Appel à Textes vs concours de nouvelles

Si vous fréquentez les forums littéraires et autres communautés d’auteurs, vous avez sûrement déjà vu passer le fameux Appel à Textes, AT pour les intimes. Alors un AT, c’est quoi, juste une façon hype de parler d’un concours de nouvelles ?

Conditions de participation

On confond souvent Appel à Textes et concours de nouvelles. Pourtant, ni les modalités ni les finalités ne sont les mêmes. Un Appel à Textes est émis par un éditeur dans le but de publier un livre. Un concours de nouvelles peut être lancé par toutes sortes d’institutions (mairie, médiathèque, festival, école…) et n’a pas forcément pour but de publier un livre.

La plupart des AT sont thématiques (la Première Guerre mondiale, le temps…) ou focalisés sur un genre (le fantastique, la romance LGBT…) et permettent de publier des anthologies consacrées à ce thème ou ce genre. Les concours de nouvelles peuvent être totalement libres ou au contraire répondre à des contraintes très précises (imaginer la suite d’un paragraphe, par exemple). Un concours est forcément soumis à un règlement, et l’envoi d’une nouvelle vaut pour acceptation dudit règlement. Un AT débouche sur la signature d’un contrat d’édition – uniquement pour les nouvelles retenues.

Un grand nombre de concours sont soumis à des frais de participation, généralement compris entre 5 et 10€. À cela s’ajoutent la plupart du temps les frais d’envoi postal de la nouvelle en plusieurs exemplaires. Si vous participez à une dizaine de concours dans l’année, ça peut vite faire un petit budget. Par ailleurs, les concours de nouvelles ne sont pas forcément ouverts à tous : il peut y avoir une limite d’âge, le concours peut être réservé aux auteurs débutants (jamais ou peu publiés), ou encore aux habitants d’une région ou d’une ville. Enfin, dans le cas où vous remportiez le concours, il peut être obligatoire de se rendre à la cérémonie de remise des prix : prévoir frais de déplacement et hébergement si vous n’habitez pas sur place.

À l’inverse, les AT sont ouverts à tous et gratuits. S’ils ne le sont pas, fuyez : vous n’avez pas affaire à un éditeur mais à un escroc. Un véritable éditeur ne vous demandera jamais de payer pour être édité. Si pour les romans de nombreux éditeurs privilégient encore les envois postaux, pour les AT la norme est à l’envoi par mail. Enfin, tant que vous n’avez pas signé de contrat d’édition, vous n’avez aucune obligation envers l’éditeur (à part la courtoisie de lui signaler, le cas échéant, que votre texte n’est plus disponible) : qu’il ait été écrit spécialement pour l’AT ou non, votre texte vous appartient et s’il n’est pas retenu, rien ne vous empêche de le publier ailleurs. Ça devrait être le cas pour les concours aussi, mais on vous conseille de bien lire les règlements à chaque fois.

Publication

Le but d’une institution qui organise un concours de nouvelles est de participer au rayonnement de la culture dans sa région, école, etc. Le but d’un éditeur qui lance un AT est de… vendre un livre ! Vous le voyez, les perspectives sont légèrement différentes. L’éditeur, aidé de son comité de lecture, fait en sorte de réunir la meilleure sélection : pas juste les meilleurs textes en soi, mais les textes qui vont le mieux ensemble pour proposer une anthologie cohérente. Le jury du concours, lui, récompense le ou les meilleurs textes (souvent trois) et les lauréats se voient remettre un prix qui peut aller, suivant les moyens de l’institution concernée, de sommes d’argent conséquentes à quelques goodies.

Dans certains cas, les 10 ou 15 meilleures nouvelles du concours sont réunies dans un recueil, mais ce n’est pas une obligation. Parfois, au lieu d’un recueil, on demandera aux lauréats de procéder à une lecture publique de leur nouvelle lors de la cérémonie de remise des prix. Quoi qu’il en soit, une médiathèque, école, etc. n’est pas un éditeur et ne peut donc pas vendre de livres. D’abord, parce qu’elle n’a pas le statut légal pour le faire. Et ensuite, parce que c’est un métier et que ça ne s’improvise pas. À moins donc de passer un accord avec un éditeur qui se charge de la publication (c’est le cas de certains concours), les recueils imprimés suite à un concours de nouvelles sont destinés à un usage privé : les lauréats et leur famille, la bibliothèque de la ville organisatrice, etc.

Si vous êtes plus intéressés par le fait de faire découvrir votre univers à des lecteurs que par la possibilité de remporter un prix, c’est donc vers les Appels à Textes qu’il vous faudra vous tourner. De nombreux auteurs ont fait leurs armes avec les AT avant de publier un premier roman : c’est une excellente manière de mettre un pied dans le monde de l’édition.

Pour aller plus loin

 

De nombreux sites référencent les Appels à Textes et Concours de nouvelles. Les plus exhaustifs sont sans doute :

Vous vous demandez comment un éditeur sélectionne les nouvelles reçues lors d’un AT ? Les Éditions HPF vous ouvrent les coulisses de leur comité de lecture.

Et surtout, n’oubliez pas que notre propre AT sur le thème Oiseaux de Nuit court jusqu’au 30 avril – avec un délai d’une semaine supplémentaire pour les membres de l’association Héros de Papier Froissé.

A propos de Verowyn

HPFienne de longue date, je me suis longtemps occupée de la modération du Héron, puis de la gestion du blog avant de me consacrer tout entière aux Éditions HPF dont je suis maintenant la directrice. Pour me résumer en trois mots ? Procrastination, thé et chocolat.
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