Harry Potter chez les geeks

Pour les vieux sujets obsolètes mais qu'on peut vouloir relire un jour.
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Morgwen
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Harry Potter chez les geeks

Message par Morgwen » 06 sept. 2007 - 11:11

Non, non, je ne vous annonce pas une adaptation des aventures du petit sorcier dans le monde cruel de l'informatique.

C'est juste que je bosse dans une boîte de geeks (comprenez, d'ingénieurs en informatique), que je fais partie du journal de mon département, et que j'ai écrit un zouli article (tout long) sur HP que je voulais vous faire partager.
Non parce que, mine de rien, j'ai appris deux ou trois choses intéressantes en faisant mes recherches!

edit: au passage, un grand merci à ma schtroumphette pour m'avoir relu!
Dernière modification par Morgwen le 06 sept. 2007 - 11:20, modifié 1 fois.

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Morgwen
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Message par Morgwen » 06 sept. 2007 - 11:13

Harry Potter, effet de mode ou mythe moderne ?

Qu'est-ce qui vaut à la saga du petit sorcier son succès ? Peut-être qu'une étude réalisée par une fan incontestée n'est pas ce qu'il y a de plus objectif...

Une petite présentation…


Qui n’a jamais entendu parler de Harry Potter ? En quelques années, le jeune sorcier a conquis un public toujours grandissant de moldus de tout âge.
Pour ceux qui ont jusqu’ici choisi d’ignorer totalement l’actualité littéraire, une petite explication s’impose.

L’histoire
Harry Potter est un garçon orphelin, élevé par son oncle et sa tante, les Dursley, et largement délaissé au profit de son cousin. Le jour de ses onze ans, Harry découvre qu’il est en réalité un sorcier – raison pour laquelle sa famille adoptive l’a toujours détesté – et qu’il est une célébrité dans la communauté magique pour avoir vaincu le plus grand sorcier maléfique de tous les temps, Lord Voldemort, alors qu’il n’avait que un an. Harry part alors étudier à Poudlard, la grande école de sorcellerie de Grande Bretagne sise dans un château en Écosse (hanté, bien évidemment). Et là, il lui arrivera toutes sortes d’aventures, généralement liées au retour de Lord Voldemort.

Les romans
Les aventures de Harry Potter sont relatées en sept tomes, édité par Bloomsbury pour la version originale et Gallimard pour la version française :

-> Harry Potter à l’École des Sorciers (Harry Potter and the Philosopher Stone) paru en 1997
-> Harry Potter et la Chambre des Secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets) paru en 1998
-> Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban) paru en 1999
-> Harry Potter et la Coupe de Feu (Harry Potter and the Goblet of Fire) paru en 2000
-> Harry Potter et l’Ordre du Phénix (Harry Potter and the Order of the Phoenix) paru en 2003
-> Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Harry Potter and the Half-Blood Prince) paru en 2005
-> Harry Potter et les Reliques de la Mort (Harry Potter and the Deathly Hallows) paru en 2007

L’auteur
L’auteur de cette saga, Joanne Rowling est passée en moins de dix ans de parfaite inconnue chômeuse qui sautait des repas pour nourrir son bébé à star multinationale citée parmi les trois femmes les plus riches d’Angleterre.


Décortiquons un peu les tomes

Et oui, Harry Potter a beau être un héros apparemment pour les enfants, il y en a plus derrière cette apparence qu’on ne le croit.

Schéma récurrent
Il existe plusieurs schémas récurrents aux sept tomes de la saga.

Un schéma spatio-temporel, déjà.
-> L’histoire commence alors que Harry se trouve au 4 Privet Drive, la maison de son oncle et sa tante, au cours de l’été, généralement au moment de son anniversaire (le 31 juillet).
-> Avant la fin de l’été, il quitte sa famille (excepté dans le premier tome).
-> Le 1er septembre il est à Londres, à la gare de King’s Cross pour prendre le Poudlard Express sur le quai 9¾.
-> Il passe l’année scolaire à Poudlard et revient à Londres fin juin où il est attendu par son oncle et sa tante qui le ramènent chez eux.
Seul le septième et dernier tome fait exception à la règle puisque l’un de ces points est manquant (mais je ne vous dirai pas lequel…)
Nous avons donc un tome par année scolaire.

Un schéma d’intrigues, d’épreuves et déceptions également. Dans chaque tome, Harry
-> quittera les Dursley en catastrophe en les ayant traumatisé au passage,
-> utilisera sa cape d’invisibilité héritée de son père,
-> se disputera avec Ron ou Hermione, ses meilleurs amis,
-> sera tour à tour considéré comme le héros ou la bête noire de toute l’école (dans l’un ou l’autre ordre),
-> soupçonnera la mauvaise personne d’être derrière les problèmes actuels,
-> apprendra des révélations sur son passé ou sa famille qui l’obséderont,
-> affrontera Lord Voldemort ou l’un de ses lieutenants,
-> recevra une explication à propos de l’intrigue de l’année sur laquelle il s’était complètement trompé, généralement de la part du directeur de l’école, Albus Dumbledore,
-> sera la cause ou le témoin direct du départ du professeur de Défense Contre les Forces du Mal,
-> affrontera Drago Malefoy, son pire ennemi, dans le train qui les ramène à Londres et gagnera haut la main (verbalement, physiquement ou magiquement)

Malgré cette apparence de répétition, la lecture de la saga reste pleine de suspense, de bouleversements, de révélations en tout genre qui savent tenir le lecteur en haleine. Les plus jeunes auront juste le plaisir, tout au long des pages, de retrouver leurs repères.

Le héros et son voyage
Les aventures de Harry Potter, que ce soit au niveau des tomes ou au niveau de la saga entière, correspondent tout à fait à un mythe moderne.

Si on prend les sept romans comme un ensemble, tout d’abord.

Tout commence par un appel à l’aventure. Notre héros est un garçon a priori banal, orphelin, sans attache particulière, sans grand talent (il est un élève moyen et le restera). L’aventure apparaît sous la forme d’une lettre mystérieuse puis d’un géant apparu de nulle part au beau milieu d’une nuit de tempête. Et le jeune Harry apprend tout à coup qu’il existe un monde merveilleux, qu’il en fait partie et qu’une destinée incroyable l’y attend.
Que demander de plus comme entrée en matière ?

Ensuite, Harry rencontre le sage et vénérable professeur Dumbledore (de son nom complet, Albus Percival Wulfric Brian Dumbledore) qui jouera le rôle du mentor. Dès le début, Dumbledore et Harry ont un lien particulier, presque comme un père et un fils (ou un arrière-arrière-arrière-grand-père et son arrière-arrière-arrière-petit-fils, vu la différence d’âge), et les convictions profondes du vieux sorcier deviendront celles de son élève, convictions modérées bien sûr par les sursauts de rébellion adolescente de Harry.
Harry, sous prétexte de ses crises existentielles du haut de ses quatorze ans, se détachera progressivement de cette figure paternelle pour grandir et s’épanouir, sans pour autant renier son apprentissage.

Enfin, le principal aspect d’un héros de mythe moderne est le sens du sacrifice. Et cela, Harry le détiens pleinement.
Il y a d’abord tous ceux qui se sacrifient pour lui (parfois simplement en se mettant en situation de danger, nul besoin de mourir) : sa mère lorsqu’il était bébé, ses amis, le professeur Dumbledore, la famille Weasley, etc. Cette impression que chacun risque sa vie à chaque instant pour le sauver, lui, alors qu’il ne se considère pas comme quelqu’un de réellement indispensable lui est très difficile à supporter. Et pour empêcher les autres de souffrir ou de mourir pour lui, il plonge au cœur du danger pour affronter seul le grand méchant Voldemort.
Et chaque fois qu’il ressort de son combat volontaire, blessé mais vainqueur, c’est comme s’il renaissait, ce qui lui permet de changer sa vision des choses et de devenir plus fort.

On peut également trouver cette même symbolique dans chacun des tomes. Dans le Prisonnier d’Azkaban, par exemple, le professeur Lupin devient temporairement la figure paternelle de Harry, d’autant plus que ce professeur a bien connu son père. Dans la Coupe de Feu, Harry est emporté bien malgré lui dans les épreuves du Tournoi des Trois Sorciers. Dans la Chambre des Secrets, Harry se rendra seul dans ce qu’il sait être la tanière d’un monstre pour sauver Ginny, la petite sœur de son meilleur ami…


Une évolution marquée

Entre le début de l’École des Sorciers et la fin des Reliques de la Mort, Harry passe de l’âge de onze ans à celui de dix-huit. Sept années complètes qui, malgré leur schéma commun, se différencient les unes des autres.

De plus en noir
Au début de la saga, le monde magique est en paix. Lord Voldemort a été vaincu dix ans auparavant et les sorciers ont eu le temps de lécher leurs blessures. Mais ce que ne savent pas la plupart des sorciers, c’est que Voldemort n’a pas vraiment disparu. Et qu’il tente de revenir.
Tout au long des tomes, la présence, le retour de Lord Voldemort à la vie et au pouvoir se fait de plus en plus sentir. A Poudlard d’abord, puis dans le reste de l’Angleterre, l’ambiance devient de plus en plus oppressante.

En fait, Rowling fait évoluer l’âge de son lectorat avec les tomes. Si le premier, l’École des Sorciers, est tout à fait accessible à des enfants de huit ou neuf ans, les derniers sont – à mon avis – bien trop sombres et complexes pour des jeunes de moins de quatorze ans. Ce n’est pas tant une accumulation de morts ou de la violence gratuite. Mais on parle d’une réelle instabilité politique, un racisme prononcé, des mesures répressives violentes, etc. Quel adulte ayant lu l’Ordre du Phénix peut me soutenir qu’il s’agit d’un livre pour enfants ?

De manichéisme en subtilité
Le lecteur n’est pas le seul à vieillir dans la saga. Comme les romans sont écrits du point de vue de Harry, la manière de percevoir son environnement évolue avec son âge.
Dans les premiers tomes, tout est simple. Le grand méchant, Lord Voldemort, essaie de revenir à la vie. Le grand gentil, Harry, l’en empêche à l’aide de ses amis gentils.
A partir du tome trois, déjà, la distinction n’est plus si facile. Les méchants se révèlent être les gentils, les gentils des méchants, les gentils se trompent les uns les autres, le gentil Harry veut faire subir au méchant un sort qu’il trouve horrible, etc.

Le tome quatre est le véritable pivot de la saga. On commence à apercevoir le monde magique en dehors de Poudlard, tant à l’international qu’en Grande Bretagne, et Harry s’aperçoit que le monde n’est pas noir ou blanc. Il existe des sorciers qui combattent le grand méchant Voldemort mais qui ne valent pas beaucoup mieux lui. Il existe même des sorciers capables de ne pas choisir entre le bien et le mal !
Et dans les tomes suivants, ce phénomène s’accentue et s’accélère, pour ne plus savoir bien toujours, excepté Harry et Voldemort, qui est de quel côté.

Un seul personnage, à mes yeux, fait exception à cette règle : Severus Rogue, le complexe Maître de Potion de Poudlard. Dès le premier tome, bien que Harry et lui se haïssent cordialement, on peut sentir que le professeur n’est pas si noir qu’il n’y paraît. Et jusqu’au bout, le doute subsiste quant à ses opinions et ses motivations.


Le phénomène Harry Potter

Quelques chiffres au hasard
-> Le premier tome est sorti en 1997, le dernier en 2007. La saga a donc tenu de nombreux fans en haleine pendant 10 ans.
-> Les sept livres ont été vendus à plus de 325 millions d’exemplaires dans le monde. C'est-à-dire que près d’une personne sur 140 possède la série entière. Et encore, le dernier tome n’a pas encore été traduit dans toutes les langues…
-> La saga fait 3407 pages (édition Bloomsbury normale).
-> Le plus gros livre de la série, l’Ordre du Phénix, fait 766 pages (édition Bloomsbury normale).
-> La saga a été traduite dans 65 langues (anglais américain inclus)
-> 1 mot inventé par Rowling a été intégré au dictionnaire anglais officiel, le Oxford English Dictionnary. Il s’agit de muggle qui désigne à l’origine une personne non pourvue de pouvoirs magiques et a actuellement la définition « personne dans l’ignorance de ou l’incapacité à manier un talent donné ».
-> Dans sa version originale le dernier tome, les Reliques de la Mort, a été précommandé à plus d’1 million d’exemplaires sur les sites d’Amazon et Barnes & Noble.

n renouveau de la lecture chez les jeunes
Vous je ne sais pas mais quand j’avais treize ou quatorze ans, la plupart de mes camarades de classe n’avaient jamais ouvert un bouquin, excepté ceux obligatoires au programme de français (et encore, s’ils pouvaient se procurer un résumé, ils ne s’en gênaient pas !) Moi-même bibliovore dès mon plus jeune âge, je n’aurais pas imaginé lire un roman de plus de cinq-cents pages à l’âge de douze ans (quoi que… Les Enfants de la Terre… mais celui-là je vous en parlerai une autre fois…)

Et pourtant, aujourd’hui, quand je passe devant mon ancien collège à huit heures du matin, il m’arrive souvent de voir des élèves attendre devant la grille avec dans les mains un pavé digne du Seigneur des Anneaux en un seul volume !
Loin de moi l’idée de prétendre que ce nouveau engouement de la lecture chez les jeunes n’est du qu’au succès de Harry Potter ! Mais tout de même, on ne peut pas nier le fait que le petit sorcier ait aidé à mettre les livres au goût du jour.

Devenir bilingue
Autre phénomène que j’ai observé autour de moi : l’apprentissage de l’anglais.

Ceci est dû, d’une part, à l’attente insupportable de la traduction lors de la sortie de chaque tome. Imaginez donc : vous savez que la suite que vous espériez tant est sortie en anglais, vous la croisez dans son édition originale dans toutes les librairies, le net regorge de révélations discutées par les lecteurs anglophones… Pour beaucoup, la tentation était trop forte ! Ils se sont rués à la FNAC et acheté ce livre dans un langage qu’ils ne comprennent pas beaucoup mieux qu’une vache espagnole. Une fois devant les pages, il faut bien réussir à lire ! Harry Potter dans une main, le Robert & Collins dans l’autre, le fan impatient apprend lentement mais sûrement la langue de Shakespeare…
Hélas pour les capacités linguistiques des jeunes français, ce phénomène va s’éteindre de lui-même dès le 26 octobre, date de la sortie officielle du dernier tome en français.

Par contre, la seconde raison de la lecture en langue originale restera valable.
Bien que Jean-François Ménard, le traducteur officiel de la saga pour Gallimard, ait fait un excellent travail (il paraît, je n’ai jamais lu les traductions), il n’en reste pas moins que l’œuvre d’origine est écrite en langue anglaise, pour un lectorat anglais, avec des jeux de mots et des références anglaises. La preuve en est que l’éditeur américain Scholastic Publishing a fait traduire les tomes car certaines spécificités de langage risquaient de ne pas être comprises par les jeunes lecteurs des États-Unis.
Maintenant, mettez-vous à la place d’un professeur d’anglais ! Vous avez le choix entre traiter George Orwell ou Joanne Rowling. A votre avis, quel auteur saura le mieux éveiller l’intérêt de vos élèves de troisième ? Je n’ai pas besoin d’en dire plus : Harry Potter est une véritable manne pour les professeurs, de la classe de sixième à la maîtrise de littérature classique anglaise.
Et même pour le premier lecteur venu, qui ne se souvient que vaguement de ses lointains cours de langue au lycée et pour qui l’utilisation habituelle de l’anglais revient à traduire Query par Requête. Sans vouloir médire de la traduction de Ménard, la meilleure façon d’apprécier un texte dans sa pleine mesure est encore de le lire en version originale ! Bien sûr, on passe d’abord à côté de la majorité des références mais, avec un peu d’entraînement (et sept tomes sont suffisants pour ça), on finit par n’avoir plus aucune difficulté.
Prochaine étape : Tolkien !

Je le reconnais, une partie du vocabulaire retenu ne sera pas d’une grande utilité dans sa vie de tous les jours… Personnellement, je n’ai encore jamais réussi à parler de spell, cauldron, jinx, chimaera ou transfiguration dans un contexte non pottérien (j’ai tout de même réussi à caser le mot broom une fois).


Les phénomènes annexes

Harry Potter et la Warner Bros

Aujourd’hui, on peut difficilement parler du phénomène Harry Potter et ignorer les films produits par la Warner. Les cinq premiers tomes ont aujourd’hui été adaptés et ont généré chaque fois un grand nombre d’entrées.
Il faut toutefois savoir séparer totalement les livres des films.

Le public, tout d’abord, n’est pas le même. Alors que les livres sont accessibles à tous et appréciés par bon nombre d’adultes, les films ne visent que les jeunes adolescents. Le côté merveilleux avec ses effets spéciaux, le côté superficiel des personnages et les subtils indices cachés sont mis en avant, le film perdant alors tout son intérêt pour la plupart des adultes.

Ensuite, à partir du troisième tome, les films présentent ce que j’appelle généralement le « syndrome Rivières Pourpres ». C'est-à-dire que les gens n’ayant jamais lu les livres ne comprennent pas grand-chose à l’histoire et ce, malgré la simplification à l’extrême de l’intrigue. Et à l’inverse, ceux qui connaissent les livres crient à l’hérésie devant la quantité de changements faits, de sujets paraissant importants non traités, d’ajouts sans intérêt (vingt minutes de combat contre un dragon n’apporte pas grand-chose à l’avancement d’un polar…)

Malgré tout, les films ont énormément contribué à faire connaître les livres et continuent encore aujourd’hui à pousser beaucoup de jeunes à « lire la suite » (et comme ils n’y comprennent rien, ils sont obligés de lire les premiers également ; avouez que c’est bête !)
Donc, si vous ne connaissez la saga que par les films, je vous suggère d’oublier tout ce que vous en savez (mais absolument tout) et de vous approcher de votre libraire habituel…

Les potterfictions
Qu’est-ce qu’une fanfiction ? C’est une histoire basée sur un monde existant (livre, film, dessin animé, jeu vidéo, etc.) écrit par un fan.
Jusque là, rien de bien palpitant. Les fanfictions existent au moins depuis le 17e siècle. Avec l’expansion d’internet, ce phénomène s’est agrandi et des millions de textes circulent sur des sites spécialisés. Avant l’arrivée de Harry Potter, les œuvres les plus traitées étaient probablement Star Wars et le Seigneur des Anneaux.

Et le monde du sorcier a tellement plu aux apprentis écrivains qu’il regroupe aujourd’hui quasiment les trois-quarts des fanfictions de livres écrites sur des grands sites (plus de 300.000 sur fanfiction.net contre 40.000 pour le Seigneur des Anneaux, en seconde place). Au point de posséder un nom spécifique : les Potterfictions.

Pourquoi un tel phénomène ?
Tout d’abord, le style d’écriture de Rowling est celui de la simplicité, même si les thèmes abordés sont complexes. Il est donc assez naturel pour un auteur en herbe de vouloir l’imiter.
Ensuite, l’attente entre chaque tome était assez longue pour qui a découvert la saga assez tôt. La plupart des premières fanfictions permettaient aux lecteurs d’exprimer leurs théories ou leurs fantasmes littéraires en écrivant un cinquième ou sixième tome.
Enfin, l’œuvre regorge d’allusions aux passés/futurs riches et de personnages, créatures, lieux, objets, sorts, à peine évoqués sans être plus développés. Et cela laisse aux auteurs une immense liberté pour laisser parler leur imagination.

Je vous parle là de textes mais les potterfictions prennent parfois d’autres visages. On trouve énormément de potterart sur le net, à savoir des illustrations portant sur le monde de Harry et rarement réduit à des illustrations des scènes des romans. J’ai également déjà croisé des bandes dessinées amateurs. Et même un court-métrage ! Tout cela bien sûr réalisé pour l’amour de l’art, sans autre rémunération que les appréciations des lecteurs/spectateurs.

Autre phénomène : le marchandising
Depuis la sortie du film, le monde de Harry Potter a généré ce que toute large production cinématographie génère : du marchandising. Des figurines des personnages aux répliques de baguettes magiques en passant par les t-shirts portant le slogan « On m’a donné une chaussette, je suis liiiiiiibre ! », les produits Harry Potter sont partout.
Cela passe aussi par les jeux vidéos (actuellement un par film et un dédicacé au sport sorcier, le Quidditch) et, même, un futur parc d’attraction en Floride pour fin 2009 !


Pour en savoir plus…

Je pourrais continuer sur le sujet pendant des heures encore. Vous parler parodies, théories, références cachées, attente de la future Encyclopédie Harry Potter… mais le mieux reste encore de vous pousser à lire les romans si vous ne l’avez pas déjà fait, de les lire en anglais si vous ne connaissez que la traduction, ou de vous plonger dans les sites d’analyse si vous connaissez déjà le sorcier par cœur.

Sources pour l’article
Wikipedia
The Harry Potter Lexicon
Le Potter & Collins
Fanfiction.net

Pour aller plus loin
Le site officiel de Joanne Rowling
Le site officiel des films
L’Encyclopédie Harry Potter
L'un des principaux sites français de potterfictions

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cassandre
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Message par cassandre » 06 sept. 2007 - 11:39

Super article Morgwen !!!! Tu as parfaitement su décortiquer notre Harry Potter et ses histoire. BRavo !!
°¤* Deviant Art *¤° LiveJournal °¤*
Mon site web est en ligne !
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Vifdor
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Message par Vifdor » 06 sept. 2007 - 11:42

je trouve certains points développés hautement contestables... mais passons.

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Morgwen
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Message par Morgwen » 06 sept. 2007 - 11:45

Vifdor a écrit :je trouve certains points développés hautement contestables... mais passons.
Ben pourquoi tu passes? Si mon but était seulement de me faire encenser, je me serais contentée de montrer l'article à ma mère! :P

Mais il faut juste se souvenir du public visé : des adultes de 25 à 40 ans, informaticiens, pas tellement amoureux de la lecture, à qui j'essaie de donner au moins la curiosité de lire les bouquins... Donc du coup, j'en dis pas beaucoup de mal, c'est sûr...

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Litchi
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Message par Litchi » 06 sept. 2007 - 12:08

Vifdor a écrit :je trouve certains points développés hautement contestables... mais passons.
Je suis curieuse aussi de savoir ce que tu trouves contestable. Donc si tu as envie de détailler, ça m'intéresse beaucoup (parce que moi je l'ai trouvé très bien son article... surtout après ma correction :mrgreen: )

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Message par Whitewolf » 06 sept. 2007 - 12:11

Avant l’arrivée de Harry Potter, les œuvres les plus traitées étaient probablement Star Wars et le Seigneur des Anneaux.
La généralisation des fanfictions date de Star Trek, je crois, d'après ce que j'a lu des extraits es mémoire de Vero et Lylene... enfin, il est certain que le SDA a du inspirer un plus grand nombre d'auteurs que SW ou Star Trek...

Sinon j'aime bien ton article ^^ et je serais curieux de savoir quels sont les points que Vif semble avoir envie de discuter...

J'essaierais de te faire un critiqe plus construite quand je serais moins crevé...
Comment je me sens quand je résous les problèmes de clients :
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Les 10 commandements de l'informatique : Dans le doute, reboote. Si ça rate, formate.

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Vifdor
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Message par Vifdor » 06 sept. 2007 - 13:13

je suis pas trop motivé pour faire un message à citations multiples alors juste en gros les trois points qui me paraissent contestables :
Morgwen a écrit : un renouveau de la lecture chez les jeunes
Vous je ne sais pas mais quand j’avais treize ou quatorze ans, la plupart de mes camarades de classe n’avaient jamais ouvert un bouquin, excepté ceux obligatoires au programme de français (et encore, s’ils pouvaient se procurer un résumé, ils ne s’en gênaient pas !) Moi-même bibliovore dès mon plus jeune âge, je n’aurais pas imaginé lire un roman de plus de cinq-cents pages à l’âge de douze ans (quoi que… Les Enfants de la Terre… mais celui-là je vous en parlerai une autre fois…)

Et pourtant, aujourd’hui, quand je passe devant mon ancien collège à huit heures du matin, il m’arrive souvent de voir des élèves attendre devant la grille avec dans les mains un pavé digne du Seigneur des Anneaux en un seul volume !
Loin de moi l’idée de prétendre que ce nouveau engouement de la lecture chez les jeunes n’est du qu’au succès de Harry Potter ! Mais tout de même, on ne peut pas nier le fait que le petit sorcier ait aidé à mettre les livres au goût du jour.

je trouve le raccourci rapide et peu justifié, ça fait des années que on parle en France d'un recul de la lecture, Harry Potter phénoméne déclencheur? Non pas pour moi... Il y a certains fans d'Hp qui en restent à cette simple lecture, ou bien qui ne lisent que des livres du même genre, lire Hp ne provoque pas forcément une ouverture.
Pour moi ce serait comme dire que le "da vinci code" a provoqué un engouement pour la renaissance italienne. :shock:

Morgwen a écrit :Devenir bilingue
Autre phénomène que j’ai observé autour de moi : l’apprentissage de l’anglais.

Ceci est dû, d’une part, à l’attente insupportable de la traduction lors de la sortie de chaque tome. Imaginez donc : vous savez que la suite que vous espériez tant est sortie en anglais, vous la croisez dans son édition originale dans toutes les librairies, le net regorge de révélations discutées par les lecteurs anglophones… Pour beaucoup, la tentation était trop forte ! Ils se sont rués à la FNAC et acheté ce livre dans un langage qu’ils ne comprennent pas beaucoup mieux qu’une vache espagnole. Une fois devant les pages, il faut bien réussir à lire ! Harry Potter dans une main, le Robert & Collins dans l’autre, le fan impatient apprend lentement mais sûrement la langue de Shakespeare…
Hélas pour les capacités linguistiques des jeunes français, ce phénomène va s’éteindre de lui-même dès le 26 octobre, date de la sortie officielle du dernier tome en français.

Par contre, la seconde raison de la lecture en langue originale restera valable.
Bien que Jean-François Ménard, le traducteur officiel de la saga pour Gallimard, ait fait un excellent travail (il paraît, je n’ai jamais lu les traductions), il n’en reste pas moins que l’œuvre d’origine est écrite en langue anglaise, pour un lectorat anglais, avec des jeux de mots et des références anglaises. La preuve en est que l’éditeur américain Scholastic Publishing a fait traduire les tomes car certaines spécificités de langage risquaient de ne pas être comprises par les jeunes lecteurs des États-Unis.
Maintenant, mettez-vous à la place d’un professeur d’anglais ! Vous avez le choix entre traiter George Orwell ou Joanne Rowling. A votre avis, quel auteur saura le mieux éveiller l’intérêt de vos élèves de troisième ? Je n’ai pas besoin d’en dire plus : Harry Potter est une véritable manne pour les professeurs, de la classe de sixième à la maîtrise de littérature classique anglaise.
Et même pour le premier lecteur venu, qui ne se souvient que vaguement de ses lointains cours de langue au lycée et pour qui l’utilisation habituelle de l’anglais revient à traduire Query par Requête. Sans vouloir médire de la traduction de Ménard, la meilleure façon d’apprécier un texte dans sa pleine mesure est encore de le lire en version originale ! Bien sûr, on passe d’abord à côté de la majorité des références mais, avec un peu d’entraînement (et sept tomes sont suffisants pour ça), on finit par n’avoir plus aucune difficulté.
Prochaine étape : Tolkien !

Je le reconnais, une partie du vocabulaire retenu ne sera pas d’une grande utilité dans sa vie de tous les jours… Personnellement, je n’ai encore jamais réussi à parler de spell, cauldron, jinx, chimaera ou transfiguration dans un contexte non pottérien (j’ai tout de même réussi à caser le mot broom une fois).

L'apprentissage de l'anglais s'inscrit dans la dynamique générale de mondialisation de la "culture" où on est le dernier des crétins si on ne sait pas lire l'anglais, Harry Potter n'est qu'un prétexte de plus pour inciter les gens à se conformer à la norme (le phénoméne des films et séries en VO date d'avant la folie HP).
De plus, la,traduction n'est pas pour moi un boulet ou une pâle copie, je prends plus de plaisir à lire en Français que dans les autres langues (en français il y a plus de synonymes et moins de redondances).
En plus, c'est un peu encourager un phénoméne qui se développe de plus en plus malheureusement : celui du reniement de la culture française au profit de la culture japonnaise ou anglaise par exemple (loin de moi l'idée d'interdire l'accés à ces cultures, juste un constat : beaucoup de jeunes lisent énormément de livres fantastiques d'origine anglaise et américaine ou des mangas mais ne sont pas capable de lire un classique français...)


Morgwen a écrit :Harry Potter et la Warner Bros
Aujourd’hui, on peut difficilement parler du phénomène Harry Potter et ignorer les films produits par la Warner. Les cinq premiers tomes ont aujourd’hui été adaptés et ont généré chaque fois un grand nombre d’entrées.
Il faut toutefois savoir séparer totalement les livres des films.

Le public, tout d’abord, n’est pas le même. Alors que les livres sont accessibles à tous et appréciés par bon nombre d’adultes, les films ne visent que les jeunes adolescents. Le côté merveilleux avec ses effets spéciaux, le côté superficiel des personnages et les subtils indices cachés sont mis en avant, le film perdant alors tout son intérêt pour la plupart des adultes.

Ensuite, à partir du troisième tome, les films présentent ce que j’appelle généralement le « syndrome Rivières Pourpres ». C'est-à-dire que les gens n’ayant jamais lu les livres ne comprennent pas grand-chose à l’histoire et ce, malgré la simplification à l’extrême de l’intrigue. Et à l’inverse, ceux qui connaissent les livres crient à l’hérésie devant la quantité de changements faits, de sujets paraissant importants non traités, d’ajouts sans intérêt (vingt minutes de combat contre un dragon n’apporte pas grand-chose à l’avancement d’un polar…)

Malgré tout, les films ont énormément contribué à faire connaître les livres et continuent encore aujourd’hui à pousser beaucoup de jeunes à « lire la suite » (et comme ils n’y comprennent rien, ils sont obligés de lire les premiers également ; avouez que c’est bête !)
Donc, si vous ne connaissez la saga que par les films, je vous suggère d’oublier tout ce que vous en savez (mais absolument tout) et de vous approcher de votre libraire habituel…
Ce n'est plus du purisme là, c'est du fondamentalisme. XD En plus je sais sur quels avis tu te fondes pour dire que les gens qui ne lisent pas les livres ne comprennent pas les films, parce que moi j'ai dans mon entourage beaucoup de cas contraires (l'exemple qui tue : ma mére :mrgreen:).

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Lylene
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Message par Lylene » 06 sept. 2007 - 16:19

Non, je le trouve bien cet article, un peu rapide sur certaines choses, oui Vif, mais bon...
=> avec quelques adverbes de modalisation et des tournures pincettes, ça devrait passer : "nous sommes en droit de nous demander si", "il serait intéressant de souligner que", "ne pouvons-nous pas en déduire que ?" OK, c'est de la triche, j'admets. Mais comme je suis à peu près aussi fondamentaliste qu'elle sur ce coup-là...

(NB : tu as raison, Vif, on croule sous le made in anglais/USA, mais là c'est Ecossais, et les Ecossais, c'est pas des Anglais, je l'ai appris à mes dépens avec ma prof de co-tutorat... si elle avait eu un bazooka sous la main j'y passais... Le jour de la soutenance, j'avais peur que ma langue ne fourche, c'était traumatisant !!!)
Et pour ce qui est du Da Vinci Code... assis-toi, tu vas avoir un choc... il me semble qu'il y a des tours operators qui proposent le "Da Vinci Tour"... et que tu le veuilles ou non, à peu près chaque lecteur a dû aller voir à quoi ressemblait La Cène de Vinci, pour vérifier le fameux trou en forme de calice... qui est surtout là pour la perspective, à la base, non ?
"De l'influence de la Littérature contemporaine sur le tourisme mondial"... Vous avez 5 heures !

Juste un tout petit détail :
C'est bien dommage que les élèves ne commencent pas par Orwell, vu la référence à 1984... mais bon, dans mon mémoire j'avais marqué que grâce aux références culturelles dans HP, les lecteurs qui avaient été porté par l'oeuvre se tournaient ensuite vers une lecture plus classique, dont Tolkien, mais redécouvraient aussi des classiques plus anciens, genre Arthur (ça se voit tant que ça que je suis pacsée à Véro ???)...

WW : Il me semble que Vero m'a dit que le phénomène de la fanfic commence avec Sherlock Holmes... Sir Arthur Conan Doyle ne pouvant plus supporter sa création, il la zigouille. Sauf que les fans ont continué son oeuvre...


En bref, 2-3 détails à corriger, et ça sera parfait !
"Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants... et les Mistral Gagnant..."
Image Gaspard, le petit rat de l'Ombre

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Message par Vos » 07 sept. 2007 - 10:59

Je trouve que le point le plus contestable, c'est ça :
le monde cruel de l'informatique
BLASPHEME ! Il faut brûler le soldat Morgwen !
Hem... =>[]

En ce qui concerne l'article, je le trouve très bien organisé.
Je suis d'accord avec Vif pour le "renouveau de la lecture", mais pas pour les deux autres points... En même temps, chacun a sa propre vision, il est inutile de rappeler qu'on n'a pas tous le même entourage, etc.
En tout cas, c'est un bel effort de ta part, Morgwen. ^^

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