[Textes] Nuit du 17 juin

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Seonne
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[Textes] Nuit du 17 juin

Message par Seonne » 17 juin 2017 - 18:51

Voici le topic pour publier vos textes de la Nuit de ce soir.

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.
Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

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Titre :
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Personnages :
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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par The Night Circus » 17 juin 2017 - 19:39

Titre : Pierrot
Thème (écrit ou URL de l'image) : Lunaire
Fandom : aucun
Nombre de mots : 540
Personnages : /
Rating :/
Dans un pré où les coquelicots étalent leurs pétales rouge sang contre l'or des herbes sèches, des roulottes en bois, peintes de couleurs vives, se sont installées, et le Pierrot s'est juché sur le toit de la sienne, armé de sa guitare.
Son visage est couvert d'une poudre blanche qui fond un peu sur les plis de son visage, il porte son bel habit de coton blanc, très léger et très fluide, orné de trois gros pompons noirs sur la poitrine. La larme noire tatouée sur sa joue brille au soleil comme du goudron fondu.
Personne ne l'a jamais vu vêtu comme un civil. Soir et matin, il tartine son visage de pâte blanche, dissimulant ses traits au yeux du monde, et il ne possède pas d'autres vêtements que ces costumes de scènes. On ne sait pas non plus son nom, ni le pays d'où il vient, sauf peut-être Monsieur Loyal, qui sait toujours tout ici.
Lorsqu'on se blesse, on va voir le Pierrot. Peut-être a-t-il été médecin, il ne parle pas beaucoup mais il vous remets toujours sur pieds. Lorsque des pompiers arrivent ou qu'il faut aller à l’hôpital, il disparaît. On se demande s'il n'a pas tué quelqu'un, sans le faire exprès. Certains murmurent aussi qu'il aurait aidé des femmes en position délicate à se décharger d'un certain type de fardeau, et se serait fait prendre. Dans tous les cas, on s'accorde à dire que c'est un criminel en fuite, mais personne ne le dénonce, pas plus qu'on ne lui pose de question.
Il semble tellement gentil, le Pierrot. Un peu dans la lune, un peu ailleurs, comme le veut le personnage.
Chaque fois que quelqu'un se sent triste, il est le premier à s'en apercevoir, le premier à proposer une épaule pour pleurer. Attentionné et sans la plus petite notion d'orgueil. Profondément gentil, et profondément insaisissable. Il ne rit jamais, mais il ne pleure pas non plus, en revanche il sourit beaucoup. Avec tendresse, avec nostalgie, parfois avec un brin de douleur, qu'il dissimule vite.
Il est aussi indispensable à la vie du cirque que Monsieur Loyal, comme un drôle d'ange drapé de coton et si peu loquace qu'on pourrait le croire muet.
Et puis, lorsque le cirque arrive quelque part, il monte sur le toit de sa roulotte avec sa petite guitare, et il joue.
Ce n'est jamais la même mélodie, jamais le même rythme, jamais le même style, mais tout le monde aime l'entendre, quoi que personne ne se risque à lui demander de jouer encore, tant ce sont les seuls moments qu'il consacre à nul autre que lui.
Ses morceaux rappellent à tout le monde, lorsqu'ils l'oublient un peu, leur passion du voyage, du spectacle, du public ; elle trouve un écho profond, parfois bouleversant, dans l'âme de ces artistes ; ils arrivent parfois que certains d'entre eux écrasent une larme furtive échappée de leurs cils.
Les prunelles de Monsieur Loyal, elles, restent toujours sèches, mais lui qui le connaît par cœur, et sait tout l'étendue de son drame, aime le voir juché sur le toit de sa maison, semblable à un rayon de lune. Il sait que là-haut, le Pierrot, perdu dans sa musique, oublie tout et peut être enfin un peu heureux.
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She makes hungry where most she satisfies

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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Westyversionfrench » 17 juin 2017 - 19:48

Titre : Dans la lettre
Thème (écrit ou URL de l'image) : Lunaire
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 567
Personnages : Arthur Weasley, Aurora Sinistra
Rating : K
Ce n'était pas souvent que le professeur Sinistra recevait une lettre d'un de ses anciens élèves. Après tout, elle n'enseignait à Poudlard que depuis trois ans. Elle décacheta la missive et chercha avant toute chose l'identité de interlocuteur. Un sourire fleurit sur ses lèvres mais elle craignait qu'il ne fut suivi d'un mal de tête conséquent. Elle se souvenait de cette écriture penchée et recroquevillée, celle d'un rouquin bavard et curieux.

Cher Professeur Sinistra,

Je tenais à vous envoyer ce courrier le plus rapidement possible. J'imagine que vous avez su ? Les Moldus ont envoyé un homme marcher sur la lune pas plus tard qu'hier ! Je me suis achetée une vélétision moldue et leurs gourmettes d'informations ne diffusent plus que cette image d'un américain qui plante son drapeau au-dessus de nos têtes. Je retiens de cet émouvant moment que le sol pâle est cerné par l'obscurité absolue. J'imagine que cette découverte va bouleverser nombre de connaissances dans votre domaine.

Pour tout vous dire, je suis assez curieux de savoir pourquoi les sorciers ne se sont pas encore lancés à la conquête de l'espace. Mais j'ai bien l'impression que ce n'est pas un sujet qui préoccupe aucun de nos ministères. Peut être serait-il possible d'étudier l'une de ces fusées que les moldus utilisent et de les améliorer. En tout cas, je suis vivement intéressé par certaines prouesses de leur artisanat. Je possède, comme vous l'avez deviné, plusieurs objets qu'ils ont construit. Ce qui m'amène d'ailleurs au sujet de ma lettre.

J'ai récupéré un télescope assez compliqué qui est bien dissemblable à ceux que nous avions à Poudlard. Peut être seriez-vous à même de m'aiguiller sur son fonctionnement ? Je serai heureux d'avoir de vos nouvelles, et Molly Prewett, qui est une bonne amie et qui apprécie beaucoup vos cours, me fait dire de vous donner son bonjour.

J'ai par ailleurs été pris à l'essai dans le Département des Accidents et des Catastrophes Magiques. J'aurais préféré travailler directement au contact des moldus, mais je ne suis sorti de l'école que depuis deux ans et ils ne peuvent pas risquer les bévues d'un novice, ce que je comprends. Aussi, si vous deviez me contacter, il serait sans doute plus prudent de passer par le Ministère. Par ces temps qui s'assombrissent, je ne me fie que guère au réseau de cheminette.

Très Cordialement,

Arthur Weasley.


Aurora reposa le courrier, un pli amusé au coin des lèvres. D'une dizaine d'années plus jeune qu'elle, le prétendant de son élève favorite avait été l'un de ses premiers étudiants. Il ne l'avait connue qu'un an, et pourtant, il avait participé à son cours par une foule de questions et tout autant de théories et hypothèses empruntées au monde moldu. Il l'avait même mise en difficulté à plusieurs reprises.

Jusque ici, malgré l'envoi de satellites dans l'espace intersidéral, les moldus étaient à peu près au même stade que les sorciers de leur connaissance du ciel. Un long soupir jaillit d'elle. Elle allait devoir retravailler ses cours. Et surtout, elle allait suggérer une nouvelle approche de travail à certains de ses collègues qui partagent un savoir commun avec les moldus. Peut-être avait-elle moyen de proposer un projet en partenariat avec son homologue d’Étude des Moldus. De toute évidence, elle devrait lui toucher deux mots sur ce sujet sensible. Se saisissant d'un parchemin neuf, elle fit crisser sa plume de corbeau sur la fibre grumeleuse.

Cher Arthur...
Image avec L'arc du guerrier Od, en Mongolie sorcière ! Image

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Eejil9 » 17 juin 2017 - 19:51

Titre : Elle était lumière
Thème : Lunaire
Fandom : Original
Nombre de mots : 276
Personnages : /
Rating : Tout public
Son visage était lunaire.
Drôle d’expression. Qu’est-ce que la lune pouvait bien avoir à faire avec cette fille insipide ?
Ce n’était pas une remarque positive, non. Son corps était banal, sans disgrâce particulière mais sans élégance non plus. Son visage lui, n’était pas vraiment beau.

Circularité parfaite, incroyable platitude et épiderme laiteux, sur sa peau se dessinaient des cratères laissés par l’ingratitude de son adolescence. Au milieu de ses joues planes, deux grandes billes bleues aqueuses mangées par de petits cils trop blonds. Au-dessus, l’ombre vague de ce qui aurait dû être une paire de sourcils laissait la place à un front interminable.
Un nez épaté et luisant qui peinait à séparer les deux immenses pommettes, surmontait une bouche aux lèvres trop fines et à la couleur transparente.
Le tout était encadré d’une auréole vaporeuse de cheveux d’un blond terne.
Son visage n’était pas vraiment beau mais il n’était pas disgracieux pour autant. Il était banal après tout, et la parait d’une invisible insignifiance.

Son visage était lunaire, drôle d’expression. Drôle surtout, comme elle était adéquate.
Son visage était comme la lune, lisse, rond, blanc, et mangé par les cratères.

Et quand s’écartaient les nuées, il se révélait d’un étrange sourire qui illuminait les alentours.
Ses dents étaient de guingois, mais personne ne le remarquait.
Ses yeux ne cessaient pas d’être aqueux, mais l’émotion les rendait lumineux.
Ses joues, elles, cessaient d’être planes, et formaient enfin la courbe d’une pommette charnue et vive. La rougeur de la joie faisait disparaître les cratères.
La blancheur, elle, devenait lumière.
On doutait alors que quiconque eût pu un jour la trouver laide.

Elle devenait lumière.
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Seonne » 17 juin 2017 - 19:55

Titre : Lune d'espoir
Thème : Lunaire
Fandom : Original, inspiré par Luka
Nombre de mots : 152
Personnages : Luka
Rating : Tout public
Luka regarde par la fenêtre. Sa main droite, distraite, caresse la marque rouge sur sa joue. Il sent encore la brûlure de la main qui l’a claqué. La douleur traverse encore tout son visage, pulsatile, et son œil pleure encore. Il s’en veut. Il n’a pas parlé, n’a pas trop fait de bruit, il a été calme, discret. Il n’a rien dit. Et cela n’a pas suffit. Cela ne suffit jamais. Les coups reviennent, toujours.

Demain, sa joue sera barrée d’un bleu. Il s’est encore cogné dans sa porte. Quelle maladresse.

Il contemple les étoiles, et prie pour que les rayons lunaires se transforment en une corde à laquelle il s’agrippera pour s’échapper d’ici. Il sait qu’il ne peut pas. Qu’il se réveillera demain, que tout recommencera. Mais ce soir, la lune lui offre comme un visage d’espoir. Et la nuit a un goût différent. La lune semble lui promettre un échappatoire.
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MoonyShka
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par MoonyShka » 17 juin 2017 - 19:56

Titre : Confessions au clair de lune
Thème (écrit ou URL de l'image) : Lunaire
Fandom : HP
Nombre de mots : 487
Personnages : Molly Prewett, Arthur Weasley
Rating : Tout public
Elle était là, assise sous le clair de lune, qui inondait de lumière bleuâtre la cour de l'Horloge.

Une femme si belle qu'il en perdait la tête, pensa Arthur Weasley en observant son aimée à son insu. Ses beaux cheveux étaient baignés d'une lueur presque surnaturelle, la dotant d'une aura magique. Elle était merveilleuse. Douce et prévenante, elle savait toujours quoi dire ou faire au bon moment. C'était une sorcière très douée, et d'une rare bonté, qui avait cette réputation de grande sœur de Gryffondor. Il était fier d'être amoureux d'elle.

Cela devait faire un moment qu'elle était là, à admirer la lune, et lui également, éperdu dans sa contemplation à elle.

Il se posait mille et une questions, qui demeureraient sans réponse s'il ne se décidait pas à aller la rejoindre. C'était leur dernière année à Poudlard, et il n'imaginait pas le reste de ses jours sans qu'elle soit à ses côtés. Il lui avait donné ce rendez-vous cette nuit là en espérant avoir le courage de lui demander. Et si elle refusait ? Quelles raisons aurait-elle de refuser après tout, c'était de notoriété publique qu'ils étaient en couple, et ce depuis leur troisième année. Et si elle ne se voyait pas passer sa vie à ses côtés ? Il tâta sa poche, pour vérifier si l'écrin s'y trouvait toujours, et soupira, rassuré.

Il se détacha du pilier derrière lequel il était dissimulé et marcha à grand pas vers elle. Arthur souffla doucement à son oreille << Molly ? >>

Loin d'être surprise, elle se retourna et s'accrocha à son cou avec amour. Ils s'étreignirent longuement, avant qu'il ne rompe leur étreinte avec douceur. Il caressa sa joue du bout des doigts et pria de toutes ses forces tous les dieux connus et méconnus de lui venir en aide. Elle était radieuse et lui souriait comme s'il était la personnification de tout ce qu'elle aimait en ce monde. Encouragé, il posa un genoux à terre, prit sa main gauche avec délicatesse tout en sortant l'écrin de sa poche de l'autre main, et prononça avec ferveur : << Molly Prewett, cela fait quatre ans que nous nous aimons et je ne souhaite pas vivre sans toi à mes côtés. Veux-tu m'épouser et devenir... ma femme ? >>

Elle avait porté sa main libre contre sa bouche de stupéfaction, et de grosses larmes commençaient à perler le long de ses joues tant elle était au comble du bonheur. Et murmura, la voix étouffée << Arthur Weasley, oui je le veux >>.

~

Plus tard dans la nuit, Molly se fit réprimander par la grosse Dame pour son excursion nocturne, mais celle-ci calma vite sa colère et lui intima d'aller se coucher avec un sourire lorsqu'elle vit la bague à son doigt.
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Alhüin
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Alhüin » 17 juin 2017 - 19:56

Titre : C'est au clair de lune qu'on trouve des solutions
Thème (écrit ou URL de l'image) : Lunaire
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 630
Personnages : Pansy Parkinson, Astoria Greengrass
Rating : Tout Public

Quand Pansy et Astoria s’organisaient des soirées dites réflexion, il y avait plusieurs impératifs à respecter absolument. Tout d’abord, la seule nourriture acceptable durant ces soirées étaient le chocolat et le fromage. La seule boisson : le vin et plus tard dans la nuit le whisky. Ensuite, personne n’avait jamais le droit de critiquer le nombre de cigarettes fumées au cours de la soirée. Pas de jugement. Un paquet, trois paquets, peu importe, chacun est libre de fumer comme il veut. Enfin la dernière règle et peut-être la plus importante imposait de toujours commencer la soirée après que le soleil se soit couché ou à partir du moment où la lune devenait visible. En plein milieu de Londres, pas très loin de Piccadilly Circus, Astoria et Pansy se retrouvaient et discutaient d’un nombre de choses infini à la lueur du clair de lune. Bercées par les ronronnements des quelques voitures encore actives à une heure si tardive et éclairées par la seule lumière de la lune, les deux anciennes Serpentard trouvaient dans ces soirées la force de résoudre les problèmes le plus épineux que l’Organisation ait connus. Et c’est précisément pour cette raison que ce soir, un soir de pleine lune, à près de vingt trois heures et quelques, elles discutaient activement sur la terrasse.

- Ecoute, même si Potter est capable de trouver quelqu’un qui puisse décrire pour lui les analyses sanguines de Nott, il ne pourra jamais relier ça à l’Organisation, dont, rappelons-le, il n’a aucune connaissance de l’existence, tenta de convaincre Astoria à Pansy.
- Tu dis ça Tory, mais c’est un peu vite oublier sa détermination à nous faire plonger, Merlin seul sait pourquoi, lui rétorqua Pansy.
Tout le monde sait pourquoi au contraire, lui répondit Astoria avec ironie. Tout simplement parce qu’il ne supporte pas d'avoir été humilié par toi plus de fois qu’il n’est sain de le mentionner. Mais ce n’est pas un reproche, et d’ailleurs chapeau bas, ricana Astoria.
- Je ne vois rien de ces dossiers sans lumière. La lune a beau être pleine, c’est une opération de déchiffrage qu’on effectue là, essaya Pansy comme pour détourner la conversation.
Mais Astoria n’était pas dupe. Elle se contenta de sourire aux arguments bancals de Pansy et les ignora. Etalant de nombreux papiers face à elle, Pansy désigna à Astoria un élément du dossier Potter qu’elle avait repéré quelques jours plus tôt. Elle prit le papier, attrapa ses lunettes d’une main comme pour pallier à l’absence de lumière, le lut quelques secondes, surligna une phrase et finalement accepta de le tendre à Astoria.
- D’accord Pans’, mais franchement je vois pas ce que ça change, daigna finalement répondre Astoria après un déchiffrage méticuleux.
- Ce que ça change c’est que lui, il n’appartient pas à la police. Et pour dire vrai je suis sûre qu’on peut en faire quelque chose, lui expliqua Pansy.
- Non sincèrement Pans ‘, c’est une voie sans issue. Tu espères que ça puisse fonctionner pour te débarrasser de lui au plus vite mais c’est pas comme ça que ça marche, lui répondit le plus calmement possible Astoria.
Pansy leva la tête vers l’immensité du ciel bleu nuit, plongeant son regard dans la lune. Immense. Parfaitement ronde. Un peu impétueuse aussi. Il y avait quelque chose de magnifique à contempler depuis Londres la lune qui prenait, à la suite du soleil, son tour de garde sur les hommes. Mais à cause d’elle ou pas, Pansy avait aussi du mal à réfléchir. Elle avait l’impression de s’être lancée dans une lutte sans fin contre le soleil qui avait toujours tendance à se lever trop vite et il allait falloir la gagner. Impérativement. Quitte à y passer toute la nuit. Quitte à voir la lune se coucher aussi promptement qu’elle s’était levée.
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And what? You'll win her over with your rainbow kisses and unicorn stickers?

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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par BellaCarlisle » 17 juin 2017 - 19:59

Titre : Au bord de l’eau
Thème : Lunaire
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 613
Personnages : Eve
Rating : Tout public
Alors que le soleil se couche, Eve observe sa lumière déclinante, admirant son reflet sur l’eau face à elle. Après de longs jours de marche, elle a réussi à atteindre la mer, pour sentir son odeur particulière et voir enfin de ses propres yeux tout ce qui lui a été dit. L’air est frais, le paysage lui semble plus beau que dans ses terres natales, comme si un monde sépare les terres de l’intérieur et celles du bout des continents. Tout est calme, assez pour la détendre et lui faire oublier l’espace d’un instant la guerre qui fait rage en Hongrie.

Soupirant, elle avance, savourant la sensation délicieuse et nouvelle du sable sur ses pieds nus. L’odeur qui lui parvient des flots est étonnante mais elle l’aime déjà, s’en imprégnant autant qu’elle le peut. L’hybride regrette seulement sa solitude, se demandant si elle a pris la bonne décision en s’éloignant de sa famille et de ses amis. Elle aurait préféré partager ce moment extraordinaire avec sa mère, côte à côte, ensemble contre le monde entier, ou en compagnie de ces créatures qui sont entrées dans sa vie quand elle a accepté de rejoindre l’Assemblée Nouvelle.

La venue de la lune attire son attention sur le ciel, coupant son souffle lorsqu’elle découvre les rayons argentés de l’astre sur la surface miroitante de la mer. Ce spectacle inédit lui rappelle l’univers dans lequel elle évolue depuis qu’elle s’est échappée des locaux d’Antigen. Le même dilemme tourne en boucle dans son esprit, perturbant ses pensées et s’immisçant dans chacune de ses réflexions. Elle devrait reprocher à Esely d’avoir trouvé les résultats des recherches de Jacob Lane mais c’est une porte ouverte sur son avenir. Après tout, pouvoir devenir humaine est un espoir qu’elle refusait d’avoir, par peur d’être déçue, mais il y a une solution possible.

Doucement, Eve se laisse tomber sur le sable, se moquant bien de salir ses vêtements. Elle continue de fixer la lune, désormais plus haute dans le ciel, se disant que l’astre nocturne est le même à chaque coin du monde. Elle a vu la lune à divers endroits, aussi bien en Amérique que dans le désert du Sahara mais ici, près de la mer, elle est encore plus belle. Elle ressent cette impression perçue dans la forteresse nordique des Vampires, avec ce sentiment de puissance nouvelle.

Posant sa tête sur ses bras croisés, son regard se perd sur l’horizon. Dans son sang, les deux espèces se mélangent mais elle a toujours cru que celui des Lycans est le plus fort. Elle est proche de ces bêtes, elle ne tient pas à se fondre dans la nuit uniquement, elle veut profiter du jour et de ce qu’il a à lui offrir. Même si elle s’entend aussi bien avec les Vampires qu’avec les Lycans, c’est plutôt vers ces derniers qu’elle va le plus souvent, admirant Lucian et ses hommes. Elle sait d’instinct qu’elle est héritière des lycanthropes, même si la lune n’a plus aucune influence sur eux.

Veillant à ne pas le faire tomber sur le sable, Eve sort son téléphone de sa poche, prenant en photo le paysage qui s’étend devant elle. Elle sélectionne le numéro d’Esely pour lui envoyer la beauté de ce qu’elle a sous les yeux, faisant attention à ne pas dévoiler sa position. Son amie la cherche, elle en a conscience, mais elle n’a pas encore la volonté de la rejoindre et d’apprendre que les conflits ne font qu’empirer, sans aucun moyen d’y mettre un terme sans céder à la violence. Elle en a assez des combats, du sang et des armes, elle souhaite vivre sans devoir surveiller le moindre de ses gestes ou de ses paroles.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par AliceJeanne » 17 juin 2017 - 20:05

Titre : Claire de Lune
Thème : Lunaire + l'image
Fandom : Aucun
Nombre de mots : 964
Personnages : Claire (OC)
Rating : Tous publics
Claire de Lune


La première chose qui frappa Claire lorsqu’elle mit les pieds pour la première fois à Time Square, ce fut les couleurs. En effet, son lointain univers de nuances de gris était d’une pâleur blafarde face à ce festival de teintes chaudes et brillantes. Une nouvelle fois, ses yeux eurent quelques difficultés à se faire à la différence. Pourtant cela faisait déjà quelques semaines que la Sélénite aventureuse arpentait la Terre, avide de nouvelles découvertes. Ayant écouté les bons conseils de Mr Thatch, son professeur favori et maître des voyages temporel, c’était tout naturellement, qu’après sa visite de la grande muraille de Chine au 17e siècle, elle avait de nouveau usé de La Boussole afin de se rendre en 2000 au cœur de la « Grosse Pomme ». Que de changements pour la jeune femme ! Passer ainsi de l’air pur, vierge de toute pollution automobile et industrielle, au brouillard nauséabond des pots d’échappement des taxis, était assez bouleversant pour elle qui ne connaissait que l’air synthétisé de la base L22-E6.

Claire avait choisi le 11 Septembre, 19h37 précise pour son saut spatio-temporel, sans ignorer qu’un an plus tard, jour pour jour, une catastrophe sans précédent plongerait le monde dans le doute. La jeune femme avait suivi avec passion les cours d’histoire terrestre que l’on enseignait aux jeunes des bases, ceux qui n’avaient jamais connu la Terre. Peu nombreux étaient ceux qui y avaient réellement vécu, l’exode ayant eu lieu 150 ans auparavant, soit plus d’un siècle après l’époque à laquelle l’aventurière extraterrestre se trouvait. Les Anciens, ceux qui avaient eu le privilège de fouler le sol, à présent mortifié, de la planète bleue, étaient pour la plupart en stase afin de prolonger leur durée de vie et tirer le meilleur parti de leur savoir, ainsi, personne ne connaissait réellement la Terre.

Un coup de klaxon fit sursauter Claire, la sortant de ses réflexions, c’était bien la première fois qu’elle entendait un tel bruit. Les voitures avaient totalement disparu en même temps que 99% de la population terrestre en 2129, la Grande Epidémie avait fait un remarquable travail en ce sens, et réduit la pollution atmosphérique de façon drastique. Cependant, personne n’avait réellement pu en profiter, les quelques immunisés se faisant traquer par les plus grandes firmes pharmaceutiques pour leurs immunoglobulines et leurs cellules souches et les plus chanceux se ruant vers les trains spatiaux à la conquête des colonies, qui à l’époque, n’étaient que de petits avant-postes scientifiques.

Claire grimaça, on venait de lui marcher sur le pied, pourquoi tous les terriens étaient-ils donc si pressés ? Sur la Lune, avec la pesanteur réduite, et les systèmes de création de gravité artificielle archaïques, il était totalement impossible de courir sans risque de bondir à quelques mètres dans un quart de couloir. Cela n’était pas le cas sur les bases M12-E2 et T78-E9 où la jeune femme avait passé une grande partie de son enfance et le début de son adolescence, où les équipements modernes permettaient une gravité 0, mais Claire avait quitté ces bases depuis bien trop longtemps à présent pour se souvenir de l’effet de la pesanteur.

Cette fois-ci c’était au bras qu’elle avait été heurtée, une flopée de jurons accompagnant ce geste déplaisant. Claire n’en comprit pas un mot, ayant omis de changer la fréquence de son traducteur instantané. Elle ne maitrisait pas encore cette technologie de façon optimale, n’en ayant pas besoin chez elle. Tout était beaucoup plus simple depuis qu’une unique langue universelle avait été imposée dans l’ensemble du système colonial solaire. Mais les humains de l’époque étaient bien loin de ce genre de préoccupation. Claire l’avait bien constaté, cette époque ne semblait pas aller de paire avec la compréhension de ses pairs, tout n’était que vacarme et vélocité.

Devant elle, des bandes sur la chaussée semblaient indiquer le chemin à emprunter. La jeune femme saisit son courage à deux mains et posa un premier pied sur la peinture sèche et maculée de poussière de goudron, elle entreprit de faire un second pas lorsque brusquement elle se sentit tirée en arrière. Un taxi jaune canari passa à quelques centimètres en une accélération fulgurante et Claire comprit alors ce qu’elle avait risqué. Un homme l’observait avec colère, la jeune étrangère interpréta ses grands gestes et sa face rougeâtre comme étant des avertissements, elle aurait pu se faire écraser par le véhicule, comprit-elle. Le terrien s’éloigna rapidement, voyant que la jeune femme ne pipait mot et Claire resta quelques instants sur le sol, l’esprit en pleine confusion.

Lorsqu’elle s’était finalement relevée, le ciel s’était cruellement assombri et un vent frais avait remplacé l’étouffante chaleur du début de soirée. Claire avait quitté les avenues trop dangereuses de Time Square pour un parc quelques centaines de mètres plus loin. De son banc, elle avisait les joggers rouges et luisants à la lumière des premiers réverbères. L’émotion étrange qui l’habitait depuis qu’elle avait manqué de se faire renverser ne l’avait toujours pas quittée. C’était un mélange de mélancolie, de doute, de peur et d’émerveillement. Etait-ce cela que ressentaient les explorateurs au milieu de l’inconnu ?

Pensive, Claire leva les yeux au ciel, souriant en apercevant fugacement la Lune, sa maison. Une larme silencieuse coula sur sa joue tandis que ses doigts tapotaient La Boussole avec fébrilité. Devait-elle rentrer ? N’avait-elle pas fait une erreur en venant ici pour mener à bien ses recherches ? Tant de questions se posaient à cet instant.

_ Beau clair de lune n’est-il pas ? La surprit une voix inconnue.

La jeune femme n’eut pas le temps de voir le jeune homme à vélo passer qu’il avait déjà disparu dans la pénombre, emmenant ses doutes avec sa silhouette. Claire se leva et d’un pas décidé emprunta le sentier, c’était en effet une très belle nuit pour divaguer.
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MoonyShka
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par MoonyShka » 17 juin 2017 - 20:34

Titre : Les cendres de la solitude
Thème (écrit ou URL de l'image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 280
Personnages : Draco Malfoy
Rating : Tout public
Draco passa un index, le long du mur dévasté. Toute sa vie était partie en fumée. Ce manoir était tout ce qu'il lui restait de ses parents, et tout avait brûlé. Jamais il ne s'était senti aussi... Vide. Orphelin. Et seul surtout. Maintenant que la guerre était finie, il n'avait plus rien. Sauf un nom maudit, qui l'empêchait de vivre, tout simplement. Il contempla les ruines de son ancienne demeure et de sa vie accessoirement. Tout cela n'avait été que paillettes et poudre aux yeux. Les conséquences de mauvais choix, indéniablement. Son père était mort en prison, sa mère s'est suicidée de chagrin, le laissant seul dans un monde rempli de haine à l'égard de son nom.

Draco porta un regard triste sur ce qu'il restait de son salon. Il repensa à toutes les erreurs commises. Et étonnamment ce fut le regard de Dumbledore qui lui revint en mémoire, lorsqu'il l'avait vu le trahir et qu'il avait lu dans ses yeux que ce n'était même pas de sa faute. Quand sa tante avait torturé Granger et que ses cris lui transperçait le cœur malgré qu'il l'ait toujours haïe. Personne n'a à souffrir de cette façon et encore moins à porter la marque de l'impureté de son sang sur son avant-bras.

Il s'était perdu dans cette guerre. Ne sachant quoi faire ni qui être.

Draco soupira devant l'ampleur qu'avait eu cet incendie. Ses affaires, sa chambre, tout avait disparu. Il grava l'image du Manoir Malfoy dans sa mémoire. Et il détourna les talons, ne voulant plus jamais revenir en ce lieu.
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Seonne » 17 juin 2017 - 20:39

Titre : Addiction
Thème : Cigarette
Fandom : HP
Nombre de mots : 603
Personnages : Sirius Black
Rating : Tout public
Accoudé à la fenêtre de sa chambre, 12, square Grimmaurd, Sirius plongea une main dans la poche intérieure de sa veste. Presque malgré lui, il ne put s’empêcher de jeter un regard vers la porte derrière lui lorsqu’il sortit le paquet de cigarettes. Avait-il ou non envie que quelqu’un rentre dans sa chambre ? Ne désirait-il pas, au fond, qu’on le surprenne pendant cet acte qui constituait un des sommets de l’expression de sa rébellion ? Il ne savait pas vraiment. Plus vraiment.

Il attrapa la Flamme éternelle qui brûlait sur sa table de nuit et alluma le bout de la Lucky qu’il avait porté à sa bouche. La première bouffée qu’il inspira remplit ses poumons comme un air nouveau. Un sentiment de libération. De puissance. Chacune de ses cigarettes lui procurait cette sensation étrange. Il se sentait rebelle, il se sentait vivant, face à l’oppression de ses parents.

Pourtant, il savait au fond qu’il n’était pas grand-chose de plus qu’un sale gosse, comme disait sa mère. Loin d’être le héros d’une quelconque rébellion face à l’injustice du monde dans lequel vivait ses parents. Un problème. Voilà comment on aurait pu le décrire. Mais un jour il s’en irait loin d’ici, et son départ constituerait son véritable acte d’insurrection. Et il serait renié. Ce serait un soulagement, il en était sûr. Pourtant, cela lui faisait peur. Il refusait de se l’avouer, mais il le savait. S’il n’y avait pas eu cette appréhension… Il serait parti. Il ne serait pas à sa fenêtre à fumer en cachette.

Il souffla et contempla les volutes de fumée qui s’élevaient dans la chaleur de cette nuit d’août. Plus que quelques jours à tenir avant son retour à Poudlard. Plus que quelques jours, et il s’enfuirait à nouveau. Reviendrait-il ? Il ne le savait pas. Il n’en avait pas envie. Mais il y avait cette peur qui le retenait. Couper totalement les ponts avec sa famille l’effrayait. Et qui était-il, à quinze ans, pour prendre une décision pareille ? Malgré lui, il se cherchait des excuses qui justifiaient qu’il ne les ait pas encore quittés. Il savait qu’ils étaient mauvais. Il passait son temps à le clamer à qui voulait l’entendre. Pourtant, il n’avait toujours pas réussi à les abandonner. Il avait beau se rebeller, se dresser contre eux, il revenait toujours au domicile familial. Sans jamais s’excuser, sans jamais essayer d’attirer leur sympathie. Plus maintenant. Mais il n’arrivait simplement pas à imaginer un monde sans eux. Ils restaient sa famille.

Le monoxyde de carbone commença à circuler dans son sang, et cette étrange sensation, plus physique que psychologique, le traversa. Comme un soulagement, un apaisement. Les cigarettes le calmaient. Quelques jours et il retrouverait ses amis. Il pourrait leur en parler. Cela faisait des mois qu’il y pensait, et le gardait pour lui. James, Remus et Peter l’écouteraient, il le savait. Il n’était pas seul. Ils l’aideraient à mettre en place son départ. Ils seraient là.

Machinalement, il tâtonna à nouveau dans sa poche intérieure. Le paquet était presque vide. Il fallait qu’il réduise sa consommation. Il ne lui restait plus que quelques paquets, et de longs jours à tenir. Et privé de sortie, il ne pourrait pas passer dans le tabac moldu trois rues plus loin pour en racheter. Peut-être pourrait-il demander à James de lui en envoyer ?

Son addiction au tabac était presque aussi forte que celle à ses amis. Et si la cigarette le tuait peut-être à petit feu, le manque des trois Gryffondors le poignardait chaque jour un peu plus profondément.

Quelques jours à tenir. Et il quitterait cette maison de fous.
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The Night Circus
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par The Night Circus » 17 juin 2017 - 20:47

Titre : L'adieu à la cigarière
Thème : Cigarette
Fandom : Aucun
Nombre de mots : 544
Personnages :OC
Rating : Tous publics
Juan-Martin seul au-dessus de la tombe, fumait en plissant les yeux.
Une simple croix de bois marquait l'emplacement de la tombe de Frasquita. Le petit cimetière andalou embaumait de l'odeur du thym et du romarin exacerbé par la chaleur du jour passé et quelques grillons chantaient dans la nuit, accompagnant le son lointain de la Taverne, dans laquelle résonnait les tringles des sistres et les chants des gitanes.

Le soldat suivait du regard la fumée qui s'élevait, Il n'avait pas pleuré pour Frasquita, et pourtant, sa mort ne l'avait pas laissé indifférent.

Elle roulait les cigarettes dans la fabrique du village où il avait été posté en garnison, avec des dizaines d'autres femmes qui lui ressemblaient ; des espagnoles à la peau sèche, brunie par le soleil, avec des cheveux très noirs et des yeux intenses, verts ou dorés. Elles ne portaient pas de chemises sur leurs corsets, ni de bas ou de pantalons de dentelles sous leurs jupons.
C'était des femmes de petite vie, pas forcément belles, mais férocement vivantes, qui détruisaient les corps et les cœurs sur leur passage. Lorsqu'elles sortaient de l'usine, elles se précipitaient dans la rivière toute proche pour s'y plonger, parfois tout habillées, parfois encore plus court-vêtue qu'elles ne l'était déjà ; jamais les berges n'étaient aussi populaires chez ces messieurs de la ville qu'à cette heure-ci. Si les jeunes filles de bonne vertu n'exhibaient pas même une cheville, en revanche même les cuisses des cigarières connaissaient la caresse du soleil, sans compter celles, parfois surprises, parfois possessives, parfois tremblantes, d'amants d'une semaine ou d'une nuit.

Lorsque Juan-Martin avait débarqué de Madrid, jeune brigadier idéaliste et collé monté, Frasquita s'était moqué de lui, elle avait rit à gorge déployée, et l'avait profondément vexé.
Ensuite, elle lui avait apprit la vie.
Elle avait presque quinze ans de plus que lui, et menait ses amants d'une poigne de fer ; il avait plus appris en quelques nuits, collé contre son corps nu et couvert de sueur, que dans les 23 premières années de sa vie. Puis elle l'avait oublié.
Et il l'avait oubliée aussi.

Un semaine plus tôt, une bagarre avait éclaté entre deux ouvrières, à propos de ballots de cigarettes disparues; une andalouse aux lèvres noires de chique avait dégagé une navaja de la poche de son tablier, et, tchac, tchac, avait taillé un X sanglant en travers du visage de Frasquita, lui crevant un œil au passage.
L'oeil s'était infecté.
Frasquita était morte.

Juan-Martin se souvenait de ses mains, qui sentaient perpétuellement le tabac, de son rire, de ses seins étrangement blancs sur ce corps brûlé par le soleil ; il se souvenait de son rire, et ne parvenait pas à croire qu'il ne l'entendrait plus jamais, quand bien même il ne lui avait plus guère prêté d'attention depuis de longs mois.

Lorsque la fumée fut éteinte, il laissa tomber son mégot sur la terre, juste devant la tombe, et l'écrasa de la pointe de sa botte. Il ne savait pas quoi dire. Murmurer dans la nuit à la mémoire des disparus n'avait jamais été son fort, alors pour remplacer une prière il avait allumé cette cigarette.

C'était le seul adieu qui lui semblait adéquat pour Frasquita.
Dernière modification par The Night Circus le 17 juin 2017 - 20:52, modifié 2 fois.
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Alhüin
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Alhüin » 17 juin 2017 - 20:49

Titre : Comment j'ai commencé
Thème : Cigarette
Fandom : HP
Nombre de mots : 536
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : Tout public
C’était de nombreuses années avant que Pansy ne devienne ce qu’elle était. Elle avait huit ans à l’époque. Huit et sept mois puisqu’à cet âge là ça a tant d’importance. Pansy avait accepté, de mauvaise grâce d’aller rendre visite à sa grand-mère à l’hôpital. Sa grand-mère qui avait décidé de vivre sa vie comme elle l’entendait. Qui avait décidé de fumer, de boire, d’être aussi inconséquente qu’elle pouvait se le permettre. Pansy avait suivi son père en pestant, en râlant, en sortant même l’un de ses premiers jurons. Disons, autre que scrogneugneu. Ca lui avait valu une sacrée engueulade avant d’arriver à l’hôpital. Et puis elle avait vu sa grand-mère, cette femme encore assez jeune, allongée dans un lit d’hôpital, recouverte d’une blouse blanche trop grande, écroulée sous des montagnes de paperasses en tout genre. Pansy avait trouvé ça un peu bizarre à cette époque qu’on permette à une femme de plus de soixante cinq ans dans un hôpital de travailler. Elle n’avait pas cherché plus loin à l’époque. Des années plus tard, Pansy avait compris que sa grand-mère n’avait pas tellement laissé le choix aux infirmiers et aux médecins. Elle s’était mise à travailler un point c’est tout. Malgré un cancer de la gorge. Et oui, elle fumait comme un pompier depuis plus de quarante ans. Rien d’étonnant. Mais bien sûr, à cet âge là, Pansy n’avait rien compris des enjeux véritables de la maladie de sa grand-mère. C’était une maladie comme une autre pour Pansy, une de celles que contractent les personnages âgées en s’approchant petit à petit de l’âge fatidique. Alors à cette époque Pansy s’était dit que sa grand-mère était bien trop en forme pour être dans un hôpital. Pour être une patiente. Pour troquer son tailleur noir contre une blouse blanche de malade. Sa grand-mère avait ensuite subi une opération. Un petit trou bien net dans la gorge. Pour pouvoir survivre. Un petit trou presque insignifiant mais qui lui faisait un peu peur quand même. Parce qu’un trou dans la gorge c’est bizarre. C’est pas commun. Et puis sa grand-mère était sortie de l’hôpital. Elle s’était mise à porter un foulard pour masquer sa petite anomalie. Cette petite chose un peu malsaine. Elle s’était remise à travailler d’arrache-pied, ignorant les médecins qu’elle traitait de charlatans, sans scrupule. Et Pansy l’avait admirée pour ça. Parce que, même si elle ne comprenait pas l’étendue de la gravité de la maladie de sa grand-mère, Pansy avait perçu notamment par le biais de son père à quel point la détermination de sa grand-mère pouvait être phénoménale. Et là, au lieu de se faire la promesse classique de ne jamais se mettre à fumer, Pansy s’était fait la promesse de toujours garder la tête haute, toujours en faire le plus possible pour ce qui en vaut la peine. Malgré un trou dans la gorge. Malgré cette photographie hideuse qu’elle pouvait retrouver partout. Sur toutes les photos anti-clopes. Et quand sa grand-mère était morte, onze ans plus tard, Pansy s’était mise à fumer à son tour. Elle avait commencé le jour même de l’enterrement de sa grand-mère. A ses yeux, c’était presque une manière de faire survivre son modèle. C’était presque une pensée émue pour sa grand-mère.
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And what? You'll win her over with your rainbow kisses and unicorn stickers?

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Eejil9 » 17 juin 2017 - 20:50

Titre : Rempart de fumée
Thème : Cigarette
Fandom : Original
Nombre de mots : 602
Personnages : /
Rating : -12

D’un œil distrait elle admirait les arabesques grises qui quittaient sa bouche et se déployaient autour d’elle dans une étrange valse. Elle fumait tant qu’il était difficile d’apercevoir ses traits derrière l’écran opaque qui la masquait. Etrange protection de l’esprit qui détruisait peu à peu son corps.
Elle se servait de la fumée comme d’un rempart contre le monde. Amie qui la tuait autant qu’elle la soutenait, la cigarette serrait ses doigts et harmonisait ses mouvements.
C’était l’arme qui l’empêchait de garder les bras ballants. C’était l’excuse qui lui donnait une contenance lorsqu’elle devait patienter seule dans la rue. C’était l’outil qui lui permettait de se lier aux gens. Elle avait parlé à Hector ainsi, la première fois. Pour lui demander du feu.
C’était la plaie qui hantait ses nuits, mais ça, c’était accessoire.
Eternelle amante, amie de toujours. Il n’y avait pas de place pour quiconque d’autre dans sa vie.

Hector soupira. Pas de place pour lui non plus. Toujours, la fumée la dérobait, toujours, la cigarette remplaçait sa main entre les siennes.
Toujours ce réflexe, la cigarette après l’amour, la cigarette au réveil, la cigarette après le boulot, et l’odeur de fumée dans les baisers.
Toujours cette obsession qui ne laissait la place à rien d’autre.

Oh il comprenait, il savait que sans cela, elle était perdue. Sans cette putain de clope elle était plus nue qu’au premier jour.
Avec lui elle ne l’était jamais vraiment.
Le visage obscurci par la fumée, elle refusait de se démasquer. Jamais elle n’ouvrirait la voie à ses regards, qu’attendait-il enfin ? Dès le premier jour, elle lui avait confié qu’elle aurait tué pour du feu. Heureusement qu’il en avait...
Elle n’aurait sûrement pas tué pour lui.

Il la vit porter la cigarette à ses lèvres d’un mouvement désespérément sensuel, il remarqua la marque de rouge à lèvre sur le filtre. Elle aspirait consciencieusement la fumée en fermant les yeux de contentement.
Dans le cœur d’Hector, l’aigreur vint en même temps que le désir. La fumée la dérobait mais elle était belle ainsi, elle était forte jusque dans cette auto-destruction-là.
A jamais inaccessible.

Il ne dit pas un mot pour la laisser profiter de l’instant. Chaque cigarette était magique et s’il s’aventurait à interrompre cette mystérieuse communion, il éveillerait à coup sûr sa colère. Il passait toujours après, cela faisait partie du contrat.
Il n’avait pas d’avis à donner.
Quand elle eut fini d’embrasser sa clope, du bout de ses ongles vernis, elle l’écrasa avec violence contre le mur, et la précision brutale du geste poussa Hector à se recroqueviller. Puis, elle jeta le mégot à terre et l’aplatit de toute la puissance de sa semelle.
C’était un peu le cœurs d’Hector qu’elle aplatissait ainsi.

Alors seulement, elle lui offrit un sourire et l’interpela de sa voix grave :
- On rentre.
Ce n’était même pas une question. Un énième soupir et Hector la suivit.
Quand elle fumait, il était seul. Quand elle cessait de fumer, sa compagnie lui devenait insupportable.
Foutu paradoxe.
Dans les escaliers, elle se retourna pour l’embrasser. Sa bouche avait un goût de cendre et d’inachevé. Hector sentit un nouveau poids s’abattre sur ses épaules. La lourdeur ricocha sur son cœur.
Il n’y avait rien pour lui auprès d’elle. Elle n’avait pas besoin de lui et l’étouffait de son silence opaque et dense comme la fumée qui s’échappait sans cesse de sa bouche rouge.

Elle avait sa cigarette, compagne de toujours, qui la tuerait avant qu’elle ait l’occasion de se sentir seule.
Hector lui, n’avait rien d’autre que le goût de cendre et l’aigreur de la solitude.
C’était déjà trop.
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Westyversionfrench » 17 juin 2017 - 20:51

Titre : Clope sur Manteau
Thème (écrit ou URL de l'image) : Cigarette et Image
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1086
Personnages : Narcissa Malfoy, Draco Malfoy, Lucius Malfoy
Rating : T
« Tu fumes ? » Narcissa n'avait pas, exceptionnellement, le ton traînant qu'elle avait légué à son fils. Depuis la fin de la guerre, Draco était différent. Tantôt silencieux et insondable, il se montrait fielleux et irritable. Ce caractère compliqué qui avait fait sa réputation à Poudlard, il ne l'avait jamais affiché à ses parents, figures auréolées d'une adoration toute enfantine de sa part. Mais après avoir vu son père faible et peureux, il avait cessé de lui obéir, et pire, de le respecter. Pour sa mère, il ressentait un amour encore plus grand qu'avant, pour avoir voulu, en toutes circonstances, le protéger. Pourtant, il ne pouvait que la harceler de remarques cinglantes, qui avaient toujours trait à sa soumission à son mari et à son incapacité à vivre en dehors de ses devoirs maternels.

Cette crise d'adolescence qu'il n'avait jamais faite, elle éclatait, à vingt-cinq ans. Son mutisme des premiers mois avait laissé place à une provocation constante et à des déboires répétés. S'ils avaient encore leur manoir, celui-ci s'était vu dépossédé de tous ses meubles ou presque. Ce temple de la désillusion, cet Olympe de sa propre désacralisation, le jeune sorcier ne le supportait plus. Il haïssait particulièrement le salon, jadis somptueux, dont seule subsistait la cheminée, et le papier peint partiellement arraché. Les boiseries étaient entamées, par endroits. Quelques jours plus tôt, Narcissa avait surpris son fils, un petit canif à la main, en train de les abîmer davantage. Et maintenant, au milieu de cette même antichambre, il crachait une fumée âcre droit à son visage.

« Ouais. J'ai décidé que c'était stupide de vous le cacher. » Gardant son calme, elle demanda :
« Depuis quand ? » Draco inspira le contenu du petit tube, émettant un petit poc sonore.
« Environ deux mois. Mais t'inquiète pas pour l'argent. J'ai piqué le paquet de mon mec. » Elle eut du mal, cette fois, à ne pas le reprendre. L'idée la plus folle qu'il avait eue pour faire sortir Lucius hors de ses gonds avait été de révéler son attirance pour les hommes. La noble sorcière avait d'abord cru à une énième lubie mais comme elle durait depuis plusieurs années désormais, elle s'était faite à l'idée. Cela ne la préoccupait pas outre mesure en dehors du fait que Draco s'obstinait à leur présenter les partis les plus contrariants. Par politesse, elle décida de demander :
« Comment va Grégory ? » Il eut un rire bref.
« Je ne sais pas, je ne le vois plus. De toute manière, il n'était pas intéressant. Et... plus vraiment satisfaisant. »

Draco eut un sourire narquois, il savait parfaitement qu'il frôlait la limite.
« Sans rire, tu devrais lâcher papa. Tu es belle pour ton âge. Tu pourrais séduire n'importe quel homme. » Pour une raison obscure, elle peina à cerner le compliment dans ses propos. Comme souvent, elle l'ignora.
« Et qui est donc ce nouveau jeune homme ? Tu comptes me le présenter ? » Elle avait remarqué qu'anticiper ses frasques permettait parfois de les désamorcer. Pourtant, le regard fixe et le nez plissé, son fils répondit :
« Oh, je pourrais. Il est bien sous tout rapport. » Pour une fois... songea Narcissa. « Sérieusement maman... Il est de sang-pur, il est auror, bien élevé et possède un grand sens de la famille. » Hochant lentement la tête, elle sourit.
« Tu devrais l'inviter dimanche à manger ici. » Draco avait fini sa cigarette et décida puérilement d'écraser le mégot contre le mur même.
« Ne fais pas ç...
-Quoi ? Ça te dérange qu'il y ait de jolis motifs dalmatiens sur ton précieux plâtre antique ? » Où était Lucius dans ces moments là ? Il n'avait plus d'autorité sur Draco, et pourtant celui-ci le craignait toujours un peu, inconsciemment.

Résignée, elle lui demanda :
« Est-ce que ton ami vient dimanche ?
-Non. Et moi non plus. Sa mère a été plus rapide, je déjeune avec eux.
-Oh. » Draco n'avait jamais accepté de dîner avec la famille de ses amants ou compagnons, elle n'y comprenait goutte. Il alluma un autre de ces petits cigares moldus et recommença de cracher son souffle nauséabond dans l'atmosphère déjà saturée.
« Ne te fais pas d'idées. Malgré ce que tu crois, j'ai seulement voulu être poli en acceptant. Cette brave femme a assez souffert et ne mérite pas qu'un petit con de sang-pur la prenne de haut. » Cet éclair de bon sens inquiéta plus que de raison l'austère magicienne.
« Est-ce que nous les connaissons ? » Draco soupira et posa le petit bâton fumant sur le manteau de la cheminée. Lucius venait de surgir dans le dos de son épouse, l'air soupçonneux.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il en donnant un coup de menton en direction de la cigarette. Draco renifla.
« Une clope. Bien moins ringard que ta pipe. C'est moldu. Et c'est Ronald Weasley qui m'y a initié. » Lucius se pinça l'arête du nez pour éviter de crier.
« Tu seras gentil de demander à ton nouveau camarade de garder ses produits... controversables.
-Ce n'est pas vraiment mon camarade... commença l'ancien serpentard.
-Draco ! Tenta Narcissa.
-Je ne cherche plus à comprendre avec qui tu t'acoquines et pourquoi... continua le sévère sorcier.
-Le pourquoi est pourtant très satis...
-Draco ! Insista l'aristocrate, catastrophée.
-Qu'y-a-t-il Narcissa ? » Lucius s'était tourné vers elle mais l'ancien étudiant lâcha :
« Je couche avec le dernier des Weasley. Voilà. C'est dit. Il va faire sa crise. Et franchement maman, c'est comme le reste, il s'y fera. »

Lucius était écarlate. Ses yeux sortaient de ses orbites, une veine pulsait dans son cou et sa pauvre épouse ne put que lui prendre la main et la serrer très fort. D'une voix sourde, il annonça :
« Soit. Je crois que tu m'as suffisamment fait payer mes torts Draco. Comme visiblement, tu ne seras jamais prêt à me pardonner ou à comprendre certaines choses, j'abdique. Ou plutôt, je renonce.
-Non... » murmura Narcissa, effarée. Il tourna le dos aux deux autres Malfoy et entreprit de quitter la pièce. De son timbre nasillard, le petit-fils d'Abraxas demanda :
« Tu renonces à quoi ? » Sans se retourner, Lucius marqua un temps d'arrêt.
« Je renonce à ma lignée, parce que je renonce à toi. » Il avança, s'interrompit à nouveau. Toujours sans le regarder, il clarifia :
« Tu quittes le Manoir ce soir. A tout jamais. Embrasse ta mère mais disparaît. »
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Catie
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Catie » 17 juin 2017 - 20:53

Titre : /
Thème (écrit ou URL de l'image) : Image
Fandom : HP
Nombre de mots : 590
Personnages : Andromeda
Rating : /
Elle fait tache Andromeda, dans cet environnement noir de suie. Elle paraît si propre en comparaison à la saleté qui l’entoure.

Elle s’est bien habillé aujourd’hui. Une capeline ornée d’un ruban de soie, une sage robe lie-de-vin, des gants blancs, des chaussures bien cirées. C’est idiot pourtant. Parce que ça ne peut pas juger les fantômes. Ceux de ses souvenirs en tout cas. Personne n’est là pour la voir. Mais elle n’a pas pu s’empêcher de soigner sa toilette. Les vieilles habitudes ont la vie dure.

Elle quitte le vestibule à pas lents, presque craintifs. Elle ne sait pas trop ce qu’elle va trouver ici. Les autorités lui ont dit que tout était sécurisé. Mais ce n’est pas ça qui lui fait peur. Ce sont les réminiscences de sa mémoire, les illusions et hallucinations du passé. Tout ce qu’elle a abandonné derrière elle lors de sa fuite.

Andromeda remonte le couloir aux murs noircis jusqu’à l’endroit où se tenait autrefois le salon. Il est bien plus lumineux à présent qu’il ne l’a jamais été. Le feu a dévoré le versant ouest, qui s’est écroulé sous le rugissement des flammes. Le soleil couchant illumine la pièce, les murs aux papiers peints déchiquetés, l’âtre de la cheminée au manteau de marbre érodé, le sol couvert de cendres et de poussière.

Sa gorge se serre sous l’émotion. Elle ne reconnaît plus rien. Tout est parti en fumée. Il ne reste plus rien d’autre que des débris méconnaissables.

Il lui faut beaucoup d’imagination pour se souvenir. Ici, c’était le fauteuil où Père s’asseyait pour lire son courrier. Là, la causeuse où Mère trônait quand elle recevait ses amies mondaines pour le thé. Au plafond, il y avait eu ce lustre magnifique et impressionnant que Bella avait fait tomber quand elle était petite, un jour où la colère lui avait fait perdre le contrôle de sa magie. Et au mur, le cadre maintenant vide et noirci qui contenait auparavant le portrait de Cissy, plus jolie et délicate que jamais.

Andromeda a presque la sensation qu’ils sont encore tous là, à l’observer, à épier ses moindres mouvements. Que Mère critique les faux plis de sa jupe, que Père la jauge d’un regard à la fois sévère et fier, que Bella la contemple avec froideur et que Cissy lui sourit avec la douceur languide de sa jeunesse révolue.

Elle ne pensait pas que ce serait aussi dur. Revoir sa maison d’enfance détruite, profanée, brûlée jusqu’à l’os. Elle ne savait même pas que Cissy l’avait gardée. Elle pensait qu’elle s’en était débarrassée. Après la mort de leurs parents.

D’un autre côté, Andromeda se sent incapable de blâmer les auteurs de cet incendie criminel. Ce manoir froid et sombre ne renfermait que noirceur et perfidie. Il n’était que le symbole d’une enfance malheureuse, disparu en fumée. Elle devrait se sentir soulagée.

Mais ce n’est pas le cas. Parce qu’ici, c’est là qu’elle a grandi, qu’elle a appris à rire et à parler en compagnie de ses sœurs. Avant qu’elles ne soient séparées les unes des autres par leurs décisions. Par la vie et ses aléas.

Ses doigts effleurent la cheminée recouverte de cendres. Elle fait tache Andromeda, dans cet environnement noir de suie. Pourtant, elle s’y sent étrangement à sa place.

Parce que malgré tout ce qu’il s’est passé, malgré sa fuite, son mariage, sa fille, malgré tout ce qu’elle peut dire ou penser, elle reste avant tout une Black.

Une Black qui regrette au fond d’elle ses heures passées dans ce manoir détruit par les flammes.
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Samantha Black
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Samantha Black » 17 juin 2017 - 20:54

Titre : La Bourse
Thème : Cigarette
Fandom : HP
Nombre de mots : 870
Personnages : OC
Rating : Tout public
Ismelda marchait d'un pas rapide évitant les regards curieux que lui lançaient les passants. Sans doute se disaient-ils qu'une femme comme elle n'avait rien à faire dans leur quartier. D'un pas léger, elle évita une flaque d'eau. Le klaxon d'une automobile lui vint aux oreilles et la jeune femme dut se pousser pour la laisser passer. Il était rare de voir ce genre de véhicules dans le quartier japonais de Vancouver. Ismelda accéléra le pas essayant de se repérer et surtout de se rappeler le chemin que son père lui avait indiqué lorsqu'elle lui avait parlé de la visite qu'elle souhaitait faire à son amie Non-Maj'. Bien qu'il lui fasse entièrement confiance, l'homme n'avait pu s'empêcher de lui donner quelques conseils et lui avait assuré qu'elle pouvait appeler la station de police à n'importe quel moment si les choses se passaient mal.

— Ne vous en faites pas, Papa ! Je ferai attention, lui avait-elle promis.

Elle avait déposé sur la joue de l'homme avant de saluer sa mère et sa jeune sœur.

— Et surtout garde ta baguette à porter de main, lui conseilla son père juste avant qu'elle ne tourne la poignée de la porte.

Ismelda avait esquissé un sourire, amusée. Son père était Non-Maj' et n'avait jamais pu se servir d'une baguette. Toutefois, son mariage avec la mère d'Ismelda et de ses frères et sœurs l'avaient introduit au monde des sorciers duquel il était fasciné.

Pensive, la jeune femme se murmura à elle-même la direction qu'elle devait suivre. Si elle ne s'était pas trompée, elle ne devrait pas mettre plus de cinq minutes avant d'arriver chez Anne. Elle avait rencontré cette dernière lors d'une réunion autour de la littérature. Depuis toute petite, Ismelda était passionnée par la culture non-maj'. Suite à ses études à l'école de sorcellerie d'Ilvermorny, la jeune femme avait trouvé un emploi dans un magazine consacré à ce sujet et écrivait dans la rubrique consacrée à la littérature non-maj'. Anne, quant à elle, était Non-Maj', un peu plus jeune qu'Ismelda et était passionnée par les belles-lettres. En discutant avec elle, la sorcière avait appris que son amie souhaitait étudier ce sujet à l'université. Elle avait même fait une demande de bourse à ce sujet. Ismelda l'avait encouragée, persuadée que les résultats excellents de la jeune femme lui permettrait de l'obtenir. Toutefois, Anne avait appris quelques jours plus tôt que la bourse lui avait été refusé. L'administration de son école lui avait assuré que ses résultats n'étaient pas assez élevés qu'elle lui soit versée mais lorsqu'une de ses camarades moins bonne en cours et surtout blanche avait pu y prétendre, Anne avait compris. Elle était d'origine japonaise. Elle n'était pas prioritaire.

Ismelda s'arrêta devant le numéro cinquante-six de la rue et frappa à la porte. Elle entendit des pas venir vers elle et la porte s'ouvrit. Le jeune homme face à elle la fixa plusieurs secondes visiblement surpris avant de tirer une tirée une bouffée de sa cigarette.

— Bonjour, déclara-t-elle. Puis-je parler à Anne ?
— Qui la demande ? Demanda-t-il d'une voix austère.

Ismelda se tendit légèrement en voyant le regard de l'homme courir sur elle avant de s'arrêter sur son visage et ses yeux.

— Dites-lui qu'il s'agit de son amie, Ismelda, répondit-elle.

Le jeune homme se retourna et s'écria quelque chose en Japonais donc seul le prénom de son amie en ressortit. La voix de cette dernière lui parvint et Ismelda esquissa un sourire en l'apercevant.

— Ismelda ! Mais que fais-tu ici ? S'étonna Anne.
— Je suis venue te voir, répondit-elle.
— Entre ! Je t'en prie. Pourrais-tu aller nous faire un peu de thé, James ? Questionna Anne en se tournant vers l'homme.

Ce dernier bougonna quelque chose qu'Ismelda ne comprit pas avant de disparaître à l'arrière de la petite maison d'ouvrier.

— Je vois que tu as rencontré mon frère. Je te rassure, il n'est pas toujours comme ça, plaisanta Anne en souriant. Je t'en prie, suis-moi !

Les deux jeunes femmes pénétrèrent dans un salon La fumée de cigarette avait empli l'espace et Ismelda ne put retenir une quinte de toux. Anne parla à son frère dans sa langue et la sorcière vit ce dernier écraser sa cigarette de mauvaise grâce. Ismelda s'installa autour de la table après qu'Anne lui eut proposé et ne put empêcher son regard de vagabonder sur la pièce. Elle était déjà entrée plus d'une fois dans une maison entièrement non-maj' mais cela n'avait rien à voir avec le salon dans laquelle elle se trouvait. La table autour de laquelle elle s'était assise était aussi haute qu'une table basse et le service à thé qui était posé dessus lui rappelait celui que son oncle Adam avait ramené suite à un voyage d'affaire en Chine.

— Tu souhaitais me parler ? Demanda Anne la coupant dans sa réflexion.

Ismelda reporta son attention sur son amie, esquissa un sourire et répondit :

— J'ai une proposition à te faire.

A la fin de son explication, Anne semblait éberluée. La sorcière se doutait que son amie avait du mal à en croire ses oreilles. Ce n'était pas tous les jours que quelqu'un venait frapper à votre porte et vous offrir une bourse d'étude après tout.
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Polock
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Polock » 17 juin 2017 - 20:56

Titre :
Thème (écrit ou URL de l'image) :
Fandom : HP
Nombre de mots : 193
Personnages : Scorpius Malfoy
Rating :

Nos ombres s’allongent contre les murs tandis que je déambule dans ce manoir désœuvré qui sent la cendre. Le notaire ouvre les portes d’un coup sec de baguette. Il dit que le Manoir est à moi. J’ai du mal à y croire.

Quand l’hibou a toqué à la fenêtre de notre cuisine, Maman a doucement fermé les yeux. La lettre venait d’Azkaban. Elle ne pouvait dire qu’une chose : grand-père était mort. Papa a hoché la tête : il refusait les charges. J’avais le droit d’en faire de même. La famille Malfoy pouvait revenir à la terre, mangée par les verts.

Papa avait mon âge quand il s’est échappé du domaine familial. Il n’en a jamais parlé. Tout ce que j’ai pu apprendre est dans les livres d’histoire. Dans ce grand salon, je l’ai lu, du sang a glissé sur le dallage en pierre, sur les rosaces en mosaïque. Voldemort a présidé. Des hommes, des femmes sont morts ici. C’était la guerre des méchants qui tuent et torturent.

Et pourtant, je n’ai pu m’empêcher de venir dans cette maison abandonnée quand le notaire me l’a proposé.

Peut-être parce que je suis un Malfoy.

«Les mots sont assoupis, tus et enclosés dans leurs rêves. Oui, je sais, la valse des syllabes est un drôle de tournis qui ensème le ciel et peu la terre. Le piano des jours est parfois d’une grande solitude et les nuages voyageurs. La musique s’installe alors dans l’oreille du silence pour lui offrir un écho. Douce nostalgie sans tristesse, juste lassitude d’un cœur qui bat encore et se demande pourquoi nul ne peut posséder le ciel…»
Sandra Dulier - Les mots enclosés de rêves
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Eanna
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Eanna » 17 juin 2017 - 21:00

Titre : Retour au 12 Square Grimmaurd
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://orig03.deviantart.net/462d/f/201 ... 6z0mpo.jpg
Fandom : HP
Nombre de mots : 1039
Personnages : Sirius Black, Remus Lupin, Maugrey Fol'Oeil
Rating : /

Pour la première fois depuis près de vingt ans, Sirius pousse la porte de la Noble et Très Ancienne Maison des Black. Il reste immobile sur le seuil, face au couloir sombre et poussiéreux. Une pensée lui vient pour Kreattur, le vieil elfe est-il encore de ce monde ? Il n’a pas eu de contacts avec sa famille depuis un bon nombre d’années, et même si cela avait été le cas, la discussion n’aurait probablement pas tourné autour de Kreattur, sa vie, son œuvre.
Prenant un grande inspiration – pas trop forte, pour éviter de s’étouffer avec la poussière environnante –, Sirius franchit enfin le seuil de la maison. La maison, pas sa maison. Il a proposé à Dumbledore de la mettre au service de l’Ordre, parce qu’il en est l’héritier et qu’elle lui revient. Mais il ne s’y sent pas chez lui, et la perspective d’y rester désormais enfermé jusqu’à ce que son innocence soit prouvée et la guerre terminée l’enchante très moyennement.
— Allez Black, on ne va pas y passer la journée, marmonne Maugrey derrière lui.
Une main plus amicale se pose sur son épaule, celle de Remus – il voit du coin de l’œil les cicatrices qui la strient.
— Ça n’a pas l’air si terrible, dit-il d’une voix calme. Je m’attendais à bien pire, de ce que tu nous avais décrit. Même s’il y aura du ménage à faire, c’est sûr…
Sirius hausse les épaules et s’engage dans le couloir, invoquant un Lumos pour éclairer son chemin. Rien n’a changé depuis son départ, il pourrait s’orienter dans cette maison les yeux fermés.
Un coup sourd derrière lui suivi d’une bordée de jurons résonne soudain dans le couloir. Sirius se retourne et voit Maugrey redresser le porte-parapluie d’une main, se tenant la jambe de l’autre.
— Foutu machin, gronde Maugrey, me suis pris le pied dedans…
— Ta famille avait des goûts… originaux en matière de décoration, constate Remus en éclairant l’ignoble porte-parapluie fait d’une jambe de troll.
— Je sais, je…
Sirius est interrompu par un hurlement qui emplit brutalement le couloir.
— IGNOBLES VERMINES, COMMENT OSEZ-VOUS SOUILLER CETTE MAISON ?
Le sang de Sirius se glace dans ses veines. Non… Elle ne peut pas être…
— Mère ? souffle-t-il, abasourdi. Mère, vous êtes…
— QUI TROUBLE LA PAIX DE CETTE DEMEURE ? QUI EST L’IMMONDE VERACRASSE QUI SE PERMET D’ENTRER ICI ?
— Ici, Black, fait la voix bourrue de Maugrey, sa baguette éclairant le mur.
Sirius le rejoint, ses mains tremblantes malgré lui. Sur le mur qu’indique Fol’Œil, il y a un tableau, et le sujet qu’il représente, Sirius ne le connaît que trop bien. Il ne l’a jamais vue si vieille, cela dit – il est parti bien avant. Walburga Black avait pris un sacré coup de vieux quand elle s’est fait tirer le portrait, en revanche sa voix mélodieuse est restée la même…
— C’est ta chère mère ? demande Remus. Elle est tout à fait comme je me l’imaginais, tu vois. Pas de doute, son aboiement ressemble au tien, tu es bien son fils…
Sirius esquisse un sourire, sans parvenir à détacher son regard du visage haineux de sa génitrice face à lui.
— Bonjour mère, dit-il d’un ton sarcastique.
— Fils indigne… gronde-t-elle. Répugnant traitre à ton propre sang… Tu as osé revenir…
— Vous m’avez peut-être renié, mais Regulus étant mort, je redeviens le légataire officiel de cette maison, dit-il avec un rictus. Pas que ça m’enchante, bien sûr…
Des pas précipités se font entendre, petits et légers comme ceux d’une souris…
— Maîtresse, vous êtes réveillée ! grince une voix encore trop familière à Sirius.
Toujours vivant donc… Il suit du regard Kreattur qui se précipite sur le tableau et s’empresse d’en lustrer le cadre à sa portée, armé d’un chiffon répugnant. Il ne semble pas avoir remarqué les trois nouveaux arrivants…
— Bonjour Kreattur, dit froidement Sirius, faisant sursauter l’elfe.
Il tourne lentement la tête, ses yeux globuleux se posent sur le seul Black encore vivant dans cette maison.
— Le fils indigne est revenu, murmure-t-il. Le fils indigne est revenu faire pleurer sa pauvre mère… Après la mort du maître Regulus il revient accabler ma maîtresse…
— Tais-toi, assène Sirius d’un ton acerbe. Je suis revenu habiter cette maison, et beaucoup d’autres personnes vont venir aussi. Content de voir que tu es toujours vivant, tu vas pouvoir te remettre au travail.
L’elfe s’incline exagérément, son nez touche presque terre mais son regard ne quitte pas Sirius, qui le trouve beaucoup trop sournois.
Sans un mot de plus, il se dirige vers l’escalier, suivi de Remus et Maugrey, et gravit les marches, soulevant un nuage de poussière à chaque pas. À croire que depuis la mort de Walburga et Orion Black, Kreattur n’avait fait que nettoyer le cadre du tableau de sa chère maîtresse…
Le pallier du premier étage est aussi sale que le reste, et n’a visiblement pas été arpenté depuis plusieurs années, tant la couche de poussière est homogène.
— Décidément, la décoration sera à revoir, dit Remus en éclairant les têtes d’elfes disposées le long du mur de l’escalier.
— Je suis sûr que Rogue appréciera beaucoup ce genre d’ambiance, ça lui rappellera ses cachots chaleureux, rétorque Maugrey.
Sirius a à peine le cœur à esquisser un sourire, bien vite effacé lorsqu’il pense que Servilus va venir investir les lieux avec le reste de l’Ordre…
Il y a deux portes au premier étage, l’une donne sur une des chambres, l’autre sur un salon, et c’est vers la deuxième que se dirige Sirius, suivi de ses compagnons. Elle n’est pas fermée, mais une fois encore Sirius reste sur le seuil de la pièce, immobile.
— Pour l’instant ça m’a l’air d’être la pièce la plus agréable de la maison, dit Remus avec son calme habituel. Quels horribles secrets peut-elle cacher pour que tu refuses d’y entrer ?
— Si on passe une demi-heure par pièce, on y sera encore demain matin, grommelle Maugrey.
Sirius acquiesce et se décide à avancer dans la pièce. Un des volets est cassé, ce qui l’éclaire suffisamment pour qu’ils puissent ranger leurs baguettes. Un mur en particulier est éclairé… Sirius se dirige vers lui, et le hoquet de surprise de Remus résume plutôt bien ce qui est représenté sur ce mur.
La fameuse tapisserie de la Noble et Très Ancienne Famille Black.
Dernière modification par Eanna le 17 juin 2017 - 21:01, modifié 1 fois.
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par BellaCarlisle » 17 juin 2017 - 21:01

Titre : Décombres
Thème : Image
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1009
Personnages : Daisy Scrimgeour (OC)
Rating : Tout public
La main posée sur la poignée de la porte, Daisy hésitait à entrer, sachant d’avance ce qu’elle risquait de trouver à l’intérieur. Elle n’était pas revenue depuis que les Mangemorts avaient détruit de nombreuses maisons de sorciers et elle craignait de ne pas reconnaître l’endroit où elle avait vécu. La perte de son père avait eu un effet négatif sur elle et elle n’ignorait pas que voir leur demeure la replongerait dans ses souvenirs.

Elle franchit le seuil de la maison, sortant sa baguette, plus pour se rassurer que pour réellement se protéger. Le hall était un aperçu du reste, entièrement gris, comme victime d’un incendie magique, de ceux qui touchent les murs sans complètement les détruire. L’aspect lui rappelait les victimes pétrifiées de Pompéi, figées dans un dernier geste sans pouvoir fuir la terrible catastrophe qui s’était abattue sur eux. Ici, tout venait de la guerre et de l’homme, il n’y avait rien de naturel dans la destruction des familles.

Le cœur serré, elle passa dans la pièce adjacente, remarquant la cheminée où quelques bûches gisaient encore. Elle détourna les yeux, essayant de repousser au fond de son esprit tout ce qui surgissait dans sa tête. Elle se revoyait enfant, en train d’observer son père qui allumait le feu d’un simple coup de baguette en lui faisant un clin d’œil. Ou ces soirées pendant lesquelles il lui lisait des contes moldus alors qu’elle fermait les paupières pour se concentrer uniquement sur sa voix.

Délaissant le rez-de-chaussée, Daisy monta à l’étage, commençant par sa propre chambre. Peu de choses étaient encore en état, même sa bibliothèque était détruire, laissant des cendres à la place des livres. Elle fouilla longuement dans les décombres, pour vérifier s’il y avait encore des objets utiles rescapés mais rien n’avait échappé aux flammes des Mangemorts. Se relevant, elle agita sa baguette, faisant disparaître la poussière, révélant une pièce vide et triste qui s’accordait à son humeur.

La Serdaigle poussa la porte du bureau de son père, dans un état encore plus déplorable. Il n’y avait pratiquement pas de traces de la magie des Mangemorts mais tout montrait que quelqu’un était passé par là. Le bureau en bois avait été renversé, ses tiroirs étaient éparpillés dans la pièce, avec des documents déchirés un peu partout. Daisy ramassa certaines des feuilles, lisant l’écriture soignée de son père en luttant encore une fois pour oublier ses souvenirs d’enfance. Elle parcourut le reste du bureau du regard, s’attardant un instant sur les armoires.

- Daisy, tu es là ?

Elle sursauta, pointant sa baguette vers la porte, le cœur battant. Elle avait reconnu la voix de Faith mais elle n’avait pas imaginé un seul instant que son amie reviendrait vers elle, encore moins dans cette maison qui avait été témoin de leurs rires.

- Je suis en haut, répondit la brune. Dans le bureau de mon père.

Ses paroles se perdirent dans un murmure, le chagrin refaisant surface. Faith la rejoignit, se mordant les lèvres en voyant les dégâts dus aux Mangemorts, posant une main apaisante sur l’épaule de son amie.

- Je suis désolée, je ne pensais pas que ta maison était dans cet état.
- Tu ne pouvais pas savoir. Ils ont attaqué peu de temps avant de s’en prendre à Poudlard, j’ai lu dans les journaux ce qu’ils ont fait. J’avais conscience que ce serait dur mais le voir est encore pire.

Elle passa une main sur le mur qui s’effrita sous ses doigts. Elle avait grandi dans cette maison, c’était ici qu’elle avait reçu sa lettre pour Poudlard, ici qu’elle avait avoué à son père qu’elle craignait le retour de Voldemort, ici qu’elle avait pu admettre qu’elle n’aimait pas les hommes mais que son cœur se tournait vers les femmes. Sa vie était ancrée dans chaque pierre de la maison, comme si elle y avait laissé une partie de son âme.

- Est-ce que tu as trouvé un endroit où habituer ? demanda Faith.
- Je compte bien rester ici ! La magie pourra m’aider pour l’intérieur et si jamais les moldus passent par là, j’effacerai leur mémoire.
- N’est-ce pas un peu trop radical ?
- J’ai besoin de revenir dans cette maison. J’ai trop perdu, je ne veux plus être obligée de fuir parce que rien ne va.
- Je suis là pour toi, Daisy. Tu ne feras pas tout ça seule.

La brune eut une expression étonnée envers son amie, parce qu’elle croyait que le fossé entre eux était trop grand. Mais Faith avait pris la décision d’arrêter de prendre de la distance à cause d’un conflit qui avait eu lieu à Poudlard. Elles étaient trop proches pour se séparer sur un coup de tête et elle voyait bien que Daisy ne s’en sortirait pas seule, pas alors qu’elle portait un deuil dans son cœur depuis presque un an.

- Merci, murmura la brune. Tu n’étais pas obligée de …
- Je ne vois pas ça comme une obligation, la coupa la blonde avec un léger sourire. On a vécu beaucoup de choses toutes les deux et j’ai une dette envers toi.

Daisy haussa les épaules, un peu gênée. Elle entraîna Faith dans les autres pièces de l’étage, pour constater que rien n’était récupérable. Elle allait devoir user d’une bonne dose de magie pour redonner un semblant de vie à sa maison mais elle était prête à le faire, parce qu’elle était déterminée à réussir. Pour commencer, elle leva sa baguette en déclamant haut et fort des sortilèges de protection. Elle ne laisserait plus personne entrer par effraction chez elle, cette demeure était la sienne, aucun sorcier ne pourrait y entrer sans son autorisation.

- Je sais que tu serais fier de moi, papa, murmura Daisy avec des larmes dans les yeux.

Parce qu’avant tout, c’était pour lui qu’elle était là, pour se prouver à elle-même qu’elle n’avait rien oublié de leur passé commun.

- Je pense à toi, sois en sûr.
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Caroliloonette
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Caroliloonette » 17 juin 2017 - 21:03

Titre : L'achat
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://orig03.deviantart.net/462d/f/201 ... 6z0mpo.jpg
Fandom : Original
Nombre de mots : 135 mots
Personnages : Une femme et un agent immobilier
Rating : Tout public

« Bien sûr, il faut faire preuve d’imagination, mais avec un bon rafraîchissement et quelques travaux cet endroit sera parfait pour votre future vie de famille, ajouta l’agent immobilier tout en fixant mon ventre arrondi. »

C’était certain, il fallait avoir une imagination débordante pour entrevoir une quelconque vie entre ces quatre murs. J’essayais de me projeter, d’imaginer cette pièce lumineuse remplie du mobilier que nous avions acquis mon mari et moi ces dernières années… Mais rien, je ne voyais rien.
Le gros point positif, était le quartier résidentiel, calme et bien desservi, dans lequel se trouvait cette bicoque.

Cela méritait réflexion après tout. Je pris rendez-vous, pour une nouvelle visite en compagnie de mon mari. J’avais deux jours pour lui soumettre l’idée qu’acheter une maison à rénover n’était peut-être pas une si mauvaise idée.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par AliceJeanne » 17 juin 2017 - 21:04

Titre : La cendrière
Thème : image (http://orig03.deviantart.net/462d/f/201 ... 6z0mpo.jpg)
Fandom : Underworld
Nombre de mots : 885
Personnages : OCs (Wilhelm, Sofia, Alicia, Manuel), Eve, David
Rating : Tous publics
La cendrière


Le manoir était entièrement calciné du sol au plafond, méconnaissable aux yeux même de ceux qui avaient pu y vivre. Des cendres recouvraient les restes de carrelage de la grande salle où se tenaient la plupart des soirées de l’assemblée. Wilhelm avisa Sonia qui observait l’espace les larmes aux yeux, cette demeure avait été son foyer à son arrivée en Hongrie, et le voir ainsi détruit bouleversait profondément la jeune fille. C’était la deuxième fois en trop peu de temps que tout ce qu’elle connaissait et possédait était réduit en poussière. Les Hommes avaient, une fois de plus, été rapides et efficaces, faisant d’abord brûler les vampires à coups de rayons ultraviolets puis ensuite l’habitation à grand renfort d’alcool et de poudre. Le fils de la sénatrice serra les poings, il n’avait que peu connu le monde avant la fin du secret. Depuis ce jour maudit où les humains avaient découvert l’existence des immortels, il n’avait cessé de prendre des connaissances, des amis, et chaque nouvelle victime de cette folie était un pieu qui s’enfonçait progressivement dans sa poitrine, broyant poumons et transperçant son cœur. Parfois il était d’accord avec son grand-père, les humains ne méritaient pas ce respect insensé que leur témoignait sa mère. Tout en eux n’était que destruction.

_ Vallons-nous seulement mieux que cela ? Lui demanda doucement sa jeune sœur, Sofia, interrompant le fil de ses pensés.

Les yeux verts de la jeune fille le fixaient avec douleur, il savait qu’elle souffrait davantage de la situation que lui, tout comme Sonia, mais, au moins, elle ignorait ce qu’ils avaient perdu lorsque la famille Corvinus avait une fois de plus avancé maladroitement ses pièces sur l’échiquier.

_ Je l’ignore. Se confia-t-il en se dégageant de son emprise afin de se rapprocher de son amie, tombée à genoux un peu plus loin.

Sofia n’insista pas, elle avait appris, avec Wilhelm, que parfois, le silence valait tous les longs discours. La jeune hybride avisa les murs, constatant avec horreur que malgré l’équipe de nettoyage qui avait officié quelques heures auparavant, on pouvait encore voir les empreintes laissées par les corps des victimes de l’incendie.

_ Le camion est prêt ! Retentit soudainement la voix de David, tirant l’adolescente de sa torpeur.

Le jeune homme se tenait dans l’embrasure de ce qui avait été la grande porte d’entrée, cachant Eve qui se tenait derrière lui, de sa grande taille. La fille de Sélène n’avait pas souhaité s’éterniser entre ses murs, préférant aider David à rassembler ce qui restait des caméras de surveillance extérieures, afin de pouvoir, ultérieurement, étudier l’attaque afin qu’une telle chose ne se reproduise pas. C’était l’explication que le conseil donnait lorsqu’il envoyait les jeunes recrues sur le terrain, en zone sinistrée, mais Eve savait pertinemment que le but recherché était tout autre. Bon nombre de conseillers et sénateurs étaient opposés à ce qu’ils voient l’horreur du massacre, espérant ainsi qu’ils ne développent jamais la haine de certains envers les auteurs des atrocités : les humains. Mais à quoi bon cacher la vérité ? D’après la première chancelière, les enfants finissaient toujours par comprendre qu’on leur mentait, alors autant qu’ils sachent, au moins seraient-ils certains de la transparence du conseil.

_ Sonia, il faut y aller… Murmura Wilhelm en posant une main sur l’épaule de son amie.

La vampire hocha la tête piteusement et s’essuya les yeux dans la manche de son pull, laissant au passage des trainées de suie sur son visage. Elle suivit Wilhelm sans broncher et lorsque Sofia glissa sa main dans la sienne par compassion elle ne s’y opposa pas comme elle avait l’habitude de le faire normalement. David poussa le lambeau de porte derrière eux lorsque ses trois amis sortirent et rejoignit rapidement Eve à l’avant du van noir qui les avait amené jusqu’ici. Le fils d’Amélia démarra le véhicule après avoir jeté un coup d’œil dans le rétroviseur, avisant rapidement la mine sombre de Wilhelm et la tristesse de Sonia, la route serait longue, et il espérait bien pouvoir les dérider un peu.


Alicia observait les panneaux de contrôle avec attention, sondant méticuleusement les moindres petits mouvements des muscles faciaux des cinq recrues. La jeune-femme se tordait les mains, en proie à un furieux malaise. La destruction d’un nouvel avant poste était une nouvelle dure à encaisser, le conseil du matin risquait encore de s’éterniser et elle avait de plus en plus de mal à raisonner ceux qui voulaient engager des représailles à l’encontre des humains. Elle-même doutait, cette nuit avait été le théâtre de la disparition d’amis proches, à l’autre bout du continent, et cela l’affectait plus qu’elle ne l’aurait souhaité.

_ Comment est Sonia ? S’enquit Manuel en enlaçant doucement sa femme, cherchant aussi bien à la rassurer elle que lui.

Alicia ne répondit pas, ravalant un sanglot qui menaçait d’échapper à son contrôle depuis qu’elle avait appris que la forteresse du Sud était tombée. Ses deux plus chers amis étaient portés disparus et elle ne parvenait pas à l’accepter. Toute la nuit elle avait tourné le problème dans tous les sens, redoutant avec douleur le moment où elle devrait annoncer à Sonia qu’elle était à présent orpheline, qu’à présent sa vie n’était réellement qu’un tas de cendres.

_ Je crois qu’elle sait. Murmura-t-elle en serrant fébrilement la main du fils de William.
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selket
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par selket » 17 juin 2017 - 21:13

Titre : La gloire d'antan
Thème (écrit ou URL de l'image) : Cigarette et http://orig03.deviantart.net/462d/f/201 ... 6z0mpo.jpg
Fandom : HP
Nombre de mots : 456
Personnages : Sirius
Rating :

Assis sur son fauteuil les pieds négligemment posé sur un repose pied en velours rouge élimé il contemplait les lambeaux de plafond qui se détachait en grande plaques grisâtres. Là où le papier se décollait la couleur initiale apparaissait. D’un air morne il regardait ces taches blanchâtre qui affleurait sous le la papier gris. Autour de lui le spectacle était tout aussi désolant qu’au dessus de sa tête. Mais il n’y prenait pas garde et continuait de tirer sur sa clope sans bouger de la pièce lugubre. Avachit sur son fauteuil éculé il faisait des ronds de fumé en attendant que le temps s’effiloche comme la brume toxique qu’il aspirait à chaque bouffée. Le temps s’étirait lentement pendant que sa cigarette se consumait tout doucement.
Il avait piètre figure avec ses vêtements qui avait déjà vécu une vie avant celle-ci et ses cheveux qui lui tombaient sur les yeux cachant ses prunelles noires douloureusement vide. Un rictus s’étira sur ses lèvres alors qu’il se faisait la réflexion qu’il se fondait vraiment dans le décor accoutré ainsi.

Il leva sa tête le temps de jeter un bref coup d’oeil sur la pièce pour fixer sur sa rétine le piètre spectacle de cette salle jonché des débris d’un passé révolu. Et quel passé. Un passé qui avait était glorieux et qu’on devinait encore sous la pellicule de poussière qui recouvrait le manteau de la cheminée d’un fragile linceul. Le lustre en cristal avait perdu ses pampilles dont les éclats de cristal brisés au sol reflétaient maintenant la lumière dans toute la pièce en des milliers de petits diamants. Les fils d’argent avaient été remplacés par les toiles d’araignées et les tapisseries totalement mités. La cheminée noircie de suie arborait le blason de quelque famille illustre et la grande porte ouvrait sur un immense escalier en marbre. Le sol en marbre dessinait des entrelacs qui se reflétait dans un immense miroir moucheté de noir.
Toute dans cette maison respirait la grandeur et la décadence d’une grande et noble famille.

O comme il haïssait cette demeure, mais piégé dans son sein il ne pouvait rien faire si ce n’est attendre que le temps passe et que l’heure de la délivrance sonne.
Las il jeta son mégot par terre l’envoyant rejoindre les restes de ses précédents cigarettes qui s’entassait sur le tapis. Sans prêter attention au trou qui se dessinait sous la chaleur des braises il attrapa une autre clope qu’il alluma avec son zipo d’un coup sec avant de basculer à nouveau sa tête contre l’appui-tête défoncé.
Au loin le cliquetis d’une horloge se faisait entendre, la fumée dansait toujours dans l’air en nuée de plus en plus compact et Sirius restait là amorphe dans son fauteuil rouge.
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Caroliloonette
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Caroliloonette » 17 juin 2017 - 21:23

Titre : Animosité
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://orig10.deviantart.net/78d5/f/200 ... simplu.jpg
Fandom : original
Nombre de mots : 103 mots
Personnages :
Rating : Tout public

Installée sur un banc dans le square à l’ombre d’un vieux chêne, elle observait les pigeons s’amasser sur les toits des maisons environnantes. Qu’est-ce qu’elle pouvait maudire ces oiseaux-là ! Toujours à vous tourner autour, pour récupérer la moindre miette lorsque vous sortiez votre sandwich. Allant parfois même jusqu’à s’imposer, sans aucune gêne, sur votre banc.

Ces oiseaux lui foutaient une frousse immense depuis sa plus tendre enfance.


Alors qu’elle ouvrait son magasine une magnifique fiente vint orner ce dernier. Elle leva les yeux vers le ciel et pesta contre les volatiles.


Elle détestait les pigeons, mais ces derniers lui rendaient bien !
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selket
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par selket » 17 juin 2017 - 21:27

Titre : Pigeons des rues
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://orig10.deviantart.net/78d5/f/200 ... simplu.jpg
Fandom : HP
Nombre de mots : 259
Personnages : Errol
Rating :

Il avait toujours détesté ces satanés volatiles. Ils ne faisaient que trainer sur les cheminées ou dans la rue en maculant les briquettes rouges des trainées blanchâtres de leurs déjections. Ils étaient si sales, si gros et dégoutants. Et pourtant ils le regardaient d’un air snob lorsqu’il les dépassait rapidement d’un air affairé. Il n’en pouvait plus de ces pigeons de rue crasseux qui passait leur temps à ne rien faire alors que lui trimait à délivrer lettre après lettre. Il avait hâte que la retraite approche et qu’enfin il puisse se reposer. Mais en attendant il continuait avec fierté de délivrer son courrier en faisait fi des regards moqueurs de ces vauriens qu’il supportait de moins en moins. C’était peut-être l’âge qui le rendait acariâtre ? Ou peut être qu’il l’avait toujours était ? En tout cas une chose était sure plus ça allait et plus il sentait la moutarde lui monter au bec quand ils les voyaient se moquer de lui et ses lettres. En attendant lui il ne faisait pas rien de son temps. Il avait un métier et une cage bien douillette qui l’attendait chez sa famille de sorcier. Se rengorgeant, il tourna la tête de l’autre côté pour ne plus regarder les pigeons perchaient sur la cheminée du terrier sans voir la fenêtre fermée de laquelle il se rapprochait dangereusement. En un bang sonore il se pris soudain la vitre avant de glisser le long de la fenêtre et atterri pile dans les géraniums de la jardinière sous le regard goguenard de ces maudits piaffes. 
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Westyversionfrench
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Westyversionfrench » 17 juin 2017 - 21:35

Titre : Pig(eon)iste
Thème : Image
Fandom : Harry Potter
Nombre de Mots : 570
Personnages : Hedwige, Colin Creevey, Minerva McGonagall
Rating : K
Objectivement, Hedwige était une chouette fille. Elle avait su répondre à ses questions, ne l'avait pas jugé pour l'intérêt qu'il portait à son maître, et avait même accepté de participer à sa chronique hebdomadaire sur Harry Potter. De manière anonyme, et Colin le comprenait. Après tout, c'était la confidente du plus célèbre sorcier à lunettes d'Angleterre. Comme elle devait s'absenter pour une mystérieusement mission postale à l'autre bout du pays, ils s'accordèrent pour que ce soit elle qui le recontacte pour un prochain rendez-vous. A priori, ils en profiteraient pour casser la graine depuis leur perchoir préféré, l'une des petites cheminées surplombant la cabane d'Hagrid.

Le jeune Gryffondor de cinquième année prit le chemin du cours de Métamorphose et s'installa sagement au premier rang, comme souvent. Toutefois, bien qu'il soit, comme à son habitude, attentif et studieux, le sévère professeur McGonagall le toisa toute l'heure avec un air particulièrement pénétrant. Cette observation persistante le gêna considérablement, et il craignit d'avoir commis un horrible impair lorsque sa directrice de maison lui demanda de rester à la fin de la leçon. Il resta assis à sa table, qui de toute manière jouxtait celle de l'enseignante, et attendit que tous ses camarades fussent sortis.

Minerva McGonagall s'adressa à lui en parlant à toute vitesse, très contrariée.
« Monsieur Creevey, je suis très mécontente de vous ! J'ai eu la confirmation, pas plus tard que ce matin, que vous utilisiez votre... capacité exceptionnelle, de manière totalement illégale. » Colin se mordit les lèvres, coupable.
« Professeur... je peux tout vous expliquer...
-Taisez vous jeune homme ! Croyez moi quand je vous dit que je sais qu'il est difficile de résister à son instinct primitif, quand nous sommes un animagus. Au passage... cessez de rôder sous votre forme animale les soirs où je patrouille, je suis tentée de vous croquer l'aile. » Colin la fixa, ahuri et inquiet et elle eut un petit rire bref.
« Enfin mon jeune ami, les chats mangent les oiseaux, c'est dans l'ordre des choses. Mais là n'est pas la question. Je vous ai vu... converser... avec une certaine chouette de l'école. Et considérant les dernières révélations parues dans votre gazette, j'ai les preuves accablantes de votre caractère vénal ! »

Colin marmonna plusieurs fois le dernier mot prononcé, scandalisé.
« Oui jeune homme ! Vénal ! J'ai accepté de garder le secret de votre statut, pour des raisons de sécurité. En ces temps incertains, se faire déclarer comme animagus au Ministère revient à devenir une cible de choix. Mais les conditions de notre accord étaient claires. Je vous aide à maîtriser vos transformations et à appréhender la gestion de votre enveloppe animale et vous n'utilisez pas votre avantage au profit de votre journal !
-Je ne recommencerai plus... » promit Colin, penaud. McGonagall se calma et se laissa reposer contre le dossier de sa chaise.
« Bon. Que je ne vous y reprenne plus ou je suggère à mon aimable collègue, le Professeur Ombrage, que votre feuille de chou porte atteinte à la légitimité du Ministère! » Colin pâlit et quitta la salle de cours peu de temps après.

Par chance, et comme personne n'était plus dans le couloir, il put se transformer en un petit pigeon sombre qui voleta à toute vitesse jusqu'aux serres, dans le Parc de l'Ecole. Il ne fut donc pas en retard et ne reçut aucune remarque de la part du sympathique Professeur Chourave.
Image avec L'arc du guerrier Od, en Mongolie sorcière ! Image

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Pimy
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Pimy » 17 juin 2017 - 21:39

Titre : /
Thème : Serrure
Fandom : Original
Nombre de Mots : 411
Personnages : /
Rating : /
Lorsqu’elle se réveilla, Sarah se trouvait dans une pièce sombre et silencieuse et la jeune femme tenta de percevoir le moindre indice sur son environnement, mais elle devait se rendre à l’évidence, c’était peine perdue. La panique qui l’avait saisie face à cet endroit inconnu lui remplissait bien trop la tête pour qu’elle réussisse à garder les idées claires et analyser la situation.

Encore un peu sonnée, elle tenta de rassembler ses souvenirs, de se rappeler comment elle était arrivée là, mais tout était flou dans sa tête. Elle se revoyait saisir les clés de sa voiture, puis se garer, faire quelques courses. Où était-elle allée après ?

Devant son incapacité à se souvenir, sa panique monta d’un cran, et fébrile elle longea le mur contre lequel elle était adossée. Sa respiration erratique semblait prendre tout l’espace autour d’elle, et elle se sentit tout à coup bien trop enfermée pour ne pas bouger. A tâtons dans l’obscurité qui l’entourait elle sentit la poignée d’une porte, mais le soulagement qui l’avait instantanément envahi disparut aussitôt qu’elle tenta de l’actionner. La porte était verrouillée. Elle fit courir ses doigt le long de la porte à la recherche d’un loquet, de quoi que ce soit qui lui permettrait de l’ouvrir, mais ses mains ne rencontrèrent qu’une serrure.

Elle se sentit pâlir, réalisant qu’elle était enfermée. Ses questions redoublèrent, lui donnant l’impression que sa tête allait exploser. Pourtant, au milieu de toute cette angoisse qui lui tordait les entrailles, elle ne pouvait s’empêcher d’espérer. Que la clé se trouvait quelque part, qu’il y avait une autre issue, que ses peurs n’étaient pas fondées.

Que ce n’était qu’un cauchemar.

Elle ferma les yeux pour se calmer, et les larmes affluèrent sous ses paupières. Parce qu’elle ne savait que trop bien qu’elle ne rêvait pas.

Dans cette espèce de fébrilité qui ne l’avait plus lâchée depuis qu’elle s’était réveillée, elle continua à longer le mur, centimètre après centimètre, mais rien. Aucun indice, aucune autre porte. Aucun meuble, même. La pièce faisait environ la taille de sa cuisine, et lorsque Sarah arriva à nouveau à la porte et eut examiné la serrure sous tous les angles, elle se résolut à arrêter son exploration.

- Ne pleurez pas.

La voix venait de la pièce, et Sarah se figea, réalisant seulement qu’elle était en pleurs. L’homme qui avait parlé se voulait visiblement rassurant, mais la jeune femme ne put s’empêcher de se coller au mur dans un reflexe de défense.
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Seonne » 17 juin 2017 - 21:42

Titre : Un amour de corbeau
Thème : Image
Fandom : Krabat et le moulin de l'Eau noire
Nombre de mots : 272
Personnages : Ann, un apprenti sorcier
Rating : Tout public
Ann regardait les corbeaux sur le toit du vieux moulin. Elle leur avait toujours trouvé un air étrange. Ils lui faisaient toujours quelques frissons dans le dos, et, même si elle savait que cette idée était stupide, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’ils l’observaient, avec leurs yeux globuleux et leur air malsain. Comme chaque fois qu’elle venait acheter sa farine, elle resta un instant debout, immobile, à leur renvoyer leur regard, perplexe. Puis elle secoua la tête et détourna les yeux avant de s’avancer vers l’entrée. Elle n’aperçut pas l’un des oiseaux qui s’envola et entra par une fenêtre avant de reprendre sa forme originale, celle d’un solide gaillard de dix-sept ans.

Ann poussa la porte du moulin, et attendit un instant que quelqu’un vienne. Elle savait qu’on l’avait entendue entrer. Les pas d’une course effrénée le lui indiquaient. Dévalant l’escalier, le garçon se trouva rapidement en bas. Il s’était précipité pour qu’aucun de ses camarades n’arrive avant lui. Comme à chaque fois que cette fille venait acheter sa farine. Elle avait quelque chose de spécial. Quelque chose qui l’attirait.

— Bonjour, lui dit-elle avec un petit sourire.
— B… Bonjour, balbutia-t-il, essoufflé, les joues rouges.

Elle aussi avait bien remarqué ce garçon la servait chaque fois qu’elle se rendait au moulin. Ce n’était d’ailleurs pas le plus proche de chez elle. Elle y était venue une fois par hasard, puis y était toujours revenue pour le voir.

Alors que les deux jeunes tombaient, malgré eux, amoureux l’un de l’autre, ils ne se doutaient pas que cet amour causerait leur perte. L’apprenti sorcier, pourtant, savait que le Maître ne tolérait de tels sentiments.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par Eejil9 » 17 juin 2017 - 21:51

Titre : Le drame derrière la porte
Thème : Serrure
Fandom : Original
Nombre de mots : 450
Personnages : /
Rating : -12
Les cris résonnaient dans la vieille maison grinçante, et Violette savait d’où ils venaient. Elle ne discernait pas les mots, mais leur violence faisait bourdonner ses oreilles comme un essaim d’abeilles. D’un pas discret elle monta le vieil escalier vermoulu, s’approcha de la source du bruit.
Une pièce, fermée à clef.
Comme toujours.
Les cris se changèrent en fracas assourdissant. Un meuble peut-être. Violette espérait que c’était un meuble. Mais elle n’était pas sûre, à huit ans, c’est difficile de deviner ces choses-là.

Tentant de calmer son souffle qui tempêtait contre le battant de la porte, Violette plaqua son visage au plus près du panneau de bois. Se hissant sur la pointe de ses petits pieds, elle tenta de mettre son œil trop bleu en face du trou de la serrure.
Au début, elle n’aperçut rien d’autre que la structure du verrou. Elle laissa doucement ses talons retomber sur le sol, aligna son regard...
Et puis, par cette serrure, c’est un monde qui se révéla à son œil écarquillé. Un monde étroit et cauchemardesque, entre quatre murs gris et un sol tâché de rouge.

C’était bien un meuble, mais pas seulement.
Le souffle de Violette sur le battant de bois se tarit brusquement.
Entre les éclats de meuble brisés, un corps décharné qui ne respirait plus non plus. Et les tâches rouges...
Dans un coin de la pièce, son père avait les yeux fous des mauvais jours, et sur ses mains, des échardes et du rouge. Son souffle à lui ne s’était pas tari, au contraire, sa poitrine s’élevait et s’abaissait violemment. Un drôle de grognement s’échappait de sa gorge gonflée par la colère.

Violette avait huit ans, elle ne comprenait pas tout. Mais ces halètements lui paraissaient indécents.
Elle fut prise d’une inspiration brusque, réflexe étrange dont son esprit d’enfant ignorait la nature.
Mais ses yeux ne quittaient pas le corps décharné. Comme le sol, il était gris et tâché de rouge.

Elle avait huit ans, mais elle savait compter. Ils étaient trois dans la maison. Son père était là, il respirait trop fort, et elle était là, à ne pas oser respirer.
Cela signifiait donc...

Violette trembla brusquement.
Elle aurait voulu appeler sa mère. Mais dans les yeux de son père, toujours la même folie.

Elle avait huit ans mais elle n’était pas bête. Elle pleurerait plus tard. Peut-être. Ce n’était pas le moment.
Alors elle gardait les yeux fixés sur le trou de la serrure, et derrière, le drame qui s’y jouait.
Qui s’y était joué.
Curiosité morbide pour cet homme étranger et violent qui respirait comme un taureau fou.
Et pour le corps de plus en plus gris et le sol de plus en plus rouge.
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MoonyShka
Elève de troisième année
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Inscription : 14 juin 2017 - 23:29

Re: [Textes] Nuit du 17 juin

Message par MoonyShka » 17 juin 2017 - 21:53

Titre : Alohomora
Thème (écrit ou URL de l'image) : Serrure
Fandom : HP
Nombre de mots : 167
Personnages : Ron Weasley
Rating : Tous publics
Ron Weasley regardait la serrure de la porte avec intensité.

Il souhaitait tellement reproduire le sort qu'Hermione avait employé la première année. Il la revoyait comme si c'était hier, ses yeux bruns lançant des éclairs et murmurait avec agacement "Alohomora, livre des sorts et enchantements, chapitre sept !"

Il brandit sa baguette brisée et incanta le sort de déverrouillage.

Rien ne se produisit.

Il soupira de colère. Le jeune garçon voulait vraiment impressionner son insupportable amie. Lui prouver qu'il valait quelque chose.

Il ne savait pas pourquoi il faisait ça. Mais avait une certaine crainte, qu'elle finisse par lui préférer son meilleur ami. Et il fallait lui montrer qu'il était capable. Même d'un sort de première année.

Il réessaya, une nouvelle fois, et encore plusieurs autres, avant que la serrure ne daigne émettre un son. Il poussa un cri de joie. C'était une petite victoire, mais une grande avancée sur le plan de la conquête de celle qu'il aimait.
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