La littérature par pays

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Ellie
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La littérature par pays

Message par Ellie » 04 juin 2015 - 01:03

Luna a récemment ouvert un topic sur la littérature russe, il existe un topic sur la littérature japonaise. Ça me donne l'occasion d'ouvrir un topic qui me trotte dans la tête depuis un moment mais que je ne savais pas trop comment formuler, sur ces littératures de différentes origines.

Qu'est-ce qui vous attire vers (et vous retient dans) la littérature d'une origine plutôt que d'une autre ? Y a-t-il des trucs que vous aimez dans l'une mais pas dans l'autre, ou que vous pardonnez dans l'une mais pas dans l'autre ?

Et pour ceux qui sont capables de lire couramment dans plusieurs langues (je veux dire par là qui sont capables d'apprécier le style de ce qu'ils lisent dans plusieurs langues, pas juste déchiffrer le sens) : y a-t-il une langue que vous préférez ? Si vous lisez les langues X et Y, et que vous lisez une traduction de la langue Z, aurez-vous une préférence entre les deux premières langues, ou ça vous est égal, la première traduction que vous trouvez est celle que vous lisez ?


Personnellement (et ne me tapez pas s'il vous plaît :mrgreen: ) la littérature française à tendance à m'insupporter (et par "française", j'entends "en français", donc que ça vienne du Québec ou de France c'est pareil). Les phrases kilométriques pleines de métaphores et de jolis mots qui sonnent creux, ça me sort par les trous de nez. Les romans qui n'ont pas de vraie intrigue, pareil, je trouve que ça tourne en rond, que l'auteur écrit pour s'entendre parler, et ça ne vient absolument pas me chercher ni me parler. Je pensais que c'était dans mes goûts et que ça serait pareil peu importe la langue, mais cette année j'ai lu deux livres en anglais comme ça, sans intrigue (il se passe des choses, mais on suit la vie d'une famille/d'un garçon, il y a pas d'événement déclencheur qui va dire comment se passe le reste de l'histoire, voyez ce que je veux dire ?), et avec des jolis passages où l'auteur se repose sur la beauté de ses mots. Et c'est deux romans que j'adore. Dans le premier, des fois, je m'arrêtais pour relire une phrase 2-3 fois, puis je la traduisais mentalement en français, et je grimaçais, parce que ça m'aurait rebutée dans un roman français.

Une amie avec qui on en parlait, qui lit à peu près trouzemille langues dont le français, l'anglais et l'italien, a le même avis que moi sur la question, et dit que les italiens font pareil aussi. Elle a émis la théorie que c'est peut-être une tendance langue romane vs langue anglo-saxonne, et j'ai trouvé l'idée super intéressante, parce que les romans en espagnol ont tendance à faire ça un peu aussi, même si je suis pas encore assez compétente pour pouvoir juger d'un style en espagnol.

Et du coup pour répondre à ma question sur les langues, quand je lis des traductions de l'espagnol, je me tourne plutôt vers l'anglais. Les descriptions pleines de jolis mots ont tendance à mieux passer dans cette langue. Pour les autres langues, idem, je le fais pas consciemment mais mon premier choix est toujours l'anglais, si je prends le français c'est que l'anglais est introuvable. Je sais pas si c'est une véritable préférence littéraire (stylistique) ou simplement que je préfère la langue anglaise à la française (bon, après on peut demander pourquoi j'écris juste en français et pas en anglais, mais là c'est une autre paire de manches :mrgreen: )


Et vous, donc ? Quelles sont vos opinions sur les littératures de différents endroits, de différentes langues ?
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flodalys
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Re: La littérature par pays

Message par flodalys » 04 juin 2015 - 09:10

Personnellement je ne regarde pas l'origine d'un livre, je regarde le résumé et si ça me plait je lis. Je lis en français presque exclusivement (la seule exception est ma tentative avortée au début du 7e tome pour lire HP en VO) J'ai pas le niveau pour lire une autre langue que le français.
Ellie a écrit :Les phrases kilométriques pleines de métaphores et de jolis mots qui sonnent creux, ça me sort par les trous de nez.
Heureusement y'a pas que ce genre de chose en français (même s'il y a beaucoup de grands auteurs, ou d'auteurs contemporains reconnus qui ont ce travers) malheureusement les auteurs qui font des phrases simples ne sont pas sur le devant de la scène.

Je comprends et partage ton avis sur ces textes volontairement alambiqués, juste pour le plaisir de montrer qu'on est fort pour manier une langue (je savais pas que c'était une pratique plutôt latine, tu me l'apprends)... bah j'aime pas, ça me saoule. Alors oui c'est peut-être beau (mais je n'y suis pas sensible) et ça ne raconte pas d'histoire, ou plutôt une histoire d'une banalité à pleurer qui avance tellement lentement que ça m'ennuie profondément. Du coup je préfère lire un livre de "littérature de jeunesse" ou un "roman de gare" où il se passe quelque chose qu'un Julien Gracq où il faut lire chaque phrase 3 fois pour en comprendre le sens et perdre le fil de l'histoire.
C'est ce genre de bouquins m'a fait arrêter la fac de lettres, j'avais perdus le goût de lire, soit je devais me farcir des livres indigestes (du moins indigestes pour moi, comme Julien Gracq, désolée pour les amateurs de cet auteur, mais je crois que c'est mon plus gros traumatisme littéraire) que je lisais sans aucune plaisir, soit je lisais un livre que j'avais choisi, mais je culpabilisais car j'étais à la bourre pour les lectures universitaires... J'ai retrouver le plaisir de lire en fac d'Histoire.

Alors désolée pour ceux qui aime ces œuvres pleines de structure alambiquée et de mot savants, mais pour moi c'est une littérature prétentieuse. "Regardez comme je suis fort, à quel point je maîtrise les structures alambiquées du français. Comment-ça vous avez besoin d'un dictionnaire pour comprendre le mot "catafalque" ? C'est si simple pourtant, je l'utilisais déjà quand j'avais 6 ans! " Bon j'exagère, mais cette forme de littérature comme toi me sors par les trous de nez pour reprendre ton expression.

Quand je lis j'ai besoin de voyager de me faire emporter dans un autre univers, une autre époque, un autre pays... de vivre l'histoire au côté de personnage, et ne pas devoir arrêter ma lecture genre "Ah...c'est trop beau cette association de mot ! c'est magique, et cette métaphore!!!!" cette façon de lire c'est vraiment pas mon trip. Si je veux la beauté des mots, pour la beauté des mots, je choisis un recueil de poèmes (en vers ou en prose)

Bref personnellement, je ne regarde pas l'origine géographique d'un livre, si le résumé me plais je me lance, si le livre est trop prise de tête j'abandonne, j'ai dans ma bibliothèque des livres qui d'après le résumé avait tout pour me plaire, mais près avoir lu quelques pages, j'ai trouvé le style trop lourd et j'ai abandonné (et oui, c'est bien souvent des livres francophones, je le conçois)
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Fleur d'épine
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Re: La littérature par pays

Message par Fleur d'épine » 05 juin 2015 - 01:57

Je réponds brièvement et j'espère que je suis bien dans le sujet !

Ellie a écrit :Qu'est-ce qui vous attire vers (et vous retient dans) la littérature d'une origine plutôt que d'une autre ? Y a-t-il des trucs que vous aimez dans l'une mais pas dans l'autre, ou que vous pardonnez dans l'une mais pas dans l'autre ?
J'avoue que je ne fonctionne pas vraiment par nationalité mais plus par époque et par style (ou par genre aussi, type roman policier, thriller, romance etc.). Si on prend l'exemple de la France, il y a tellement d'écarts entre les Anciens et les Modernes, les pièces de théâtres tragiques d'un Racine, les comédies d'un Molière, les tragi-comédies d'un Corneille (qui sont pourtant du même siècle!) et le théâtre romantique d'un Musset, entre les poèmes de Baudelaire et ceux de du Bellay, entre les romans de Voltaire, de Stendhal ou de Breton... Les règles changent, les styles aussi. Donc, concernant la France du moins, il est difficile de dire qu'un truc en particulier m'attire dans cette littérature car elle est beaucoup trop diverse. Après, c'est sûr que la langue française en soi me plaît beaucoup et je pense que la France peut être fière de ses écrivains.
Ellie a écrit :Personnellement (et ne me tapez pas s'il vous plaît :mrgreen: ) la littérature française à tendance à m'insupporter (et par "française", j'entends "en français", donc que ça vienne du Québec ou de France c'est pareil). Les phrases kilométriques pleines de métaphores et de jolis mots qui sonnent creux, ça me sort par les trous de nez. Les romans qui n'ont pas de vraie intrigue, pareil, je trouve que ça tourne en rond, que l'auteur écrit pour s'entendre parler, et ça ne vient absolument pas me chercher ni me parler.
Du coup, je ne comprends pas trop cette phrase :gne: Ok, il y a Proust qui fait des phrases kilométriques, il y a Julien Gracq apparemment (jamais lu), et d'autres comme Zola ou Flaubert de temps à autre, mais la littérature française c'est aussi des phrases sèches, automates, parfois très froides mais très fortes. Camus, par exemple : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. » : est-ce qu'on peut faire moins kilométrique que ça pour parler de la mort de sa mère ?

Je ne suis pas une fan des phrases TROP lourdes et alambiquées qui ont un air prétentieux. J'aime bien quand il y a de la poésie, oui, j'aime les descriptions qui sont à couper le souffle mais il me faut un juste milieu. Cela doit être bien dosé, cela doit nous évader, nous permettre de nous imaginer le décor parfaitement et nous perdre dans les mots (ou alors éveiller une réflexion !). Mais quand c'est "trop", j'avoue que j'ai du mal, moi aussi. Par exemple, je me sens plus proche d'un Camus ou d'un Céline que d'un Zola ou d'un Flaubert (mais j'aime beaucoup Zola et Flaubert aussi. C'est juste que leurs descriptions peuvent être un peu longues à mon sens, d'autant plus que je préfère la façon dont ils dépeignent leurs personnages et leurs faiblesses. Par contre, je ne dirai pas du tout que leurs phrases sont prétentieuses. C'est surtout une question de goût. Certaines de leurs descriptions sont littéralement à couper le souffle, d'autres m'ennuient plus. Par exemple, Zola, dans la Curée, j'avais adoré toutes les images relatives à la fenêtre et cet air qui manque à Renée (j'en ai une courte) "Elle ouvrit la fenêtre, elle regarda l'immense paysage. Là, rien n'était sali. Elle retrouvait les éternelles joies, les éternelles jeunesses du grand air. Derrière elle, le soleil devait baisser ; elle ne voyait que les rayons de l'astre à son coucher jaunissant avec des douceurs infinies ce bout de ville qu'elle connaissait si bien. C'était comme une chanson dernière du jour, un refrain de gaité qui s'endormait lentement sur toutes choses." et aussi toutes les images par rapport à l'argent, au Paris de l'époque, etc. Par contre, dans Germinal, j'ai eu du mal. J'ai aimé l'histoire, l'action, mais la description des mines, c'est génial d'un côté car Zola cherche le détail, la précision, il a absolument étudié son sujet et il sait de quoi il parle (bon, c'est un naturaliste après tout) mais je n'ai pas particulièrement accroché).

C'est vrai, j'ai l'impression que la littérature anglaise sera, "en général", plus "directe". J'aime beaucoup cette façon de faire aussi. Si j'étais parfaitement bilingue, je pense que j'aurais l'impression de plus me reposer en lisant en anglais qu'en français. Le style anglais a un petit quelque chose qui me plaît bien (mais comme je ne suis pas assez experte, difficile d'être précise sur le sujet). Après, je n'ai pas de préférence. Les Anglais ont l'air de passer moins de temps dans de longues descriptions mais il ne faut pas généraliser, et les longues descriptions ont parfois du bon. (Puis, encore une fois, c'est vraiment une question de goût).

Sinon, l'allemand. Je ne suis pas assez bonne pour lire en allemand mais j'ai le souvenir de poèmes qu'on avait appris en cette langue à l'époque. Je la trouve, étrangement, très poétique ; elle me plaît beaucoup. Bon, bien sûr, si on ne prend pas en compte la philosophie ultra technique de Kant (que, même en français, je ne suis pas sûre d'avoir tout à fait comprise x)). Mais même, prenons Nietzsche, Also sprach Zarathustra : on dirait de la poésie, alors que c'est de la philosophie. Goethe, Goethe, c'est magnifique. Je n'ai jamais pu oublier ce poème, Mignon; qu'on avait appris en seconde :

"Nur wer die Sehnsucht kennt
Weiß, was ich leide!
Allein und abgetrennt
Von aller Freude,
Seh ich ans Firmament
Nach jener Seite.

Ach! der mich liebt und kennt,
Ist in der Weite.
Es schwindelt mir, es brennt
Mein Eingeweide.
Nur wer die Sehnsucht kennt
Weiß, was ich leide!"


Je trouve ça particulièrement grandiose. Le mot pour la souffrance :--> leiden = souffrir, rien que ça, ce mot, je le trouve tellement approprié et beau et argh :coeur:

(traduction de ma part - donc ça va être un massacre :mrgreen:
"Seul celui qui a connu la nostalgie
peut comprendre/sait combien je souffre !
Seul et abandonné
De toute joie,
Je regarde le firmament
De ce côté-là.

Ah ! Celui qui m'aime et me connaît,
Est dans le vaste inconnu. (est bien loin...)
Ça m'étourdit, ça me brûle
mes entrailles.
Seul celui qui a connu la nostalgie
sait combien je souffre !"
)



Le grec, j'adore. J'avais lu des poèmes et des nouvelles pendant mes années d'apprentissage et, pareil, il y a une certaine poésie qui m'a prise directement. Je dirais plutôt "à l'anglaise" parce que ce ne sont jamais de longues phrases descriptives "à la française" ; les phrases sont souvent courtes d'ailleurs, mais les mots... Ils ont une sonorité particulière que j'aime profondément. "Ziteitai Elpis" = "A la recherche de l'espoir". Pff, j'adore (cette nouvelle, ce mot, Elpis, elpida, l'espoir). D'un côté, ce style me fait légèrement penser à Camus (dans le fond, en fait. C'est à la suite de 45, on cherche un nouveau but, un nouvel espoir mais tout paraît vain). Bref, Antonis Samarakis, gros coup de coeur. (Désolée, je me rends compte que je ne développe absolument pas mais il faudrait que je relise pour bien pouvoir m'exprimer)


Donc bref, je crois que j'attends, dans toutes les nationalités, qu'il y ait un minimum de poésie dans l'expression, de musicalité surtout, et si ce n'est pas le cas, un style froid mais saisissant, et un peu absurde. Que ce soit en français, en anglais, en grec ou en allemand. J'aime l'absurde, le surréalisme, j'aime le réalisme de Zola aussi, donc finalement, je ne recherche rien en particulier. Juste, quelques phrases de temps en temps pour m'évader et m'extasier, une bonne caractérisation des personnages (ça, c'est super important ! L'avancée du personnage, sa chute s'il y en a, ses défauts, ses qualités, sa cohérence, sa condition de héros ou anti-héros, la fatalité qui pèse sur lui, ou non, etc.), un minimum d'action quand même et voilà. Pas de phrases prétentieuses ni un style trop simplet. Par exemple, j'avoue m'être forcée à finir La délicatesse de David Foenkinos parce que je trouvais ça un peu trop simple et ça m'horripilait. (sans vouloir paraître snob ni rien ><)
Davantage depuis que j'écris ici, que je cherche un style propre, que je lis de plus en plus de bons auteurs... Je ne peux plus supporter des phrases trop simples (surtout s'il n'y a pas de fond...). J'ai envie qu'on m'emporte, que le style me coupe le souffle (mais pas forcément parce qu'il est compliqué vu que la prétention me déplait, moi aussi. Je serai autant époustouflée par un : "Le lendemain, l'hosto était désert. Les journées de lutte et d'action résolue, les grands coups qu'on cogne sec sont toujours de francs succès chez nous. Tout le monde reste au lit, ça ne gêne personne. Avec les vieux, la seule urgence, c'est la morgue, et encore il y a eu des cas, tiens, je préfère ne pas en parler…" (Thierry Jonquet, le Bal des débris, roman policier et auteur que j'ai découvert cette année, dont j'adore le style) qu'un « Quand je repense à ma jeunesse, j'ai l'impression que les jours s'envolent loin de moi en un tourbillon sans fin de pâles lambeaux pareils à ces blizards matinaux de papiers de soie chiffonnés que le voyageur voit voler en spirale dans le sillage du wagon panoramique. » (wow ! C'est pas un Français, par contre, vu que c'est Nabokov. Mais cette phrase, wow !). J'admire les deux, pour des raisons différentes, parce que chacun a son style qui est particulier et c'est ce que je recherche, l'originalité. Sinon, ça m'ennuie.

Je veux juste que ce soit un minimum recherché, surtout en français (alors qu'en anglais, je serai beaucoup plus indulgente vu que je ne maîtrise pas la langue ;)), et pas que je puisse me dire "j'aurais pu mieux écrire que ça!".
Et j'ai envie qu'on me touche, aussi. Si ce n'est pas par le style, il faut au moins que l'histoire soit différente et juste. Qu'on me parle de l'humain.


Ah et du coup, flodalys je ne suis pas d'accord avec toi.
flodalys a écrit :malheureusement les auteurs qui font des phrases simples ne sont pas sur le devant de la scène.
Pour moi, on est justement dans une époque où les auteurs qui font des phrases simples sont mis en avant. Les Julien Gracq etc. n'ont plus du tout la même popularité ! Quand on jette un coup d'oeil aux bestseller, entre la Trierveiller, les 50 shades, les Marc Levy, et même HP, je ne vois pas où se trouvent les auteurs au style compliqué ?
Ellie a écrit :Et pour ceux qui sont capables de lire couramment dans plusieurs langues (je veux dire par là qui sont capables d'apprécier le style de ce qu'ils lisent dans plusieurs langues, pas juste déchiffrer le sens) : y a-t-il une langue que vous préférez ? Si vous lisez les langues X et Y, et que vous lisez une traduction de la langue Z, aurez-vous une préférence entre les deux premières langues, ou ça vous est égal, la première traduction que vous trouvez est celle que vous lisez ?
Je ne sais pas si je peux réellement répondre à cela. J'ai lu 80 pages d'un GOT en anglais, à peu près 500 volumes d'un manga, quelques extraits et citations, plus des fanfictions, donc je ne pense pas être la mieux placée pour parler de cela. N'empêche, il y a une musicalité en anglais qui me fascine aussi. Et je sais qu'il y a des mots que je préfère largement en anglais, par exemple. De manière générale, lire le livre dans sa langue originale me paraît le mieux. Il m'arrive de penser que l'anglais est préférable que le français pour des passages en particulier - je veux dire, même dans des romans étrangers, ni anglais, ni français. Après, j'avoue que je suis aussi très attachée à la langue française en littérature donc j'aurais surtout tendance à tout lire en français (je ne maîtrise pas bien l'anglais), mais j'irai voir certains passages dans la VO si je peux la comprendre.

Pour reprendre l'exemple de Mignon de Goethe, je trouve les traductions anglaises et françaises bien faibles à côté de la VO. Juste pour ce passage : "Es schwindelt mir, es brennt / mein Eingeweide!" dont la sonorité accentue la puissance des mots, de l'émotion. A côté, je lis "It dizzies me, it burns/my guts." et je trouve ça horrible :mrgreen: En français, je trouve cela déjà un peu mieux "ça me rend fou, ça me brûle/mes entrailles" parce que le mot "entrailles" a ce quelque chose d'un peu guttural qui fait que....
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Satchrê
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Re: La littérature par pays

Message par Satchrê » 05 juin 2015 - 09:00

Beaucoup de choses à dire mais très peu de temps, alors je vais essayer de faire vite. De toute façon ça ne va pas être dur parce que je rejoins quasiment tout ce que disait Fleur d'épine :)

Ce qui m'attire le plus vers une littérature, ça peut être l'histoire du pays dans lequel elle s'inscrit, son cadre culturel. Je pense à la Russie par exemple, une terre qui me fascine grâce à des grands écrivains comme Pasternak. J'ai des blocages aussi, sans trop savoir d'où ils viennent, par exemple avec la littérature italienne (pourtant j'adore ce pays, cette langue, cette histoire, cette culture) et la littérature espagnole (pas la moindre accointance). Mais je marche essentiellement par époque, genre, thème ou auteur.

Il y a très peu de choses que je pardonne dans un livre parce que je suis une lectrice insupportable :mrgreen: Quand je pardonne quelque chose, c'est plutôt dans le genre "paralittéraire" : si l'auteur ne s'appelle pas Stephenie Meyer y a peu de chances que je supporte longtemps une histoire où il se passe "rien" (mauvais terme parce qu'il y a des histoires où il ne se passe rien (à tout hasard La Jalousie de Robbe-Grillet ♥) et qui sont plus qu'excellentes ! mais c'est parce que l'auteur a un style propre, que son texte a une âme, ce que, les fans me pardonnent, Meyer ne pourra jamais prétendre).

Je ne lis pas vraiment couramment dans d'autres langues. En anglais, je lis pas mal de romans, mais quand un texte devient plus "complexe" je mets pas mal de temps et je n'hésite pas à sortir le dictionnaire. Je vais lire des romans type HP, Roald Dahl, et des écritures pas trop compliquées comme Doris Lessing. Après j'ai lu beaucoup de classiques pour mes études, mais c'était dans un cadre précis et ça m'a demandé une très grande énergie. La plupart du temps, en anglais, je vais lire tout ce qui relève des phénomènes type Twilight, Hunger Games, Divergent, etc. parce que je trouve ça (désolée pour la prétention) pas bien écrit, vide, sans âme, il n'ya qu'une petite historiette qui se répète et je trouve ça tellement insupportable en français que passer par l'anglais me donne au moins l'impression de ne pas perdre totalement mon temps. En allemand, mon niveau a trop chuté ces dernières années pour que je puisse lire la belle littérature qui m'attire (Goethe :coeur: ). Je galère déjà avec les nouvelles donc les romans et la poésie... Et j'aimerais beaucoup apprendre le russe (quand j'aurais le temps ^^) pour pouvoir lire en VO. Finalement ce que je lis le plus en VO c'est le latin mais vous allez me rétorquer que ça ne compte pas.

Pour les traductions je suis extrêmement pénible et je n'hésite jamais à arrêter ma lecture quand un texte traduit est mal "écrit". Par contre je n'ai pas vraiment d'astuces pour choisir les traductions. La seule constante étant que quand je lis une traduction c'est toujours le texte étranger traduit en français (exception faite d'HP). Mais je n'ai jamais repéré d'édition en particulier, je feuillette plusieurs traductions.


Du coup, ce qui me retient dans un livre, c'est son âme. Je déteste lire un livre et avoir l'impression de déjà connaître l'histoire parce que l'auteur ou la collection publie toujours le même type de romans. Y a des trucs comme ça c'est un peu comme les dramiones de bas étage finalement :mrgreen: Après c'est vrai, j'aime la langue française quand les écrivains la maîtrise. Je pourrais passer des heures à lire Proust et Chateaubriand même s'ils ne racontaient que des conneries, le premier parce qu'il a une écriture si latine et une manière si profonde de dire les choses que c'est époustouflant, et le deuxième parce qu'il se dégage plus de poésie d'une seule de ses phrases que de tous les textes de certains poètes. J'aime quand une phrase me transporte pendant vingt lignes, par sa structure, son vocabulaire, sa poésie. J'adore me plonger dans Cicéron parce que le génie naturel qui se dégage de ses périodes et de ses envolées rhétoriques me laisse pantoise. Pour moi la littérature n'existe que là où la langue est maîtrisée et exploitée au moins dans un ou deux de ses aspects.

Bien sûr je ne lis pas que ça et on pourrait me rétorquer qu'une de mes lectures préférées est Harry Potter. Ai-je réellement besoin de développer, ici, pourquoi le considère J.K.Rowling comme une bonne écrivaine et pas Meyer ou Riordan ? Ai-je réellement besoin de parler de la magie qui imprègne ses textes, des réflexions qui poussent presque les romans dans une catégorie littérature d'apprentissage ? Et puis une langue plus que correcte. Il y a Pierre Bottero aussi, auteur de jeunesse. Oui mais le jour où Lévy, Gavalda, Musso, Pancol et tous ces autres, parviendront à manier le français (notamment au niveau lexical), à insuffler de la poésie à chaque phrase comme Bottero le faisait, alors on en reparlera. La simplicité apparente de l'écriture n'est pas synonyme de simplicité tout court, en tout cas pas chez un Pierre Bottero ou un Erik L'Homme.

Et si je blablate là-dessus, que je dis tout ça, c'est pour bien montrer que quand je dis que là où il n'y a pas de style il n'y a pas de littérature je ne cherche pas le style d'une manière purement classique, conventionnel voire passéiste. J'ai besoin d'émotions, qu'un texte soit rendu vivant par la force des mots, et que ça me retourne à l'intérieur, parce que sinon autant lire Gala.
Fleur d'épine a écrit :
Ellie a écrit :Personnellement (et ne me tapez pas s'il vous plaît :mrgreen: ) la littérature française à tendance à m'insupporter (et par "française", j'entends "en français", donc que ça vienne du Québec ou de France c'est pareil). Les phrases kilométriques pleines de métaphores et de jolis mots qui sonnent creux, ça me sort par les trous de nez. Les romans qui n'ont pas de vraie intrigue, pareil, je trouve que ça tourne en rond, que l'auteur écrit pour s'entendre parler, et ça ne vient absolument pas me chercher ni me parler.
Du coup, je ne comprends pas trop cette phrase :gne: Ok, il y a Proust qui fait des phrases kilométriques, il y a Julien Gracq apparemment (jamais lu), et d'autres comme Zola ou Flaubert de temps à autre, mais la littérature française c'est aussi des phrases sèches, automates, parfois très froides mais très fortes. Camus, par exemple : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. » : est-ce qu'on peut faire moins kilométrique que ça pour parler de la mort de sa mère ?
Fleur d'épine a écrit : Ah et du coup, flodalys je ne suis pas d'accord avec toi.
flodalys a écrit :malheureusement les auteurs qui font des phrases simples ne sont pas sur le devant de la scène.
Pour moi, on est justement dans une époque où les auteurs qui font des phrases simples sont mis en avant. Les Julien Gracq etc. n'ont plus du tout la même popularité !
C'est le grand passage où je rejoins ce que dit Fleur d'épine parce que j'avoue que je n'ai pas non plus compris ce que vous disiez :gne:

Je trouve aussi qu'il faut se méfier des "premières" impressions. Gracq est un auteur très spécial et ce n'est pas parce qu'on arrive pas à accrocher qu'il faut considérer qu'il est représentatif dans la catégorie "longues phrases" (j'ai le droit de préciser à quel point je trouve bête de ranger des auteurs dans un groupe de ce genre ? surtout quand on y met ensemble Zola, Proust et Gracq). Et Zola est un auteur dont on a tendance à ne pas lire les romans les plus "accrocheurs", du coup ça plombe pas mal ce qu'on pense de lui.

Tu as pas eu de chance Flo' dans tes études. Aujourd'hui tu serais surement plus heureuse à la fac, parce qu'entre les parcours éditions jeunesse et les études XXIe en lettres modernes, les mémoires sur Anna Gavalda pleuvent et on a vraiment plus aucun problème pour étudier ce qu'on veut :wink:
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flodalys
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Re: La littérature par pays

Message par flodalys » 05 juin 2015 - 09:51

Ah et du coup, flodalys je ne suis pas d'accord avec toi.
flodalys a écrit :malheureusement les auteurs qui font des phrases simples ne sont pas sur le devant de la scène.
Pour moi, on est justement dans une époque où les auteurs qui font des phrases simples sont mis en avant. Les Julien Gracq etc. n'ont plus du tout la même popularité ! Quand on jette un coup d'oeil aux bestseller, entre la Trierveiller, les 50 shades, les Marc Levy, et même HP, je ne vois pas où se trouvent les auteurs au style compliqué ?[/quote]


En fait je parle plus des livres encensés par la critique ou qui mérite une place en fac de lettres, quand je parle du "devant de la scène" Marc Levy et bon nombre d'auteurs ayant un succès populaire sont regarder avec condescendance par ces milieux, j'ai même entendu dire (avec le ton méprisant qui va avec) que c'était de la "sous-littérature". Effectivement Levy a des phrases simples, il ne se prend pas la tête, j'en ai lu quelques uns, ce sont des histoires sans prétention, pas désagréables, même si j'ai jamais éprouvé l'envie de les relire. C'est peut-être pas de la grande littérature, mais j'ai passé un moment agréable et parfois j'en demande pas plus.

Trierveiller je n'ai jamais lu, et le seul livre dont j'ai entendu parlé c'est celui où elle règle ses compte avec Hollande déjà de base je ne vois pas d'intérêt littéraire dans un tel ouvrage, et en plus ça ne m’intéresse pas, alors je ne peux pas juger de son style, mais je doute que ce livre soit un jour étudier, ou alors en fac d'Histoire en temps que témoignage très subjectif à prendre avec des milliers de pincettes.

50 shades (pas lu non plus donc je ne peux pas juger du style) et Harry Potter ne sont pas à l'origine en langue française, donc il ne peuvent pas être concerner par ce style apparemment latin que dénonce Ellie (a plus forte raison que Harry Potter est un ouvrage de littérature de jeunesse dans lesquels les phrases sont souvent simples :wink: )

Bref tout ça pour dire que je n'ai pas voulu dire les livres avec des phrases simples ne sont cachés derrières des milliers de livres aux structures syntaxiques alambiqués, mais que ces ouvrages qui ont un succès populaire sont bien souvent méprisés. On a le droit de ne pas aimer bien sûr, mais je trouve que le mépris affiché par certains est tel qu'on a l'impression d'être de la m*rde si on lit du Marc Levy (c'est ce que j'ai ressenti en entendant un critique littéraire une fois)

Je pense qu'en effet, les phrases alambiquées c'est plus du XIXe et une partie du XXe siècle, mais il est vrai que j'évite comme la peste les livres mis en avant par les critiques ou les prix littéraire, j'ai tellement peur de me retrouver avec une lecture prise de tête, où la beauté de la langue passe avant l'histoire. C'est peut-être un apriori de ma part, mais c'est comme ça, du coup je ne sais pas s'il y a encore beaucoup de phrases kilométriques dans la littérature française contemporaine.

Sinon pour dire à quel point je ne m'intéresse pas à l'origine géographique d'un livre, il m'est arrivé de comprendre en milieu de lecture que l'auteur n'était pas français (c'était un roman historique qui se passait en France) et ce grâce à une note du traducteur. :lol:

Satchrê a écrit : Gracq est un auteur très spécial et ce n'est pas parce qu'on arrive pas à accrocher qu'il faut considérer qu'il est représentatif dans la catégorie "longues phrases"
Je sais pas j'ai lu qu'un seul livre de lui et tous les camarades de fac avec qui j'en ai parlé trouvaient ces phrases imbuvables. Je me rappelle qu'on faisait le même trajet de train avec une fille de la promo et on tentait toute les deux de lire pendant le trajet et son "Yes!! j'ai du lire la phrase que 2 fois avant de la comprendre!" est un moment mémorable. :lol:
Satchrê a écrit :Tu as pas eu de chance Flo' dans tes études. Aujourd'hui tu serais surement plus heureuse à la fac, parce qu'entre les parcours éditions jeunesse et les études XXIe en lettres modernes, les mémoires sur Anna Gavalda pleuvent et on a vraiment plus aucun problème pour étudier ce qu'on veut :wink:

Les parcours dépendent des facs, en fonction des spécialités des profs mais c'est vrai qu'avec parcours littérature de jeunesse, je me serais régalée. :wink:
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Ellie
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Re: La littérature par pays

Message par Ellie » 05 juin 2015 - 14:48

Tention, quand je parle du style latin/langue romane, c'est juste une théorie de mon amie parce qu'on a remarqué la même chose en français, en italien et possiblement en espagnol, contrairement à l'anglais ;) C'est pas une vraie théorie officielle.

Après, je sais que j'ai généralisé un peu, que c'est pas tous les romans en langue française qui sont écrits comme ça, avec des longues phrases, toussa. Mais c'est quand même un style qui est je trouve plus prédominant en français qu'en anglais, les deux langues que je lis, et qu'à force de tomber sur des romans français qui ne me plaisaient pas à la lecture (que ce soit au hasard à la bibliothèque ou des classiques imposés à l'école), j'ai fini par me tourner assez naturellement, et presque exclusivement, vers l'anglais, une langue où j'avais bien plus de chances de trouver quelque chose que j'aime,

Fleur et Satch, vous parlez d'âme, mais moi c'est le contraire, dans un roman je vais donner plus de poids à l'histoire qu'au style de l'auteur. HP, HG, les histoires me fascine mais on peut s'entendre que le style des auteurs est rien de particulièrement spécial, mais j'adore. Les livres qui n'ont pas vraiment de "plot", pas vraiment de structure, qui se reposent presque entièrement sur le style de l'auteur (que les phrases soient longues ou pas), ça ne me parle absolument pas. Quand je lis, c'est pour lire une histoire, pas pour monter un autel à un auteur et ses jolies phrases.

Après, j'ai lu une traduction anglaise d'un roman japonais et j'ai détesté, donc l'anglais ne corrige pas tout :lol: Et il y a quand même des livres en français que j'adore (deux de mes livres préférés sont en français), donc je suis pas complètement hermétique à la langue. Juste qu'au fil du temps, mes goûts m'ont menée ailleurs.
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Vifdor
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Re: La littérature par pays

Message par Vifdor » 05 juin 2015 - 19:54

Ellie a écrit : la littérature française à tendance à m'insupporter (et par "française", j'entends "en français", donc que ça vienne du Québec ou de France c'est pareil). Les phrases kilométriques pleines de métaphores et de jolis mots qui sonnent creux, ça me sort par les trous de nez.
Tu as essayé des auteurs du mouvement des Hussards ? Ils sont célébres pour leur ton laconique, ça te brancherait peut être. :lol:

Perso je lis que des traductions françaises, les seules que j'ai tenté de lire en langue originales, c'est des auteurs italiens, à une époque ça allait mais j'ai tellement perdu de vocabulaire dans cette langue que ça devient un désagréable déchiffrage pas fluide.
J'aime beaucoup les auteurs chinois contemporains et pas mal d'écrivains états-uniens (je n'ai jamais été déçu par un prix Pullitzer par exemple). Pour les auteurs chinois je pense qu'il y a une recherche d'exotisme, pour les auteurs US, c'est souvent des histoires très sociales dont le ton va me plaire, mon auteur préférée Annie Proulx en est un bon exemple.

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Pattenrond
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Re: La littérature par pays

Message par Pattenrond » 25 juin 2015 - 04:34

Je déteste lire des romans en français. Je ne lis presque exclusivement en anglais et en espagnol, mais ce n'est pas pour les mêmes raisons qu'Ellie. C'est surtout que la plupart des livres français que je trouve sous ma main sont des traductions de l'anglais et il n'y a rien que je déteste plus que les traductions françaises, car elles sont faites en France (et donc elles ne sont pas dans MON français). Après, j'avoue qu'il y a beaucoup de classiques français que je n'ai pas aimé non plus parce qu'ils ne se passaient pas grand-chose dans ces romans. Mais bon.

Voilà, j'aime lire en anglais. Le grand problème du français, selon moi, c'est les temps de verbe. Ou plutôt les temps de verbe au passé. Du passé simple, surtout pour les oeuvres récentes, ça peut faire très bizarre (il me semble que le passé simple dans Twilight, c'était pas une réussite). L'anglais n'a pas ce problème. Et puis, une chose que j'ai remarqué est qu'à un moment, je relisais en anglais des livres dont j'avais déjà lu la traduction avant et une chose que j'ai remarqué est qu'en anglais, c'était la mode de mettre certains titres qui commencent toutes avec la même lettre (par exemple, dans HP, «Hermione's Helping Hand». D'ailleurs, HP en anglais :coeur:

Après, pour l'espagnol, je lis en Espagnol davantage pour améliorer mon Espagnol que pour pouvoir lire des grandes oeuvres de littérature espagnole et latino-américaine en langue originale. Donc, je vais à la bibliothèque dans la section espagnole et je prend le premier livre dont le résumé a l'air pas trop mal. Jusqu'à maintenant, j'ai lu surtout des traductions espagnoles (dont une traduction d'un roman québécois et beaucoup beaucoup d'Agatha Christie). Je pense que j'ai aimé la plupart des romans que j'ai eu lu en langue castillane, donc si ça peut t'intéresser Ellie, je ne lui reproche rien, mais bon, c'est sûr que dans un Agatha Christie, on s'en fout pas mal de la langue.
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The Night Circus
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Re: La littérature par pays

Message par The Night Circus » 25 juin 2015 - 06:10

Comme je ne parle que français et anglais (j'ai lu un peu en espagnol aussi, mais pas au même niveau) je peux principalement parler de ça.
Je voulais revenir sur les différences langue anglophone / langue romane dont parlait Ellie. J'avais un prof de traduction à la fac qui était excellent, et j'aimais beaucoup sa façon de nous expliquer comment passer d'une langue à l'autre avec le français et l'anglais. Il disait que l'anglais c'était comme du miel; ça coule, ça se déverse en flot compact et continu. Le français à l'inverse est comme un torrent, ou une rivière de montagne juste après la fonte des neige, c'est vif, ça bondit d'un caillou à l'autre. Lorsqu'on faisait de la version, il nous citait souvent Les tontons flingueurs (si si :mrgreen: ) lorsque Blier dit qu'il va faire exploser Lino Ventura "Je dynamite, je disperse, je ventile". donc pour transformer un texte anglais en texte français, il fallait le ventiler.
Je comprends parfaitement ce qu'il veut dire, j'ai toujours cette image en tête quand je traduis quelque chose d'ailleurs. Je ne sais pas si c'est clair sans ses mimiques ceci dit :lol:

Aussi, juste pour dire, lorsque vous parlez de livre où il ne se passe pas grand chose mais qui des fois sont bien quand même, ça m'évoque pas mal Virginia Wolf. La plupart des gens que je connais adore ou détestent, y'a jamais de milieu; perso j'aime beaucoup. C'est le mouvement littéraire du "Stream of counsciousness" qui se laisse porter par le flux des pensées. Une minute de l'histoire racontée peut prendre quatre chapitre, et dix ans peuvent ne durer qu'une page. C'est un rythme spécial, mais une fois rentrée dedans j'ai adoré.

Sinon, comme j'ai fait des études de littérature anglaise, forcément passé un moment je ne lisais exclusivement QUE des livres anglophones, et pour ce qui est de la littérature / pays, y'a aussi de grosses différence d'un pays anglophones à un autre.
Par exemple, les quelques livres sud africains que j'ai lus ( comme Disgrace ou A dry white season ) sont des livres très très durs, très secs. Un peu comme se prendre un coup de poing dans les dents. Je n'ai jamais eu un effet aussi sec des bouquins d'autres pays (Disgrace et A dry white saison ne sont pas du même auteur, mais les deux sont sud'af'). Forcément c'est imprégné par l'histoire compliqué et violente du pays.

Pour la littérature américaine, J'ai souvent l'impression qu'elle est plus libre, plus innovatrice, moins codifiée que la littérature britannique, même chez les classiques américains; ceci dit, elle est forcément plus récente dans son ensemble également. En terme de poésie, j'adore Walt Whitman et Emily Dickinson, qui me laissent un souvenir de structuré déstructuré, et j'aime beaucoup aussi la Génération Perdue avec Fitzgerald en tête de file (the Great Gatsby est un roman très court mais que j'avais adoré étudié). Pis y'a Mark Twain, avec lequel j'ai vraiment, vraiment du mal. Tom Sawyer me laisse complètement indifférente; j'ai adoré étudier Huckleberry Finn, livre à la fois ingénieux et profondément intelligent, mais le lire pour le plaisir, non. Même si j'ai eu plaisir à l'étudier.

Dans ma tête l'alter ego de Twain au Royaume Uni c'est Dickens, parce que j'ai la même réaction aux deux : livre que je n'ai aucun plaisir à lire (arriver au bout des Great exectations a été une plaie) mais que j'ai bizarrement aimé étudier.
Pour parler de la littérature britannique en général, je vais peut-être pas m'y lancer, parce qu'elle est trop vaste, ou plutôt que je la connait trop pour être concise.
J'adore Geoffrey Chaucer, l'un des premiers écrivains anglais; sa façon de manier différents registres de langue m'enchante dans les Canterburry Tales, c'est vif, c'est vivant, ses descriptions de personnages je les trouve vraiment géniales parce qu'elles sont hors des sentiers battus et en même temps dressent des portraits incroyablement vivants. en général j'aime beaucoup la littérature médiévale jusqu'aux débuts de la renaissance; c'ets surprenant, ça part souvent dans tous les sens. Lorsque je lis ces vieux lais, j'ai vraiment l'impression d'une créativité bouillonnante que je ne retrouve pas dans une littérature plus tardive qui s'est codifiée. Ceci dit, la littérature médiévale me fait la même impression quel que soit son pays d'origine (même si j'ai principalement à l'esprit la littérature française, anglaise et italienne pour le coup). (Je ne parle pas de Shakespeare pour ne pas faire un post long comme un jour sans pain; mais bon on appelle l'anglais la langue de Shakespeare docn fallait quand même que je le mentionne ) :mrgreen:

Juste un truc à savoir : le livre très largement considéré par les critiques / historiens comme étant le premier roman de langue anglaise est Robinson Crusoe, écrit par Daniel Dafoe en 1719. C'est très récent en fait le principe du roman; ce qui vient avant sont des pièces de théâtres, des poèmes (même très longs, genre le Paradis Perdu, dix bouquins pour un même poème, aouch), des allégories (genre le "Pilgrim's progress" ) mais pas des romans.
Après j'adore les romans à tendance gothique, type Dracula, Frankenstein et Wuthering Heights, pour ne citer que les plus connus. Je sais qu'il y a aussi un un mouvement gothique en france, mais je suis plus sensible au mouvement gothique anglophone (sans oublier l'américain Edgar Poe).

Sinon, pour les littératures et pays que j'aime bien, j'ai un gros faible pour la littérature russe. j'aime bien Tolstoï et Tcheckhov, mais mon préféré est Dostoïevsky. J'adore les frères Karamazov. Je trouve un côté passionnel qui m'enchante dans la littérature russe, une passion un peu féroce avec quelque chose de, je ne sais pas, mortuaire, un sentiment de fatalité omniprésent, qui bizarrement me rappelle un peu certains poèmes et musiques espagnoles. A priori, aucun rapport entre l'Espagne et la Russie, entre un pays latin et un pays slave, mais j'ai vraiment un sentiment identique de passion et de fatalité face aux livres des deux pays que je ne trouve dans aucune autre littérature, ou en tout cas pas à ce point là. Mais peut-être que c'est juste moi qui suis bizarre.

Tiens, pour parler de littérature espagnole d'ailleurs, j'aime le peu que j'en connais. Un mot tout de même de l'Espagne arabe médiévale : la poésie arabe espagnole est une expérience limite unique en son genre. Je voudrais pratiquer l'arabe littéraire pour les lire dans le texte. C'est d'une beauté...
D'ailleurs j'aime beaucoup la littérature arabe. Rien ne m'invite autant aux rêve que les contes des Milles et une nuit.

Pour la littérature française, j'avais un moment où je ne l'aimais plus du tout, j'avais la tête trop dans la littérature anglophone, le français ne m'attirait plus. Je l'ai redécouvert en master, avec "Le procès Néron" de Pierre Grimmal, qui m'a fait redécouvrir et ré-apprécié ma langue maternelle. Aujourd'hui, je me rends compte qu'au final, le français est aussi un très belle langue de littérature. J'ai du mal avec Flaubert, Balzac et compagnie, mais après tout ces gars là ne sont qu'une portion de la littérature francophone, qui est tout de même très vaste.
Vous avez cité plus haut Camus, bon sang, j'adore Camus aujourd'hui, ou Boris Vian, ou Prosper Mérimée (Carmen est une nouvelle que je trouve fantastique. Quand je la lis, j'ai l'impression d'être en Espagne avec eux, Mérimée a un pouvoir d'évocation qui m'enchante) . La littérature médiévale française (les poèmes médiévaux de Verlaine, la Chanson de Rolan, Trisant et Yseult, le roman de Renart, les différents textes de légendes arthuriennes); tout ça c'est magnifique. J'aime beaucoup La fontaine aussi, même s'il a beaucoup reprit des histoires grecques, mais je ne changerais pas une virgule à ses textes, ils sont "au poil" ; la culture théâtrale avec Racine et compagnie, les textes des lumières, qui ont fait marque dans l'histoire, tout ça au final c'est de la belle littérature, qui raconte des choses. Parce que j'ai du mal avec la littérature française du 19ème siècle et de la seconde moitié du 20ème, (Zola excepté) j'ai fermé les yeux pendant trop longtemps sur une littérature extrêmement riche et, oui, belle. Et puis l'exemple qui me vient à l'esprit aussi question poètes francophones mais pas français : Léopold Sédar Sanghor, qui fait de la magie avec les mots, vraiment.
Par contre en français contemporain, la seule qui me plaise c'est Fred Vargas :mrgreen: . Elle est auteure de roman policiers, elle a un style bien à elle et je me régale à la lire.

Ahem, valà, désolée pour le poste mille fois trop long :oops:
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