AT Temps : la sélection

Les Éditions HPF sont nées sur un Appel à Textes qui avait pour thème le rêve. Inconnus au bataillon des éditeurs, nous avions reçu une vingtaine de textes et nous en étions très contents. Il était facile alors pour l’équipe de lire et commenter en détails tous les textes avant de faire notre choix. Au fil de nos publications, nous avons su convaincre davantage d’auteurs de nous faire confiance, et c’est comme ça que nous sommes passés de 69 nouvelles reçues pour l’AT précédent, qui a débouché sur la parution de Pièces de Puzzles, à pas moins de 189 cette fois-ci.

Guerre et paix en deux mois

Eh oui, on a quasiment triplé le nombre de textes reçus, et il a bien fallu un peu revoir notre organisation pour gérer ça. On s’était fixé deux mois pour la lecture, de la fin de l’AT le 1er août jusqu’au 1er novembre, et ensuite, les deux premières semaines de novembre pour la discussion et le choix final. Alors laissez-moi vous dire que lire et commenter 630 000 mots en 2 mois, c’est sportif, et que demander à 6 personnes avec des rythmes de vie, des obligations et des habitudes de lecture différentes de le faire, c’est très, très optimiste.
(Pour vous donner une idée, Guerre et paix fait 560 000 mots, et Les misérables 513 000.)

Vu l’ampleur de la tâche, nous avons donc décidé de diviser le tout en trois lots de textes et de les examiner en binôme.  Nous sommes parties sur le même système de notation que la dernière fois, de 1 à 5, car il permet plus de souplesse qu’un simple « oui/non » sans non plus nous plonger dans des abîmes métaphysiques (plutôt 8 ou plutôt 8,5 ?). En plus de la note, chaque lecture s’accompagne d’un commentaire qui nous permet par la suite de nous souvenir de nos impressions de lecture et de départager les nouvelles plus aisément.

Bareme

Une fois chaque texte noté, nous avons retenu pour le « second tour », tous les textes avec une moyenne supérieure ou égale à 3,5. Cela voulait dire qu’un « coup de cœur » pouvait rattraper un « non », mais que deux « pourquoi pas » étaient insuffisants pour passer. Nous avons également repêché les textes avec une moyenne de 3 qui cumulaient un 1 et un 5, curieux de voir ce que pouvaient donner des nouvelles qui suscitaient des réactions si différentes.

Sans que nous ayons fixé d’objectif, chaque binôme a retenu environ un tiers des textes de son lot, ce qui nous laissait avec une grosse soixantaine de textes à examiner. Chaque sélectionneuse a lu les textes des deux autres lots et c’était reparti pour un tour de notes et de commentaires. Cette fois, nous étions nettement plus sévères avec nos notes et chacune a revu les notations de son premier lot pour les ajuster.

Les coups de cœur et Borda

À partir de là, on aurait pu, simplement, prendre les textes qui obtenaient la meilleure moyenne. Mais ça aurait été trop simple.

Saturday Night Live

À la place, on a bricolé pour avoir une sélection qui permettrait à toute l’équipe d’exprimer ses enthousiasmes. Chaque sélectionneuse a donc établi sa « liste idéale », de 10 à 12 textes. Ça obligeait à sortir ses textes préférés, parce que si on avait juste pris toutes les notes 5, comme tout le monde ne note pas pareil, certaines auraient peut-être eu 3 textes en coup de cœur, tandis que d’autres en auraient eu 15.

Le but, évidemment, c’était de voir s’il y avait des recoupements dans nos chouchous. Et c’était bien le cas ! Ne restait plus qu’à mettre en relation le tableur des notes et ces coups de cœur, à faire un choix entre les scénarios trop proches et… on avait une partie de la sélection finale.

tableur flouSur le haut de la liste, c’était assez cohérent, les textes avec la plus haute moyenne étaient aussi ceux qui cumulaient le plus de coups de cœur (titre en gras, jaune, rouge ou bleu selon le nombre de coups de cœur). Mais… cette méthode nous a permis d’aller repêcher ce texte-ci, puisque à la base on avait arrêté la sélection à 3,5 de moyenne. Celui-ci n’avait « que » 3,4 mais cumulait trois coups de cœur.

sauve des eaux

On a donc retenu d’office tous les textes avec  une « moyenne verte » (> 4), ainsi que ceux qui totalisaient au moins deux coups de cœur dans le reste de la liste pré-sélectionnée. À ce point, on avait 13 textes de retenus pour sûr, et encore de la place pour 2 ou 3 de plus, suivant leur longueur. Comme les avis étaient partagés (certaines adorant des textes dont d’autres n’étaient pas franchement fan et inversement), on a eu recours à la méthode de vote Borda, qui a eu le mérite de mettre tout le monde d’accord pour repêcher 3 textes dans ceux qui restaient dans la liste.

Raconté comme ça, notre méthode de sélection a l’air froidement mathématique… ce n’est absolument pas le cas. À chaque étape, il y a eu des discussions, on a débattu des raisons de nos choix, de ce que tel texte pourrait apporter à l’anthologie par rapport à tel autre…

Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’on est très contentes de notre choix final et on a vraiment hâte que vous puissiez découvrir ces nouvelles à votre tour ! Bien sûr, il va falloir être patients, le travail d’édition sur une anthologie étant loin de se limiter au choix des textes.

A propos de Verowyn

HPFienne de longue date, je me suis longtemps occupée de la modération du Héron, puis de la gestion du blog avant de me consacrer tout entière aux Éditions HPF dont je suis maintenant la directrice. Pour me résumer en trois mots ? Procrastination, thé et chocolat.
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One Comment

  1. Merci pour ce partage des coulisses, c’est vraiment intéressant. On s’aperçoit aussi que ce n’est pas évident ! Bravo pour votre investissement !

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