Citations de livres

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Alhüin
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Re: Citations de livres

Message par Alhüin » 18 juil. 2014 - 23:14

N'est ce pas ! Avec le recul, c'est un beau bouquin mais lorsqu'il s'agissait de le lire je comptais chaque page très scrupuleusement ! :)
Et le pire c'est que je suis en S (on se doute alors que le pourcentage d'élèves qui l'ont lu en entier est trèèès faible !)
Et pourtant ...
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And what? You'll win her over with your rainbow kisses and unicorn stickers?

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Hinatata
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Re: Citations de livres

Message par Hinatata » 28 juil. 2014 - 21:30

Colin courait dans la rue.
— Ce sera une très belle noce... C'est demain, demain matin. Tous mes amis seront là...
La rue menait à Chloé.
— Chloé, vos lèvres sont douces. Vous avez un teint de fruit. Vos yeux voient comme il faut voir et votre corps me fait chaud...
Des billes de verre roulaient dans la rue et des enfants venaient derrière.
— Il me faudra des mois, des mois, pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je veux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, sur vos yeux, sur votre cou...
Il y eut trois petites filles. Elles chantaient une ronde toute ronde et la dansaient en triangle.
— Chloé, je voudrais sentir vos seins nus sur ma poitrine, mes deux mains croisées sur vous, vos bras autour de mon cou, votre tête parfumée dans le creux de mon épaule, et votre peau palpitante, et l'odeur qui vient de vous.
Elle se contentait de l'attendre, et se contentait d'être avec lui, mais on ne peut pas accepter cela d'une femme, qu'elle reste avec vous simplement parce qu'elle vous aime, il l'aimait aussi, il ne pouvait admettre de lui laisser perdre son temps puisqu'elle ne s'intéressait plus à Partre.
L'écume des jours, Boris Vian.
You'll come back
when it's over
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Re: Citations de livres

Message par Hinatata » 15 août 2014 - 14:06

DONNONS-NOUS LE TEMPS DE RÊVER
Rhapsodie cubaine, Eduardo Manet
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Aaurora
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Re: Citations de livres

Message par Aaurora » 23 août 2014 - 18:00

À ce moment, il s’aperçut qu’il se rappelait. Il ne lutta pas contre les souvenirs et se maîtrisa plus profondément, baigné dans le passé. Le givre craquant caparaçonnait ses vêtements de cuir d’une croûte brillante, cassée aux poignets et aux genoux.

Les lambeaux du temps jadis se pressaient autour de lui, tantôt doux comme des souris grises, furtifs et mobiles, tantôt fulgurants pleins de vie et de soleil – d’autres coulaient tendres et lents fluides sans mollesse et légers, pareils à la mousse des vagues.

Certains avaient la précision, la fixité des fausses images de l’enfance formées après coup par des photographies ou les conversations de ceux qui se souviennent, impossibles à ressentir à nouveau, car leur substance s’est évanouie depuis longtemps.

Et d’autres revivaient, tout neufs, comme il les rappelait à lui, ceux des jardins, de l’herbe et de l’air, dont les mille nuances de vert et de jaune se fondent dans l’émeraude de la pelouse, foncé au noir dans l’ombre fraîche des arbres.

Wolf tremblait dans l’air blême et se souvenait. Sa vie s’éclairait devant lui aux pulsations ondoyantes de sa mémoire.
À sa droite et à sa gauche, la coulée lourde empoissait les montants de la cage.
Boris Vian, L'herbe rouge.

:coeur: :shock:

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sfan
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Re: Citations de livres

Message par sfan » 05 sept. 2014 - 18:17

Descartes, [i]Principes de la Philosophie[/i] a écrit :Premièrement, un homme [...] doit avant tout tâcher de se former une morale qui puisse suffire pour régler les actions de sa vie, à cause que cela ne souffre point de délai, et que nous devons surtout tâcher de bien vivre. Après cela, il doit aussi étudier la logique : non pas celle de l'école, car elle n'est à proprement parler, qu'une dialectique qui enseigne les moyens de faire entendre à autrui les choses qu'on sait, ou même aussi de dire sans jugement plusieurs paroles touchant celles qu'on ne sait pas et ainsi elle corrompt le bon sens plutôt qu'elle ne l'augmente ; mais celle qui apprend à bien conduire sa raison pour découvrir les vérités qu'on ignore ; et pour ce qu'elle dépend beaucoup de l'usage, il est bon qu'il s'exerce longtemps à en pratiquer les règles touchant des questions faciles et simples, comme sont celles des mathématiques.
Les termes de morale et de mathématiques sont discutables, tout ça est le seul passage que j'ai trouvé lumineux au milieu d'un délire sur la vertu de Dieu et de la fameuse arborescence des domaines de la philo, mais quand même... Même si je ne suis pas spécialement d'accord avec ses conclusions, son analyse est sacrément juste : d'abord apprendre aux enfants ce qui permet de bien vivre dans notre société, ie la première éducation et les connaissances dites fondamentales ; puis un apprentissage de la raison et de la logique par la pratique, qui doit primer sur une illusion de la connaissance ou sur l'apprentissage d'une dialectique qui est mauvaise quand on n'apprend pas préalablement à savoir. C'est même pas con du tout :mrgreen: .
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sfan
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Re: Citations de livres

Message par sfan » 22 sept. 2014 - 18:03

Nietzsche, [i]Ainsi parlait Zarathoustra[/i], Quatrième partie, De l'homme supérieur, proposition 20 a écrit :Faites comme le vent quand il s’élance des cavernes de la montagne : il veut danser à sa propre manière. Les mers frémissent et sautillent quand il passe.
Celui qui donne des ailes aux ânes et qui trait les lionnes, qu’il soit loué, cet esprit bon et indomptable qui vient comme un ouragan, pour tout ce qui est aujourd’hui et pour toute la populace, —
— celui qui est l’ennemi de toutes les têtes de chardons, de toutes les têtes fêlées, et de toutes les feuilles fanées et de toute ivraie : loué soit cet esprit de tempête, cet esprit sauvage, bon et libre, qui danse sur les marécages et les tristesses comme sur des prairies !
Celui qui hait les chiens étiolés de la populace et toute cette engeance manquée et sombre : béni soit cet esprit de tous les esprits libres, la tempête riante qui souffle la poussière dans les yeux de tous ceux qui voient noir et qui sont ulcérés !
Ô hommes supérieurs, ce qu’il y a de plus mauvais en vous : c’est que tous vous n’avez pas appris à danser comme il faut danser, — à danser par-dessus vos têtes ! Qu’importe que vous n’ayez pas réussi !
Combien de choses sont encore possibles ! Apprenez donc à rire par-dessus vos têtes ! Élevez vos cœurs, haut, plus haut ! Et n’oubliez pas non plus le bon rire !
Cette couronne du rieur, cette couronne de roses à vous, mes frères, je jette cette couronne ! J’ai canonisé le rire ; hommes supérieurs, apprenez donc — à rire
C'est toujours marrant ce sentiment avec Nietzsche d'avoir l'impression d'avoir compris quelque chose d'essentiel, de le reformuler sans rendre ce qui est essentiel, et de se dire que fort probablement ce n'était pas ça qu'il voulait dire. Ce qui n'a pas une grande importance, en fait, puisque notre erreur nous semble essentielle :mrgreen: .
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emiwyn
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Re: Citations de livres

Message par emiwyn » 07 nov. 2014 - 18:50

Je pense que Robin Hobb a autant changé ma vie que Pierre Boterro, Racine et Rowling l'ont fait, et je place la double trilogie de l'Assassin Royal (et probablement toutes ses autres oeuvres avec, en tête, Les Aventuriers de la Mer aussi) devant tout ce que j'ai pu lire au monde. Déjà à l'époque où je l'avais découverte, plus rien n'existait à part elle, il y a quelques mois lorsque j'ai recommencé ces livres, de nouveau tout s'est évanoui autour de ses oeuvres. Donc, j'me disais que je pouvais difficilement passer à côté de ce topic, et j'ai commencé à corner toutes les pages incroyables pour pouvoir citer les passages.

Je dois avoir une trentaine de pages cornées, donc je vais pas tout rapporter, mais juste quelques passages qui me font pleurer tellement c'est sublime :

(juste au passage : ça fait une heure que j'essaie de réduire toutes les pages, tous les extraits, tous les moments incroyables que j'ai croisés dans ce livre. C'est SUPER raide de choisir ! Du coup, j'ai sélectionné deux passages que j'aime particulièrement. Peut-être pas les plus beaux, mais mes préférés, et puis ceux qui sont assez courts pour être cités ici)
"Pourquoi laisses-tu Astérie croire que tu es une femme ?"
Il se tourna vers moi, fit bouger ses sourcils de haut en bas et m'envoya un baiser. "Mais ne suis-je pas belle, jeune prince ?
- Je ne plaisante pas ! Elle te prend pour une femme, et elle est persuadée que tu es amoureux de moi. Elle s'imagine que nous avions un rendez-vous galant hier soir.
-Et ce n'était pas le cas, grand timide que tu es ?" Il me lança une oeillade appuyée.
"Fou... dis-je d'un ton menaçant.
- Ah !" Il soupira soudain. "Peut-être la vérité est-elle que je crains de lui montrer ma preuve, de peur qu'ensuite tous les hommes ne la déçoivent", fit-il en se désignant d'un geste sans équivoque.
Je le regardai dans les yeux jusqu'à ce qu'il reprenne son sérieux.
"Quelle importance, ce qu'elle croit ? fit-il. Laisse-la croire ce qui est le plus facile pour elle.
- C'est-à-dire ?
- Elle avait besoin d'un confident et c'est moi qu'elle a choisi pendant quelques temps ; peut-être était-il plus facile pour elle de se persuader que j'étais une femme comme elle." Il soupira de nouveau. "Depuis le temps que je vis parmi vous, c'est la seule chose à laquelle je n'ai jamais pu m'habituer ; l'importance que vous attachez au sexe de chacun.
-Pourtant, il est important de...
Il m'interrompit. "Fadaises !" s'exclama-t-il. C'est une question de tuyauterie, ni plus ni moins. En quoi est-ce important ?"
Je le dévisageai, incapable de trouver une réponse ; pour moi, c'était tellement évident que cela allait sans dire. "Ne pourrais-tu pas simplement lui assurer que tu es un homme et qu'on n'en parle plus ? demandai-je au bout d'un moment.
-Mais on continuerait à en parler, Fitz", répondit-il d'un ton avisé. Il franchit un arbre qui barrait la piste et attendit que je le rejoigne. "Car alors elle voudrait savoir pourquoi, si je suis un homme, je ne la désire pas, et elle trancherait : ce serait soit une anomalie chez moi, soit quelque chose qu'elle percevrait comme une imperfection chez elle. Non ; je ne crois pas qu'il faille s'exprimer sur ce sujet ni dans un sens ni dans l'autre. Mais Astérie a le défaut de tous les ménestrels ; elle croit que tout, même les questions les plus intimes, doit faire l'objet d'une discussion - ou mieux, d'une chanson. Ah oui !"
Il prit soudain une pause au milieu de la piste forestière, une pose qui évoquait si fort Astérie lorsqu'elle s'apprêtait à déclamer que j'en fus effrayé et que je me retournai vers elle à l'instant où le fou entonnait une chanson entraînante.
Dites, quand le fou pisse,
C'est à quel angle, selon vous ?
Et si ses chausses glissent,
Voit-on un tube, ou bien un trou ?

Mon regard revint sur le fou : il s'inclinait avec les fioritures qui marquaient souvent la fin de ses exhibitions. J'avais envie à la fois d'éclater de rire et de rentrer sous terre. Je vis Astérie rougir et s'avancer vers nous, l'oeil menaçant, mais Caudron la retint par la manche etlui glissa quelques mots à l'oreille d'un air sévère, puis elles nous foudroyèrent toutes deux du regard. Ce n'était pas la première pitrerie du fou à me mettre dans l'embarras, mais celle-ci était une de ses plus affûtées. J'adressai un geste d'impuissance aux deux femmes, puis me retournai vers le fou : il suivait le chemin en cabriolant. Je me hâtai de le rattraper.
"Ne t'es-tu pas dit que tu risquais de la blesser ? lui demandai-je avec colère.
-J'y ai songé autant qu'elle a songé à mes sentiments lorsqu'elle a commencé à répandre ses allégations sur moi." Il pivota brusquement en agitant sous mon nez un long doigt fin. "Avoue-le : tu m'as questionné sur le sujet sans te demander un instant si cela pouvait ou non froisser ma vanité. Comment réagirais-tu si j'exigeais la preuve que tu es bien un homme ? Ah !" Ses épaules tombèrent soudain et toute énergie parut le quitter. " Se perdre en paroles sur un tel sujet, avec tout ce que nous devons encore affronter ! N'en parle plus, Fitz, et j'en ferai autant. Qu'elle me désigne au féminin si cela l'amuse ; je ferai de mon mieux pour ne pas y prêter attention."
J'aurais dû me taire mais je n'en fis rien. "Elle croit que tu m'aimes, voilà tout", dis-je pour me justifier.
Il m'adressa un regard étrange. "Mais c'est vrai.
-Non, enfin, comme une femme aime un homme."
Il prit une inspiration. "Et comment est-ce ?
-Je veux dire..." J'étais presque en colère qu'il fît semblant de ne pas comprendre. "En couchant ensemble, en...
-C'est comme ça qu'un homme aime une femme ? En couchant avec elle ?
-Ca en fait partie !" J'étais soudain sur la défensive, mais j'ignorais pourquoi.
Il haussa les sourcils et déclara calmement : "Tu recommences à confondre amour et tuyauterie.
-C'est autre chose que de la tuyauterie !" criai-je, et un oiseau s'envola tout à coup en croassant. Je jetai un coup d'oeil à Cuadron et Astérie qui échangeaient un regard intrigué.
"Je vois", fit-il. Il resta un moment songeur pendant que je marchais devant lui à grandes enjambées. Puis il me demanda : "Dis-moi, Fitz, était-ce Molly que tu aimais ou ce qu'il y avait sous ses jupes ?"
Ce fut à mon tour de me sentir offensé, mais je refusai de me laisser réduire au silence. "J'aime Molly et tout ce qui est elle." La chaleur que je sentais monter à mes joues m'était odieuse.
"Voilà, tu l'as dit toi-même, répondit le fou comme si j'avais fait une démonstration à sa place. Et moi, je t'aime et tout ce qui est toi." Il inclina la tête ; sa question suivante recelait un défi. "Ne me le rends-tu pas ?"
Il avait l'air attentif. Pour ma part, je me mordais les doigts d'avoir entamé cette conversation. "Tu sais bien que je t'aime, dis-je enfin, à contrecoeur. Après tout ce qui s'est passé entre nous, comment peux-tu en douter ? Mais je t'aime comme un homme en aime un autre..." A cet instant, le fou me lança une oeillade à la fois paillarde et moqueuse, puis une lueur s'alluma subitement dans ses yeux et je compris qu'il me préparait un tour épouvantable.
Il bondit sur un tronc abattu et, de là, il adressa un regard de triomphe à la ménestrelle en s'écriant d'une voix théâtrale : "Il m'aime, il l'a dit ! Et moi aussi je l'aime !" Puis, avec un grand éclat de rire, il sauta au sol et partit sur la piste à toutes jambes.
OUF ! Bon, je veux pas vous faire crouler sous les passages, du coup je ne cite pas les deux autres que j'avais sélectionnés - c'est vraiment trop long.
Mais c'est super frustrant, parce que bien que j'aime énormément ce passage, il ne retransmet pas la beauté des descriptions de Robin Hobb, la force de ses personnages, le caractère tellement affirmé de tous ses personnages féminins, l'immense beauté de Fitz et du Fou, les rebondissements incroyables de l'intrigue de ses oeuvres, les dessous politiques fascinants qu'elle met en place...

J'aime bien quand les gens comparent cette oeuvre à celle de G.R.R Martin alors qu'elle est tellement cent fois, probablement mille fois meilleure.
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Envole-moi, remplis ma tête d'autres horizons, d'autres mots.

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LilTangerine
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Re: Citations de livres

Message par LilTangerine » 07 nov. 2014 - 22:21

-Tu crois à la finition de la guerre, toi? demande l'un
-T'en fait pas, répond l'autre.
On dirait qu'on s'arrache mal de la nuit; on n'arrive plus jamais maintenant à s'en défaire tout à fait.
Le feu, Barbusse.
Je devais le lire pour les cours, et même si c'est pas exactement mon genre de lecture, j'ai bien aimé, parce que même si ça reste une image un peu romancée de la guerre, avec de belles tournures de phrases ci et là, la critique que Barbusse en fait, tout en décrivant simplement des faits, des histoires, la manière dont il le fait, est fascinante.
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes
L'amour est mort j'en suis tremblant
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore
Alcools, Apollinaire :coeur:
Il y a tellement de passages de ses poèmes que j'aimerais mettre, il a un don pour écrire des petites perles comme ça, mais bon, si on me lance sur la poésie, on ne m'arrête plus :mrgreen:
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A force de répéter comment réparer les failles ma voix s'casse

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Eanna
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Re: Citations de livres

Message par Eanna » 07 nov. 2014 - 22:43

J'en reviens pas que je ne sois jamais venue sur ce topic parler de ce merveilleux livre qu'est Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher... (ça te plairait Charlène, ça se passe dans l'Ecosse du XVIIe^^)
Il y a tellement de passages extraordinaires et vrais, mais j'en ai déjà utilisé un pour le concours Citafics et je vais mettre ici celui avec lequel j'ai hésité (et que j'ai finalement mis de côté parce qu'il était trop long et que je ne voulais pas le raccourcir).
Ce qui était sombre sera toujours sombre, je le sais bien. La mort est toujours la mort. La haine ne sera jamais loin, dans cette vie.
Mais il y a aussi de la lumière. Elle est partout. Elle inonde ce monde, le monde en est rempli. Un jour, assise au bord de la Coe, je regardais des rayons de lumière tomber à travers les arbres, à travers leurs feuilles, et je me suis demandé s’il y avait quelque chose de plus beau que ça, ou de plus simple. Il y a maintes beautés. Mais toutes – depuis la neige jusqu’aux cheveux d’Alasdair, roux comme les fougères, jusqu’au ciel reflété dans l’œil de ma jument quand elle humait l’air sur la lande de Rannoch -, toutes ont de la lumière en elles, et elles valent la peine. Elles valent la peine de ce qui est sombre.
C'est vrai, c'est beau, et c'est tout ♥
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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Hinatata
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Re: Citations de livres

Message par Hinatata » 16 nov. 2014 - 18:47

- Tu rencontreras quelqu'un.
- Bien sûr : je suis jeune, jolie, intelligente et désirable. Mais il me sera impossible de vivre tout ce que j'ai vécu avec toi.
- Tu connaîtras d'autres émotions. Et, sache-le, même si tu ne le crois pas, je t'ai aimée pendant que nous étions ensemble.
- J'en suis certaine, mais cela ne diminue en rien ma douleur. (...)
Le Zahir, Paulo Coelho.
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CharlenePotter
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 17 nov. 2014 - 13:35

Avec brutalité, elle se met sur lui. Reste là, contre son corps.
Ils pleurent.
Elle dit, elle demande:
- On ne se reverra jamais. Jamais ?
- Jamais.
- A moins que...
- Non.
- On oubliera.
- Non.
- On fera l'amour avec d'autres gens.
- Oui.
Les pleurs. Ils pleurent, très bas.
- Et puis un jour on aimera d'autres gens.
- C'est vrai.
Silence. Il pleurent.
- Puis un jour on parlera de nous, avec de nouvelles personnes, on racontera comment c'était.
- Et puis un autre jour, plus tard, beaucoup plus tard, on écrira l'histoire.
- Je ne sais pas.
Ils pleurent.
- Et un jour on mourra.
- Oui. L'amour sera dans le cercueil avec les corps.
- Oui. Il y aura les livres au-dehors du cercueil.
- Peut-être. On ne peut pas encore savoir.
Le chinois dit:
- Si, on sait. Qu'il y aura des livres, on sait.
Ce n'est pas possible autrement.
L'amant de la Chine du Nord, Marguerite Duras.
"L'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne"

Aimé Césaire - Cahier d'un retour au pays natal

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Re: Citations de livres

Message par Uzy » 22 nov. 2014 - 18:07

Sacrebleu, quelle histoire ! Elle était étrange, elle était nouvelle, elle était belle. Peut-être n'était-elle pas très belle, peut-être pas belle du tout, franchement laide même, au contraire. Mais elle correspondait trait pour trait à ce que j'avais souhaité écrire, elle me donnait la sensation d'être moi-même. Elle me ressemblait. C'était, l'une après l'autre, les choses que j'aurais voulu écrire et dont malheureusement je n'étais pas capable. Mon monde, mes goûts, mes haines. Elle me plaisait à en mourir.
Dino Buzzati, Le K (À Monsieur le Directeur)

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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 22 nov. 2014 - 19:35

Il s'étonna de réfléchir sur des problèmes qu'il ne s'était jamais posé. Et pourtant revenait contre lui, avec un murmure mélancolique, la masse des douceurs qu'il avait toujours écartées: un océan perdu. "Tout cela est donc si proche?..." Il s'aperçut qu'il avait peu à peu repoussé vers la vieillesse, pour "quand il aurait le temps" ce qui fait douce la vie des hommes. Comme si réellement on pouvait avoir le temps un jour,comme si l'on gagnait, à l'extrémité de la vie, cette paix bienheureuse que l'on imagine. Mais il n'y a pas de paix. Il n'y a peut-être pas de victoire. Il n'y a pas d'arrivée définitive de tous les courriers.
Un ingénieur avait dit un jour à Rivière, comme ils se penchaient sur un blessé, auprès d'un pont en construction: "Ce pont vaut-il le prix du'n visage écrasé ?" Pa sun des paysans, à qui cette route était ouverte, n'eût accepté, pour s'épargner un détour par le pont suivant, de mutiler ce visage effroyable. Et pourtant l'on bâtit des ponts. L'ingénieur avait ajouté: "L'intérêt général est formé des intérêts particuliers: il ne justifie rien de plus." "Et pourtant, lui avait répondu plus tard Rivière, si la vie humaine n'a pas de prix, nous agissons toujours comme si quelque chose dépassait, en valeur, la vie humaine... Mais quoi ? "
Il aurait pu lutter encore, tenter sa chance: il n'y a pas de fatalité extérieure. Mais il y a une fatalité intérieure: vient une minute où l'on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige.
Nous ne demandons pas à être éternels, mais à ne pas voir les actes et les choses tout à coup perdre leur sens. Le vide qui nous entoure se montre alors...
Vol de Nuit, Saint-Exupéry
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Re: Citations de livres

Message par Lunalice » 28 nov. 2014 - 22:23

L'incipit d'Aurélia, de Nerval :
Le Rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort, un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : — le monde des Esprits s’ouvre pour nous.
*faire de la litté pour oublier qu"on a une khôlle de philo à préparer*
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 02 déc. 2014 - 23:34

Siddhartha et Govinda sont deux amis partis à la recherche du nirvana, la sagesse, à travers la spiritualité et la méditation. Mais Siddhartha commence à douter des méthodes pour l'instant employées et de la route à suivre:
Govinda répondit : « Nous avons appris beaucoup de choses et nous en apprendrons encore. Tu seras un grand Samana. Tu t’es vite familiarisé avec toutes les pratiques, et les vieux Samanas eux-mêmes t’ont souvent admiré. Un jour, Siddhartha, tu seras un saint. »
Siddhartha dit alors : « Il me semble que non, mon ami ; ce que j’ai appris jusqu’à ce jour auprès des Samanas, ô Govinda, j’aurais pu l’apprendre plus vite et avec moins de peine. Dans n’importe quel cabaret du quartier où habitent les filles de joie, parmi les charretiers et les joueurs de dés, j’aurais pu l’apprendre. » Govinda répliqua : « Siddhartha prend plaisir à se moquer de moi. Comment aurais-tu pu apprendre là-bas, auprès de ces misérables, à méditer, à retenir ta respiration, à être insensible à la douleur et à supporter la faim ? »
Et Siddhartha dit tout bas, comme s’il se parlait à lui-même : « Qu’est-ce que la méditation ? Qu’est-ce que l’abandon du corps ? Qu’est-ce que le jeûne ? Qu’est-ce que retenir sa respiration ? C’est fuir de son moi, pour échapper pour quelques instants aux tourments de son être, c’est endormir pour un temps la douleur et oublier les extravagances de la vie. Mais tout cela, le premier bouvier venu le trouve dans une auberge, en buvant quelques coupes de vin de riz ou de lait de coco fermenté ! Alors il s’oublie soi-même, il en sent plus les douleurs de la vie, il est devenu insensible à tout. Dans cette coupe de vin, il trouve ce même oublie que Siddhartha et Govinda trouvent aussi, quand, au prix de longs efforts, ils s’échappent de leurs corps et habitent dans leur non-moi. Il en est ainsi, ô Govinda ! »
« Tu dis cela, ô mon ami, repris Govinda, mais tu sais bien que Siddhartha n’a rien d’un bouvier et qu’un Samana n’est pas un ivrogne. Sans doute, le buveur s’étourdit en buvant, sous doute trouve-t-il dans le vin une absence de soi même et un répit de courte durée, mais bientôt il revient de cette démence et retrouve toute chose comme auparavant. Il n’a rien gagné en sagesse, rien acquis en connaissance et ne s’est point élevé d’un degré vers le bien. »
Et Siddhartha dit avec un sourire : « Je l’ignore ; jamais je n’ai été un buveur. Mais une chose est certaine, c’est que moi, Siddhartha, je n’ai jamais trouvé dans mes pratiques et mes méditations que de brefs instants de torpeur et que je suis aussi éloigné de la sagesse et de la délivrance que je l’étais dans le sein de ma mère ; je le sais, ô Govinda, je le sais. »
Mais Siddhartha lui dit d’une voix douce, où l’on sentait autant de tristesse que d’ironie : « Ton ami, Govinda, va bientôt quitter ce sentier des Samanas, qu’il a si longtemps parcouru avec toi. Je souffre de la soif, ô Govinda, et sur ce long sentier des Samanas, ma soif n’a en rien diminuée. J’ai eu toujours soif de science et toujours sur mes lèvres se pressent mille questions. D’une année à l’autre, j’ai questionné les brahmanes, d’une année à l’autre, j’ai interrogé ces Vedas sacrés, d’une année à l’autre, j’ai questionné les pieux Samanas. Peut-être, ô Govinda, eût-il été aussi bon, aussi intelligent et aussi salutaire de m’adresser au corbeau cornu ou au chimpanzé. Il m’a fallu beaucoup de temps pour apprendre moi-même cette cruelle vérité dont je ne suis peut-être pas encore assez pénétré, ô Govinda, c’est qu’on ne peut rien apprendre ! Je crois bien qu’en effet, cette chose que nous nommons apprendre n’existe pas. Il n’y a qu’un savoir, ô mon ami, et qui est partout, c’est l’Atman, qui est en moi, en toi, et dans chaque être. Et voilà pourquoi je commence à croire qu’il n’est pas de plus grand ennemi du vrai savoir que de vouloir savoir à tout prix, d’apprendre.
Hermann Hesse, Siddhartha
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Re: Citations de livres

Message par Lunalice » 14 déc. 2014 - 09:51

Leiris dans [i]Langage Tangage[/i] a écrit :Brocéliande – dans l’ombre dense de ses lianes, loin des landes, le silence brode ses danses…
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Re: Citations de livres

Message par TeddyLunard » 28 déc. 2014 - 17:20

Daniel Pennac, dans [b]Au Bonheur des Ogres[/b] a écrit : Je ne vois pas Cazeneuve. Congé de maladie un peu plus long ? Ce coup de tatane que je lui ai flanqué ! Le sperme a dû lui jaillir par les oreilles !
Oui, je reconnais, c'est pas très évolué :mrgreen: ... mais l'image est juste hilarante...
Bon, je me rattrape et je vous en donne une autre :)
Daniel Pennac, dans le même livre a écrit : Et j'explique, j'explique la bonne vieille règle en déposant un paternel baiser sur chaque front. C'est que, voyez-vous, jadis, le participe s'accordait avec le C.O.D, que celui-ci fût placé avant ou après l'auxiliaire avoir. Mais des gens rataient si souvent l'accord quand il était placé après, que le législateur grammatical mua cette faute en règle. Voilà. C'est ainsi. Les langues évoluent dans le sens de la paresse. Oui, oui, "déplorable".
Personnellement, c'est exactement ce que je ressens par rapport aux pseudo-évolutions linguistiques de notre langue... autrefois "La Langue de Molière"...
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Re: Citations de livres

Message par Ocee » 28 déc. 2014 - 19:40

Meg Cabot dans Ready to rock ! a écrit :Il n'y a rien de pire que les gens qui font des mômes parce qu'ils ont le sentiment que c'est ce qu'on attend d'eux. Ou pour faire comme tout le monde. Ou parce qu'il leur faut donner un sens à leur vie. Décider d'avoir un enfant, c'est s'engager à cent pour cent. [...] on ne fait pas [non plus] un enfant pour avoir un bâton de vieillesse ! De toutes les raisons d'en faire, c'est l'une des pires. Ça, et vouloir sauver un mariage qui se casse la gueule.
Cette citation n'a rien d'exceptionnel en soi, mais je ne m'attendais pas à trouver ce genre de discours dans un livre de chick lit et c'était donc une agréable surprise ♥ Mais bon, ça ne me fait jamais qu'une raison de plus d'aimer cette série qui mériterait d'être plus (re)connue à mon goût (parce que pour avoir lu beaucoup de chick lit, je la trouve franchement d'un bon niveau, d'autant qu'elle a le plus d'être policière, et la voir classée en livre jeunesse girly par certains éditeurs qui n'ont pas su voir son potentiel, je trouve ça dommage, elle a sa place chez les (jeunes) adultes aussi :evil: )
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CharlenePotter
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 06 janv. 2015 - 17:10

Le monde tel qu’il était avait eu raison de ses rêves et ses ambitions. Ou peut-être était-ce aussi à cause de William ? Quand il était parti, il avait emporté son cœur avec lui. Depuis, elle avait l’impression de vivre une longue chute dans le noir. Une Alice au pays des horreurs. En regardant son petit paquet beige [note de Cha : un gâteau acheté à la boulangerie], elle se dit que la seule chose qui la faisait vibrer à l’heure actuelle était l’idée d’un bon repas… et d’une bonne nuit de sommeil. Elle secoua la tête, énervée. Si elle continuait ainsi, elle finirait comme une grosse dinde et elle mourrait, un jour, parce qu’elle n’aurait pas réussir à sortir de son lit ni de ses choux à la crème.
Moi, je crois qu’il faudrait plutôt demander, corrigea l’Orfèvre en arrivant après la bataille, ce que fait la princesse ici. Mon armoire recèle-t-elle de trésors insoupçonnés ? Christian le regarda et sourit : - C’est plus grand à l’intérieur.
Bordemarge, d'Emmanuelle Nuncq

Von Linden doit avoir le même âge que l’officier des renseignements qui m’a recrutée. Von Linden a-t-il lui aussi une épouse éduquée ? (Il porte une bague.) Aurait-elle pu aller à l’université avec celle de mon professeur d’allemand ? La folie extrême, incroyable et possible d’une telle éventualité ordinaire donne envie de poser la tête sur cette table froide et pleurer.
Puis il a dit un mot. C’est le même e, anglais, en français et en allemand. « Kérosène. »
Je tombe sous une juridiction effrayante appelée Nacht und Nebel, « Nuit et Brouillard, qui les autorise à faire ce que bon leur semble aux gens soupçonnés d’être « un danger pour la sécurité ».
- Et toi ? ai-je demandé.
- Je vais retourner à Berlin. J’ai demandé un transfert il y a plusieurs semaines, quand nous avons commencé à les interroger, elle et cette pauvre gamine française. (elle a frissonné, fumant avec frénésie.) Ces boulots atroces qu’ils me donnent ! Ravensbrück et Ormaie. Au moins, quand je réquisitionnais des médicaments pour Natzweiler, je n’avais pas à voir ce qu’ils en faisaient. Quoi q’uil en soit, je ne reste que jusqu’à Noël.
- Tu serais peut-être plus en sécurité ici. Nous bombardons Berlin, ai-je dit. Depuis bientôt deux semaines.
- Ja, je sais, a-t-elle dit. Nous écoutons la BBC, nous aussi. Le blitz de Berlin. J’imagine que c’est mérité.
- Je ne pense pas que qui que ce soit mérite cela.
- Que faites vous en France, Kittyhawk ?
- Comme vous : je suis une pilote abattue.
- Vous vous fichez de moi !
- Pas du tout. Je suis lieutenant de l’Air Transport Auxiliary. Et je parie que, vous nous plus, personne ne vous croit quand vous dites que vous êtes canonnier pour la Royal Air Force.
- Bien vu, mademoiselle, a-t-il répondu avec émotion. Ce sont les hommes blancs qui dirigent ce monde.
Nom de code : Verity ; de Elizabeth Wein
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CharlenePotter
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 19 janv. 2015 - 13:44

Je suis là seule à relever des passages que j'aime bien tout le temps ? :D

Dans Le Maître et Marguerite, de Boulgakov, un véritable chef-d'oeuvre:
- Votre Kant, avec ses preuves, je l'enverrais pour trois ans aux îles Solovki, moi ! lança soudain Ivan Nokolaïevitch, tout à fait hors de propos. Mais l'idée d'envoyer Kant au Solovki, loin de choquer l'étranger, le plongea au contraire dans le ravissement.
- Parfait, parfait ! s'écria-t-il, et son oeil vert, toujours tourné vers Berlioz, étincela. C'est exactement ce qu'il lui faudrait ! Du reste, je lui ai dit un jour, en déjeunant avec lui: "voyez-vous, professeur -excusez moi-, mais vos idées sont un peu incohérentes. Très intelligentes, sans doute, mais terriblement incompréhensibles. On rira de vous."
Berlioz ouvrit des yeux ronds: "En déjeunant... avec Kant ? Qu'est ce qu'il me chante là ? pensa-t-il.
Comment l'homme peut-il gouverner quoi que ce soit, si non seulement il est incapable de la moindre prévision, ne fût-ce que pour un délai aussi ridiculement bref que, disons, un millier d'années, mais si, en outre, il ne peut même pas se porter garant de son propre lendemain ?
Si, le matin du lendemain, on avait dit à Stepan Likhodieïev : Stepan, tu seras fusillé si tu ne te lèves pas à l'instant même ! Stephan aurait répondu, d'une voix languissante et à peine perceptible: - Fusillez moi, faites de moi ce que vous voudrez, mais je ne me lèverai pas.
Et en générale, si je puis me permettre cette audace, je vous conseillerais, Marguerite Nickolaïevna, de n'avoir peur de rien, à aucun moment. Ce serait idiot.
- Vous n'êtes pas Dostoïevski, dit la citoyenne déroutée par les raisonnements de Koroviev.
- Hé, hé ! Qui sait, qui sait ? fit celui-ci.
- Dostoïevski est mort, dit la citoyenne, d'un ton qui, déjà, manquait un peu de conviction.
- Je proteste ! s'écria Béhémoth avec chaleur. Dostoïevski est immortel !
Ô dieux, dieux ! comme la terre est triste le soir ! Que de mystères, dans les brouillards qui flottent sur les marais ! Celui qui a erré dans ces brouillards, celui qui a beaucoup souffert avant de mourir, celui qui a volé au-dessus de cette terre en portant un fardeau trop lourd, celui-là sait !
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Ellie
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Re: Citations de livres

Message par Ellie » 19 janv. 2015 - 16:46

"Nothing I wrote compared to Simon."
"Good gracious, Cath, are you really comparing yourself to the most successful author of the modern age?"
"Yes," Cath said. "Because, when I'm writing Gemma T. Leslie's characters, sometimes, in some ways, I am better than her. I know how crazy that sounds - but I also know that it's true. I'm not a god. I could never create the World of Mages; but I'm really, really good at manipulating that world. I can do more with her characters than I could ever do with my own. My characters are just... sketches compared to hers."
"But you can't do anything with fanfiction. It's stillborn."
"I can let people read it. Lots of people do read it."
"You can't make a living that way. You can't make a career."
"How many people make a career out of writing anyway?" Cath snapped. [...] "I'll write because I love it, the way other people knit or... or scrapbook. And I'll find some other way to make money."
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Re: Citations de livres

Message par MiniPotter » 24 janv. 2015 - 15:28

Fallait que je parle de ce livre .. parce que je n'aime pas trop Marc Lévy mais que ce livre est l'exception... A lire vraiment !

Les enfants de la liberté
Tu vois, pour nos copains, tout à commencé comme un jeu d'enfants, un jeu d'enfants qui n'auront jamais eu le temps de devenir adultes
Tu vois, c'est l'histoire d'un curé qui se prive de manger pour sauver un arabe, d'un Arabe qui sauve un Juif en lui donnant encore une raison d'y croire, d'un Juif qui tient l'Arabe aux creux de ses bras , tandis qu'il va mourir, en attendant son tour ; tu vois, c'est l'histoire du monde des hommes avec ses moments de merveilles insoupçonnées.
Jacques avait raison, le printemps était revenu... et j'ai senti la main de mon petit frère qui serrait la mienne.
Dans ce champs de chaumes, mon petit frère et moi étions et resterions à jamais des enfants de la liberté, égarés parmis 60 millions de morts.
Voilà, mon amour. Cet homme accoudé au comptoir du café des Tourneurs et qui te sourit dans ton élégance, c'est mon père.
Sous cette terre de France, reposent ses copains.
Chaque fois qu'ici ou là j'entend quelqu'un exprimer ses idées au milieu d'un monde libre, je pense à eux.
Alors je me souviens que le mot "Etranger" est une des plus belles promesses du monde, une promesse en couler, belle comme la liberté.
Je pourrais continue pendant des heures.. :)
"Plus que le discours des hommes, écoute le souffle de la nuit et le murmure de ton coeur. Eux ne mentent pas"
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Re: Citations de livres

Message par Catie » 26 janv. 2015 - 09:18

Je n'avais pas encore conscience de l'étendue de "l'inhumanité de l'homme envers l'homme", ni du degré infini de cruauté qu'il était prêt à atteindre par amour du gain.
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Re: Citations de livres

Message par Miss Lucy » 28 janv. 2015 - 18:59

Il t'est arrivé une petite histoire de gamine, tu as rencontré un garçon, il a été idiot comme tous les garçons, il a été maladroit, il t'a brusquée ? Je connais cela, mon pinson, j'ai été une gamine, j'ai été à des fêtes où les garçons sont des imbéciles. Même si tu t'es fait embrasser, qu'est-ce que cela peut faire ? Tu te feras encore mille fois embrasser par des imbéciles, que tu en aies envie ou pas ; et tu te feras mettre la main aux fesses, ma pauvre, que tu le veuilles ou non. Parce que les garçons sont des imbéciles et tout ce qu'ils savent faire, c'est de mettre la main aux fesses des gamines. Ils adorent cela. Je ne sais pas quel plaisir ils y trouvent ; je crois bien, d'ailleurs, qu'ils n'y trouvent aucun plaisir. C'est dans leur tradition. Ils n'y peuvent rien. Ils sont fabriqués avec de l’imbécillité.
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Mon dieu que c'est beau … Après, on est d'accord ou on ne l'est pas mais c'est tellement juste dans son contexte, tellement fort !! :coeur:
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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 28 janv. 2015 - 23:09

Les écrivains, lorsqu'ils composent des romans, font souvent comme s'ils étaient dieu et comme s'ils pouvait embrasser et comprendre dans son ensemble une vie humaine quelconque, et la raconter comme Dieu pourrait se la raconter, sans voile, en accordant à chacun des épisodes la même valeur. Celà, je ne le puis, pas plus qu'ils ne le peuvent.
Si, par exemple, un papillon de nuit voulait atteindre une étoile ou quelque chose de semblable, il ne le pourrait pas. Aussi n'essaie-t-il pas. Il cherche seulement ce qui présente un sens et une valeur pour lui, ce dont il a besoin, ce qu'il lui faut absolument.

Quand nous haïssons un homme, nous haïssons dans son image quelque chose qui réside en nous. Ce que nous ne portons pas en nous, ne peut nous toucher.


Demain, de Hermann Hesse
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Re: Citations de livres

Message par Verowyn » 04 févr. 2015 - 14:13

À propos de citations, vous avez vu le concours lancé par les Éditions HPF sur notre page fb ? ^^
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Re: Citations de livres

Message par Catie » 08 févr. 2015 - 10:19

Colin ralentit, puis il s'arrêta sur le bas-côté pour laisser passer un 4x4 pressé et regarder l'usine.
-D'accord, mais on y fait quoi ? demanda-t-il.
-Tu vas rire.
-Sûrement pas.
-Jure-moi de ne pas rigoler, dit-elle.
-Je te le jure.
-C'est une usine textile. En ce moment, on y fabrique surtout des... cordons pour tampons.
Colin ne rit pas, il réfléchit : "Les tampons ont des cordons ? Pourquoi ?" De tous les mystères majeurs de l'humanité - Dieu, la nature de l'univers, etc. -, les tampons étaient pour lui celui qui restait le plus obscur. Les tampons lui faisaient un peu le même effet que les grizzlis : il était au courant de leur existence, mais il n'en avait jamais croisé et il ne tenait pas particulièrement à le faire.
Le théorème des Katherine, John Green.

Mon dieu que j'ai ri ! :lol:
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Re: Citations de livres

Message par sfan » 11 févr. 2015 - 01:15

La beauté sera convulsive ou elle ne sera pas.
C'est tout. Une phrase s'est propulsée d'un coup dans mon très restreint top personnel.
Demain, je vais acheter Nadja.
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"L'étonnement est le commencement timide de la jouissance." Barthes

"La beauté sera CONVULSIVE ou elle ne sera pas" Breton


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Re: Citations de livres

Message par CharlenePotter » 11 févr. 2015 - 11:59

Maintenant je sais une bonne fois pour toutes qu'on ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonances ni les souvenirs qui se réveillent quand la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence.
Je n'aime pas cette nouvelle vie. Je n'aime pas quand les choses s'effacent, se perdent, je n'aime pas faire semblant d'avoir oublié. Je n'oublie pas.
Je n'aime pas le soir qui tombe. ces jours qui s'en vont dans l'ombre, pour toujours.
Je cherche les souvenirs, la précision des images, la lumière exacte. Ces heures passées avec ma mère à jouer aux playmobil, les histoires inventées sur la moquette, mille fois recommencées.
C'était bien la preuve, si besoin en était, que quelque chose ne tournait pas rond. Il suffisait de regarder autour de soi. Il suffisait de voir le regard des gens, de compter ceux qui parlent tout seul ou qui déraillent, il suffisait de prendre le métro. J'ai pensé aux effets secondaires de la vie; ceux qui ne sont indiqués dans aucune notice, aucun mode d'emploi. J'ai pensé que la violence était là aussi, j'ai pensé que la violence était partout.
Delphine de Vigan, No et moi. Il y a des dizaines et des dizaines de passages que j'aurais pu mettre ici. Ce livre est superbe.
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Norya
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Re: Citations de livres

Message par Norya » 19 févr. 2015 - 22:45

L'affliction n'est pas un remède mais plutôt un acide qui corrode tout ce qui ne se peut guérir.
William Shakespeare, Henry VI, part I

:coeur:

*Soupir énamouré*

Edit : faut que je retrouve la VO. Là c'est la version française de l'adaptation mise en scène par Thomas Jolly (en tournée en ce moment, allez la vooooooir !!) :coeur:

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