne tremblante. Devant elle, son professeur, un air pincé, l’air hautain la regardait également.

« Excusez-moi, murmura Léna agacée, je crois que je me suis assoupie.

- Je ne pensais pas que mon cours vous importait si peu. Vous me décevez beaucoup Mademoiselle Martin. Grinça l’adulte alors que les autres élèves de la classe observaient la scène, des sourires narquois plaqués sur leurs visages.

- Je manque de sommeil en ce moment, mentit-elle sous le regard désapprobateur de Lucie.

- Et bien dans ce cas je vous conseille d’aller poursuivre votre sieste à l’infirmerie. Bien entendu tout ceci fera l’objet d’un rapport à votre professeur référent. »

Léna hocha la tête, vaincue.

« Dehors à présent ! »

La jeune fille s’exécuta, son amie la fixant toujours des yeux, impénétrable.

« Oh, et, Mademoiselle Vautier, se tourna-t-il vers Lucie, vous l’accompagnez, ce serait dommage qu’elle se perde sur le chemin voyez-vous. »
La brunette obéit et d’un geste se voulant discret rétablit l’équilibre incertain de son amie en poussant délicatement son coude, la soutenant dans le même temps.

Une fois dans le couloir, Léna laissa tomber le masque de force qu’elle arborait en public pour revêtir celui de résignation qui ne la quittait jamais depuis des mois. Sa démarche assurée devint tremblante, son dos droit se courba et alors que Lucie menait la marche en silence elle implora une pause. La plus jeune accepta et alors que l’adolescente se laissait descendre sur le sol, haletante et pale comme un linge elle tourna un regard luisant vers elle.

« Qu’est-ce que tu as Lucie ? Je vais très bien, je me suis juste endormie, qu’est-ce que tu imagines encore ?! S’énerva-t-elle.

- Rien… rien, je n’ai rien dit se défendit la jeune-fille en contenant les larmes qui menaçaient de poindre. »

Au bout de quelques secondes cependant, Lucie rendit les armes, se laissant à son tour tombée sur le sol du couloir, s’adossant au mur à la peinture verte écaillée. Léna ne s’en aperçut pas, elle fixait le mur d’en face, son regard vide, hagard, perdu, lointain. Lucie laissa couler quelques larmes, brouillant la vue du corps décharné de sa meilleure amie. Son pantalon flottait, il appartenait pourtant à sa jeune sœur de sept ans sa cadette, on pouvait compter ses côtes alors qu’elle portait un t-shirt de coton épais et un gilet, ses cuisses étaient à peine plus épaisses que ses bras, son dos était vouté, masquant mal l’absence de formes féminines de l’adolescente pourtant en dernière année de lycée. Ses cheveux autrefois brillants étaient ternes, à l’instar de son regard éteint de sa peau cireuse, ils tombaient en quantité, chaque jour un peu plus. Ses pommettes étaient inexistantes, creuses, laissant deviner aisément ses zygomatiques. Elle ne pesait pas plus lourd d’une fillette pré-pubère et d’ailleurs c’était tout comme.

« Tu es malade Léna, chuchota Lucie.

- Non, grommela l’intéressée, tu dis n’importe quoi, je vais très bien. »

Plus aucun mot ne fut échangé et seuls les sanglots de Lucie, résonnant sur les murs perturbèrent le silence.
Dernière modification par AliceJeanne le 07 avr. 2018 - 20:46, modifié 1 fois.
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AlwaysLS
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AlwaysLS » 07 avr. 2018 - 20:26

Titre : Subir et supporter.
Thème (écrit ou image) : Défis stylistique : Une allitération doit se sentir dans votre texte.
Fandom : HP
Nombre de mots :151
Personnages : Narcissa Malfoy
Rating : -12
Narcissa ouvrit un œil avec difficulté, puis l’autre. La douleur irradiait son corps, son dos, ses bras. Cette vielle amie prenait possession d’elle, de sa chair, de son sang. Encore une fois. Elle grimaça. Les larmes lui montèrent aux yeux et menacèrent de couler. Une larme roula le long de sa joue, dessinant une trainée humide sur sa joue d’albâtre, caressant l’ecchymose qui apparaissait peu à peu. Une autre suivit la première.
- Relève-toi, ordonna Lucius sans la regarder.
La jeune femme agrippa le coin de la table en bois de cerisier qui ornait le petit salon d’hiver. Elle se hissa tant bien que mal sur ses jambes. Elle devait se tenir droite, comme on le lui avait appris. La jeune épouse Malfoy ne devait pas broncher. Subir et supporter sans rien dire, sans aucune protestation. C’est qu’on lui avait toujours enseigné. Elle était une Sang-Pur et elle devait le montrer.
" Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel?"
Albus Dumbledore, HP 7


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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Westyversionfrench » 07 avr. 2018 - 20:28

Titre : Lâche et Ambitieux
Thème : Votre personnage est face à un dilemme (scénaristique)
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 443 mots
Personnages : Percy Weasley
Rating : Tous Publics
Poudlard était attaqué. Percy resta assis, face à un agent du Ministère dont il avait oublié le nom, le regard dans le vide. Son école était en péril, ses frères et sœur étaient en péril, ses parents sans doute. Il jeta un regard vers les piles de dossiers qu’il devait traiter. Pas besoin d’en ouvrir un pour savoir ce qu’il contenait, c’était simple. Toute la vie d’un ou une sorcier/e déclaré/e suspect/e en raison de son lien de parenté récent ou ancien avec un ou plusieurs moldus. Il avait participé à leur convocation au moins, à leur jugement inégal, au pire. Aucun n’avait été exécuté dans les murs du Ministère, il s’était longtemps rassuré avec cette idée. Il se bornait à croire que les kidnappings sauvages étaient du fait d’individus condamnés par le gouvernement. Alors pourquoi avait-il pris le risque, à quelques reprises, de détruire discrètement quelques profils d’inconnus ? Pour se donner bonne conscience ? Trois sorciers non inquiétés pour des centaines d’autres déchus de leur dignité ? ça ne comptait pas, il le savait. Et quelles preuves avait-il ? Aucune.

Son collègue agita devant lui un ordre écrit en lettres de sang sur du parchemin jauni.
« Weasley. Êtes vous prêts à superviser l’évacuation des suspects ? On prévoirait de les libérer pour prendre part à la bataille. Une mesure honorable mais au vu de leurs affiliations… Ce serait risqué. » D’un côté, il suivait les ordres de son chef, et en cas de victoire de Voldemort, il ne serait pas inquiété. C’était l’issue la plus plausible. De l’autre, une réconciliation in extremis avec sa famille, si les choses tournaient mal. Il se racla la gorge, se leva, et d’une voix morne, il annonça :
« Non.
- Que dites-vous ?
- Non. Je ne suis pas prêt. Je refuse de cautionner une dictature.
- Que racontez-vous Weasley ?! Reprenez-vous ! » Percy s’accrocha aux branches de ses lunettes avant de saisir sa baguette et de la pointer sur l’agent anonyme. Alors que celui-ci s’apprêtait à lancer un sort, Percy le désarma et sans attendre, le ligota. D’une voix ferme, il énonça :
« Je suis un lâche. Je suis un bureaucrate ambitieux. Je suis pédant et égoïste. Mais je ne suis pas un meurtrier. Je refuse que mon nom soit associé à un génocide. » Il tourna le dos à son collègue et sortit de son bureau.

On le rattrapa dans le couloir, le fit se retourner, le questionna.
« Weasley, où allez-vous ?
-A Poudlard. » Il les repoussa, et après un instant, un terrible instant de doute où il fut prêt à flancher, il transplana. Advienne que pourra.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AliceJeanne » 07 avr. 2018 - 20:43

Titre : Pistache ou praline?
Thème : scénaristique
Fandom : /
Nombre de mots : 373
Personnages : Alice
Rating : /
Alice avança sa main vers la boite, amorça le geste de préhension mais le suspendit en proie au doute. Praliné ou nougatine ? La jeune-femme fronça les sourcils, dubitative. Elle calcula mentalement le nombre qu’elle pourrait en prendre sans avoir l’air de vouloir tous les tester ; rapporté au nombre de personnes dans la salle de pause ce nombre devrait s’élever à trois. Il y en avait trop de sortes différentes et Alice les aimaient tous. La plupart étaient noirs mais elle raffolait beaucoup plus de ceux au lait. Elle pouvait éliminer les blancs à la liqueur, vus et revus, ce n’était pas la peine de gâcher une occasion avec. En revanche ceux aux éclats de noix et à la fine dorure citronnée avaient l’air exceptionnel. Ceux aux brisures de spéculos et aux notes de pistache semblaient cependant très prometteurs et Alice adorait la pistache. Il n’y en avait que deux alors que ceux à la ganache fruitée étaient beaucoup plus nombreux. Elle pourrait choisir ceux là au prochain tour de table de la boite.

Premier raclement de gorge.

Alice se baffa mentalement, nombre de ses collègues louaient les délices des chocolats aux fruits, alors qu’elle était la seule à apprécier la pistache à sa juste valeur, c’était donc les fruits qu’elle devrait prendre en premier, puis la pistache et enfin la nougatine. Un regard en biais lui indiqua qu’il y en avait également au caramel, fichtre ! Elle allait devoir revoir l’ensemble de ses calculs afin de ne pas être déçue. Son estomac commença à se tordre, elle était incapable de trancher entre les différentes gourmandises.

Deuxième raclement de gorge suivit d'un soupir agacé.

« Bon Alice, tu te décides ?! Tu ne joues pas ta vie là, c’est juste un chocolat ! »

La jeune-femme releva la tête pour constater que l’ensemble de ses collègues l’observait, les uns souriants, presque moqueurs, les autres exaspérés. C’était toujours la même rengaine, pour tout et n’importe quoi, elle était incapable de se décider en moins de dix minutes d’intenses réflexions.

D’un geste rapide elle s’empara du premier chocolat qui lui tomba sous la main, rougissant de honte et de confusion alors que Nadine faisait passer la boite à Richard. Coup de chance, pistache !
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Seonne » 07 avr. 2018 - 20:45

Titre : Les Veuves qui vivent au vent
Thème : Défi stylistique de 21h (allitération)
Fandom : Original
Nombre de mots : 849
Personnages : Martha, les Veuves
Rating : TP
Martha serra le lacet de son bonnet, les mains tremblantes. Elle aurait tout donné pour s'échapper. Pour faire machine arrière. En se regardant dans la glace, elle voyait une enfant déjà vieille. Vingt-trois ans, à peine, et déjà des cernes sous les yeux, des plis sur son front, des rides creusant ses joues. Malheureusement, sa peau tirée ne cachait pas les bleus, ne cachait pas les cicatrices. Dans la glace, elle voyait une femme désespérée.

Désespérée, elle avait cru l'être. Pourtant, désormais, elle comprenait la véritable nature du désespoir.

Elle avait cru que rien ne pourrait être pire. Comment pouvait-on tomber plus bas qu'une femme enfermée chez elle par un mari violent ? Haïe par son fils qui n'écoutait que son père ? Une femme que les autres regardaient à peine, du coin de l'œil, pour s'épargner une vérité qui aurait troublé la quiétude de leur petite existence ? Une femme se maudissait chaque jour de son impuissance, en priant pour que les coups épargnent son fils ?

Oh, idiote. Elle avait cru que rien ne serait jamais pire. Et pourtant.

Du fond de son désespoir, elle avait décidé d'agir. Il avait levé la main sur leur fils ; il était allé trop loin.

Alors qu'il se jetait sur elle comme un bœuf enragé, elle avait attrapé le couteau à sa droite. Elle l'avait simplement retourné vers lui – et il s'y était empalé. Et elle avait été paralysée, incapable de bouger. Heureusement que les cris du petit avaient fini par alerter le voisinage. Elle n'avait pas la moindre idée de combien de temps elle aurait pu restée ainsi, apathique.

Elle aurait dû se douter de ce qui arriverait. Des années dans ce malheur, enfermée dans cette spirale infernale, sans que personne ne vienne l'aider. Elle aurait dû se douter, qu'après avoir commis l'acte impardonnable par excellence, personne ne l'aiderait non plus. Elle avait voulu sauver sa vie, celle de son fils. Et on la condamnait.

La porte de l'entrée s'ouvrit en claquant. Sur le pas de la porte, sa belle-sœur. Elle tenait dans ses bras son fils, son fils à elle.

— Marco !
— Dépêche-toi. L'échafaud t'attend.
— Laisse-moi l'embrasser...

Sans prévenir, elle la gifla, en hurlant que les criminelles n'étaient aimées de personne. Dans ses bras, le petit Marco sanglotait. Martha s’effondra, les joues pleines de larmes. Deux hommes entrèrent et se saisirent d'elle.

Ils la traînèrent sur plusieurs mètres avant que les deux femmes se rendent compte que quelque chose n'allait pas.

— Mais où l'emmenez-vous ? La place du village est là-bas ! C'est là qu'elle doit être pendue !
— Le maire Johansson en a décidé autrement.
— Mais je... Non ! Elle doit payer pour son crime !
— Et elle payera. Les veuves qui vivent au vent son venues la chercher.

Martha pâlit, hurla de toutes ses forces. Ce groupe de femmes recluses ne vivaient qu'entre elles, cachées au regard de tous. Elles étaient la honte de monde, unies par le même crime. On disait qu'elles s'affamaient et se scarifiaient chaque jour en pénitence. Elle préférait mourir.

Un coup de botte la fit terre. La chaussure frappa sa tête, et elle perdit connaissance.

Quand elle se réveilla, elle se trouvait dans une sorte de roulotte, éclairée aux chandelles. La lumière tamisée la mettait mal à l'aise. Elle avait toujours mal, là où le talon l'avait touchée. Une vieille femme lui tournait le dos.

Martha n'osa pas parler. Après quelques minutes, l'étrangère lui apporta une tisane en souriant.

— Ah, te voilà réveillée.
— Qui êtes-vous ?
— Je suis Victoria, la valeureuse des veuves vivant au vent.
— Laissez-moi partir, supplia immédiatement Martha. Je... je préfère mourir, je vous en prie...

La vieille femme leva la main, lui imposant le silence. Martha était pétrifiée.

— Oublie tout ce que l'on t'a dit sur nous. Nous sommes toutes comme toi : nous ne sommes pas des criminelles. Seulement des femmes désespérée, qui ont choisi de vivre plutôt que de mourir sous les coups.
— Alors... vous aussi vous...
— Pourquoi crois-tu que toutes les meurtrières ne sont pas envoyées parmi nous ? Nous ne voulons pas de monstre ici.
— Et... enfin, vous ne vous faites pas... ?
— Les veuves au vent veulent vivre. Nous voulons voyager, valser, vieillir en paix. Nous sommes un refuge, Martha. Veux-tu vivre ?

La jeune fille ouvrit de grands yeux, quelque peu perdue par ce discours atypique. Il n'y avait qu'une chose dont elle était sûre. Pour la première fois en sept ans, elle avait retrouvé la couleur de l'espoir.

— Oui ! s'écria-t-elle, emplie d'une vigueur nouvelle.
— Alors, que vivent les veuves !

Une autre femme entra, et lui assura que tout lui serait expliqué en temps voulu. Alors qu'on pansait ses blessures, Martha avala sa tisane.

— Et mon fils ? Le reverrait-je ?
— Bien sûr. Mais ne t'inquiète de rien pour l'instant. Dors, enfant.

Sa dernière pensée fut que la tisane avait tout de même un goût étrange. Et Martha sombra dans un sommeil paisible, agréable.
Un sommeil empli d'espoir.
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Lost Greenie
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Lost Greenie » 07 avr. 2018 - 20:49

Titre : Fête ou cérémonie?
Thème (écrit ou image) : Votre personnage se trouve face à un dilemme
Fandom : El dorado
Nombre de mots : /
Personnages : Tulio et Miguel
Rating : Tous public
Le chef de la cité d'or leur proposait un splendide accueil, persuadé qu'il était que les deux hommes se tenant devant lui étaient des dieux. Il faut dire que l'éruption du volcan tout à fait hasardeuse leur avait été fort profitable. Quelle veine!

Ravis de leur chance inouïe, les deux espagnols faillirent manquer la question que leur posa le chef:

- Désirez-vous une immense fête pour votre arrivée parmi nous, ou une cérémonie plus traditionnelle?

Leurs quelques secondes d'hésitation leur sembla durer une éternité, tandis qu'ils se regardaient d'un air interrogatif.

Comment choisir entre les deux propositions, l'une comme l'autre si tentante et intéressante? La première option sentait la joie et l'amusement à plein nez. Une fête aztèque nom d'un cheval! Cela ne se vivait pas tous les jours, d'autant que celle-ci serait en leur honneur. Mais d'un autre côté, une cérémonie rituelle serait si passionnante à découvrir! Ce serait dommage de s'en priver.

Puis, comme une illumination, leur vint la réponse. Après tout, ici ils étaient des dieux.

- Les deux! Lancèrent-ils en coeur.

- Ouaip, les deux c'est bien. Acquiescèrent-ils à nouveau, satisfaits.

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Eejil9 » 07 avr. 2018 - 20:49

Titre : Night 13 (deuxième partie)
Thème (écrit ou image) : Défi stylistique : une allitération.
Fandom : HP
Nombre de mots : 908
Personnages : Luna Lovegood
Rating : /
They left me with a softest bed
A whitest cloth for a waiting dead
A light to pride and the frequent night
An apple for a thirsty bite
A clean slate, a newborn mind
Brightest blue, purple moon
Life once lived now understood
High above



Quand Luna fermait les yeux, elle revoyait son ancien corps toujours immobile, toujours allongé dans ce lit-prison en face d’une fenêtre qui n’était qu’une illusion de liberté, ce vieux corps brisé, couvert d’un linceul. Des chandelles lévitaient dans le salon à l’obscurité familière, elles éclairaient de leur lueur tremblotante les silhouettes éplorées de Lorcan et Lysander. Ils étaient vieux, eux aussi, mais pas encore brisés. Ils étaient beaux jusque dans le chagrin. Luna n’avait plus de corps mais elle sentait comme une bouffée de fierté monter dans le souvenir de sa poitrine, quand elle pensait à eux. Mais elle ne parvenait pas à partager la tristesse de ses fils, elle était détachée de tout cela. C’était comme si son esprit à la dérive avait cessé d’être attiré par le monde qu’elle avait quitté. Elle poursuivait une course rectiligne et uniforme qui l’éloignait de son ancienne vie, à chaque instant un peu plus. Elle était insensible à qui la pleurait.
Ou plutôt, elle était heureuse. Elle se sentait plus vivante que jamais, légère, libre. Elle avait l’impression de revivre à nouveau, maintenant qu’elle avait embrassé d’un regard ce qui avait été sa vie. Elle avait compris. Elle était prête à trouver un nouveau chemin.
Comme si l’univers avait suivi le cheminement de ses pensées, il se mit doucement à chanter. Au début, c’était un chuchotement ténu, un chuintement étrange qui se muait peu à peu en chant rempli de couleurs chatoyantes.
Les sensations se mélangeaient. Les notes étaient bleues, mauves, roses, jaunes. Les étoiles se mettaient à rire. Cela n’avait plus d’importance.
Luna était prête.


Tonight I will make the leap
Deep down to the night unknown
That's why they put me here
They, they...



Elle savait ce qui l’attendait désormais. Entre les étoiles dans cette marée obscure, elle allait entrer en mouvement. Comme une planète en quête de trajectoire, elle trouverait son ellipse bien à elle, offrirait sa course au dédale de l’univers.
Son corps n’existait plus. Le temps ne coulait plus. Et pourtant, elle sentait au fond d’elle-même qu’elle n’allait pas rester pour toujours au milieu de ces agréables ténèbres capitonnées. Les chants s’étaient tus, mais elle sentait comme une pulsation, comme un afflux d’énergie qui résonnait en elle, comme l’ombre d’une autre vie qu’elle devait gagner, au risque de se perdre. Pour cela, il suffisait qu’elle se laisse aller. Qu’elle bondisse d’une réalité à une autre.

Elle ne sortirait pas de cette torpeur enténébrée de gaieté de cœur. Elle était bien dans cette tiédeur, dans cette obscurité liquide et accueillante. Elle était fatiguée. Elle avait assez souffert, elle aurait voulu profiter un peu de l’énergie qu’on lui offrait, de cette seconde jeunesse atemporelle parmi les étoiles. Mais elle devait partir. Déjà.
Cela faisait une éternité qu’elle errait entre les clartés de cet univers sans lunes. Elle devait s’en aller, pour dire adieu à ses souvenirs. Pour revivre.

C’était pour cela qu’elle était là.
C’était ce qui l’attendait.


Goodnight to an old soul
Goodbye to life once lived
This is my island now
To live it once more
Not long now



Quand elle fermait l’esprit désormais, elle ne pouvait plus voir son corps sous le linceul. Lysander et Lorcan avaient quitté la périphérie de son esprit. Il n’y avait plus que l’obscurité et les étoiles. Elle s’y sentait chez elle, mais elle avait l’impression que l’univers autour d’elle la poussait lentement, comme pour l’expulser en dehors du cocon feutré et sombre qu’il avait forgé pour elle. La pulsation devenait de plus en plus forte, et Luna pouvait entendre l’écho de paroles indistinctes.
Dans l’âme de Luna régnait l’ombre d’une appréhension. Elle savait. Elle avait vécu, revécu, il était temps d’effacer ce qui lui restait au fond de l’esprit. Elle ne souffrait plus. Elle oubliait peu à peu qu’elle avait souffert. Elle oubliait son nom, sa vie, les errances de son cœur et les certitudes de son esprit. Elle faisait une cure d’amnésie pour se préparer à l’imminente métempsychose. Il fallait se dépêcher, bientôt…
Bientôt…


This time, this weightless fall
The calming mothers call
Back in time; I'm cleansed and bare
And I see the light
Now I know



Qui était-elle ? D’où venait cette force qui tentait de l’extraire de sa torpeur ? Elle avait l’impression qu’une porte s’était ouverte, qu’elle menait de l’infinité de l’univers vers un monde restreint, douloureux, hostile. Elle avait l’impression qu’il n’y avait pas d’autre voie. Elle devait faire ses adieux, à son ancienne vie.
Quelle vie ?
À son ancien nom.
Quel nom ?

Elle devait saluer une dernière fois l’encre tiède dans laquelle elle baignait. Les lueurs d’un autre monde l’appelaient.


Goodnight to an old soul
Goodbye to life once lived
This is my island now
To live it once more
Not long now
This time, this weightless fall
The calming mothers call
Back in time; I'm cleansed and bare
And I see the light
Now I know



Sous la lumière froide du néon d’une maternité inconnue, un nouveau-né, effarouché par le contact glacé de l’air sur sa peau, poussa son premier cri.
Personne ne perçut que cette clameur portait en son sein comme l’écho du chant des étoiles et de l’éclat de la lune.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Lyssa7 » 07 avr. 2018 - 20:50

Titre : Cerise ou bergamote ?
Thème : scénaristique
Fandom : HP
Nombre de mots : 308
Personnages : Drago, Narcissa
Rating : Tout public
[...] Narcissa déposa élégamment le bout de tissu sur le bord de son accoudoir et lui sourit tristement. De ces sourires qui lui fendait l’âme en deux, de ces sourires cassés qu’il ne parvenait pas à recoller. Son coeur se serra douloureusement et il détourna la tête, son regard se rivant sur les flammes de la cheminée.


– Je ne parviens plus à fermer l’œil depuis l’emprisonnement de votre père, murmura-t-elle finalement.
– Je comprends.


Il n’ajouta rien. Il aurait pu lui dire que lui non plus ne trouvait plus le chemin des songes, que les cauchemars dévoraient son esprit la nuit et son âme le jour, mais il se tut. Narcissa se pencha, ses doigts se glissant dans l’anse de la théière afin de se servir une autre tasse de thé. Elle ne lui imposait rien. Elle attendait patiemment qu’il se décide à parler.


– Une tasse de thé ? hasarda-t-elle.
– Oui, merci.
– Celui-ci est excellent. Votre père… l’apprécie énormément.


Elle avait mentionné les goûts de son père au présent et il se retint de lui répliquer que, de là où il était, il ne devait sûrement pas en déguster énormément. La phrase – pernicieuse – s’étouffa dans sa gorge alors qu’il prenait une gorgée du breuvage, faisant rouler les saveurs sur sa langue. Les lèvres de Drago s’étirèrent, tentant de former ce qui ressemblait à de la gratitude, mais il n’en produisit qu’une pâle esquisse.


– Cerise et bergamote ?
– Tout juste, Drago, acquiesça-t-elle en reposant sa tasse.
– Il est délicieux.
– Votre père a toujours eu des attraits très délicats.
– Certes.


Le silence vint recouvrir les banalités et Drago estima que c’était mieux comme cela. Il fallait parfois taire les mauvais souvenirs et savoir revivre les clichés fades du quotidien pour se détacher de l’horreur et des drames. Ils avaient pris le thé dans ce salon bien plus souvent qu’ils n’avaient torturé d’innocents.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par BellaCarlisle » 07 avr. 2018 - 20:59

Titre : Choisir
Défi scénaristique ou stylistique : Scénaristique
Fandom : X-Men
Nombre de mots : 710
Personnages : Erik/Charles
Rating : Tout public
- Tu n’as plus le choix, Charles. Les mutants sont haïs par la population humaine, il n’y a plus que deux camps.

Le professeur baisse les yeux vers ses feuilles, essayant d’ignorer le regard inquisiteur d’Erik. Magnéto est dans son bureau depuis plusieurs heures déjà, tentant de le convaincre d’adhérer à ses idées. Le télépathe n’aime pas la façon de penser de son vieil ami, il le trouve trop amer, trop distant, plongé dans un passé qu’il ferait mieux d’oublier, pour son bien-être mental.

- Cesse de croire que ce monde est soit noir soit blanc, Erik, soupire Charles.
- Voyons, que vas-tu encore me dire ? Que nous devons sourire à nos bourreaux ? Réveille-toi un peu ! Combien d’entre les nôtres ont été capturés, torturés et éliminés ? Je ne veux pas finir comme eux, je tiens à la vie.
- Et tu n’es pas le seul, mais il est inutile de déclencher les hostilités.

Le manipulateur de métal a un rictus agacé, mettant ses mains dans les poches. Quelques objets sur le bureau du professeur vibrent un peu et s’élèvent au-dessus du meuble alors que le télépathe soupire, sachant que son ami est impossible à raisonner lorsqu’il commence à s’énerver. Il actionne l’un des boutons de son fauteuil et contourne son bureau, s’avançant vers Erik qui l’observe sans parler, les yeux plissés en signe de défi. Charles ignore son regard, l’approchant plus encore en plantant ses pupilles dans les siennes.

- Dois-je te rappeler pourquoi Logan est venu du futur ? déclare le professeur Xavier.
- Justement, je pensais que tu aurais fini par te rendre compte de la bêtise humaine. Ces non-mutants ont utilisé l’ADN de Raven pour en faire des armes, pour nous tuer. Alors arrête de dire que nous avons la possibilité de cohabiter avec eux.
- Cet avenir a été modifié, conteste Charles. Raven est une icône désormais, la représentante des mutants, celle qui est la meilleure d’entre nous.
- Pendant que je ne suis considéré que comme étant un tueur, n’est-ce pas ? s’irrite Erik. Elle est le modèle à suivre et je suis celui à détruire, parce que je suis trop dangereux. Je comprends ton point de vue Charles mais je ne le partage pas. Tu as toujours cru que nous serions acceptés de tous, mais regarde autour de toi. Ton école pour surdoués est cachée de tous, tu as trop peur de ce qui pourrait arriver si elle venait à être découverte.

Le professeur pince les lèvres, retenant le commentaire cinglant qui l’anime. Son manoir a été la cible de plusieurs attaques mais ils ont toujours tenu bons malgré les dangers. Mais en lui, quelque chose réagit aux paroles de son vieil ami, une voix qui lui murmure qu’il serait temps de regarder les choses en face et de ne plus se voiler la face. Il y a eu trop d’expérimentations sur les lueurs, Erik a raison sur ce point. Remarquant le trouble dans les yeux de Charles, l’autre mutant s’adoucit et s’accroupit pour se mettre à sa hauteur.

- Je ne te demande pas de choisir tout de suite, mon ami, mais je n’ai pas prévu d’attendre encore des mois avant d’agir. Dans deux mois, les fêtes de Noël rassembleront assez de monde dans les rues. Ce jour-là, je serai à leurs côtés et je ferai passer mon message à tous les mutants, avec ou sans toi. Mais j’aurais préféré que tu sois là.

Tout en se relevant, Erik pose ses mains sur les genoux de Charles et rapproche leurs visages. Leurs lèvres s’effleurent, d’abord doucement, puis le télépathe approfondit le baiser en un geste de désespoir. Il sait que dès que son ami franchira la porte, plus rien ne sera comme avant, parce que leurs chemins se sépareront, sans doute pour longtemps. S’ils se retrouvent, ce sera dans le sang et la vengeance, comme le jour de leur rencontre.

- Viens avec moi, murmure Magnéto contre ses lèvres.

Mais le professeur fait semblant de ne pas l’entendre, l’embrassant à nouveau. Ce moment, il veut le voir durer une éternité, profiter de la compagnie d’Erik sans conflit autour d’eux, sans ce monde divisé entre mutants et non-mutants, sans pouvoirs qui brisent des familles. Mais ce n’est qu’une utopie ridicule.
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ninipraline
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par ninipraline » 07 avr. 2018 - 21:17

Titre : écho
Thème (écrit ou image) :
• Défi stylistique : Ne pas écrire de phrase de plus de 15 mots.
• Défi scénaristique : L'art (musique, peinture, dessin, chant, poésie etc...) doit être présent dans votre texte.
Fandom : Original
Nombre de mots : 100 mots
Personnages : "il" anonyme
Rating : Tous public

L’air tournait dans sa tête. Il reconnaissait chaque note, chaque accord. Il avait passé beaucoup de temps avec cette chanson. Il se rappelait. C’était une chanson. Et une voix rauque accompagnait les guitares sèches. C’est ça, des guitares sèches, un harmonica, peut-être aussi une basse. Il n’était plus très sûr. Mais la voix rauque, il l’entendait encore murmurer à ses oreilles. Cette chanson était si prenante, vivante, émouvante. Elle résonnait encore en lui, palpitait même. Chaque accord, chaque note étaient encore inscrits en lui. Dans son corps, dans son cœur, dans son âme, elle résonnait. Mais qu’avait-il fait des paroles ?
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Westyversionfrench » 07 avr. 2018 - 21:32

Titre : 4 poils dans un flacon
Thème : L’art doit être présent dans votre texte (scénaristique)
Fandom : Original
Nombre de mots : 502
Personnages : Mycroft / Eddy
Rating : Tous Publics
« Mes quoi ? » s’insurgea le jeune flûtiste. S’il n’avait pas une aussi haute conscience de la valeur de son instrument, il aurait brisé le long hautbois en deux. Il était habitué aux bizarreries du sculpteur qui l’avait pris comme modèle. Mais il devait avouer que parfois, c’était trop à tolérer. Mycroft eut le bon goût d’être gêné de sa requête mais la répéta à nouveau, à voix plus basse.
« Je suis en train de préparer les épluchures de bois clair qui serviront de cils et de… d’éléments capillaires à mon faune. J’aimerais, puisque tu n’aimes pas quand je suis trop près, que tu me donnes une fiole avec quelques uns de tes poils. » Eddy éclata d’un rire nerveux. Mycroft sembla vexé.
« Il me faut bien une base sur laquelle travailler. Je sais que je passe pour un illuminé. Mais je veux vraiment que mon travail soit réaliste. Je ne peux pas tailler des poils sans exemple préalable. » Eddy lui fit signe de se taire alors que des étudiants ricanaient en passant près d’eux. Puis, se penchant un peu vers lui, il chuchota :
« Tu ne pourrais pas prendre exemple sur tes propres poils, sans rire ?
-Non. Ça se verrait.
-Qui se préoccupe des poils, sérieux ? »

Le doigt en l’air, Mycroft argumenta.
« Quiconque s’approchera de ma sculpture s’apercevra qu’elle est dotée de poils. Alors, une fois cet élément constaté, on voudra également le critiquer. Ils sortiront leur loupe, et diront ‘Mmmm… La longueur ne correspond pas, la teinte est trop claire, regardez, ils sont trop épais comparé aux cheveux ou aux sourcils’ etc, etc….
-Admettons. » concéda le modèle, piteux. Mycroft grimaça mais insista :
« Ecoute. Je sais que c’est gênant. Mais ce n’est pas un quelconque fétichisme malsain. Je produis une oeuvre d’art. Je veux que ce soit la plus parfaite des œuvres de jeunesse du grand artiste que je veux devenir. Et tu as accepté d’être mon modèle pour ce faune. Si je suis le modèle pour le poil, on verra bien que ça ne s’accorde pas avec ton corps. Je n’aurais alors réalisé qu’un grossier patchwork. » Eddy soupira. Entre ses dents serrées par l’agacement, il demanda :
« Qu’est-ce que tu veux exactement ?
- Il me faudrait trois cils de chaque œil, si possible un des angles et un plus long, du centre. Pareil pour les sourcils. Un poil de nez serait attendu. Un ou deux poils de bras, pareil pour les aisselles, les jambes et le ventre. » Il s’arrêta un instant, hésitant, et d’une voix grave et presque inaudible conclut par :
« Et un ou deux poils pubiens. » Eddy le fixa, attendant qu’il avoue sa plaisanterie. Mais comme il demeurait immobile, se frottant les mains avec embarras, il le poussa et quitta les lieux en jurant.

Le soir, dans la boîte aux lettres de son immeuble piteux, Mycroft trouva une panoplie de flacons d’apparence vide dans une grande enveloppe en papier kraft.
Image avec L'arc du guerrier Od, en Mongolie sorcière ! Image

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LilTangerine
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par LilTangerine » 07 avr. 2018 - 21:42

Titre : Cantate
Thème (écrit ou image) : Défi scénaristique : L'art (musique, peinture, dessin, chant, poésie etc...) doit être présent dans votre texte.
Fandom : HP
Nombre de mots : 100
Personnages : Astoria Greengrass, Anthony Goldstein
Rating : /
Elle avait une voix qui chantait dans le noir.

Aussi fragile que les fleurs qui s'épanouissent à la lueur des étoiles, une mélodie s'échappait de la Tour d'Astronomie, s'interrompant à chaque craquement, chaque murmure. Perchée sous le ciel, elle fredonnait une chanson qui rendait beau le chaos et grandiose la folie. En retour, le vent caressait ses cheveux bruns, traçant dans ses mèches l'empreinte de ses doigts.

- Astoria ! Je suis désolé, je suis en retard...

Sans un mot, elle retrouva les bras d'Anthony, et dans le noir, le silence chantait pour eux.
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Lost Greenie
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Lost Greenie » 07 avr. 2018 - 21:50

Titre : Rebirth
Thème (écrit) : L'art
Fandom : The Evil Within
Nombre de mots :
Personnages : Stephano Valentini
Rating : Tous public

Elle était splendide. Sa nouvelle création se dressait devant lui, autant majestueuse que grotesque, telle un ange macabre. Et elle signifiait tant pour lui. C'était la première oeuvre qu'il avait pu réaliser une fois arrivé à Union. C'était le symbole de sa renaissance en tant qu'homme. En tant qu'artiste. Désormais il pouvait laisser s'exprimer ses émotions, son vécu et sa vision comme bon lui semblerait. Les possibilités que lui offrait le STEM étaient si infinies! Il pourrait réaliser tant de choses désormais. Maintenant qu'il n'était plus contraint par les lois du monde réel, par tous ces philistins qui ne comprenaient rien à son art! Ces neandertals incapables d’apprécier la vraie signification de ses travaux et auxquels il était contraint de se heurter quotidiennement.

Etouffant sa colère, il se tourna à nouveau vers son récent chef d'oeuvre. La créature sans visage qu'il avait créée déployait devant lui ses multiples bras tels d'immenses ailes, une gerbe de sang figé dans le temps par son pouvoir fraichement acquis colorait magnifiquement l'espace qui l'englobait. La robe de sa diva s'étirait en arrière, formant une rose blanche représentant le monde paradisiaque dans lequel il avait été envoyé. La renaissance sanglante de son art, personnifié de la plus belle des manières, tenait entre ses doigts les fils porteurs de quatre corps démantelés flottant sous elle, leur visage remplacé par des bouquets de roses rouges explosant en toutes directions. Elle ferait ce qu'elle voudrait de tous, les vivants désormais réduits à servir l'art, leur identité oubliée au profit d'une cause bien plus grande, leurs visages retirés de la vue d'autrui. Les hommes n'étaient désormais plus que matière première pour exprimer son esthétique si particulière, cela rendu à nouveau par les morceaux de chair informes gisant au sol, tels des chutes de tissu inutilisées.

L'allégorie de son art renaissant éclatait avec splendeur sous ses yeux ébahis. La représentation même de la fragilité humaine et du moment de la mort, l'éphémère figé dans le temps par son appareil au film argentique, tout cela pourrait enfin être réalisé au travers de ses prochaines pièces. Un sourire cruel s'étira sur ses lèvres. Ces néophytes qui avaient tant critiqué son art le serviraient à présent, contre leur volonté, et c'est cela qui rendait la chose plus belle encore.

La fascination pour sa propre création l'emporta à nouveau et il resta ainsi à la contempler presque tendrement. Enfin, il se saisit d'une plaque de cuivre et inscrivit sur sa surface brillante le nom de son nouvel enfant, Rebirth, avant de s'en retourner, un air paisible sur le visage et son appareil à la main. Il pouvait à présent commencer sa nouvelle vie, en véritable artiste.
Dernière modification par Lost Greenie le 07 avr. 2018 - 22:07, modifié 2 fois.

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selket
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par selket » 07 avr. 2018 - 21:57

Titre /
Thème (écrit ou image) : Défi scénaristique : L'art (musique, peinture, dessin, chant, poesie etc...) doit être présent dans votre texte.
Fandom : HP
Nombre de mots : 481
Personnages : Louis Weasley et Ella Jones (OC)
Rating : TP
Il resta là les yeux levés vers le jardin qui flottait au-dessus de la voiture à la contempler. De ce qu'il pouvait voir elle avait les lèvres pincées tant elle s'appliquait à dessiner quelque chose là-bas dans l'horizon. Elle ne faisait pas attention à lui trop occupée qu'elle était à gribouiller sur sa feuille. Il n'avait jamais rien compris à l'art. Ce n'était pas lui l'artiste de la famille. La seule chose qu'il pouvait dire quand il voyait une oeuvre c'était j'aime, je n'aime pas, ça m'émeut, je trouve ça moche. Il ne comprenait rien au charabia de Dom quand elle l'entraînait à la découverte des nouveaux tableaux qu'elle exposait dans sa galerie. Lui quand il regardait la toile accrochée au mur il ne cherchait pas en extirper les secrets de l'artiste. Il regardait et c'est tout.

Mais de voir Alyssum si concentrée dans son art il ne put s'empêcher de faire une analogie avec son travail. Petit à petit il extirpait les secrets oubliés d'anciennes cultures avec une patience et un amour de la découverte qui ressemblait à celui qu'affichait la métisse à cet instant. Les coups secs de crayon sur la toile lui faisait penser à ceux du pinceau sur la terre. Archéologue, peintre au final c'est un peu pareil.
Eblouie par cette évidence nouvelle il se mit à suivre les mains qui traçaient de grandes lignes sur le canson avec un regard neuf. Finalement, l'art il comprenait peut-être ça plus qu'il ne le croyait.


Il n'osait pas lui faire signe, on ne peut pas dire que leur dernière rencontre ai été chaleureuse. Alors, il restait là au pied de cette étrange maison à regarder la fille là haut sur le toit.
Elle ne faisait rien si ce n'est noircir son calepin sans regarder autre chose que ce point fixe dans l'horizon. Stupéfait il la regardait avec curiosité, même Dominique n'était jamais aussi concentrée quand elle peignait alors que dessinait elle avait autant d'applications ?


Elle tenait dans ses mains un crayon qui lui noircissait les mains et laissait des traces noires sur ses joues quand elle décollait les mèches que le vent venait plaquer sur ses joues.
Du fusain, il lui semble que c'est comme ça que ça s'appelle il avait vu les dessins noirs un peu baveux qui était placardé à l'auberge des gens heureux où vivait les parents de la jeune femme.


A y regarder d'un peu plus près elle était un peu étrange Alyssum Thomas. Oui elle semblait différente des autres. Comme Lucy et lui elle avait cette lumière particulière dans le regard.
Elle était bizarre à venir se perdre dans les pleines du Colorado avec sa petite maison roulante tout aussi surprenante qu'elle.
Elle était étrange, mais il ne pouvait s'empêcher de la trouver belle avec ses longs cheveux noirs bouclés qui dansaient dans le vent et ses joues pleines de fusain.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Eejil9 » 07 avr. 2018 - 21:59

Titre : Chanceler
Thème (écrit ou image) : Défi stylistique : phrases de moins de 15 mots
Fandom : Original
Nombre de mots : 881
Personnages : Ariane
Rating : TP
Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.

Ariane ferma la porte de la chambre à coucher. Elle progressa d’un pas chancelant vers le canapé.
Que venait-elle de faire ?
À l’intérieur, elle avait laissé Henri, son mari, en prise avec ses démons. Ses démons à elle. Elle les lui avait jetés au visage, froidement, sans arrière pensée. Pourquoi avait-elle fait ça ?
- Je te trompe, lui avait-elle dit.
Je te trompe, au présent. Avouer, ce n’était pas se repentir. Elle n’avait pas dit « je t’ai trompé », ce n’était pas une erreur ponctuelle. C’était un état, une vérité générale.
« Je te trompe ».
Elle avait lu l’ébahissement dans les yeux clairs d’Henri. Il l’aimait, le pauvre. Il était capable de continuer à l’aimer malgré cela. Cela lui ressemblait bien. Il n’avait pas crié. Il avait juste demandé quand. Avec qui. Combien de fois.
Ariane n’avait pas menti. Toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Avec un homme nommé Théo, parfois avec d’autres. Parfois avec plusieurs en même temps.
Il avait des larmes dans la voix quand il avait demandé pourquoi. Ariane avait haussé les épaules.
- Parfois, changer de cage permet de se sentir un peu plus libre.
Il n’avait pas compris. Ariane soupira. Ce qu’il pouvait être bête.... S’il avait été plus vif, elle n’aurait peut-être pas ressenti le besoin de voir ailleurs. C’était de sa faute.

Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.


Ariane ouvrit un placard et en sortit une couette. Elle arrangea les coussins sur le canapé, s’y installa.
La prise de conscience la frappa comme une gifle. Ce n’était pas de la faute d’Henri. C’était de sa faute, à elle. De sa faute si elle le trompait. De sa faute si elle avait été trop insensible pour le lui cacher. Elle lui avait jeté la vérité au visage. Elle ignorait sans doute qu’il est des vérités qu’on doit atténuer avant de les prononcer. Elle était égoïste. Froide. Haïssable.
Le reconnaître tirait sur son estomac et lui serrait la gorge. Elle avait envie de se recroqueviller et de ne plus jamais se relever. De se faire toute petite pour dissimuler sa honte. C’était la première fois qu’elle avait honte.
Même lorsqu’elle s’était rangée, elle n’y avait pas pensé ainsi. C’était par confort qu’elle avait abandonné la débauche, pas par abnégation.
Elle était égoïste. Froide. Haïssable.
Elle ne trompait pas seulement son mari avec un autre. Elle le trompait dans l’absolu. Elle lui mentait à chaque seconde. Elle vivait avec lui sans lui offrir son vrai visage. Elle trompait le monde entier. Elle se trompait elle-même.
- Ah, tu te croyais maligne, chuchota-t-elle pour elle-même.

Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.


« Je te trompe. » Pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi n’avait-elle pas pu conserver son petit confort ? C’était facile de se couler d’une cage à une autre. C’était plus difficile d’avoir l’impression de chuter.
Les barreaux emprisonnent, mais ils rassurent. Ils enferment mais servent de parapet au bord des gouffres.
Autour d’Ariane, il n’y a plus rien que le vide et l’incertitude. Elle a l’impression que quelqu’un est en train d’essorer son cœur.
- Maman, maman, qu’est-ce qui se passe ?
Il ne manquait plus que cela. Ariane n’aimait pas son mari, mais elle aimait ses filles. Elle ne pouvait pas le leur dire, à elle. Elle aurait dû. « Je te trompe », c’était vrai aussi. Pas de la même façon. « Je te mens », aurait été plus juste.
- Ce n’est rien ma chérie.
- Pourquoi tu dors sur le canapé ? Tu pleures ?

Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.


- Oui, je pleure. J’ai été très méchante avec papa.
« Je te trompe ». Comment transposer ça en mots d’enfants ? Comment dire qu’on a failli en étant conscient de faillir ? Elle reprit d’une voix rauque :
- Il vaut mieux que je le laisse seul pour le moment.
- Il est en colère ?
- Non, il est surtout triste.
- Comme toi ? Il pleure ?
Il y a dans les paroles d’un enfant une simplicité déroutante. Ariane croyait n’avoir jamais rien en commun avec Henri. Visiblement, elle se trompait.
- Oui… Comme moi. Je ne sais pas s’il pleure. Va te coucher maintenant. On en reparlera demain, si tu veux.

Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.


Ariane attendit d’avoir entendu la porte de la chambre se fermer. Alors seulement, elle éclata en sanglots.
La cage était ouverte. Elle n’était pas sûre d’avoir envie de sortir. Pas sûre non plus qu’on n’essaie pas de la pousser dehors. Elle ne savait pas voler, elle n’avait nulle part où aller.

Elle avait avancé. Elle avait progressé. Elle n’était pas sûre d’en être fière. Elle était sûre de ne pas en être heureuse.
Elle aurait surtout voulu reculer.
« Je te trompe ». Les mots résonnaient dans son esprit. Ils cognaient contre les parois de son cœur. Pour la première fois depuis son mariage, elle essaya d’imaginer ce que ressentait Henri. Elle n’y parvint pas.
Elle ne parvenait qu’à se haïr. Et à pleurer.
Elle aurait voulu reculer. Mais la route derrière elle s’était effacée avec les barreaux de la cage. Il n’y avait pas de retour arrière possible.
Elle était égoïste. Froide. Haïssable. Mais le pire était que, maintenant, elle le savait. Et elle regrettait.

Chanceler, chanceler, hésiter. Avancer.
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Ocee
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Ocee » 07 avr. 2018 - 22:00

Titre : Dilemme
Thème : votre personnage est face à un dilemme (21h-22h) (mais écrit de 22h à 23h XD)
Fandom : Nikita
Nombre de mots : 803
Personnages : Birkhoff (& Alex)
Rating : tout public
Birkhoff faisait les cent pas dans sa chambre, en se rongeant les ongles. Il venait de surprendre Alex en train d’avaler un cachet et il en était resté bouche bée. Quel crétin ! Franchement… Qu’est-ce qu’il avait cru ? Qu’elle s’était arrêtée, comme ça, du jour au lendemain ? Parce qu’ils s’étaient rapprochés ? Toutes ces fois où ils avaient fini la nuit ensemble, avait-il cru que c’était suffisant ? Que c’était devenu sa nouvelle et unique échappatoire ? Ce n’est pas parce que, pour lui, ça avait fonctionné, que ça avait marché pour elle, visiblement.

Il avait fui la peine qu’il ressentait en passant du temps avec elle mais il se rendait compte qu’il n’avait pas porté attention à ses sentiments à elle. Trop étonné par l’évolution de leur… relation, il n’avait pensé qu’à son caractère insolite. Et à lui. Il ne s’était pas posé assez de questions sur Alex. Il avait cru à sa bonne humeur a priori retrouvée, à la légèreté de leurs rencontres dans le dos de Nikita et de Michael. Il avait juste préféré oublier ou fermer les yeux sur ce qu’il savait…

Ok, il était peut-être trop dur avec lui-même. Elle était douée pour dissimuler ce genre de choses. Il ne pouvait pas se blâmer entièrement. Mais, quand même ! Elle avait continué sous son nez et il n’avait rien vu. Tu parles d’un « rapprochement » s’il n’était pas capable de discerner à quel point elle était encore en vrac…

Et alors, quoi, maintenant ? Il ne pouvait pas faire comme si de rien n’était, hein ? Devait-il lui en parler ? En parler à Nikki ? C’était quoi, la meilleure solution pour l’aider ?

Malgré tous les moments passés ensemble, jamais Alex ne s’était confiée à lui sur ce sujet, pensa-t-il avec un léger pincement au cœur. Même s’ils avaient convenu que ce ne serait que physique entre eux, il… il lui avait rappelé qu’ils étaient là pour elle ! Ils formaient quand même une sorte de famille, non ? Comment pouvait-elle trahir leur confiance en s’abîmant ainsi alors qu’ils pouvaient l’aider ? Avait-elle peur de leur jugement ? De celui de Nikki et de Mikey à la rigueur, il pouvait comprendre, mais du sien ? Ne lui faisait-elle pas assez confiance pour qu’il l’aide alors qu’elle savait pertinemment qu’il était au courant au début et qu’il avait été cool sur le sujet ? S’il la mettait devant le fait accompli, comment allait-elle le prendre ? Elle ne lui donnait clairement pas l’impression d’attendre qu’on lui tende la main. Ou alors elle faisait parfaitement illusion, une fois encore. Mais quel scénario serait le plus risqué ?

Il avait l’impression que, quoi qu’il fasse, elle le prendrait mal.

Aller droit au but risquerait de la braquer. Elle serait capable de le fuir complètement, de le rejeter en lui riant au nez, prétextant que ça ne le regardait pas et que s’il l’ennuyait encore avec ça, elle finirait vraiment par se lasser de lui. Ou alors elle pourrait nier ? Etre dans le déni complet ? Et alors, qu’est-ce qu’il ferait ? Lui lancer un ultimatum ? Quel poids aurait-il ? Sérieusement, il n’avait absolument aucune idée de ce qu’il représentait pour elle. Parfois il avait l’impression qu’elle l’appréciait sincèrement, parfois il se disait qu’il faisait un transfert de ses propres sentiments qui s’étaient transformés bien malgré lui, et bien plus qu’il ne l’aurait pensé. Elle pouvait tour à tour se montrer reine des glaces comme princesse en détresse, c’était tellement déroutant !

Alors, quoi ? Si la confronter directement le rendait si nerveux, quelle option lui restait-il ? Le dire à Nikita ou à Michael ? Rien qu’à cette pensée, un frisson le parcourut. C’était sans doute la meilleure solution pour qu’elle arrête définitivement. Que l’un des deux prenne les choses en main. Voire les deux. Qu’ils soient tous là pour l’aider. Mais n’allait-elle pas prendre ça comme une trahison ? Tous ligués contre elle ? Ne risquait-elle pas de leur claquer la porte au nez ? Et si elle acceptait finalement l’aide de Nikita ou de Michael, comment réagirait-elle envers lui ?

Argh ! Pourquoi avait-il fallu qu’il fricote avec elle ? Et pire, qu’il s’attache à elle ! Parce que c’était bien là tout l’enjeu de son dilemme actuel. S’il s’était contenté de fricoter comme c’était prévu, jamais il ne se serait posé toutes ces questions. Jamais il n’aurait pris autant les choses à cœur. Ce qui se jouait à présent, quelle que soit la décision qu’il prendrait, au-delà de son bien-être à elle – et de leur sécurité à tous, qui y était liée –, c’était la suite de leur relation, aussi floue et tordue soit-elle. Et, égoïstement, il espérait vraiment faire le choix qui lui permettrait de rester dans les bonnes grâces d’Alex.
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Conte de toujours... Cinq années plus tard... :sifflote: Le Geek & la Belle

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par BellaCarlisle » 07 avr. 2018 - 22:02

Titre : Arts
Défi scénaristique ou stylistique : scénaristique
Fandom : Avengers
Nombre de mots : 805
Personnages : Tony/Vision/Rhodey/Wanda
Rating : Tout public
- Et vous heures propices, suspendez votre cours. Laissez-nous …
- Stop c’est bon, on a compris ! intervient Tony.

Une clef à molette dans les mains, le génie philanthrope menace Vision. Ce dernier l’observe avec surprise, sans comprendre pourquoi son créateur l’interrompt de cette manière alors qu’il est en train de déclamer un poème à Wanda. Il a passé la nuit à chercher de la poésie à travers le réseau d’internet, éliminant certains chefs d’œuvres pour s’intéresser de plus près à d’autres. Même s’il a fait de belles découvertes, il a eu un coup de cœur pour un auteur français, un certain Lamartine, et il a cru que réciter des vers à la Sorcière Rouge serait une belle preuve de ses sentiments. Sauf que l’Iron Man ne voit pas les choses de la même manière et a décidé d’intervenir à sa façon.

- Sincèrement Vision, un poème ? C’est un peu dépassé, à notre époque. On ne récite plus aucun poème maintenant.
- Toujours en train de contester les avis des autres, Stark, réplique Wanda en lui jetant un regard noir.
- Tu ne vas pas me faire croire que ça te plaît, Maximoff ? rétorque Tony en haussant les sourcils. C’est comme si je me mettais à déclamer des vers de Shakespeare à Pepper pour lui exprimer mes sentiments. Ou si on voyait Rogers faire de la poésie pour Barnes.

Il y a un moment de silence et le génie se souvient d’un léger détail. La relation entre le Captain et le Soldat de l’Hiver n’est pas encore connue de toute l’équipe et, à l’expression de Vision et de Wanda, il devine qu’ils ne savent rien tous les deux. La gêne qu’il devrait ressentir n’arrive pas, il hausse les épaules et retourne à son occupation, l’air de rien.

----------


Un portrait est posé dans le hall du quartier général des Avengers et chacun y va de son commentaire. Personne ne peut déclarer qu’il n’est pas beau, les traits sont précis, le visage dessiné est fidèle à l’original et les sentiments de l’artiste sont clairement visibles. Alors qu’il arrive en sifflotant, ses lunettes de soleil sur le nez, Tony s’arrête brusquement devant le tableau peint. Il jette un coup d’œil par-dessus ses verres, esquisse un sourire amusé, sort son téléphone et compose le numéro de Pepper. Cette dernière décroche aussitôt, se demandant pourquoi son fiancé la contacte alors qu’il vient juste de repartir.

- Quelque chose ne va pas, Tony ?
- On a un artiste dans l’équipe, c’est incroyable.
- Ce ton amusé contredit tes paroles, remarque la femme. Un souci au Q.G ?
- Vision s’improvise peintre.

Il n’a pas hésité une seule seconde sur l’identité de l’artiste. Non seulement c’est le portrait de Wanda et il n’y a que lui pour le faire mais en plus, tout est dessiné au millimètre près – il le sait grâce à Friday qui a déjà analysé la toile. Une partie de lui souffle que c’est un peu gros et qu’il faudra raisonner l’androïde tandis que l’autre partie trouve l’initiative romantique. Pris par une idée de génie – une idée à sa hauteur – il appelle directement Vision.

- J’aurais un petit service à te demander.

Après tout, un petit portrait pourrait faire beaucoup de plaisir à Pepper.

¬--------


- Tony, il va un peu loin non ?

L’Iron Man retient le rire muet qui le secoue, les yeux fixés sur le ciel. Dans les nuages, des trainées de couleur forment un visage féminin reconnaissable entre mille, accompagnées de quelques lueurs rouges. Rhodey est aux côtés de son ami, appuyé sur la rambarde du balcon avec lui, continuant de lui donner son point de vue sur cette œuvre qui est bien visible.

- Je comprends que Vision soit un peu terrifié à l’idée de perdre Wanda et de ne pas pouvoir exprimer correctement ce qu’il ressent mais quand même. On a eu le droit à des poèmes, des tableaux, des chansons, des mots doux disséminés un peu partout dans le Q.G. Fury a fui quand il est tombé nez à nez sur une statue. Tu te rends compte Tony, une statue ! Ce n’est plus de l’amour ou de la dévotion, ça vire carrément à l’obsession. Il nous fera quoi la prochaine fois ? Un film entièrement dédié à Wanda ?
- Il a déjà essayé, marmonne le milliardaire en souriant. Mais il prétend pour l’instant que ce n’est pas assez artistique à son goût. Il a aussi songé à lui construire un temple, Sam est intervenu pour lui faire entendre raison.

Rhodey dévisage son ami sans savoir s’il plaisante ou non. Mais venant d’un androïde comme Vision, tout est possible, et c’est justement cette constatation qui lui tire un frisson. Parce que Vision est capable de tout, du plus petit poème à la plus grande catastrophe interplanétaire.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AliceJeanne » 07 avr. 2018 - 22:06

Titre : /
Défi scénaristique ou stylistique : les deux!
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 808
Personnages : Lucja (OC), Sonia (OC), Viktor
Rating : /
« C’est non Lucja ! Tu n’iras pas à cette audition. »

Le ton de son grand-père est ferme, sans appel. La fillette sent ses yeux s’humidifier. Elle est déçue, pire, triste. Nul ne semble comprendre à quel point la musique est importante pour elle. Ils ne pensent qu’à leur stupide guerre. Guerre qui l’oblige à rester cacher. Encore. Toujours. Malgré les promesses de ses parents rien ne s’arrange. Les humains les traquent autant qu’elle-même piste les notes, volages, rares, précieuses.

Une larme coule sur sa joue. Elle claque la porte, tombe sur le sol, crie. Lucja pleure de rage et de désespoir, fusillant son violoncelle du regard. L’instrument trône près de son lit, la narguant.

Alicia avait promis qu’elle pourrait jouer. Elle avait ajouté qu’elle l’emmènerait pour qu’il n’y ait aucun problème. Mais la chancelière n’est pas là. Son mari non plus. Lucja est seule avec Viktor et il est implacable. De gros sanglots s’échappent de ses lèvres. Elle a mal. Tout son petit être souffre de ne pouvoir se faire entendre.

Respirer. Surtout respirer et se calmer. Pleurer est vain, pleurer ne sert à rien. Hurler non plus, ils n’entendent rien. Ils sont sourds, au progrès, à la tolérance, à la musique. Elle les déteste. Elle les déteste tous. Son grand-père qui la restreint, sa mère absente. Elle maudit sa sœur, partie en douce avec des amis humains. Elle peste contre son frère, figé devant un écran lumineux.

La porte s’entrouvre. Lucja crie de colère. Viktor repart. Il sait qu’elle est déçue, mais c’est pour son bien. Alicia lui a fait promettre de veiller sur ses enfants, il le lui doit bien. La plus jeune se calmera. Une fois la déception passée elle redeviendra souriante, cela ne dure jamais. L’aîné repart, croise une adolescente, lui sourit, disparait. Le Conseil commence dans une heure, il n’a pas le temps de se battre.

Un nouveau coup sur la porte.

« Va au diable Viktor ! Grogne Lucja en pleurant. »

Une silhouette élancée rentre, faisant fie des avertissements, Sonia. L’adolescente entre dans la chambre, referme la porte, s’assoit au sol. Lucja relève les yeux vers elle, détourne la tête, pleure à nouveau. Sonia pose une main réconfortante sur son épaule. Main que l’enfant repousse brusquement. Elle hausse les épaules, se lève, part vers le lit.

« Qu’est-ce que tu fais ?

- Tu as une audition, se contente-t-elle de répondre.

- Fiche-moi la paix, ce n’est pas drôle, renifle Lucja.

- Je ne plaisante pas. Prends tes partitions. »

La fillette ouvre de grands yeux. Sonia s’empare du violoncelle et du manteau de Lucja, ouvre la fenêtre et attend.

« Viens-tu ? »

Une vague de joie déferle dans le cœur de la musicienne. Une douce mélodie résonne dans sa tête, chassant la colère. Sonia est là, devant la fenêtre, prête à bondir. Sa cousine est toujours là, à jamais encourageante et positive.

« Tu vas être en retard Lucja, rit l’adolescente. »

Elle bondit sur ses jambes, fond sur ses partitions, sourit. D’un saut elle est dehors, libre. Sonia atterrit à ses côtés, gloussant, ravie qu’elle soit heureuse. Elle prend un gros risque en cédant à son caprice. Un risque mesuré qu’elle accepte. La musique est son dernier lien avec une humanité qui les rejette, les traque. Parfois même, les Hommes les tuent, femme, enfant, qu’importe, ils sont immortels. Immortels et mortellement reclus, isolés, privés de vie.

Le moteur vrombit, douce symphonie à leurs oreilles. Sonia n’a pas l’âge de conduire. Elle s’en moque, utilise des extensions pour les pédales. Lucja jubile, serre son violoncelle contre elle, exalte. Prochaine étape, le conservatoire ! Prochaine étape la grande scène et tous ses regards.

Ceux de ses parents manquent. Qu’importe ! Sonia est là, comme toujours. Alors que son archet caresse les cordes, elle la voit. Comme une statue discrète, l’immortelle se terre dans l’ombre. Lucja sourit, joue, savoure. L’adolescente épie, incapable de totalement se détendre. Elle donnerait tellement. Tellement pour tout simplement profiter de la mélodie de l’instant. Mais elle ne peut se le permettre. Dans l’ombre d’une poutre on les surveille. Elle jure, fausse note sur la portée harmonieuse. Dès le morceau de Lucja achevé il faudra fuir. Encore.

Des applaudissements. Sonia joint les siens au vacarme rythmé, masquant sa crainte à sa cousine. Une larme roule sur sa joue. Tant de beauté cachée. Rêve brisé.

Une partition vole, oubliée. Sonia tire Lucja par le bras. Le violoncelle tombe. Un cri. Une dernière note. Le silence.

Le violoncelle pleure, oublié. L’individu rage, proies envolées.

Lucja serre son archet contre son cœur. Sonia lui promet qu’elle retrouvera un instrument. La fillette chantonne, elle n’a pu jouer qu’un morceau. Pourtant elle n’est pas triste, au contraire le bonheur la comble. Le reste de sa prestation reste pourtant imaginaire. Mais la mélodie à jamais résonne en elle, inachevée pour l’éternité.
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Lost Greenie
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Lost Greenie » 07 avr. 2018 - 22:34

Titre : L'Océan
Thème (écrit) : Une "première fois" doit être au centre du texte.
Fandom : /
Nombre de mots : /
Personnages : OC
Rating : Tous publics

Le vent salé lui fouette le visage et le bateau tangue sur les vagues. Le soleil lui caresse le visage. Assise à la proue, elle rit aux éclats. Le navire file sur l'eau vers l'horizon, le paysage alentours offre un incroyable spectacle, reflété sur les milles et unes facettes du miroir que forme l'océan. La sensation est grisante. Le sentiment qui s'empare d'elle, merveilleux.

C'est la première fois qu'elle monte sur un bateau à voile et à cet instant elle le sait: c'est loin d'être la dernière.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par AliceJeanne » 07 avr. 2018 - 22:36

Titre : /
Thème : scénaristique
Fandom : /
Nombre de mots : 111
Personnages : Il
Rating : /
Tendu il hésite. Il s’avance prudemment, s’enfonçant petit à petit, guettant le moindre signe nécessitant un retrait. Rien, pas la moindre plainte, juste une chaleur humide qui l’entoure. Un frisson le parcourt, l’excitation déjà à son paroxysme l’envahit. Il arrive au but, tranquillement. Lui qui était pourtant si anxieux se sent maître de la situation. Il contrôle. Sa respiration s’accélère, doit-il continuer ? Doit-il s’arrêter et ressortir ? La grotte n’est pas très large, il se sent oppressé et pourtant jamais il n’a était aussi serein qu’à cet instant. Un pied dans le vide le précipite au milieu du lac intérieur, sa première sortie en tant qu’étudiant en spéléologie s’annonce inoubliable.
Titre : /
Thème : scénaristique
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 233
Personnages : Rym (OC), Amir (OC)
Rating : /
Rym reste interdite, silencieuse, aussi émerveillée qu’apeurée par le spectacle enchanteur qui éblouit ses yeux. Les flocons virevoltent autour d’elle, douce danse sur la piste immaculée. De la buée s’échappe de ses lèvres, elle frissonne, gelée. Amir pose une couverture sur ses épaules, paternel. Il rit de l’ignorance de sa jeune amie, lui-même n’étant pourtant pas très familier avec le phénomène naturel recouvrant le paysage scandinave d’une fine couche de poudreuse. Le désert est loin derrière eux à présent, le sable et les chaînes ayant cédé la place aux étendues verdoyantes infinies.

« Qu’est-ce que c’est Amir ? »

La main de l’adolescente se glisse dans la sienne, froide, en quête de chaleur et de réconfort. Il l’étreint amicalement, s’adoucissant à l’intonation curieuse et fébrile de sa voix.

« C’est de la neige Rym, chuchote-t-il. Cela veut dire que nous touchons au but, bientôt tu seras chez les vampires, libre. »

Elle le fixe d’un air grave avant de reporter son attention sur le paysage. Elle est impatiente de retrouver sa sœur, mais l’arrivée signifie également de devoir quitter Amir, ce à quoi elle ne peut se résoudre. Son esprit est à l’instar de son avenir et du paysage, une page blanche, beau et incertain, mystérieux et attrayant. Elle gamberge, perdue dans l’hiver avant de serrer la main de son ami et de laisser claquer ses dents.

« C’est vraiment beau, souffle-t-elle. »
Titre : /
Thème : scénaristique
Fandom : HP
Nombre de mots : 169
Personnages : Harry
Rating : /
La tête du jeune sorcier tombe sur mollement sur son oreiller. Les yeux grands ouverts et pourtant picotant de fatigue, Harry observe le plafond, souriant. Il y est. Toute ceci n’est pas un rêve, il est réellement à Poudlard. Il est un sorcier et rien ni personne ne pourra jamais lui ôter cette chance. Tout est nouveau, effrayant et excitant à la fois. Les autres enfants issus du monde moldu sont perdus, il est certain que quelques uns doivent doucement sangloter en pensant à leurs parents alors que lui jubile dans son lit, bercé par les respirations apaisées de ses camarades de dortoir. Il n’a pas de parents, presque pas de famille, pas de chambre, ni même de vrai lit. Il n’a pas même de vraie maison dans laquelle il se sente bien. Enfin plutôt, il n’avait pas. Car ce soir, alors qu’il fait tourner habilement sa baguette magique, son bien le plus précieux, Harry se sent pour la toute première fois à sa place, chez lui, à Poudlard.
Dernière modification par AliceJeanne le 07 avr. 2018 - 22:58, modifié 2 fois.
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Mikoshiba
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Mikoshiba » 07 avr. 2018 - 22:41

Titre : La première baguette
Thème : Défi scénaristique : Une "première fois" doit être au centre du texte
Fandom : HP
Nombre de mots : 313
Personnages : Megan
Rating : /
Megan entra avec appréhension dans la boutique tenue par Mr Ollivander. La devanture du magasin avait annonçé la couleur : une vitrine basique et poussiéreuse. Ici, pas de décoration. Pas de superflu. Juste l’essentiel : une baguette, et rien d’autre. À l’intérieur, le mobilier se résumait à un comptoir poussiéreux et à une chaise à moitié branlante. Pourquoi ne l’avait-on pas encore réparée ? D’une simple formule, sa mère pouvait réparer un mur, alors un fabricant de baguettes…
Mr Ollivander souhaitait-il que les gens ne s’éternisent pas dans son magasin ? Ou bien est-ce que faire de la magie dans un endroit rempli du sol au plafond de milliers de baguettes magiques était déconseillé ? Oui, sûrement. Mais alors, pourquoi ne l’avait-il pas réparé ailleurs ? Dans la rue, ou bien chez lui ?
Les tergiversations de Megan à propos de l’état de la chaise furent interrompues par l’arrivée du vieil homme. Megan senti sa mère se crisper inconsciemment, et elle comprit pourquoi sans trop avoir à se poser de questions. Le fabricant de baguettes avait une aura quelque peu inquiétante, ou plutôt mystérieuse. Oui, c’était cela : mystérieuse. Il donnait l’impression de connaitre les secret les plus profonds de la magie. Timothy lui avait raconté que le jour où il était allé acheter sa baguette magique, il avait eu l’impression de passer dans un autre monde, un autre univers. Et Megan ressentait la même chose. Elle entrait dans le monde des grands : avec une baguette, elle ne serait plus jamais une petite fille. L’inquiétante boutique était un lieu de passage : on y entrait enfant, et on en ressortait sorcier.

Megan sortit du magasin, tenant la boîte qui contenait sa baguette comme s’il s’agissait d’un cristal précieux. Ce n’était pas la première fois qu’elle tenait une baguette, mais c’était la première fois que la baguette qu’elle serrait réagissait de façon aussi intense.
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit Insolite du 7 Avril

Message par Westyversionfrench » 07 avr. 2018 - 22:53

Titre : Poney Love
Thème : Une « première fois » doit être au centre du texte (scénaristique)
Fandom : Original
Nombre de mots : 396
Personnages : Désiré de Koadruz, Keryann de Koadruz, Esmerald Renard, Renaud Renard, Lucie Etchebarne.
Rating : Tous Publics
Keryann avait tout de suite fait l’unanimité auprès de Lucie et Esmerald. Loin d’être une septuagénaire casanière, elle profitait de sa retraite pour voyager dans tous les pays du monde. L’ancienne hôtesse de mer avait gardé des contacts aux quatre coins du globe qui l’accueillaient toujours avec joie. Bien qu’ayant le pied marin, elle avait avant tout tenu à chevaucher dans toutes les plaines du monde. Des steppes de la Mongolie aux canyons désertiques du Nouveau-Mexique, en passant par les Sierras, cette cavalière avait tout foulé. C’est donc tout naturellement, que sa passion, partagée par son neveu, fut évoquée à de nombreuses reprises. Ainsi, un jour, Lucie, intriguée, lui posa cette question :
« Désiré ne se souvient pas de la première fois où il est monté à cheval. J’imagine que c’était avec vous ? » Keryann adressa un sourire complice à son neveu. Elle demanda, amusée :
« Vraiment ? Tu as oublié les vacances dans le sud ? » Comme il prétextait d’aller chercher du thé dans la cuisine, ils se regroupèrent autour d’elle pour l’écouter.

« Il s’en souvient très bien à mon avis. Il avait six ans quand je l’ai emmené dans une fête locale d’un petit village des Landes. Ils proposaient des promenades pour les enfants, en longe. Désiré a eu un coup de cœur pour un poney landais assez petit. On l’a mis dessus, et il nous a fallu un quart d’heure pour le faire descendre. Il avait emmêlées ses mains dans la crinière du pauvre poney. Il voulait le ramener avec nous dans la voiture. » Esmerald éclata de rire, accompagné de Renaud, et Lucie murmura plusieurs fois « C’est trop mignon ». Keryann se leva subitement et leur fit signe de l’attendre. Après un quart d’heure durant lequel ils l’entendirent jurer vivement à l’étage, elle reparut, triomphante, brandissant une vieille photo en noir et blanc. Dessus, un petit bambin à l’air bougon, une poignée de crins dans les deux mains, se cachait derrière un poney qui semblait le protéger contre quiconque s’approchait. Lucie s’extasia de plus belle, et les garçons s’esclaffèrent de même. Ce fut, bien évidemment, le moment auquel le sujet, plusieurs décennies plus vieux, décida de reparaître. Il les fixa, hautain, en haussant les épaules, et annonça qu’il avait oublié les biscuits. La soirée s’écoula dans une atmosphère joviale, peuplée de souvenirs aussi rocambolesques que tendres.
Image avec L'arc du guerrier Od, en Mongolie sorcière ! Image

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