Redonne un sens à ta vie... XD

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Vifdor
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Redonne un sens à ta vie... XD

Message par Vifdor » 23 avr. 2007 - 22:29

*le titre est une allusion à une chanson des inconnus pour ceux qui comprendraient pas. ^^ *

On avait déjà ce genre de topic sur l'ancien forum, je relance on verra bien... même s'il de vite tomber dans l'oubli si j'en crois la popularité de l'ancien topic... XD

Alors c'est un topic pour nous faire partager des poésies qui vous plaisent spécialement...

Je commence en vous mettant une spécial dédicace à WW. :mrgreen:
Baudelaire a écrit : UNE CHAROGNE
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dît que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes baisers décomposés !

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Whitewolf
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Message par Whitewolf » 23 avr. 2007 - 22:32

C'est bien ce que je dis, faut être shooté pour écrire ça... Mais il parait que c'est bien. au moins t'as pas choisi un de ceux que j'aime le moins 8)

Dans un style nettement plus classique, mais tout aussi joyeux
« Je n’ai plus que les os... »

Pierre de Ronsard

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon œil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant le face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place
Comment je me sens quand je résous les problèmes de clients :
Image

Les 10 commandements de l'informatique : Dans le doute, reboote. Si ça rate, formate.

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Vifdor
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Message par Vifdor » 23 avr. 2007 - 22:46

une petite contemporaine... enfin un extrait, puisque la poésie fait trois pages... :wink:
Franck Laroze a écrit :Je suis l'homme
l'homme
avec sa bouche d'ombre
et ses cris de lumiére
ses venins et ses mystéres
l'homme de boue et de sang
l'homme assi sur ses crimes
homme debout tendu vers les cimes
avec ses meutres étincellants en bandoulliére
les pieds rivés à ses litanies de carnage
les os vissés à ses cortéges d'espoir
liane terreuse au sexe d'acier
visage émacié et yeux terrifiés
lévres séches et coeur clos
immense et dérisoire

[...]

Je suis l'homme
la folie est ma raison
le chaos mon harmonie
le vertige mon prestige
l'homme debout face au néant
l'homme convulsé
révulsé
l'homme
et rien en me sauvera
rien
sinon le sourire de n'être rien.

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Julia E. Harrington
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Message par Julia E. Harrington » 23 avr. 2007 - 23:13

:oops: C'est un duel entre Whitewolf et Vifdor ou c'est-y qu'on peut s'incruster ? Bon... ^^ bah, je vais m'incruster ;)
Gérard de Nerval a écrit :El Desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

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Nyctalope
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Message par Nyctalope » 24 avr. 2007 - 06:33

Viiiiiiiiiiif tu m'as piqué MA poésie :cry: Que mon papa me lisait avant de me coucher, quand j'avais moins de 10 ans :lol: Il la lisait avec le ton et tout, et moi j'étais morte de rire XD

Imaginary_night
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Message par Imaginary_night » 24 avr. 2007 - 07:29

Vif, je ne m'étonne pas quant à ton choix. C'est tout à fait toi :lol:


Louis Aragon - Il n'y a pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux
A mes yeux, Louis Aragon savait mettre des mots sur les maux de l'âme. C'était un génie des mots ^^



Sinon je retrouve plus l'Ode au trou du cul de Rimbault, dommage :lol:

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Vifdor
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Message par Vifdor » 24 avr. 2007 - 12:05

allez encore...
Jean Richepin a écrit :Ballade du Roi des Gueux


Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins,
Et marmousets, et marmousettes,
Tas de traîne-cul-les-housettes,
Race d'indépendants fougueux !
Je suis du pays dont vous êtes :
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que la bise des matins,
Que la pluie aux âpres sagettes,
Que les gendarmes, les mâtins,
Les coups, les fièvres, les disettes
Prennent toujours pour amusettes,
Vous dont l'habit mince et fongueux
Paraît fait de vieilles gazettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que le chaud soleil a teints,
Hurlubiers dont les peau bisettes
Ressemblent à l'or des gratins,
Gouges au front plein de frisettes,
Momignards nus sans chemisettes,
Vieux à l'oeil cave, au nez rugueux,
Au menton en casse-noisettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

Ô Gueux, mes sujets, mes sujettes,
Je serai votre maître queux.
Tu vivras, monde qui végètes !
Le poète est le Roi des Gueux.

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Nyctalope
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Message par Nyctalope » 24 avr. 2007 - 13:08

(cette fois je poste dans le bon topic :mrgreen:)
edit vif : (wouahhhhhh :mrgreen:)

Désolée de ne pas sortir de Baudelaire mais je ne connais pas grand chose en poésie
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
("Recueillement", de Charles Baudelaire)

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Verowyn
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Message par Verowyn » 25 avr. 2007 - 13:17

Julia, j'aime beaucoup ce poème de Nerval !

J'aime aussi beaucoup Mallarmé, ici le poème "Apparition".
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
Lylene, ne me frappe pas. Après tout, j'ai le droit d'aimer Stéphane. Et pis, une fois n'est pas coutume, mais ce texte est compréhensible, non?

Sinon, je m'étonne de voir lancer un topic sur la poésie par quelqu'un dont le troisième point du programme présidentiel était de supprimer les facs de lettres parce que ça rend les gens bizarres... :wink:
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Vifdor
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Message par Vifdor » 25 avr. 2007 - 16:24

Verowyn a écrit : Sinon, je m'étonne de voir lancer un topic sur la poésie par quelqu'un dont le troisième point du programme présidentiel était de supprimer les facs de lettres parce que ça rend les gens bizarres... :wink:
On peut aimer la poésie et pas les gens qui bossent dessus. :mrgreen:
Alfred de VIGNY a écrit :Le cor

I
J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.

Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.

Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.

Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !

II
Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore.
"Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;

"Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
"Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
"Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."

"Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà."
Et du plus haut des monts un grand rocher roula.
Il bondit, il roula jusqu'au fond de l'abîme,
Et de ses pins, dans l'onde, il vint briser la cime.

"Merci, cria Roland, tu m'as fait un chemin."
Et jusqu'au pied des monts le roulant d'une main,
Sur le roc affermi comme un géant s'élance,
Et, prête à fuir, l'armée à ce seul pas balance.

III
Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées,
De Luz et d'Argelès se montraient les vallées.

L'armée applaudissait. Le luth du troubadour
S'accordait pour chanter les saules de l'Adour ;
Le vin français coulait dans la coupe étrangère ;
Le soldat, en riant, parlait à la bergère.

Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
Assis nonchalamment sur un noir palefroi
Qui marchait revêtu de housses violettes,
Turpin disait, tenant les saintes amulettes :

"Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
"Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
"Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
"Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.

"Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
Ici l'on entendit le son lointain du Cor.
L'Empereur étonné, se jetant en arrière,
Suspend du destrier la marche aventurière.

"Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
"Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
"Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée
"Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."

Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux
Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux.
Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe,
Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland
"Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
"Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
"Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !

IV
Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ;
L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
Des feux mourants du jour à peine se colore.
A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.

"Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
"J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant
"Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
"Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire,
"Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."

Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !

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Lilas
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Message par Lilas » 26 avr. 2007 - 09:59

Un poème très connu que j'aime beaucoup(parmis tant d'autres...):

Le Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire (recueil: alcools)
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

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Kaly_Nigellus
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Message par Kaly_Nigellus » 26 avr. 2007 - 10:13

Mon poème préféré... et une dédicace aux auteurs qui errent en ces lieux :wink: !!
Voici comment mon maître à penser voyait l'inspiration...

Jacques Prévert - Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage
Avec une porte ouverte
Peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attrendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraicheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau

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Verowyn
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Message par Verowyn » 26 avr. 2007 - 10:18

Moi aussi j'adore Apollinaire.
Nuit rhénane

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire
Vifdor, d'un côté, on brise le mystère de la poésie en lui faisant souffrir la violence d'une analyse.
Mais si on se contente d'une simple lecture, on passe, à mon avis, à côté de beaucoup de choses. et c'est dommage.
Je crois qu'il s'agit de trouver un juste milieu.
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Ramses II
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Message par Ramses II » 27 avr. 2007 - 12:36

Un Poème sur une des merveilles de l'Egypte.



LE SPHINX


Dans la nuit claire et froide où l'air semble gelé,
Engourdi, frissonnant, sous la clarté lunaire,
Le grand sphinx de granit compte ses millénaires
Et revit solitaire les splendeurs du passé
Le sable mollement roule son étendue,
Et le scintillement des facettes polies
Brille comme mille feux d'ardentes pierreries,
Merveilleuses parures et gemmes inconnues.

La lune aux yeux bleus coule son disque jaune,
Ses reflets opalins, dans ses orbites creux,
Donne au sphinx l'attitude trompeuse
Du sommeil menaçant que simulent les fauves.

Sur l'immensité du désert sans borne,
Silencieux, figé dans sa robe hiératique,
Sur son socle rigide, la face énigmatique
S'appesantit pensive, dure, farouche et morne.

Et superbe gardien des siècles disparus,
Survivant éternel de l'antique débâcle,
Comme un cheval sauvage qui soudain renâcle,
Dans la nuit noire surgissent des êtres déjà vus,

Leurs fantômes ailés repeuplent le désert
Et leurs pas talonnant ont fait crier le sable,
Le sphinx mystérieux, pensif et vénérable
Regarde tournoyer ces monstres de l'enfer.

Resurgis du passé, ils défilent en cadence :
Grands colosses de pierre à tête de bélier,
Sphinx, griffons, ibis, pharaons et guerriers
Tous viennent une nuit pour la dernière séance...

Sous les rayons blafards de la lune nostalgique,
Déroulant lentement leur émouvant cortège,
Les colosses de granit et les fantômes de neige
Semblent les seuls survivants des hordes fantastiques

Alors quand l'aube paraît soudain à l'horizon,
Ces ombres disparaissent avec flûtes et sistres
Ayant tous achevé leur dernier tour de piste !
Seul, le Colosse de sable figé, rêve sa vision.

Voyageurs qui cherchez la clef d'anciens mystères
Dans le silence des dunes une voix vous appelle
Un pharaon de pierre interpelle les mortels
Pour leur dire que leur corps n'est que de la poussière...

Arthur Rimbaud (1854-1891)
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Les loups-garous n'aiment pas.
Les aurors ne sont pas maladroits.

Il y a toujours une exception à la règle.

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Lola
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Message par Lola » 27 avr. 2007 - 14:17

Un poème de Ronsard que j'ai toujours bien aimé et que j'ai étudié y a quelques années
Mignonne, allons voir si la rose

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté

Pierre de Ronsard
Créatrice de la secte des folles qui partent en sucette quand la fatigue les guette

"Prône la supprématie de la langue française en Belgique" (et peut-être même dans le monde)

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Verowyn
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Message par Verowyn » 28 avr. 2007 - 09:05

Alors alors...

Edgar Poe, traduit par Mallarmé, c'est quand même du grand art...


Un rêve dans un rêve
Tiens! ce baiser sur ton front!
Et à l'heure où je te quitte,
Oui, bien haut, que je te l'avoue:
Tu n'as pas tort, toi qui juges
Que mes jours ont été un rêve;
Et si l'espoir s'est enfui
En une nuit ou en un jour -
Dans une vison ou aucune,
N'en est-il pour cela moins PASSÉ?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons,
N'est qu'un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d'un rivage
Par le flot tourmenté et tiens dans la main
Des grains du sable d'or - bien peu! encore
comme ils glissent à travers mes doigts
A l'abîme, pendant que je pleure -
Pendant que je pleure! Ô Dieu!
Ne puis-je les serrer d'une étreinte plus sûre?
Ô Dieu! ne puis-je en sauver un
De la vague impitoyable?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons,
N'est-il qu'un rêve dans un rêve?
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Lylene
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Message par Lylene » 28 avr. 2007 - 09:41

Véro : mais tu as le droit d'aimer Stéphinou ! J'ai jamais dit que c'était pas beau ! C'est juste que je ne veux pas me frotter à lui en commentaire composé, c'est tout ! Bon, il faut dire aussi que sa poésie, quand tu veux vraiment la comprendre, c'est comme Canal+ : c'est mieux avec décodeur, parce que je ne me suis toujours pas remise de ma colle sur l'Azur avec Dame qui pue. C'est plus fort que moi : Je suis hanté. L'Azur ! l'Azur ! l'Azur ! L'Azur !!!!!!! :lol:


L'année dernière j'ai présenté celui-ci de Ronsard, dans les sonnets pour Hélène. Je le trouve très beau.

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »

Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom, de louange immortelle.

Je serai sous la terre et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.
Mon chéri reste quand même Verlaine, quoi qu'on en dise...
"Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants... et les Mistral Gagnant..."
Image Gaspard, le petit rat de l'Ombre

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Verowyn
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Message par Verowyn » 28 avr. 2007 - 10:56

Alors pour Verlainou, je dirais...


Soleils couchants
Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.
Quant à Stéphane, j'ai jamais prétendu que je le comprenais... C'est beau c'est tout. et pis peut-être que je l'aimerais un peu moins quand j'aurais fini mon commentaire et a fortiori quand Beyle m'y aura mis une note catastrophique...
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marelie56
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Message par marelie56 » 28 avr. 2007 - 18:45

je vais m'incruster aussi avec ma poésie préférée de Arthur Rimbaud:
Le Dormeur du Val

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, lèvre bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Arthur Rimbaud


Octobre 1870

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Lilas
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Message par Lilas » 28 avr. 2007 - 18:55

Celui qui me fait pleurer à chaque fois que je le lis où que je me le récite...

Demain,dès l'aube de Victor Hugo.
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

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Vifdor
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Message par Vifdor » 28 avr. 2007 - 20:11

Jean-Louis Murat a écrit :Les hérons
Le vent de Fœhn et de Lombarde
Viendra déposer
Je le crains
Son blanc manteau
Mon camarade
Sur l'âme folle qui nous tient

Le vent d'Ecir sur la Limagne
A abattu tous les hérons
Partout on ne jure que mitraille
Que vengeance
Que punition

On jure par les saillies du diable
Qu'un mal qui épargne les chiens
Tuerait les amants en cascade
Tous les gens jeunes
Les gens sains

Que dans les ronces vers la Sagne
Où se retirent les hérons
En larmes bleues
D'un bleu final
Savent mourir
Les compagnons

Sait-on la Dame qui nous peine
Eprouve-t-elle un grand chagrin
Son triste cœur
Ce bois de hêtre
Nous ferait donc croire Au Malin

Si je t'écris mon camarade
C'est pour parler de la saison
Si je t'écris
C'est que le vent de Fœhn et de Lombarde
A abattu
Tous les hérons.
Avec une mise en musique superbe en plus... :)

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Whitewolf
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Message par Whitewolf » 28 avr. 2007 - 20:33

Apollinaire, dans un instant de génie (attention c'est ironique) a écrit :

Chantre

et l'unique cordeau des trompettes marines

Non, je n'ai oublié aucun vers, ni rien... voilà le poème complet xD

EDIT : correction après remarque de Verowyn
Dernière modification par Whitewolf le 02 mai 2007 - 10:00, modifié 1 fois.
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Lily
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Message par Lily » 28 avr. 2007 - 20:55

Lilas : j'aime beaucoup cette poésie moi aussi^^

Moi j'aime bien celui de Ronsard, l'Ode à Cassandre
Ronsard a écrit : Ode à Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Je passais mon temps à la lire et la relire avant tellement que par la fin je la connaissais par coeur, plus maintenant^^

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Kimmy Potter
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Message par Kimmy Potter » 28 avr. 2007 - 21:12

Voici une poésie très connue, que nus avons à peu près tous appris à l'école et qui m'a beaucoup marquée car, chaque année, plus je grandissais et changeais de classe, pus je m'étonnais d'entendre les plus petits apprendre encore cette poésie. Je l'ai même retrouvée dans mon cahier de français de quatrième. Et dieu sait (ou merlin sait, ce serait plus approprié) que j'ai souvent répété et AIDER à répété les quatres premiers vers...


Le cancre



Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.



Jacques Prevert

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Sellig
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Message par Sellig » 01 mai 2007 - 23:10

Je n'oserais pas citer ici
le Baudelaire qui fit cet huis,
et laisse au plaisant vif le choix
de disposer du doute, ma foi!

de vos sonnets, de vos ballades,
et même des post de malades
prolongeant sur des kilomètres
les vers de Vigny, j'ose être

le successeur sans aucun doute
le supléant sous certain jours
mais surtout pas l'ultime pour
lequel on brise la clef de voute.

Quelle manière infâme de faire son interessant! Enfin, j'ai passé quelques instants sur ces vers alors je vais quand même les laisser là. Ce sera seulement (rassurez-vous) pour ammener subtilement ces deux courts poêmes de deux hommes qui se seraient j'en suis certain pas beaucoup appréciés :

Tout d'abord et chronologiquement, un chef d'oeuvre de Charles d'Orélans, "Despote éclairé du XVe siècle, porte-étendard de la Renaissance, flambeau de la culture française" selon Martin Fouilleul.

Charles d'Orléans a écrit :Quand n'ont assez fait dodo...

Quand n'ont assez fait dodo
Ces petits enfanchonnets
Ils portent sous leurs bonnets
Visages pleins de bobos.

C'est pitié s'ils font jojo
Trop matin les doucinets,
Quand n'ont assez fait dodo
Ces petits enfanchonnets.

Mieux aimassent à gogo
Gésir sur mol coussinets,
Car ils sont tant poupinets !
Hélas ! c'est gnogno gnogno
Quand n'ont assez fait dodo.
C'est pas beau?
Voici maintenant son antagoniste en la personne de Boris Vian, à travers le poême Bzzz... Dont Martin Fouilleul a dit de sa parodie ("Apocalypse selon St Gilles") "Pfff! n'importe quoi!"

Boris Vian a écrit :Bzzz...

Dieu sut haïr assez pour concevoir les mouches,
Afreuses, veloutées, leur corps inquiétant
Gonflé de pu jaunâtre, et dans leur vol flottant
Traîtant on ne sait quoi de funèbre et de louche.

Contrepettant Satan qui pourrit ce qu'il touche
Vous, mouche, vous touchez ce qui pourrit, goûtant
Toutes en foule à l'oeil rosâtre et suintant
Des bêtes aveuglées par vos avides bouches

Et votre aile stridente aux nervures de fer
Lève en mon cauchemar un nébuleux enfer
De corps velus, jaillis de l'ombre où l'on martelle

Les clous du long cercueil où j'étendrai mon corps
Et que l'on brûlera dans la flamme immortelle
Pour me sauver de vous, lorsque je serai mort...
[/color]

Image

Tiens tiens tiens... goûtant toutes en foule... ça me dit quelque chose ça! un Baudelaire aussi connu des fans de Bilal que la charogne :
tout cela ne vaut pas...

Mais là je déborde sur mon temps de parole!
Dernière modification par Sellig le 01 juin 2007 - 11:46, modifié 4 fois.
Individu n° 12912
¯\/¯
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Verowyn
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Message par Verowyn » 02 mai 2007 - 09:23

Whitewolf a écrit :Mallarmé, dans un instant de génie (attention c'est ironique) a écrit :

Chantre

et de l'unique cordeau des trompettes marines

Non, je n'ai oublié aucun vers, ni rien... voilà le poème complet xD

WHitewolf! GGGGGGRRRRRRRRRRRRRRRRRR!
:twisted:
Verowyn pas contente.
Petit 1), c'est certainement pas Mallarmé, c'est Apollinaire, dans Alcools.
Et Petit 2) quand on cite un poème d'un vers, on s'efforce de le citer juste... :roll:
Donc, c'est un alexandrin, et toi tu as commis l'hérésie de lui rajouter une syllabe... Pas bien! :evil:

Donc....

Apollinaire:
Chantre

Et l'unique cordeau des trompettes marines
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Message par Whitewolf » 02 mai 2007 - 09:50

Dsl, sur mes cours de français de première, c'est marqué Mallarmé... Donc soit je me suis planté en écrivant, soit ma prof a fait un lapsus (faut dire qu'on était en pleine période Mallarmé, on venait d'étudier "Zone")

Par contre, le syllabe rajoutée, c'est une erreur de frappe, je devais penser à autre chose xD
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Message par Verowyn » 02 mai 2007 - 13:23

Ben Whitewolf, 2one, c'est Apollinaire aussi...

Tout comme la Chanson du Mal Aimé, dont je mets juste la fin, parce que c'est un poème super long. Mais super beau. (Donc on critique pas Apollinaire, même si c'est vrai que j'ai un peu du mal à voir où il voulait en venir avec Chantre...

Apollinaire.
La Chanson du Mal Aimé

Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Les démons du hasard selon
Le chant du firmament nous mènent
A sons perdus leurs violons
Font danser notre race humaine
Sur la descente à reculons

Destins destins impénétrables
Rois secoués par la folie
Et ces grelottantes étoiles
De fausses femmes dans vos lits
Aux déserts que l'histoire accable

Luitpold le vieux prince régent
Tuteur de deux royautés folles
Sanglote-t-il en y songeant
Quand vacillent les lucioles
Mouches dorées de la Saint-Jean

Près d'un château sans châtelaine
La barque aux barcarols chantants
Sur un lac blanc et sous l'haleine
Des vents qui tremblent au printemps
Voguait cygne mourant sirène

Un jour le roi dans l'eau d'argent
Se noya puis la bouche ouverte
Il s'en revint en surnageant
Sur la rive dormir inerte
Face tournée au ciel changeant

Juin ton soleil ardente lyre
Brûle mes doigts endoloris
Triste et mélodieux délire
J'erre à travers mon beau Paris
Sans avoir le coeur d'y mourir

Les dimanches s'y éternisent
Et les orgues de Barbarie
Y sanglotent dans les cours grises
Les fleurs aux balcons de Paris
Penchent comme la tour de Pise

Soirs de Paris ivres du gin
Flambant de l'électricité
Les tramways feux verts sur l'échine
Musiquent au long des portées
De rails leur folie de machines

Les cafés gonflés de fumée
Crient tout l'amour de leurs tziganes
De tous leurs siphons enrhumés
De leurz garçons vêtus d'un pagne
Vers toi toi que j'ai tant aimée

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes
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Whitewolf
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Message par Whitewolf » 04 mai 2007 - 10:14

Sans commentaire sur ma prof de français qui m'a mis du Mallarmé partout... :roll:

Au passage, un poème que j'aime assez bien, encore que je le trouve à la fois trop court et mal construit... en plus Gainsbourg s'en est inspiré, c'est pas pour moi un gage de réussite (n'aime pas Gainsbourg non plus... je vais finir par croire que j'aime rien xD)

Verlaine, Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure,

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte.
Comment je me sens quand je résous les problèmes de clients :
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Lulucyfair
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Message par Lulucyfair » 04 mai 2007 - 12:15

j'adore ce poème de Verlaine ça me donne envie de débarquer :D
A moi

Le condamné à mort de Jean Genet (1942)

« Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant la mort.

Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché !
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance,
Le mal de m’envoler du beau pays de France,
N’est-ce pas assez, mon Seigneur, pour aller me coucher.

Trébuchant d’espérance
Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige !
Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier.
C’est moi, mon père, un jour, qui me suis écrié :
Gloire au plus haut du ciel au Dieu qui me protège,
Hermès au tendre pied !

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils,
Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes,
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d’immobiles landes.

Ce n’est pas ce matin que l’on me guillotine.
Je peux dormir tranquille. À l’étage au-dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon Jésus
S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine
À mon crâne tondu. »

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