De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

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Ayame
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De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Ayame » 28 nov. 2012 - 20:38

Oui, je sais, j'aurai pu choisir un titre un tant soit peu moins alambiqué ou plus parlant, mais je me suis dit qu'il valait mieux aiguillonner votre curiosité. :wink:

En fait, ce questionnement vient non pas de mon expérience de lecteur ou d'auteur, mais de modo des fics. En lisant pour validation la production des auteurs de HPF, les bleues et moi en sommes venues à nous questionner sur la perception de la violence.

L'exemple auquel je pense pour illustrer mon propos et qui revient le plus fréquemment dans les fics est le viol (suivi non loin par la torture et le meurtre).
Attention, on n'est pas là pour ouvrir un débat sur le crime qu'est le viol, on ne parle que du viol en termes de scénario, d'histoire et de la façon dont un élément traumatique, tel qu'un viol peut s'intégrer dans un récit (rappelons à toutes fins utiles que la saga HP intègre nombre d'éléments traumatiques, le premier qui me vient à l'esprit étant l'assassinat de James et Lily, mais on peut aussi parler de la maltraitance que subit Harry).

Bref, le viol est un crime, c'est indéniable, mais il peut, au même titre qu'un meurtre être un élément de scénario (que ce soit comme trauma passé d'un personnage pour expliquer tel ou tel comportement ou évènement durant le cours d'une fic), sauf que là où j'ai toujours vu le meurtre être considéré sous un jour négatif, on voit en validation de plus en plus de fics où le viol est "borderline" voire carrément inacceptable du point de vue du règlement d'HPF (cf Art 24).

En fait, c'est le traitement des viols qui pose question. Depuis peu, on a parfois l'impression que d'aucuns considèrent le viol comme étant un passage obligé dans une bonne romance, parce que soit 1/ ça donne une faiblesse psychologique à l'héroïne qui aura besoin du héros pour se reconstruire (hurt/comfort assez traditionnel), 2/ le héros sauve l'héroïne du viol in extremis (voire pendant l'acte parfois) et ils finissent ensemble (parfois consommant leur amour quelques instants après le viol interrompu).
Et là où j'ai une vraie impression de décalage, c'est que certains auteurs semblent voir le viol soit comme l'équivalent d'une éraflure sur le genou sur laquelle il suffit de mettre un pansement, soit comme quelque chose de romantique voire dans certains cas (non validés, rassurez vous) le viol peut être décrit comme une expérience sexuelle au final satisfaisante pour la victime.

Loin de moi l'idée de faire le procès des gens qui écrivent ce genre de choses, ça n'est pas le but de ce topic, mais j'avoue être perplexe devant ce qui me semble être une banalisation de la violence sexuelle.

Et vous, lisez-vous, écrivez-vous des fics ayant inclus de tels éléments au scénario ? Qu'est ce qui vous a poussé à inclure un viol dans votre histoire, le cas échéant (ou torture, ou meurtre) ? Avez vous remarqué en tant que lecteur la "tendance" que j'évoquais au niveau de la "banalisation" de ces violences ?

N.B : Considérant le sujet potentiellement polémique, je demande à tout le monde de rester respectueux et pondéré (et de ne pas donner de descriptions), on ne parle là que de fics, de scenarios et d'hypothèses, on n'est pas là pour lapider des auteurs.
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Morgwen
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Morgwen » 28 nov. 2012 - 20:49

Il m'est arrivé, une fois (sur trente-trois), d'utiliser le viol comme élément scénaristique dans une fic.
L'acte lui-même n'arrivait pas dans le cours de l'histoire mais la victime racontait son expérience (un peu prostrée, en pleurant, toussa) pour expliquer pourquoi elle était en fuite et avait besoin d'asile. Le héros était bien évidemment présent au moment où elle racontait et se remettait en questions, ensuite, parce qu'il la désirait.

Bref, j'ai essayé de faire ça bien. Maintenant, j'ai bien peur que ma victime s'en soit remise assez vite, finalement. Parce qu'il fallait une romance de conte de fée à la fin. Mais elle n'a certainement pas aimé ça et le fait de recroiser plus tard son bourreau la pétrifie de peur.

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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Leeloo Lovegood » 28 nov. 2012 - 20:53

Je suis dans le cas ou j'ai inclus une relation sexuelle forcée dans ma fic.

Je ne vois pas le viol comme un acte banal, loin de la (puisque j'ai moi même dans mon entourage quelqu'un ayant subi des violences sexuelles). Personnellement, je l'ai utilisé comme élément de démonstration du désir non maîtrisé. Je m'explique : mon personnage est un vampire et ressent des sentiment surdimensionné et qu'il n'arrive pas a identifier. Il croit qu'il pourra se débarrasser de ces sentiment après avoir consommé ce désir. J'ai l'impression de ne pas avoir tourné cette relation sexuelle avec légèreté, mon seul regret avec du recul (je suis toujours sur la même histoire depuis 2 ans et je pense que ma manière décrire à évoluer depuis) c'est que j'ai l'impression que ma victime s'en remet un peu trop vite ... Sinon je pense que si c'était à refaire je l'aurais inclus quoi qu'il en soit puisqu'il était nécessaire pour la suite de l'histoire.

Je suis curieuse d'avoir l'avis d'auteur ou de lecteur face à ça
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Ayame » 28 nov. 2012 - 21:13

En tant qu'auteur, je n'ai jamais utilisé le viol, ça ne m'a jamais semblé nécessaire à mon histoire.

De façon surprenante, ça m'a été suggéré par une reviewse, qui m'a dit grosso modo : "ce serait chouette que ton héroïne soit agressée/violée par son némésis mais que son intéret amoureux la sauve in extremis" (je ne sais pas si l'amoureux avait un cheval blanc pour se faire :mrgreen: ) Enfin bref, je n'ai pas donné suite, parce que ça n'a jamais eu sens dans mon histoire.

Toutefois, j'ai eu recours à quelques violences : tentative d'enlèvement, bagarre, sortilèges (type sectum sempra) envoyés à un ennemi, mutilation (tout ça pas dans la même histoire hein^^) mais j'ai toujours gardé mon récit succinct et du point de vue de la victime donc, avec l'impression en l'écrivant que je montrais les conséquences (graves) des actes délictueux.
Avec le recul, je crois que j'ai été complaisante une fois, quand mon perso principal sur un texte, qui a été mutilé dans sa jeunesse, retrouve son tortionnaire, se venge, et sourit de la souffrance infligée. C'est humain finalement que de "savourer" sa revanche, mais celle-ci se fait quand même au prix de la vie d'une crapule... :?

Sinon, en tant que lectrice, je n'ai rien contre les traumas en tant qu'élément de scénario tant que les effets en sont réalistes. Pas du genre "oh, au fait, j'ai été obligée de tuer ma mère/violée/torturée, ce matin, tiens, si on allait pique niquer ? " (évidemment je grossis lourdement le trait hein^^), j'avoue que je n'apprécie guère la surenchère de traumas qu'on peut parfois trouver (parfois, Nelo ou Remi sans famille ont eu une vie cool à côté de certaines héros/ïnes :mrgreen: )
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par litsiu » 28 nov. 2012 - 21:41

C'est difficile de s'exprimer sur le sujet en tant qu'auteur de fics assez trash, même si jamais un de mes chapitres n'a été refusé par la modération... ^^'
J'ai eu tendance à utiliser de tels ressorts au début, parce que je pensais d'une part que c'était logique dans mon scénar, ou parce que ça rajoutait à peu de frais de l'intensité dramatique (le truc totalement cheap, quoi) - oui, je m'autoflagelle, là, donc inutile d'en rajouter. :mrgreen:
Néanmoins je ne pense pas avoir fait preuve de complaisance, enfin j'ai essayé d'éviter ce travers dans ce cas précis (un personnage psychotique comme Greyback, par contre, possède une brutalité intrinsèque qui m'amène naturellement à écrire des trucs un peu dégueulasses - et assumés).
Je n'aime pas les situations qui manquent totalement de réalisme psychologique. On n'est pas obligé de s'étendre sur le traumatisme de la victime pendant dix chapitres, mais si on lui attribue des sentiments complètement absurdes, ça ne va plus.
J'ai effectivement vu un fic où une telle situation m'a fait bondir. Le trip Hermione-esclave de Drago (y'a eu une mode) qui se fait brutalement violer par son "propriétaire" et trouve que c'est une "marque d'attention" d'une certaine manière (c'est le terme qui était employé par l'auteur il me semble), ça m'avait donné envie de vomir.
Je connais personnellement deux personnes qui ont été victimes d'abus, et qui ont eu des réactions très différentes. Il n'y a pas de schéma préfabriqué, mais je crois que le sentiment de peur et de dégoût de soi est un dénominateur commun. Et du coup que cela devrait être pris en compte dans un scénario si un tel ressort est utilisé.

Bon, navrée si mon post paraît clinique et froid, hein... on parle de ressort scénaristique.

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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Pattenrond » 28 nov. 2012 - 21:58

J'ai déjà lu des fics avec des viols et j'ai trouvé que ça n'avait pas été trop mal traité. Dans une, il m'est impossible de savoir si l'héroïne se remet trop rapidement, puisque la fic est incomplète, mais elle est tout de même bouleversée. Dans l'autre, elle finit, quelques années plus tard tout de même, en couple avec son agresseur, mais ça, c'est une autre histoire.

J'imagine surtout que les auteurs finissent par mettre ces éléments dans leurs fics, puisqu'ils doivent bien mettre toutes sortes de catastrophes dans leurs fics pour les rendre un peu intéressantes. Surtout dans les romances, puisque dans ce genre, il tend à avoir un peu moins d'aventures que dans une fic policière, d'aventure et d'action.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par AlbusDumbledore » 28 nov. 2012 - 22:16

Il est clair que dans mes fictions, la violence a une place relativement importante. Cependant, j'essaye toujours de faire attention à la façon dont je l'utilise et comment mes personnages en sortent. Il y a aussi le degré de violence que j'essaye d'adapter au contexte même de l'histoire. Cela est une des raisons pour lesquelles je préfère attendre d'avoir bien entamer ma fic pour attribuer le rating le plus juste possible, et ne pas passer d'une fic tout public à une fic -16 au cours de la publication. Après, le plus souvent, il s'agit de meurtre ou de violence liée à l'action (dans une bataille ou un duel de sorcier). J'ai expérimenté la torture dans une de mes fics, et je pense avoir atteint une limite. Le genre dans lequel j'écris le plus souvent fait donc appel à la violence pour l'avancé du scénario, mais j'essaye toujours de la rendre nécessaire et réaliste : si je peux m'en passer, je vais préférer la solution sans violence. Cependant, quand j'opte pour la solution violence, j'essaye de la rendre réaliste dans le sens où la violence est ce qu'elle est : brutale. Il est vrai qu'on voit souvent des fics ou la violence est quasiment gratuite et souvent utilisée à mauvais escient. Et parfois, très mal employée.



Un exemple : j'ai décris une grande bataille à Poudlard, entre deux forces en présence. J'ai essayé de rendre la violence à l'image de ce qu'on peut voir dans une véritable bataille, à savoir que les méchants n'explose pas tous dans des gerbes de sang et les gentils s'en sortent indemnes. C'est malheureusement ce qu'on retrouve trop souvent. La violence frappe les deux camps et ne prévient pas. Et elle peut prendre différentes formes.



Concernant la violence sexuelle, je n'y ai jamais eu recourt, du moins pas encore. L'une des principales raisons, c'est que la plupart de mes personnages sont des garçons et que la charte du site interdit un viol du point de vue de l'agresseur. Après, il est bien sûr possible qu'un garçon se fasse violer, mais n'ayant aucune personne dans mon entourage ayant subi une agression de ce genre je préfère ne pas m'aventurer dans ce domaine à partir de ce que j'ai pu lire. De plus, je trouve l'acte lui-même si répugnant qu'il m'est impossible d'écrire dessus et il doit être très bien traité pour que j'arrive à le lire. Enfin, en tant que garçon, il est toujours un peu sensible de m'aventurer sur ce terrain (d'où le fait que j'ai aussi beaucoup de mal à reviewer les fics sur le sujet).




Tout ce blabla long et ennuyeux pour dire que selon moi, la violence fait partie intégrante de notre monde et quand on veut être réaliste, il est parfois nécessaire d'y avoir recourt. Mais il est clair qu'utiliser la violence pour la violence est un signe de sa banalisation dans nos comportement. Elle est intégrante à notre monde mais il ne faut pas oublier ce qu'elle représente, et c'est ça qui manque dans pas mal de fic. La rendre banale est pour moi une erreur cruciale, car banalité ne signifie pas intégrité.
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kiwxi
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par kiwxi » 28 nov. 2012 - 22:17

Je me souviens d'avoir lu il y a bien lonnnnnngtemps un OS HP, (je ne sais plus si c'était sur HPF, mais du coup ca m'étonnerait) où j'avais donc découvert au cours de ma lecture de cet OS (et sans entrer dans les détails) qu'en gros l'héroïne fut violée, elle connaissait son agresseur avant le viol. Bon elle ne l'appréciait pas non spécialement plus que ça, mais maintenant que je repense a cette fis j'ai l'impression que l'auteur avait écrit cette fics juste pour cette scène, puisque de souvenir elle se terminait peu de temps après le viol, et que ce qui se passait avant devait du coup être là que pour introduire le contexte.

Du coup je ne pense pas qu'il a été traité du véritable après viol surtout du point de vue de l'héroïne qui en fut victime, du moins de souvenir rien ne fut évoqué. Du coup je me dis que cet auteur a dû écrire cette fics pour son propre plaisir, puisque ce n'était pas un élément d'une fis, mais la fics en elle-même. Et j'en viens à me demander - et ce bien sur sans aucune critique ! - comment décide-t-on de ne faire une fics que sur ça ? Et ce sans spécialement développer le avant et surtout le après. Parce que bon d'un point de vue purement psychologique (qui est je trouve très intéressant de voir comment il est traité par l'auteur) c'est justement le changement avant/après, notamment le après, qui est intéressant dans le fait de traité ce genre de sujet tout de même assez pénible autant à écrire qu'à lire. Enfin c'est comme ça que je le conçois. En tant que lecteur !

Après en tant qu'auteur je n'ai jamais écrit de scène de viol/meurtre/torture/... je n'en ai jamais eu besoin ni même pensé jusqu'à présent. Aussi parce que toutes les fics que j'ai écrite jusqu'à présent n'étaient pas dans un genre qui s'y prêtait. Mais aussi et surtout parce que pour certain de ces actes je ne m'imagine pas écrire dessus, en fait rien que le peu que j'imagine me donne une sensation étrange, un peu de répulsion. Surtout pour certains d'entre eux à dire vrai ...

EDIT : après avoir lu le message d'Albus (qui l'avais posté en même temps que moi ^^), je précise bien que tout ce que je dis au dessus c'est par rapport à la violence pour la violence. Évidemment si la violence est "justifiée", a contrario de la violence gratuite j'entends, et qu'elle est bien amenée dans une fics et qu'elle montre bien que la violence ... bah c'est de la violence ! Qu'on ne l'utilise pas comme on achète une baguette au boulanger du coin ! Je sais pas si je suis très claire ^^" je n'arrive pas bien à exprimer avec justesse ce que je veux dire :boulet: ...
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dobbymcl
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par dobbymcl » 28 nov. 2012 - 23:17

En tant que lectrice, j'ai lu une fois, un OS avec viol, avec POV alterné victime/agresseur si je me souviens bien. Et j'ai été très mal à l'aise. Le vocabulaire était soigné mais avoir le point de vue de l'agresseur m'a mise mal. Pour moi, c'était une banalisation de la violence.

Pour la torture, je la trouve souvent exagérée, caricaturée dans les fanfics. Parfois, je trouve qu'elle arrive trop vite dans une histoire. Je suis capable de lire des scènes vilentes si elles sont justifiées par le scénario de l'intrigue. Par exemple, dans une fic que j'ai lue, il y avait une scène terrible entre Voldemort et le personnage principal mais vers la fin de l'histoire, bien amenée par l'intrigue. Et ce que j'ai apprécié en note de chapitre, l'auteur prévenait que ce chapitre là était d'un rating plus élevé que le reste de la fic, qu'on n'était pas obligé de le lire.
J'ai vraiment apprécié cet avertissement de l'auteur, elle était consciente que son chapitre pouvait choquer. Je trouve que ça démontre une maturité de l'auteur et un investissement dans sa fic, et un respect du lecteur.
Il faut aimer ce que l'on est : https://www.youtube.com/watch?v=c0KgsoZNHxQ

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kiwxi
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par kiwxi » 29 nov. 2012 - 07:32

dobbymcl a écrit :J'ai vraiment apprécié cet avertissement de l'auteur, elle était consciente que son chapitre pouvait choquer. Je trouve que ça démontre une maturité de l'auteur et un investissement dans sa fic, et un respect du lecteur.
je suis tout à fait d'accord avec toi ! Il est de même je trouve très important de la part l'auteur de prévenir son lecteur qu'il va y avoir une scène choquante pour certaine personne (comme on peut le voir pour des films ou des jeux vidéos finalement).
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maggy123456789
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par maggy123456789 » 29 nov. 2012 - 09:39

Le viol est un thème qui revient de manière fréquente chez moi.
Mais j’essaye de décrire les réactions par la suite de manière aussi réaliste que possible, et le viol s’est souvent passé avant l’histoire. Et les agresseurs sont rarement présent dans l’histoire, en tout cas pas plus qu’en simple figurant.
Mais je l’utilise presque pas en fanfiction, ou alors l’agresseur est un OC, parce que… je sais pas trop, en fait généralement ceux qui auraient le plus de chance de devenir des agresseurs sont parmi mes persos préférés et je ne peux pas les rendre détestables à ce point (à une exception près, et rendre un perso que j’aime beaucoup horrible (s’il l’est pas à la base évidemment) est véritablement une épreuve). Même si tout mes violeurs ne sont pas des types horribles non plus.
Après je fais tout pour être réaliste quand aux réactions des victimes, mais ça n’empêche pas que parfois elles se remettent trop vite. En fait, la seule fois où je pense que ça m’ait arrivée (sans compter celle où j'ai temporairement éludé en effaçant temporairement la mémoire de la victime ^^'), c’est amplement justifié par le fait que ce ne soit pas vraiment un viol à la base (elle était parfaitement consentante mais pas dans son état normal, donc on peut dire qu'il y a abus de faiblesse là) et puis surtout qu’elle a d’autres choses à penser, puisqu’elle doit avant tout se remettre d’avoir tué quelqu’un.
Parce qu’autant la torture j’en ai jamais utilisée (à part un peu de psychologique par-ci par-là ou déjà passée et dont on ne voit que les séquelles), mais les meurtres par contre…
Bon en fait, je crois que je fais une transition et que je passe des viols aux meurtres.
Parce qu’en fait dans mes dernières histoires il y a quasiment toujours un psychopathe (ou avec un quelconque problème psychologique). C’est le cas pour ma seul fic longue HP, mais je dis qu’il tue quelqu’un sans plus de détails.
Une autre histoire que j’ai en tête inclus des tueurs en série et à gages, donc forcément ce sera beaucoup plus détaillé, et encore, pas forcément. J’aime pas écrire des détails trash. Bien souvent je me contente de dire que tel truc s’est passé et je laisse le lecteur imaginer comment.
Après y'a bien une fois où j'ai presque banalisé le meurtre, mais encore une fois c'est justifié parce que ça ne concerne qu'un groupe de personnes, et que l'héroïne se demande justement où elle a bien pu atterrir (parce qu'en fait c'est un vampire, sauf qu'elle était pas au courant et à grandi comme une humaine, du coup elle a pété un plomb, tué quelqu'un, et rejoint la société vampirique), étant donné que le fait qu'elle ait tué quelqu'un la rend presque star du lycée. En fait c'est le fait qu'elle ait déjà bu du sang qui la rend populaire, vu que normalement les vampires ne peuvent le faire qu'à leur majorité (y'a une cérémonie y tout y tout), mais ça elle le comprend pas de suite. Parce que les vampires évitent de tuer les humains parce qu'ils en ont besoin, mais si l'un d'eux craque et en tue quelques-uns, ils s'en fichent complétement (mais un vampire qui tue un vampire c'est une toute autre histoire...).
Après ça c'est en tant qu'auteur, parce qu'en tant que lectrice c'est limite schizophrénique dans mon cas. Du coup je m'y attarderais pas.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Vert17 » 29 nov. 2012 - 19:15

En tant que lecteur, il m'est arrivée de lire des scènes de viol et de violence (genre bataille parce que bon, dans Harry Potter y'a quand même une guerre et qui dit guerre dit bataille, violence et mort). Concernant la violence, disons "générale", je l'accepte assez bien si elle est justifiée et pas trop trop détaillée mais surtout si elle est réaliste : une bataille, y'a des morts de deux côtés (même si c'est dur), des blessés, un choc émotionnel, y'a des coups par derrières parfois, des inattendus... Bref, je ne sais pas trop comment l'expliquer mais je pense que ça dépend beaucoup du contexte et de l'habileté de l'auteur.
Pour ce qui est de la torture, là, c'est non, je fais un blocage total, et pas que dans la fanfiction d'ailleurs... C'est vraiment un truc que je ne supporte pas, j'en suis consciente et c'est pourquoi si je vois un avertissement de l'auteur sur ce sujet, je ne lis pas, même si parfois la fic me paraît intéressante. De même, quand il y a un avertissement pour violences, j'y vais avec des pincettes et je fais attention à qui est l'auteur (si je le connais, si j'ai déjà lu une de ses fictions, la note -c'est d'ailleurs un des seuls cas où je m'y réfère-...)
Concernant le viol, il m'est arrivé d'en lire mais toujours dans une fiction longue. Idem, que pour les autres types de violences, s'il y a un avertissement, j'y vais avec des pincettes. Il m'est arrivée d'abandonner des fictions car il y avait un viol "très mal employé", banalisé. En fait, je pense que comme tout type de violence, il fait parti (malheureusement) de la vie et qu'il est donc logique de le retrouver dans la fanfiction puisque c'est un reflet de la vie et de la société selon moi. Mais justement, en tant que reflet de la réalité, il doit être traité avec réalisme et une sorte de "retenu", car il arrive assez souvent qu'on sente que l'auteur s'est dit (plus ou moins, hein ! J'exagère) : "tiens, je vais mettre un viol, ça rajoute une péripétie". Si ce n'est pas traité avec beaucoup de sérieux, je trouve que le lecteur le ressent et dans ce cas, pour moi, c'est la petite croix rouge...

Maintenant, en tant qu'auteur, je n'écris et je ne pense pas écrire sur la torture ou le viol, le premier car comme je l'ai déjà dit : je ne supporte pas ou très mal, et le second car je n'en ai jamais eu besoin et surtout car ne maîtrisant pas le sujet, je préfère m'abstenir. Pour ce qui est des violences type bataille, je n'en ai jamais vraiment écrites mais je ne l'exclue pas. Enfin, je ne suis pas une auteure très prolixe (et je publie encore moins) alors je ne suis pas forcément une référence.
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Yoko Tsuno par Roger Leloup, montage par moi-même.



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Taka
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Taka » 29 nov. 2012 - 21:12

Pour parler rapidement du cas du viol dans la fanfiction, je vais me concentrer sur mes propres fics (nous avons tous lu des fics de plus ou moins grande qualité utilisant cet élément dans le scénario, d'une manière ou d'une autre, et je sais que bon nombre d'entre vous sauront mieux en parler que moi.)

Je sais qu'à mes tous débuts d'auteurs, j'aurai pu utiliser le viol comme le décrit Ayame sans ressentir un grand embarras et ce malgré les nausées que provoquait une simple ligne dans la colonne des faits divers dans le journal. Je l'aurai probablement fait dans l'objectif simple et magnifique de mettre l'héroïne/le héros en couple avec son/sa chéri(e).
Les deux adjectifs que j'ai utilisés sont bien évidemment sarcastiques.

Je me fais avocat du diable en cherchant à expliquer pourquoi j'aurai fait ça et pourquoi (selon moi) une partie des auteurs le font : on veut faire un truc fort, puissant. Et où on est sur qu'on sera compris de tous. Je pense que beaucoup de jeunes auteures toute mimi veulent dire que "saymal ! Et ceux qui aident les victimes contre les méchants, c'est eux les gentils". J'infantilise l'acte mais ça part d'une bonne volonté.
Je n'étais pas assez vieille (je devais avoir 13 ans) pour m'apercevoir de la banalisation de la violence que cela entraînait, le "non sérieux" avec lequel je traitais le sujet malgré mon orgueil et ma prétention. On croit que plus c'est fort, mieux c'est. On a du mal à doser.
Ca a changé, j'utilise désormais des prétexte moins terribles pour fragiliser mes personnages (le manque de confiance en soi et chez les autres, la timidité et le décalage de pensée sont largement suffisant) et les faire agir comme je le veux.

Finalement je n'ai pas écrit de scénario reposant sur ce genre d'événement. Le plus loin où j'ai été dans l'écriture d'une romance suite à une agression... C'est que l'agression avait à peine eu le temps de se faire et que le héros sauvait sa chérie... Sauf que je l'ai jamais publié. :mrgreen:
Bon, ça c'était pour parler de celles qui veulent utiliser cet élément pour rendre la relation amoureuse plus "nécessaire" plus "forte"... Voir indestructible. Maintenir le conte du Prince Charmant qui sauve sa demoiselle en détresse (d'elle même parfois).

Malgré tout, ce thème me traumatise tellement (et pourtant je n'ai aucune raison, je dois juste être fragile psychologiquement) qu'en règle générale, le fait qu'un perso puisse penser à un truc qui peut s'y référer est assez horrible pour un chapitre complet. Même si ça ne dure qu'une phrase.
Pour vous faire comprendre à quel point je suis sensible : il suffit que je lise un résumé où on peut penser que le personnage a subit une agression sexuelle plus ou moins poussée pour que je déprime jusqu'au soir. Alors vous imaginez mon état quand je tombe sur une fic où je ne m'y attendais pas du tout !

Cependant j'ai également écrit deux histoires contenant un viol. Aucune ne prend le thème avec légèreté selon moi. Il serait peut-être plus correct de dire que je n'ai pas eu le temps (OS et fic courte) et que ce n'était pas l'objectif de ces histoires. Dans l'une d'elle c'est une idée de loi/projet qui me paraissait plus important et les moyens employés sont tels que la violence du viol est présente mais on ne s'attarde pas sur des détails sordides(sauf dans une ligne d'un paragraphe). Dans l'autre, c'est une histoire sous forme de conte et donc il n'y a pas "d'après" pour la victime. Et juste pour m'assurer que les personnes sensibles comme moi ne se font pas surprendre, je mets toujours en note d'auteur ou dans le résumé un avertissement en gras pour dire que, voilà, il y a un passage qui peut ne pas plaire.
Donc ce sont des histoires qui utilisent un viol pour s'expliquer et où l'acte n'aurait pu être échangé avec un autre.

Vu que c'est ainsi que j'aimerai que les auteurs agissent, je le fais moi-même. quand je sais qu'une histoire peut contenir une scène de viol, je suis contente d'être tenue au courant. Ainsi je peux me rétracter ou continuer.

Par contre, utiliser sur le long-terme un personnage violé (et qui en a conscience) dans une fic longue, ça je ne pourrais pas pour la simple raison que je me sens incapable de me mettre à sa place et donc que je ne pourrais pas rendre justice à ses sentiments et son comportement. Je sais que de jeunes lecteurs peuvent tomber sur mon histoire, ignorer les avertissements et je préfère éviter de les exposer à quelque chose qui n'est pas authentique alors que c'est un sujet grave (et où la victime est encore vivante. Parce que penser de la bonne ou de la mauvaise manière d'un mort tué par avada kedavra durant une bataille, ça m'inquiète moins. Echelle de valeur j'imagine).
Donc même si ça peut être utile pour une intrigue (réalisme ? sujet important à aborder ? Dans le thème de l'histoire ?) je préfère envisager une alternative moins délicate pour mener mon intrigue à bien.

En fait, le viol donne tout de suite un nouvel aspect à l'histoire. Je me rends compte qu'à bien des moments, dans mes fics, j'aurai pu en placer mais ça leur aurait fait perdre tellement que je suis contente de ne pas l'avoir fait : ça aurait plombé les capacités de mes persos et au lieu d'avoir de nouvelles idées, ça m'aurait fermé des portes.


Pour en venir à la torture, je n'ai lu que deux histoires où il y en avait. L'une concernait James et Sirius en prison. C'était affreux. Ca m'a donné la nausée car en plus c'était bien écrit. (Oui,lire "Et là, Ron il se fait couper la main par Bellatrix qui la donne à manger à Lucius. Il pisse le sang lol" c'est moins horrible que lire un truc bien décrit et qui va tout droit dans la zone de ton cerveau qui imagine parfaitement bien la scène grâce au talent de l'auteur.) donc au final je n'ai pas pu lire si c'était nécessaire ou non à l'histoire car j'ai rapidement fermé la fenêtre (j'étais jeune, 14 ans peut-être). Ca me semblait plus être de l'exhibitionnisme de gore. En fait c'était ça l'histoire, donc ça ne permettait même pas l'évolution d'une intrigue.
L'autre était parfois un peu exagéré mais décrivait plutôt ce qu'un perso avait fait "en gros" après l'avoir fait. Donc ça m'a moins touché. Et puis ça montrait surtout "jusqu'où ils étaient prêt à aller" ainsi que la violence qui se répand en temps de guerre donc j'avais trouvé ça pas trop mal. Enfin, vu que c'était les grands méchants, on pouvait penser que c'était moins "mal" que si c'était des gentils qui le faisaient parce qu'ils avaient le droit.
(Ah oui ! Ca aussi j'ai lu ! Harry Ron et Hermione qui vont dans le passé et ils se disent avec les Maraudeurs que eux, ils ont le droit de tout massacrer (je plaisante pas !) car ils sont les gentils. :lol: )

Donc, l'utilisation de la torture physique, pourquoi pas si ce n'est pas trop graphique.

Les seuls traumas que j'utilise régulièrement pour le bien être de mes intrigues (ou des réactions plus ou moins intéressantes) sont la maladie, la solitude et la prison pour Sirius. Ce sont vraiment des "truc à tout faire" pour moi : rien ne me résiste ! Je résout n'importe quel blocage avec un peu d'introspection sur l'isolement !
Peut-être que c'est ça le truc : d'autres auteurs utilisent des thèmes graves pour se sortir d'un blocage d'intrigue. C'est "radical" mais "efficace" : il y a forcément une réaction suite à un meurtre/viol/harcèlement/autre.
Zut, je ne peux plus les critiquer vu que je viens d'avouer que je le fait aussi !

En résumé, je comprend l'utilisation de mauvaises expériences dans un scénario. D'une certaine manière, ce ne sont que les mauvais souvenirs et la douleur qui forgent notre comportement. Cependant, comme vous tous je pense, je préfère que ce soit équilibré. Je sais bien qu'il existe des cas monstrueux dans la vraie vie, qui vont jusqu'à dépasser l'imagination, mais je préfère suivre un personnage quasi-normal qui rencontrerait une victime plutôt que de suivre la victime elle-même. Je me sentirais plus proche du désarroi du personnage face à son impuissance au sujet de la situation de son ami(e). En fait, là ça tient plus compte de mon choix d'intrigues et non pas de trauma, donc c'est du HS.
Si je dois suivre une histoire avec une personne ayant vécu quelque chose de grave, je préfère que ce ne soit pas une addition de crime et d'horreur (comme l'enfant battu qui a vu sa mère se faire tuer, son père subir l'endoloris à la folie et son cochon d'Inde mourir d'étouffement) : un sombre souvenir ou un événement malheureux peut faire naître un bon nombre d'intrigue et d'opportunités mais trop ne font que boucher les possibilités et écraser le personnage sous l'horreur.

En fait, je me rends compte maintenant que je ne saurai pas utiliser un personnage ayant un vécu quelque chose de "trop traumatisant". Je ne saurai même pas quelle aventure lui inventer. :shock: C'est au-delà de mes compétences.
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dobbymcl
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par dobbymcl » 29 nov. 2012 - 22:55

C'est diffcile en tant qu'auteur aussi d'écrire une fic avec un personnage traumatisé.

Je connais quelqu'un qui écrit une gardian fic avec un Severus très sévère, parce qu'elle veut parler de maltraitance. Et elle met du temps à écrire la fic. Je ne sais pas jusqu'où elle va aller dans sa fic, je sais que je la lis parce qu'elle écrit bien mais je suis presque mal physiquement quand je finis de lire c'est chapitre. Je crois que c'est l'effet qu'elle recherche, mettre ses lecteurs dans une position inconfortable, les rendre mal à l'aise par rapport à ce qu'ils ont lu, pour montrer que la maltraitance n'est pas anodine.

Je lis sa fic parce que je sais pourquoi elle l'écrit je sais qu'elle passe du temps à l'écrire, j'ai confiance en son écriture mais si je trouvais intolérable la lecture de sa fic, peut-être que je laisserai tomber. Et pourtant, je sais qu'elle s'investit dans son histoire, qu'elle ne veut surtout pas banaliser des actes aussi graves mais je tiens aussi à mon confort de lectrice.

Ceci dit pour l'instant, pas de maltraitance physqiue dans sa fic, elle a juste mis ses personnages principaux en huis-clos. Ce qui introduit une ambiance plus qu'opressante. C'est de la maltraitance psychologique mais ça met aussi mal à l'aise que de la maltraitance physqiue. Je trouve que c'est intelligent, e un sens, parce que je me suis lassée de toutes ces gardians fics où Harry se prend trop de coups.
Il faut aimer ce que l'on est : https://www.youtube.com/watch?v=c0KgsoZNHxQ

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LostInTheSun
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par LostInTheSun » 30 nov. 2012 - 14:15

L'évocation et la description (modérée) de la violence de la guerre ne me dérange pas. Après tout, la série de Rowling en est pleine. On ne peut pas s'attendre à ne trouver que des fics Bisounours pour un univers où la société est ravagée par une guerre et un génocide (parce que plus que d'une "simple" guerre, c'est quand même bien de cela qu'il s'agit). J'ai plus de mal avec la torture. Pas que je trouve ça insupportable (je regarde CSI quand même, c'est pas particulièrement violent mais ils y vont pas de main morte sur le sang et les caméras dans les organes :mrgreen: ) mais parce que je ne suis jamais tombée sur une scène de torture qui ne soit pas gratuite (en comparaison, la torture canonique de Hermione m'a semblée moins superflue parce qu'elle a "permis" la découverte d'un Horcruxe).
Concernant le viol... Le principal problème que j'ai avec ce ressort scénaristique, c'est le manque de considération des auteurs. Bien traité, il peut conduire à des fics poignantes, mais bien souvent, j'ai l'impression que beaucoup d'auteurs ne se rendent pas compte qu'au delà de Hermione/Ginny/Luna/Mary-Sue, de vraies personnes ont été agressées sexuellement et que, pire encore que le côté pas réaliste de "omg Ron/Harry/Draco/Sirius/Hagrid est en train de me violer mais Ron/Harry/Draco/Sirius/Hagrid vient me sauver et boum on célèbre ça par une partie de jambes en l'air !", certaines victimes se retrouvent à lire des choses qui peut les faire exploser. C'est fait sans malice, évidemment, et c'est presque pire, je crois.
(Bien sûr, on ne peut pas tellement en vouloir aux fanficeurs quand Rowling elle-même a traité le viol symbolique de Ginny n'importe comment. Parce que, woah, le victim blaming et le "Ginny a retrouvé toute sa joie de vivre" à la fin du deuxième tome et l'instrumentalisation de l'expérience de Ginny dans le cinquième tome... je ne la félicite pas, pour le coup.)

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kisilin
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par kisilin » 30 nov. 2012 - 20:09

En gros, je suis d'accord avec tout ce qui a été dit plus haut. La violence en générale ne me dérange pas, même si comme tout le monde ça va jusqu'à un certain degré. C'est certain que je vois plus positivement les fics qui lorsqu'ils parlent de viols, par exemple, parlent de la lente guérison, des effets et des choses comme ça. Plus qu’une fic qui amène le viole comme quelque chose de sexy, les histoires de chevaliers venant sauver la princesse ne m'intéresse pas non plus.

Pour la présence de fic avec scènes de viols avec la victime qui finit par apprécier ce que son agresseur lui fait subir, j'explique ça un peu par le fantasme de viol. Et comme fantasme, pourquoi pas? Je trouverais ça assez chouette de lire une fic ou deux perso essayant d’épicer leur vie sexuelle essaient ce genre de faux scénario, jeux de rôle. Ce qui me dérange comme tout le monde, c’est que ce n’est pas réaliste et que ça minimise les effets que ça peut avoir sur une personne lorsque la fic décrit un viol.

En revenant en la violence en générale, j’ai souvent eu l’impression(et je suis peut-être la seule) que pour qu’une fic soit considérée bonne, il faut qu’il ait du drame. Je parle pas du nombre de review, mais de l’impression sans réelle preuve que les fics mentionnés dans les coups de cœur, dans les favoris ont souvent des éléments assez dramatiques. Cela explique peut-être un peu la violence.

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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Ayame » 30 nov. 2012 - 20:38

Je rebondis un peu en vrac sur ce qui a été dit :
dobbymcl a écrit :J'ai vraiment apprécié cet avertissement de l'auteur, elle était consciente que son chapitre pouvait choquer. Je trouve que ça démontre une maturité de l'auteur et un investissement dans sa fic, et un respect du lecteur.
J'avoue que je n'avais pas pensé aux avertissements d'auteur. Est-ce qu'en tant que lecteurs, vous aimeriez que ce soit quelque chose de plus pratiqué ?

Perso, je ne parle que très rarement du contenu de mes chapitres dans les notes préalables, certainement parce que je considère que je spoilerai qch peut-être (bon en même temps, je n'ai jamais écrit de viol, mais un avertissement type "scène violente", j'aurai pu en mettre, mais n'y ai jamais pensé). Les ratings ne suffisent-ils pas à vous aiguiller ? (parce qu'une scène gore/très violente/sexuelle serait toujours en rating "élevé"...

Taka a écrit :Ca a changé, j'utilise désormais des prétexte moins terribles pour fragiliser mes personnages (le manque de confiance en soi et chez les autres, la timidité et le décalage de pensée sont largement suffisant) et les faire agir comme je le veux.
Taka a écrit :Les seuls traumas que j'utilise régulièrement pour le bien être de mes intrigues (ou des réactions plus ou moins intéressantes) sont la maladie, la solitude et la prison pour Sirius. Ce sont vraiment des "truc à tout faire" pour moi : rien ne me résiste ! Je résout n'importe quel blocage avec un peu d'introspection sur l'isolement !
Peut-être que c'est ça le truc : d'autres auteurs utilisent des thèmes graves pour se sortir d'un blocage d'intrigue. C'est "radical" mais "efficace" : il y a forcément une réaction suite à un meurtre/viol/harcèlement/autre.
dobbymcl a écrit :C'est difficile en tant qu'auteur aussi d'écrire une fic avec un personnage traumatisé.
J'avoue que vos propos m'ont fait réfléchir. Finalement, la violence physique ou sexuelle est un trauma peut être plus simple à gérer pour certains auteur, parce que plus "graphique"., "radical" comme dit Taka, mais plus parlant qu'un trauma sur l'isolement, le manque d'affection (comme celui qu'a apparemment subit Snape), ou autre chose.
kisilin a écrit :Pour la présence de fic avec scènes de viols avec la victime qui finit par apprécier ce que son agresseur lui fait subir, j'explique ça un peu par le fantasme de viol. Et comme fantasme, pourquoi pas? Je trouverais ça assez chouette de lire une fic ou deux perso essayant d’épicer leur vie sexuelle essaient ce genre de faux scénario, jeux de rôle. Ce qui me dérange comme tout le monde, c’est que ce n’est pas réaliste et que ça minimise les effets que ça peut avoir sur une personne lorsque la fic décrit un viol.
Oui et non. Autant, un jeu de rôle avec une mise en scène de viol, c'est pas le genre de fic que j'apprécie mais je vois ce dont tu parles. Autant, pour moi, dans un viol, faire prendre du plaisir à la victime, c'est juste impossible (et c'est d'ailleurs interdit sur HPF) et je ne vois pas comment on peut penser à mettre ça dans une fic ou l'écrire.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par AlbusDumbledore » 30 nov. 2012 - 20:52

Ayame a écrit : Est-ce qu'en tant que lecteurs, vous aimeriez que ce soit quelque chose de plus pratiqué ?

Je pense que c'est préférable, dans la mesure des fics longues ou que le dévoiler ne spoil pas l'histoire. Les rating et les warning sont utiles, mais parfois, ils sont très mal utilisés. Et ils relèvent un certains caractères subjectif : une même scène peut être gore pour certain et parfaitement normal pour d'autres. Si on suit le règlement du CSA, du sang ne signifie pas un -12 au film. Au niveau des jeux vidéos, une goutte de sang entraîne immédiatement un pegi 12.



Bref, les ratings et les warning sont de bons indicateurs mais comme ils restent très subjectif, ça reste à l'appréciation de chacun. On risque de passer à côté de quelque chose tout comme on peut tomber sur un mauvais truc à cause d'une mauvaise indication de l'auteur. J'ai co-écrit une fic où je pense que la majorité des auteurs auraient mis un rating tout public, parce que la fic est avant tout une parodie. Mais j'ai opté pour un rating -16, car ça se rapproche plus d'un Very Bad Trip qu'un Bonne nuit les petits.


Ca se montre d'autant plus sur les fics longues, où un rating peut énormément varier d'une scène à l'autre. On peut avoir des chapitres "bisounours" à côté de chapitres bien plus durs et violent. En tant qu'auteur, je donne un rating moyen, en précisant quand la violence est présente. Mais pas tous les auteurs le font. Idem avec les warning : un lemon ne veut pas dire que toute la fic le sera, il peut s'agir que des derniers chapitres ; scène(s) gore(s) ne précise pas où elles se situent, si elles sont récurrente ou si sur une fic de 100.000 mots, y'a juste une scène gore.



Le site, comme il est fait, est très bien. Il serait préférable que les auteurs précisent le plus possible l'utilisation de la violence et sa forme. Après, pas forcément en disant machin va se faire violer, mais sous la forme de "Attention, il y a une scène pouvant choquer le jeune public". Comme on peut voir dans certains films.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Zazou » 30 nov. 2012 - 20:54

Ayame a écrit : J'avoue que vos propos m'ont fait réfléchir. Finalement, la violence physique ou sexuelle est un trauma peut être plus simple à gérer pour certains auteur, parce que plus "graphique"., "radical" comme dit Taka, mais plus parlant qu'un trauma sur l'isolement, le manque d'affection (comme celui qu'a apparemment subit Snape), ou autre chose.
Je ne suis pas vraiment d'accord, je trouve au contraire qu'il est plus difficile de "gérer" un trauma dû à la violence psychique ou sexuelle dans un scénario, parce que j'aurais peur (j'emploie le conditionnel parce que je n'ai encore jamais parlé de ce genre de violence dans ce que j'ai écrit) de rendre les choses un peu simples, un peu "vulgaires", c'est peut-être bête mais j'aurais peur de caricaturer les conséquences d'un viol, par exemple, et aussi, d'être "irrespectueuse". Je ne sais pas si ce que je dis est compréhensible ^^'
Je trouve aussi qu'utiliser des traumas plus "psychologiques" comme l'isolement, le manque d'affection, comme dit Ayame, serait plus intéressant, plus subtil et amènerait à créer des personnages plus complexes.
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Aosyliah
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Aosyliah » 01 déc. 2012 - 06:48

Il y a mille et une manières de faire souffrir ses personnages. Ce serait tellement dommage de se limiter aux plus évidentes :ange:
Dernière modification par Aosyliah le 01 déc. 2012 - 10:22, modifié 1 fois.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Ayame » 01 déc. 2012 - 08:50

Et tu t'y connais là dedans, cruelle :mrgreen:

Plus sérieusement, en lisant vos posts, je me rends compte qu'il y a une certaine répugnance (compréhensible et partagée^^) à tout ce qui a trait à la violence et particulièrement au viol. Du coup, je ne m'explique pas qu'il y en ait autant, surtout de la part d'auteur jeunes.

Ne vous méprenez pas, je sais bien que les jeunes sont loin d'être des oies blanches qui pensent, jusqu'à leurs quinze ans, que les cigognes livrent les bébés. Mais je trouve qu'il y a un rapport à la sexualité (y compris à la violence sexuelle) moins pudique que dans ma génération (c'est un constat hein, pas un jugement de valeur) et j'ai déjà vu certains auteurs ne pas comprendre soit les changements de rating pour une scène lemon soit ne pas comprendre une invalidation en cas de viol non conforme au règlement (je rappelle encore une fois - oui, je suis lourde, je sais :mrgreen: - que le règlement d'HPF n'interdit pas les scènes de viol, mais le viol décrit, sous la contrainte, le forcing, la complaisance et les PdV violeur... Cf art 24 et 25 du règlement). Est-ce que c'est seulement mon grand âge qui me fait sentir cette différence ou d'autres également la perçoive ?
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Aosyliah » 01 déc. 2012 - 10:15

Ayame a écrit :Et tu t'y connais là dedans, cruelle :mrgreen:
Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

*Fait craquer ses phalanges*



Pour répondre sur les mômes d'aujourd'hui, je ne pense pas qu'ils soient plus violents qu'avant. Ils ont peut-être un rapport à la violence un peu plus passif que nous (et encore - et je dis nous, m'enfin, je suis pas de ta génération :mrgreen: ). Je pense que la vraie différence, c'était que ce qui s'exerçait dans l'imagination ou sur des bestioles mortes, a aujourd'hui beaucoup plus de façons de s'exprimer, et à un public beaucoup plus large. Ce qui aurait pu avoir été fait à la main et enfoui dans un tiroir pour ne plus en sortir avant, ou à la limite juste exposé à la famille/copains, aujourd'hui, on peut l'exposer à des milliers de lecteurs sur internet, et se sentir quand même à l'abri des regards grâce à l'anonymat que procure le pseudonyme.
Après, il faut aussi voir que ceux qui utilisent le viol, entre autres, et font se remettre leur personnage en deux en trois mouvement, ce sont souvent des petiots. Des jeunes qui, je pense, imaginent le viol comme étant le pire truc, et décident donc de l'infliger à leur personnage pour le côté dramatique. Seulement, ils n'ont pas encore ni la maturité ni l'expérience pour traiter les conséquences psychologiques d'un viol, qui sont quand même extrêmement complexes et variées. Donc résultat, ça donne l'impression que le viol est considéré dans le texte comme un petit trauma qui fait pleurer trois jours, trois petits tours et puis s'en va. Alors qu'au fond, probablement que le jeune auteur aura l'impression d'avoir traité le sujet en profondeur. Et voir aussi que comme ce sont généralement des ados, et qu'ils sont en découverte de leur propre corps, ils ont peut-être du mal à envisager qu'un trauma puisse passer par autre chose que quelque chose de physique.
Et ils utilisent souvent le viol parce que, c'est assez évident comme trauma. Seulement, ils ne se rendent pas toujours compte que c'est peut-être justement trop traumatique pour bâtir une romance autour de lui. Et j'ai un peu envie de dire, HEUREUSEMENT qu'ils ne le savent pas. Ca fait peut-être des textes dérangeants, mais au moins voilà.
Et au-delà des jeunes, ça arrive aussi de se planter sur la manière d'amener un sujet et de le décrire, tout simplement. Ou bien un manque de maîtrise des méthodes scénaristiques en générale, puisque forcément, on commence tous par écrire de la merde quand on s'y met au début. Et c'est à force d'écrire et d'avoir des retours qu'on comprend que "Ah oui, non, j'aurais dû consacrer un peu plus de temps à la gestion du trauma pour que ce soit vraiment crédible". Et après, quand t'as plus d'expérience et que t'as besoin d'un trauma, tu envisages beaucoup plus d'options que la triade évidente (meurtre/viol/passage à tabac), et tu choisis ce qui correspond le mieux à ce que tu as besoin, ce qui peut aussi être le viol, seulement tu le traites mieux que quand t'étais en 3ème. Etc.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Taka » 01 déc. 2012 - 12:09

Zazou a écrit :Je ne suis pas vraiment d'accord, je trouve au contraire qu'il est plus difficile de "gérer" un trauma dû à la violence psychique ou sexuelle dans un scénario,[...] j'aurais peur de caricaturer les conséquences d'un viol, par exemple, et aussi, d'être "irrespectueuse". Je ne sais pas si ce que je dis est compréhensible ^^'
C'est justement un paradoxe : il est à la fois plus facile et plus difficile de faire avancer une histoire avec un trauma "criminel".
L'auteur qui cherche juste à faire avancer l'histoire sans se soucier de son personnage trouvera dans cette violence extrême le raccourci le plus efficace pour créer une réaction chez son lecteur et de nouvelles opportunités de péripéties dans son histoire. Et voilà.
Et c'est en ça qu'on parlait de "raccourci scénaristique".

Alors que l'auteur qui réfléchit un peu plus aux conséquences d'un tel acte sur son personnage sera bien moins intéressé à écrire de telles choses car il se rendrait compte que pour garder un style réaliste et "respectueux" envers le thème (traduction : pas caricatural) l'effort qu'il devrait fournir et le handicap imposé à l'histoire serait trop grand.

Toute la question est de traiter le thème en profondeur ou non. Certain l'utilisent comme un simple accessoire et d'autre veulent rendre justice aux conséquences de la violence.
Aosyliah a écrit :Des jeunes qui, je pense, imaginent le viol comme étant le pire truc, et décident donc de l'infliger à leur personnage pour le côté dramatique. Seulement, ils n'ont pas encore ni la maturité ni l'expérience pour traiter les conséquences psychologiques d'un viol,[...] le viol est considéré dans le texte comme un petit trauma qui fait pleurer trois jours, trois petits tours et puis s'en va.
Je pense exactement la même chose mais je tiens à rajouter un truc : l'amour.

Très souvent, le personnage victime va beaucoup mieux une fois qu'il reçoit de l'amour. Alors je suis d'accord que ça aide grandement de se sentir soutenu, compris, aimé mais que ce soit dans les fanfics ou les films, trop souvent on exagère cette guérison. Je pense que ça peut cacher la douleur pendant un moment tout au plus mais elle finira par revenir. Même un truc aussi banal que le manque de confiance en soi : si la personne concernée ne fait pas un travail de son côté et se repose uniquement sur l'amour qu'on lui porte, un jour ou l'autre, la brèche se fera sentir à nouveau.
L'amour ne répare pas, comme le dit Tab, une auteur d'un webcomic assez sombre. Il adoucit, calme, renforce si on veut, c'est de la drogue mais rien de plus.

Alors c'est bien gentil de la part des auteurs de vouloir tout donner à la victime, quand je suis à la place du lecteur j'encourage même ce genre de décision, quitte à être niaise, mais une fois sortie de l'histoire, je me rends compte que ce n'est que de la poudre aux yeux.

Finalement, le problème n'est pas que l'utilisation du trauma mais aussi sa guérison : je n'aimais pas les scènes trop graphique mais je regrette également les guérison "amouuuur" qui ne montrent pas la réalité.

Cependant, encore une fois je sais que j'adore les guérisons amouuur parce que je suis niaise.
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par LostInTheSun » 01 déc. 2012 - 16:36

Ayame a écrit :Je rebondis un peu en vrac sur ce qui a été dit :
dobbymcl a écrit :J'ai vraiment apprécié cet avertissement de l'auteur, elle était consciente que son chapitre pouvait choquer. Je trouve que ça démontre une maturité de l'auteur et un investissement dans sa fic, et un respect du lecteur.
J'avoue que je n'avais pas pensé aux avertissements d'auteur. Est-ce qu'en tant que lecteurs, vous aimeriez que ce soit quelque chose de plus pratiqué ?
Définitivement. C'est une pratique généralisée dans le fandom anglophone, où on avertit pour tout (viol, troubles alimentaires, incestes, dub-con, torture...) et j'aimerais la voir étendue en français.
Ayame a écrit :
kisilin a écrit :Pour la présence de fic avec scènes de viols avec la victime qui finit par apprécier ce que son agresseur lui fait subir, j'explique ça un peu par le fantasme de viol. Et comme fantasme, pourquoi pas? Je trouverais ça assez chouette de lire une fic ou deux perso essayant d’épicer leur vie sexuelle essaient ce genre de faux scénario, jeux de rôle. Ce qui me dérange comme tout le monde, c’est que ce n’est pas réaliste et que ça minimise les effets que ça peut avoir sur une personne lorsque la fic décrit un viol.
Oui et non. Autant, un jeu de rôle avec une mise en scène de viol, c'est pas le genre de fic que j'apprécie mais je vois ce dont tu parles. Autant, pour moi, dans un viol, faire prendre du plaisir à la victime, c'est juste impossible (et c'est d'ailleurs interdit sur HPF) et je ne vois pas comment on peut penser à mettre ça dans une fic ou l'écrire.
Juste pour apporter la précision que certaines victimes de viols ont ressenti un plaisir physique (après tout, c'est des muscles et des nerfs stimulés). Ce qui, d'après leurs témoignages, rend le dépôt de plainte d'autant plus compliqué, et le dégoût d'elle-même très haut.

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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Akasora » 03 déc. 2012 - 12:33

Je trouve ce sujet vraiment intéressant, même si de ce que j'ai lu, les avis sont très similaires.
De mon côté, j'ai déjà eu recours à un début d'agression sexuelle dans un de mes OS, et maintenant je ne sais pa si je l'ai vraiment bien traité. FIn disons que ma fin me paraît rapide. Bon, j'insite vraiment sur le fait que la victime se sent salie et humilié, même si (et là je voudrais vraiment insister que je mets les guillemets pour bien montrer que je ne dénigre pas le traumatisme d'une expérience comment ça) elle n'a subi "que" des attouchements et que le tout a été arrêté avant que ça ne soit plus sérieux.

Concernant l'usage presque abusif par les plus jeunes auteurs d'un traumatisme dans un scenar pour mettre machine avec truc, c'est tout simplemet ce qu'on voit dans les films/séries et qu'on lit dans les livres pour ados. Machine est sombre, solitaire, forte, a de la répartie, mais un soir Truc la surprend en train de pleurer et on apprend que sa famille entière a été tuée et qu'elle y a assisté/qu'elle a été violée/... On le voit dans beaucoup de séries, et en ce moment, je le vois surtout parce que j'ai commencé la série One Tree Hill. J'ai lu un peu les résumés des épisodes des différentes saisons, et en trois saisons, on a :
-trois accidents de voiture
-cinq personnes dans le coma
-une agression sexuelle + le sauvetage qui va avec
-un meurtre

Je ne sais pas vous, mais j'ai remarqué que la violence est banalisée à mort dans les séries télé/films. Quand on regarde des émissions policières, les meurtriers/violeurs arrivent à reprendre une vie normale après ce qu'ils ont fait, à mentir comme des arracheurs de dents, à s'en ficher, à passer à autre chose comme si le fit de prendre une vie/violer une personne n'était plus si important. Et donc ces ressors scenaristiques sont présents dans tellement d'histoires (donc comme dit films/séries/livres) que les jeunes ne font que les reproduire de leur point de vue, et je trouve ça plutôt triste. Okay, ça peut faire une très belle histoire de partir sur un perso traumatisé, mais le traitement de la victime est tellement bâclé que ça fait mal au coeur.
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AlbusDumbledore
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par AlbusDumbledore » 03 déc. 2012 - 13:02

Akasora a écrit :es meurtriers/violeurs arrivent à reprendre une vie normale après ce qu'ils ont fait, à mentir comme des arracheurs de dents, à s'en ficher, à passer à autre chose comme si le fit de prendre une vie/violer une personne n'était plus si important

Ça dépend des séries (dans certaines, c'est assez bien repris), mais il évident que dans la plupart, dont une série policière déclinée en 2 spin-off depuis (dont un est arrêté), la violence se retrouve souvent banalisée. Bon après, l'histoire des criminels qui font comme si de rien n'était, c'est aussi souvent dû au fait que ce sont des psychopathes. Le danger est que beaucoup de spectateurs ne le remarques plus, voire ne l'ont jamais remarqué. Ce sont des séries de grand divertissement, donc ça reste très manichéen. Ces série sont tournées de façon à distraire le spectateur (on parle bien de la ménagère de moins de 50 ans - expression que je trouve vachement sexiste quand même - comme cible prioritaire) et donc ne sont pas là pour nous rappeler les dangers qui nous entourent mais pour nous rassurer que ces dangers sont combattus efficacement.


Mais il existe des séries où la violence est traitée de façon plus réaliste et plus crédible. Je pense par exemple à Esprits Criminels, quasiment la seule série d'une grande chaîne où le CSA mais des avertissement -12 en prime time (à 20h50) ; Dexter, où même si le psychopathe est le héros, qu'il tue des criminels, le meurtre n'est pas pris à la légère ; 24 heures chrono, qui a été mainte fois critiquée pour la violence gratuite et dure (meurtre violent, torture...mais pas de viol si j'ai bonne mémoire), mais où cette violence était quand même traitée de façon bien plus crédible que dans bon nombre de séries ; Cold Case, qui se montrait bien dure aussi parfois, avec des épisodes vraiment glauque.


Et autant quand je tombe devant un épisode des Experts, ça passe tout seul (quand je suis pas mort de rire devant les répliques phénoménales ou les retournement de situation à faire retourner dans sa tombe feu Agatha Christie) ; idem avec NCIS ou FBI portés disparus, devant lesquels je prends beaucoup de plaisir. Autant, il m'est arrivé plusieurs fois de me sentir mal devant un épisode d'Esprits Criminels ou Cold Case.
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Akasora
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Akasora » 03 déc. 2012 - 13:09

Oui c'est clair que la différence entre "psychopathe" et "mec qui a commis un crime passionnel" n'est pas faite clairement dans certaines séries, et c'est justement ce manque de différence qui rend la violence banale. Comme toi, je trouve la série Esprits Criminels très bien de ce côté, et comme toi, EC et Cold Case me rendent souvent mal à l'aise voire me foutent carrément les jetons (surtout la première) alors que NCIS est plus divertissement et moins sur la gravité des événements parce que les personnages passent leur temps à plaisanter.
C'est pas mal pour éviter de se prendre la tête mais au final on oublie presque que quelqu'un est mort, l'accent est mis sur les personnages et moins le scenario ...
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Xinou
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Xinou » 03 déc. 2012 - 22:24

Je suis ce post depuis le début, parce que ça m'intéresse, même si je n'ai pas trop d'avis sur la question... parce qu'en fait je n'en écrit pas et je n'en ai jamais vraiment lu...

Mais là vous venez de citer ma série préférée (Cold Case) donc je me suis sentie obligée de répondre... pour ne rien dire xD Mais je vous appuie dans le fait que parfois, les épisodes de Cold Case me foutaient vraiment les jetons alors que, maintenant que je les ai tous vus, je regarde Bones et je n'ai encore pas une seule fois senti le sentiment que j'avais devant certains épisodes de CC...
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Vert17 » 04 déc. 2012 - 18:53

Je me faisais une petite réflexion ce matin par rapport à ce topic... Les contes pour enfants, ils ont quand même beaucoup recours au trauma, y'a qu'à regarder le nombre de personnages orphelins, les tentatives de meurtres (Blanche-Neige et sa pomme, les petits cochons qui manquent de se faire bouffer pour ne citer que ceux-là), le Petit Poucet est assez... disons... traumatisant.
Alors, certes, le viol n'est pas présent mais on est malgré tout baigné dans une atmosphère assez violente derrière les "petites histoires".
Je ne sais pas ce que vous en pensez ? Après, je ne suis pas une spécialiste des contes, je n'en connais d'ailleurs pas tant que ça mais, comme je l'ai déjà dit, ça m'est venu comme ça et je me suis dit que ça pouvait être intéressant. A moins que ce ne soit hors-sujet parce qu'on s'éloigne du sujet central qui était la fanfiction et non la littérature en général.
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Yoko Tsuno par Roger Leloup, montage par moi-même.



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Eanna
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Re: De l'usage du trauma comme ressort scénaristique

Message par Eanna » 04 déc. 2012 - 19:06

Le viol est bien présent dans les contes, dans le Petit Chaperon Rouge notamment il me semble^^ Evidemment ce n'est pas dit de manière claire, c'est juste symbolique, mais ce genre de traumatisme est bien présent dans tous ces contes, c'est d'ailleurs pour ça qu'ils peuvent être lus de deux manières différentes et à tous âges^^

Je voudrais juste rebondir sur ce que tu as dit LITS :
(Bien sûr, on ne peut pas tellement en vouloir aux fanficeurs quand Rowling elle-même a traité le viol symbolique de Ginny n'importe comment. Parce que, woah, le victim blaming et le "Ginny a retrouvé toute sa joie de vivre" à la fin du deuxième tome et l'instrumentalisation de l'expérience de Ginny dans le cinquième tome... je ne la félicite pas, pour le coup.)
Pour le coup je vais peut-être paraître un peu naïve, mais elle l'a dit que c'était ça qu'elle avait voulu symboliser ou tu l'as interprété de cette façon ? Je trouve que c'est extrapoler un peu, évidemment on peut l'assimiler à ça, avec les histoires de possession tout ça, mais bon, si justement Ginny se remet si vite, peut-être que JK ne voulait pas qu'on interprête ça de cette manière...
Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort, et les morts qui mériteraient la vie, pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser morts et jugements. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.
Gandalf
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