Animaux fantastiques, l’avant et l’après séance

Cinq ans après la sortie du dernier opus d’Harry Potter, le monde des sorciers fait son retour sur les écrans avec une nouvelle pentalogie intitulé « Les animaux fantastiques ». L’histoire se déroule à New-York en 1926, soit cinquante-quatre ans avant la naissance de l’Elu. A ce chiffre, une petite lumière clignote dans notre esprit et le nom d’Albus Dumbledore apparait soudainement comme une évidence.

Pendant les trois années qui succédèrent à l’annonce du film basé sur le livre d’école des élèves de Poudlard, un mélange d’excitations, de questionnements et de craintes se propagea au sein de la population Potterhead à la vitesse du haut débit (que l’on appelle aussi phase exponentielle de croissance chez les microorganismes).

Comme tout bon moldu mordu qui se respecte (et même sans vouloir lancer des plans sur la comète), l’imagination se met en marche et finit par prendre le contrôle des cerveaux qui les ont engendrés. Et tout y passe. L’appréhension (car nous sommes des sentimentaux), la technique (car nous aimons les jolies choses) et le contexte (car nous le valons bien).

L’appréhension

En premier lieu, c’est d’abord l’aspect sentimental qui nous touche à la mention d’un nouveau film Harry Potter. Avoir la possibilité d’entrer une fois encore dans le monde des sorciers est déjà  une bonne nouvelle en soi mais la question est de savoir si le film sera à la hauteur de la franchise, si ce n’est qu’une énième preuve de la vénalité des gros studios de productions ou encore de se demander si le protagoniste principal allait réellement porté un nom franchisé aussi ridicule.

©Harry Potter à l’école des sorciers

Les craintes de déception vis-à-vis de la franchise ont été rapidement balayées dès les premières minutes du film et à sa conclusion ce sont celles concernant le capital économique de la WB qui se sont quasiment évanouies au vue de la qualité du travail accompli. En revanche, c’est la grande désillusion pour les personnes qui avaient tant espéré voir Newt détrôner Norbert…

Pendant ce temps dans les studios de traduction à Paris…

— Tu vois, ça n’a choqué personne ! « Norbert Dragonneau »  c’est mignon comme nom, ça fait très sorcier. Et puis, ça n’a aucun intérêt de remettre en question les traductions de Jean-François Ménard !
— Je suis d’accord avec toi, Roger, Jean-François Ménard a fait du super boulot mais quand même « Norbert Dragonneau », ce n’était pas très vendeur…
— Et alors, ça n’a pas empêché les gens d’acheter leur ticket de cinéma !
— Bon très bien. Et pour Gellert Grindelwald alors ? On fait quoi ?
— Comme JKR n’a pas écrit son prénom dans les livres, on peut faire ce qu’on veut, Billy ! On a carte blanche ! Tiens, et si on l’appelait Gerardo Grindelwald ?
— Je ne sais pas trop. Tu ne trouves pas que ça fait trop italien ?
— Italien, espagnol, chinois,… c’est du pareil au même. Tout ce qui compte c’est que ce soit ringard et que ça sonne sorcier. Gerardo, ça sonne sorcier !
—Hum…

Les acteurs pressentis pour interpréter les nouveaux personnages ne sont pas en reste. Tandis que Johnny Depp a été vivement critiqué (on ne parlera pas de ces yeux jaunes montrant son allégeance au côté obscur de la force), Eddie Redmayne a été rapidement adulé et shippé par un grand nombre d’hpfiennes dont on ne citera pas le nom. On vantera par ailleurs les mérites de son jeu qui a permis de mettre à jour un caractère très Rowlingien que nous apprécions à sa juste valeur. Quelques a priori qui ne furent pas fondé à propos de Dan Fogler, qui interprète le moldu –pardon, le non-maj–, dont le rôle aurait pu être uniquement humoristique. Les animaux fantastiques, eux aussi, aurait pu jouer les potiches mais nous nous rassurons que ce ne soit pas le cas.

©Les animaux fantastiques

La technique

Techniquement parlant, ce sont principalement le développement de l’intrigue et les transitions qui nous inquiétaient (Le nom de David Yates a aussi fait légèrement frémir l’assistance). Suite de scénettes sans réel implication, infestés d’effets « Michael Bay », un premier film introductif de l’univers afin de lancer la machine, insistant trop sur son affiliation à Harry Potter sont les points négatifs attendus pour ce film. Cependant nous avions également cet espoir de voir renaître l’univers magique grâce à la présence prépondérante de JKR (son souci du détail, sa capacité indiscutable de conteuse…) et à la certitude qu’une histoire créée de toutes pièces estomperait la crainte d’une perte de cohérence (absence de certains évènements essentiels au développement de l’histoire ou des personnages dont le caractère a été tronqué pour le bien du scénario) que nous aurions probablement retrouvé si ce film avait été une adaptation.

Or, JKR a débuté avec un certain succès dans la réalisation d’un scénario (exercice bien différent de l’écriture d’un livre, alors on ne peut être qu’admiratif devant sa polyvalence) mais surtout elle a réussi à nous rassurer quant aux contenus des prochains films de la franchise. Nostalgique, nous avons plongé à cœur perdu dans cette nouvelle histoire et nous sommes soulagés de voir que la magie existe toujours et que son auteur a le pouvoir de la faire fructifier encore et encore !

Après la diffusion des premières images de la bande-annonce, le doute se leva concernant la qualité des effets spéciaux, de la musique, des costumes et des décors. Même si l’ambiance « Indiana Jones » ou « Alan Quatermain » ne fut pas réellement au rendez-vous, les années 20 américaines étaient bien présentes ainsi que cette tendance aux naturalismes qui pourrait pousser à la vocation. Bien souvent, l’allure de Newt Scamander (ou Norbert Dragonneau) nous a fait penser à celle du docteur.

©Les animaux fantastiques

Le contexte

Attaquons-nous à présent au contexte. Comme il est difficile de parler du contexte sans spoiler, je demanderais aux lecteurs avec-spoiler de bien vouloir me rejoindre vers la fin de la page avant de revenir ici. Pour les autres, poursuivez votre chemin sans inquiétude.

~*intermède*~

Comme attendu, ce film a été perçu comme une aventure amusante mettant en scène un naturaliste/explorateur vivant plein d’aventures avec un tas de bestioles mais aussi profondément attachant par son rapport avec ces animaux si fantastiques. Bien plus sombre que nous ne l’avions également imaginé au départ, ce film est une véritable porte ouverte à la découverte du monde magique sociétal et écologique et permet d’introduire parfaitement la bataille qui opposera sûrement les deux plus grand mages de l’époque dans les prochains opus.

En outre, il est important de noter que les HPFiens possèdent des qualités incontestables dans le domaine de la Divination et une intelligence collective assez exceptionnelle.

©Doctor Who

FIN

Attention spoiler !

Dès les premières minutes, on entre dans le monde d’Harry Potter mais, personnellement, c’est surtout lorsque la porte du ministère de la magie américain (le MACUSA) s’est ouverte que je m’y suis engouffrée comme un courant d’air. Et c’est là, à cet instant-là que les papillons, le sourire de Gnnée et autres tics caractéristiques de ma dépendance aux sucreries se sont manifestés. On ne reparlera pas du moment où on découvre l’animalerie dans la valise de Newt (Norbert !) et de mon cri silencieux (« Oh ! C’est plus grand à l’intérieur ! », Docteur tu me manques terriblement… TT) et de ma petite pensée pour « le monde de Narnia » (mention spéciale à Aslan qui a réussi à faire un caméo dans la scène avec le niffleur !).

Bref, passé ce moment d’égarement, l’histoire défile, se mêle et s’entremêle dans un méli-mélo parfois déroutant qui ne gâchera pourtant pas notre plaisir. Un attachement peu commun pour tous les personnages (oui, oui, même Grindelwald !) nous rappelle à quel point JKR est douée pour les décrire et leur donner des caractères uniques. En somme, comme déjà précisé auparavant, le soin du détail (le collier des reliques de la mort est hyper cool). Je donnerais juste un avis mitigé pour le couple Tina/Newt qui me semble un peu précipité et surfait. Par contre, j’adhère à 100% pour Jacob/Queenie. Où dois-je signée pour le ship ? :mrgreen:

Et en parlant de détails, on soulignera le fils conducteur central reliant « Harry Potter » et « Les animaux fantastiques » : les Obscurus. Cette création toute en subtilité, toute en sincérité qui donne une nouvelle dimension à ces nouveaux opus tout en ayant un lien très fort et une résonnance très particulière à l’univers original (il suffit juste de se souvenir de la vie d’Ariana et du passé qu’aurait pu avoir Harry dans d’autres circonstances). J’ai beaucoup aimé le parallèle entre la petite fille qui semble être l’Obscurus et Ariana.

Autre parallèle, la chasse aux pokémons animaux fantastiques et l’histoire des Obscurus (vraisemblablement pas des animaux vivants). Un contraste saisissant naît peu à peu entre le début lumineux et ouvert sur la vie et la fin sombre et tourné vers la mort (avec pour ces deux plans une notion bien distinct du danger). En revanche, un dernier bémol à partager : la scène que j’ai intitulé « la scène Oubliette WTF ». Bonjour, je ne sais pas comment faire pour que les non-maj oublie toute la sorcellerie qui vient de se dérouler sous leurs yeux (la statue de la liberté ne possède pas encore la fonction Neurolaser des Men in Black), alors j’ai décidé qu’il pleuvrait de la pluie « Oubliette » que j’ai acheté chez Weasley et Weasley (« Oubliette et vous pourrez refaire la fête ! »). Sérieusement, son truc à Newt, ça n’atteint pas les sorciers et on ne connaît ni sa durée ni son rayon d’action. Laissons l’imagination nous effleurer quelques minutes et pensons à ce qu’il pourrait se passer si vous, moi et toutes les personnes présentent lors de cette scène cataclysmique se retrouvent sans souvenir des six derniers mois passés… Personnellement, je ne vois pas du tout pourquoi vous vous seriez posé des questions ? De quoi je discutais déjà ?

Bookmarquez le permalien.

2 Comments

  1. Maintenant que je suis allée le voir, je peux commenter : j’ai adoré !
    Le fait que ce ne soit pas une adaptation mais directement un scénario enlevait tout a-priori. Je pouvais aborder l’oeuvre avec un regard neuf, vierge.
    Et je me suis régalée, de A à Z. Le seul bémol, c’était la bande de minimoys qui grignotaient du pop corn dans la salle ^^ Scrountch ! Scrountch !
    Parfois, il me passait par la tête : pourquoi ne jette-t-il pas tel ou tel sort au lieu de se livrer à du parkour pour retrouver sa bestiole ?
    Franchement, je le verrais bien une seconde fois sans bouder mon plaisir. A la fin, je me suis gratté les neurones pour savoir qui interprétait Bîîîp dévoilé à la fin.
    Quand je l’ai lu sur la toile, j’étais fort étonnée, car je n’avais pas reconnu l’acteur.

    • J’avoue être tenté moi aussi de le revoir une deuxième fois ^^ J’espère que cette chronique aura été à la hauteur de ton avis sur le film.
      Merci pour ton commentaire, Persis!

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