Citations de livres

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Jeanne
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Re: Citations de livres

Message par Jeanne » 20 févr. 2015 - 17:42

Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin.
Erik Orsenna, La grammaire est une chanson douce. D'ailleurs le livre commence comme ça :
Méfiez-vous de moi !
Je parais douce, timide, rêveuse et petite pour mes dix ans. N'en profitez pas pour m'attaquer. Je sais me défendre. Mes parents (qu'ils soient remerciés dans les siècles des siècles !) m'ont fait cadeau du plus utile car du plus guerrier des prénoms : Jeanne.
Ces Jeanne, il vous le dit, il faut s'en méfier :mrgreen:

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Ocee
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Re: Citations de livres

Message par Ocee » 22 févr. 2015 - 21:02

Dans Le ver à soie :
- Orlando ? l'interrompit Strike dont le cerveau ensomeillé se focalisait déjà sur le parc d'attractions en Floride.
Jo, ou l'art des clins d’œil qui donnent le sourire :mrgreen:
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sfan
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Re: Citations de livres

Message par sfan » 06 mars 2015 - 15:43

Il faut vraiment que je lise ce livre Jeanne :) .









Je crois que c'est pas dans les dimensions prévues pour ce topic, mais à vrai dire j'en ai pas grand chose à faire. Parce que j'ai probablement pas été aussi ému par quelque chose depuis Les Îles de Grenier, soit il y a 6 mois. Parce que chaque personne à qui j'ai montré le passage m'a dit que c'était une des choses les plus incroyables qu'il avait lu.
Saint-Exupéry, dans [i]Vol de Nuit[/i], a écrit :Fabien respira fortement. Si le radio remontait l'antenne par peur de l'orage, Fabien lui casserait la figure à l'arrivée. Il fallait, à tout prix, entrer en contact avec Buenos Aires comme si, à plus de quinze cents kilomètres, on pouvait leur lancer une corde dans cet abîme. À défaut d'une tremblant lumière, d'une lampe d'auberge presque inutile, mais qui eût prouvé la terre comme un phare, il lui fallait au moins une voix, une seule, venue d'un monde qui n'existait déjà plus. Le pilote éleva et balança le poing dans sa lumière rouge, pour faire comprendre à l'autre, en arrière, cette tragique vérité, mais l'autre, penché sur l'espace dévasté, aux villes ensevelies, aux lumières mortes, ne la connut pas.

Fabien aurait suivi tous les conseils, pourvu qu'ils fussent criés. Il pensait : "Et si l'on me dit de tourner en rond, je tourne en rond, et si l'on me dit de marcher plein Sud..." Elles existaient quelque part ces terres en paix, douces sous leurs grandes ombres de lune. Ces camarades, là-bas, les connaissaient, instruits comme des savants, penchés sur des cartes, tout-puissants, à l'abri de lampes belles comme des fleurs. Que savait-il, lui, hors des remous et de la nuit qui poussait contre lui, à la vitesse d'un éboulement, son torrent noir. On ne pouvait abandonner deux hommes parmi ces trombes et ces flammes dans les nuages. On ne pouvait pas. On ordonnerait à Fabien : "Cap aux deux cent quarante..." Il mettrait le cap aux deux cent quarante. Mais il était seul.

Il lui parut que la matière aussi se révoltait. Le moteur, à chaque plongée, vibrait si fort que toute la masse de l'avion était prise d'un tremblement comme de colère. Fabien usait ses forces à dominer l'avion, la tête enfoncée dans la carlingue, face à l'horizon gyroscopique car, au-dehors, il ne distinguait plus la masse du ciel de celle de la terre, perdu dans une ombre où tout se mêlait, une ombre d'origine des mondes. Mais les aiguilles des indicateurs de position oscillaient de plus en plus vite, devenaient difficiles à suivre. Déjà le pilote, qu'elles trompaient, se débattait mal, perdait son altitude, s'enlisait peu à peu dans cette ombre. Il lut sa hauteur "cinq cent mètres". C'était le niveau des collines. Il les sentit rouler vers lui leurs vagues vertigineuses. Il comprenait aussi que toutes les masses du sol, dont la moindre l'eût écrasé, étaient comme arrachées de leur support, déboulonnées, et commençaient à tourner, ivres, autour de lui. Et commençaient, autour de lui, une sorte de danse profonde et qui le serrait de plus en plus.

Il en prit son parti. Au risque d'emboutir, il atterrirait n'import où. Et, pour éviter au moins les collines, il lâcha son unique fusée éclairante. La fusée s'enflamma, tournoya, illumina une plaine et s'y éteignit : c'était la mer. Il pensa très vite : "Perdu. Quarante degrés de correction, j'ai dérivé quand même. C'est un cyclone. Où est la terre ?" Il virait plein Ouest. Il pensa : "Sans fusée maintenant, je me tue." Cela devait arriver un jour. Et son camarade, là derrière... "Il a remonté l'antenne, sûrement." Mais le pilote ne lui en voulait plus. Si lui-même ouvrait simplement les mains, leur vie s'en écoulerait aussitôt, comme une poussière vaine. Il tenait dans ses mains le cœur battant de son camarade et le sien. Et soudain ses mains l'effrayèrent.

Dans ces remous en coups de bélier, pour amortir les secousses du volant, sinon elles eussent scié les câbles de commande, il s'était cramponné à lui, de toutes ses forces. Il s'y cramponnait toujours. Et voici qu'il ne sentait plus ses mains endormies par l'effort. Il voulut remuer les doigts pour en recevoir un message : il ne sut pas s'il était obéi. Quelque chose d'étranger terminait ses bras. Des baudruches insensibles et molles. Il pensa : "Il faut m'imaginer fortement que je serre..." Il ne sut pas si la pensée atteignait ses mains. Et comme il percevait les secousses du volant aux seules douleur des épaules : "Il m'échappera. Mes mains s'ouvriront..." Mais s'effraya de s'être permis de tels mots, car il crut sentir ses mains, cette fois, obéir à l'obscure puissance de l'image, s'ouvrir lentement, dans l'ombre, pour le livrer.

Il aurait pu lutter encore, tenter sa chance : il n'y a pas de fatalité extérieure. Mais il y a une fatalité intérieure : vient une minute où l'on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige.

Et c'est à cette minute que luirent sur sa tête, dans une déchirure de la tempête, comme un appât mortel au fond d'une nasse, quelques étoiles.

Il jugea bien que c'était un piège : on voit trois étoiles dans un trou, on monte vers elle, on ne peut plus descendre, on reste là à mordre les étoiles...

Mais sa faim de lumière était telle qu'il monta.

XVI


Il monta, en corrigeant mieux les remous, grâce aux repères qu'offraient les étoiles. Leur aimant pâle l'attirait. Il avait peiné si longtemps, à la poursuite d'une lumière, qu'il n'aurait plus lâché la plus confuse. Riche d'une lueur d'auberge, il aurait tourné jusqu'à la mort, autour de ce signe dont il avait faim. Et voici qu'il montait vers des champs de lumière.

Il montait peu à peu, en spirale, dans le puits qui s'était ouvert et se refermait au-dessus de lui. Et les nuages perdaient, à mesure qu'il montait, leur boue d'ombre, ils passaient contre lui, comme des vagues de plus en plus pures et blanches. Fabien émergea.

Sa surprise fut extrême : la clarté était telle qu'elle l'éblouissait. Il dut quelques secondes fermer les yeux. Il n'aurait jamais cru que les nuages, la nuit, pussent éblouir. Mais la pleine lune et toutes les constellations les changeaient en vagues rayonnantes.

L'avion avait gagné d'un seul coup, à la seconde même où il émergeait, un calme qui semblait extraordinaire. Pas une houle ne l'inclinait. Comme une barque qui passe la digue, il entrait dans les eaux réservées. Il était pris dans une part de ciel inconnue et cachée comme la baie des îles bienheureuses. La tempête, au-dessous de lui, formait un autre monde de trois mille mètres d'épaisseur, parcouru de rafales, de trombes d'eau, d'éclairs, mais elle tournait vers les astres une face de cristal et de neige.

Fabien pensait avoir gagné des limbes étranges, car tout devenait lumineux, ses mains, ses vêtements, ses ailes. Car la lumière ne descendait pas des astres, mais elle se dégageait, au-dessous de lui, autour de lui, de ces provisions blanches.

Ces nuages, au-dessous de lui, renvoyaient toute la neige qu'ils recevaient de la lune. Ceux de droite et de gauche aussi, hauts comme des tours. Il circulait un lait de lumière dans lequel baignait l'équipage. Fabien, se retournant, vit que le radio souriait.

- Ca va mieux ! criait-il.

Mais la voix se perdait dans le bruit du vol, seuls communiquaient les sourires. "Je suis tout à fait fou, pensait Fabien, de sourire, nous sommes perdus."

Pourtant, mille bras obscurs l'avaient lâché. On avait dénoué ses liens, comme ceux d'un prisonnier qu'on laisse marcher seul, un temps, parmi les fleurs.

"Trop beau", pensait Fabien. Il errait parmi des étoiles accumulées avec la densité d'un trésor, dans un monde où rien d'autre, absolument rien d'autre que lui, Fabien, et son camarade, n'était vivant. Pareils à ces voleurs des villes fabuleuses, murés dans la chambre au trésor dont ils ne sauront plus sortir. Parmi des pierreries glacées, ils errent, infiniment riches, mais condamnés.
Et le même passage, au point de vue du chef ?
XVIII


Et Rivière médite. Il ne conserve plus d'espoir : cet équipage sombrera quelque part dans la nuit.

Rivière se souvient d'une vision qui avait frappé son enfance : on vidait un étang pour trouver un corps. On ne trouvera rien non plus, avant que cette masse d'ombre se soit écoulée de sur la terre, avant que remontent au jour ces sables, ces plaines, ces blés. De simples paysans découvriront peut-être deux enfants au coude plié sur le visage, et paraissant dormir, échoués sur l'herbe et l'or d'un fond paisible. Mais la nuit les aura noyés.

Rivière pense aux trésors ensevelis dans les profondeurs de la nuit comme dans les mers fabuleuses... Ces pommiers de nuit qui attendent le jour avec toutes leurs fleurs, des fleurs qui ne servent pas encore. La nuit est riche, pleine de parfums, d'agneaux endormis et de fleurs qui n'ont pas encore de couleurs.

Peu à peu monteront vers le jour les sillons gras, les bois mouillés, les luzernes fraîches. Mais parmi des collines, maintenant inoffensives, et les prairies, et les agneaux, dans la sagesse du monde, deux enfants sembleront dormir. Et quelque chose aura coulé du monde visible dans l'autre.

Rivière connaît la femme de Fabien inquiète et tendre : cet amour à peine lui fut prêté, comme un jouet à un enfant pauvre.

Rivière pense à la main de Fabien, qui tient pour quelques minutes encore sa destinée dans les commandes. Cette main qui a caressé. Cette main qui s'est posée sur une poitrine et y a levé le tumulte, comme une main divine. Cette main qui s'est posée sur un visage, et qui a changé ce visage. Cette main qui était miraculeuse.

Fabien erre sur la splendeur d'une mer de nuages, la nuit, mais, plus bas, c'est l'éternité. Il est perdu parmi des constellations qu'il habite seul. Il tient encore le monde dans ses mains et contre sa poitrine le balance. Il serre dans son volant le poids de la richesse humaine, et promène, désespéré, d'une étoile à l'autre, l'inutile trésor qu'il faudra bien rendre...

Rivière pense qu'un poste radio l'écoute encore. Seule relie encore Fabien au monde une onde musicale. Pas une plainte. Pas un cri. Mais le son le plus pur qu'ait jamais formé le désespoir.

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"L'étonnement est le commencement timide de la jouissance." Barthes

"La beauté sera CONVULSIVE ou elle ne sera pas" Breton


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Catie
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Re: Citations de livres

Message par Catie » 06 mars 2015 - 19:22

On dirait qu'elle pend à la joue de la nuit
Comme un riche joyau à une oreille éthiopienne.
Roméo et Juliette, Shakespeare

Je sais pas pourquoi ces deux lignes m'ont autant marquées, mais... :coeur:
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Aaurora
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Re: Citations de livres

Message par Aaurora » 23 mars 2015 - 20:51

L'absence n'est-elle pas pour qui aime la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences?
Merci Proust.

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lalaulau38
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Re: Citations de livres

Message par lalaulau38 » 24 mars 2015 - 11:17

Oh oui. Merci Proust, et merci Aaurora du partage
"Il se fit un abondant silence alentour, et la majeure partie du reste du monde se mit à compter pour du beurre."

Ca fait du bien à tes oreilles

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MiniPotter
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Re: Citations de livres

Message par MiniPotter » 03 avr. 2015 - 19:16

Parce que je le relis, et parce que c'est quand même très beau, et quand même très triste.
J'ai dit aux astres d'or : Versez le ciel sur elle !
Et j'ai dit à vos yeux : Versez l'amour sur nous
Tu me regardais, dans ma nuit,
Avec ton beau regard d'étoile,
Qui m'éblouit.
Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
Ce sont, en effet, toutes les impressions, tous les souvenirs, tous les fantômes vagues, riants ou funèbres, que peut contenir une conscience, revenu et rappelés, rayon à rayon, soupir à soupir, et mêlés dans la même née sombre. C'est l'existence humaine sortant de l'énigme du berceau et aboutissant à l'énigme du cercueil ; c'est un esprit qui marche de lueur en lueur en laissant derrière lui la jeunesse, l'amour, l'illusion, le combat, le désespoir, et qui s'arrête éperdu "au bord de l'infini". Cela commence par un sourire, continue par un sanglot, et finit par un bruit du clairon de l'abîme.
[...] Nous venons de le dire, c'est une âme qui se raconte dans ces deux volumes : Autrefois, Aujourd'hui. Un abîme les sépare, le tombeau
Victor Hugo, Les contemplations
Si vous voulez vraiment que je vous dise, alorq surement la première chose que vous aller me demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d'enfance, et ce que faisais mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout. Primo, ce genre de trucs ça me rase et secundo mes parents ils auraient chacun une attaque, ou même deux chacun [...]
Mon rêve, c’est un livre qu’on arrive pas à lâcher et quand on l’a fini on voudrait que l’auteur soit un copain, un super-copain et on lui téléphonerait chaque fois qu’on en aurait envie.
Tout ce que je sais, c’est que tous ceux dont j’ai parlé me manquent pour ainsi dire [...] C’est drôle. Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer.
Les filles c'est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu'elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d'elles.
J.D.Salinger, L'attrape cœurs
"Plus que le discours des hommes, écoute le souffle de la nuit et le murmure de ton coeur. Eux ne mentent pas"
MiniPotter jure sollenement que Ellana et les Maraudeurs sont ses idoles


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CharlenePotter
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 30 avr. 2015 - 18:35

Selon l’écrivain Jorge Luis Borges, l’idée du Zahir vient de la tradition islamique, et l’on estime qu’il est apparu vers le XVIIIème siècle. Zahir, en Arabe, veut dire visible, présent, qui ne peut pas passer inaperçu. Un objet ou un être qui, une fois que nous l’avons rencontré, finit par occuper peu à peu toutes nos pensées, au point que nous ne parvenons plus à nous concentrer sur rien. Il peut signifier la sainteté, ou la folie.
En ouverture du Zahir, de Paulo Coelho.
"L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne"

Aimé Césaire - Cahier d'un retour au pays natal

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Fleur d'épine
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Re: Citations de livres

Message par Fleur d'épine » 30 avr. 2015 - 21:05

(...) - Mais pourquoi pleure-t-elle ? Elle, beauté parfaite
Qui mettrait à ses pieds le genre humain vaincu,
Quel mal mystérieux ronge son flanc d'athlète ?


- Elle pleure, insensé, parce qu'elle a vécu !
Et parce qu'elle vit ! Mais ce qu'elle déplore
Surtout, ce qui la fait frémir jusqu'aux genoux,
C'est que demain, hélas ! il faudra vivre encore !
Demain, après-demain et toujours ! - comme nous !

Le Masque, C.Baudelaire
LIMK, plus puissante qu'un dragon chinois, plus mythique qu'un tanuki !
La coupe des quatre sorciers sera japonaise ou ne sera pas !
Tremblez autres écoles, notre entraînement a commencé.
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(Et comme le dirait notre directrice : Apprends la sagesse dans la sottise des autres. :mrgreen: )

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CharlenePotter
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 03 mai 2015 - 10:33

Time is an unkind teacher, delivering lessons that we tearn far too late for them to be useful. Years after I could have benefited from them, the insights come to me. [...] Lessons learned too late. Insights discovered decades later.
And so much as a result.
He looked into my eyes and I met his gaze. My last utterance was almost true. If I could haave had my wolf back again, then, yes, life would have been much sweeter. If I could have opened my door, and found the Fool grinning on my doorstep, then my life would have been fulfill indeed. But there was no point in sighing after what I could not have. It only distracted me from what I did have, and that was more than I'd ever had in my life.

If you act like a horse thief, I'll speak to you like you're a horse thief.

A secret is only yours as long as you don't share it. Tell it to one person, and it's a secret no more.



Fool's Assassin, Robin Hobb.
"L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne"

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Alienor la Fantasque
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 17 mai 2015 - 21:29

"(...) Old Marley was as dead as a door-nail.
Mind ! I don't mean to say that I know, of my own knowledge, what there is particularly dead about a door-nail. I might have been inclined, myself, to regard a coffin-nail as the deadest piece of ironmongery in the trade. But the wisdom of our ancestors is in the simile ; and my unhallowed hands shall not disturb it, or the Country's done for.
You will therefore permit me to repeat, emphatically, that Marley was as dead as a door-nail."


A Christmas Carol - Charles Dickens
A peine initiée à Dickens que je suis déjà complètement conquise :coeur: Cette manière de faire des digressions de façon tout à fait ironique dès le début, pour bien nous plonger dans le conte... Exactement le genre d'entrée en matière qui me plaît, quand l'auteur veut établir une complicité avec son lecteur (dans le genre de C.S Lewis).
Traduction :
(...) Le vieux Marley était aussi mort qu'un clou de porte.
Attention ! Je ne veux pas dire que je sais, à ma propre connaissance, ce qu'il y a de particulièrement mort dans un clou de porte. Je pourrais avoir été enclin, moi-même, à considérer un clou de cercueil comme le morceau de ferraille le plus mort qui soit sur le marché. Mais la sagesse de nos ancêtres réside en cette image et mes mains profanes n'iront pas l'y troubler, ou c'en est fait de ce pays.
Vous me permettrez alors de répéter, avec emphase, que Marley était aussi mort qu'un clou de porte."


Un Chant de Noël - Charles Dickens
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Zakath Nath
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Re: Citations de livres

Message par Zakath Nath » 19 mai 2015 - 08:42

Childermass knew what games the children on street-corners are playing - games that all other grown-ups have long since forgotten. Childermass knew what old people by firesides are thinking of, though no one had asked them in years. Childermass knew what young men hear in the rattling of the drums and the tooting of the pipes that makes them leave their homes and go to be soldiers - and he knew the half-eggcupful of glory and the barrelful of misery that await them. Childremass could look at a smart attorney on the street and tell you what he had in his coat-tail pockets. And all that Childermass knew made him smile; and some of what he knew made him laugh out loud; and none of what he knew wrung from him so much as a ha'pennyworth of pity.”
Childermass savait à quels jeux jouaient les enfants au coin de la rue - des jeux que tous les autres adultes ont depuis longtemps oublié. Childermass savaient ce que pensaient les vieillards au coin du feu, même si personne ne le leur a demandé depuis des années. Childermass savait ce que les jeunes hommes entendaient dans le battement des tambours et le sifflement des pipeaux qui les faisaient quitter leur foyer et devenir soldats - et il savait quel demi-coquetier de gloire et quel tonneau de misère les attendaient. Childermass pouvait jeter un coup d’œil à un élégant avocat dans la rue et vous dire ce qu'il avait dans les poches de son manteau. Et tout ce que Childermass savait le faisait sourire; et certaines des choses qu'il savait le faisait rire tout haut, et rien de ce qu'il savait ne lui tirait plus d'un demi-penny de pitié.
Jonathan Strange & Mr. Norrell, Susanna Clarke
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Dandelion
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Re: Citations de livres

Message par Dandelion » 21 mai 2015 - 10:44

Recueil de Ginsberg qui est dans mon sac depuis plus de deux semaines et que je lis et relis un peu tout les jours ...
I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,
dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix,
angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly connection to the starry dynamo in the machinery of night, "
Premiers vers de Howl, Allen Ginsberg.

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Alienor la Fantasque
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 26 mai 2015 - 18:00

Cela m'est venu aujourd'hui. Un très bel extrait, qui provoque des frissons tout le long de l'échine :
Pendant un temps indéfini, je me cramponnai à la Machine qui oscillait et vibrait, sans me soucier de savoir où j’allais, et, quand je me décidai à regarder les cadrans, je fus stupéfait de voir où j’étais arrivé. L’un des cadrans marque les jours, un autre les milliers de jours, un troisième les millions de jours, et le dernier les centaines de millions de jours. Au lieu d’avoir placé les leviers sur la marche arrière, je les avais mis sur la marche avant, et quand je jetai les yeux sur les indicateurs, je vis que l’aiguille des mille tournait – vers le futur – aussi vite que l’aiguille des secondes d’une montre.
Pendant ce temps, un changement particulier se produisait dans l’apparence des choses. Le tremblotement gris qui m’entourait était devenu plus sombre ; alors, bien que la Machine fût encore lancée à une prodigieuse vitesse, le clignotement rapide qui marquait la succession du jour et de la nuit et indiquait habituellement un ralentissement d’allure revint d’une façon de plus en plus marquée. Tout d’abord, cela m’embarrassa fort. Les alternatives de jour et de nuit devinrent de plus en plus lentes, de même que le passage du soleil à travers le ciel, si bien qu’ils semblèrent s’étendre pendant des siècles. À la fin, un crépuscule continuel enveloppa la terre, un crépuscule que rompait seulement de temps en temps le flamboiement d’une comète dans le ciel ténébreux. La bande de lumière qui avait indiqué le soleil s’était depuis longtemps éteinte ; car le soleil ne se couchait plus – il se levait et s’abaissait seulement quelque peu à l’ouest et il était devenu plus large et plus rouge. Tout vestige de lune avait disparu. Les révolutions des étoiles, de plus en plus lentes, avaient fait place à des points lumineux qui avançaient presque imperceptiblement. Enfin, un peu avant que je ne fisse halte, le soleil rouge et très large s’arrêta immobile à l’horizon, vaste dôme brillant d’un éclat terni et subissant parfois une extinction momentanée. Une fois pourtant, il s’était pendant un peu de temps ranimé et avait brillé avec plus d’éclat, mais pour rapidement reprendre son rouge lugubre. Par ce ralentissement de son lever et de son coucher, je me rendis compte que l’œuvre des marées régulières était achevée. La terre maintenant se reposait, une de ses faces continuellement tournée vers le soleil, de même qu’à notre époque la lune présente toujours la même face à la terre.

La Machine à explorer le temps - Herbert George Wells
Et plus encore celui-ci, que j'avais relu à plusieurs reprises pour vérifier ce que l'Explorateur disait. J'avoue que j'avais un peu flippé aussi :
« Je regardai tout autour de moi pour voir s’il restait quelque trace de vie animale. Une certaine impression indéfinissable me faisait rester sur la selle de la Machine. Mais je ne vis rien remuer ni sur la terre, ni dans le ciel, ni sur la mer. Seule la vase verte sur les rochers témoignait que toute vie n’était pas encore abolie. Un banc de sable se montrait dans la mer et les eaux avaient abandonné le rivage. Je me figurai voir quelque objet voleter sur la grève, mais quand je l’observai, il resta immobile ; je crus que mes yeux avaient été abusés et que l’objet noir n’était que quelque fragment de roche. Les étoiles au ciel brillaient intensément et me paraissaient ne scintiller que fort peu.
(...)
Je descendis de la Machine pour reprendre mes sens, car je me sentais engourdi et incapable d’affronter le retour. Tandis que j’étais là, mal à l’aise et étourdi, je vis de nouveau, contre le fond rougeâtre de la mer, l’objet qui remuait sur le banc de sable : il n’y avait plus maintenant de méprise possible, c’était bien quelque chose d’animé, une chose ronde de la grosseur d’un ballon de football à peu près, ou peut-être un peu plus gros, avec des tentacules traînant par-derrière, qui paraissait noire contre le bouillonnement rouge-sang de la mer, et sautillait gauchement de-ci, de-là. À ce moment, je me sentis presque défaillir. Mais la peur terrible de rester privé de secours dans ce crépuscule reculé et épouvantable me donna des forces suffisantes pour regrimper sur la selle.

La Machine à explorer le temps - Herbert George Wells
Pour changer un peu de genre et de registre, l'extrait d'une pièce de théâtre qui m'a profondément marquée. J'avais l'intention d'utiliser cette citation pour la mettre en tête d'un de mes chapitres :
NAWAL. (…) Rappelle-toi le poème appris il y a longtemps, nous étions encore jeunes (…). Récite-le chaque fois que je te manquerai, et quand tu auras besoin de courage, tu réciteras l’alphabet. Et moi, quand j’aurai besoin de courage, je chanterai, je chanterai, Sawda, comme tu m’as appris à le faire. Et ma voix sera ta voix et ta voix sera ma voix. Comme ça, on restera ensemble. Il n’y a rien de plus beau que d’être ensemble.

Incendies - Wajdi Mouawad.
Je pense vraiment que cette pièce mérite d'être lue. Elle est très dure mais elle est belle aussi.
Et pour finir, un autre extrait de roman que j'ai casé dans ma fanfic (à deux reprises) :
« Voilà Londres, pensa t-il, avec une sorte de vague dégoût, Londres, capitale de la première région aérienne, la troisième, par le chiffre de sa population, des provinces de l’Océania (…) Y avait-il toujours eu ces perspectives de maisons du XIXe siècle en ruine, ces murs étayés par des poutres, ce carton aux fenêtres pour remplacer les vitres, ces toits plâtrés de tôle ondulée, ces clôtures de jardin délabrées et penchées dans tous les sens ? »

1984 - George Orwell
J'en ai des fichiers complets de citations, en fait (dont celles de George Orwell et celles que je réserve pour ma fic).
Vous connaissez l'histoire de l'orchestre philharmonique des Bermudes ? Ben le mec qui fait du triangle, il a disparu.

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Ocee
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Re: Citations de livres

Message par Ocee » 30 mai 2015 - 11:35

Dieu est un pote à moi, de Cyril Massarotto :
Elle devait enjamber un gouffre, celui de sa peur. Elle ne me l'a pas dit, mais elle me l'a écrit. Un petit mot sur la table basse à mon réveil comme elle m'en laisse souvent, pour tout et pour rien, car elle sait mieux écrire que dire.
Et la déclaration qui suit est top aussi mais je laisse la surprise ♥
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Alienor la Fantasque
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 31 mai 2015 - 17:27

NAWAL. (…) Sawda, quand on a arraché mon fils de mon ventre, puis de mes bras, puis de ma vie, j’ai compris qu’il fallait choisir : ou je défigure le monde ou je fais tout pour le retrouver. Et chaque jour je pense à lui. Il a vingt-cinq ans, l’âge de tuer et l’âge de mourir, l’âge d’aimer et l’âge de souffrir (…). Je pense à sa mort évidente, à ma quête imbécile, au fait que je serai à jamais incomplète parce qu’il est sorti de ma vie et que jamais je ne verrai son corps, là, devant moi (…). Et je te jure, Sawda, que moi la première, je prendrais les grenades, je prendrais la dynamite, les bombes et tout ce qui peut faire le plus de mal, je les enroulerais autour de moi, je les avalerais, et j’irais tout droit au milieu des hommes imbéciles et je me ferais exploser avec une joie que tu ne peux même pas soupçonner. Je le ferais, je te jure, parce que moi je n’ai plus rien à perdre, et ma haine est grande, très grande envers ces hommes !

IncendiesWajdi Mouawad.
"J'aimerais mieux, dit la Princesse, être aussi laide que vous et avoir de l'esprit, que d'avoir de la beauté comme j'en ai, et être bête autant que je le suis.
-Il n'y a rien, Madame, qui marque davantage qu'on a de l'esprit, que de croire n'en pas avoir, et il est de la nature de ce bien-là, que plus on en a, plus on croit en manquer."

Riquet à la Houppe - Charles Perrault (Contes de ma mère l'Oye)
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Fleur d'épine
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Re: Citations de livres

Message par Fleur d'épine » 02 juin 2015 - 00:29

J'adore Incendies et l'histoire de Nawal notamment. La fin de la citation "Je le ferais, je te jure, parce que moi je n’ai plus rien à perdre, et ma haine est grande, très grande envers ces hommes !" me fout de ces frissons.

Bref, j'étais venue pour poster car le post de Lunalice (encore lui :mrgreen: ) m'a poussé à revoir une de mes seules lectures "russes", c'est à dire la Sonate à Kreutzer de Tolstoï. Je ne m'en rappelais plus vraiment mais avec une première lecture du résumé, ça m'est revenu et pff, l'histoire est tout simplement cruelle mais tellement argh, je ne trouve pas les mots. C'est la représentation de l'amour sous tous ces vices. Bref, je suis tombée sur des citations qui m'ont remuées.

Contexte : nous sommes dans un compartiment de train, pour un voyage de plusieurs jours. À l'intérieur, une femme et un avocat parlent des relations homme-femme et de l’augmentation du nombre de divorces. Le troisième passager, un homme aux cheveux blancs, sort finalement de son silence pour expliquer que l’amour n’existe pas, qu'il s’agit tout au plus d’une attirance physique qui ne dure pas. Puis il se présente, il s’appelle Pozdnychev et il a tué sa femme. Il va ensuite raconter les raisons qui l'ont poussé à ce crime.

Pozdnychev a écrit :
« Dire que vous pouvez aimer une personne toute votre vie, c'est comme si vous prétendiez qu'une bougie continuera à brûler aussi longtemps que vous vivrez.»

« On suppose, en théorie, que l’amour est quelque chose d’idéal, d’élevé, et, en réalité, l’amour est quelque chose de hideux, de sale, dont il est dégoûtant et honteux de parler et de se souvenir. Et il faut bien le comprendre, ce n’est pas en vain que la nature fait que c’est hideux et honteux. Mais au contraire, les gens feignent que le hideux et le honteux est beau et élevé. »

« Le mariage, tel qu'il existe aujourd'hui, est le plus odieux de tous les mensonges, la forme suprême de l'égoïsme.»
Pozdnychev a écrit :
« Ils jouaient la sonate à Kreutzer de Beethoven. Connaissez-vous le premier presto ? Vous le connaissez ? s'écria-t-il. Ah ! Quelle chose terrible que cette sonate ! Surtout ce mouvement-là. Et, en général, quelle chose terrible que la musique ! Qu'est-ce exactement ? Je ne le saisis pas. Qu'est-ce que la musique ? Quelle est son action ? Et pourquoi agit-elle comme elle le fait ?
On dit que la musique agit de façon à élever l'âme... quelle stupidité, quel mensonge ! Elle n'agit ni de façon à élever l'âme, ni de façon à l'abaisser, mais de façon à l'exaspérer.
Comment vous dire ? La musique m'oblige à m'oublier, à oublier ma vraie condition, elle me transporte dans un état qui n'est pas le mien ; sous l'influence de la musique, j'ai l'impression que je sens ce que je ne sens pas, que je comprends ce que je ne comprends pas, que je peux ce que je ne peux pas. J'explique cela en disant que la musique agit comme le bâillement, comme le rire ; je n'ai pas sommeil, mais je bâille en voyant quelqu'un bâiller ; je n'ai aucune raison de rire, mais je ris en entendant quelqu'un rire.

La musique, elle, me transporte d'emblée, immédiatement dans l'état d'âme où se trouvait celui qui l'a écrite. Je confonds mon âme avec la sienne et avec lui je passe d'un état à un autre, mais pourquoi je fais cela, je l'ignore. L'homme qui a écrit mettons la sonate à Kreutzer, Beethoven, savait pourquoi il se trouvait dans cet état qui l'a porté à certains actes, aussi pour lui cet état a une signification, mais pour moi, aucune. C'est pourquoi la musique ne fait qu'irriter, elle ne conclut pas. Si par exemple on joue une marche militaire, les soldats défilent à son rythme et la musique a atteint son but ; on a joué une danse, j'ai dansé pendant ce temps-là, la musique a atteint son but ; on a chanté une messe, j'ai communié, la musique a encore atteint son but ; autrement ce n'est qu'une surexcitation et qu'y a-t-il à faire au sein de cette surexcitation ? Rien. C'est pourquoi la musique exerce parfois une action si terrile, si redoutable. En Chine, la musique est l'affaire de l'Etat. C'est ainsi que cela doit être. Peut-on admettre que n'importe qui puisse à son gré hypnotiser seul une ou plusieurs personnes et ensuite faire d'elles ce qu'il veut ? Et surtout que cet hypnotiseur soit le premier homme de mauvaise moeurs rencontré en chemin ? »
Pozdnychev a écrit :
« C’est un pouvoir effroyable dans les mains d’un individu quelconque. Par exemple, le premier presto de cette Sonate à Kreutzer, peut-on le jouer dans un salon où se trouvent des dames décolletées, puis le morceau fini, applaudir, manger des glaces et raconter le dernier potin ? Ces choses-là, on ne peut les jouer que dans certaines circonstances importantes, graves, dans des cas seulement où il faut provoquer certaines actions correspondantes à cette musique. Mais il est forcément dangereux de provoquer une énergie de sentiment qui ne correspond ni au temps, ni au lieu, et qui ne trouve pas à s’employer. Sur moi, du moins, ce morceau agit d’une façon effroyable.»
Pfff, ces deux passages sur la musique ♥ (enfin, je suis pas tout à fait d'accord hein !)


Pozdnychev en parlant de sa femme  a écrit :
« Je regardais parfois comment elle versait le thé, comment elle balançait son pied ou portait sa cuillère à sa bouche, le bruit qu’elle faisait en aspirant le liquide, et je la haïssais pour cela. »
Pozdnychev en rentrant dans la pièce où se trouve sa femme et Troukhatchevski a écrit : « Je me rappelle l’expression de leurs visages… C’était une expression d’effroi. C’était précisément ce qu’il me fallait.»

:peur:
Je la relirai, cette histoire, je n'étais pas assez mature à l'époque mais maintenant, je suis prête. (ce ton solennel XD)
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TeddyLunard
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Re: Citations de livres

Message par TeddyLunard » 13 juin 2015 - 16:50

Oui, bah ma citation du moment qui fait pas intello du tout elle est tiré d'Hunger Games : La Révolte. Et comme j'ai vu la première partie du troisième film, j'ai fait un petit élan de mélancolie et je suis parti rechercher le dernier tome dans mon étagère pour en relire mes passages préférés.
Et bin y en a un qui m'a foutu le frisson pas possible, parce que la machination politique prend tout son sens à ce moment là et le lecteur ne peux que dire "Et merde ! Pourquoi je l'ai pas vu !" J'adore ce sentiment d'avoir été berné ! :D

Bref, la citation :
Suzanne Collins a écrit : Je refuse d'admettre que ce soit vrai. Il y a des choses auxquelles même moi je ne pourrais pas survivre. [...]
- Je ne vous crois pas.
Snow secoue la tête avec tristesse.
- Oh, ma chère mademoiselle Everdeen. Moi qui pensais que nous étions convenus de ne pas nous mentir.
J'ai supprimé une phrase de la citation, parce que c'était un énorme SPOIL ;)
Je suis impatient de savoir comment ils vont adapter la dernière partie ! :D
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Re: Citations de livres

Message par sfan » 24 juin 2015 - 11:27

Hier j'ai été amené à repenser à cette citation, qui est quand même l'une des plus belles que j'ai pues lire dans la critique littéraire. Ce style ! ♥
L’œuvre que nous aimons et que nous apprenons à connaître est comme un être aimé dont nous serions assurés que nous ne le perdrons pas, et que nous pourrons l'aimer toujours davantage pour le voir et le posséder mieux chaque jour. Peut-être est-ce l'art qui nous révèle le seul amour indéfectible, le seul amour dérobé à l'usure et à la destruction. Nous aimons certains êtres plus violemment que nous n'aimons les œuvres. Mais leur amour a le goût amer du destin. Le goût de la mort, qu'ils portent en eux, et que nous portons en nous ; le goût de notre aveuglement, de notre impuissance. Car nous ne dévisageons les êtres les plus chers qu'à travers un nocturne de délire, tout proche de celui où nous cherchons notre propre image à tâtons : nous ne les connaissons pas. Que reste-t-il d'une vie au creux de la main qui se crispe : quelques chuchotements obscurs, quelques images noyées... Choses si mal possédées et si fugitives, oubliées, oublieuses, trahissantes, trahies, radeaux de dérive... Tout cela s'éloigne de nous, qui nous éloignons de tout cela, et les neuves rencontres de notre vie, bientôt nous nous retournerons vers elles, nous ne les verrons plus qu'à peine, puis plus du tout...
L'écrivain et son ombre, Gaëtan Picon
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"L'étonnement est le commencement timide de la jouissance." Barthes

"La beauté sera CONVULSIVE ou elle ne sera pas" Breton


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Alienor la Fantasque
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 05 juil. 2015 - 17:31

Un peu de Shakespeare aujourd'hui :
LEONATO - Je t'en prie, épargne-moi tes conseils qui tombent dans mon oreille sans plus de profit que de l'eau dans un crible. Ne me donne plus de conseils. Qu'aucun consolateur n'essaie de charmer mon oreille, si ses souffrances ne sont pas conformes aux miennes ! Amène-moi un homme ayant aimé autant que moi son enfant, et dont la joie paternelle ait été brisée comme la mienne, puis dis-lui de parler de patience. Mesure son mal à la longueur et à la largeur du mien : qu'il y réponde effort pour effort, détail pour détail, douleur pour douleur ! qu'il ait mêmes linéaments, mêmes ramifications, même aspect, même forme ! Si un tel homme peut sourire et se caresser la barbe, dire au chagrin : Décampe ! et crier hem au lieu de sangloter ; s'il peut raccommoder sa douleur avec des proverbes et soûler son infortune en compagnie de brûleurs de chandelle, amène-le moi, et je gagnerai de lui la patience. Mais un tel homme n'existe pas. Vois-tu, frère, les gens peuvent donner des conseils et parler de calme à une douleur qu'ils ne ressentent pas ; mais, dès qu'ils l'éprouvent eux-mêmes, vite elle se change en passion, cette sagesse qui prétendait donner à la rage une médecine de préceptes, enchaîner la folie furieuse avec un fil de soie, charmer l'angoisse avec du vent et l'agonie avec des mots ! Non ! Non ! C'est le métier de tout homme de parler de patience à ceux qui se tordent sous le poids de la souffrance ; mais nul n'a la vertu ni le pouvoir d'être aussi moral, quand il endure lui-même la pareille. Donc ne me donne plus de conseils : ma douleur crie plus fort que les maximes.

Beaucoup de bruit pour rien - Shakespeare
PIERRE DE TOUCHE - Maîtresse, il faut que vous veniez auprès de votre père.
CÉLIA - Vous a-t-on pris pour messager ?
PIERRE DE TOUCHE - Non, sur mon honneur ! mais on m'a dit de venir vous chercher.
ROSALINDE - Où avez-vous pris ce serment-là, fou que vous êtes ?
PIERRE DE TOUCHE - D'un certain chevalier qui jurait sur son honneur que les crêpes étaient bonnes et jurait sur son honneur que la moutarde ne valait rien ; moi, je soutiens que les crêpes ne valaient rien et que la moutarde était bonne ; et cependant le chevalier ne se parjurait pas.

Comme il vous plaira - Shakespeare
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Ocee
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Re: Citations de livres

Message par Ocee » 16 juil. 2015 - 21:07

Marie Stuart de Stefan Zweig

Extrait d'un poème de Marie Stuart (pas de Zweig, donc, mais je l'ai découvert dedans et c'est tellement parfait pour le Frary que je voulais partager ♥) :
Sans cesse mon cœur sent
Le regret d'un absent.
Si parfois vers les cieux
Viens à dresser ma vue
Le doux trait de ses yeux
Je vois en une nue ;
Soudain je vois en l'eau
Comme dans un tombeau.
Si je suis en repos,
Sommeillant sur ma couche,
Je le sens qui me touche :
En labeur, en recoy,
Toujours est près de moi.
Note : il est en entier, légèrement différent, ici par exemple - ce qui me permet de voir qu'il ment un peu le Zweig en disant qu'elle ne parle que de son abandon et de sa solitude et non d'amour parce que c'est quand même écrit à la fin :
Amour vraie et sans feinte,
Qui pour séparation
N'aura diminution
Sinon, une citation de Zweig qui m'a marquée en la lisant :
Or, il n'est pas, dans la vie d'une femme, de plus profonde humiliation que de s'être donnée inconsidérément à un homme qui n'était pas digne de son estime : jamais une vraie femme ne se pardonnera pareille faute, jamais elle ne pardonnera à l'homme indigne.
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LilTangerine
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Re: Citations de livres

Message par LilTangerine » 17 juil. 2015 - 17:23

PHEDRE: Ah ! cruel, tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.
J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux, je m’approuve moi−même,
Ni que du fol amour qui trouble ma raison,
Ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le coeur d’une faible mortelle.
Toi−même en ton esprit rappelle le passé.
C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé :
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.

De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J’ai langui, j’ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis−je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois−tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr.
Faibles projets d’un coeur trop plein de ce qu’il aime !
Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi−même !
Venge−toi, punis−moi d’un odieux amour ;
Digne fils du héros qui t’a donné le jour,
Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois−moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper.
Voilà mon coeur : c’est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d’expier son offense,
Au−devant de ton bras je le sens qui s’avance.
Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m’envie un supplice si doux,
Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête−moi ton épée.
Donne.
Phèdre, Racine, acte II scène 5. J'aime cette tirade plus que n'importe quelle autre dans n'importe quelle pièce. :coeur:
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A force de répéter comment réparer les failles ma voix s'casse

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Alienor la Fantasque
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 25 juil. 2015 - 15:49

Sous sa robe noire sept choses
Dame Lackless a encloses
L'une est un anneau qui n'est pas fait pour être porté
L'autre un cri qui n'est pas fait pour être juré
Près du cierge de son aimé
Est une porte sans poignée
Dans un écrin sans verrou
Lackless a les bijoux de son époux
C'est un secret qu'elle va gardant
Sans dormir mais en rêvant
Sur la route, ce n'est pas pour voyager
Qu'elle veut sa devinette débrouillée


Chronique du tueur de roi, première journée - Le nom du vent - Patrick Rothfuss
Si le narrateur n'avait pas précisé par la suite qu'il s'agissait moins d'une comptine enfantine que d'une chanson grivoise, je n'en aurais rien vu. Quelle innocente je suis des fois :mrgreen:
CLÉANTE - Voilà de vos pareils le discours ordinaire :
Ils veulent que chacun soit aveugle comme eux.
C'est être libertin que d'avoir de bons yeux,
Et qui n'adore pas de vaines simagrées
N'a ni respect ni foi pour les choses sacrées.
Allez, tous vos discours ne me font point de peur :
Je sais comme je parle, et le Ciel voit mon cœur,
De tous vos façonniers on n'est point les esclaves.
Il est de faux dévots, ainsi que de faux braves ;
Et comme on ne voit pas qu'où l'honneur les conduit
Les vrais braves soient ceux qui font beaucoup de bruit,
Les bons et vrais dévots, qu'on doit suivre à la trace,
Ne sont pas ceux aussi qui font tant de grimaces.
Hé quoi ? vous ne ferez nulle distinction
Entre l'hypocrisie et la dévotion ?
Vous les voulez traiter d'un semblable langage,
Et rendre même honneur au masque qu'au visage,
Égaler l'artifice à la sincérité,
Confondre l'apparence avec la vérité ;
Estimer le fantôme autant que la personne,
Et la fausse monnaie à l'égal de la bonne ?
Les hommes la plupart sont étrangement faits !
Dans la juste nature on ne les voit jamais ;
La raison a pour eux des bornes trop petites ;
En chaque caractère ils passent ses limites ;
Et la plus noble chose, ils la gâtent souvent
Pour la vouloir outrer et pousser trop avant.
Que cela vous soit dit en passant, mon beau-frère.

Tartuffe - Molière
Dernière pour la route :
AGATHE - Ils croient que nous ne les trompons qu'avec des amants. Avec les amants aussi, sûrement... Nous vous trompons avec tout. Quand ma main glisse, au réveil, et machinalement tâte le bois du lit, c'est mon premier adultère. Employons-le, pour une fois, ton mot "adultère". Que je l'ai caressé, ce bois, en te tournant le dos, durant mes insomnies ! C'est de l'olivier. Quel grain doux ! Quel nom charmant ! Quand j'entends le mot "olivier" dans la rue, j'en ai un sursaut. J'entends le nom de mon amant ! Et mon second adultère, c'est quand mes yeux s'ouvrent et voient le jour à travers la persienne. Et mon troisième, c'est quand mon pied touche l'eau du bain, c'est quand j'y plonge. Je te trompe avec mon doigt, avec mes yeux, avec la plante de mes pieds. Quand je te regarde, je te trompe. Quand je t'écoute, quand je feins de t'admirer à ton tribunal, je te trompe. Tue les oliviers, tue les pigeons, les enfants de cinq ans, fillettes et garçons, et l'eau, et la terre, et le feu ! Tue ce mendiant. Tu es trompé par eux.

Électre - Jean Giraudoux
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Re: Citations de livres

Message par Fleur d'épine » 31 juil. 2015 - 17:48

Pour les besoins de ma dernière fic, je suis tombée sur cette citation de Cendrars que j'ai trouvée magnifique :

Et cela valait bien la peine de risquer la mort pour les rencontrer, ces damnés, qui sentaient la chiourme et portaient des tatouages. Aucun d’eux ne nous a jamais plaqués et chacun d’eux était prêt à payer de sa personne, pour rien, par gloriole, par ivrognerie, par défi, pour rigoler, pour en mettre un sacré coup, nom de Dieu, et que ça barde, et que ça bande, chacun ayant subi des avatars, un choc en retour, un coup de bambou, ou sous l’emprise de la drogue, de l’alcool, du cafard ou de l’amour avait déjà été rétrogradé une ou deux fois, tous étaient revenus de tout. Pourtant ils étaient durs et leur discipline était de fer. C’était des hommes de métier. Et le métier d’homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrice, comme la poésie.
La main coupée, Blaise Cendrars
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 13 août 2015 - 19:54

- (...) Trahison, dis-je. Meunier est mort le 13 juin. Voilà Kléber seul. En attendant, Brunswick grossit et avance. Il arbore le drapeau allemand sur toutes les places françaises qu'il prend. Le margrave de Brandebourg est aujourd'hui l'arbitre de l'Europe ; il empoche nos provinces ; il s'adjugera la Belgique, vous verrez ; on dirait que c'est pour Berlin que nous travaillons ; si cela continue, et si nous n'y mettons ordre, la révolution française se sera faite au profit de Potsdam ; elle aura eu pour unique résultat d'agrandir le petit Etat de Frédéric II, et nous aurons tué le roi de France pour le roi de Prusse.

Quatrevingt-Treize - Victor Hugo.
Et la note de mon édition qui précise sur ce passage : "Propos d'actualité après l'achèvement de l'unité allemande et la proclamation du Deuxième Reich à Versailles, le 18 janvier 1871. Victor Hugo avait dénoncé l'hégémonie allemande dans sa lettre du 20 septembre 1872 aux membres du Congrès de la paix."

Encore une fois, il voyait très clair. Faut croire que l'Allemagne a toujours réussi à tirer son épingle du jeu en toute circonstance, et encore maintenant quand on s'informe de l'actualité.
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Re: Citations de livres

Message par Lucette » 14 sept. 2015 - 17:39

Lâchez tout.
Lâchez Dada.
Lâchez votre femme, lâchez votre maîtresse.
Lâchez vos espérances et vos craintes.
Semez vos enfants au coin d'un bois.
Lâchez la proie pour l'ombre.
Lâchez au besoin une vie aisée, ce qu'on vous donne pour une situation d'avenir.
Partez sur les routes.
J'ai du mal à apprécier André Breton en général, mais là, il m'a scotchée. Après c'est le dadaïsme :coeur:
Tous les lundis et jeudis, il y a un peu plus d'amour ici

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Re: Citations de livres

Message par Ocee » 11 oct. 2015 - 13:13

Zola a écrit :... l'arithmétique lui avait donné raison, les philosophes lui avaient dit un tel mal de l'humanité qu'il comptait déjà sur une nombreuse clientèle.
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Re: Citations de livres

Message par Alienor la Fantasque » 18 oct. 2015 - 12:58

"Devant cette mystérieuse complication de bienfaits et de souffrances se dresse le Pourquoi ? de l'histoire.
Parce que. Cette réponse de celui qui ne sait rien est aussi la réponse de celui qui sait tout."

'Quatrevingt-Treize' - Victor Hugo.

THE phrase à ressortir en dissertation, quoique je ne pense pas que ça garantisse une bonne note, mais ce serait marrant à essayer. :mrgreen:
Dernière modification par Alienor la Fantasque le 20 avr. 2016 - 10:04, modifié 1 fois.
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Re: Citations de livres

Message par Fleur d'épine » 12 nov. 2015 - 01:15

C'est pas très original mais je suis retombée sur ces phrases du Petit Prince pour le besoin de mon NaNo et :nif:


« Mais si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »

(...)

«  Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis, regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé… »

(...)

«  Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
— Ah ! Dit le renard... je pleurerai.
— C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
— Bien sûr, dit le renard.
— Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
— Bien sûr, dit le renard
— Alors tu n'y gagnes rien !
— J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé »
LIMK, plus puissante qu'un dragon chinois, plus mythique qu'un tanuki !
La coupe des quatre sorciers sera japonaise ou ne sera pas !
Tremblez autres écoles, notre entraînement a commencé.
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(Et comme le dirait notre directrice : Apprends la sagesse dans la sottise des autres. :mrgreen: )

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Verowyn
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Re: Citations de livres

Message par Verowyn » 15 nov. 2015 - 18:46

Parce qu'elle reste plus vraie que jamais :
"The best thing for being sad," replied Merlyn, beginning to puff and blow, "is to learn something. That is the only thing that never fails. You may grow old and trembling in your anatomies, you may lie awake in the middle of the night listening to the disorder of your veins, you may miss your only love, you may see the world around you devastated by evil lunatics, or know your honour trampled in the sewers of baser minds. There is only one thing for it then — to learn. Learn why the world wags and what wags it. That is the only thing the mind can never exhaust, never alienate, never be tortured by, never fear or distrust, and never dream of regretting."
T.H. White, The Sword in the stone.
La meilleure chose quand on est triste (...) c'est d'apprendre. C'est la seule chose qui n'échoue jamais. Tu peux devenir vieux et ton anatomie toute tremblante, tu peux rester éveillé au milieu de la nuit à écouter le désordre dans tes veines, tu peux regretter ton unique amour, tu peux voir le monde autour de toi dévasté par des fous méchants ou savoir ton honneur piétiné dans les égouts d'esprits médiocres. Il n'y a qu'un seul remède à tout ca : apprendre. Apprendre pourquoi le monde s'agite et ce qui le fait s'agiter. C'est la seule chose que l'esprit ne peut jamais épuiser, jamais aliéner, qui ne peut le torturer, pour laquelle il ne doit éprouver ni crainte ni méfiance, et qu'il ne peut jamais imaginer regretter.
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