Interview d’Eejil la neuvième

Eejil9, plus couramment appelée Eejil, est inscrite sur les sites et le forum depuis 2016. Membre active de la communauté, elle partage ses textes avec nous depuis presque aussi longtemps et a même organisé un concours dont les votes ont commencé le 18 février. Dans le cadre des interviews d’auteurs d’HPF, Eejil a accepté d’être notre premier cobaye et de répondre à quelques-unes de nos questions.

Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Alors je m’appelle Manon, j’ai 23 ans, je prépare l’agrégation de lettres modernes pour devenir prof de français. Et comme ça prend beaucoup de temps, ça résume un peu ma vie.

Depuis combien de temps écris-tu ?

J’écris épisodiquement depuis que j’ai 12 ans, mon premier « roman » faisait 30 pages en police 18, et il est perdu à jamais (heureusement). Au lycée, j’ai écrit un vrai roman de fantasy, cette fois, et je m’étais promis de le reprendre un jour mais j’ai peur d’ouvrir le fichier. J’ai eu une grosse interruption sur le plan de l’écriture pendant mes trois années de prépa, parce que je n’avais pas le temps et parce que je commençais enfin à vraiment étudier la littérature, et je me disais que je ne pouvais rien écrire de correct après tout ce qui a été fait. Et puis, en Master 1, j’ai eu du temps, et je me suis mise à la fanfiction. On peut dire que ça m’a complètement débloquée, maintenant j’écris de nouveau de l’original. Donc ça fait 11 ans que j’écris en général, et 2 ans et demi sans interruption.

On peut donc dire que tu écris depuis pas mal de temps. Pourquoi dis-tu que ton premier « roman » est perdu à jamais ? Tu ne l’as pas gardé pour te souvenir du bon vieux temps ?

Honnêtement, je l’avais tapé sur le PC familial qui tournait à Windows XP et qui a été mis à la déchetterie il y a longtemps. J’avais une version imprimée mais je ne sais absolument pas où elle est passée. Je ne l’ai donc pas volontairement jeté, mais il s’est perdu de lui-même, sans doute pour le mieux.

Et sinon, comment as-tu connu les sites et le forum ?

Longue histoire : j’avais des amies qui lisaient de la fanfiction quand j’étais au lycée, sur ff.net. J’en avais lu quelques unes mais ça ne m’avait pas marquée plus que ça. Le désœuvrement du master aidant, je suis retournée sur fanfiction.net. J’ai laissé une review à Eanna, qui a répondu, j’ai répondu à la ràr, ce qui a déclenché immense conversation par MP. C’est elle qui m’a incitée à venir sur HPF, et j’ai tellement adopté les sites et l’asso que je ne vais presque plus sur fanfiction.net

En parlant de fanfictions, as-tu écrit ou écris-tu encore sur d’autres fandoms que celui de Harry Potter ?

Ouch, oui mais je regrette. Ma première fanfiction est une fanfiction sur les romans de Pierre Bottero mais j’envisage fortement de la supprimer de fanfiction.net, parce que je ne sais pas comment j’ai eu l’audace de faire quelque chose comme ça. Pierre Bottero, c’est un peu sacré pour moi. Sinon, j’ai écrit un tout petit OS sur Game of Thrones, mais je ne l’ai jamais publié. Je dois avouer que le fandom Harry Potter est le plus « confortable » à mes yeux.

Comment décides-tu des thèmes que tu vas aborder ? Quelles sont tes inspirations ?

Dans l’absolu, j’ai deux thèmes de prédilection : aventure et introspection. En fait j’aime deux choses, soit l’aventure qui bouge avec des méchants machiavéliques et des héros qui souffrent, soit la réflexion sur la psychologie des personnages, souvent face au traumatisme et aux drames de la vie. Mais pour être honnête, je fais cette analyse a posteriori. En général, j’écris de manière très spontanée et je réfléchis peu, j’écris comme ça vient. C’est pour ça que j’adore les Nuits d’HPF ou les thèmes comme ceux du calendrier du Héron, qui donnent juste une impulsion et permettent d’écrire très librement. Je ne planifie jamais, je suis le cours de mes idées comme elles viennent. Sinon, ces derniers temps, j’écris surtout pour répondre à des projets ou des concours, donc ça oriente mes idées. La dernière inspiration possible, surtout en fanfiction, c’est quand j’ai envie de lire quelque chose, et que je n’en trouve pas à mon goût. Alors je décide de l’écrire.

Dans le cadre de la fanfiction, as-tu des personnages sur lesquels tu préfères écrire ?

Quand j’ai commencé à écrire de la fanfiction, de toute évidence le trio. Mais je me détache de plus en plus de ces trois-là. Mes dernières obsessions en date sont Severus Rogue, Minerva McGonagall, Luna Lovegood, Dudley, Sirius et Regulus. Mais rien ne dit que ça ne va pas changer.

Tu es inscrite sur les sites depuis moins de deux ans et as déjà 26 fanfics à ton actif et 10 histoires originales. Où trouves-tu le temps d’écrire ?

J’écris beaucoup moins depuis que je suis en agrégation, parce que je suis un peu épuisée. Mais dans l’absolu, ce n’est pas vraiment une question de temps, plutôt d’occasion. En fait, j’écris très très vite, ce qui est déjà un avantage, et j’ai participé à un Nano et à un camp nano pour la fiction (et un camp nano supplémentaire pour mon mémoire, mais celui-là, vous ne le trouverez pas sur les sites !). Ensuite, je m’inscris à de nombreux concours et projets, ça me pousse à écrire, et je participe aux Nuits d’HPF dès que je peux. Une grande partie de mes textes sont écrits pendant les Nuits.

Dans un registre plus concret, comment t’organises-tu dans tes notes ? En as-tu ? Fais-tu des fiches personnages ?

Alors c’est très simple : je ne prends pas de notes. Le plus que j’aie fait, c’est ajouter une idée d’intrigue en trois mots à côté des thèmes du calendrier de l’Avent du Héron. Très éventuellement, quand j’écris une fiction à chapitres, j’écris une ébauche d’idée en note sur mon portable si elle me vient quand je ne peux pas écrire, mais ça arrive vraiment rarement. En fait, j’aime vraiment découvrir l’intrigue en même temps que mes personnages, donc je ne planifie rien à l’avance.

Duquel de tes textes publiés es-tu le plus fière ? Pourrais-tu nous dire pourquoi ? Et au contraire, as-tu un texte dont tu es moins fière et que tu souhaiterais soit supprimer soit reprendre de fond en comble ?

Pour l’original, sans hésiter mon Calendrier de l’Avent 2017 (le dernier donc). C’est vrai que le niveau des textes est inégal à mon goût, mais je trouve que mon fil conducteur a très bien fonctionné, ça m’a permis de faire un ensemble cohérent mais varié, et c’est très représentatif de l’évolution de mon style depuis quelques temps. Pour la fanfiction, je vais dire Les Morts sans gloire, mais avec moins de conviction. C’était génial de s’essayer à la science-fiction version sorcière, et j’ai eu des idées dont je suis vraiment fière. Sans parler de mon OC qui est sans doute ma préférée depuis longtemps. Seulement, je ne suis pas toujours absolument satisfaite du style, qui fait un peu artificiel par moments.

Concernant les textes dont je suis le moins fière, sur le Héron, Ode à Tristyane, ma participation pour le concours des Beiges que j’ai malheureusement bâclée. Sur Hpfanfiction, peut être Etrange Amoureuse, qui a pas mal plu, mais dont je ne suis vraiment pas satisfaite. Je n’irais pas jusqu’à les supprimer et je n’ai pas le temps (ni l’envie) de les reprendre, mais je ne les aime pas du tout, ça c’est sûr. Et dans l’absolu, Béances, ma fanfiction sur les romans de Pierre Bottero qui est sur ff.net et que je ne laisse que parce que certains lecteurs l’ont appréciée.

Quels sont tes projets en terme d’écriture pour les prochains mois ?

J’ai entrepris de reprendre une des nouvelles que j’ai envoyées pour l’AT (elle est publiée sur le Héron d’ailleurs, ça s’appelle « À un cheveu ») pour en faire un roman. J’ai aussi une fanfiction longue de romance Rogue/Tonks (oui, je suis folle) en cours d’écriture, elle fait 12k mais est au point mort depuis les vacances de Noël. Et je me suis inscrite pour le nouveau Plumes en Folie. Beaucoup d’écriture en perspective, donc ! Et puis, ce n’est pas un projet d’écriture mais de publication, il y a la nouvelle qui a été retenue dans le cadre de l’appel à textes qui sera bientôt disponible.

Et une dernière question, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans l’écriture ?

Le premier conseil que j’ai à donner, c’est de ne pas se forcer et d’écrire sur des thèmes qui nous inspirent, même si ce n’est pas forcément ce que les gens ont envie de lire / ce qui fait sérieux. Certes, une fanfiction sur des OC ou des personnages peu populaires aura moins de lecteurs qu’un dramione, certes, un roman qui n’est pas une romance aura moins de lecteurs… Mais on s’en fiche, ce qui est important c’est d’être content de ce qu’on fait, pas d’avoir une foule de fans en délire. Il ne faut pas non plus trop hiérarchiser : je crois que mépriser un genre (ou la fanfiction d’ailleurs) est la pire des choses qu’on puisse faire, aussi. Ce qui est important, ce n’est pas tant le thème choisi que ce qu’on en fait. Le snobisme tue, vraiment, ça ne sert à rien d’essayer de faire intelligent en se forçant. La quête de la popularité tue aussi, c’est deux écueils à éviter vraiment. À se forcer, on se perd. Donc, et c’est lié, ne pas se désespérer de l’absence de retours.

Le deuxième conseil, c’est de ne jamais oublier qu’on joue avec les mots, pas seulement avec les histoires. Le style est primordial et ce n’est pas un point à négliger. C’est un peu la future prof qui parle ici, mais pour savoir écrire, il faut savoir bien lire. Donc les notions de base d’analyse littéraire, et la fréquentation assidue d’auteurs qui écrivent bien, c’est quasiment indispensable si on veut produire quelque chose qui se tient et se forger son propre style et sa propre pratique. Pour faire des choix stylistiques, il faut connaître les différentes notions entre lesquelles on choisit. Je ne parle pas d’une connaissance encyclopédique, juste de bases solides qui permettent de savoir où l’on va et pourquoi on a choisi d’y aller.

Le troisième conseil, qui est en lien avec le précédent, c’est d’écrire, écrire, écrire encore. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, le meilleur moyen d’apprendre c’est de s’exercer. Du coup, c’est vraiment utile de profiter de toutes les occasions et de tous les exercices de style qu’on peut trouver : concours, prompts, projets, tout est bon à prendre pour sortir de ses habitudes, et trouver peut-être l’idée de génie qui changera tout.

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Nous remercions Eejil d’avoir accepté de répondre à nos questions et nous lui souhaitons le plus d’inspiration possible pour ses textes à venir ainsi que la réussite dans sa vie personnelle et professionnelle (ou encore « Courage pour l’agreg ! »).

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2 Comments

  1. Merci beaucoup Sam pour l’interview <3 C'est toujours un plaisir de papoter avec toi !

  2. Hello 🙂 super article, encore une fois ! Et puis bonne chance pour l’agreg, Eejil ^^

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