Les petites courtoisies… un texte de Saam

Il arrive parfois qu’on passe et repasse devant un texte, qu’on se sente irrémédiablement attiré mais, pour une raison ou pour une autre, ce n’est pas le bon moment pour le lire. Je marche beaucoup au feeling et si Les petites courtoisies de Saam me faisait de l’œil depuis longtemps, je n’avais jamais pris le temps de cliquer, jusqu’à un soir de novembre, où, fatiguée et ayant besoin de réconfort, je me suis laissée tenter…

« Il y a toujours dans une famille une personne qui fait faner les sourires. »

Dès le résumé, le ton est donné. C’est cette toute première phrase, doublée d’une illustration magnifique qui a fini de me convaincre de cliquer sur le titre. Les petites courtoisies, texte tragique, nous plonge dans une histoire de famille a priori banale, avec, à première vue, ses moments de tendresse et ses petits drames. La narration à la première personne nous immerge immédiatement, sans que l’on n’ait le temps de se préparer à ce qui va suivre. Il y a quelque chose de léger, de vraiment enfantin dans ce texte. La description de ce lieu de retrouvailles en famille, quelque part dans la campagne bretonne est tellement naturelle qu’elle m’a un instant donné l’impression que j’avais atterrie au milieu des personnages, quelque part dans la maison de ma grand-mère.

Pour peu qu’on ait été enfant un jour, on ne peut qu’être touché par le détail de scènes à première vue banales, mais qui ont toutes leur importance dans les yeux de Lisa, fillette de onze ans.

© mala-lesbia

Quand l’innocence laisse sa place à quelque chose de plus profond…

Une fois le décor posé, on se doute vite que quelque chose ne tourne pas rond. Saam arrive à faire passer les émotions avec une facilité déconcertante. J’ai eu la boule au ventre rapidement, me demandant où l’auteur voulait nous emmener, ce qui allait arriver… Je crois que c’est ce qui fait que ce texte pourtant long avec ces 10000 mots, se lit d’une traite ; on ne lit plus Lisa, on devient Lisa, et inconsciemment, on se demande ce qui nous attend. Parce que durant les premières lignes, tout parait trop normal pour l’être vraiment.

L’intrigue est bien mené dans l’ensemble, quelques passages sont, à mon goût, peut-être un peu redondants mais ne gênent en rien la lecture. Dans les commentaires, Laly12 fait l’exacte réflexion qu’au final, on ne sait pas si le texte est magnifique ou horrible, tant le ressenti change, d’un paragraphe à l’autre. Tout est très bien rythmé, c’est certain. Le personnage principal de Saam ne peut que nous toucher, voire nous rappeler la petite gamine toujours un peu à l’écart dans la cour de récréation. Je crois que ce que je préfère après lecture et relecture (et re-relecture !), c’est vraiment la crédibilité de ce personnage principal, sa sensibilité et sa maturité.

On est aussi loin des histoires enfantines où tout va bien que des drames sordides et ça marche. Ici, on pourrait penser à une scène de vacances de mademoiselle tout le monde, à un détail près : Lisa est loin d’être mademoiselle tout le monde.

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Je n’étais pas encore modératrice quand ce texte a été publié sur le Héron, mais je me dis que c’est pour cette raison que j’aime mon poste ; pour avoir la possibilité de tomber sur de telles perles avant tout le monde. Les petites courtoisies mérite largement sa Sélection Flamboyante, obtenue pour la catégorie sentimentale en 2013.

Et vous, vous l’avez lu ?
Vous avez aimé ? N’hésitez pas à partager vos impressions.

 

 

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2 Comments

  1. Cet article fait super envie! Je vais rajouter ce texte à ma liste de lectures du Héron 🙂

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