[Evènement]Devoirs de Vacances !

Challenge destiné aux lecteurs les plus valeureux. Une seule Maison pourra remporter la Coupe !
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Responsable de Gryffondor
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[Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Responsable de Gryffondor » 09 juil. 2018 - 10:50


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source : Mary GrandPré © Warner Bros

Vous commencez vos devoirs de vacances ! Rédigez une critique d’au moins 300 mots sur le dernier livre que vous avez fait valider.

Chaque critique vous permettra de gagner 30 points.
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Le devoir est à rendre avant le 20 août, en réponse à la suite de ce sujet !
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MelHp7
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par MelHp7 » 10 juil. 2018 - 11:06

Titre : La Chambre des morts
Auteur : Franck Thilliez
Note sur 10 : 7/10
Nombre de mots : 508
Critique :

Le destin est déjouable, c'est la leçon de ce thriller rempli d'horreurs. Je croyais avoir lu le paroxisme de l'abjection dans Train d'enfer pour ange rouge, mais les sadomasochistes sont des petits joueurs à côté du mal qui sévi dans ce roman.

Cette fois Thilliez, en plus de troquer Franck Sharko, le commissaire tourmenté, contre Lucie Henebelle, la brigadière célibataire, multiplie les points due vue. A la manière d'un scénariste, il mani les chapitres comme il organiserait le montage d'un film. Les projecteurs sont braqués sur Lucie, puis sur ses collègues, ensuite nous visitons l'esprit tourmenté de deux informaticiens au chômage et d'un coup nous voilà dans le cerveau détraqué d'un personnage... peu recommandable. L'auteur se fait plaisir en allant jusqu'à nous livrer les fantasmes et délires d'un meurtirer dérangé, même s'il ne nous y plonge pas en profondeur, et il réussit tout de même à maintenir un suspens quasi-permanent, bien que ses procédés soient répétitifs : les points de suspension sont ses meilleurs amis.

Ah ! Stephen King est son roi, son influence la plus présente (il cite son nom à deux reprise dans ce seul roman), et on la sent jusque dans la façon crue qu'il a de décrire les monstruosités les moins envisageables. C'est moins empoulé, moins surfait que dans Train d'enfer pour ange rouge, c'est plus clean, et c'est sûrement dû au sujet de l'intrigue.

Mais il faut avouer que parfois, il joue avec les facilités de la fiction...

Lucie qui se fait attaquer à deux reprises par la bête musclée comme personne et qui se relève on ne sait comment, s'en sort indemne... J'accroche pas au côté super-héros le la flic flippette. M'enfin.

Thilliez aime bien nous jouer des tours, mais il était meilleur pisteur dans Deuils de miel. Sans compter qu'un goût amer reste coincé dans ma gorge quand je pense à son immitation du parfait féministe. Il place la femme au premier plan de l'intrigue (héroïne, antagoniste, victimes...) alors qu'il la démonte en quelques lignes :

Chapitre 6 : " Condamnée à somnoler le jour, pour subir, la nuit, les appétits de vie des nouveau-nés. Sans bras masculins pour la soutenir." Comme si un homme était toujours indispensable.

Chapitre 20 : Et ce personnage machiste à outrance, Raviez "Toujours pas prête ? Ha ! Les femmes ! [...] Au fait, Henebelle, tout à leur dans la salle de bains... Très beau cul..."

Haletant et dégoûtant, c'est la meilleure façon de définir ce bouquin qui donne accès à toutes les facettes d'une enquête chronométrée et éparpillées sur plusieurs pistes. Pour ça, chapeau au travail de recherche de Thilliez. Et dire que le sang lui fait tourner de l'oeil... C'est pourtant l'un des mots les plus utilisés dans ces 350 pages. Il m'en faudra cependant plus pour m'attacher à Lucie Henebelle, alors que j'ai hâte de retrouver Franck Sharko. Faut dire que la donzelle n'est qu'à moitié humaine... !



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Eve
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Eve » 11 juil. 2018 - 23:22

Titre : Comment le faire craquer en 10 leçons
Auteur : Joanna Bolouri
Note sur 10 (du livre) : 8/10
Nombre de mots (de la critique) : 488
Critique :

Un très bon livre de plage, garanti sans prise de tête et lu assez rapidement. Il fait parti de ma grosse pêche lors de l’OP de Bragelonne/Milady et encore une fois je ne suis pas déçu par leur collection romance. Alors oui, pour n’importe qui connaissant les codes de ce genre de livres, c’est très facile de deviner ce qui s’y passe, mais n’est-ce pas pour ça qu’on les lit ?

On va suivre l’histoire de Catriona, mère célibataire à Glasgow qui cherche un homme dans sa vie. Elle a quelques aventures d’un soir mais jamais rien de sérieux, or elle veut du sérieux. Son travail de chroniqueuse dans un magazine va peut-être lui permettre de trouver l’homme idéal car elle se procure un guide de la séduction dont elle doit suivre les règles pour raconter son expérience dans sa chronique.

Je vous avoue que cette histoire de guide de la séduction m’a fait un peu peur. L’héroïne est une femme moderne qui élève sa fille à mi-temps avec son ex, qui mène une carrière (même si elle travaille à la maison ce qui aide), qui couche avec des hommes sans complexe, qui dit elle-même qu’elle n’a pas besoin d’un homme à ses côtés mais qu’elle en a envie, bref, une femme qui s’assume totalement et qui ne se laisse dicter sa conduite par personne. Or, ce guide de la séduction, écrit par un homme, pousse les femmes à dissimuler leur vrai caractère pour plaire aux hommes. En gros, il ne faut pas faire le premier pas, ne pas trop parler, ne pas faire de blagues, rester discrète, ne pas coucher avant le cinquième rendez-vous et plein d’autres conneries dans le genre. Et ce dont j’avais peur c’est que l’héroïne accepte totalement ce que le guide dit et qu’elle trouve que finalement c’est une bonne idée ce qu’il raconte. Mais pas du tout, même si elle s’oblige de suivre les règles pour écrire sa chronique, elle critique violemment l’auteur et ses méthodes et bien vite elle se rend compte que l’homme qu’elle a séduit ne l’est pas pour la vraie elle mais pour l’image qu’elle a voulu se donner, donc ça ne le fait pas trop. Finalement, elle fini par séduire un gars, par ses propres moyens, en étant elle-même et c’est cool ! (même si moi, le gars en question je lui aurais dit de se faire voir, mais c'est vrai qu'il avait l'air d'avoir des arguments de taille :mrgreen: )

Bref, moi qui suis friande de ce genre d’histoire (en attendant de vivre ma (ou mes) propre.s histoire.s d’amour :mrgreen: ), je suis ravie par cette lecture ! En plus, la relation que l’héroïne entretient avec sa fille est tellement belle, je les trouve trop drôles et mignonne ensemble.

Morale de ce livre trouvé par ma mère à qui j’ai raconté l’histoire : « Faut pas dire à qui je ressemble, faut dire qui je suis. » :mrgreen:
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Eejil9
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Eejil9 » 12 juil. 2018 - 11:14

Titre : La Quête d’Ewilan (adaptations BD)
Auteur : (à partir de l'oeuvre de) Pierre Bottero, par Lylian, Montse Martin / Baldetti
Note sur 10 (du livre) : 6/10
Nombre de mots (de la critique) : 760
Critique :

Je pense que je n’apprends rien à personne si je dis que Pierre Bottero est mon auteur préféré, et ce depuis que je l’ai découvert quand j’avais 12 ans.
Quand on m’a parlé des adaptations BD de ses romans, j’ai d’abord grincé des dents. Ça ne pouvait pas être bien, ces BD n’avaient aucune chance, puisque la perfection avait déjà été atteinte, sous forme de romans. Mais après tout, je suppose que je n’apprends toujours pas grand-chose à pas grand monde, Pierre Bottero étant décédé en 2009, je n’avais rien à me mettre sous la dent depuis des millénaires, au moins, et je me suis donc dirigée vers ces bandes dessinées. Il y a deux séries, l’une pour La Quête d’Ewilan, l’autre pour Ellana. J’en avais lu certaines à leur sortie, j’ai ajouté d’autres lectures pour l’objectif Waddiwasi.

Premier constat : ce n’est pas si terrible. Ce n’est pas excellent, mais ce n’est pas mauvais non plus. Mes voisins ont bien dû m’entendre crier « Mais n’importe quoi ! » tout au long de ma lecture, mais dans l’ensemble, ça aurait largement pu être pire. Les dessins, que ce soient ceux de Montse Martin ou ceux de Baldetti, sont jolis. L’adaptation est relativement fidèle. Et après tout, l’intrigue étant celle de Pierre Bottero, elle est forcément excellente, et elle me met des étoiles dans les yeux. Alors oui, les modifications qui ont été faites me donnent envie de crier, certains détails dans les dessins sont absurdes (la tenue de Camille, sérieusement ? Quand on part en voyage à la va-vite, on n’est pas habillé en top model. Sans parler du décolleté d’Ellana dans La Quête, qui n’a franchement aucune raison d’être), le style de Lylian dans ses ajouts n’est franchement pas très bon (il faut vraiment que cette personne apprenne à écrire, parce que certaines phrases de Lylian, maladroites, jouxtent des phrases magnifiques directement tirées des romans, et ça fait tache), et certains détails sont inutilement à côté de la plaque (le gant d’Ambarinal est en soie NOIRE. Pourquoi diable l’avoir coloré en rouge, par les couilles du roi des Raïs ?). Mais après tout, je n’ai pas passé un mauvais moment en les lisant, loin de là. Je pense que c’était le mieux que je pouvais attendre de cette adaptation qui m’aurait de toute manière donné envie de hurler par moments. Et il y a même des éclairs de génie. J’ai pleuré en ouvrant la double page représentant l’Arche. Certes, je n’imaginais pas l’Arche comme cela, mais on doit concéder que le dessin est incroyablement efficace et qu’il m’a prise aux tripes.

Second constat : Montse Martin est bien plus efficace que Baldetti. Je ne juge pas le plan esthétique ici, les deux BD sont très jolies, je juge essentiellement l’adaptation. Parce qu’il faut avouer que Baldetti déconne grave. Gwendalavir, le monde où Camille arrive par hasard, et où elle est née, est un monde qui, dans l’ensemble, ressemble au nôtre. Certes, il y a des animaux particuliers, des peuples différents, certaines plantes particulières, mais comme notre monde, il y a de l’herbe, des arbres, des fleurs, des lacs et des fleuves. Bref, pas trop trop dépaysant non plus. Alors pourquoi, POURQUOI Baldetti a-t-elle décidé de transformer les arbres en champignons roses géants ? ça donne un aspect surréaliste et psychédélique qui pourrait être sympa dans une autre BD, mais ici on parle de Pierre Bottero, et les paysages, c’est du grand n’importe quoi. A l’inverse, les paysages dessinés par Montse Martin sont bien plus conformes à ce que j’imaginais. Les tenues des personnages moins farfelues, aussi. Après tout, les Alaviriens portent normalement de simples tuniques et des pantalons de toile (pas des robes de sorcier bariolées, hein, Baldetti ? C’est pas Dumbledoreland, c’est Gwendalavir !). Et étonnamment, je ne sais pas pourquoi, le style de Lylian, s’il reste maladroit et agaçant, l’est moins dans Ellana. Ou peut-être est-ce parce que je suis d’office moins agacée.

Des adaptations BD qui ne sont donc pas catastrophiques, ce qui est déjà un exploit car je m’attendais à une catastrophe. Ce n’est pas brillant, mais ça ne pouvait pas l’être. Certes, certaines choses pourraient être meilleures, mais vu que je ne sais pas dessiner une patate et que je ne serais pas capable d’adapter de tels chefs d’œuvre en BD, qui suis-je pour juger ? Si j’étais vraiment mesquine, j’ajouterais que si on ne peut pas, on s’abstient. Pour autant, et aussi surprenant que cela puisse paraître, je suis plutôt contente que Lylian, Baldetti et Montse Martin ne se soient pas abstenus.
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WarmSmile
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par WarmSmile » 15 juil. 2018 - 15:42

Titre : Horrorstör
Auteur : Grady Hendrix
Note sur 10 (du livre) : 8/10
Nombre de mots (de la critique) : 553
Critique :

Un rapide résumé du livre :

L'intrigue se déroule dans un magasin du même type qu'Ikea. Depuis quelques jours, les meubles en vente sont retrouvés dégradés à l'ouverture. Le responsable du magasin demande à une partie du personnel de rester avec lui pendant une nuit afin d'enquêter.

Afin de ne pas spoiler, je ne vais pas évoquer quelle est la réponse concernant l'origine des dégradations. Je peux juste préciser qu'il est pratiquement impossible de s'échapper du lieu une fois que l'attaque commence et qu'il y a deux retournements inattendus pendant cette nuit-là avant les chapitres horrifiques.

L'intrigue se divise nettement en 2, la première partie est concentrée sur les personnages et il existe une scène précise à partir de laquelle l'horreur domine. Cela donne légèrement un effet de coupure.

Sur le fond :

Il y a quatre aspects évoqués tout au long du récit.

Le premier aspect concerne la relation des employés par rapport au travail. La palette d'émotions à ce sujet-ci est assez large, du personnage qui s'investit intégralement dans sa mission à celui qui souhaite exercer un autre type de métier.

Le second aspect est en rapport avec les techniques commerciales de grandes enchaînes du type d'Ikea. Que ce soit à cause de la première partie du livre où les explications concernent la relation entre la structure du magasin et les ventes ou à cause du fait que le magasin devienne un labyrinthe une fois les employés piégés, je vais penser à ce livre à chaque fois que je vais entrer dans un Ikea (heureusement je n'y vais que rarement).

Le troisième aspect est le point central de la seconde partie de l'ouvrage, pour quel choix chacun va opter ? Revenir tenter d'aider son collègue prisonnier et torturé ou faut-il ne penser qu'à soi et abandonner les autres au passage ? Il y existe une grande variété de choix en fonction des personnages.
En parallèle, il y a une dernière interrogation : comment considérer ses collègues ? Comme des amis ? Ou parfois des personnes en lesquelles on ne peut pas avoir confiance ?

Sur la forme :

Ce livre est très original dans le sens où il est de format carré et le récit est écrit en bleu et non en noir.

Il comporte des publicités de meubles, des coupons de réductions, un bon de commande et des bilans d'évaluation du personnel au nom de la société inventée (Orsk).

J'attire l'attention sur les pages de publicités placées avant les débuts de chapitres. Au départ, ce sont de simples publicités, d'une table par exemple. Et à la fin, ce sont des descriptions d'objets de torture (avec les meubles vendus dans le magasin après bricolage).

La couverture donne également le ton. Au premier coup d’œil, j'ai pensé que c'était une publicité classique. Puis, j'ai remarqué les détails et là, le côté horreur est représenté.

Avis final :

Les thèmes sont intéressants à mes yeux mais je me tiens d'habitude éloignée des livres d'horreur, et après cette lecture, ce sera toujours le cas. Les passages avec les descriptions de torture m'ont rendu la lecture difficile. Et je me suis aperçue à la fin qu'il y aurait sûrement une suite que je ne lirai pas mais c'est une question de sensibilité personnelle. Je le recommande tout de même aux personnes appréciant les histoires d'horreur.



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LittleNarcisse
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par LittleNarcisse » 15 juil. 2018 - 19:06

Titre : La Chambre des dames
Auteur : Jeanne Bourin
Note sur 10 : 8/10
Nombre de mots : 325 d'après OpenOffice Writer
Critique :

La chambre des dames retrace la vie des femmes de la famille Brunel entre les années 1245 et 1255. Il s'agit d'une famille fictive mais les repères historiques sont respectés. Les personnages sont attachants et l'auteur fait preuve d'un grand réalisme historique.

Mathilde est mère de 6 enfants, mais est également artisante joaillère et traavaille en collaboration avec son mari plus âgé.
Nous suivons majoritairement les récits du point de vue de Mathilde et de sa fille ainée Florie, jeune mariée d'environ 14 ans au début du récit et également poétesse à la cour de la reine de France.
En 10 ans, la famille Brunel sera confrontée à de nombreuses épreuves dont la maladie, les départs et retours de croisades auxquelles l'un de leurs enfants prendra part, les agressions et enfin la tentation et le pêché.
La rédemption par la religion a une place très importante dans leurs vies. Le chânoine de la famille se retrouve souvent avec le double rôle de confident et de conseiller.
Ce n'est pas toujours évident de suivre la logique des personnages qui sont parfois dans une logique très religieuse et chrétienne et d'un autre temps, et qui d'un autre côté sont régulièrement confrontés à des tentations. L'autrice n'est pas tendre avec eux, mais c'est d'autant plus intéressant.

J'ai beaucoup apprécié les descriptions des lieux, notamment les longs trajets dans le cœur du Paris médiéval.
Ce qui m'a le plus interessée dans cette trilogie, c'est la force de ces femmes. Elles travaillent et se font une renommée aux mêmes titres que leurs maris, et réussissent à mêler religion, vie de famille et une certaine indépendance.

Sans vouloir dévoiler le contenu de ces livres, j'ai vraiment apprécié le 3e tome car il met l'accent sur l'ouverture sur le monde extérieur avec le retour des croisés, et sur la rédemtion et le pardon.
Le seul défaut serait peut être le rythme parfois un peu lent au début.
Je recommande cette trilogie !

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litsiu
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par litsiu » 19 juil. 2018 - 15:13

Titre : Tamara Drewe
Auteur : Posy Simmonds
Note sur 10 : :mrgreen: /10 je déteste mettre des notes
Nombre de mots : 320
Critique :


Tamara Drewe c'est le roman graphique par excellence, une habile combinaison de bandes de BD pour le dialogue, d'illustrations pour le plaisir, de petites notes et d'extraits de journaux pour le contexte, et du texte de l'histoire racontée par chaque personnage, pour le vitriol.
Sans spoiler, on a donc une épouse modèle, un charmant looser, un musicien agressif, un écrivain poussif, et un autre à succès – volage, prétentieux, faux cul et connard, une grande réussite, ce perso – tous gravitant autour de Tamara, allumeuse, touchante, pleine de doutes, et munie d'un beau nez tout refait. Il y a aussi des impondérables, vaches, chien, adolescentes qui s'ennuient. Les histoires de cul – pardon de coeur - des premiers se téléscopent avec les comportements erratiques des seconds dans un décor british plein de charme et d'inflation de l'immobilier.
Et c'est drôle.
Ou pas.
On est dans la nuance (le film est plus marrant. Regardez le film avant), voire la délicatesse, pas d'humour ras des pâquerettes, pas de graveleux, sans verser dans la niaiserie pour autant, enfin c'est noir sans être gluant. La psychologie des personnages sonne vrai. Ils sont touchants, avec leurs petites (grandes) lâchetés et leur besoin pathologique d'être aimés. Ils sont méchants, ils sont tristes, ils se prennent prodigieusement la tête avec leur petites affaires et ils payent trop cher ou s'en sortent trop bien, pas vraiment de justice à vrai dire, comme dans la vraie vie.
Le dessin est sans façons, sans effets spéciaux, modeste, en fait. Il sert l'histoire, il s'efface devant la narration, tout en étant très expressif dans sa simplicité. Il rappelle un peu un livre pour enfant. C'est le genre de graphisme qui convient à ce genre d'histoire, je suppose – même si je préfère me perdre pendant des heures devant les cadrages spectaculaires de mon mangaka préféré. La partie texte est bien écrite, c'est léger et acerbe, rien à redire.
Enfin bref, je conseille fortement.



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Westyversionfrench
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Westyversionfrench » 02 août 2018 - 18:33

Titre : L'Oncle Robinson
Auteur : Jules Verne
Note sur 10 (du livre) : 8
Nombre de mots (de la critique) : 319
Critique :
Dans la lignée des autres robinsonnades de Verne, ce court roman s'attelle à étendre davantage la descendance féconde issue du Robinson Crusoe de Daniel Defoe.

Cette fois pourtant, Verne choisit de faire de ses personnages principaux une joyeuse famille américaine, celle fondée par Harry Clifton et son épouse, Élisa. Suite à une mutinerie sur le bateau qui les ramène en Amérique, le Vankouver, Mrs Clifton et ses quatre enfants : Marc, Robert, Jack et Belle, sont abandonnés à quelques encablures d'une île déserte du Pacifique. Pour seul allié, ils n'ont qu'un vieux marin français dénommé Flip. C'est lui, qui donne son nom au récit, en étant surnommé par les enfants l'Oncle Robinson.

Il s'agit bien entendu d'un récit d'aventures où la subsistance des personnages principaux est l'enjeu premier. La nécessité de trouver un abri sûr et des vivres fait bien vite place à une réflexion sur les perspectives d'avenir de tout naufragé.Toutefois, en faisant de quatre enfants les protagonistes de son épopée, Jules Verne fait basculer son roman d'aventures en témoignage pédagogique. On glisse ainsi vers des péripéties moins cruelles, qui annoncent un dénouement plus optimiste. Pourtant, ce manuscrit retrouvé tardivement et publié en 1991, reste inachevé.

De fait, ce qui promettait d'être le fer de lance de la collection Jeunesse chez Hetzel, s'avère aujourd'hui être un précieux document d'étude concernant l’œuvre de Jules Verne. Refusé par l'éditeur cité plus haut, ce roman pourtant cher à l'auteur lui a permis d'esquisser certains événements de ses plus grandes œuvres à venir. Comment ne pas penser par exemple à L'Île Mystérieuse ou Cinq Semaines en Ballon pour ne citer qu'eux ?

En conclusion, ce livre s'adresse avant tout aux lecteurs férus de Jules Verne plutôt qu'aux profanes. Ces derniers seraient sans aucun doute frustrés par le cliffhanger final, qui ne trouve jamais sa résolution. Pour autant, il n'est pas sans apporter un divertissement certain et un attachement émotionnel aux personnages proposés.
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BellaCarlisle
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par BellaCarlisle » 03 août 2018 - 23:39

Titre : Paranoïa, Tome 2 : Miroir
Auteur : Melissa Bellevigne
Note sur 10 (du livre) : 4/10
Nombre de mots (de la critique) : 525
Critique :
Bon, j’imagine que ma critique ne sera pas forcément bien prise pour les lecteurs qui aiment ce livre mais je n’ai pas vraiment apprécié. Si je mets une note de 4/10, c’est principalement parce que je considère qu’il ne vaut pas mieux et que j’aurais mieux fait de me contenter de regarder la couverture.

La première surprise a été pour moi de découvrir l’existence de ce deuxième tome. Le premier tome n’avait pas eu beaucoup de succès à la lecture mais c’est par pure curiosité que j’ai décidé de lire celui-ci. Si à la fin du premier tome j’étais perplexe, ce n’était rien à côté du deuxième, sûrement parce que le premier livre n’annonçait pas franchement le second.

On reprend donc là où on s’arrête dans le premier tome. Les protagonistes sont principalement les mêmes : on a là Judy, Lisa et Alwyn. Et c’est là où tout part de travers si on a bien suivi le premier tome. Ainsi, ce qu’on croyait savoir sur Alwyn disparaît peu à peu et est remplacé par une autre version de l’histoire. Du coup, on se demande si c’était déjà prévu de la part de l’auteur ou si elle a dû se creuser les méninges pour faire cette suite qui est très branlante. Le premier tome tissait un récit bancal avec quelques creux et des événements étranges mais ce deuxième tome reprend presque tout avec un autre point de vue, ce qui est assez lassant au bout d’un petit nombre de chapitres.

Au niveau des personnages, je n’accroche toujours pas à celui de Lisa. Je ne l’appréciais pas vraiment dans le premier tome et c’est encore pire dans ce deuxième. Même si elle s’occupe de l’enfant de Judy, ce qui est prévisible depuis le premier tome, elle n’est pas attachante du tout et j’ai eu envie de l’étriper au fur et à mesure du roman tant elle m’était insupportable. Il en va de même pour Judy, elle a perdu ses couleurs du premier volume et même si on apprend de nouvelles choses à son sujet, des événements plus précis qui expliquent peut-être son caractère, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir là une héroïne littéraire. Il n’y a pour ainsi dire qu’Alwyn qui rehausse le niveau et encore. On sent son amour pour l’enfant qu’il a eu sans le savoir mais ça s’arrête là, il est peu nuancé et se fond dans le décor comme s’il n’avait pas réellement sa place dans l’histoire. Quant aux personnages secondaires, ils sont pour ainsi dire totalement inexistants.

Bien évidemment, au moment où on pense enfin savoir où veut en venir l’auteur, malgré quelques détours tout à fait inutiles, elle casse le rythme de la lecture. J’ai l’impression qu’elle aurait pu finir son roman avant l’épilogue, au dernier chapitre. L’épilogue n’ajoute rien si ce n’est qu’il est là pour embrouiller un peu plus le lecteur, raison pour laquelle j’ai classé ce livre pour le philtre de confusion car j’ai la sensation de ne pas avoir compris la fin du livre. Et au final, je n’ai accroché ni au premier ni au deuxième et ça a surtout représenté une immense déception pour moi.

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Mikoshiba
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Mikoshiba » 15 août 2018 - 08:36

Titre : L'ex de mes rêves
Auteur : Carole Matthews
Note sur 10 : 3/10
Nombre de mots (de la critique) : 491 mots (Word)
Critique :
J’ai pris ce livre car je cherchais un truc un peu léger à lire cet été, et une romance me paraissait parfaite pour ça. Le livre est épais, comme j’aime, et la quatrième de couverture promettait que le sens de l’humour unique de l’auteur ne pourrait que me séduire.

Bon, j’aurais dû me poser des questions quand il a fallu que je relise trois fois le résumé pour comprendre un peu de quoi ça racontait, mais je me suis dit qu’une romance, c’est jamais bien compliqué au final. Et c’est vrai, j’avais deviné la fin au bout du deuxième chapitre. L’histoire n’est pas trop mal dans les grandes lignes, on se prend même à savoir comment est-ce qu’ils vont réussir à se revoir sans se louper de quelques secondes à chaque fois (peut-être qu’ils ont éventuellement besoin d’un rendez-vous chez l’ophtalmo :mrgreen: ).

En revanche, je n’ai aimé ni le style d’écriture, ni le prétendu « humour » de l’auteur. Je ne dis pas que je n’ai pas ri par moments, mais le reste du temps je trouvais les remarques amères et cyniques, voire parfois vulgaires et irrespectueuses. L’univers du livre est moralisateur, bête et méchant : si tu es belle, tu ne peux pas être intelligente. Un homme a toujours toujours toujours envie de coucher avec tout ce qui a une paire de seins. La cousine du personnage principal veut tout envoyer valser mais fini par se ranger docilement dans la case prévue pour elle, même si visiblement ça ne la rend pas du tout heureuse. Le seul homme végétarien est une caricature ambulante : il ressemble à un shar-pei, fait des arts martiaux, a une longue tresse de cheveux qu’il ne faut pas toucher, rêve que sa fiancée découvre enfin son « moi-intérieur », regarde d’un mauvais œil tous les gens qui empoisonnent leur corps avec du champagne à son mariage. La seule femme de l’histoire à réussir à vivre seule a, je cite : « longuement hésité entre l’homosexualité et le féminisme radical. […] Alors elle avait fini par s’acheter un chien, et elle étincelait de bonheur ». Le personnage principal hésite aussi à devenir lesbienne, comme ça elle aurait quelqu’un pour lui faire à manger et lui faire son linge. Mais au final, un homme c’est mieux, parce qu’un homme ça rapporte de l’argent à la maison, vu que son métier à elle est plus une occupation qu’un gagne-pain. Ben ouais, vu que c’est une femme. Ha. Bon. :mur:

Autre citation choisie :
SpoilerAfficher
(Je tiens à préciser que le mec est en train de prévoir un plan romantique) « il l’aurait vite raccompagnée dans son appartement chaleureux, désordonné et artistique pour la violer ».
Je crois que j’ai loupé un truc là. On avait oublié de me prévenir qu’un viol c’est romantique, suis-je donc bête !
Voilà, je cherchais un truc sans prise de tête et je me suis retrouvée à enrager tout du long du livre. Fail.

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Eanna
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Eanna » 15 août 2018 - 09:34

Titre : Loin de tout
Auteur : J. A. Redmerski
Note sur 10 (du livre) : 7
Nombre de mots (de la critique) : 419
Critique : C'est la 2e fois que je lis ce livre, une romance tout ce qu'il y a de plus classique, le roman d'été parfait en fait ! Alors, je ne mets pas 10/10 parce que même si j'ai pris du plaisir à le relire, y a des trucs qui me font grincer des dents, notamment le personnage masculin qui va assez facilement comparer le personnage féminin aux autres filles, en dénigrant les autres filles (type : "Oh là là, j'ai l'impression d'être une sal*pe en couchant avec toi le 1er soir", "Non, mais toi t'es pas un sal*pe, tu ne couches pas à droite à gauche, t'es différente", j'aime moyennement...).

Cela dit, le pitch est sympa : Camryn, après un traumatisme important (son copain est mort dans un accident de voiture), se prend la tête avec sa meilleure amie sur un sujet assez sérieux et décide d'aller se vider la tête en se lançant dans un road trip en car, toute seule, à travers les USA, sans vraiment avoir de destination. Elle rencontre Andrew dans un de ces cars, ils sympathisent pas mal, lui est là pour une raison bien différente (mais pas moins tragique finalement), et au bout du compte ils décident de continuer à faire la route ensemble, mais cette fois en voiture.

Clairement, ça va bien vite hein, genre ils passent une semaine ensemble en enchaînant les mêmes cars, ils sympathisent et tout, mais on a assez vite droit du point de vue de chacun à "Je ressens quelque chose de tellement fort pour Camryn/Andrew, ça ne m'était jamais arrivé, je crois que je suis en train de tomber amoureux-se...", ça me semble bien rapide tout de même x) Mais bon, ça reste sympa à lire, le scénario est très classique mais finalement c'est totalement ce que je cherchais en le relisant, donc je ne vais pas me plaindre ! L'ambiance road-trip est très chouette (même si cette proximité me fait juste cauchemarder xD), avec un passage par la Louisiane que j'ai beaucoup aimé, et puis au-delà de la romance, il y a quelques éléments un peu plus sérieux qui sont peut-être juste là pour pimenter l'histoire, mais qui font vraiment bien le job !

Donc voilà, si vous voulez une romance d'été, pas prise de tête, franchement assez bien écrite (du moins bien traduite, j'ai lu la VF), je vous le conseille :) Je ne mets pas 10/10 parce que ce n'est quand même pas de la grande littérature, mais c'est très cool à lire :D


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Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
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Ella C.
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Ella C. » 15 août 2018 - 17:01

Titre : Affinité
Auteur : Sarah Waters
Note sur 10 (du livre) : 10/10
Nombre de mots (de la critique) : 1340 (oups)
Critique :
TW dépression, tentative de suicide, meurtre. (Vous pouvez aller directement à la conclusion s'ils vous dérangent)

Affinité raconte les histoires de deux femmes dans l'Angleterre des années 1870 : Margaret, bourgeoise, devient visiteuse de prison ; Selina, d'une classe populaire, est emprisonnée.

Le principal thème est, je dirais, ce que la société attend des femmes de cette époque, et la façon dont chacune se retrouve à lutter contre ces attentes. C'est extrêmement bien fait car le point de vue et la temporalité changent à chaque chapitre : on suit Margaret en 1874, entre sa vie personnelle et ses visites à la prison, à Selina notamment. Et on suit Selina en 1873, avant son emprisonnement. Leurs enjeux sont donc très différents : Margaret a une vie aisée, est proche de sa famille, est très cultivée et est plus ou moins libre de faire ce qu'elle veut, tandis que Selina doit travailler et dépend de ses logeurs (en 1873) puis des surveillantes quand elle est emprisonnée (en 1874) et ne paraît donc jamais libre. Mais là où je trouve ce livre merveilleusement bien écrit c'est que, à mesure qu'on avance dans la lecture, des petits indices viennent se glisser par-ci par-là qui font grincer des dents... Petit à petit, on réalise que la bourgeoisie doit faire face à un bon nombre d'attentes (sexisme, homophobie...), et Margaret passe tout le roman à lutter pour préserver les apparences, ce qui la bouffe de l'intérieur et donne l'impression que ses proches essaient de contrôler sa vie (par exemple, le fait qu'une femme doit être attirante, pas intelligente, qu'elle serait guidée par une sensibilité qui l'empêcherait de comprendre les aspects concrets du monde, réservés aux hommes...). Tandis que Selina évolue dans un contexte plus ""libre"" (en ce qui concerne ces deux oppressions) mais a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, via le fait qu'elle travaille. Cette opposition est particulièrement visible en ce qui concerne l'argent : Margaret doit le quémander à son frère, qui est son garant et qui a une gentillesse un peu condescendante, comme si elle était une enfant à protéger ; alors que Selina a le sien. Et le sexisme met ces deux femmes en opposition : elles sont proches, Margaret est censée être un modèle pour Selina en tant que visiteuse, et pourtant une seule aura droit à la rédemption... Comme si leurs façons de vivre leurs vies n'étaient pas compatibles, qu'il n'y avait qu'un modèle possible. Ce n'est pas un livre profondément féministe, dans le sens où les deux personnages ne se rendent pas compte qu'elles subissent du sexisme et elles ne remettent pas en cause les situations hommes/femmes, elles voient plutôt ça comme des difficultés personnelles. Mais avec notre contexte actuel, il est facile de voir le système sexiste dans lequel elles évoluent.

On a également droit à une réflexion sur la classe sociale : Margaret est désignée comme Lady, Selina comme fille (du moins dans la version anglaise), et si la première devient visiteuse de prison, c'est pour avoir une influence favorable, due à son statut, sur les femmes emprisonnées. De fait, on a droit aux récits de quelques-unes des femmes (autres que Selina), et toutes viennent d'une classe sociale basse et se sont retrouvées là soit parce qu'elles ne pouvaient pas se défendre, soit parce que leurs seuls moyens de le faire étaient illégaux : tuer leur agresseur, se suicider (une tentative de suicide est passible d'emprisonnement) ou avorter.
exemple (pas de sujet sensible, ça spoile juste un personnage)Afficher

Agnes Nash, l'une des femmes que Margaret visite a été emprisonnée pour création de fausse monnaie. Rapidement elle explique qu'elle "a été élevée pour voler", qu'elle vient d'un "quartier de voleurs". Alors Margaret lui dit que ce n'est pas juste que des gens innocents se retrouvent avec de la fausse monnaie dans leur porte-feuille par leur faute, et elle lui répond que c'est un trafic fermé : si elle a une fausse pièce, elle la donne à un ami contre du tabac, qui la donne à un ami à lui, qui la passe au frère d'Agnes, et le cercle recommence, comme une sorte de micro-économie propre au quartier.
Ces exemples vont faire réfléchir Margaret sur le système de justice, elle va réaliser qu'elle ne s'était jamais représenté les condamnées de la sorte, pour elle (et pour le reste de sa famille, dont son frère qui a fait des études de droit), les condamnées étaient forcément coupables. Alors je dis pas qu'elles sont innocentes, mais à partir de là on commence à remarquer que les gens pauvres sont plus facilement coupables que les riches. Et ce thème reviendra quand Margaret parlera de sa tentative de suicide : elle aurait dû, elle aussi, être emprisonnée au lieu d'être visiteuse (d'ailleurs l'une des femmes qu'elle visite est emprisonnée pour ça), mais s'en est sortie parce que, en tant que Lady, personne ne l'a dénoncée à la police.

Ça c'était pour les thèmes réalistes. Mais ce livre a une touche de fantastique : Selina est désignée comme medium ou spiritualiste, connue dans la profession. Ses discussions avec Margaret ne tourneront pratiquement que autour de ça. Et dans les passages sur sa vie avant son emprisonnement, on assiste directement à des "cercles" où elle convoque les esprits. Sarah Waters aborde ce thème de façon un peu "floue", ce qui donne un côté mystérieux au livre : on ne sait pas si c'est réel, ou si c'est truqué (d'autant plus que plusieurs personnages croient fortement aux esprits, ce qui donne parfois envie de croire que la magie existe dans l'univers de ce livre). Le personnage de Selina est d'ailleurs construit autour de cette ambiguïté, plus on connaît sa vie et plus elle est intrigante, ce qui fait que Margaret ne va cesser de se renseigner sur sa vie, et sur son procès.

Enfin, le dernier thème est l'homosexualité. Il est aussi utilisé pour marquer la différence entre les milieux des personnages : dans la prison, il y a une sorte de tolérance, du moins tout le monde accepte le fait que ça existe. Le mot n'est pas prononcé, mais certaines femmes sont désignées par les surveillantes (mal à l'aise de parler de ça avec une Lady comme Margaret) comme "pal", des "copines", qui prennent chaque occasion de se passer des mots, se lancer des regards... Au contraire, dans la famille de Margaret, on pourrait croire que seule l'hétérosexualité existe... Il y a bien un couple lesbien, mais on ne comprend qu'en lisant entre les lignes, comme si ne serait-ce qu'en parler était grave. Sarah Waters est connue pour n'écrire que sur des héroïnes lesbiennes (d'ailleurs, son roman Fingersmith (ou Du bout des doigts) est à l'origine du film Mademoiselle de Park Chan-wook, sorti en 2016) et elle est elle-même out comme lesbienne. Elle a un "tic" d'écriture qui prend tout son sens quand on sait ça : elle utilise le mot "queer" très souvent, dans son sens d'origine "étrange", vraiment, Margaret décrit pratiquement tous les lieux où elle va comme "queer". J'ai trouvé ça drôle que ce mot soit autant mis en avant, quand le mot homosexualité n'apparaît pas, comme si elle voulait nous glisser des indices dès la première page (alors que les relations sont révélées plus loin).

:arrow: Résumé et conclusion : Affinité est un roman très riche, à la fois historique, fantastique et une romance. Il aborde plusieurs thèmes comme la place sociale des femmes, les classes sociales, la justice, l'interdit, les apparences, le tout mis en forme avec beaucoup d'intelligence. Les personnages, assez nombreux, apportent de la nuance et les secondaires mettent parfaitement les principaux, Margaret et Selina, en avant, ce qui les rend toutes les deux humaines, crédibles et attachantes. C'était la deuxième fois que je le lisais, c'est une valeur sûre, ce genre de livre qui surprend même quand on connaît déjà l'histoire parce qu'on redécouvre d'autres détails. Il ne nous emmène pas là où on pense qu'il va aller, j'ai adoré me laisser surprendre et avoir de la peine pour Margaret. Bref, je le conseille à toute les personnes qui ne sont pas mal à l'aise avec les trois sujets cités en haut !


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Omicronn
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Omicronn » 18 août 2018 - 14:54

Titre : Les Âmes Vagabondes
Auteur : Stephenie Meyer
Note sur 10 (du livre) : 9/10
Nombre de mots (de la critique) : 690 (sans le résumé)

Critique : /les spoilers contiennent des éléments de la fin du livre, soyez prévenus ^^/

Note élevée mais je ne suis pas du tout objective sur ce livre, c'est un de mes préférés. Je l'ai découvert au collège il me semble et l'histoire était pile dans ce qui me plaisait à l'époque, des sentiments et un peu de SF. J'ai eu un véritable coup de coeur à ce moment là et depuis l'histoire me transporte à chaque fois (et pourtant l'effet de surprise/découverte de l'univers n'est plus présent depuis longtemps pour moi). Je ressens tellement de choses à chaque fois que je le lis, je finis toujours dans le même état - en larmes.
SpoilerAfficher
La relation qui se développe tout le long du livre entre Mel et Gaby. Mon dieu. C'est parfois un peu trop guimauve mais j'aime teeeellement leur relation, elle me met en larmes jusqu'à la fin, lorsqu'elles se disent adieu. Malgré toutes les fois où je l'ai lu, je suis toujours submergée par mes émotions à ce moment là, obligé de poser mon livre parce que je ne peux plus lire à travers mes larmes. Bon, je suis très sensible mais quand même :mrgreen:
Le résumé étant "La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, se trouve un homme qu'elle ne peut pas oublier. L'amour pourra-t-il la sauver ?" On voit tout de suite quel genre de livre on va lire (de la romance donc). Et pourtant il y a vraiment plus que ça. Si le résumé laisse supposer qu'on va suivre l'histoire de Mélanie c'est un petit peu plus compliqué (un peu j'ai dit), puisque c'est l'histoire de Vagabonde que l'on va découvrir, le fameux "être" qui veut prendre le contrôle de son corps. Et si elles partagent le même corps, c'est bien deux personnes distinctes que l'on apprend à connaître. Et j'ai rarement été aussi vite prise d'affection pour un personnage, de par sa naïveté envers l'humanité (malgré ses connaissances) et sa pureté, parce qu'il est quand même beaucoup question du bien et du mal dans ce livre. On a une sorte de critique de la société, mais jamais sans se prendre trop au sérieux (enfin j'ai pas l'impression) juste ce qui peut servir le bouquin, expliquer les origines de l'invasion etc, mais malgré le côté moralisateur ça passe (puisque c'est traité d'un certain point de vue).

J'ai peut-être quelques réserves maintenant, parce que je le lis avec une personnalité plus "mature" (entre gros guillemets) que lorsque je l'ai découvert mais c'est plus sur des petits détails, des choses que je ne trouve pas assez approfondies, et d'autres peut-être trop
SpoilerAfficher
J'aurai tellement aimé en découvrir plus sur les âmes, leur fonctionnement en société, leur origine et leurs expériences sur les différentes planètes. On en a un aperçu parmi les souvenirs de Gaby mais (et je comprends que ça n'ait pas été inclus dans l'histoire) j'aurai aimé avoir encore plus, limite un chapitre entier par planète ! L'aperçu final, sur la planète des brumes (je crois) avec les ours et l'ami qu'elle a sauvé au péril de sa vie, j'aurai aimé avoir des récits pareil sur toutes ses planètes.
Et, si c'est ce qui m'avait le plus plu (après le concept d'âmes) la première fois que je l'avais lu, je trouve que l'histoire tourne énormément autour du quatuor romantique. J'adore la façon dont c'est traité hein ! La différenciation des sentiments de Ian et de Jared, la participation de Mélanie ect. mais parfois j'aurai aimé qu'on s'intéresse à autre chose aussi, la reconstruction de la société, comment tous ces humains se sont retrouvés à cet endroit etc.
J'adore la façon dont sont traités les sentiments, c'est ce qui fait la force de ce bouquin sur moi, il fonctionne à tous les coups. Je suis à chaque fois saisie par les relations entre les personnages, et surtout tout est décrit, nouveau, de par le statut d'âme de Vagabonde, chaque ressenti est plus fort, et on prend conscience de l'intérêt des sentiments et émotions dans les relations humaines.

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Seonne
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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Seonne » 19 août 2018 - 18:24

Titre : Le songe d'une Nuit d'Été
Auteur : Shakespeare
Note sur 10 (du livre) : 8/10
Nombre de mots (de la critique) : 401 (Open Office)

Critique :
Alors pour commencer, faut préciser que j'ai jamais été fan de lire des pièces de théâtre (je préfère les voir jouées), mais je me suis récemment remise à lire de grands classiques qui manquaient à ma culture.
J'apprécie relativement Shakespeare en général, sans en être une grande fan. Et finalement, Le songe d'une nuit d'été a été une plutôt bonne surprise pour moi ! Tout d'abord, je trouve ça génial d'avoir plusieurs axes autour des personnages (Titania & Obéron, Hermia & Lysandre, Démétrius & Hélène, la clique de Quince), ce qui manque en général, je trouve, au théâtre. On suit donc plusieurs personnages, avec des intérêts différents et parfois conflictuels !
Un autre point que j'ai apprécié, c'est qu'on a plusieurs thèmes abordés. Bon, bien sûr, la classique opposition aux parents, mais aussi une jolie mise en abyme du théâtre. Et j'ai particulièrement apprécié l'opposition jour/nuit, réalité/monde des rêves et des fées.
Le style de Shakespeare reste celui d'un auteur de théâtre du XVIIème siècle, ce qui n'est pas forcément ce que je préfère, mais ses scènes et ses didascalies laissent vraiment leur place à l'imagination. Dans une pièce incluant des fées, j'ai trouvé cela intéressant (certains personnages sont, parfois, invisibles, sans forcément de précisions à ce propos). Je me suis finalement presque retrouvée dans la peau d'un metteur en scène, par moments, à imaginer comment j'aurai agencé les décors, les costumes, les interactions des personnages. C'est quelque chose que j'ai rarement ressenti en lisant du théâtre, et que j'ai trouvé vraiment sympa : on se sent moins passif. Et puis, les pièces de théâtre sont avant tout écrites pour être mises en scène et jouées, pas seulement lues. J'ai beaucoup apprécié ce point.
Le seul petit reproche que je puisse faire est que la fin reste assez prévisible. Le deuxième et le début du troisième actes pourraient laisser le champ libre à plus de péripéties et complications pour les personnages (mais c'est peut-être mon côté amatrice de tragédies qui parle...). J'ai trouvé le dénouement un peu trop « facile », même en considérant qu'une pièce de théâtre ne puisse pas avoir une longueur infinie.
C'est quand même un coup de cœur parmi toutes les pièces que j'ai pu lire dans ma vie. C'est bien la première fois depuis longtemps qu'à la fin de ma lecture, je me suis dit que j'aimerais aller au théâtre pour la voir jouée !

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Re: [Evènement]Devoirs de Vacances !

Message par Responsable de Gryffondor » 31 août 2018 - 14:12

Un grand bravo chers élèves !


Cela a été un plaisir pour vos professeurs de constater que vous aviez été si nombreux à réaliser vos devoirs de vacances ! C'est pourquoi ils sont tout aussi généreux ! Voici tout de suite le décompte des points gagnés :

Serpentard : 150 points
Gryffondor : 120 points
Poufsouffle : 60 points
Serdaigle : 60 points


Encore félicitations !

Restez vigilants et soyez prêts pour la rentrée qui aura lieu très prochainement, me semble-t-il. ;)
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