Le spectacle que vous venez de voir

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Layi
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Layi » 31 juil. 2017 - 09:59

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Dernière modification par Layi le 17 avr. 2018 - 11:50, modifié 1 fois.
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flodalys
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par flodalys » 31 juil. 2017 - 10:13

Si c'est pas loin et que tu as l'occasion je le te conseille vraiment, on pouvait prendre des photos, mais sans flash (du coup pour certaines c'est vraiment très flou mais j'essaierais de voir les photos qui sont assez net pour te donner une idée si tu veux)
(par contre à St fargeau j'étais trop loin niveau photo ça n'a rien donné. )

Edit : erratum, Semblancay c'est 19 euros le tarifs plein, 15 c'est le tarif de groupe
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Roxane-James1
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Roxane-James1 » 14 oct. 2017 - 16:50

Bon, je ne viens pas exactement de voir ce spectacle (ça fait deux ou trois semaines quand même) mais je vous recommande vraiment ce spectacle hilarant et complètement tordu : Les faux British qui se joue au Théâtre Saint-Georges à Paris jusqu'au 6 janvier 2018 .

Le spectacle dure environ une heure et demie, on y suit des personnages vraiment drôles et complètement timbrés et des catastrophes hilarantes qui s'enchaînent autour d'une enquête... qui n'en est pas vraiment une :D

Bon, voici le résumé exact :
Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de créer un spectacle alors qu’ils ne sont jamais montés sur scène ! Nos valeureux « comédiens d’un soir » vont très vite constater à leurs dépens que le théâtre nécessite énormément de rigueur.

Les catastrophes vont s’enchaîner à un rythme endiablé. Dans ce joyeux désordre, nos Faux British, armés du légendaire flegme britannique feront tout pour interpréter aussi dignement que possible ce thriller théâtral qui leur tient tant à cœur.
Vous pouvez retrouver toutes les infos sur ce site : https://www.theatreonline.com/Spectacle ... ospectacle (ainsi que le résumé cité au dessus).

Une superbe découverte :fan:

PS : les prix vont de 21 euros à 44,5O euros
La passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos
- J'observe mon existence sous un angle différent, déclara-t-il gravement.
- Voyez-vous cela ! Et qu'en déduisez-vous ?
- Qu'à l'endroit ou à l'envers, elle est absolument vide de sens.

La passe-miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune de Christelle Dabos
Imprévisible, anticonformiste et entreprenante. Prenez garde, un de ces jours je pourrais finir par tomber amoureux de vous.
:coeur: Dixit Archibald :coeur:

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TeddyLunard
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par TeddyLunard » 12 nov. 2017 - 11:07

Milo Rau - Compassion. L'histoire de la mitraillette

Je suis ressorti de la salle de spectacle un peu abattu... :shock: C'était très puissant, mais on se prend dans la figure des accusations super fortes, qui contribuent à un sentiment fort de malaise...
Milo Rau, c'est avant tout du théâtre documentaire, et il a été incroyablement touché par le génocide Rwandais (je crois bien qu'il s'agit de la troisième pièce qu'il monte à ce sujet). Dans celle-là, c'est un jeune femme qui ouvre la pièce en racontant comment ses parents se sont faits tués par les Hutus, elle raconte tout cela sans filtre, et son sourire fait froid dans le dos. Ensuite vient Ursina Lardi qui a réellement vécu le génocide sur place, et qui raconte comment, le soir, dans la chambre de son hôtel, elle mettait Beethoven à fond pour ne pas entendre les cris que le vent ramenait à ses oreilles.

Cette pièce est un long monologue, et on ressent le traumatisme de Lardi face à l'impuissance presque hypocrite des ONG sur place, et son traumatisme devient finalement le nôtre, tant elle a une puissance sur la scène qui lui permet de faire passer toute l'horreur des événements rien qu'avec la parole.
On comprend vite la visée de Rau : c'est notre faute à nous, européens, nous qui profitons des mines d'or et armons un peuple contre un autre. Et cela, c'est Consolate, la jeune femme du début, qui le dit à la fin, sur fond de rires d'enfants.

Mais je pense qu'il faut suivre un peu Milo Rau pour avoir sa vision globale des faits : si, dans cette pièce, il met en accusation l'Occident, dans d'autres pièces, comme Hate Radio, il mettait en cause les prêcheurs de haine Hutus qui utilisaient la radio pour distiller dans les esprits des gens la haine qui a poussé au génocide.

Je vous épargne les récits d'assassinat que fait Lardi ou le moment où elle urine sur scène sur un sac plastique, en racontant un de ses cauchemars.
On ressort de la salle vraiment très chamboulé, et je pense que c'est ce que voulais Milo Rau. Nous faire comprendre l'horreur de ce qui s'était passé là-bas, tout en mettant en cause les ONG et les gouverments européens. Au début, Consolate lançait que dans le monde, il n'y avait plus de compassion. A la fin, Ursina lance "tous des cons". Et nous, au milieu de ça, et bien on compatie. Mais la question est maintenant : est-ce suffisant ?
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Things end. That's all. Everything ends, and it's always sad. But everything begins again too, and that's... always happy. Be happy.

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flodalys
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par flodalys » 12 déc. 2017 - 12:23

Ce matin j'ai accompagné la classe du petit à un spectacle de marionnettes offert par la mairie (et donc imposé aux enseignantes) et euh... je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer...

dans l'ordre la reine des neiges avec un début d'histoire (histoire en filigrane presque invisible...) où la reine des neiges attends la reine du soleil ou je ne sais pas trop quoi
Mais voilà très vite y'a plus d'histoire mais une succession de scène sans liens les unes avec les autres si ce n'est de temps en temps une phrase qui fait référence au début d'histoire. Le tout agrémenté du pire de la chanson :roll:
- une scène aux enfers...
- Une scène sur une place de village avec un couple de vieux, clichés du couple de paysans et euh... grossièreté au rendez-vous
- Une scène où la reine du soleil arrive et viens visiter le monde
- Elle arrive aux Antilles et là... on est à la limite du racisme, les antillais ressemblent aux congolais de tintin au congo. et des clichés sur la "paresse"
- Puis à Paris : le Cabaret (et vu le niveau du spectacle je m'attendais à voir des marionnettes danseuses top-less)
-et la reine du soleil repart
On fini sur libéré-délivré


mais libérés délivrés... on ne l'était pas encore...

Mini spectacle de ventriloque
- un petit garçon vilain à la fin qui viens de chanter "petit papa poubelle" "tu as un maître ou une maîtresse" "une maîtresse elle est jolie parce qu'elle a de gros lolos" :shock: :shock: :shock:
- Puis un ouistiti qui a relevé le niveau en chantant la souris verte

Bref avec les maîtresses, les mamans, les atsem, on se lançaient des regards désespérés tout le long du spectacle. Les mômes ne tenaient pas en place, tout ce que ça ça fait c'est les énerver plus qu'autre chose.

Dire que mon grand va voir le même spectacle cet aprem... :(
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Mikoshiba
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Mikoshiba » 07 janv. 2018 - 00:25

Bon, alors, je sais pas si ça compte comme un VRAI spectacle puisque je l'ai regardé sur Arte, mais puisque la seule autre possibilité de le voir c'est d'aller au Bellagio à Las Vegas, je me dis... Aller, on va dire que oui. :mrgreen:

Alors, ce spectacle, c'est O du Cirque du Soleil. Et vraiment, c'est... waouh j'ai pas les mots :coeur:

Tout se déroule entre l'air et l'eau. L'eau essentiellement, car elle a donné son nom au spectacle, mais aussi l'air, car après tout ça reste du cirque, et qui dit cirque dit acrobaties. Mais à aucun moment je n'ai vu de nageurs, rien que des créatures aquatiques, agiles et fluides. Pareil, pas d'acrobates, mais des oiseaux, légers, aériens...

Les personnages sont attachants, que ce soit l'aventurier malgré lui, le majordome grincheux, la zèbre psychédélique...
Il y a aussi des clowns (ça reste du cirque) : d'habitude c'est pas trop mon truc mais là, ils apportent quelque chose, un peu de détente, on redescend un peu sur terre, avant de redécoller au tableau suivant.

D'ailleurs, les tableaux s'enchainent vraiment très bien, avec de très belles liaisons, on ne voit vraiment pas le temps passer.

En résumé : de très belles couleurs, des musiques magnifiques, des prestations époustouflantes, des costumes extraordianires, un rythme d'enfer, et un résultat très poétique, en deux mots : un spectacle merveilleux :coeur: :coeur: :coeur:

Ça dure 94 minutes, c'est sur Arte ici, c'est sublime et c'est jusqu'au 26 janvier. :coeur: :coeur: :coeur:
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Eve
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Eve » 07 janv. 2018 - 01:00

Hier soir je suis allée voir My Fair Lady à l'Opéra de Marseille avec ma grand-mère. C'est la 2e fois que je mettais les pieds à l'Opéra, mais la 1e c'était pour une pièce de théâtre alors ce n'est pas pareil. Normalement on devait être au 1e balcon mais à cause d'une erreur de la FNAC nous étions au 2e balcon. Mais finalement, ce n'était pas grave parce qu'on y voit très bien (et on y aurait encore mieux vu si la gamine de devant et sa grand-mère avaient été élevées ailleurs que chez les cochons :roll: ).

Donc 1e fois que je voyais un spectacle chantant à l'Opéra et c'était magnifique :coeur: Je ne connaissais pas du tout l'intrigue (enfin, je pouvais la deviner connaissant le mythe de Pygmallion) et j'ai été totalement subjuguée par l'histoire et les chansons ! J'ai trouvé quelques longueurs au début (surtout que l'entracte était au 3/4 de la pièce). L'interprète d'Eliza chantait très bien et surclassait tous les autres. La façon dont elle passe d'un fort accent à un accent français très propre, ça m'a impressionné ! Ce que j'ai bien aimé aussi, c'est qu'ils ont gardé quelques phrases en anglais. Par exemple l'apprentissage d'Eliza se fait sur les phrases en anglais ("The rain, in Spain, stays mainly in the plain", je crois que moi aussi je sais parfaitement la prononcer :mrgreen: ) donc on ne perd rien par rapport à la VO. J'ai lu par la suite que c'était une grosse critique faite à la VF du film avec Audrey Hepburn.

Bref, j'ai adoré ce mélange de comédie musicale et d'opéra et je suis contente d'avoir enfin vu une version de My Fair Lady :D Je pense que je regarderai le film dans quelques semaines pour faire la comparaison ^^
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Alienor la Fantasque
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Alienor la Fantasque » 14 mars 2018 - 22:42

Hier, je suis allée voir le premier ballet de ma vie : Le Lac des Cygnes. Je n'ai rien à en dire, mais j'ai trouvé le spectacle sympa, même si je n'étais pas spécialement bien placée avec la tête d'une personne très grande devant moi, des sièges inconfortables et une salle de spectacle aux allures de hangar.
Bref, autrement, j'ai beaucoup aimé les chorégraphies, et les musiques étaient très bien interprétées. Voilà, voilà.

Aujourd'hui, La Caverne de Nadir Legrand. Adapté du fameux mythe de Platon, il s'agissait d'un spectacle pour enfants d'une durée d'1h. L'histoire prend place dans un monde post-apo où les Humains ont trouvé refuge dans une caverne pour fuir le réchauffement climatique et ses ravages (version officielle : le Soleil s'est approché trop près de la Terre et a tout brûlé). Dans cette caverne, une société futuriste s'est développée, et l'action commence en 2518, à l'époque où la technologie 9D s'est développée et où les êtres humains sont devenus complètement dépendants des jeux en ligne et des outils technologiques au point que le virtuel a remplacé le réel... tout cela au profit d'un seul homme qui contrôle tout, évidemment.
J'ai passé un très bon moment et j'ai ri à pas mal de blagues, j'ai trouvé la mise en scène ludique et didactique, d'autant qu'il y avait une manière détournée d'apprendre aux enfants à penser philosophiquement (je pense à une certaine scène où l'héroïne demande au public : "je leur dis ou ne leur dis pas ?" quand elle comprend qu'il est possible de vivre à l'extérieur et qu'elle hésite à informer ses pairs).
Le principal défaut que je pointerais... il y a la durée du spectacle, bien trop courte pour un projet d'une telle ambition, et en conséquence l'intrigue inaboutie qui en a résulté, car tout va très vite et on n'a pas vraiment le fin mot de l'histoire. J'attendais beaucoup plus à la fin de la pièce, qui était très prenante. Il y avait aussi un coup de mou dans les dialogues de fin, j'ai senti que je commençais à m'ennuyer et pourtant... je pensais que ça allait durer encore un peu. Bref, une fin tout ce qu'il y a de plus aporétique, à l'image des dialogues philosophiques de Platon. Mais j'attribue ça plus à la faiblesse de l'intrigue, quand même.

Autre détail marrant, mais hors de la pièce : dans la salle, il y avait beaucoup d'enfants, bien sûr. Et derrière moi, un petit garçon qui n'arrêtait pas de poser des questions à son père sur la base de "pourquoi" : "pourquoi elle a eu peur ?" "Pourquoi il fait ça ?" "Pourquoi il a arrêté de faire ça ?" etc.
Au moins un gamin qui est particulièrement sensible au discours philosophique, me suis-je dit, s'il va jusqu'à questionner le moindre élément de la mise en scène.

Le prochain spectacle que je vais voir sera jeudi, il s'agit de La Tragédie de Macbeth. J'ai vu une "bande-annonce" de la pièce, et ça m'a bien plus, alors j'ai hâte de la voir en représentation pour m'en faire un avis.
(De plus, Macbeth est ma pièce de Shakespeare préférée, je ne pouvais pas passer à côté)
Vous connaissez l'histoire de l'orchestre philharmonique des Bermudes ? Ben le mec qui fait du triangle, il a disparu.

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The Night Circus
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par The Night Circus » 28 mars 2018 - 00:21

La Cerenentola Opéra en 2 actes de Rossini, RWCMD

Mon deuxième coup de coeur de l'année après La Fuerza del Destino, clairement !!!
J'avais un peu d'apréhension, à cause des retours que j'avais de l'interprète de Don Magnifico qui est l'ami que j'allais voir, mais god, c'était vraiment vraiment cool !
C'est la troisième mise en scène que je vais voir de ce metteur en scène ( Martin Constantine) et à chaque fois j'adore ses idées. En plus comme ce sont les production de l'école d'opéra et que ce sont de jeunes chanteurs (entre 25 et 35 ans en gros) il a vraiment le truc pour capturer cette énergie et cette enthousiasme dess chanteurs en début de carrière, comme pour le Cosi Fan Tutte etl a Flûte en chantée que j'ai vus il y a trois ans j'en ressors avec la pêche et de l'amour pour le monde entier.

La Cerenentola reprends dans les grandes lignes l'histoire de Cendrillon, mais au lieu d'une marâtre c'est un affreux beau-père ( Don Magnifico); de plus, le prince pour rencontrer les filles de Don Magnifico se fait passer pour son valet Dandini, pendant que Dandini se fait passer pour le prince, la bonne fée est là aussi un homme, plus du genre vieux sage.

Et la mise en scène étaient géniaaaaaaaaaaale ! Très colorée, très vivante, ça partait dans tous les sens, les costumes étaient magnifiques : assez simples mais classes et avec des pages de livres disséminés sur dans les tissus; c'était plein d'humour et de légèreté. Dans les dernières notes cependant, ils ont fait le twist de fin un peu cliché du "c'était un rêve éveillé" : Cendrillon perd sa robe, tout le monde disparaît et elle se retrouve seule au coin du feu avec son balais, son sceau, un livre sur les genoux. Et autant ça peut sembler très cliché, autant c'est totalement dans l'esprit de la mise en scène, et en fait ça explique ces costumes composés de feuilles de livres : en fait la robe de mariée de Cendrillon était entièrement constituée de feuilles de livre. C'est à la foi simple et très efficace, et ça a beau être cliché, c'est un cliché que je n'ai pas vu depuis tellement longtemps que j'ai bien aimé ! Surtout rapport au fait que ça soit construit tout au long de la pièce, pas juste un twist de fin qui vient comme une tarte à la fraise dans un plat de pâtes carbonara.

En terme de distribution Dandini ( le serviteur qui se fait passer pour le prince) et Don Magnifico volaient absolument le show, tant par leur comedic timing et leur présence sur scène que pour leur voix. Il va y avoir 4 représentation dont une matinée, tous les deux et le ténor (le prince donc) sont les seuls à chanter les 3 soirs, parce que ce sont les 3 grosses voix de la distributions. Malheureusement pour le ténor, il n'était pas en forme :/ il a eu un loupé un peu dommage en plein dans son aria, et a eu du mal a venir au bout de la pièce. Mon ami Don Magnifico m'a dit après qu'il était un peu fiévreux et pas en forme. j'espère qu'il ira mieux très vite parce que le directeur de Covent Garden (le plus gros opéra du RU) sera là jeudi soir pour les observer tous les trois, ça serait triste pour le Prince qu'il fasse mauvaise impression à cause d'un mauvais rhume :/

Breeeeef je parlais de Don Magnifico et Dandini, mes chouchous :coeur:
J'avais déjà vu Dandini dans le rôle principal de Giani Schichi de Puccini, et j'avais adoré tant la voix que la présence sur scène et là ça se confirme, il est vraiment extra. Don Magnifico aussi était génial, mais bon sur lui je ne peux pas être objective, je le connais trop. Il n'empêche qu'il a un visage extrêmement expressif, et que bwaaaaa :coeur: . D'ailleurs, autant je savais qu'ils étaient bon potes dans la vie, ( Dandini et Don Magnifico) autant leur alchimie sur scène crève les yeux. Leur duo (Lorsque Dandini révèle à Don Magnifico qu'il n'est que valet et pas Prince ) était sans aucun doute mon passage préféré. Cette alchimie bon sang !!! JE LES SHIPPE DE FOU !!! On sentait qu'ils étaient parfaitement à l'aise ensembles sur scène, il y avait plus d'atomes crochus entre eux qu'entre le Prince et Cendrillon !!! L'autre gros point fort du cast c'était l'irlandaise qui jouait la fille aînée de Don Magnifico, qui avait sans équivoque la voix la plus puissante de tous ceux présents sur scène, alors qu'elle jouait en béquille à cause d'une jambe cassée et que ce n'est pas tout à fait son registre de voix habituel. (En vrai mon ami qui joue Don Magnifico aussi ce n'était pas son registre de voix, il a une voix de basse plus profonde que celle requise pour Don Magnifico, son type de voix était celui de l'équivalent de marraine la bonne fée blabla, mais le parrain (du coup) n'apparait vraiment pas beaucoup alors que Don Magnifico est presque perpétuellement sur scène, et comme mon fait partie des élèves prometteur, le collège a tendance a vouloir les mettre en avant, comme pour l'Irlandaise )

Breeeeeef c'était une bonne soirée et j'y retourne pour la dernière jeudi, voir du coup ce que ça donne avec l'autre cast ( même si le Prince, Dandini et Don Magnifico restent les mêmes, et heureusement je veux tellement revoir THE duo :coeur: )
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WHAT ARE YOU DOING ???

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Fleur d'épine
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par Fleur d'épine » 05 juil. 2018 - 03:41

Ivo van Hove - Les Tragédies romaines, d'après Shakespeare - Théâtre de Chaillot
avec la troupe du Toneelgroepamsterdam
(reprise - création de 2009)


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j'ai adoré, adoré, adoré. Tout le long du spectacle on avait la possibilité de changer de place et même de s'assoir sur scène - jusqu'à une heure avant la fin de la représentation - et sur la scène, on pouvait s'acheter à manger et à boire (il y avait un bar sur les côtés), et comme la pièce durait 5h45 en tout, l'ambiance était totalement décalée - ça m'a fait penser à mes 24h au théâtre le 15 septembre dernier. Du coup il y avait une vraie proximité entre les comédiens et nous (le 4e mur était totalement brisé pour le coup), genre à un moment j'étais sur scène et une comédienne s'est assise juste à côté de moi, fin c'était assez dingue. Et je ne sais pas comment exprimer mes ressentis sur cette pièce. Il s'agissait d'une mise en scène de trois des pièces romaines de Shakespeare, Coriolan, Jules César et Antoine et Cléopâtre, en néerlandais avec des surtitres. Les comédiens portaient des costards (ou des tongs et un caleçon haha), c'était donc plutôt contemporain (il y avait des images de Trump et de Macron sur des télés à certains moments) même si beaucoup de dialogues sont restés tels que Shakespeare les avait écrits.

Pour être honnête, il y a eu des passages que j'ai eu du mal à suivre, quelques longueurs ; la difficulté résidait dans le fait qu'il y avait un écran sur scène, immense, avec les surtitres en français + une retranscription en live de la scène qui se jouait sur le plateau (les comédiens portaient des micros et étaient filmés non stop par des caméramans), ce qui nous incitait à plus regarder l'écran que la scène. C'était d'autant plus difficile de se concentrer ou de suivre l'histoire qu'il fallait faire attention à trois éléments : le rendu à l'écran ; le rendu en réel ; et les surtitres.

Autre point qui peut être négatif : lorsqu'on choisit de s'asseoir sur les canapés qui se trouvent sur scène, on a certes la proximité avec les comédiens mais on est bien embêté pour toutes les scènes qui se passent en avant-scène car on se retrouve dos à l'action, et on finit par la regarder sur les écrans disséminés un peu partout à l'attention des spectateurs, genre juste en face des canapés, etc. Or il est un peu bête d'aller au théâtre pour simplement regarder un écran. J'ai dû passer bien deux heures sur le plateau (je dirais même trois :shock: ) et je faisais attention à avoir une place stratégique pour regarder l'action réelle plutôt que les écrans, ou du moins pouvoir alterner, mais c'était fort peu pratique (notamment avec la barrière de la langue). Finalement ça pouvait trouver son intérêt dans une critique de la société contemporaine où l'information est en continu, dans nos écrans, où l'on suit sans trop suivre, où l'on est enseveli de nouvelles et où l'on mélange tout (pendant que Coriolan parlait, au début, il y avait des images de Macron, puis plus tard de Trump, et à un autre moment il y avait Britney Spears).

Si on enlève les longueurs, les difficultés à se concentrer sur tous les éléments scéniques, et ce dernier point, je n'ai pas grand-chose à redire parce que j'ai été totalement passionnée par l'histoire romaine qui nous était présentée, l'assassinat de César orchestré par Brutus, et le discours de Marc-Antoine à l'enterrement de César, bon dieu, ça c'était un moment ! D'ailleurs le public a applaudi à la fin - en même temps, le comédien qui interprétait Marc Antoine était excellent et le discours était parfait <3.

J'ai donc assisté en quelques heures aux morts de Cléopâtre, de Marc-Antoine, de Brutus, de Cassius, de César (sacré programme :mrgreen: ), et d'autres dont j'ai oublié le nom car je ne connais pas bien l'histoire romaine (c'est mal). J'ai bien aimé comment les morts étaient mises en scène, d'ailleurs. Ça m'a fait penser à ce qu'il (Ivo van Hove) avait fait pour Les Damnés, avec les acteurs filmés en train de rentrer dans un cercueil. Là il n'y avait pas de cercueil mais il y avait une espèce de bloc rectangulaire assez grand sur le sol, et les comédiens s'allongeaient sur ce bloc rectangulaire au moment de leur mort, la lumière changeait, et l'image était transmise sur l'écran avec l'inscription en rouge de leurs dates de naissance et de mort (voir ici ou ici). Il y avait également une espèce de gond pour symboliser le moment sacré de la mort. Le tout rendait vachement bien. Et parfois, elles étaient annoncées en avant première par des mots en rouge sur l'écran, à la façon théâtre épique de Brecht (par exemple on pouvait lire : "dans 80 minutes, Brutus va mourir. Dans 120 minutes, Octave va mourir"). Oh et un autre truc que j'ai aimé question mise en scène c'était les scènes de "guerre" (mais en même temps j'ai détesté parce que j'ai horreur des trucs bruyants au théâtre ->). En gros, pour retranscrire la guerre, deux types tapaient sur un tambour (il y avait deux installations musiques, une côté jardin, l'autre côté cour, et les deux en tout devant de scène) très fort, ce qui faisait vibrer nos corps de spectateurs, il y avait un effet stroboscopique et des mots défilaient sur l'écran pour nous résumer la situation, donc pas de paroles prononcées. C'était désagréable et violent mais c'était réussi (je ne vois pas comment il aurait pu mieux représenter la guerre).

J'ai trop d'amour pour les comédiens aussi. Déjà le fait d'avoir été si proche d'eux à certains moments me les a rendu vraiment sympathiques, ensuite, j'aimais tellement les personnages en action que ça me donnait envie de faire des câlins aux acteurs (ce qui est stupide mais humain), et ils étaient touchants, en fait.

Il y a un autre moment que j'ai adoré et qui est aussi la seconde fois où le public a applaudi avant la fin du spectacle (l'autre fois étant le moment du discours de Marc-Antoine pendant l'enterrement de César). C'est lorsque Enobarbus éprouve des remords après avoir quitté / trahi Marc Antoine et que ce dernier lui ait renvoyé ses biens ; l'acteur d'Enobarbus a commencé à péter un câble et a quitté la scène, il a quitté le théâtre carrément (la caméra le suivait toujours, on voyait sur l'écran son cheminement, c'était des barres) pour sortir en plein Trocadéro (le théâtre de Chaillot est au Trocadéro), au milieu de touristes, et il s'est mis à faire sa scène là-bas, une scène absolument tragique (juste avant qu'il ne se suicide), en néerlandais. Les gens autour le regardaient en mode :shock: :gne: et le caméraman faisait des gros plans sur eux parfois, c'était juste ouf comme moment :lol:

Pour conclure, voilà ce que j'ai adoré pour résumé "en gros" = plusieurs scènes, l'intrigue de fond des pièces et leurs dialogues qui sont excellents ; le dispositif scénique qui nous incitait à aller sur scène à certains endroits et l'ambiance décalée avec la nourriture et les boissons + le fait que ça durait 5h45 ; le jeu d'acteur et la mise en scène.


Voir la bande annonce ici


PS : c'est quand même dingue de se dire qu'Ivo van Hove a mis en scène ce spectacle en 2009, ils se sont tous inspirés de lui depuis en fait
LIMK, plus puissante qu'un dragon chinois, plus mythique qu'un tanuki !
La coupe des quatre sorciers sera japonaise ou ne sera pas !
Tremblez autres écoles, notre entraînement a commencé.
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(Et comme le dirait notre directrice : Apprends la sagesse dans la sottise des autres. :mrgreen: )

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The Night Circus
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Re: Le spectacle que vous venez de voir

Message par The Night Circus » 18 juil. 2018 - 18:37

The Head and the Load, de William Kentridge

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Une énorme claque… «Théâtrale» ?

Ce n’était pas seulement du théâtre, de la musique, de la danse, du cinéma, c’était tout mélangé dans un résultat absurde, surréaliste au point du dadaïsme, déroutant, atroce, et surtout qui saisissait aux tripes. A la fin j’ai laissé échapper quelques larmes, mais plus d’horreur et de vertige que de tristesse (même si la tristesse était présente aussi) et j’avais la gorge tellement serrée gonflée j’avais du mal à déglutir.
Quand après le show j’attendais mon ami qui était dans les chœurs, j’ai eu du mal à me calmer avant de le voir, et j’ai été à deux doigts de lui fondre en larmes dessus (ce qui l’aurait fait énormément rigoler) et j’ai eu du mal à articuler ce que j’ai ressenti, pas tant parce que je ne trouvais pas les mots que parce que j’avais la gorge serrée.
La pièce elle-même est une succession de tableaux qui mélangeait toutes sortes de formes d’expressions avec des motifs répétés presque à l’ infini qui s’imprimaient dans l’oreille et dans la rétine, mais jamais assez longtemps pour que ça devienne ennuyeux ; c’était plus pétrifiant qu’autre chose, et le tout sur une scène de 50 mètres de long.


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Le spectacle durait une heure dix, et parlait des africains envoyés en Europe pendant la première guerre mondiale pour servir de porteurs aux militaires européens. Ils n’étaient pas armés (histoire d’éviter de leur donner des idées de révolte une fois un fusil dans les mains) et ont plus ou moins surtout servi de chair à canon. Les colonisateurs leur avait promis une forme de citoyenneté pour les remercier de participer à l’effort de guerre, mais bien sur les quelques qui ont survécu ont été renvoyés chez eux et effacés des livres d’histoire. (Je sais pour avoir vu des photos et lu dessus que pas tous les africains ont été envoyés dans les tranchées comme porteurs, les tirailleurs sénégalais ont combattu avec des armes dans les deux guerres – et j’ai lu des documents d’époque de gens qui les admiraient énormément, entre autre Jean Moulin même si ça c’est la seconde GM - , mais leur cas était exceptionnel, visiblement.

Je ne pourrais même pas exactement décrire le déroulé de la pièce tant tout se mélange, se contracte et s’étire ; il y a une espèce de beauté industrielle dans la mise en scène.


Le spectacle commence avec le son d’une alarme, sauf qu’en fait c’est la voix d’une femme ( je ne sais pas comment elle arrive à produire ce son avec sa bouche , vraiment ) qui ensuite par en chanson. Et à partir de là, tout ce mélange déjà dans ma tête et je n’arrive déjà plus à dégager la succession des évènements. Deux leaders noirs font des discours, espérant une meilleure vie pour leurs semblables ; parfois ils parlent en français, parfois en anglais, parfois en zoulou ; parfois des sous titres qui ont l’air de coupures de journal sont projetés sur l’écran en arrière-plan, parfois non. Un haut gradé français, affalé sur une chaise juchée sur un grand container en bois, image saisissante d’un colonialiste complètement décadent et désabusé, répète quelque chose comme « On le fait quand même, mais au moins on sait que ce qu’on fait est mal » jusqu’à l’écœurement. Un autre de ces grands containers de bois s’ouvre pour révéler une bande de musiciens ( composes de gens d’un peu partout ethniquement parlant), des choristes hébétés traversent la scène comme des condamnées à mort, et deux femmes, l’une noire et l’autre blanche, en vêtement militaires mais avec des jupes plissées, dansent avec des badines : leurs ombres sont projetées en géant sur le mur du fond, sur lequel sont projetées des cartes de l’Afrique dessinées au crayon : à chaque fois que la pointe de leur baguettes s’immobilisent quelque part, une explosion se produit à la surface de la carte, jusqu’à ce que la carte ne ressemble plus à rien qu’à des explosions, le tout sur une musique résolument moderne et grinçante.

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Il y a beau avoir des paroles je ne me souviens pas de beaucoup d’entre elles, plus des scènes et des mouvements des gens sur scènes, donc peut-être que je ne raconte pas dans le bon ordre. Mais en gros, on a d’abord l’annonce de la guerre, et la préparation avec l’embarquement de tous ces futurs porteurs africains. Il y a une espèce de danse des moustiques, absurde et qui donne presque envie de rire, parce que tout le monde s’envoie des claques sur scènes dans des mouvements désarticulés mais si ça fait sourire les premières secondes ( parce que qui n’a pas haï les moustiques ) c’est très vite épuisant, grinçant, absurde et incompréhensible cette espèce d’auto-flagellation qui devient métaphore de l’absurdité de la guerre.
Les chanteurs solistes et les chœurs chantent en zoulou avec des voix / techniques d’opéra (et le mélange est saisissant et absolument magnifique), un joueur de kora ( un instrument africain absolument magnifique ) joue parfois seul parfois accompagné, et puis arrive le départ de l’Afrique pour l’Europe.

Dans une scène qui m’a rendue absolument muette, les choristes traversent la scène en portant des structures en bois énormes ; eux et les structures sont projetées en ombres chinoises sur le mur du fond, et forment à la fois les visages des leaders des mouvements indépendantistes africains de l’époque, les charges que les porteurs devaient trimballer et des symboles de la guerre ( avions et bateaux militaires etc ). Certaines de leurs ombres sont vraies, d’autres ont été filmées à l’avance et sont projetées en simultané ; on se retrouve donc avec une multitude d’ombres d’homme avançant le dos courbés sous des poids inhumains ; certaines de ses ombres (les déjà filmées) avancent d’une façon extrêmement étrange, rapide et en faisant de long pas, d’autres très lentement et en tremblant. Et alors que les ombres vont dans un sens, la femme blanche, juchée sur un genre d’échafaudage, roule dans l’autre sens, toujours vêtue d’une uniforme militaire blanc avec jupe plissée, mais avec un symbole de l’aigle allemand juche sur la tête ; et elle tord son corps et hurle sur les porteurs d’une façon… On aurait vraiment dit un oiseau de proie en fait, je ne sais pas comment elle faisait pour faire ces cris inhumains et garder sa voix pendant la semaine de représentation, tout en tordant ses bras et son dos au point qu’on oublierait presque que c’est une femme et qu’on avait vraiment l’impression de voir un aigle. Mais pas l’Aigle beau et classe façon Serdaigle, vraiment l’aigle oiseau de proie avec son bec tranchant, et pour le coup presque dégénéré dans sa folie meurtrière

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(ceci est une photo qui date de la création de la mise en scene, dans le spectacle que jùai vu le fond n'était pas blanc )

On a donc l’espèce de colonel débraillé ou je ne sais quoi pour représenter la France et / ou la Belgique (puisque l’acteur était belge avec accent, et que la Belgique a aussi été un pays colonisateur ultra-violent), la femme-aigle pour représenter l’Allemagne, et l’Angleterre elle n’était pas symbolisée par une personne mais par un chant : le God Save the King (puisqu’à ce moment-là un roi était au pouvoir en UK). Je ne sais plus exactement quand c’était, peut être au milieu du spectacle, de sur après le passage de « migration » que je viens de décrire. La femme qui au début chantait comme une alarme entonne un God Save the King très clair, aigu mais doux, et très beau, et les chœurs éparpillés sur scène la rejoignent. Mais alors qu’elle chante, elle bouge a la façon d’un automate, avec un regard vide et cet espèce de mouvement sec de la tête, comme un mécanisme qui arrive au bout et se réenclenche. Sans être aussi mécaniques, le reste du chœur répète des mouvements désarticulés et étranges de colère et de désespoir, et petit à petit, le god save the king s’élève et se brise, les chanteurs ressemblent à des poupées brisées et leur chant aussi, ils ne parviennent plus à finir une ligne musicale, la reprennent à l’infini et butent encore et encore sur le même point, jusqu’à ce que le chant entier se désagrège et éclate. Ce passage est vraiment saisissant également ; et comme tout laisse à l’interprétation. Pour moi c’est autant symbolique du pays ( le Royaume Uni ) qui se brise lentement mais surement avec la guerre, que de l’hypocrisie des promesses britanniques au porteurs africains qui se révèle et éclate et brise les mensonges en même temps que leur hymne.

Ensuite, (ou avant, je ne sais plus ) il y a quatre danseurs ( noirs aussi ) en costume militaire, jupe plissées ( comme les filles avant eux ) et gros godillots, qui dansent en frappant des pieds ( d’abord c’est un défilé militaire une deux une deux ensuite ça part , et je crois qu’à ce moment-là il n’y avait plus de musique tant le rythme de leur pieds suffisaient.

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Plus tard, après l’arrivée en Europe, il y a une scène très longue et forte angoissante dans laquelle les danseurs « courent » sur place face au public et leurs ombres sont projetées sur le fond avec un dessin animé entièrement réalisé au crayon représentant des montagnes et des explosions ; Certaines ombres sont immenses d’autres plus petites pour donner un sentiment de perspective, et c’est la fuite éperdue des porteurs désarmés et perdu dans un pays froid qu’ils ne connaissent pas pour échapper aux canonnades. Et ça dure, ça dure, ça dure, et ça met mal. Les danseurs et leurs ombres « meurent » les uns après les autres, pour se relever et courir à nouveau, c’est comme de prendre un coup de poing dans le ventre.
Et après ça, les ombres disparaissent et on se concentre sur les danseurs : un transporte un autre, visiblement en bout de vie, mais doit s’arrêter devant des haut gradés invisible pour faire des saluts militaires ; l’homme encore vivant tremble en le faisant pendant que son compagnon s’effondre systématiquement

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iL y a encore beaucoup, beaucoup d’autres choses qui se passent, moi je vous parle des passages qui m’ont le plus marquée mais c’est tellement foisonnant je suis certaine que les 500 autres personnes du public donneraient des versions totalement différente de la mienne.
Par exemple, je viens de me souvenir d’un passage sur la négation de l’existence même de ses porteurs, quelque chose comme « quelqu’un qui n’a pas de nom n’existe pas, quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas mourir , ne peut pas rester dans les mémoires » ; d’autre moments aussi ou moult voix et langues se mélangent et répètent des phrases absurdes à l’infini.
Et puis vient la fin, qui m’a absolument bouleversée.
Le chœur chante en zoulou sur les villages abandonnés en Afrique, qui sentent la poussière et la mort (je l’ignorais au moment du spectacle, mon ami qui jouait dedans me l’a dit après, mais le chant avait quelque chose de douloureux a l’oreille, beau et triste ) et les deux hommes qui plutôt jouaient des leaders indépendantistes lisent – voire crient – le nom des porteurs africains morts et la cause de leur décès : faim, froid, ligne de front, suicide.
Et derrière eux, le mur de 50 mètres de long se couvre de milliers de noms qui n’ont jamais été commémorés. Ensuite, toujours sur ce chant zoulou extrêmement lancinant, sont projetées en typique des images d’archives : des soldats noirs quittant leur villages, de révoltes et de violence, et puis ça va jusqu’à la décolonisation, toujours en noir et blanc ; j’ai reconnu entre autre Patrice Lumumba, le tout premier Premier Ministre de la république démocratique du Congo, renversé par un coup d’état de Mobutu (soutenu par les européens bien sûr, sinon c’est pas drôle) au début des années 60; Mobutu également, et aussi je crois avoir reconnu Thomas Sankara, leader marxiste du Burkina Faso dans les années 80 et assassiné et remplacé par Blaise Compaoré ( aussi soutenu par les pouvoir occidentaux sinon c’est pas marrant ) et beaucoup beaucoup beaucoup d’autres que je n’ai pas reconnus – et pour Thomas Sankara j’avoue ne pas être a cent pour cent sure que c’était lui, ça va très vite.
Et bref, du coup finir une pièce aussi percutante et puissante sur l’exploitation absolue de l’Afrique noire il y a cent ans par un récap des cent dernières années qui rappelle que l’exploitation se perpétue sous une autre forme, c’était à la fois saisissant, brutal, intelligent et dévastateur, en tout cas en ce qui me concerne.
J’avais presque du mal à respirer à la fin.

Enfin voilà, c’était percutant et fabuleux, et cette pièce pour moi ( outre le sujet extrêmement lourd ) cristallise le pouvoir de l’art contemporain et montre que fait correctement, il peut être tout aussi puissant voir plus que l’ art classique. Pour moi, c’est une œuvre extrêmement dure a décrire parce qu’elle s’adresse à une partie du cerveau qui se passe de mots. On se laisse porter, on comprends les choses sans qu’elles soient explicitées, et si c’est fantastique à vivre, en revanche c’est extrêmement dur à décrire, et je pense l’avoir très mal fait !

Pour finir un petit mot sur le metteur en scène, William Kentridge, un sud-africain blanc dont le père a été avocat de Nelson Mandela pendant l’apartheid. C’est un artiste assez complet, qui fait du dessin, de la sculpture, de la mise en scène, des dessins animés ( d’ailleurs ses dessins animés sont très intéressants, entièrement réalisés au crayon, il part d’un dessin de base, prends une photo, efface un coup de crayon par ici en rajoute un par la, reprends une photo etc, jusqu’à avoir des court métrages basées sur une seule et même feuille de papier, un seul et même dessin. Ils sont sur YT si ça vous intéresse) . J’ai vraiment adoré adoré son travail ici.
En revanche, je trouve triste qu’un projet d’une telle envergure et sur un tel sujet nécessité encore un meneur « blanc » ; si ce n’était pas lui je ne pense pas que le projet aurait eu les fonds nécessaires pour voir le jour, et j’adore son travail, j’admire ce qu’il a fait, ce n’est en aucun cas une critique de lui, plutôt de la société dans laquelle on vit : je me languis du jour ou un artiste noir pourra créer ses propres pièces sur ce types de sujets sans l’aide des blancs ( dans le sens il peut se passer de leur aide, mais s’il en trouve des artistes blancs avec lesquels collaborer of course c’est cool, je parle de l’aspect financier du truc, je sais pas si je suis claire ).
En attendant que ce jour arrive, heureusement qu’il y a des artistes comme William Kentridge pour mettre en avant ce genre de sujet.

[NB : dans ce récapitulatif de la pièce lorsque j’évoque les gens sur scène je précise souvent la couleur de leur peau, c’est uniquement parce que c’est important vis-à-vis du sujet de la pièce, pas parce que dans la vie de tous les jours ca a la moindre incidence sur ma façon de voir les gens !!!]


Je ne sais pas si quelqu'un aura eu la foi de lire mon pave, merci a vous si c'est le cas :lol: :hug:
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WHAT ARE YOU DOING ???

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