[Textes] Nuit du 12 Novembre

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Julia Erwelin
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[Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Julia Erwelin » 12 nov. 2016 - 20:58

Voici le topic pour publier vos textes de la Nuit de ce soir.

Aucune question, remarque, commentaire ou post contenant autre chose qu'un texte n'est accepté.

Veuillez publier votre texte en remplissant préalablement ce formulaire :

Code : Tout sélectionner

Titre :
Thème (écrit ou URL de l'image) :
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Nombre de mots :
Personnages :
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HPF ET LA COUPE DE FEU, ON VA VOUS ENFLAMMER LE CERVEAU
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popobo
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par popobo » 12 nov. 2016 - 21:34

Titre : Quel luxe !
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://i.imgur.com/wqWB4Su.jpg (Crédits : dangerous-glow sur DA
Image)
Fandom : HP
Nombre de mots : 430
Personnages : Rose W
Rating : -
Rose en avait rêvé. Elle n’osait plus y croire mais quand elle entra enfin dans la boutique de robes de mariée, elle réalisa que c’était réel.

Oui, Scorpius l’avait demandée en mariage. Dans quelques semaines, elle deviendrait madame Rose Malefoy.

Pour ce jour exceptionnel, elle se devait d’être la plus belle. Pour se faire plaisir la jeune sorcière avait décidé de transplaner à Paris, la ville étrangère parmi celles qu’elle connaissait, qu’elle trouvait la plus belle et la plus féérique.

Quelques mois plutôt, Scorpius et elle avait passé une semaine en amoureux dans la capitale française. Séduite par les vitrines des grands magasins, Rose s’était promis de revenir le jour où elle aurait besoin de trouver une robe de luxe.

L’occasion était inévitable. Sans rien dire à personne, Rose avait transplané dans la semaine suivant la demande officielle de son fiancé. La boutique appartenait à une rue moldue. Rose redoutait un peu de se faire remarquer par sa différence mais pour autant, rien ne l’empêcha de pousser la porte vitrée de la luxueuse enseigne.

Une vendeuse s’approcha d’elle et ne la quitta plus pendant les quarante minutes suivantes.

Rose avait envie de toucher à tout, de la barrette en perles aux chapeaux à plume, tout lui donnait envie. Ses yeux étaient émerveillés et ses rêves de princesse devenaient pratiquement réalité. Elle se sentait heureuse.

- Voici une première robe, mademoiselle, présenta la vendeuse.

Rose la regarda. La robe blanche aux reflets argentés était magnifique. Le drapé de soie et de taffetas retombait parfaitement et mettait en avant la silhouette de la jeune fille. Le décolleté était entièrement brodé de perles et de plumes. Leurs éclats étaient envoûtants. Rose en restait bouche bée. La vendeuse l’avait immédiatement séduite. La robe éblouissante n’aurait même pas besoin de sortilèges supplémentaires, pensa Rose intérieurement. Tout était déjà parfait.

Rose se laissa dorloter et entourer par la vendeuse qui prenait autant de plaisir qu’elle à lui montrer les différents accessoires, colliers, bracelets, boucles d’oreilles, jarretière qui pourraient se marier justement avec la robe choisie.

Ce fut seulement après avoir posé les yeux sur une petite étiquette en carton où était noté le nombre « 296 euros » que Rose commença à perdre ses illusions et à finir de rêver.

296 euros pour une simple barrette dans les cheveux mais quel pouvait bien être le prix du collier, ou celui du voile en dentelle, se demanda-t-elle.

Avoir le mariage de ses rêves n’était pas donné et finalement mais dans les histoires d’amour, il était aussi question d’histoire d’argent.

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MooNyx
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par MooNyx » 12 nov. 2016 - 21:43

Titre :La réflexion
Thème (écrit ou URL de l'image) : Rouage
Fandom : HP
Nombre de mots : 317
Personnages : Sirius, Remus
Rating : Aucun


Remus, soupçonneux, gardait son regard ambre fixé sur Sirius.

Il était assis sur son lit, ses cheveux noir et légèrement ondulés frôlant ses épaules courbées, se détachant sur la chemise blanche et froissée sous eux. Assis en tailleurs, le coude posé sur le tibia et le menton dans la paume de sa main, le jeune homme regardait dans le vide, la mine concentrée.

Pourquoi être suspicieux alors qu'il semblait si calme?

Et bien tout simplement parce-qu'en six ans, Remus avait eu tout le loisir de se rendre compte que Sirius Black n'était jamais calme. Sauf, évidemment, lorsqu'il réfléchissait à un mauvais coup. C'est pour cela que le préfet gardait un œil sur son compagnon, l'air de rien.

« _Sirius? » Appela t-il, la voix mesurée

Aucune réponse ne lui parvint, ajoutant à son inquiétude. Et pourtant il les voyait.
Il voyait les rouages de son cerveau s'activer, tourner, retourner, emmêler ses idées pour monter un plan parfait. Un de ces plans irréprochables, digne du pire -ou du meilleur? des Serpentard, que le brun créait de toute pièce lors des grandes occasions.

Lorsqu'il faisait ça, Remus ne pouvait qu'avoir peur, tenter d'anticiper et de limiter les dégâts, et d'attendre avec une excitation un peu coupable. En général, cela n'arrivait pas très fréquemment. Juste aux anniversaires de Peter, James et lui, et à quelques fêtes aussi...

Remus ne s'inquiétait pas pour les Maraudeurs, ou pour Sirius, car il était tout bonnement impossible de remonter à la source lorsque Patmol sollicitait toutes les ressources de son cerveau.

Non, la seule chose qui devait craindre le réveil de son meilleur ami, c'était bien leur école de sorcellerie.

Le regard grisé de Sirius s'alluma subitement d'une lueur un peu démente, alors que le brun se mettait à déplier tous ses membres. Il pivota vers Remus qui soupira en voyant le sourire un peu fou.

« _Lunard... J'ai réfléchi. »

Tremble Poudlard, tremble... Sirius Black a réfléchi.

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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Lyssa7 » 12 nov. 2016 - 21:44

Titre : Chute de vélo
Thème (écrit ou URL de l'image) : Rouages
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 653
Personnages : Arthur Weasley
Rating : Tous publics
Arthur Weasley avait toujours aimé tout ce qui était moldu. Plus particulièrement, les vélos. Depuis qu'il en avait trouvé un près de la gare de King Cross en septembre dernier, il ne cessait de l'admirer, observant les rouages métalliques lorsqu'il actionnait les pédales. Enfin, c'était comme ça que s'appelait les deux plateformes sur les côtés d'après Harry lorsqu'il lui avait demandé.

" Papa... mais qu'est-ce que tu fais ? S'enquit Ginny. Tu vois bien que tout le monde t'attend ?"
En effet, on était dimanche, et comme tous les dimanches depuis une dizaine d'années, toute la grande famille des Weasley se réunissait au Terrier. Il avait presque oublié ce détail en contemplant ce drôle d'engin.
" J'arrive dans cinq minutes, fit Arthur avec un geste de la main sans relever les yeux de ce "vélo".
- Tu dis toujours ça..." soupira la jeune femme tout en allant rejoindre la petite famille qui profitait du jardin en cet bel après-midi d'été.

Arthur ne répondit pas et actionna une nouvelle fois les pédales du vélo en se demandant comment les moldus faisaient pour grimper dessus. Il avait bien envie d'essayer tout à coup...

Essayant de mettre le vélo aussi droit que possible, il s'apprêta à glisser ses jambes de chaque côté comme Harry lui avait expliqué. Il tremblait, peu confiant, lorsque ses mains s'accrochèrent au guidon.
Apparemment, il fallait à présent qu'il mette ses pieds sur les pédales.

" Par Merlin, comment peuvent-ils parcourir Londres avec ça !" se demanda-t-il à voix haute tout en tentant de mettre le premier pied sur la pédale.

Non vraiment, Arthur ne savait pas comment les moldus pouvaient réussir à se servir d'une machine pareille. Grommelant sur tous les espèces de troll qu'il connaissait, Arthur essaya de mettre le deuxième pied sur la pédale de gauche. Sans succès. Et dire que les enfants moldus de quatre ans réussissait !

Bon, il était vrai que Harry lui avait dit que les enfants avaient des roues sur les côtés pour commencer l'apprentissage et que leurs parents les tenaient avant de se lancer seul ; mais Arthur n'était pas décidé à se laisser faire. Non, il allait faire du vélo, coûte que coûte !
Pour la deuxième fois, cette fois avec plus de conviction, il mit le pied sur la pédale de droite. Le vélo tanguait dangereusement... Son coeur battit un peu plus vite tandis que ses jambes faisaient tourner les pédales, actionnant le mécanisme du vélo qui se mit en route sur les graviers qui bordaient la cabane du jardin.

Au début, il n'allait pas très vite mais plus il sentait les rayons de soleil accompagné d'une petite brise d'été sur son visage, plus ses pieds pédalaient.

Arthur Weasley n'avait jamais connu cette sensation. Il aurait peut-être pu la ressentir sur un balai mais il avait le vertige alors il s'était contenté de regarder les autres s'y essayaient. D'abord ses camarades de classe à Poudlard, puis était venu le tour de ses fils.
Arthur se sentait libre. Là, maintenant, en actionnant de ses pieds les pédales qui elles-mêmes activaient les rouages du vélo. Il était le seul maître à bord sur ce drôle d'engin et il aimait ça...

Jusqu'à ce qu'une pierre se dresse sur son chemin et que la roue avant bute dessus. Alors, les rouages du vélo déraillèrent et Arthur se retrouva les quatre fers en l'air.

" Arthur !" s'exclama Molly en arrivant en courant, prenant un air catastrophé tandis qu'il peinait à se relever. Tu vois, ça t'apprendra à faire n'importe quoi avec ces fichus engins !" le rabroua-t-elle en lui collant une tape derrière la tête. Et maintenant, viens déjeûner, le poulet va être froid !"
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Seonne » 12 nov. 2016 - 21:47

Titre : Rouages de temps
Thème : Rouage
Fandom : HP
Nombre de mots : 831
Personnages : Severus Rogue
Rating : Tout public
D'un air troublé, l'homme regardait fixement le petit objet doré. Pour la première fois de sa vie, il lui avait été donné d'en tenir un entre ses mains. Un Retourneur de Temps. Il n'en revenait pas. Cet objet était mystique, incroyable, et renfermait un pouvoir inimaginable. Maintenant qu'il le serrait entre ses doigts, il n'arrivait pas à réaliser que ces rouages minuscules, qui semblaient si insignifiants, soient capables de modifier le temps. Capable de lui permettre de retourner dans le passé. Capable de changer le présent, de changer le monde.

Il songea avec rêverie à tout ce qu'il aurait pu faire. Il n'avait qu'une envie, actionner l'engrenage et revenir douze ans en arrière. Pouvoir retourner là bas, et empêcher le destin funeste de celle qu'il aimait, qu'il avait toujours aimé. De celle qui, même à jamais absente de sa vie, continuait de garder son cœur pour elle toute seule. Il aurait pu. Enfin, pas avec ce Retourneur là. Avec l'un des plus gros, des plus puissants qui se trouvaient quelques étages plus bas, au Département des Mystères. Il se dit avec une once de cynisme qu'il aurait même pu tenter d'en voler un. Enfin, il n'aurait jamais réussi à sortir avec. Mais il n'aurait pas eu besoin de sortir. Juste de faire quelques tours et de retourner la sauver.

Mais ce n'était pas pour cela qu'on l'avait envoyé ici. Il était venu au Ministère récupéré un Retourneur de Temps pour Granger, sur ordre de Dumbledore. Une idée du professeur McGonagall. Le seul moyen pour permettre à cette sale Miss Je-sais-tout d'assister à tous ses cours - à tous les cours des élèves de troisième année. Cette jeune fille était bien ambitieuse, pour croire qu'elle pourrait réussir à suivre autant de matières, à faire tous ses devoirs et à continuer d'exceller dans tous les domaines. Peut-être aurait-il enfin l'occasion de voir le juste retour des choses pour Miss Granger.

L'opération s'était déroulée dans le plus grand secret, et il lui fallait désormais rentrer à Poudlard, et mettre l'objet dans le bureau du directeur. Il n'en revenait pas de ce qu'il avait été amené à penser. De cette convoitise soudaine quand il avait vu les étagères de la Salle du Temps, remplies de véritables énigmes magique. De cette envie sournoise, à laquelle il avait eu bien du mal à résister. Il n'aurait eu qu'à en saisir un, et en quelques secondes, il aurait pu changer l'histoire. La sauver. Car c'était ce qu'il avait toujours voulu, en dépit de tout le reste. Il s'était même parfois dit qu'il était prêt à la ramener, peu importaient les conséquences.

Mais, comme tous, il avait été jeune, stupide et inconscient. Et il savait qu'il ne pouvait se permettre pareil acte de folie.

Modifier le passé serait trop lourd de conséquences. Si elle n'avait pas été là, si elle ne s'était pas sacrifiée, si elle n'était pas morte... Elle n'aurait pas sauvé son fils. Il n'aurait pas vaincu le Seigneur des Ténèbres. Était il prêt à le laisser vivre à un prix pareil ? Était il prêt à détruire le monde dans lequel il vivait, à sacrifier des milliers de nouvelles vies ?

Non. Non, il ne pouvait pas. Il n'avait pas le droit.

Avec haine, il songea à Potter, ce garçon si arrogant qui ne méritait pas un centième de la gloire qu'on lui accordait. Le mérite ne lui revenait en aucun cas. Il revenait à Lily. Et ce sale gosse arrogant n'était qu'une pâle copie insupportable de son père.

Une fois de retour à Poudlard, il se précipita dans le bureau de Dumbledore, y déposer l'objet avant d'être tenté de l'utiliser. Car, lui avait fait remarqué son mauvais côté, il pouvait toujours revenir une petite heure en arrière et aller chercher à nouveau l'objet au Ministère. Et s'emparer d'une arme bien plus puissante.

Il tenta bien tant que mal de chasser l'image de Lily de son esprit. A nouveau, il regarda les petits engrenages dorés qui scintillaient dans la lumière tenue du couloir. Si minuscules, si anodin, banals, dérisoires. Et si tentant. Ils lui semblaient presque l'appeler. Il sentit une larme lui monter à l’œil, ce qui réveilla sa colère. Il n'était pas un sentimental. Il n'aimait pas ce trop plein d'émotions. Son cerveau semblait sonné, partagé entre son envie sournoise, ses regrets mélancoliques et une aigreur. Contre lui même, contre Dumbledore qu'il l'avait envoyé chercher l'objet en se doutant sûrement de ce que cela susciterait chez lui, contre cette idiote de Granger sans qui l'idée ne l'aurait jamais effleuré.

Il donna le mot de passe à la Gargouille et grimpa furieusement les escaliers, quatre à quatre. Dumbledore n'était pas là et il s'en réjouit. Il déposa l'objet sur le bureau, jeta un dernier regard à une des seules chances qui lui avaient jamais été donnée de ramener Lily et tourna les talons. Il devait sortir de là le plus vite possible. Et oublier ce détail insignifiant de sa vie. Le plus vite possible.
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Et si on les relisait ensemble ? ♥
Lilionne — le plus beau nom de binôme du règne des binômes

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WarmSmile
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par WarmSmile » 12 nov. 2016 - 21:48

Titre : Les rouages d'une pendule
Thème : rouages
Fandom : HP
Nombre de mots : 372
Personnages : Madame Guipure
Rating :

Madame Guipure était toujours à l'heure, c'était là une de ses qualités. C'était donc naturellement qu'elle avait installé une grande pendule dans son magasin. L'objet était accroché sur le mur au-dessus de la caisse.

La matinée s'était bien déroulée et c'était l'heure de la pause du midi. Cependant, elle n'avait pas encore faim et décida donc de travailler dans son magasin. Vaguant à ses occupations, Madame Guipure resta concentrée sur sa tâche.

Un bruit résonna soudain dans le magasin. Après avoir sursauté sous le coup de la surprise, elle se dirigea vers la source du bruit qui se trouvait être l'entrée. Après avoir ouvert la porte, Madame Guipure se trouva en face de l'une des ses clientes, une habituée des lieux.

- Bonjour. Je commençais à m'inquiéter Madame Guipure. Vous n’ouvrez jamais en retard, et là ,il déjà plus d'une demie-heure après l'horaire d'ouverture.

Madame Guipure se retourna brusquement vers l'arrière de la boutique pour lire à nouveau l'heure sur sa pendule préférée. Cette dernière indiquait la même heure que la dernière fois qu'elle l'avait regardé. La commerçante se retourna alors vers sa cliente.

- Bonjour. Je suis confuse. Veuillez excuser mon retard. Je vous en prie, entrez.

Après avoir terminé de s'occuper de cette fidèle cliente, Madame Guipure se dépêcha d'aller décrocher la pendule. Mais, une fois décrochée, la pendule tomba en morceaux dans ses mains. Les rouages tombèrent au sol et roulèrent aux quatre coins de la pièce.

Madame Guipure lança un accio afin de rassembler toutes les pièces sur son comptoir. Puis, elle tenta un reparo qui échoua. Madame Guipure décida aussitôt de retourna au magasin où elle l'avait acheté. La réparation de rouages était un art à part entière.

Cependant, elle ne pouvait se permettre d'autres écarts dans ses horaires d'ouverture. La sorcière irait donc après la fin de son travail acheter beaucoup de pendules supplémentaires. Et, surtout, elle allait investir dans une pendule spécialement enchantée pour ne pas tomber en panne et capable de maintenir ses rouages en parfait état de fonctionnement. Ces bonnes résolutions prises, Madame Guipure retourna à son travail.

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Eejil9 » 12 nov. 2016 - 21:55

Titre : Terreur du cerveau
Thème : rouages
Fandom : original
Nombre de mots : 1573
Personnages : Madeleine
Rating :

Et elle fait tourner les rouages de son esprit, vite, vite, vite.
Et elle se délecte de cette étrange sensation de vertige procurée par son seul esprit. En un mot, elle rêve, elle imagine, elle réfléchit. En un seul instant, ses capacités mentales à leur maximum, elle s’ouvre au monde et à elle-même, et tout tourne, tourne. Au fond elle sait qu’elle est faite pour cela. Elle a envie d’ouvrir les bras, et de rire fort, comme on lui interdit de le faire, comme elle n’a jamais osé, comme une possédée. Elle sent son esprit tourner et retourner, elle oublie où elle est, qui elle est.
Et elle fait tourner ces rouages merveilleux, délicieux engrenages. Vite, vite, vite.


On le lui avait toujours dit, une fille, ça n’était pas fait pour réfléchir. Il fallait suivre, toujours suivre.
Ecouter son confesseur, écouter sa mère, écouter son père, ne pas parler, ne pas penser en bref. Être jolie, apprêtée, polie, distinguée, mais surtout pas coquette.
La coquetterie est la seule intelligence qu’on accorde aux femmes, mais c’est aussi celle qu’on leur reproche le plus.
Mais Madeleine, elle, refusait tout cela. Elle ne comprenait pas pourquoi on relèguait les filles dans une muette soumission, pourquoi on leur empêchait tant d’utiliser leur esprit. Leur cerveau était-il tellement mon bien fait que celui des hommes, qu’on leur reprochât constamment chaque éclat d’intelligence ? Car on a beau dire, les hommes peuvent vouloir une femme spirituelle, mais ils ne la veulent pas intelligente. Ce serait contre-productif, vraiment, elle leur ferait de l’ombre, elle voudrait être leur égale, ou pire, les surpasser dans certains domaines.
Cela faisait frémir Madeleine, On reléguait ses consœurs à l’entretien du ménage, ce qui nécessitait un certain esprit pratique, certes, mais pas énormément de réflexion.
Mais Madeleine avait été dotée d’un esprit bien fait, elle le savait. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était pouvoir s’en servir, sortir de ces carcans de velours dans lesquels on l’enfermait. Elle aurait aimé qu’on débloquât le mécanisme, qu’on permît à son cerveau d’entrer dans cette chute libre, dans ce vertigineux délire qu’est la véritable réflexion.
Elle connaissait des femmes éduquées, des femmes écrivains, des femmes qui connaissaient le grec et le latin, à qui l’on avait permis de prendre une place qui n’était pas la leur et qui finalement, leur allait comme un gant.
Et pourtant... Et pourtant Madeleine voyait comme ces hommes trop aigris les jugaient, ces femmes brillantes. Comme ils estimaient qu’elles sont masculines, qu’elles n’étaient pas à leur place, qu’elles sortaient du rôle qui leur échoyait. En un mot, elles étaient prises pour des créatures du diable, à qui personne ne se fierait.
Mais Madeleine les admirait, ces femmes brillantes à qui l’on avait appris le latin, car elle ne le connaissait pas, elle, et elle écoutait la messe sans comprendre, en croyant simplement ce qu’on lui disait, sans réfléchir, sans penser.

Et dans cet enfermement son esprit étouffe, et dans cette terreur du cerveau, elle se meurt.
Elle avait l’impression toutefois que son esprit était aussi parfait que ces automates du maître Vaucanson, constitué d’engrenages parfaitement imbriqués, qui s’entrechoquent doucement quand on met en marche le mécanisme, et qui tournent, perfection technologique, pour provoquer un mouvement des plus divins.
Elle savait que les rouages de son jeune esprit fonctionnaient haut et clair. On aimerait les étouffer, les aplatir, les détruire et pourtant, ils tournent.
Elle aurait aimé connaître les sciences, elle aurait aimé découvrir et comprendre ces théories dont on parlait dans les périodiques auxquels son père était abonné : le journal des savants, le Spectateur, le Pour et le Contre, et tant d’autres. Mais elle n’en avait que de brefs aperçus, quand elle pouvait prendre une feuille, avant que son père ne la récupérât, comme si son naïf esprit était tombé sans s’en rendre compte sur un contenu bien trop élevé pour elle.
Eternelle mineure, elle cherchait pourtant à s’enfuir, à libérer cette intelligence de dix-sept ans, et à enfin ouvrir ses yeux sur le monde.
Elle était riche pourtant, d’une famille si aisée que jamais ses mains ne connaîtraient de tâche dégradante. Sa vie se résumait en promenades et messes, dîners et rencontres. Pourquoi ne pourrait-elle pas réfléchir, si elle en avait le temps ? Pourquoi ne pourrait-elle pas lire les ouvrages de Messieurs Descartes et de Fontenelle ? Apprendre le grec et le latin, pour lire Homère dans le texte ? Découvrir l’astronomie et la physique ?
- Madeleine ? Madeleine, tu n’es pas encore prête ! Nous allons à vêpres tout à l’heure, je te prie de t’habiller au plus vite. Laisse ce journal, il n’est pas raisonnable d’écrire autant. Ce n’est pas bienséant, pour une fille, d’écrire autant. Et tu risques de tâcher tes belles mains avec l’encre. Va, habille-toi !
C’était sa mère, cette idiote dévote satisfaite de son sort.
Elle posa sa plume, résignée, et ferma le petit carnet dérobé dans lequel elle écrivait à chaque instant que sa terrible vie de jeune fille bien née lui laissait.
C’était sa mère, la pire peut-être, celle qui la cantonnait le plus dans ce rôle d’enfant bête à qui l’on n’explique rien car cela n’en vaut pas vraiment la peine. C’était elle, le tyran de la maison, pas même son père, qui pourtant était censé avoir l’autorité sur elles deux. Son père était juste. Sa mère était sotte, parce qu’on ne lui avait pas permis d’être autrement. Quelle pitié.

Madeleine se décida finalement. Elle avait lu trop de romans où des jeunes femmes orphelines avaient trouvé le salut, trop d’histoires où une troupe d’acteur recueillait de pauvres jeunes gens abandonnés, trop de romans...
Elle allait se préparer, oui, et elle irait à vêpres. Mais dans la nuit, elle rassemblerait son trousseau, elle mettrait sa pelisse de voyage, et elle quitterait cette demeure où l’on emprisonne les corps des filles dans des corsets étouffants et leurs esprits dans des carcans trop étroits.
Elle s’en irait. Elle partirait à pied, ne pouvait se résoudre à voler un cheval à ses parents, et, sur les routes, elle finirait bien par rencontrer quelque âme brûlant de l’aider. Elle irait à Paris, elle s’y rendrait à pied, et là, elle deviendrait ce qu’elle pourrait. Journaliste, comédienne, peu importait, elle partirait simplement, et en chemin, elle regarderait le ciel, et laisserait libre cours aux pensées les plus pertinentes et les plus libres. Elle emprunterait des livres aux libraires, elle s’instruirait, elle ferait de la copie pour gagner sa vie.
Elle se déguiserait en homme, s’il le fallait.

Et sans s’en rendre compte, ce n’était pas les rouages de son esprit, mais bien ceux de son imagination, qu’elle mettait en marche pendant que sa femme de chambre l’habillait. Elle continua son délire, s’imaginant femme de lettres et philosophes, ne prêtant pas l’oreille au prêtre et à ses sermons toujours semblables.
Elle rentra chez elle, prête à mettre à bien ses desseins. Elle prépara ses affaires, fit mine d’aller se coucher... Et puis, au milieu de la nuit, elle posa ses pieds nus sur le plancher, se vêtit de la manière la plus simple que lui permît sa garde-robe, et tenta de quitter la maison sur la pointe des pieds.
- Madeleine, je peux savoir où tu vas, ainsi, en pleine nuit ?
C’était sa mère, cette affreuse mégère.
- J’avais besoin de prendre l’air ?
- En tenue de voyage ? Margot m’a dit que tu te préparais, hier soir. Tu m’auras bien fait veiller. Retourne te coucher, maintenant, et, je te prie, ne me fais plus de frayeur pareille. De toute manière, tu n’en auras pas vraiment l’occasion. Demain, j’embaucherai un portier qui gardera les issues de cette maison de jour comme de nuit, afin que tu ne tentes plus de courir à ta perte en croyant réaliser les rêves idiots dont tu parles dans ton stupide journal.
Madeleine, toute tremblante, s’apprêtait déjà à gravir en sens inverse les marches de l’escalier qui menait à sa chambre, quand sa mère, une nouvelle fois, prit la parole :
- Et que cela soit clair, Madeleine. J’ai pris ce carnet, et vous n’en aurez plus d’autre tant que vous ne vous serez pas montrée raisonnable.

Les jours passèrent, tous plus tristes les uns que les autres. Madeleine faisait tantôt tourner les rouages de son intelligence, tantôt ceux de son imagination, et jamais elle ne parvenait à trouver de solution. Sans perspective d’évasion, sa vie était bien trop triste, bien trop morne. Elle allait épouser un vieux barbon qui ne verrait en elle que jeunesse, dot et alliance, et elle passerait sa vie à attendre la mort de son époux pour que, veuve enfin, elle puisse réaliser ses velléités d’écrivaine.
Et comme elle était sage, sa mère lui rendit le carnet. Et comme elle savait désormais que se confier ne suffisait plus, elle prit le parti d’essayer autre chose. Puisqu’elle ne pouvait pas enfuir son corps, elle enfuirait les engrenages de cet étrange esprit que Dieu lui avait donné. Entre deux sermons, elle serait écrivain. Et un jour, quand son vieux barbon de mari l’aurait laissée libre de ses actes, elle publierait le tout, elle aurait un privilège royal, rien que cela, et une critique élogieuse dans Le Pour et le Contre.
Elle serait écrivain, puisqu’elle ne pouvait pas être vagabonde. C’était, après tout, un destin bien plus enviable, et bien plus sage.

Et elle fait tourner ces rouages merveilleux, délicieux engrenages. Vite, vite, vite.

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par selket » 12 nov. 2016 - 21:57

Titre : La princesse à la perle blanche
Thème (écrit ou URL de l'image) :http://i.imgur.com/wqWB4Su.jpg
Fandom : HP
Nombre de mots : 399
Personnages : Dean et Pansy
Rating : TP
En ouvrant la boite elle trouva dedans une perle opalescente au milieu des plumes aériennes et blanches d’oie.
A la vue de cette réminiscence du passé elle se mit à pleurer. Emue par le présent elle porta ses mains à ses lèvres.
Inquiet Dean se pencha vers elle et dans un souffle posa sa question.
Tu n’aimes pas Pansy ?
Aveuglée par ses larmes qui coulaient sur ses joues elle esquissa un de ses trop rares sourires heureux.
Il en valait la peine ce sourire.
Il avait cherché avec acharnement des plumes d’oies pendant ses nombreuses promenades afin d’y nicher la précieuse perle blanche. Puis il avait trouvé dans le grenier l’écrin blanc dans lequel se nichait maintenant la minuscule perle.

Il l’aimait tellement sa Pansy qu’il voulait encore voir son sourire éclairer son beau visage.
Chaque jour il tentait patiemment de lui redonner gout à la vie. Il lui montrait combien elle était belle et n’était pas le monstre, la paria dont les gens parlait.
Alors il était allé quérir la perle blanche que Pansy avait autrefois trouvé dans le parc à Poudlard. Et qu’elle avait enfermée dans l’écrin blanc avec des plumes que ses amis avaient ramassés avec elle un de ces jours heureux où la guerre était si loin.
Elle avait gardé précieusement cette perle blanche et avait déclarer à ses amis bien trop curieux que le jour où elle trouverait le prince charmant il pourrait là lui passer autour du cou.

Un soir d’hiver Pansy lui avait confié qu’amusée par ses paroles sa mère lui avait fait monter sur chaine en attendant qu’elle le trouve son prince.
Mais le prince n’était jamais venu et la guerre avait emporté son innocence d’enfant. Elle avait alors donné le collier à sa mère, remisé le coffret où elle rangeait son trésor dans le grenier familiale et jeté les plumes par la fenêtre.
Dean avait décidé que la Pansy de son enfance avait bien le droit de vivre encore et que la guerre ne l’avait pas totalement détruite. Il était allé chercher les précieuses reliques pour voir fleurir un de ces trop rares sourires sur les belles lèvres de l’ancienne Serpentarde.

Ce soir là en plus d’un sourire et de larmes il put passer le coller au cou de celle qu’il aimait et sous ses doigts d’artistes il sentit sous la peau frémissante l’ancienne Pansy Parkinson revenir à la vie.
Dernière édition par selket le 13 nov. 2016 - 03:16, édité 2 fois.
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LaLouisaBlack
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par LaLouisaBlack » 12 nov. 2016 - 22:01

Titre : Succomber au sommeil
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://i.imgur.com/wqWB4Su.jpg
Fandom : original
Nombre de mots : 585
Personnages : nouveaux
Rating : tout public
Ses yeux se ferment tout seuls, la fatigue pèse sur ses épaules, sa tête penchée contre le coussin, ses jambes qui picotent et ne peuvent même plus la porter. Elle s’enfonce dans le moëlleux fauteuil, étrange mélange entre un meuble et un immense oreiller de plumes qui épouse les formes de son corps jusqu’à l’avaler toute entière. Elle soupire de délice, se laisse bercer par la musique forte, les rires de ses amis, l’alcool qui embrume ses pensées. Elle pourrait s’endormir là et rester dans cette position si confortable toute la nuit. Peut-être même qu’elle dort, et rêve paisiblement installée sur son nuage blanc, profitant d’une brise légère apaisante et appropriée.

« Mélissa ? »

La jeune fille sursaute, tente de se redresser, reste profondément prise dans les méandres du pouf blanc. Blanc, quelle idée d’avoir un fauteuil de cette couleur dans un appartement étudiant ? Elle ne compte pas le nombre de tâches incrustées dans le tissu aussi doux que les fausses fourrures qui entourent le col de son manteau préféré.

Elle reste figée dans cette position, quelques instants, presque assez pour se rendormir tout à fait, mais la voix insiste, moqueuse et agaçante.
« Melissa, t’endors pas ! »

Elle grogne, proteste, finit par relever la tête tout à fait et reprendre une position presque convenable. Le fauteuil se plie à ses ordres alors qu’elle cesse d’être allongée pour s’assoir correctement, le tissu vient appuyer sur son dos et maintient presque sa tête. C’est vraiment une formidable invention que cette chose-là.

Elle ouvre les yeux pour découvrir Luyi qui la dévisage en souriant d’un air moqueur. L’appartement est toujours bondé, la fête d’anniversaire de son amie bat toujours son plein. Melissa baille à s’en décrocher la mâchoire, déclenchant des rires autour d’elle. Elle grogne :

« Vous êtes pas cool les gars, foutez-moi la paix !
— Bah notre compagnie ne te plait plus maintenant ? Tu préfères dormir ?
— Je suis si fatiguée, c’est pas humain de se moquer comme ça. »
Ils rient encore, elle boude, et puis John, l’écossais de la bande, la taquine :

« Dure journée, c’est ça ?
— Ou plutôt longue nuit ! complète Luyi d’un air narquois. »

Comme la gamine qu’elle est toujours malgré ses 23 ans bien entamés, Melissa lui tire la langue, incapable de trouver une réplique satisfaisante. Il faut dire qu’elle enchaîne les soirées, ces derniers temps. C’est bientôt la fin du semestre, et tout lui donne envie d’en profiter à fond, de ne plus se poser de questions. Ce n’est peut-être pas la bonne tactique alors que tous les rendus de travaux de groupe se profilent à l’horizon.

D’autant plus qu’hier soir, Melissa n’est pas rentrée seule, et peine à oublier la piètre nuit passée entre les bras d’un homme croisé au détour d’une boîte et bien alcoolisé. Et ça, Luyi le sait très bien. La chinoise lui glisse un clin d’œil, clos sa bouche et cesse de parler. Elle peut insinuer, mais son secret est bien gardé. Son amie est parfois maladroite, piètre menteuse et bonne parleuse quand elle a bu quelques verres, mais elle ne trahit pas ses amies, du moins d’après ce que Melissa a pu constater ces derniers mois.

Mais pour faire plaisir à cette fille dont elle est devenue si proche en l’espace d’un an, Melissa récupère son verre sur le sol, reprend une gorgée de vin blanc, et quitte ce traître de fauteuil qui peut faire succomber quiconque aux délices d’une sieste de milieu de soirée.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par BellaCarlisle » 12 nov. 2016 - 22:05

Titre : Troubles
Thème : Rouages et http://i.imgur.com/wqWB4Su.jpg (dangerous-glow sur DA)
Fandom : Avengers
Nombre de mots : 1029
Personnages : les Avengers
Rating : Tout public
Tentant de déchiffrer de manière maladroite les quelques instructions qui s’étalent sous ses yeux, Vision rapproche le livre de recettes de son visage. La dernière fois qu’il a essayé de cuisiner, le repas s’est soldé par un échec et il n’a pas vraiment eu le temps de recommencer, ayant été interrompu par la Guerre Civile des Avengers. Ce jour-là est différent des autres, il sait que les membres de l’équipe reviennent tous au Quartier Général, les Accords de Sokovie ayant été classés comme d’anciens documents inutilisables. Et qui dit retour des héros, dit repas entre coéquipiers. L’androïde n’a pas connaissance des goûts de chacun, mais rien ne l’empêche de préparer quelque chose qui pourrait faire plaisir à tout le monde. Après tout, ce ne doit pas être si compliqué de régaler tous ces humains.

Vision allume l’une des radios de la pièce, changeant les pistes jusqu’à trouver un air classique qui lui plaît bien. C’est plus calme que la musique habituelle de Tony mais l’androïde n’est pas forcément attiré par les sons trop bruyants. Il retourne à sa cuisine, remontant les manches de sa chemise avant de prendre les ingrédients qu’il a sortis. Même si les premières indications de la recette lui semblent étranges, il les suit à la lettre, concentré. Une douce odeur commence alors à se répandre dans la pièce, signe prouvant qu’il se débrouille mieux que lors de sa dernière tentative. Quand il a terminé son œuvre, il recule un peu, admirant le résultat de ses efforts, se disant que son repas a l’air bon. Pour l’état de la cuisine, par contre, c’est une autre affaire, l’évier déborde de vaisselle et le plan de travail n’est plus aussi propre.

- Est-ce vraiment une bonne chose de laisser un androïde cuisiner pour des humains ?

La voix moqueuse de Sam parvient à Vision qui tourne son regard clair vers lui. Le Faucon a retrouvé une forme olympienne depuis leur dernière entrevue, pendant les combats de la Guerre Civile. L’androïde le salue d’un signe de la tête avant de retourner à son nettoyage intensif. Sam le rejoint et prend un torchon, lui donnant un coup de main pour que la pièce puisse ressembler à autre chose qu’à un champ de bataille entre un être vivant et de la nourriture.

- Bon retour, lâche finalement Vision.
- Merci, répond Sam avec un léger sourire. C’est fou comme cet endroit me manquait. L’impression d’être surveillé à chaque coin de couloir, la tension entre tout le monde, la pression de Fury, ....
- Pourquoi être revenu dans ce cas ? demande l’androïde.
- Parce que nous sommes réellement une équipe, réplique Steve en entrant dans la pièce.

Vision est surpris de constater que le super-soldat n’arrive pas seul et que tous les autres sont sûrement là depuis un bon bout de temps. Il ne manque personne, des sourires sont les visages de chacun d’entre eux. Pourtant, en faisant bien attention, l’androïde peut voir qu’entre les mouvements des lèvres et les expressions dans les regards, il y a une grande différence. Tony et Steve se tiennent à une distance certaine l’un de l’autre, comme s’ils étaient là pour souder l’équipe sans pour autant accepter de mettre de côté leurs différends. Et même si tout le monde est là, il y a encore une trace bien visible de la séparation des Avengers.

- Le repas est prêt, on dirait, fait remarquer Natasha en essayant de briser la glace. Nous pouvons nous mettre à table.

Son intervention semble réveiller les héros qui s’empressent de mettre les couverts alors que Vision amène les plats sur la table, laissant ensuite les humains s’asseoir et manger. Il les observe à distance, tentant de savoir si une telle équipe peut ne serait-ce qu’espérer se réunir après tout ce qui les a séparé. La tension est de plus en plus palpable, des remarques fusent, nettes, tranchantes, assez explicites. Et l’androïde se sent dépassé, parce qu’il ne comprend rien aux rouages de l’esprit humain. Il a pensé, pendant des mois, avoir enfin trouvé ce qui motivait les Avengers, les êtres humains, l’espèce entière. Mais ce n’était qu’une impression, il voit bien qu’il ne pourra sans doute jamais parvenir à être capable de saisir chaque nuance qui les compose.

Lorsqu’un couteau traverse la table pour se planter à l’endroit même où l’un des membres de l’équipe se trouvait quelques secondes avant, Vision ferme les yeux. Les journalistes ont tous eu raison, les Avengers ne sont plus que des ombres, rien ne peut les aider à se ressouder comme avant. Plongeant dans son propre esprit, l’androïde visualise un objet qui lui permet de se détendre, une plume d’un blanc éclatant, comme venue d’une colombe qui porte un message d’espoir. Lorsqu’il ouvre ses paupières, la scène a dégénéré en une bataille où couverts et poings se mélangent. Une porte claque dans son dos et, laissant les Avengers à leur combat inutile, Vision se rend dans le couloir, juste à temps pour apercevoir une chevelure brune qui s’éloigne.

- Wanda !

Il ignore pourquoi le prénom de la jeune femme est sorti aussi vite, il sait seulement qu’il ne tient pas à la perdre alors qu’elle vient juste de revenir. Elle se retourne vers lui en plissant les paupières, le bout de ses doigts sont illuminés de la lueur rouge caractéristique de ses pouvoirs. Au bord de ses yeux, des larmes sont prêtes à tomber, transparentes, si délicates, aussi fragiles qu’elle. Sans comprendre pourquoi, Vision imagine l’une de ses larmes sur sa plume si blanche, mêlant la douceur de la plume à la tristesse de la Sorcière Rouge.

- Ne pars pas, murmure-t-il.
- Je ne suis pas faite pour être avec eux, réplique Wanda sur le même ton. Je croyais trouver un foyer avec les Avengers, pas une équipe qui se déchire en permanence.
- Tout finira par passer, ils ont besoin de temps.

Du moins, c’est ce qu’il espère. Il pense que tout peut être réglé avec l’être humain, qu’il suffit de changer les choses, de remettre les pièces en place et d’attendre. Et c’est ce qu’il est prêt à faire, attendre que l’équipe tourne à nouveau, unie par des rouages invisibles.
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Cilou
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Cilou » 12 nov. 2016 - 22:10

Titre : Une aile nouvelle
Thème (écrit ou URL de l'image) : Rouages
Fandom : Dragons
Nombre de mots : 454
Personnages : Harold Haddock, Krokmou
Rating : K

Assis devant une table en bois sur laquelle était disposés plusieurs outils, vis et engrenages, Harold Haddock soupira, la tête entre ses mains. Il commençait à perdre patience.

La nuit était tombée depuis longtemps déjà et deux grands cernes creusaient les yeux verts du garçon. Un nouveau souffle agacé franchit ses lèvres pâles alors qu'il défaisait pour la énième fois l'engrenage entourant un morceau de tissu rouge sur lequel avait été brodé un motif de crâne squelettique. Il adorait la mécanique, là n'était pas le problème ; mais cela faisait deux jours déjà qu'il essayait de reconstruire l'aile artificielle de Krokmou, la première ayant été brûlée ; mais en vain. C'était insupportable.

Un cri étouffé plus tard, il se leva de sa chaise et partit fouiller sous son lit, s'appuyant sur une jambe mécanique pour marcher. Il était vrai qu'Harold, durant l'incendie qui avait coûté l'aile caudale du dragon, n'avait pas été épargné non plus. Raccommoder sa fausse jambe n'avait pas été difficile, et il avait déjà réussi à construire une aile à Krokmou ; pourquoi, alors, ne pourrait-il y parvenir une deuxième fois ? Par Thor, il réussirait.

S'allongeant par terre pour fouiller parmi les croquis cachés sous son lit, Harold ne vit pas le dragon, qui dormait dans sa chambre, saisir entre ses crocs une branche et commencer former diverses arabesques sur le sol terreux. Lorsque le garçon sortit la tête de sous le matelas, une dizaine de dessins dans la main droite, son meilleur ami lâcha la branche d'un air satisfait et sortit la langue de sa gueule. Harold fronça les sourcils en croisant les bras.

« Krokmou, tu m'avais promis que tu ne dessinerais plus dans ma chambre ! s'exclama-t-il en lançant au dragon un regard réprimant.

Balayant ses reproches d'un mouvement de la tête, l'animal s'approcha de lui en veillant à ne pas poser les pattes sur les lignes du dessin et vint écraser son ami de tout son poids avant de passer d'un air joyeux sa langue gluante sur le visage de l'humain.

– Krokmou arrête, réclama Harold en se mettant pourtant à rire, je t'ai déjà dit que ça ne partait pas au lavage !

Ignorant cette phrase qu'il semblait répéter à longueur de journée, le dragon passa un autre coup de langue sur son visage pâle avant de se relever et lever à son tour Harold en l'aidant de sa queue. Ceci fait, il désigna du menton le dessin qu'il avait tracé sur le sol, lequel représentait un minuscule rouage auquel Harold n'avait pas pensé. Lorsqu'il reconnut la pièce, le visage de l'adolescent s'illumina et un grand sourire prit place sur ses lèvres quand il se tourna vers son ami.

– Oh, Krokmou, tu es un génie. »
Dernière édition par Cilou le 13 nov. 2016 - 00:33, édité 1 fois.
« Le moment viendra où vous pourrez enfin agir avec honneur.
– Je les adore, ces moments… Je les salue de la main quand je les vois passer. » - Elizabeth Swann et Jack Sparrow, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par selket » 12 nov. 2016 - 22:17

Titre : Les allusions de Lavande
Thème (écrit ou URL de l'image) : Savoureux
Fandom : HP
Nombre de mots : 171
Personnages : Ron
Rating : TP
« Alors voyons voir savoureux, lettre S » tout en parlant à voix haute le jeune homme tournait fébrilement les pages de l’épais dictionnaire qu’il tenait entre ses mains. Trouvant enfin le mot entendu quelque temps plus tôt il colla presque son nez sans doute dans l’espoir de déchiffrer plus vite la minuscule police.
« Savoureux : Qui a bon goût, délicieux. » Une fois lut la définition il referma précipitamment le livre avant de le jeter sur la table s’attirant un regard agacé de Mrs Pince. Ne faisant pas attention à la remontrance silencieuse de la bibliothécaire il s’affala sur sa chaise sur laquelle il se mit à se balancer.
Ainsi Lavande le trouvait savoureux. Etourdit par les mots que sa camarade de Gryffondor lui avait adressé accompagnait d’un clin d’oeil suggestif il tomba à la renverse, s’attirant cette fois-ci le courroux de Mrs Pince qui le flanqua à la porte. Mais il en avait cure, et une fois devant la porte de la bibliothèque Ron s’élança à la poursuite de la belle blonde.
Dernière édition par selket le 13 nov. 2016 - 03:15, édité 1 fois.
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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Eejil9 » 12 nov. 2016 - 22:42

Titre : L'âpre saveur du rien
Thème (écrit ou URL de l'image) : Savoureux et http://img15.hostingpics.net/pics/72890 ... dlight.jpg
Fandom : original
Nombre de mots : 739
Personnages : Un affamé
Rating : Tout public

Et derrière ses yeux fermés il peut l’apercevoir, cette table surmontée du plus immense festin qu’il a pu voir de sa vie. Derrière l’odeur des gaz d’échappement et derrière le bruit de la pluie sur le béton, il perçoit même le fumet de ces mets qu’il devine savoureux.
C’est une salle de palais comme il l’a toujours rêvée, et il voit la nourriture luire de graisse et de miel à la clarté tremblante des torches et des cierges. Il voit, là, ce cochon de lait qu’il a toujours vu représenté dans les vieux films, et qu’il a tant de fois lorgné dans les devantures des attrape-touristes de la rue Saint Séverin. Autour du cochon, des côtelettes ruisselantes, des fruits mûrs à la robe brillante, des gâteaux couverts de miel et d’épices, une montage d’épis de maïs grillés, ici des crêpes, là, un fromage coulant dont le parfum délicieux surnage et parvient à ses narines avant tous les autres.
Là-bas enfin, un pâté engageant, une belle miche de pain aux graines dans laquelle est planté un couteau à la lame brillante et au manche ouvragé, qui reflète en milles éclats la lueur chiche des flammes. Plus loin encore, des courges farcies des meilleures viandes. Il a l’impression qu’il peut avancer dans cette salle richement décorée et pourtant si vide, et dévorer ces mets qui n’attendent que lui. Il lui semble un instant qu’il n’a qu’un pas à faire, qu’à ouvrir la bouche même, pour que ces fruits glacés ou ces délicieux pilons de poulet le rassasient de leurs saveurs parfaites.
Pains d’épices, potages fumants, vins ambrés, il se sent devant ce spectacle comme l’âne de Buridan : partagé entre chacun des côtés de cette table qui ploie sous le poids des victuailles, il lui semble qu’il ne réussira jamais à choisir, qu’il restera immobile à tout jamais, incapable de faire un pas, car incapable de donner sa préférence à un met plutôt qu’à un autre.
Et puis, finalement, il se décide. Il voit ce jambon séché à l’arôme si fort qu’il doit être de ces charcuteries italiennes dont il a entendu parler mais qu’il n’a jamais eu réellement l’occasion de goûter. Un petit couteau à la lame pointue l’accompagne sur le plat de cristal où il repose, prêt à être dévoré par le premier affamé venu. En le découvrant, il sent son estomac qui gronde, et il se rappelle que cela fait des jours qu’il ne mange qu’à moitié. Comme il aimerait couper une épaisse tranche de ce jambon, le poser sur cette belle miche de pain dorer, et y planter ses dents gâtées, qui le font atrocement souffrir mais qui fonctionneront encore assez bien pour dévorer ce cadeau des dieux, et puis peut-être entamer encore cette pomme brillante, et cet immense gâteau couvert de miel et d’amandes.
Il fait un pas alors, prêt à ouvrir la bouche, il a l’impression que les parfums sont encore plus forts, il sent déjà la chaleur des torches, et ses papilles gustatives s’agitent dans l’expectative d’une saveur depuis si longtemps oubliée. Il surmonte la faiblesse dans laquelle il se trouve, cette faim qui le tenaille depuis des jours à l’en empêcher de marcher, à l’en empêcher de tenir debout. A nouveau sur ses pieds, appuyé sur cette canne qu’il a défendue chèrement la veille encore, contre cet idiot de clochard qui voulait la lui voler. Il avance. Il n’ose pas ouvrir les yeux, il n’est qu’odorat et goût en cet instant, il sait, enfin, il va pouvoir manger...

Cruellement, il trébuche. Les genoux dans la flaque, il revient à lui. Sa tête lui tourne et sa faim lui donne un cruel vertige. Dans sa bouche, l’âpre saveur du rien, l’amer fumet du vide, le goût de la faim, l’absence de saveur. Il frissonne sous la pluie, remarque une fois seulement la voiture passée que c’était contre lui qu’on klaxonnait. Il est au milieu de la route, presque inconscient sous le coup de la faim. Il se redresse tant bien que mal et, aidé de sa canne, il avance péniblement. Il voit cette jeune femme jeter un sandwich à peine entamé dans une poubelle. Tant pis pour le festin, il est trop faible pour marcher jusqu’à lui. Il mangera de ce sandwich-là, qui, finalement, sera meilleur que tous les jambons de Parme de ses rêves.
Car lui, au moins, à l’immense avantage d’être réel, et d’être accessible à ses pauvres jambes flageolantes d’errant affamé.

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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Seonne » 12 nov. 2016 - 22:45

Titre : Douceur amère
Thème : Savoureux/se
Fandom : HP
Nombre de mots : 727
Personnages : Pansy Parkinson
Rating : Tout public
Assise sur le bord de l'escalier métallique, Pansy laissait fondre un bonbon sur sa langue, contemplant les eaux vertes du lac par la fenêtre qui s'étalait sur le mur de la Salle Commune de Serpentard. En ces temps troubles, elle avait besoin de choses auxquelles se raccrocher. Et ces bonbons doux amer, au goût sucré et acidulé, légèrement âcre, lui faisait toujours du bien lors de ses coups de blues. Ces sucreries lui rappelaient son enfance, les beaux jours d'étés. Petite, elle n'avait pas le droit d'en manger souvent. Sa mère faisait très attention à son régime alimentaire. Mais quand elle en recevait un, elle le laissait se dissoudre doucement dans sa bouche, le savourant le plus lentement possible.

Les yeux fermés, elle se replongea dans les souvenirs heureux que la dragée lui inspirait. L'odeur des rosiers du jardin, le sourire de son frère, les caresses de sa mère. Son premier voyage à Poudlard, durant lequel elle avait pu pour la première fois se permettre d'en manger autant qu'elle le voulait. Le début du printemps, où tous les élèves de Serpentard se retrouvaient dans le parc pour profiter du retour du soleil.

Le rire de Daphnée. Les blagues idiotes de Crabbe et Goyle. Les traits boudeurs de Blaise qui se déridaient un peu. Ses doigts dans les cheveux platine de Drago. Les joues de ce dernier rosies par le soleil.

Elle voulait rester le plus longtemps possible plongée dans ses souvenirs. Juste là, juste à profiter de moments heureux, à savourer son bonheur du passé. Mais le bonbon rapetissait de plus en plus vite, et en quelques instants, il ne lui resta plus rien à déguster. Juste le souvenir de cette saveur doucereuse sur sa langue. Et ses souvenirs s'évaporèrent, la ramenant dans le présent, douloureusement. Le présent. La guerre. Le malheur, partout, la violence, la douleur, la peur. Ce sentiment d'exclusion qui ne la quittait jamais. Les regards des autres qui la jugeait tous sans la connaître, pour ce qu'elle n'était pas et qu'elle aurait dû être. Et qui jamais ne s'interrogeait sur ce qu'elle était.

Le calamar géant passa près de la vitre et frappa le verre d'un de ses tentacules, comme pour lui asséner la réalité en face. Elle avait perdu tout ça. Le rire de Daphnée, les cheveux de Drago, l'odeur des rosiers. Que lui restait-il maintenant ? Un immense vide qui aspirait tout autour d'elle. Ce sentiment de ne plus avoir sa place nulle part. La guerre lui avait tout prit, la guerre avait tout détruit. Il ne lui restait plus que ses bonbons. Quelle maigre consolation, songea-t-elle avec ironie.

Avant de sentir une larme perler au coin de son œil, elle enfourna une nouvelle confiserie dans sa bouche. Mais sa douceur semblait s'effacer au profit de l'amertume, qu'elle avait toujours tant aimée. Le goût âcre qui semblait refléter les méandres de son âme. Qui lui piquait le palais autant qu'elle piquait son cœur. Qui lui brûlait la gorge et les entrailles quand elle déglutissait. Où était donc passée la suavité des jours passés ? Elle semblait l'avoir abandonnée, et seule restait la douleur, la blessure que lui infligeait chaque jour un peu plus sa solitude. Daphnée qui ne semblait rien réaliser, Milicent qui lui jetait des regards assassins dès qu'elle la croisait car elle considérait qu'elle déshonorait leur maison. Et Drago, Drago qui avait disparu. Évaporé, envolé pour toutes ces horreurs. Elle sentait son cœur se tordre quand elle pensait à lui. Il était des leurs, et elle ne parvenait toujours pas à le croire. Elle ne pouvoir l'imaginer commettre des atrocités pareilles. Elle n'arrivait pas à croire que même lui ait été transformé en monstre par toutes ces horreurs.

Et elle se trouvait seule, si seule au milieu de ces gens qui ne la comprenaient pas, ne la voyait même plus. Elle était passée d'une reine à une paria, simplement car elle refusait de s'enrôler dans cette fichue guerre. Elle ne voulait pas se battre. Elle ne voulait pas choisir un côté ou l'autre. Elle voulait juste pouvoir être elle. Elle voulait qu'on la laisse tranquille. Elle voulait que tout redevienne comme avant.

Mais elle savait que tout cela était impossible. Sa bonne étoile l'avait abandonnée, la laissant seule et désespérée avec ces savoureuses douceurs qu'elle avait autrefois tant aimé, et qui aujourd'hui torturaient son âme autant qu'elles la soulageaient.
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Et si on les relisait ensemble ? ♥
Lilionne — le plus beau nom de binôme du règne des binômes

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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Lyssa7 » 12 nov. 2016 - 22:48

Titre : Nuit d'hiver
Thème (écrit ou URL de l'image) :http://img15.hostingpics.net/pics/72890 ... dlight.jpg
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 711
Personnages : Michaël Corner
Rating : -12
Michaël Corner déambulait depuis des heures dans les rues de Londres, dans un état d'ébriété avancée. Il fallait dire que ce serveur moldu n'avait pas vraiment prêté attention aux quantités d'alcool qu'il servait et à l'état de son client. Le jeune homme avait donc enchaîné les verres de whisky, l'un après l'autre. Verre après verre. Toujours plus, pour oublier ces souvenirs douloureux qui se rappelaient sans cesse à lui.

Son coeur se souleva dans sa poitrine tandis qu'il tentait de retenir son envie de rendre le contenu de son repas sur ses chaussures. Il valait mieux ça que de revoir... Michaël secoua la tête, chassant ses noires pensées. Il ne devait plus y penser, il fallait qu'il passe à autre chose une bonne fois pour toutes.

Se laissant tomber contre le capot d'une voiture, il poussa un juron extrêmement grossier. Pourquoi n'arrivait-il pas à oublier ? Pourquoi ne réussissait-il pas à calmer cette colère sourde qui brûlait en lui, ce sentiment d'injustice quand il repensait à son meilleur ami ?

Fermant le poing dans une fureur sans doute mêlée aux effluves de l'alcool, le jeune homme l'abattit contre le capot avant de fermer les yeux en essayant de faire le vide dans son esprit. Mais malgré la dizaine de verres de whisky ingurgités ce soir-là, les images d'Anthony Goldstein se prenant un sort fatal, son regard vide lorsqu'il avait couru vers lui en hurlant, le rire démoniaque de l'un des partisans de Voldemort, sa baguette qui lançait à son tour le sort tant redouté sur le mangemort...

Une deuxième fois, son poing alla frapper le capot de la voiture en faisant un drôle de bruit de tôle froissée. Ne voulant avoir aucun ennui en remarquant la bosse sur le capot, Michaël s'éloigna d'une démarche hésitante.

"Il faut que je la voie, il faut qu'elle m'aide..." se dit-il à lui-même tout en parcourant une ruelle sordide.

Mandy Brocklehurst était la seule qui pourrait l'aider, qui pourrait comprendre comment il avait pu en arriver là. Passant une main hésitante dans ses cheveux noirs, le jeune homme se demanda si c'était vraiment une bonne idée de transplaner. Sa tête lui tournait horriblement et il ne s'était toujours pas débarrassé de cette envie de vomir qui s'intensifiait à chaque seconde.

De toute façon, Michaël n'avait pas le choix, <i>il fallait</i> qu'il transplane, qu'il la voie. Il devait lui parler, elle seule réussirait à apaiser ses pensées, tout comme il arrivait à apaiser les siennes. A eux deux, ils pouvaient mettre des mots sur leur douleur, sur leurs sentiments, sur ce chagrin qui ne s'effaçait pas. Avec elle, c'était presque différent. Comme si le monde retrouvait un peu de paix.

Bien entendu, il savait très bien que Harry Potter avait mis fin à la guerre depuis presque un an, que Voldemort avait été vaincu. Il avait conscience que la paix était revenue dans le monde des sorciers. Mais pas pour lui, pas pour <i>eux</i>. Se concentrant du mieux qu'il le pouvait sur sa destination même si son cerveau n'était plus vraiment en état de fonctionner, Michaël transplana.

Michaël atterrit durement sur le sol en pierres qui parsemaient les allées du chemin de traverse. Se relevant avec difficulté et poussant un nouveau juron, il se félicita néanmoins d'être arrivé entier devant "Le Chaudron Baveur", là où résidait Mandy depuis la fin de ses études, dans l'une des chambres d'hôtes.

Il poussa la porte et entra avec fracas, sachant qu'il la trouverait là, dans le fond de la salle à récurer les tables. Et effectivement, il ne s'était pas trompé. Lorsqu'elle le vit, Mandy fronça les sourcils avant d'accourir vers lui.

" Par Merlin ! Qu'est-ce qui s'est passé ?"

Elle le considéra durement, observant sa veste déchirée et son jean plein de boue. Et puis, son regard se posa sur ses mains et elle poussa un cri. Il s'apprêtait à lui demander de baisser le ton quand il remarqua ce qu'elle pointait du doigt, incapable de parler. En transplanant, il avait perdu un doigt.
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MooNyx
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par MooNyx » 12 nov. 2016 - 22:50

Titre :Calamar-groseilles-camembert
Thème (écrit ou URL de l'image) : Savoureux
Fandom : HP
Nombre de mots : 385
Personnages : Maraudeurs, Lily Evans
Rating : Aucun



«_ Je ne vois vraiment pas ce qui ne va pas avec ce plat! » S'exclama James Potter en plantant une fourchette dans son plat spécialement commandé aux elfes.

Lily Evans le regarda, une moue écœurée sur les lèvres. Remus éloigna son nez sensible de l'assiette de calamar fourré à la groseille et au camembert, les effluves trop différentes lui donnant envie de vomir. Sirius regarda son presque frère d'un air circonspect, se demandant visiblement s'il devait réellement rester ami avec une personne aux goûts si douteux. Peter lui-même lorgnait les aliments, le teint verdâtre.

«_Non mais sérieux les gars, le calamar est bon, les groseilles sont mûres, le camembert, français en plus, est bien fait... Non, je ne vois pas ce que vous leur reprochez... »

Lily se pinça l'arrête du nez, essayant de se rappeler pourquoi elle mangeait à la table de ces énergumènes.

« _Je crois, James, que c'est l'association de toutes ces choses qui est particulièrement rebutante... » Lui souffla Remus, alors que Sirius acquiesçait vivement à ses propos.

« _Je ne comprends pas... Ce plat est dans la famille depuis la nuit des temps! D'ailleurs Lily, tu devrais goûter, tu es l'élue de mon cœur, la femme de ma vie, ma future épouse, la mère de ma descendance! Il faut que tu aime et sache préparer ce plat! » Fit-il avec emphase, une main sur la poitrine, l'autre sur la main de la préfète en face de lui.

Les Maraudeurs au grand complet purent voir la jeune fille devenir aussi rouge que sa chevelure, et tous anticipèrent la réaction d'Evans avant James.

« _Au moins James, maintenant t'es assorti à ta promise. » Ricana Sirius en avisant la marque, rouge elle-aussi, qui se détachait sur la joue du Gryffondor à l'air perdu qui regardait sa chère et tendre partir de la Grande Salle, les poings serrés .

Le brun remonta ses lunettes sur son nez, puis découpa un bout de calamar-groseille-camembert, l'agitant un peu devant ses yeux bruns pour le porter à sa bouche.

« _Pas besoin de se mettre dans des états pareilles... Elle devrait goûter Lily, c'est savoureux... » Grommela t-il.

« _Je ne sais pas si c'est ce qui la dérangeait, Cornedrue... » Fit Remus, dubitatif, tandis que Sirius et Peter s'écroulaient de rire à ses côtés.

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WarmSmile
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par WarmSmile » 12 nov. 2016 - 22:50

Titre : les avantages du jardinage selon Neville
Thème : savoureux
Fandom : HP
Nombre de mots : 92
Personnages : Neville
Rating :

Neville était très heureux aujourd'hui. Il travaillait dans son jardin avec bonheur. Cette année, son jardin potager était magnifique. Ce lieu était son havre de paix. Il avait besoin de distractions pour garder les souvenirs au loin.

Mais, il y avait autre chose qui lui plaisait dans le jardinage : c'était le fait que ses légumes une fois cuisinés seraient la base de repas savoureux.

Il était actuellement en train de cueillir des fraises qui ferait plaisir à sa femme. Et, la joie d'Hannah était aussi un but en soit.

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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par AliceJeanne » 12 nov. 2016 - 22:59

Titre : La chambre des saveurs
Thème (écrit ou URL de l'image) : Savoureux/se
Fandom : Avengers
Nombre de mots : 630
Personnages : Steeve
Rating : -12
Captain America, de son nom véritable Steeve Rogers était particulièrement insomniaque par cette chaude nuit de juillet. Tony lui avait juré que la climatisation ne pouvait être réparée dans sa chambre et c’était bien naïvement que le soldat aux traits encore juvéniles avait cru à ses dires, se contentant de dormir (enfin d’essayer de dormir) seulement vêtu d’un caleçon. Peut-être aurait-il dû se douter, aux rires de Clint et au sourire entendu de Natasha que tout ceci n’était qu’une vaste plaisanterie du milliardaire pour mettre le sauveur de l’Amérique dans une situation inconfortable. Steeve, avait, contrairement à d’autres, une certaine notion de la pudeur et c’est donc, fort incommodé qu’il traversait le couloir en direction du salon. Peut-être la vue apaisante des lumières de la ville l’aiderait-elle à trouver le sommeil.

Le blond sourit en passant devant les portes de chambre de ses divers compagnons, imaginant Bruce plongé dans un grand livre compliqué truffé de formules plus abstraites les unes que les autres, Natasha dormant avec son arme sous son oreiller, Clint serrant son arc contre lui avec am… Hum, le Captain secoua la tête, son imagination était bien plus fertile qu’il ne l’aurait pensé.

Il marchait toujours lorsqu’une voix le tira de ses réflexions, elle était presque rauque, teintée de quelque chose qu’il ne parvenait pas à identifier.

_ Hum… Ah… Ooooh…

Seuls quelques sons qui pourtant firent monter le rouge aux joues rasée de Steeve. Un bref coup d’œil lui indiqua qu’il s’agissait de la chambre de Tony. Il soupira, presque furieux d’avoir été surpris par la provenance des bruits. Le milliardaire avait toujours beaucoup de difficultés à se remettre de sa récente rupture, et la voie de la guérison prenait visiblement les traits d’une jolie femme… quoique…

_ Hum… Merci ami terrien ! Merci de cette… hum… savoureuse expérience… Aaaaah…

La voix puissante de l’asgardien arracha un frisson à Steeve qui manqua de se prendre les pieds dans le tapis. Il se rapprocha de la porte afin d’être bien certain d’avoir entendu ce qu’il croyait être un soupir de plaisir. Il rougit violemment, tentant de se retirer de l’esprit les images sulfureuses qui lui venaient bien malgré lui. Il n’avait pas besoin de se demander ce que faisaient les deux avengers à l’instant pour l’imaginer. Non pas que cela le dérangeait, il avait appris à être ouvert au fil du temps, mais tout de même ! Il n’aurait jamais imaginé le viril fils d’Odin se livrer à ce genre de choses.

_ C’est vrai qu’elle est bien bonne ! Aaaah, jamais connu de meilleure.

Clint… Captain America manqua de défoncer la porte, ils étaient donc trois, trois sur une… une femme ? Mais à quoi diable pensaient-ils ? Le soldat préféra s’éloigner, hésitant entre une gêne profonde et un dégoût assumé. Il fit demi-tour et repartit en direction de sa chambre aussi vite que possible. C’est là qu’il la vit, la porte ouverte de la chambre de Natasha. Son cerveau cessa de fonctionner un instant, comprenant ce qui pouvait bien se tramer dans la chambre de Tony.

Et soudain, il prit la décision qui s’imposait à lui depuis le début, fit volte-face et courut vers la chambre du milliardaire, ouvrit la porte à la volée et exprima le fond de sa pensé aussi clairement que faire se peut.

_ Vous devriez avoir honte de vous ! Rugit-il. C’est indigne d’Avengers de se livrer à ce genre de pratiques !

Et sans même jeter un regard, par peur d’y voir l’impensable, il claqua la porte. Le silence se fit dans la chambre du propriétaire des lieux, seul le bruit des pas lourds de Captain America venant le troubler.

_ Suis-je le seul à trouver la réaction de notre Captain légèrement excessive pour quelques feuilles séchées de marijuana ?
Dernière édition par AliceJeanne le 12 nov. 2016 - 23:02, édité 1 fois.
And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
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People hearing without listening
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LaLouisaBlack
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par LaLouisaBlack » 12 nov. 2016 - 23:00

Titre : Madeleine
Thème (écrit ou URL de l'image) : savoureux
Fandom : original
Nombre de mots : 693
Personnages : oc
Rating : tout public
Cela fondait dans la bouche et sentait bon le chocolat. Les perles de sucre se cachaient au milieu d’une pate dorée et tendre, délicieusement chaude. Le chocolat s’était glissé dans chaque petit creux, chaque carré formé par le moule. Une boule de glace vanille fondait lentement à côté de la gaufre, cerise sur le gâteau d’un dessert décadent, touche de fraicheur et de légèreté dans un océan de sucre assumé.

Les Belgian Waffles de cette petite pâtisserie au nom français de Rose Street étaient savoureuses et à en tomber par terre. Lucie ne comprenait pas comment elle avait pu mettre trois mois avant de retourner dans cette boutique pour déguster au chaud dans la petite salle rouge et dorée ce dessert qui lui rappelait souvenirs d’enfance et gourmandises du Nord de la France.

Elle en avait fait la découverte quand sa meilleure amie était venue la visiter. Une pâtisserie qui se déclarait française au milieu d’Edinburgh, cela leur avait donné envie de laisser tomber les régimes et la raison pour retrouver les saveurs de leur pays. Après cela, elles avaient découvert qu’il ne s’agissait que d’une chaîne développée dans plusieurs rues de la ville, mais qu’importe : le goût était au rendez-vous, la décadence et la gourmandise des péchés bien gâtés. Lucie avait résisté. Un porte-monnaie vide, des heures à la salle de sport pour se sentir plus fine, autant de bonnes raisons pour ne pas céder toutes les semaines à la tentation d’une pâtisserie bourrée de sucre et de toutes ces mauvaises choses qu’elle évitait comme la peste. Après des années de vie étudiante à ne plus prendre soin d’elle et de son corps, elle avait décidé qu’elle se reprenait en main, allait deux fois par semaine à la gym, limitait les grignotages et les achats intempestifs.

Elle avait tenu deux mois, deux merveilleux mois où elle avait enfin pu serrer sa ceinture au cran supplémentaire ! Mais à l’approche des examens, elle se retrouvait impuissante et pleine de pulsions gourmandes. Six livres, une table près de la fenêtre et un fauteuil rouge plus tard, la voilà avec sa gaufre liégeoise, son chocolat, sa glace à la vanille et pas le moindre soupçon de culpabilité.

Lucie savourait, en fermant les yeux pour profiter du chocolat dans sa bouche. Elle avait toujours dit qu’il n’y avait rien de mieux dans la vie que la nourriture. Même le sexe, si tant est qu’on tombe sur quelqu’un de bien, n’avait pas un taux de satisfaction aussi élevé ! Il y en avait pour tous les goûts. Fruits, chocolats, cafés, de la crème bien épaisse et de la chantilly très légère. Les salés retrouvaient leurs passions dans d’autres endroits, en d’autres cuisines, épices ou poivre, légumes ou riz, une bonne viande rouge ou un poisson grillé à la poêle… Lucie était incapable de comprendre ceux qui ne savaient pas apprécier la valeur d’un bon repas. Comment faisait cette collègue à son père pour être dégoutée de ce qu’il y a dans son assiette ?

La gaufre disparaissait avec lenteur, découpée délicatement en morceau avant d’être engloutie au bout d’une fourchette argentée. Chaque bouchée telle la madeleine de Proust lui rappelait des souvenirs de France. Les courses alimentaires avec ses sœurs en plein été, après des heures dans les magasins pour rhabiller la dernière, une corvée pour sa mère. Le tout ponctué de gaufres au Nutella qui ne leur faisaient jamais regretter d’être là, une pause dans des canapés roses et inconfortables avant de rencontrer la foule du supermarché.

Les soirées d’hiver, aussi, emmitouflée dans une doudoune beige qu’elle tâchait de ne pas salir au marché de Noël. Les passants qui se mêlaient et commentaient, l’odeur épicée d’un vin chaud qu’elle n’aurait jamais osé goûter, les pots de Nutella en vitrine comme pour appâter un client déjà alléché par l’odeur de pâte chauffée.

Des moments privilégiés, Lucie en avait des dizaines d’autres comme cela. De quoi alimenter chaque carré de la gaufre d’une couche supplémentaire de sucre cristallisé. Suffisamment pour l’écœurer, à la dernière bouchée, d’être seule à Edinburgh pour déguster cette gaufre sacrée.
C’était peut-être pour cela qu’elle ne venait qu’une fois tous les trois mois.
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BellaCarlisle
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par BellaCarlisle » 12 nov. 2016 - 23:02

Titre : Saveurs
Thème : Savoureux
Fandom : Hannibal
Nombre de mots : 902
Personnages : Will/Hannibal
Rating : Tout public
L’invitation est posée sur la table de son salon, bien en évidence, comme pour le narguer. Will ne parvient pas à détacher ses yeux de l’enveloppe, connaissant très bien l’envoyeur sans avoir besoin de l’ouvrir. Ce n’est pas si dur pour lui de comprendre qu’Hannibal est derrière ce morceau de papier, son psychiatre envahit son espace vital de plus en plus. Et le pire, c’est qu’il n’est en rien dérangé par cette intrusion dans son monde déjà bien bousculé par ses cauchemars et ses visions effrayantes. Prenant une grande inspiration, Will sort l’invitation, légèrement déçu en constatant qu’il n’y a qu’une adresse sur la feuille, une adresse bien connue puisqu’il s’agit de celle du Dr Lecter. Non pas que l’idée d’aller chez lui soit si décevant mais il s’attendait à autre chose, surtout depuis qu’ils ont survécu à leur incroyable chute.

À cette pensée, Will grimace. Il a mis des semaines pour se remettre de ses différentes fractures, aussi bien les jambes, les bras ou les autres os de son corps. Hannibal lui a semblé plus résistant, ou alors il n’a pas pris la peine de lui montrer l’étendue de sa douleur. Toujours est-il que Will n’est pas prêt à tirer une croix sur sa longue convalescence et ses souffrances simplement par une petite entrevue dans le manoir de son psychiatre. Un manoir certes moins impressionnant que l’ancien, plus discret, dans l’optique d’échapper à leurs potentiels ennemis. Le FBI n’a pas apprécié que deux tueurs soient encore en liberté et, même si Will a fini par avoir confiance dans les talents cachés d’Hannibal, rien ne leur certifie qu’ils seront protégés éternellement dans cette nouvelle existence qu’ils ont réussi à construire.

Soupirant, Will monte dans sa chambre, choisissant des habits qui pourraient convenir. De toute manière, rien ne lui semble jamais assez bien pour le psychiatre qui est toujours tiré à quatre épingles. Un autre soupir franchit ses lèvres alors qu’il s’observe dans son miroir. Hannibal ne manquera sûrement pas de lui demander s’il dort bien, ses cernes sont si visibles sous ses yeux. Et comme le Dr Lecter ne peut jamais s’empêcher de l’analyser même hors de leurs rendez-vous patient-médecin, il sait d’instinct que la soirée va être très longue. Will ne tente pas de dompter ses boucles, il a perdu patience à le faire pour rien les autres fois. Son apparence ne sera jamais à la hauteur de celle de son hôte, Hannibal est bien trop distingué. Un démon qui ressemble à un ange.

Will est à l’heure au rendez-vous, devant le manoir qui se dresse tel un phare, pour le sauver de ses émotions néfastes. Il inspire longuement avant de toquer à la porte, repoussant le sentiment de malaise qui l’étreint alors que son psychiatre vient lui ouvrir. Hannibal porte son éternel tablier blanc où quelques gouttes de sang ont déjà pris place. Will déglutit nerveusement, avançant, se sentant comme une proie prise au piège lorsque la porte se referme derrière lui dans un bruit sourd. Il réfrène sa brusque envie de s’enfuir, suivant le Dr Lecter jusque dans sa cuisine où les odeurs du repas sont bien présentes. La viande l’attire, comme un aimant, mais son dégoût reprend vite le dessus alors qu’il se souvient d’où Hannibal tire généralement ses ingrédients. Manger de l’être humain n’est pas dans ses habitudes, pas chez lui, en tout cas.

- Je constate que tu vas mieux, lui dit Hannibal avec un léger sourire aux lèvres.
- Et ce n’est sûrement pas grâce à toi, rétorque Will.

Le tutoiement ne le dérange plus, il s’est vite familiarisé avec ce rapprochement. Il s’accoude au plan de travail tandis que le psychiatre prépare les assiettes des entrées, disposant des feuilles de salade sur lesquelles il fait reposer du foie gras. Will en salive d’avance mais il a encore des doutes sur la provenance de tout ceci, doute vite balayé lorsque son estomac lui rappelle qu’il n’a rien mangé. Les deux hommes vont s’installer à la table, où tout est parfaitement dressé, comme souvent. Will est plongé dans son repas dès la première bouchée, tout est si savoureux, à la hauteur des souvenirs qu’il a de tous les plats préparés par Hannibal. Ce dernier s’amuse de voir son invité se détendre juste en mangeant, récupérant les assiettes vides avant d’aller chercher la suite du dîner.

- Pourquoi tenais-tu tant à me voir ? demande Will.
- Tu avais dit que nous devions parler sérieusement. Je t’ai écouté.

Ce qui est bien nouveau de sa part mais Will ne fait aucun commentaire, préférant se concentrer sur le plat principal qui lui est servi. Ils mangent dans le silence, jusqu’au dessert, dégustant avec délice tous les mets. Ils débarrassent tous les deux la table, puis Hannibal s’occupe de la vaisselle, refusant doucement mais fermement l’aide de Will qui l’attend alors dans un coin de la pièce, les bras croisés. Il ne voit son psychiatre que de dos mais les mouvements de ses muscles le fascinent. Sans même avoir conscience de ses gestes, il se rapproche du cannibale, rompant la distance qu’il y a entre eux, se retrouvant assez proche. Son hôte l’a entendu et il s’est retourné, posant son torchon sur le rebord de l’évier, dévisageant Will. Ce dernier franchit les quelques centimètres restants, goûtant pour la première fois aux lèvres d’Hannibal. Et sans surprise, il les trouve aussi savoureuses que les plats de son fou de psychiatre.
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Cilou
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Inscription : 14 nov. 2015 - 18:25

Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Cilou » 12 nov. 2016 - 23:19

Titre : Cappuccino
Thème (écrit ou URL de l'image) : Savoureux/se
Fandom : Original
Nombre de mots : 551
Personnages : Originaux (Amédée, Ange, Léonard)
Rating : K

« Un cappuccino, je vous prie. »

Hochant la tête, Amédée offrit un sourire resplendissant à la cliente venue commander chez lui. Trentenaire, les cheveux blonds, elle arborait un air plutôt doux et une fine cicatrice ornait le coin de son nez. Affirmant que son café arriverait d'ici quelques minutes, le serveur attendit qu'elle se retourne pour aller chercher quelques grains qu'il commença à moudre.

Il adorait le bar à la lumière tamisée dans lequel il travaillait. Celui-ci, illuminé par de nombreuses bougies que les serveurs fabriquaient d'eux-mêmes, détenait une ambiance chaleureuse ainsi qu'un doux parfum de café et de chocolat qui caressait les narines de ceux qui y entraient. Tout en finissant de moudre les grains, Amédée se dit qu'il n'aurait changé de lieu de travail pour rien au monde.

Dès qu'il eût fini, le jeune homme versa la poudre dans une poignée en aluminium et la tassa tranquillement, l'écrasant d'une vingtaine de kilos. Tasser était, à son sens, ce qui lui prenait le moins de temps, aussi ne tarda-t-il pas avant de placer les grains moulus et écrasés dans la cafetière.

« Léonard ? La mousse, s'il te plaît », demanda-t-il sereinement en saisissant une tasse blanche qu'il maintint en biais afin que la mousse dure plus longtemps une fois la préparation terminée.

Le dénommé Léonard, qui finissait tout juste de poudrer un macchiato, posa la tasse sur le plan de travail et vint préparer la mousse du cappuccino aux côtés d'Amédée. Un autre serveur, Louis, prit le relais du macchiato et déposa la tasse sur une petite assiette sur laquelle il déposa une petite boule de chocolat avant d'aller le servir à un homme au fond de la pièce. Amédée sourit à nouveau de plénitude en arrêtant la machine. Après avoir attendu quelques secondes que le serveur aux cheveux longs qui préparait la mousse ait terminé, Amédée saisit le pichet, le secoua un peu afin de faire briller le lait sur les côtés et versa le contenu dans la tasse du cappuccino, qu'il confia à Léonard, lequel partit y ajouter de la poudre foncée ainsi qu'une boule de chocolat.

« Elle t'attend dehors, fit-il remarquer en lui faisant en clin d'oeil.
– Merci », lui sourit le serveur en posant sur le comptoir son torchon et son tablier.

Tranquillement, Amédée se dirigea vers la porte du bar et commença par retourner la pancarte accrochée à la porte, laquelle annonçait dorénavant « fermé » aux passants extérieurs, avant d'enclencher la poignée.

Il aperçut un mouvement lorsqu'il sortit du bar pour rencontrer le froid. Une jeune femme brune aux tâches de rousseur vêtue d'un chaud manteau en fourrure beige était en train de l'attendre. Un nouveau sourire attendri s'afficha sur le visage du serveur avant qu'il ne s'en approche, commençant par saisir sa taille entre ses mains légèrement sèches.

« Tu sens bon, fit-t-elle remarquer.
– Toi aussi. »

La nouvelle venue rit légèrement avant de passer les mains dans le dos du jeune homme. Et, sans attendre, elle scella leurs quatre lèvres en un chaste baiser et Amédée sentit son cœur se réchauffer. Il avait beau aimer son travail, la vue des clients, le bruit du bar, l'odeur du café, la texture des grains, rien n'égalait le goût savoureux des lèvres d'Ange quand elle venait de boire de son chocolat chaud.
« Le moment viendra où vous pourrez enfin agir avec honneur.
– Je les adore, ces moments… Je les salue de la main quand je les vois passer. » - Elizabeth Swann et Jack Sparrow, Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit

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selket
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par selket » 12 nov. 2016 - 23:25

Titre : Le sourire d’Eléonore
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://img15.hostingpics.net/pics/34739 ... aluokn.png
Fandom : HP
Nombre de mots : 315
Personnages : Personnages OC
Rating : TP
Plus que les autres toiles celle-ci était sa préférée. Sur cette toile Eléonore avait les traits d’une fée. Emporté par ses gestes fiévreux il avait tracé sur la toile en de grand gestes le visage qui le hantait. Il n’avait pas tenté d’en arrondir les angles et avait laissé ces mains guider le pinceau pendant que son esprit se noyait dans les grands yeux gris de sa muse. Son visage le hantait, il dansait devant ses yeux la nuit. Tenant désespérément d’extraire la graine fertile de son cerveau il s’acharnait sur la toile à grand coup de pinceau. Peu à peu l’esquisse prenait forme. Ce n’était pas une de ces habituelles toiles où chaque détail était représenté. Ce n’était pas non plus ces peintures où le visage était beau et les traits lissés. Non là il avait taillé dans le vif, il avait cherché à capter l’essence même de la jeune femme. De grand coup hachurés dessinaient ses cheveux. Sa robe noire vaporeuse se fondait dans la nuit noire en des traits difformes. Il n’avait pas fait une belle toile, mais sous ses mains l’âme même de celle qui hantait tout ses rêves prenait forme.
Au milieu de ce chaos né de son esprit embrumé par ses sens deux parfait yeux gris en amande le contemplait et une moue rose bien dessinée prenait naissance sous un petit nez aquilin parfait. Un visage magnifique et parsemé de petites taches de sons nichées au milieu de la pagaille de sa toile éclairé de son teint blanc l’obscurité du fond que dans sa transe il avait peint d’un bleu nuit profond.
Oh elle n’était pas belle cette toile, elle n’était pas parfaite et il en avait fait d’elle beaucoup plus belle. Mais au milieu de la nuit les yeux gris et la moue rosée le regardait d’un sourire moqueur qu’il trouvait magnifique sur le visage d’Eléonore McKinnon
Dernière édition par selket le 13 nov. 2016 - 03:15, édité 1 fois.
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Lyssa7
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Lyssa7 » 12 nov. 2016 - 23:37

Titre : Turbulences de l'âme
Thème (écrit ou URL de l'image) : Turbulences http://img15.hostingpics.net/pics/34739 ... aluokn.png
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 434
Personnages : Fred Weasley II
Rating : -12
Fred Weasley, c'était comme cela qu'il s'appelait depuis sa naissance. Un nom emprunté, un nom volé. Il portait le nom de son oncle décédé. Alors, il portait son masque. Il jouait le rôle de cet homme que tout le monde avait adulé, que son père regrettait chaque jour que Merlin faisait.

Fred souriait, Fred riait, Fred inventait. Fred mentait en fin de compte. Ce masque était son seul instinct de survie, un moule qu'il s'était construit et dans lequel il s'était forgé. Mais Fred dépérissait.

Et puis, elle était entrée dans sa vie. Un jour, elle avait fait irruption sans qu'il n'y prenne garde. Avec ses cheveux noirs comme la nuit, son teint pâle et ses yeux d'un gris si transparent qu'on aurait pu s'y noyer.

Elle s'appelait Elena et elle avait tout chamboulée. Dans sa vie, dans son coeur. Elle était entrée pour ne jamais en ressortir. Et maintenant qu'elle n'était plus là, il ne savait plus comment faire.

Avant, il aurait su donner le change. Il aurait menti sans vergogne pour leur faire croire qu'il était heureux, que tout allait bien pour lui. Plus aujourd'hui.

Et Lily pouvait bien le contraindre à sortir si ça lui faisait plaisir, elle pouvait lui raconter tout ce qu'elle voulait si ça lui chantait. En réalité, Fred n'écoutait pas. Il ne prenait même plus la peine de sourire, et encore moins de rire.

Elena lui manquait. Terriblement, horriblement. Sans elle, il n'arrivait même plus à respirer. Et il lui arrivait de la maudire d'être partie si brutalement. Dans ces moments-là, il finissait par s'insulter. C'était sa faute s'il n'avait pas réussi à la sauver.

Et Fred se torturait en revoyant son visage anguleux qu'il se plaisait à caresser, sa bouche fine qu'il adorait embrasser, ses cheveux noirs mi-longs dans lesquels il passait son temps à passer ses doigts.
Il fermait les yeux et il espérait entendre sa voix aux accents mélodieux, son ton apaisant qui avait presque réussi à calmer les démons qui l'habitaient.

Roxane lui disait qu'il oublierait, qu'il finirait par trouver la paix. Il savait qu'elle mentait lorsque ses yeux se baissaient, refusant de croiser les siens. De toute façon, ils pouvaient bien dire ce qu'ils voulaient, rien ne la ramènerait.

En entrant dans sa vie, elle avait tout envoyé valser. Mais lorsqu'elle en était sortie, Fred avait dû se battre deux fois plus qu'auparavant contre les turbulences de son âme.
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AliceJeanne
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par AliceJeanne » 12 nov. 2016 - 23:40

Titre : Une plume dans l'engrenage
Thème : Rouages et http://i.imgur.com/wqWB4Su.jpg (dangerous-glow sur DA)
Fandom : Hugo Cabret
Nombre de mots : 740
Personnages : Hugo
Rating : Tout public
Hugo poussa un soupir rageur en laissant tomber ses outils sur le sol usé et poussiéreux de ce qui lui faisait aussi bien office de chambre que d’atelier. Le jeune garçon se laissa tomber sur le sol, se prenant la tête dans les mains. Il n’y arriverait jamais. Le pantin de son père resterait toujours inerte quoiqu’il fasse, quoiqu’il tente pour essayer de le remettre en état de marche. Rien n’y faisait et rien n’y ferait jamais. Une larme d’amertume glissa sur sa joue sale d’orphelin livré à lui-même et Hugo ne prit pas la peine de l’essuyer. A quoi bon ? Il était seul après tout… Personne ne le verrait pleurer, seuls les rouages des multiples horloges de la gare seraient témoin de son désespoir, et aucune des froides pièces de métal ne le consolerait. Et pourtant… si seulement le monde savait à quel point, cet ensemble de mécaniques, étaient pour Hugo, ce qui ressemblait le plus à une famille. Elles étaient présentes à chaque seconde de son existence ces roues dentelées s’imbriquant parfaitement, rythmant ses journées, écoutant ses déboires, demandant un peu d’attention et de considération au fil des heures. Elles étaient le reflet des réflexions incessantes de l’enfant, véritables rouages composés de matière grise.

Chaque jour, alors qu’il tentait en vain de trouver les pièces manquantes au puzzle de taille humaine que représentait l’automate de son père, Hugo reproduisait les mêmes gestes, le même chemin de la grande horloge à la boutique de jouets, tel un rouage bien huilé d’une mécanique sans fin. Le peu de fantaisie qui lui était octroyée résidait en la nature de la pièce qu’il réussissait à chaparder sur l’étalage. Le reste n’était qu’habitude et monotonie. Enfin, cela l’était, jusqu’à ce jour précis où l’horloge s’arrêta.

Ce ne fut d’abord qu’un vaste et bruyant silence, un dernier cliquetis fébrile avant le grand néant. Hugo astiquait les pièces du jour avec application et ce ne fut qu’au bout de quelques minutes qu’il remarqua la variance. Le jeune garçon releva la tête lentement, se croyant trompé par ses sens, puis, se rendit à l’évidence : la machine ne fonctionnaient plus, les rouages ne s’enchaînaient plus les uns après les autres de façon logique, tout était éteint.

Hugo se leva d’un bond, soudain apeuré, il ne fallait en aucun cas que quelqu’un s’aperçoive que le temps avait cessé de s’écouler à 20h13 dans la grande gare. Il fila, aussi vite que ses jeunes jambes le lui permettaient, pestant contre cet imprévu, jurant contre sa malchance. Il était pourtant certain d’avoir tout fait correctement.

Il traversa les coursives en inspectant attentivement chaque mécanisme, chaque rouage, chaque dent, chaque particule de l’organisme de l’horloge sans rien y déceler de probant. Le jeune garçon était tétanisé, il n’avait aucune idée de ce qui avait bien pu altérer le fonctionnement de la machine et la colère tout d’abord ressentie se transforma en détresse. Des larmes dévalèrent ses joues, ses mains se mirent à trembler, qu’allait-il devenir si on le découvrait ? Qu’allait-il advenir si quelqu’un montait là haut et y trouvait un orphelin ?

Ses tergiversations paniquées prirent soudainement fin lorsque, dans un vacarme assourdissant dans le silence de plomb qui régnait depuis presque une heure, l’horloge se remit en marche et sonna l’heure. Hugo leva ses yeux humides vers le ciel, remerciant un dieu auquel il n’avait jamais cru plus qu’en ce jour. Un ange chût dans un nuage de plumes immaculées et duveteuses et s’écrase à quelques pas du jeune Hugo. L’enfant secoua la tête, ce n’était nullement un être chimérique qui venait de heurter le sol, mais un oiseau, les ailes et le cou brisés.

Hugo s’approcha de l’animal éteint et s’agenouilla à la recherche d’une réponse. La défunte créature était mollement étendue sur le sol crasseux, la blancheur de ses plumes tranchant avec la noirceur de la poussière accumulée depuis des lustres. Ses sentiments toujours maîtres de lui, le garçon ne se rendit pas compte que ses larmes tombaient à présent sur le volatile malchanceux qui avait dû sur heurter à quelque fenêtre.

Quelque chose de doux lui effleura le visage, lui chatouillant le nez à l’en faire froncer. Hugo balaya la chose d’un vague geste de la main. Une autre tomba, mollement, doucement à côté de lui, il se releva. Et dans un ultime regard vers le haut avant de reprendre son chemin vers l’œuvre de son père, il la remarqua, la plume dans l’engrenage.
EDIT modé orga : ATTENTION, il faut normalement poster son texte dans le temps imparti ! Ici, répondre au 1er thème lors de la publication des troisièmes thèmes perd du principe de la Nuit d'HPF !
And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more
People talking without speaking
People hearing without listening
People writing songs that voices never share
No one dare
Disturb the sound of silence

"The Sound Of Silence" - Simon & Garfunkel (1964)

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LaLouisaBlack
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par LaLouisaBlack » 12 nov. 2016 - 23:42

Titre : Melody
Thème (écrit ou URL de l'image) : http://img15.hostingpics.net/pics/34739 ... aluokn.png
Fandom : original
Nombre de mots : 561
Personnages : OC
Rating : Tout public
Elle avait toujours été un peu étrange, Melody. Insaisissable, inacceptable, intolérante. Une masse de cheveux bruns et bouclés qui encadraient un visage taché de rousseur, une bouche inexpressive et des yeux bleus qui creusaient des tunnels au fond de ton âme. Une robe noire aux manches floutées par une mousseline inadaptée, couvrant un corps pâle et mince marqués de bleus qui salissaient son âme. Une jeune femme habile et intelligente, dangereuse et méfiante, délicate et bouleversante.

Enfin, tout ça, il fallait la voir pour y croire. Peu étaient ceux qui perçaient les mystères du brouillard qui l’entourait perpétuellement. On aurait dit qu’elle était sortie de la brume qui recouvrait parfois Edinburgh de son manteau glacial, emportant avec elle sa violence et une touche de magie. Elle semblait sortie d’un conte de fées d’Andersen, destinée à une fin tragique. Nombre de ceux qui la croisaient distinguait à peine le noir de sa robe et l’imposante masse de ses cheveux avant de détourner le regard et d’oublier la vision surnaturelle, guidés par quelques paroles glissées à l’oreille et entendues de personne.

Elle avait appris la fourberie après avoir été dévisagée par trop de regards surpris et médisants. Elle s’était faite invisible pour errer en paix dans les rues de la vieille ville. Imperceptible à l’exception de ce douloureux parfum de pourriture, elle semait le désarroi dans le cœur de ceux qui l’intéressaient. Elle pouvait passer à côté de vous sans qu’elle ne prenne garde à vous plus qu’à une simple mouche. Votre vie continuait son cour sans que vous n’imaginiez une seconde l’horreur qui vous a traversé.

Elle pouvait faire de vous sa proie et vous dévorer. Ce ne serait pas sanglant, et à peine douloureux. Ce serait triste, et durerait des années. Elle faisait de vous sa conscience et sa souffrance, se nourrissait de vos désirs et de vos attentes, amplifiait chaque terreur nocturne et chaque sursaut de conscience, avalait tout cru votre cœur encore battant.

Elle se faisait funeste et horreur sur terre. Elle décimait les hommes et les laissaient par terre. Elle ne s’arrêtait jamais quoi qu’il lui en coûte, car qu’importe après tout les années perdues lorsqu’on ne les compte plus. Elle était née de la brume et n’en sortirait jamais, elle était la mélodie doucereuse de vos plus sombres passés.

Elle était la mort depuis qu’elle était morte, elle vivait le sang qu’on avait vidé de son corps. Elle s’était un soir retrouvée pendue sur Grassmarket, c’était l’ensorceleuse qui hantait les rues en réclamant vengeance.

Ah Melody, ma douce Melody. Dire que j’avais crié ton nom sur cette place pour me débarrasser de toi. Les humains ne font pas bien leur travail, petits êtres incapables de tuer une sorcière. Tu es revenue les hanter dans l’espoir de trouver celui qui t’a trahie, cet homme que tu disais aimer, cet homme qu’un jour, tu avais fini par ensorceler. Ce maître qui t’avait recueillie, aidée, enseigné presque tout ce qu’il savait, mais qui jamais ne pouvait t’aimer. Savais-tu que les mages d’antan pouvait déceler aussi vite leurs propres sortilèges utilisés à mauvais escient ? Retourner mes propres ensorcellements contre moi, comment avais-tu pu croire que cela fonctionnerait.

J’ai fait de toi ce monstre qui se nourrit des peurs des gens, et jusqu’à ce que tu me retrouves et me hantes, je tirerai les ficelles qui te lient à cette terre.
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Seonne
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Seonne » 12 nov. 2016 - 23:44

Titre : Emmène moi
Thème : http://img15.hostingpics.net/pics/34739 ... aluokn.png, Turbulences
Fandom : HP
Nombre de mots : 840
Personnages : Regulus Black
Rating : Tout public
La gorge assoiffée, il se dirigea enfin vers l'eau, buvant de longues gorgées qui le précipitaient chacune un peu plus vers sa fin. Il sentit les mains froides et mortes l'attraper, et ne tenta même pas de résister. Il s'y était préparé. Tout allait finir là, maintenant. Ils l'emporteraient avec eux, dans l'autre monde. Il avait mentalement fait ses adieux aux gens qu'il aimait, faute de pouvoir le faire face à face. Ç'aurait été trop dangereux. Personne ne devait savoir ce qu'il préparait. Pour qu'il réussisse.

Et il avait réussit.

Lentement, il sentit qu'ils le plongeaient dans l'eau glacée. Par un réflexe, des larmes lui montèrent aux yeux et il s’astreint à fixer le plafond de la caverne. La noirceur du rocher. Il avait entendu l'Elfe s'en aller quand les créatures l'avaient attrapé. Il était seul, seul face à son destin, seul face à ces eaux noires qui l'entraînaient vers sa mort.

Doucement, le liquide glacé gagnait chaque centimètre carré de sa peau. Il se sentait paralysé, il ne pouvait bouger. Finalement, il se trouva totalement englouti. Il tenta quelques instants de retenir sa respiration. Car son instinct tentait de l'empêcher de sombrer, de l'empêcher de se noyer. Mais à quoi bon résister ? Il savait qu'il allait mourir ce soir, il le savait avant même de mettre le pied sur cet horrible rocher.

Les créatures le tenait toujours fermement, pour l'empêcher de remonter. Pourtant, il ne se débattait pas. Quand il devint trop difficile de retenir son souffle, il finit par inhaler l'eau, douloureusement. Il sentait ses poumons se remplirent, et le fluide glacial le brûlait à l'intérieur. Il eut une furtive pensée pour Sirius. Il voulait que son frère soit fier de lui. Il le serait le jour où il comprendrait ce qu'il avait fait. Il l'aimerait à nouveau.

Mais rapidement, ses pensées s'embrouillèrent et Sirius disparut. Son cerveau était de plus en plus confus, au fur et à mesure que les turbulences l’emmenaient toujours plus profondément. Il avait l'impression qu'il n'arriverait jamais jusqu'au fond. Qu'il continuerait à jamais de s'enfoncer, emporté par les tourbillons de ces eaux tumultueuses.

Les créatures l'avaient relâché. Elles devaient savoir que jamais il ne remonterait. Plus maintenant. Il attendait, patiemment, que la mort vienne le cueillir. Tout son corps irradiait de douleur, pourtant il ne s'était jamais senti aussi bien. Il était serein. Pour la première fois de sa vie, rien ne le faisait remettre son choix en question. Il avait pris la bonne décision. Et cela l'apaisait de le savoir. Il avait fait quelque chose de bien. Il s'était racheté. Il avait enfin réussi à écouter son cœur. A être juste.

Il ne voyait plus rien, pourtant ses yeux restaient ouverts. Et soudain, il aperçut une forme. Une forme qui s'approchait de lui. Une silhouette qui se dessinait dans l'obscurité. Elle flottait vers lui. Il avait l'impression de la reconnaître. Elle continua d'avancer, lentement, dérivant dans sa direction. Et plus elle était près de lui, plus il parvenait enfin à distinguer ses traits. Une illusion, une magnifique illusion venue le cueillir dans ses derniers instants. Ce visage pâle et pointu, ces cheveux d'ébènes qui ondoyaient tels une couronne autour de sa tête, et ces yeux d'un bleu glacé qui lui donnaient toujours l'impression de transpercer son âme.

Elle était venue. Elle était venue le chercher. Thalia. Sa Muse. La seule qu'il ait jamais aimée, de tout son cœur, de toute son âme. Elle était là, elle l'attendait pour l'emmener avec elle de l'autre côté, là où l'on ne souffrait plus. Elle portait cette robe noire, si simple, qui lui allait si bien. Elle avait un regard mystérieux. Puis, enfin, elle étira doucement ses fines lèvres vermeilles en un doux sourire. Et bien qu'il ne sente plus rien, qu'il ne sente plus ses muscles, Regulus lui sourit à son tour. Elle était si belle, là, face à lui. A lui. Elle était à lui. La seule femme qu'il ait jamais voulue était venue là pour lui. Juste pour lui.

Lentement, il eut comme l'impression de se détacher de son corps. Il sentait qu'il perdait ses sens. La douleur s'évaporait, et il n'avait plus froid. Il ne ressentait plus rien, entouré d'un immense vide. Il aurait eu peur, oui, il aurait été terrifié si elle n'avait pas été là, à lui faire face. Elle lui tendit une main ouverte, comme pour le rassurer. Il ne fallait pas avoir peur. Il ne fallait pas avoir peur de la mort. Et il l'accueillait comme une délivrance, qui le libérait de la vie, devenue un trop lourd fardeau pour ses fragiles épaules. Il n'était pas courageux. Il avait préféré abandonner.

Mais jamais il ne le regretterait. Car il allait la rejoindre. Il attrapa sa main. Il n'avait plus de corps, il était enfin libéré et il pouvait la saisir, et la laisser le guider vers l'au delà. Vers ce qui venait après.

En dans son âme se répandit une sensation de chaleur, de plénitude. Il l'avait enfin retrouvée. Et plus rien ne pourrait jamais les séparer.
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Et si on les relisait ensemble ? ♥
Lilionne — le plus beau nom de binôme du règne des binômes

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WarmSmile
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par WarmSmile » 12 nov. 2016 - 23:44

Titre : conduite
Thème : turbulences
Fandom : HP
Nombre de mots : 127
Personnages : Ernie
Rating :

Conduire le Magicobus demandait de l'expérience et de la dextérité. Mais, aujourd'hui, conduire le véhicule allait relever du sport de haut niveau. Le pire ennemi du bus était en réalité le vent. Et, en cet instant, le vent créait de grandes turbulences.

Ernie jeta un coup d’œil dans le rétroviseur central. Ses clients ne savaient pas ce qui allaient les attendre. Il y allait encore avoir des malades. Ernie croisa le regard d'un groupe de jeunes qui souriaient de toutes leurs dents. Le conducteur les salua d'un coup de tête. Ces jeunes étaient parmi ses préférés car ils aimaient les sensations fortes. Et, ils n'allaient pas être déçu du voyage. Enfin, cela n'empêcha pas Ernie d'appuyer sur l'accélérateur.

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Eejil9
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Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par Eejil9 » 12 nov. 2016 - 23:46

Titre : Le feu de l'idée qui brûle au contact d'une autre
Thème (écrit ou URL de l'image) : Turbulence - http://img15.hostingpics.net/pics/34739 ... aluokn.png
Fandom : Original
Nombre de mots : 860
Personnages : Une orpheline - un orphelin
Rating : TP

Dans sa tête, le chaos, la foule des grand jours d’idées qui se fracassent et s’entrechoquent.
Le vide glacé de ses grands yeux bleus, et pourtant, des turbulences dans son cerveau. Depuis toujours on la dit beauté froide, si glaciale que l’on lui trouve tous les défauts du monde. Sorcière, ses taches de rousseur la dénoncent, comme le bleu transparent de ses yeux, et puis, pourquoi prendre garde à ce que peut ressentir une orpheline, une fille, suivie partout par cet étrange chien que tous craignent et qui est peut-être la seule raison pour laquelle elle est toujours en vie. Il l’aide, il chasse pour elle, tout le monde le dit et c’est vrai. Elle sourit souvent en y pensant, car là où ils voient de la sorcellerie, elle ne perçoit qu’une merveille et une chance incroyable.
Décalquée au milieu de ce cruel Moyen-Âge, elle ressortit plutôt d’un antique esprit, d’une connexion avec la nature depuis longtemps oubliée, et proche de la terre, elle fait peur comme la terre fait preuve. Elle respecte les êtres et plantes, et, ainsi, elle perd le respect des hommes.
Savoir druidique, science chamanique, elle ressemble à ces anciennes magies dont on a oublié jusqu’au nom, qui lui sont inconnues et pourtant si proches.
Pas étonnant que tous les humains qu’elle croise la craignent, dans son regard vide et froid brille une sagesse millénaire qu’ils ne parviennent pas à comprendre.
Elle sait qu’ils la haïssent, elle reste imperturbable, beauté froide qui envoûte malgré elle les garçons des villages, dont les présents suffisent à la nourrir, elle et Esprit, son chien si intelligent qu’il lui parait souvent presque humain. Beauté froide, tout ce qu’elle sait faire, s’est se faire désirer, en espérant provoquer l’admiration des autres plutôt que leur haine.
Mais dans sa tête, c’est le chaos, cerveau plein de turbulences, la foule des grands jours entre ses idées qui s’entrechoquent puis se fracassent.
Et quand elle refuse leurs avances, elle lit sur leurs traits trop transparents le dégoût, la haine qui remplace la passion, et elle sait qu’elle doit partir. Imperturbable, la beauté froide avance de village en village, de contrée en contrée, apprenant les langues comme elle peut, sans maison, sans famille, sans attaches. Elle se demande d’où elle vient, elle l’orpheline depuis si longtemps enfuie du couvent où elle avait pourtant eu la chance d’être enfermée.
Beauté froide, glaciale même, ses traits ne bougent pas d’un pouce même lorsqu’elle songe au désespoir auquel se résume sa vie. Sur son visage, la sérénité d’une sagesse ancestrale, d’une sagesse oubliée, d’une certitude dont on n’a plus entendu parler depuis des siècles.
Mais dans sa tête, elle est turbulente, pas de froideur, non, mais le feu de l’idée qui brûle au contact d’une autre, et l’angoisse de la vie trop vite passée.
Est-elle vraiment cette créature du démon, reine des glaces, ou tous ces surnoms dont on l’affuble toujours ? Est-elle plutôt une fille un peu perdue, qui vit avec son chien au milieu des bois, et qui, comme tout le monde, a froid quand vient le soir en hiver, et chaud lorsqu’elle glane dans les champs sous le lourd soleil d’été ?
Elle ignore qui elle est, elle sait que la vie qu’elle mène ne provoquera jamais que la crainte. Les hommes fuient sur son passage, alors que les animaux l’approchent sans crainte.
Et ce jour-là, il neige, Esprit est parti chasser. Elle est seule dans cette clairière, loin de toute habitation humaine, car les hommes, ces idiots, craignent les bois et leurs mystères. C’est là qu’elle se réfugie quand elle veut fuir leur insupportable compagnie, et en ce jour d’hiver elle sent la paix descendre sur ses épaules.

Et soudain, au loin, un garçon, tout juste entré dans l’adolescence. S’il avait parlé, elle n’aurait pas été étonnée d’entendre sa voix passer du grave à l’aigu, comme celle de ces enfants pas encore adultes, mais sortis déjà de la puérilité. En la voyant, il se fige. Dans une étrange connexion, elle ressent les pensées, elle se voit par ses yeux, elle l’étrange beauté froide, aux yeux limpides et aux cheveux d’ombres. Il ne dit mot, mais il est dans la forêt, et il y a déjà là de quoi le rendre bien sympathique. Enfant grandissant, il ne partagerait donc pas les superstitions de ses pères ?
En silence toujours, elle l’approche, et plonge son regard dans le sien. Elle n’est plus vraiment beauté froide, il n’est plus vraiment un homme. Dans cette étonnante connexion, se lie une amitié qui dépasse les mots. Car elle sait qu’elle ne parle pas la langue de ce pays où l’hiver tombe si tôt, que s’il parlait, elle ne le comprendrait pas.
Mais dans le silence étouffé par la neige, dans la pénombre blanche de cette forêt, ils se voient et ils échangent sans s’en rendre compte, un étonnant moment d’éternité.
Sur son visage, la froideur envolée, et dans sa tête, les turbulences s’apaisent. Les idées ne se fracassent plus, elle dansent dans l’harmonie d’une communion inespérée.

Et puis elle repart, et puis il reprend sa route. Chacun seul à nouveau, mais rassuré quelque peu sur le destin des hommes.

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BellaCarlisle
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Messages : 775
Inscription : 20 sept. 2014 - 17:32

Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par BellaCarlisle » 12 nov. 2016 - 23:53

Titre : Voyage
Thème : Turbulences
Fandom : James Bond
Nombre de mots : 635
Personnages : James Bond/Mallory
Rating : Tout public
Mallory n’avait pas prévu que tout tournerait si vite à la catastrophe. Délaissant pendant quelques jours son poste au MI6 – son médecin lui ayant conseillé de se reposer un peu – il avait décidé de partir à l’étranger, choisissant de prendre l’avion. Le vol ne devait pas durer trop longtemps, c’était un trajet court, sans aucun risque, sur une ligne qu’il connaissait bien. Mais c’était sans ajouter James Bond et quelques-uns de ses ennemis dans l’équation. Il le savait, dès que son meilleur agent se trouvait quelque part, rien ne durait paisiblement. À dire vrai, la simple vue de l’agent double zéro sept était suffisante pour comprendre que les ennuis n’étaient pas loin du tout, ce qui signifiait que M pouvait dire adieu à son voyage calme et reposant, à son plus grand désespoir.

À cet instant, il était à genoux devant son siège, comme tous les autres passagers, les mains croisées derrière sa nuque. Par chance, pour le moment, les opposants de Bond n’avaient pas remarqué qu’ils avaient le chef du MI6 à portée d’armes. Mallory n’était pas le genre d’homme à paniquer pour rien, il avait résisté à de nombreuses tortures par le passé. Ce qui l’inquiétait le plus, c’était la présence de tous ces innocents aux visages terrorisés. Il entendait les voix basses de ceux qui priaient, les pleurs de certains passagers, les murmures des touristes qui paniquaient peu à peu. Et pire encore, M avait perdu de vue son agent, ce qui n’était pas du tout bon signe. Soit James s’était caché pour mieux surprendre ses ennemis, soit il était déjà dans les mains de leurs adversaires.

Quand l’avion se mit à basculer, Mallory eut sa réponse. Bond n’avait rien trouvé de mieux que de se battre dans le cockpit, faisant tanguer dangereusement l’appareil. Maudissant silencieusement le double zéro, M jeta des coups d’œil furtifs dans les allées, comptant le nombre d’ennemis. Il n’avait pas d’armes près de lui, il n’avait pas voulu courir le risque de se faire arrêter à l’aéroport. Pourtant, il devait agir, pour le bien de tout le monde. Lorsque l’un de leurs opposants passa, il réagit, le maîtrisant rapidement en bloquant ses mouvements, s’emparant de son pistolet avant de le plaquer sur sa tempe, le prenant comme otage. Il savait que les autres ne tenteraient pas de tirer en vol et que leurs armes servaient surtout pour intimider les pauvres touristes.

Il perdit l’équilibre lorsque l’avion bascula de nouveau, lâchant à la fois son adversaire et le pistolet. Sa tête heurta l’un des sièges et un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres alors que sa vision devenait floue. Il perçut les exclamations d’un de ses opposants qui l’avait reconnu mais il n’en sut pas plus, basculant tout doucement vers les méandres de l’inconscience. On ne lui laissa pas le temps de sombrer entièrement, il entendit le bruit familier de corps qui chutaient puis une main froide se posa sur sa tête. Lorsqu’un juron retentit, il n’eut aucun mal à identifier la voix, ouvrant difficilement les yeux pour croiser le regard bleu clair de son agent. Ce dernier l’aida à se remettre debout, lui conseillant de ne pas faire de gestes brusques à cause de sa blessure.

Durant le restant du trajet, Mallory resta sagement assis, profitant de la présence de Bond pour dormir un peu, oubliant même les quelques corps assommés qui étaient éparpillés dans l’allée centrale. Il se laissa même entraîner jusqu’à l’hôtel où il avait réservé une chambre pour ses quelques jours de vacances. La situation lui échappa à nouveau lorsque les lèvres de son agent s’écrasèrent sur les siennes, plus encore lorsqu’il répondit à son baiser. Et il n’eut plus aucun contrôle lorsque leurs corps se trouvèrent dans la fièvre de l’instant. Décidément, son temps de repos avait été perturbé par d’étranges turbulences.
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MooNyx
Elève de deuxième année
Messages : 31
Inscription : 17 sept. 2016 - 16:34

Re: [Textes] Nuit du 12 Novembre

Message par MooNyx » 12 nov. 2016 - 23:53

Titre :Come back to the Black reality
Thème : Turbulences
Fandom : HP
Nombre de mots : 566
Personnages : Sirius
Rating : Aucun

Automatismes.

Sirius, à présent, n'était fait que de cela.

D'automatismes. Une suite d'actions répétées de manières totalement irréfléchie, mues par son corps plus que par sa tête.

La vieille femme présente dans le Magicobus l'observait avec inquiétude, ce garçon au regard morne, cet être ressemblant à une coquille vide plus qu'a l'adolescent qu'il était. Recroquevillé sur son siège, il laissait son enveloppe charnelle se faire balloter dans tous les sens, à chaque virage. Heureusement, le trajet était plutôt calme cette nuit.

Il était entré, l'air hagard, un sac sur le dos, sa valise diminuée dans la poche, et s'était laissé tombé sur la première place venue. Ses cheveux détrempés goutaient sur la fine chemise qu'il portait, et sur son pantalon qui devait valoir une fortune. Sous ses chaussures cirées se formait une légère flaque, et des tremblements prenait d'assaut ses mains pâles.

Une goutte glissa de son front au coin externe de son œil, avant de poursuivre sa route jusqu'à son menton fin.

Sirius s'agita, et resserra ses bras autour de lui. Il dégluti, avant de secouer la tête.

Merde, pourquoi est-ce qu'il était si désemparé?
Il avait enfin réussi à s'échapper de cette famille de Mangemorts en herbe, de cette bande de salops sans opinion propre.

Il n'aurait plus à subir l'atmosphère saturée de magie noire, les insultes à peine couvertes sous le ton d'aristocrates poudrés, les brimades. Il n'aurait plus à entendre qu'il était la tare de cette famille d'arriérés, plus à entendre les réflexion de sa mère, plus à subir les sorts servant à « le remettre dans le droit chemin ». Il ne verrait plus jamais le Square Grimmaurd, les têtes d'elfes empaillées, la tapisserie sur laquelle devait se trouver une trace noire et fumante en ce moment même, à l'emplacement même de son prénom.

Alors à qui appartenait-elle, cette douleur au fond du cœur? Cette souffrance qui l'imprégnait, cette foutue mélancolie qui l'entourait. A qui était tout ça?

Pas à lui, ça ne se pouvait pas. Il était heureux de partir, heureux. Il se sentait léger, libéré du poids de son nom.

Mais au fond de lui, Sirius savait ce qu'il regrettait.

Regulus.

Regulus était tout ce qu'il y avait de rattrapable. Il était petit, encore trop influençable, mais au fond, ils n'étaient pas si différents... Son frère, son petit frère qu'il avait chéri... Il savait, lui, que tous ces Sang-Pur allaient trop loin, que leurs idées étaient trop extrêmes, dénuées de sens, dénuées d'humanité. L'humanité qui les rassemblaient tous, qu'ils soient Sang-Pur, Sang-Mêlés, Né-Moldus, Cacmol ou Moldus...

Sirius fut projeté avec plus de force contre la paroi du Magicobus. La turbulence, violente, eut le mérite de le faire émerger.
Ce fut un retour brutal à la réalité.

Il avait fait le bon choix. Le choix de sa vie. Il s'était réveillé, avait combattu ce qu'on avait tenté de lui inculqué depuis sa naissance, parfois par la force. Il était en route pour le manoir des Potter, ces gens chaleureux et formidables qui avait donné tout son sens au mot « famille ».

Il devait se reprendre, il était en route vers le bonheur, par Merlin!

Sirius Orion Black, de la noble et ancienne famille des Black, ayant pour devise « Toujours purs » esquissa un sourire.

En sortant de ce bus aux turbulences trop exacerbées, il deviendrait Sirius. Juste Sirius. Patmol pour les intimes.

Ouais. Ça, ça sonnait vraiment bien...

Verrouillé

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